mardi 20 août 2019
Chroniques d'Emmanuel de Vaucelles
Emmanuel de Vaucelles

Emmanuel de Vaucelles

Âgé de 45 ans, ingénieur agricole, diplômé de l’IHEDREA (Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole en 1995), j’ai poursuivi mes études par un master de Gestion, Droit et Marketing du secteur Vitivinicole et des Eaux de Vie dépendant l’Université de Paris 10 Nanterre et de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin - 1997). Lire la suite...

À l’instar de Château Margaux, qui pour la première fois a créé une étiquette particulière pour son 2015 afin de rendre hommage à son directeur technique mort peu de temps après la vendange 2015 et pour fêter le nouveau chai, ainsi que les 200 ans du domaine (1815), Mouton Rothschild, fidèle à la tradition en vigueur depuis 1945, a dévoilé sa nouvelle étiquette ce lundi. Le premier Grand Cru Classé 1855 mais passé premier grand cru en 1973 seulement sur le plan légal (Pauillac) a fait appel à un artiste de renom pour illustrer l’étiquette du nouveau millésime mis en marché : c’est l’Allemand Gerhard Richter qui signe ce 2015.

En 1945, pour célébrer la paix reconquise, le baron Philippe de Rothschild décida de couronner l’étiquette du millésime par le « V » de la Victoire, dessiné par le jeune peintre Philippe Jullian. D’une circonstance exceptionnelle naquit une tradition, et à partir de 1946, tous les ans, un artiste différent fut invité à créer une œuvre originale pour l’étiquette. Au début, le Baron Philippe choisit les peintres parmi ses amis personnels : Jean Hugo, Léonor Fini, Jean Cocteau… En 1955, Georges Braque accepta d’illustrer le millésime. Il fut alors rejoint par les plus grands créateurs de notre époque : Dali, César, Miró, Chagall, Picasso, Warhol, Soulages, Bacon, Balthus, Tàpies, Jeff Koons…

Le peintre allemand Gerhard Richter, né en 1932, a illustré la nouvelle étiquette des bouteilles de vin du château Mouton Rothschild, millésime 2015, grâce à la photographie et à une technique de peinture sous verre propre à l’artiste, a annoncé mardi la famille Rothschild. “Son œuvre pour Mouton est le fruit d’un processus à la fois aléatoire et savamment élaboré qu’il appelle « Flux ». L’artiste fixe sur photo des couleurs en mouvement, saisies à l’instant idéal de leur composition.

emmanuel mouton rothschild etiquette

Comme ses paires, en échange de sa création, le peintre germanique bénéficiera de quelques caisses de ce fameux breuvage dont le millésime 2015 a été bien noté par les professionnels. Millésime bien supérieur à 2011, 2012, 2013 et même 2014, il parait néanmoins en léger recul par rapport à 2016. Mais il reste, comparé à 2005 et 2009, pas si mal.

Château Mouton Rothschild, propriété de la famille éponyme depuis 1853, s’étend sur 84 hectares de vignes à Pauillac et est premier cru classé avec Châteaux Margaux (Margaux), La tour (Pauillac, Laffite (Pauillac) et Haut-Brion (Pessac Léognan). Aujourd’hui, la propriété appartient aux trois enfants de la baronne Philippine de Rothschild, décédée en 2014.

Pour leur premier millésime, constitué à 82% de cabernet sauvignon ainsi que de merlot et une touche de cabernet franc, les enfants ont légèrement changé l’étiquette en y ajoutant “Mouton ne change”, la devise du château, ainsi qu’une nouvelle signature Philippe Sereys de Rothschild, au nom des trois propriétaires de la famille.

Du fait de la récurrence de l’évènement, cette sortie n’aura pas d’influence sur le prix du vin. Rappelons que selon quelques médias, l’étiquette « spécifique » du Château Margaux 2015 aurait entraîné une hausse des prix de 25% aux particulier, juste pour une image… Comme quoi, l’expression « sage comme une image » ne s’appliquerait pas pour les prix du monde du vin.

Source: Info-Viti

mardi, 21 novembre 2017 08:50

Hospice de Beaune : est-on devenu fou ?

Bacchus, au secours ! Ce dimanche a eu lieu la 157e vente des Vins des Hospices de Beaune. 787 pièces ont été mises en vente sous la présidence de Charles Aznavour, Agnès B., Julie Depardieu et Marc-Olivier Fogiel. Après la vente des deux pièces de charité pour 420 000 €, les enchères, après un démarrage timide, ont entamé une hausse qui a permis d'atteindre le record absolu pour les Hospices de Beaune, à 13 529 millions d’euros de chiffres.

Ludivine Griveau, régisseuse du domaine des Hospices, suite à sa conférence de presse sur cette Vente historique sur le coup de l’émotion et de la fatigue, a fondu en larmes. Sans doute pour elle une récompense pour cette année plutôt bonne en Bourgogne, où le ciel a été parfois menaçant mais s’est montré plutôt clément au final, à l’exception de certains secteurs comme le Chablis. Mais de tels prix sont-ils vraiment de bonnes nouvelles?

Lors de cette 157e vente des Vins des Hospices de Beaune, le domaine a proposé 630 pièces de vin rouge et 157 de vin blanc. Avec la pièce des Présidents et les alcools (15 pièces), l’ensemble de la vente totalise 13 529 301 euros ou, pour nos amis anglais, 12 041 078 de livres, et pour nos amis américains, 15 964 575 dollars, selon les cours de vendredi, soit le meilleur résultat jamais réalisé pour la vente du Domaine des Hospices de Beaune (dernier record: 11,3 millions d’euros en 2015). Un nouveau record mondial a été atteint pour le Bâtard-Montrachet Grand Cru de la Cuvée Dames de Flandres, avec un résultat de 138 650 euros. Seul bémol, l’an dernier les pièces de charité avaient atteint 480 000 euros.

Il n’en reste pas moins que depuis quelque temps, les prix, tant sur les bouteilles que sur le foncier dans des appellations prestigieuses, atteignent des prix totalement hors normes, qui ressemblent plus à une bulle financière qu’à de vrais investissements. Pour preuve, les cuvées villages des hospices se sont maintenues en termes de tarifs et ce sont les cuvées prestigieuses qui se sont envolées.

Si certains médias ne se sont contentés que de souligner la hausse, d’autres, comme ce matin Axel de Tarlé sur Europe 1, s’est fait l’écho d’une partie de la profession en Bourgogne, mais aussi dans d’autres régions, sur le risque de cette envolée des prix, en particulier sur la transmission d’entreprises en famille qui fait la richesse du terroir agricole français. Pas sûr non plus qu'au bout de la chaîne, l’État s’y retrouve sur un plan fiscal, vu la capacité des grandes entreprises à échapper à l’impôt... Quant aux consommateurs, dans 20 ans, au lieu d’aller visiter Vincent Perrin à Meursault, Etienne de Montlivault à Blagny, Philippe Huguenot à Marsannay ou Château Filhot à Sauternes, ils achèteront dans une boutique de « Luxe » du Vin Axa, Artémis ou Crédit Agricole. Le pied !

À méditer...

Source: Info-viti

Peut-être l’avez-vous lu dans vos quotidiens cette semaine ou en avez-vous entendu parlé par les médias audiovisuels, le Château Margaux, premier grand cru classé 1855, a lancé ce lundi une nouvelle bouteille pour son millésime 2015, une première dans l’’histoire de ce domaine du Haut-Médoc.

Cette création, réservée à cette unique année 2015 permet de célébrer trois évènements : commémorer les 200 ans du château, construit en 1815 (même si la propriété a plusieurs siècles d’histoire), de fêter le premier millésime issu du nouveau chais imaginé par le britanique Norman Foster, mais elle rend aussi hommage à l'ancien directeur général de la propriété Paul Pontallier, mort l'an dernier.

"On ne voulait pas faire une autre étiquette à proprement parler mais plutôt quelque chose directement sur la bouteille: c'est comme l'étiquette d'une bouteille normale mais en or, avec en arrière-plan et juste en sérigraphie, le chai qui entoure le château comme une sorte d'écrin", a décrit Alexandra Petit-Mentzelopoulos, fille de l’actuelle propriétaire, Corinne à l’AFP.

Sur ces 120.000 nouvelles bouteilles opaques est écrit "Hommage à Paul Pontallier". Arrivé en 1983 à château Margaux, il est décédé en mars 2016 à l'âge de 59 ans. 2015, était son dernier millésime mais aussi le premier dans ce chais qualifié d’ultra moderne. Un millésime considéré comme l’un des meilleurs sur ces dernières années selon l’ensemble des professionnels.

C’est maintenant Philippe Bascaules qui officie à Margaux Il n'a pas pu refuser à Corinne Mentzelopoulos le retour en médoc qu'elle lui proposait. Retour aux sources car c'est à Margaux qu'il a commencé sa carrière en 1990, avant de s'envoler vers la Californie pour intervenir sur le vignoble de Francis Ford Coppola. Les flacons du cinéaste américain ont tiré le plus grand parti de l'expertise du Français a en voir le succès commercial de ces bouteilles. « Avec lui, Margaux est assuré de rester Margaux et de garder la capacité d'évolution qui le caractérise » a indiqué la direction de la propriété.

La fiche technique dévoilée ce même jour nous annonce un vin composé  à 87% de cabernet sauvignon et d'un peu de merlot, cabernet franc et petit verdot. "C'est tout ce qu'il aimait, cette douceur, ce parfum. Cela aurait été un de ses préférés", a indiqué à l’AFP son fils Thibault Pontallier, ambassadeur du château à l'étranger.

Par contre, pas sûre que beaucoup d’entre nous puisse en goûter malgré un chiffre de 120 000  bouteilles commercialisées. Lors des primeurs le prix de vente annoncé par Corinne Mentzelopoulos pour le Château Margaux était de 450 euros la bouteille. Elle serait vendue pour 990 euros sur le site internet de l'enseigne de négoce Millesima, un des leaders de la vente en ligne aux particuliers. Plus de chance que vous l’ayez en photo que dans votre cave… 

Source : Info-Viti

L’actualité viticole a toujours été active  surtout ces derniers temps, pour preuve les guerres que se livrent les salons Internationaux, les baisses ou les hausses des barières douanières, le climat qui dérègle les volumes en 2017 mais aussi les transactions de propriétés. Pour ces dernières, le marché français reste actif et font la une des médias.

Aubert de Villaine, le copropriétaire de la fameuse Romanée comti s’inquiétait il y a quelques jours dans une entrevue qu’il a accordé au site internet Terre de Vins de la spéculation sur le foncier du vignoble Bourguignon.

Depuis, Artémis, la société d'investissement de la famille Pinault, qui détient entre autres le château Latour, 1er grand cru classé en Pauillac (Médoc), le domaine Eisele Vineyard situé dans la Napa Valley 
en Californie, le domaine d'Eugénie situé à Vosne-Romanée en Bourgogne, ou encore le château Grillet dans la vallée du Rhône 
nord,  a annoncé la signature fin octobre d'un protocole d'accord portant sur l'acquisition du domaine Le Clos-de-Tart, l'un des joyaux viticoles de la Bourgogne, plus de 7 hectares situés sur la commune de Morey Saint-Denis. Selon le journal le point, cette transaction pourrait dépasser les 200 millions d’Euros. L’acte de cession devrait être définitive début 2018.

Cet été, les vignobles de Saint Emilion et de Chateauneuf-du-Pape avaient été marqués par des transactions importantes en surface sans que les valeurs ne soient communiquer. Le mois de novembre connait lui aussi une nouvelle série de transactions soit à Saint Emilion soit en Bourgogne mais en Cote de beaune cette fois-ci.

Le Château Bellefont-Belcier, par exemple, superbe propriété de 13 hectares en Saint-Émilion Grand Cru Classé, sur la célèbre côte Pavie, vient de changer de mains. Auparavant détenu par un investisseur chinois qui ne donnait plus signe de vie puis repris par un investisseur quasi inconnu, il vient d’entrer dans le giron de l’homme d’affaires de Hong Kong Peter Kwok, via sa société Vignobles K, l’entité qui regroupe l’ensemble de ses domaines. Cette dernière vient de signer un compromis de vente qui ne sera effectif que le 15 décembre pour laisser libre cours à une possible préemption de la SAFER (le bras armé de l’état pour restructurer le foncier français). Cette acquisition permet de compléter le portefeuille de Monsieur Kwok qui est propriétaire de Château Tour Saint Christophe en Saint-Émilion Grand Cru, Château Haut-Brisson conduit en culture biologique lui aussi en Saint-Émilion Grand Cru, Château Le Rey en Castillon- Côtes de Bordeaux ainsi que Château La Patache, L’Enclos de Viaud et L’Enclos Tourmaline en Pomerol et Lalande-de-Pomerol.

Un peu plus haut sur le plateau de Saint-Émilion, cette fois-ci, c’est Château Troplong Mondot, Premier Grand Cru Classé de Saint-Émilion, récemment acheté par le groupe de réassurance SCOR, qui vient de s’offrir une belle propriété : Clos Labarde. Bénéficiant de l’appellation Saint-Émilion Grand Cru, la propriété est contiguë à Troplong Mondot et s’étend sur 4,58 ha. « Nous avons eu l’opportunité d’acheter un très beau terroir à côté de chez nous et nous le faisons dans une optique de développement à long terme », confirme Aymeric de Gironde, le nouveau directeur de Château Troplong Mondot rapporte le site Internet Terre de Vins.

En Côte d’or, cette semaine, le château du Clos de la Commaraine est l'un de ces nombreux petits bijoux de la côte de Beaune avec une histoire qui a traversé les siècles. Ce pommard 1er cru est un monopole d'un seul tenant de 3,75 hectares, entourant ce château du XIIe siècle qui appartient à la grande famille Jaboulet-Vercherre. Cette dernière restera d'ailleurs propriétaire du foncier, dans la mesure où le couple américain reprend juste l'exploitation. Ses raisins étaient vinifiés jusqu'ici par la maison Louis Jadot de Beaune. Ces nouveaux investisseurs sont Mark Nunnelly et son épouse Denise Dupre qui ont déjà acquis le domaine Belleville de 22 hectares à Rully, en mai. Dans un communiqué de presse daté de mercredi, il est rappelé que ce couple est loin d’être néophyte dans le secteur oenotouristique puisqu’il a déjà acquis la maison de champagne Leclerc-Biant à Epernay en 2012, puis l'hôtel Royal Champagne à Champillon en 2014 Au-delà de la vinification, les nouveaux exploitants souhaitent faire de ce château bâti en 1112 par le duc Eudes de Bourgogne, un site oenotouristique haut de gamme.

Il va s’en dire que pour ces trois dernières annonces, les comuniqués de presse ne font pas mentions ni des motifs des ventes, ni des montants. Mais les plus-values attendues devraient être sympathique…

Source: Info-Viti

lundi, 06 novembre 2017 07:17

Vinexpo va lancer un salon biennal à Paris

Vinexpo, l'un des plus grands salons internationaux de vins et spiritueux se tenant tous les deux ans, va lancer un salon à Paris, en alternance avec l'édition de Bordeaux, dans une stratégie de « reconquête » après une certaine « stagnation » observée du salon bordelais.

La Chambre de commerce et d'Industrie de Bordeaux, actionnaire majoritaire de Vinexpo, a annoncé mardi la tenue d'un Vinexpo Paris les années paires, le premier du 13 au 15 janvier 2020 à la Porte de Versailles. Le prochain Vinexpo Bordeaux, « qui reste le navire amiral », est prévu les années impaires, du 13 au 16 mai 2019.

Lancé en 1981 et devenu rapidement un rendez-vous d'affaires incontournable des vins et spiritueux, Vinexpo a accueilli en 2017 quelque 2.300 exposants, 40.000 visiteurs, un succès certain étant donné le contexte sécuritaire, mais une baisse de fréquentation d'environ 11 % par rapport à 2015. Et même s'il reste une « référence » et une entité en « pleine santé » (16 millions d'euros de chiffre d'affaires cette année), Vinexpo n'est plus nécessairement le « passage obligé » qu'il pouvait être il y a quelques années, concurrencé entre autres par le ProWein de Düsseldorf (Allemagne), notamment auprès des visiteurs d'Europe du Nord, ont estimé le président de la CCI Patrick Séguin, et le directeur général de Vinexpo Guillaume Déglise.

Le lancement de Vinexpo Paris fait suite à un audit externe sur l'aura du salon et le ressenti des exposants, visiteurs, opérateurs du monde du vin et acteurs locaux. Vinexpo Paris permettra à la « marque Vinexpo d'être présente chaque année en France, en Europe », un besoin souligné par l'audit, et le positionnement en janvier en fera le premier grand rendez-vous commercial de l'année, a estimé Patrick Seguin. Les organisateurs espèrent en outre bénéficier auprès d'exposants potentiels d'un « effet neutralité » lié à Paris, par rapport à un salon parfois perçu comme estampillé Bordeaux, vignoble concurrent.

Source: Agrisalon.com du 31 octobre 2017

Le marché viticole est décidemment bien actif en ce moment, après les cinq propriétés vendus à Chateauneuf du Pape cet été et quelques transactions du coté de Saint-Emilion, la Bourgogne se met en évidence avec une des opérations des plus exceptionnelle de ces dernières années : l’achat du « Clos de Tart » par la société Artémis.

Le Clos de Tart, situé sur la commune de Morey Saint Denis s’étend sur 7.53 hectares. C’est un des cinq grand cru de ce beau village et comme il n’a jamais été morcelé, c’est le plus vaste monopole de Bourgogne. Il est composé exclusivement de Pinot Noir. La production est d’environ 30 000 bouteilles par an.

Comme pratiquement l’ensemble du vignoble de la Cote, ce sont les religieux qui ont créé ce clos. Plus précisément, il a été créé en 1141 par des religieuses cisterciennes, les Bernardines de Tart. Il est passé à la famille Marey-Monge en 1791 puis à la famille Mommessin en 1932.

Artémis, société d’investissement de la famille Pinault, a annoncé par voie de communiqué la signature le 27 octobre dernier d’un protocole d’accord portant sur l'acquisition du domaine Le Clos de Tart. La transaction sera effective début 2018. Avec cet achat, Artémis ajoute un cinquième joyau à sa couronne déjà sertie du Château Latour (1er grand cru classé Pauillac), du domaine Eisele Vineyard (Napa Valley), du domaine d’Eugénie (Bourgogne) et du Château Grillet (autre monopole dans la Vallée du Rhône Nord).

Il va s’en dire que le montant de la transaction n’a pas été communiqué. Selon l’hebdomadaire Le Point qui appartient aussi à Artémis, le rachat pourrait avoisiner les 200 millions d’Euros.

Source: Info-Viti

À Bordeaux, s’il existe un classement qui n’a quasiment jamais évolué, celui de 1855, créée grâce à Napoléon III pour l’exposition Universelle de Paris à cette époque, deux autres classements plus récents n’en finissent plus d’encombrer les tribunaux et de diviser la profession : celui de Saint Emilion et celui des Crus Bourgeois du Médoc. Mais pour ce dernier, une solution est peut-être en vue.

Ce 26 octobre 2017, après l’Assemblée Générale des Crus Bourgeois, Olivier Cuvelier ne cachait pas sa satisfaction : « Aujourd’hui, nous parlons d’une seule voix. La porte d’une nouvelle procédure de classement a été ouverte par les adhérents. » En effet, l’Alliance des Crus Bourgeois du Médoc qu’il préside a voté  à 79 % des suffrages exprimés pour adopter le plan de contrôle d’un classement 2020 devenant quinquennal (pour les millésimes 2018 à 2022) et passant à trois niveaux (Cru Bourgeois, Cru Bourgeois Supérieur et Cru Bourgeois Exceptionnel). Mettant un terme à la reconnaissance annuelle qui existe depuis 2010 (pour le millésime 2008), ce vote permet à Olivier Cuvelier d’achever le chantier lancé en 2011 par son regretté prédécesseur, Frédéric de Luze. Ce classement ressemblerait à celui de 2003 mais il se veut plus simple car il concerne principalement la dégustation.

Olivier Cuvelier précise encore que le projet de classement quinquennal est désormais complété, et précisé, par un plan de contrôle (suivi par Qualibordeaux Certification).

Quelques précisions sur le  nouveau cahier des charges

Sur le site d’information Vitisphère un encadré résume les principales innovations du nouveau texte qui sera présenté au Ministre de l’agriculture afin qu’un décret puisse être publié au plus vite. Si les millésimes 2016 et 2017 seront encore soumis à la méthode de sélection annuelle (via une dégustation), les Crus Bourgeois passeront au classement quinquennal dès le millésime 2018 (à partir de dégustations sur cinq millésimes commercialisés). Dans la pratique, une mesure transitoire sera mise en place pour le premier classement de 2020 : les propriétés ayant obtenu la mention Cru Bourgeois sur un minimum de cinq millésimes durant les huit sélections précédentes pourront d’office revendiquer le niveau de base. Pour revendiquer les mentions supérieures (Cru Bourgeois Supérieur et Cru Bourgeois Exceptionnel), il sera cependant obligatoire de passer par une dégustation et de déposer un dossier, qui conduira à des visites contrôles précise Vitisphère. Contrairement au projet présenté il y a deux ans et refusé par l’assemblée Générale à l’époque, le système s’articule principalement sur la note donnée à cinq millésimes dégustés à l’aveugle. « La seule porte d’entrée, c’est la dégustation. C’est ce qui donne une idée de la qualité réelle d’une propriété » martèle Olivier Cuvelier, qui ajoute que « ce n’est pas important d’avoir tel pourcentage de barriques neuves ou tel accueil œnotouristique. Les dossiers seront étudiés par des experts dans la logique qualitative de production de chacun. » Enfin, deux contrôles inopinés seront réalisés pendant les cinq ans que dure le classement.

Pourquoi revenir à un classement avec trois catégories ?

Le message principal que veut faire passer l’Alliance des Crus bourgeois est le suivant : le nouveau classement quinquennal a l’ambition de faire gagner en lisibilité et attractivité la catégorie. « Le passage au rythme annuel et à une seule catégorie a conduit à un affaissement du prix moyen des crus bourgeois » souligne Olivier Cuvelier. « Il faut refonder une pyramide de crus bourgeois, avec des prix positionnés juste en dessous des grands crus classés en 1855 » annonce le négociant, qui ne cache pas son désir de voir revenir les prestigieuses propriétés médocaines ayant quitté l’Alliance après l’annulation du classement de 2003. « Nous sommes ouverts à tous. Si l’on pouvait revoir les crus bourgeois exceptionnels de l’époque, ce serait un plus pour tous » conclut-il.

Néanmoins, l’épisode judiciaire qu’avait entraîné le classement de 2003 en a sans doute refroidit plus d’un et nous pouvons nous interroger sur le véritable intérêt que pourrait avoir un Margaux, Saint-Julien ou Saint-Estephe à passer sous les fourches caudines de ce nouveau classement ? D’autant que ceux qui ne seront pas retenus auront toujours la possibilité d’attaquer la décision. Le suspens ne fait que commencer ! A suivre, donc…   

Source: Info-Viti

A l’instar de Guigal cet été qui avait racheté un domaine en Châteauneuf du Pape, les grandes maisons du nord des Côtes du Rhône continue leurs offensives sur celle du sud. Le négociant-propriétaire Michel Chapoutier vient d'acquérir un nouveau domaine viticole bio, en appellations Costières de Nîmes, Côtes-du-Rhône et Côtes-du-Rhône villages.

Fin août 2017, la Maison Chapoutier a racheté une nouvelle propriété viticole : le domaine Saint Etienne, situé à Montfrin, dans le Gard. Michel Collombs avait acheté ce domaine en 1988. Le communiquer de presse ne révèle ni le motif de la vente, ni le montant. Cette propriété de 25 ha de vignes conduites en viticultures biologique et biodynamique, produit essentiellement des vins rouges sur deux appellations : Costières de Nîmes, pour 9 ha, et en Côtes-du-Rhône villages et régionales.

Cette acquisition du négociant septentrionale dans le sud répond à la logique de « recherche continue pour mettre en avant l'expression des terroirs et des AOP de la vallée du Rhône ; » précise le communiqué de presse de Chapoutier. Le domaine continuera à produire sous son nom. Il devrait aussi poursuivre en partie la gamme existante, à savoir un Côtes-du-Rhône en rouge et en blanc, un Côtes-du-Rhône villages rouge et un Costières de Nîmes.

Les premières cuvées issues de ce rachat seront commercialisées dès le début 2018.

Compte tenu de la faiblesse des volumes dans les Côtes du Rhône méridionaux et des difficultés financières que cela va entraîner, il est à prévoir que d’autres domaines changent de mains dans les mois à venir. 

Source: Info-Viti

Laurence Rigal, propriétaire du Château du Grand Caumont, revient d’une nouvelle tournée au Québec où elle a fait la promotion de ses deux vins, le Château du Grand Caumont en produit régulier et la Cuvée Impatience en spécialité, elle nous fait part en primeur des ses impressions.

Nichée au cœur des Corbières cette belle propriété familiale de plus de 100 hectares et qui produit une gamme très complète de vins blancs, rosés et rouges  commercialisée dans le monde entier a cependant un marché de prédilection pour ses vins rouges : le Québec.

« Cela fait presque  25 ans que nous commercialisons le Grand Caumont au Québec et ce marché me tient particulièrement à cœur » nous a indiqué Laurence Rigal ce matin à  son arrivée à Paris à la descente de son avion.

« Le domaine exporte plus de 80% de ses vins à l’étranger » nous précise Laurence, mais le Québec et son premier marché. Deux fois par an, elle se rend à Montréal en mai et octobre  pour faire la promotion de ses deux cuvées. « C’est un marché très concurrentiel et il est important d’y aller afin de suivre l’évolution de mes ventes et de la filière et rencontrer les professionnels ». Elle sillonne depuis presque quinze ans cette belle province qui n’a maintenant plus de secrets pour elle.

« C’est d’abord un vrai plaisir pour moi, j’aime m’y rendre, j’apprécie sa douceur de vie et j’ai tissé un lien particulier avec beaucoup de québécois. J’adore ce pays ! » s’exclame t’elle avec un large sourire.

L’histoire de Caumont avec la SAQ remonte au milieu des années 90. La mère de Laurence, Françoise Rigal a commencé à commercialiser ses vins à cette époque. Au départ quelques bouteilles et maintenant quelques dizaines de milliers de caisses. « c’est maman qui a commencé à exporter, elle s’y est rendue plusieurs fois. J’ai repris le domaine en 2003 à sa retraite mais ce qui me fait vraiment plaisir et ce qui me touche beaucoup, c’est que les conseillers en vins des magasins continuent de me parler d’elle avec émotion : son franc parler, son élégance, sa gentillesse, son humour et son éternelle Marlboro. J’ai repris le flambeau dans le même esprit, la cigarette en moins, en continuant de développer notre marque qu’elle avait su si bien implanter. »   

Un partenariat de longue date avec la Maison Dandurand

« Pour développer nos parts de marché, je bénéficie de l’appui sans faille de la maison Dandurand qui nous accompagne depuis quasiment le début. La société des Vins Philippe Dandurand par son accompagnement et son soutien de l’ensemble des équipes tant au siège que sur le terrain a permis à Caumont de s’implanter et a permis à la Cuvée Impatience d’être aujourd’hui classée dans la catégorie des Incontournables et de devenir en 2017 le premier Languedoc  en Spécialités dans la gamme des 17 à 25 dollars. C’est une belle récompense mais ceci m’offre un nouveau challenge : y rester ! » ajoute Laurence consciente de ce nouveau défi.

« Nous voulons offrir un produit premium au meilleur rapport qualité prix, c’est un travail exigeant mais très excitant.  J’apporte un intérêt tout particulier à ce marché et essaie de trouver les bons outils avec l’équipe marketing de Dandurand. Je sillonne aussi toutes les provinces du Québec avec les représentants de Dandurand afin de rencontrer un maximum de directeurs de magasins et de conseillers en vins. C’est très important pour moi d’avoir leur retour sur nos vins et leur faire partager l’évolution de notre maison et les spécificités de chaque millésimes.  C’est aussi un plaisir de partager la route avec l’équipe commerciale, Marie-Eve, Marc, Michel, Paule, Laetitia et les autres. Leur connaissance du terrain me permet de mieux appréhender la demande. Je rencontre aussi beaucoup de restaurateurs car nos vins accompagnent un bel éventail de la gastronomie tant traditionnelle qu’exotique. »

Continuer à développer le Québec

Avec la SAQ et la maison Dandurand Laurence cherche a continuer son développement avec des produits en Importations Privés, son rosé, son blanc et pourquoi pas une autre Cuvée dans les année à venir, la Réserve de Laurence un élégant Corbières dominé par une superbe Syrah qu’elle aimerait proposer au Québec en Spécialité pour continuer à développer une belle offre.

« Cette Cuvée apporterait un joli complément à notre gamme, j’y mets beaucoup d’espoir, elle a été présentée à la SAQ dans cet esprit. « Ce serait un beau challenge que d’implanter ce troisième beau vin. »

La communication, l’une des clés pour Caumont

Dans une première vie, Laurence, a travaillé dans la publicité et elle mesure donc a quel point la communication est importante pour ses vins. Encore cette semaine, elle n’a pas ménagé ses efforts même si c’est pour elle d’abord un plaisir. Elle s’est rendue deux fois à l’Institut du Tourisme et l’Hôtellerie du Québec  (ITHQ) ou elle a pu intervenir dans la classe de Pascal Patron qui enseigne à des futures sommeliers afin de leur présenter la richesse de la gamme de sa propriété. « Il est important pour moi de rencontrer les futures décideurs et d’échanger avec eux, c’est toujours très intéressant. »

Très régulièrement, Laurence avec l’appui de la maison Dandurand rencontre les journalistes lors de meetings organisés soit directement au siège de Montréal soit dans des restaurants. « c’est un relais indispensable, je m’applique à le faire au Québec mais aussi sur l’ensemble de mes marchés. »       

Enfin dernière satisfaction pour Laurence cette semaine, comme chaque année les cuvées de grand Caumont sont citées dans le Guide de Philippe Lapeyrie. « Cette reconnaissance d’année en année, tout comme celles  que je peux avoir avec le Guide hachette ou le Guide Bettane et Dessauve ou les médailles des Concours internationaux me confortent dans le travail que nous faisons au Grand Caumont. »

La prochaine visite de cette mère de famille dynamique sera en mai prochain. Mais elle a une secrète envie, faire découvrir à ses deux filles Philippine (16 ans) et Diane (11 ans) ce beau pays lors de leur  vacances de l’été 2018. « Le Québec est splendide et j’aimerais leur faire partager mon enthousiasme  et qu’elles puissent découvrir cette si belle culture si proche de la nôtre et si attachante » nous confie non sans une certaine émotion Laurence.

Source: Info-Viti

Le site internet Terre de Vin, dans son article du 12 octobre 2017, nous fait une petite synthèse de la traditionnelle conférence de presse de rentrée du CIVB (Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux) qui s’est tenue ce même jour en présence de son président Allan Sichel et de son vice-président Bernard Farges. L’occasion de dresser un premier bilan sur le millésime 2017, et de tracer des perspectives d’avenir.

L’ouverture de la conférence s’est faite sur la nouvelle récolte qui n’a pas été simple. Après les 2015 et 2016 qui ont été de très bonnes factures, le millésime 2017 qui vient d’être récolté (les vendanges, très précoces, sont terminées dans la plupart des propriétés) a déjà un avant-goût de soupe à la grimace. Impacté par les gels historiques de la fin du mois d’avril et les épisodes de grêle du mois d’août, ce millésime sera avant tout marqué par de faibles volumes : l’estimation est, à ce jour, de 40 à 50% en moins que l’année dernière, où la récolte atteignait 5,77 millions d’hectolitres rappelle Terre de Vins. Cela pourrait représenter un manque à gagner pour la filière de 375 millions de bouteilles et 2 milliards d’euros de chiffre d’affaire. Tout le vignoble bordelais n’est pas affecté de la même façon, Saint-Emilion,  Pomerol et leurs satellites ayant été plus touchés que les autres.

Mais pour relativiser ces mauvais chiffres, le président du CIVB Allan Sichel a tenu à situer ce « niveau historiquement bas des vendanges » dans un contexte européen aussi en difficulté. Au niveau européen, la production de vin est déjà estimée en recul de 14% par rapport à 2016 – 16% pour la France, 17% pour l’Espagne, 21% pour l’Italie. Aucun des vignobles majeurs n’est à la fête, même si le niveau qualitatif s’est parfois maintenu comme pour les Côtes du Rhône ou le Languedoc-Roussilon pour ce qui est de la France.

Toujours selon le président de l’interprofession, pour atténuer également cette déception, la qualité générale du millésime s’annonce bonne, aussi bien pour les rouges que pour les blancs et liquoreux. Certainement difficile à appréhender au niveau de la conduite de la vigne, des choix de vendanges et des vinifications, 2017 sera un millésime moins « évident » que ses prédécesseurs mais devrait recéler quelques jolies réussites. Néanmoins, les précautions de langage laisse à penser qu’il y aura des différences qualitatives importantes à Bordeaux. A suivre dans quelques mois au moment des Primeurs, l’enjeu qualité prix allant être à surveiller  de près…

Alors que le CIVB tablait sur 5,3 millions d’hectolitres mise en marché en 2017, ce chiffre sera finalement revu entre 5 et 5,1 au mieux grâce aux lissages avec les productions des années précédentes.  Cela aura fatalement des répercussions sur les volumes à commercialiser en 2018 et 2019. Pour autant, la filière peut se réjouir d’afficher des chiffres à l’export en croissance : +6% en volume et +15% en valeur sur l’année écoulée. Dopé par les marchés chinois et américains, malgré des volumes toujours fébriles en Europe et un marché français à la baisse en grande et moyenne surface, le vin de Bordeaux peut aussi se targuer de voir son prix d’achat moyen augmenter : 5,86 € en grande distribution, soit une hausse de +2%.

Néanmoins, malgré ces plus petits volumes à venir, l’Interprofession veut continuer à développer sa communication. C’est par exemple auprès des cavistes que Bordeaux veut redorer son blason, d’où la mise en place d’une grande opération auprès de 800 professionnels en fin d’année en France.

Toujours décidées à occuper un créneau de « premiumisation » à l’international, la filière bordelaise entend capitaliser sur le succès de ses Fêtes du Vin déclinées à Québec, Bruxelles et Hong Kong. Le vingtième anniversaire de « Bordeaux Fête le Vin », en juin 2018, sera aussi l’occasion de faire une démonstration de force rapporte Terre de Vins.

Outre le plan communication, le CIVB a aussi rappelé son attachement à une viticulture plus respectueuse de l’environnement et va continuer sa politique de sensibilisation auprès de ses membres.

Pour résumer, le travail ne devrait pas manquer ses prochaines années pour le CIVB compte tenu de tous les enjeux évoqués ci-dessus.

Source: Terre de Vins 

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