mardi 20 août 2019
Chroniques d'Emmanuel de Vaucelles
Emmanuel de Vaucelles

Emmanuel de Vaucelles

Âgé de 45 ans, ingénieur agricole, diplômé de l’IHEDREA (Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole en 1995), j’ai poursuivi mes études par un master de Gestion, Droit et Marketing du secteur Vitivinicole et des Eaux de Vie dépendant l’Université de Paris 10 Nanterre et de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin - 1997). Lire la suite...

Les vins d'Henri Jayer, auquel certains amateurs vouent un véritable culte, sont rares et onéreux. Il n'est donc pas exagéré de parler d'événement lorsque 855 bouteilles et 209 magnums produits par le célèbre vigneron de Bourgogne sortent de la cave du domaine pour être vendus aux enchères. 

Henri Jayer est né en 1922 à Vosne-Romanée et il nous a quitté le 20 septembre 2006. Ce charismatique vigneron bourguignon à qui on doit l'introduction d'importantes innovations dans la viticulture et la vinification des vins de Bourgogne était entre autres particulièrement réputé pour la qualité de son pinot noir. Il est diplômé, dans les années quarante, en œnologie de l’Université de Dijon. Profitant d'un héritage de trois hectares, dont du terrain sur les vignobles d’Echezeaux et de Beaux Monts, Henri Jayer a commencé à produire du vin en nom propre dans les années 1950. Ses vins sont maintenant très recherchés et reconnus pour leur équilibre et leur élégance, ainsi que pour leur richesse et leur concentration. Il fut l’un des premiers à vinifier en macération préfermentaire à froid, c'est-à-dire une macération qui empêche la fermentation spontanée à environ 10 °C pendant un à quatre jours. Le domaine, aujourd’hui de 9 hectares, appartient à son neveu Emmanuel Rouget. Chaque bouteille se vend au minimum plusieurs milliers d'euros. 12 bouteilles de Cros Parantoux 1985 avaient été adjugées à 199 735 euros (soit 16,644 euros la bouteille) lors d’une vente aux enchères de Christie’s à Hong-Kong en 2012. Seul la Romanée Comti atteint de tels prix.

C’est peu dire que les amateurs et les spéculateurs attendent avec impatience la vente organisée par le cabinet spécialisé Baghera Wines à Genève le 17 juin 2018 sous le nom de code "Domaine Henri Jayer, the ultimate sale". "La dernière vente, insiste la maison d’enchère, car d'après Baghera Wines, il s'agit des derniers flacons conservés au domaine de Vosne-Romanée par l’héritier d’Henri Jayer. 

Plus de 1064 bouteilles de 75 cl et magnums seront mis aux enchères et les millésimes proposés iront de 1970 à 2001. Parmi les climats prestigieux représentés: Vosne-Romanée, Vosne-Romanée "Beaumonts", Vosne-Romanée 1er cru "Les Brulées", Vosne-Romanée 1er cru "Cros Parantoux", Nuits-Saint-Georges, Nuits-Saint-Georges "Les Meurgers", Richebourg et Échézeaux. Cette évocation de terroir démontre qu’Henri Jayer était propriétaire de l'une des plus belle exploitation de Bourgogne pour un vigneron indépendant.

Voici un aperçu des cuvées qui figurent au catalogue sélectionné par la Revue des Vins de France :

  • 469 bouteilles & magnums Vosne-Romanée 1er Cru, Cros-Parantoux 1978 à 2001
  • 9 bouteilles & magnums Richebourg,Grand Cru 1973 à 1987
  • 42 bouteilles & magnums Vosne-Romanée 1er Cru, Les Brulées 1973 à 1987
  • 187 bouteilles & magnums Échézeaux, Grand Cru 1976 à 1999   

S’ajoute à cela trois lots d’exception qui devraient aiguiser les appétits des chercheurs de pépites fermentées:   

- Une verticale de 15 magnums de Vosne-Romanée 1er Cru, Cros-Parantoux, de 1978 à  2001. Estimation: entre 243,282 et 417,133 euros.

- Une verticale de 12 bouteilles de Echézeaux Grand Cru, de 1976 à 1999. Estimation: entre 34,761 et 69,522 euros.

- 12 bouteilles Vosne-Romanée 1er Cru, Cros-Parantoux 1985. Estimation: entre 104,283 et 173,805 euros

À vente exceptionnelle, mesures » exceptionnelles: chacun des flacons bénéficiera du système de protection ProofTag, permettant à l’acquéreur d’identifier et d’authentifier chaque vin. De plus, les bouteilles et les magnums seront présentés en caisses de bois d’origine, marquées du Domaine Henri Jayer, et réalisées exclusivement pour cette ultime vente.

Emmanuel Rouget, neveu d’Henri Jayer, partage l’avis d’Aubert de Vilaine, le propriétaire de la Romanée Comti. Il déclarait à la presse en 2015: "Pour le nom c'est très bien, mais je trouve ça très dangereux et quelque part ridicule. Mettre ce prix-là dans des bouteilles de vin, c'est un compte en banque, au final. C'est un peu dommage, on ne saura jamais si elle sont bonnes ou pas", estimait-il.   

Rendez-vous donc à Genève le 17 juin!

Source: McViti

En sauternes, les années en « 7 » étaient plutôt une réussite, à l’inverse des autres appellations du Bordelais. 2017 sera-t-il une exception ou le début d’un nouveau cycle ?

Château Climens, le grand cru classé 1855, n'avait pas raté ce rendez-vous pour son premier vin depuis 1993, mais en 2017, il n’y aura pas de millésime pour cette propriété. "Il y a deux raisons à cela: la qualité et la quantité. On a neuf lots satisfaisants mais pas suffisants pour faire du Climens. C'est dommage, il y avait un joli potentiel pour ce vin liquoreux", regrette Frédéric Nivelle. "C'est compliqué, avec 90% de perte par rapport à un chiffre d'affaires normal », ajoute-t-il. Pour bien comprendre, les rendements sont passés de 20 hectolitres par hectare à seulement 2 hl et une trentaine de barriques (9,000 bouteilles).

Toutes les appellations du bordelais ont été touchées par des épisodes de gel successifs qui ont brûlé les vignes. Mais si un vigneron sur cinq a perdu plus de 70% de sa récolte, selon la chambre d'agriculture de la Gironde, certaines exploitations, mieux exposées ou protégées des intempéries, ont à peine été touchées. Autour de Sauternes, ce sont les parcelles les plus basses en altitude qui ont dégusté, comme à château Climens.

Mais les vignes situées en hauteur, elles, ont été épargnées, sauvant la mise de châteaux prestigieux comme Yquem ou Rieussec, avec "un millésime magnifique grâce à un botrytis (champignon donnant son arôme spécifique aux liquoreux, aussi appelé "pourriture noble") d'anthologie", prédit Xavier Planty, président de l'Organisme de défense et de gestion (ODG) Sauternes-Barsac. Les primeurs en avril confirmeront ou non cette belle qualité annoncée, mais la météo pendant les vendanges n’a pourtant pas toujours été au rendez-vous.

Le sujet de l‘assurance récolte revient au cœur des discussions des Châteaux. Climens, comme beaucoup d'autres propriétés, n'en avait pas. Trop cher pour un tel sinistre qui n'avait pas été enregistré dans la région depuis 1991. Pour les rares domaines assurés, le compte n'y est pas non plus. Château Guiraud ne touchera rien pour ses 40% de pertes car le mode de calcul est fondé sur un rendement moyen, que les vins liquoreux du sauternais ne peuvent pas atteindre, explique Xavier Planty, l'un des propriétaires.

En moyenne, les propriétés de l'appellation Sauternes-Barsac ont perdu 50% de leur récolte. À l'échelle du département, l'association "SOS Vignerons sinistrés" a déjà recensé 300 à 400 exploitations qui risquent de ne pas pouvoir financer la campagne 2018. La majorité d'entre eux devraient vendre en vrac dans les prochains mois une récolte 2017 quasi-inexistante. Signe funeste, certaines parcelles n'ont pas été taillées et certains professionnels craignent que leurs propriétaires ne renoncent à la vigne, surtout ceux proches de la retraite et sans successeur.

D'autres savent déjà qu'ils ne survivront pas. "J'étais en redressement judiciaire. Le gel a mis un point final à la situation. Les prix ont augmenté mais pas assez pour que je m'en sorte. S'ils avaient doublé, ç'aurait pu le faire!", témoigne auprès de l’AFP ce quadragénaire sous couvert d'anonymat. "J'ai perdu 60 à 65% de ma récolte et j'avais besoin de tout pour sortir de l'ornière. Là, ça ne suffira pas".

Le marché du foncier a été très actif en 2016 et 2017 dans le Bordelais, ces derniers évènements climatiques pourraient encore accroitre le nombre de transactions. Quant à sauternes, les difficultés rencontrées sur le plan commercial depuis plusieurs années, le vin en « Or » étant malheureusement boudé par les consommateurs, il risque encore de connaître quelques forte secousses. Il va s’en dire qu’un beau millésime 2018 est indispensable.

Source: McViti

Si les compagnies aériennes se livrent à une guerre des prix, elles se livrent aussi une guerre sur la restauration et en particulier sur les vins et spiritueux. Air France se distingue et n’oublie pas la classe Eco. 

Cette année la cérémonie des Celliers du Ciel Business Traveller a eu lieu à la Trinity House; elle a été présentée par Charles Metcalef, coprésident de l’International Wine Challenge. 

Tout le monde attendait Emirates, connue pour sa cave géante, mais Singapore Airlines a été la grande gagnante de cette édition 2017 en remportant le prix du meilleur cellier pour l’ensemble de son offre en Business (meilleur cellier en Business) du meilleur vin blanc en Business et du meilleur cellier en Business. Korean Air remporte le prix du meilleur vin rouge en Business. British Airways arrive en seconde position pour le cellier global en Business devant Icelandair et Sri Lankan. Qantas a également raflé 3 médailles d’or et est récompensée pour son offre en Première (meilleur cellier en Première), pour le meilleur vin blanc en Première et le meilleur vin doux en Business. Oman Air a reçu la médaille d’or pour le meilleur vin rouge en Première et Air France celui du meilleur vin doux. Air France, Cathay Pacific, Malaysia Airlines et Qantas partagent le prix du meilleur vin pétillant en Première car elle servent le même champagne. Air France obtient la médaille d’argent pour le meilleur cellier en Première devant Oman Air, qui signe une belle performance avec la médaille d'argent. 

Plus en détails, Air France a remporté pas moins de 7 récompenses. Ce résultat n’est en rien surprenant et vient couronner des investissements très importants entrepris depuis 2014, même si une attention particulière a toujours été portée au vin, l’un des étendards de la compagnie depuis ses origines au début du XXe siècle. C’est désormais Paolo Basso, Meilleur sommelier du monde, qui accorde des notes de dégustation aux vins retenus par la compagnie pour les classes Première et Affaires lors de ses appels d’offres. Une note minimale est requise pour continuer le processus. En ce moment, les passagers Affaires ont par exemple du champagne Laurent Perrier brut, deux excellents blancs que sont le chablis La Pierrelée 2013 de La Chablisienne et le pouilly-fumé Terres blanches 2015 de Pascal Jolivet. Le rosé est un côteaux-varois, le château d’Ollières 2015 proposé par Charles Rouy et les rouges font honneur à Châteauneuf-du-Pape avec le Domaine de Nalys 2012 et à Bordeaux (systématiquement présent dans l’offre) avec le château Haut Maurac 2012. 

Les volumes de vins consommés sont impressionnants, la compagnie française annonce par exemple plus de 175 000 bouteilles ouvertes tous les deux mois en classe Affaires. Mais ce n’est rien en comparaison des quantités nécessaires pour les classes Éco et Premium éco. Tous les quatre mois, ce sont 1,8 million de quarts de vin rouge et 900 000 quarts de vin blanc qui sont dégustés par les voyageurs à bord. Ces vins sont issus d’assemblage réalisés directement par Paolo Basso pour garantir la sécurité des approvisionnements. 

Mais le véritable avantage comparatif d’Air France demeure le champagne, puisqu’elle est aujourd’hui la seule compagnie à en proposer gratuitement en classe Éco. Une spécificité à laquelle les passagers sont très attachés car, comme le rappelle la compagnie, « les vacances commencent quand on déguste une coupe de champagne ». Un moment symbolique, donc, pour lequel la compagnie a décidé de frapper un grand coup. Dès juillet 2018, les passagers Éco auront l’agréable surprise de se voir servir du champagne dans un verre à pied initialement utilisé en classe Affaires. Un surcoût qui s’est pourtant imposé comme une évidence, tant Air France souhaite se singulariser par une promesse élevée autour de l’art de vivre à la française. La réponse de la concurrence ne devrait pas se faire attendre. 

Source: McViti

Les chiffres viennent d’être dévoilés par l’interprofession champenoise. 2017 établit un nouveau record de chiffres d’affaire mais cette bonne santé affichée ne cache-t-elle pas des maux qui pourraient être mortifères pour certains en Champagne? 

Qui n’a pas, au cours de cette année 2017, ouvert une bouteille de Champagne? Qui n’a pas fêté une naissance, un examen scolaire, une promotion professionnelle ou a simplement ouvert une bouteille aux bulles fines pour un apéritif entre amis? La réponse est dans les chiffres et pourtant…

Encore un nouveau record ! La filière champagne a publié ce lundi un chiffre d'affaires global de 4,9 milliards d'euros pour l'année 2017. Soit une hausse de 3% par rapport à son précédent record de 2015 (4,75 milliards) et de 4% par rapport aux ventes de 2016 (4,71 milliards). Quelque 307,3 millions de bouteilles ont ainsi été écoulées, soit 0,4% de plus qu'en 2016, selon le Comité champagne.

Les ventes ont été portées par les exportations, en hausse de 3,5% à 153,6 millions de bouteilles. Ce sont surtout les pays hors de l'Union européenne qui tirent le marché, avec une progression de 9% sur l'année pour atteindre 77 millions de cols équivalent 75 cl. Le marché européen accuse, lui, une baisse de 1,3% avec 76,6 millions de bouteilles.

Les États-Unis, certains pays d'Asie et l'Australie tirent notamment les ventes, précise Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons (SGV) et coprésident du Comité Champagne, cité par France Bleu Champagne-Ardennes,  avant que soient publiées, mi-mars, les données précises par pays.

Une ombre au tableau toutefois, le marché français n'est pas reparti en 2017, au contraire. Après une baisse de 2,4% en 2016, l'activité a encore davantage reculé l'an dernier, de 2,5%, à 153,7 millions de bouteilles. Pour la première fois, il s'est donc vendu quasiment autant de flacons en France qu'à l'étranger.

Mais si les maison de négoces résistent quelque peu, ce sont les vignerons qui enregistrent la plus grande chute de leurs ventes. « Entre 2007 et 2016, les vignerons ont perdu environ 25% de leur volume expédié », relève Aurélie Ringeval-Deluze, professeure d’économie et de gestion spécialisée dans l’économie du vin à l’université de Reims Champagne-Ardenne, rapporte l’AFP. Sur un an, ils ont perdu 2.5 millions de bouteilles commercialisées. 

« Ce qui coince, c’est que le marché français est difficile, concurrentiel… Or, 80% du champagne de vignerons est vendu en France », souligne Maxime Toubart, le président du Syndicat général des vignerons de la Champagne. 

Face à cette contrainte, couplée au morcellement du vignoble champenois qui fait diminuer la taille des exploitations, de nombreux viticulteurs préfèrent vendre tout ou en partie de leur récolte aux négociants, une solution rentable avec un prix du kilo de raisin qui oscille « entre 5 et 8 euros, » indique-t-il. 

Reste que l’inflation du prix du Champagne ces dernières années est une explication majeure et l’offensive menée par les Créments telles que la Loire, la Bourgogne ou l’Alsace a fait quelques dégâts sur le marché national grâce à un rapport qualité prix remarquable et remarqué par un nombre croissant de consommateurs. Ajoutons à cela le Proseco italien qui n’en finit plus de battre des records et le Cava Espagnol aujourd’hui bien installé dans la grande distribution et qui continue de rencontrer un succès toujours plus confirmé. 

Une timide réaction des vignerons 

Pour continuer à commercialiser leurs propres champagnes, certains vignerons décident de se lancer à l’export, stimulés par des ventes en croissance vers les pays tiers (+8,4%). « Environ 50% de ma production, soit 15,000 bouteilles, part aux États-Unis et en Italie, mais aussi en Suède et au Danemark », détaille Benoît Velut, jeune vigneron installé à Montgueux (Aube), qui vinifie 3 hectares sur 7,7 hectares au total et vend le reste au négoce. 

Pour s’adapter à cette nouvelle donne, il a rejoint une association de dix vignerons où chacun apporte son expertise et ses compétences, « un énorme levier parce que je n’ai aucune formation de commercial », reconnaît-il, conscient que la filière est passée « d’une clientèle très locale du temps de nos parents à une clientèle beaucoup plus disséminée en France tandis que l’étranger s’est développé. » De son côté, le Syndicat général des vignerons a créé « des services d’accompagnement, » une marque commune appelée « Les Champagnes de vignerons », propose à ses adhérents de participer à des salons, de suivre des formations en anglais… « Une kyrielle d’actions » pour aider à commercialiser ces champagnes de qualité mais qui « n’enraye pas encore la baisse des volumes », observe le président du SGV. 

Un signe de faiblesse sur le foncier Champenois 

En 2016 pour les AOP (Appellation d’Origine Protégée) française, le prix moyen des vignes s’établit à 140 600 €/ha. Il est globalement stable par rapport à l’an passé. Deux phénomènes expliquent cette stabilité. D’un côté, le prix moyens des vignes AOP hors Champagne progresse de 3,8% pour atteindre 66 500 €/ha et est tiré par la Bourgogne qui elle aussi peut atteindre des prix stratosphériques. De l’autre, celui des vignes en Champagne recule de 2,6% et arrive à 1 113 500 €/ha, soit un différentiel de 30 000 €/ha comparé à 2015. Cette baisse du premier de cordé est la première depuis 1993 et entre 1993 et 2015, le prix des vignes en Champagne avait été multiplié par quatre. Cette contre-performance doit être donc prise avec des pincettes. 

Reste à savoir si sur 2017, la baisse se confirmera ou non. Les professionnels attendent avec impatience les chiffres 2017 que la SAFER devrait publier en mai. Néanmoins un tel prix du foncier pose un vrai problème en matière de succession et est sans aucun doute le motif principal de la baisse du nombre d’exploitants. Cela explique aussi les difficultés à commercialiser en vente directe du fait de petites structures morcelées avec des moyens limités. 

Et le Bio dans tout cela 

Un vent sur l’agriculture bio souffle aujourd’hui sur le marché français et le salon de l’agriculture qui ferme ses portes ce dimanche 6 mars en a été encore le témoin privilégié. 

La viticulture n’échappe pas à cette nouvelle mode des consommateurs urbains et bien des régions ont commencé leur mutation même si le débat perdure sur l’opportunité ou non de faire du bio alors que bien souvent une agriculture raisonnée respecte mieux la plante et le terroir. 

Le champagne bio est un vrai sujet pour les vignerons et les maisons de négoces. La progression des surfaces au label « AB » a bondi de 14% entre 2015 et 2017 et 176 hectares sont en conversion cette année, mais ces chiffres sont en trompe l’œil, la viticulture biologique ne couvre que 1,9% des surfaces de la Champagne sur les 34,000 hectares que compte l’appellation, selon les chiffres de l’Agence Bio. 

Produire bio ne s’improvise pas: « Si on veut faire ça pour mettre un beau logo sur une étiquette, on va vite déchanter » explique Pascal Doquet, vigneron dans la Côte des Blancs et président de l’association des champagnes biologiques créée en 1998. Lui a dû attendre « six ans entre le début de la conversion et la commercialisation des premières bouteilles » certifiées par ce sésame. Cette gageure s’explique par les trois années incompressibles de la conversion, couplée à la durée de vieillissement du champagne plus longue que celle des vins tranquilles, non-effervescents.

Mais aussi, il ne faut pas oublier la variable climatique qui peut affecter la récolte. La Champagne étant marquée par les flux océaniques, le vignoble est exposé à un risque de pourriture lié à l’humidité, faiblesse renforcée par la famille des pinots sensibles à ce phénomène. 

À la lumière de ces explications et compte tenu des enjeux commerciaux, beaucoup vont encore hésiter à se lancer dans l’aventure et les grandes maisons de négoces, pour le moment, si elles en parlent, regardent ce phénomène avec méfiance, le sujet aujourd’hui étant de garantir les volumes pour le marché mondial. La pression des consommateurs sera à suivre dans les prochaines années pour voir ou non l’évolution du label bio dans le vignoble champenois.  

Source: McViti

L’une des plus prestigieuses maisons de négoce de Beaune lance une nouvelle gamme de vins en rouge et en blanc, conçus à partir des terroirs audois et des fûts bourguignons, afin de se positionner sur un nouveau marché pour elle et offrir aux consommateurs une gamme de Chardonnay et de Pinot Noir permettant de compléter la gamme proposée par la marque Albert Bichot. 

Depuis bien longtemps, les grandes maisons de Bourgogne ne se contentent plus de vendre les vins de leur somptueuse région. En effet, la Maison Drouhin a investi autrefois dans un domaine de l’Oregon, aux États-Unis; la grande maison chablisienne Laroche en a fait de même en investissant dans le Pays d’Oc avec le domaine Mas La Chevalière ou encore la Maison Louis Latour, qui a investi en Ardèche pour commercialiser des vins de Pays, ou plus au sud, le négociant du Beaujolais Georges Dubœuf, qui a aussi investi dans le Languedoc pour proposer une large gamme de vins de cépages, et cette liste n’est pas exhaustives !

Dans le même esprit, la maison Albert Bichot, fondée en 1831, sort de son pré carré bourguignon et a présenté une nouvelle gamme « Horizon » au salon Vinisud à Montpelier courant février: soit deux cuvées de chardonnay et de pinot noir produites à Limoux, en vins de France. Cette cuvée Horizon n’a pas revendiqué pour le moment la dénomination « Pays d’Oc IGP » pour garder la liberté de lancer l’élevage en fûts au plus vite sans avoir le besoin d’attendre l’agrément d’InterOc, a indiqué Bernard Serveau, le directeur technique de la maison beaunoise.

« Nous avons une expertise suffisamment forte sur les cépages emblématiques de Bourgogne pour essayer de les faire s’exprimer ailleurs. Notre « Horizon », ce n’est pas l’autre bout de la terre, c’est une zone de terroirs », résume Vincent Guionet, le directeur des ventes de la maison Bichot, qui souligne en outre que l’altitude du vignoble de Limoux lui donne un air de cousin germain avec les climats bourguignons, rapporte le site Vitisphère.

Limoux est situé à l’ouest des Corbières, au pied des Pyrénées, à une altitude variant entre 250 et 450 mètres, et bénéficie d’un climat plutôt tempéré apportant une certaine fraîcheur, une rareté dans le Languedoc.

N’ayant pour l’instant pas investi dans le vignoble, la maison Bichot a établi un partenariat avec un domaine lui fournissant déjà des vins Pays d’Oc IGP pour l’export. Le nom de ce dernier n’a pas été communiqué. Concrètement, le négociant bourguignon a fourni la cuverie, acheté les raisins, réalisé les vinifications et l’élevage. Le tout piloté par Alain Serveau, qui suit l’ensemble du programme. « C’est du négoce moderne, implanté dans son terroir, tout en gardant son fil directeur. On ne s’en cache pas, on l’assume, et pire, on le revendique », indique à Vitisphère Vincent Guionet.

La maison Bichot n’a pas souhaité communiquer sur les volumes produits, mais indique qu’à terme le projet se veut très ambitieux. Après un premier millésime d’essai en 2015, la production 2016 rentre actuellement en phase de mise en marché, en France et à l’export. Cette commercialisation devrait s’effectuer à un prix de vente de 8 euros en France  et 10 dollars aux États-Unis, précise encore le site Vitisphère.

Source: McViti

Issue de la « parcelle des femmes », cette cuvée célèbre en 110 grands formats numérotés le centenaire de la plantation de ces pieds de merlot au milieu de la première guerre mondiale.

Meurtrière, la première guerre mondiale saignait tant les campagnes françaises en main-d'œuvre, que ce sont les femmes qui faisaient tourner les propriétés au jour le jour. Et qui investissaient dans la pérennité des domaines. Pour rendre hommage à ce pan méconnu de l'histoire, la propriété Cos d’Estournel a réalisé en 2015 une vinification spécifique des raisins de « la parcelle des femmes », débouchant sur la cuvée COS100.

emmanuel parcelle femmes

Plantés en 1915, ces ceps de merlot témoignent de l’implication des vigneronnes dans le maintien de la production de vin (devenue, il est vrai, cruciale pour l’alimentation des soldats). « En imaginant COS100, j’ai voulu rendre hommage au terroir et aux femmes de Cos d’Estournel qui, il y a plus de cent ans, ont planté ces vignes et ainsi assuré la pérennité de la propriété », résume le propriétaire Michel Reybier sur le site du château.

Ventes directes et aux enchères

Se voulant doublement historique, la production de cette cuvée parcellaire est ultra-limitée, avec seulement deux tonneaux produits. En tout et pour tout, la commercialisation de COS100 se limitera à 10 balthazars et 100 double-magnums (ces bouteilles équivalant respectivement à 10 et 3 litres de vin).

Si les 100 double-magnums vont être mis en vente directe sur le site de Cos d’Estournel (les prix étant à la demande), deux mises aux enchères caritatives vont être réalisées avec Sothebys. Deux balthazars seront ainsi mis en vente à New York le 28 février et Hong Kong le 10 mars, au profit de l’ONG Elephant Family, qui protège les éléphants dans leur habitat naturel. Une initiative reliée aux éléphants et aux pagodes orientalisantes qui caractérisent la propriété de Cos d’Estournel depuis sa création, par Louis-Gaspard d’Estournel, en 1791.

Source: Vitisphère

La nouvelle est tombée fin novembre : la maison de Champagne Taittinger est à nouveau le partenaire officiel de la FIFA pour les deux prochaines Coupes du Monde de football masculine et féminine.

La Coupe du Monde masculine 2018 se déroulera du 14 juin au 15 juillet en Russie et du 7 juin au 7 juillet 2019 en France pour les femmes, où quelques matches auront lieu dans la capital champenoise au stade Auguste Delaume. «Nous sommes fiers d’être associés à ces moments magiques», a commenté la maison de champagne, saluant également le travail mené par Clovis Taittinger, directeur de l’export et fils de Pierre-Emmanuel Taittinger, parti «à la conquête du plus bel événement de la planète football». «La culture du football est universelle et a le fabuleux pouvoir de rassembler, de créer une ferveur unique autour d’une passion, précise la Maison Taittinger. Elle dépasse les clivages et abolit les frontières comme nos bulles champenoises.»

Mais entre le négociant et le ballon rond, c’est une passion qui dure! En 1959, Jean Taittinger donnait déjà le coup d’envoi de la Coupe des Clubs Champions (actuelle Champions League) entre le Stade de Reims et le Real de Madrid. Malheureusement à l’époque, les Rémois s’étaient inclinés contre les Espagnols 2-0 et cela permettait au Real de gagner son quatrième titre d’affilé. Quelques décennies plus tard, pour la première fois, les bulles Taittinger célébraient les victoires lors de la Coupe du Monde de football au Brésil en 2014. Mais c’était aussi la première fois qu’une maison de Champagne était associée à cet évènement. Rappelons qu’en Formule 1, le partenariat entre les maisons de Champagne et l’automobile font bon ménage depuis très longtemps. Après les règnes de Moët et de Mumm, c'est la maison Devavry, une exploitation familiale située à 20 kilomètres au sud de Reims, qui fournit depuis le Grand Prix de Hongrie (juillet 2017) sa Cuvée Carbon, créée en 2011, rebaptisée Champagne Carbon pour l'occasion. Et moins que le contenu, c'est le contenant qui a manifestement séduit les promoteurs de la F1, avec un original habillage carbone de la bouteille, ce qui lui vaut son nom et fait un clin d’œil aux carrosseries de ces bolides.

Concernant cette Coupe du Monde, les retombées directes et indirectes, notamment sur la renommée de la maison et sur le plan financier, ne seront pas négligeables. L’épreuve est diffusée partout sur la planète et pour le marché intérieur russe, déjà grand consommateur de Champagne, l’impact attendu devrait être fort pour Taittinger. Après la Coupe du Monde brésilienne, l'entreprise a vu sa clientèle grimper dans le pays lusophone. "On a eu de très bons retours", signale le service presse, sans toutefois communiquer sur le coût à l’époque. Pour 2018 et 2019, le négociant champenois ne souhaite pas non plus communiquer le nombre de bouteilles qu'il servira.

Rappelons qu’en France, en 2014, le sponsoring de cette compétition au Brésil avait été mouvementé, avec une plainte de l’ANPAA (Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie) qui avait jugé les publicités de Taittinger sur la Coupe du Monde «incitatives à la consommation d’alcool». La maison rémoise avait publié une publicité mentionnant «Taittinger, déjà qualifié pour le Brésil» le jour du match qualificatif contre l’Ukraine, le 19 novembre 2013 au Stade de France. Puis avait salué la victoire 3-0 d’un «Bravo les Bleus! Quand les Ballons pétillent». L’ANPAA avait engagé une procédure judiciaire et gagné son procès. Taittinger n’avait pas eu le droit de communiquer en France lors de la Coupe du Monde à l’époque, ni vendre ses flacons sur le territoire hexagonal, selon l’arrêt rendu par le Tribunal de Grande instance de Paris. Pour la Coupe du Monde de Russie, Taittinger proposera une bouteille en série limitée, avec pour thème, la conquête de l’espace. Cette bouteille sera également vendue en France sans que son prix ne soit encore communiqué. Cette commercialisation est une première, le gouvernement de Manuel Valls ayant assoupli les méfaits de la loi Evin à la suite de l’arrêt rendu jugé disproportionné par beaucoup.

Source: Info-Viti

L’année 2017 ne pouvait pas se terminer sans une nouvelle transaction de taille. Comme au cours de la saison, c’est Saint Emilion qui joue le rôle principal, avec en invité prestigieux Peter Kwork, le banquier honk-kongais qui achète une nouvelle propriété au cœur de ce beau vignoble.

Réalisée fin décembre, l’acquisition du Château Bellefont-Belcier par le Vignobles K ajoute un troisième pavillon en Saint-Emilion pour l’homme d’affaires Peter Kwok. D’une surface de 13,5 hectares, la propriété est située à l’ouest de l’appellation.

Vitisphère, dans un article paru sur son site ce jeudi, nous précise que cette propriété a séduit le banquier pour l’implantation du vignoble sur des coteaux sud et pour ses attributs architecturaux et paysagers. « Ses collines en pente douce, son grand château et ses arbres majestueux font de lui un lieu unique à Saint-Emilion.

Son chai fin de siècle, de style Gustave Eiffel, donne à la vinification ici un sens supplémentaire à son histoire », explique Peter Kwok par voie de communiqué de presse.

Ce dernier possède déjà le Château Tour Saint Christophe et le Château Haut-Buisson, achetés en 1997, la première acquisition chinoise à Saint Emilion. Il a également investi dans cette même appellation en 2015 dans le Château Tourans, dont les parcelles sont, depuis son rachat, utilisées pour approvisionner les Châteaux Tour Saint-Christophe et Haut-Buisson. Il est implanté en Pomerol, où il possède le Château La Patache et l’Enclos Tourmaline. Il détient aussi non loin de là en Lalande Pomerol le Château de Viaud et en Castillon Côtes de Bordeaux le Château Le Rey.

Comme ses six propriétés, le Château Bellefont-Belcier sera géré par Vignobles K, dont le directeur général est Christophe Meyrou. « L’objectif est de porter Bellefont-Belcier à un niveau supérieur de qualité; la distribution se fera par la place de Bordeaux sur le marché libre », précise le communiqué.

Pour rappel, Vignoble K met en valeur, à travers son portefeuille de châteaux, plus de 75 hectares, en comptant cette dernière opération.

Peter Kwork est un investisseur respecté et apprécié par les professionnels Bordelais. Contrairement à certains de ses compatriotes chinois qui achètent des propriété mais qui vendent leurs vins uniquement en Chine, Peter Kwork respecte le schéma traditionnel du marché de Bordeaux et se vente de n’exporter que 20% de sa production vers l’Empire du Milieu. Un exemple d’intégration. Mais son origine vietnamienne, ancienne colonie française, n’est sans doute pas étrangère à son amour de la culture hexagonale.

Source: Info-Viti

Depuis plusieurs mois le débat en Europe sur l’autorisation du glyphosate ou non fait rage et les Institutions Européennes ont tranché : l’autorisation est prorogée pour cinq ans, le Round-Up et ses concurrents ne seront donc  pas interdits au sein de l’Union européenne. Les agriculteurs crient au scandale, quant aux écologistes, ils ne sont pas satisfaits non plus puisqu’ils auraient voulu une décision encore plus radicale. La France sous la pression des lobbies verts a décidé d’interdire son utilisation dans les trois ans, ce qui ne devrait pas manquer d’avoir des conséquences lourdes sur l’économie hexagonale.  

Qu’est-ce que le glyphosate ?

Le glyphosate est un herbicide total foliaire systémique, c’est-à-dire un herbicide non sélectif absorbé par les feuilles et ayant une action généralisée, le produit étant assez peu mobile dans les sols, les industriels lui ajoutent des additifs pour améliorer sa performance. Son utilisation évite de retourner les terres. Son usage est très courant en agriculture traditionnelle mais aussi il est utilisé par presque l’ensemble des établissements publics gérant des espaces verts. Son interdiction en France va remettre en cause bien des modèles.

Autrefois produit sous brevet, exclusivement par Monsanto à partir de 1974 sous la marque Round-Up, le brevet passe dans le domaine public en 2000 et d'autres sociétés produisent désormais du glyphosate.

Le glyphosate est classé depuis le 20 mars 2015 comme « probablement cancérogène » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Cette agence de l'OMS précise que ce classement est uniquement une estimation du danger, et que l'estimation du risque pour la population générale est du ressort des agences de sécurité sanitaire. Depuis lors, un panel d'experts de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture et de l'Organisation mondiale de la santé estime en mai 2016 qu'il est improbable que le glyphosate soit cancérigène par voie alimentaire en cas de doses résiduelles. Des appréciations similaires ont été rendues par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) ainsi que par les différentes agences nationales ayant été chargées d'évaluer le risque sanitaire du glyphosate par voie alimentaire. Néanmoins, ses opposants lui prêtent des effets néfastes sur l'environnement et sur la santé des personnes exposées aux pulvérisations (agriculteurs et populations rurales entre autres).

La France se tire-t-elle une balle dans le pied avec cette interdiction ?

Emmanuel Macron soumis à la pression de son ministre de l’Écologie Nicolas Hulot et de divers lobbies environnementaux a décidé d’interdire le glyphosate non pas dans cinq ans mais dans trois ans sans se préoccuper de savoir ce que l’Union Européenne décidera en 2022. Nous pouvons nous interroger sur l’opportunité d’une telle décision. En effet, sous l’impulsion de l’OMC, les barrières douanières autour de l’Europe ont quasiment disparu et les échanges agricoles augmentent d’année en année sans que les compétiteurs internationaux se soumettent aux mêmes règles leur permettant d’avoir des coûts de revient plus faibles sans que le consommateur final soit mieux protégé. Qui sait d’où proviennent nos Corn Flakes ? Sont-ils produits selon nos normes ? Et si les producteurs français ont des normes plus contraignantes que leurs pairs européens pourront-ils résister financièrement encore longtemps ?

Cette distorsion de concurrence a déjà mis à mal l’agro-industrie française de la viande et du lait. Depuis plus de trente ans nos différents gouvernements de gauche et de droite s’acharnent à appliquer les directives européennes en les durcissant, ce que nos voisins se gardent bien de faire. Pour preuve, les dernières mesures sur la politique de l’eau dans notre territoire augmentant considérablement le coût liés à des mises aux normes que les éleveurs ne peuvent répercuter sur le prix puisque les importations intra UE sont libres et quasi libres avec les pays tiers qui eux ne sont soumis à peu voir aucune norme comme les éleveurs bovins d’Amériques latines, par exemple. 

Pour le secteur des vins et des eaux de vie le problème est quasi similaire : en 1991, la profession avait déjà dû subir la Loi Evin, loi interdisant la publicité et toute forme de promotion sur le sujet tant dans la presse écrite que dans l’audiovisuel et des campagnes violentes promouvant l’abstinence ont lavé le cerveau des Français pendant plus de quinze ans. Il faudra attendre l’arrivée de François Hollande au pouvoir en 2012 pour que cette loi soit partiellement détricotée.

Aujourd’hui, c’est Emmanuel Macron qui poignarde dans le dos une partie de la profession par cette mesure alors que lui-même lors de la campagne présidentielle indiquait qu’au sein de l’Union, les règles devaient être les mêmes pour tous. Pour la FNSEA, premier syndicat agricole français, si cette décision de l’Europe est une preuve de pragmatisme des États membres, c’est l’attitude du président Macron, en précisant dans un tweet qu’il prendrait les dispositions nécessaires pour que « l’utilisation du glyphosate soit interdite dans notre pays au plus tard d’ici trois ans », qui agace. La FNSEA rappelle que le président de la république soulignait le 19 avril de cette année : « je me battrai pour la convergence fiscale, sociale et environnementale au sein de l’Union européenne, afin que chaque État joue avec les mêmes règles du jeu ». La FNSEA met donc l’accent sur les risques de distorsion de concurrence et dénonce l’acceptation de règles différentes pour ce que l’on produit et pour ce que l’on importe.

Du côté des vignerons, c’est globalement le même état d’esprit.  « Le glyphosate ? Ne m’en parlez pas, ça va faire mal. Très mal. Il n’y a pas de solution de remplacement en face ! », s’emporte un viticulteur du Minervois à l’ouverture du salon Sitevi  de Montpellier il y a trois semaines rapporte Alexandre Abellan dans un article paru sur le site internet Vitisphère. L’annonce de la reconduction européenne de la licence du glyphosate pour cinq ans et la promesse de sa suppression française dans trois ans n’a donc pas laissé indifférent dans les allées du salon. « Ces gens qui pensent qu’il faut supprimer le glyphosate, qu’ils viennent dans mes vignes pour un stage. On verra si après une journée à biner, ils sont encore contre les herbicides de Monsanto » grogne un vigneron gardois. Ajoutant que « c’est bien beau d’être écolo en ville, mais la réalité du terrain est bien différente… Il vaut mieux que je n’aie pas un de ces bobos en face ! » Certaines positions sont parfois plus modérées en particulier chez certains Bourguignons qui possèdent de petites exploitations mais là, le prix de revient de leurs productions est dix à quinze fois supérieurs à leur confrères languedocien à l’hectare, difficile donc de comparer et cela rend forcément plus serin.

Il serait bon que nos politiques et nos décideurs économiques relisent le remarquable essai publié en 2011 aux Éditions Galimard et appelé Inévitable Protectionnisme ou Adrien de Tricornot journaliste au Monde et ses deux confrères Franck Dedieu et Benjamin Masse-Tamberger nous amenaient à réfléchir sur notre modèle productif et social à l’orée d’une mondialisation débridée où tous les acteurs ne subissent pas les mêmes règles. Sans doute alors, des décisions brutales comme celle de la suppression du glyphosate n’auraient pas été prises par un simple tweet…  Première erreur politique d’un président d’habitude si pragmatique ?

Source: Info-Viti

jeudi, 14 décembre 2017 19:57

Transaction à Pessac, Magrez à l'offensive

L’été avait été mouvementé tant dans le terroir de Saint-Emilion que dans celui de Chateauneuf. L’hiver sera-t-il actif dans les graves? Figure des appellations bordelaises et de Pessac, en particulier avec le château Pape Clément, l’homme aux multiples propriétés tant en France qu’à l’étranger déclare « être sauté sur une affaire à ne pas manquer. » 

La nouvelle cible du « Pape » de Bordeaux pas toujours clément avec ses paires est une propriété de 33 hectares sur la commune de Léognan, le château Le Sartre. « Dans le monde entier, Pessac-Léognan est une appellation qui a de la résonance. Et il y a très peu de choses à vendre. Donc quand il y a quelque chose à acheter, il faut sauter dessus », explique Bernard Magrez à France 3, en marge du salon Bordeaux Tasting (de la revue Terre de Vins). En quête d’un quatrième cru classé, Bernard Magrez n'a donc pas hésité pour conforter son portefeuille en Pessac-Léognan, où il possède déjà le château Pape Clément (cru classé de Graves de 54 hectares). Cette acquisition lui apporte une production annuelle de 140 000 cols environ, dont les deux tiers en rouge, précise un communiqué de Bernard Magrez à Grands Vignobles. Il est aussi indiqué qu’une activité oenotouristique sera développée.

Outre le château Pape Clément (54 hectares à Pessac-Léognan), Bernard Magrez possède en cru classé La Tour Carnet (115  ha en Haut-Médoc), Fombrauge (58  ha à Saint-Émilion) et le Clos Haut-Peyraguey (17  ha à Sauternes).

Pour rappel, Pessac-Léognan, situé au Sud-ouest de Bordeaux, est une appellation reconnue depuis 1987 et représente plus de 1700 hectares de vignes, dont presque 80% sont dédiés au vin rouge. Elle est au cœur de l’appellation des Graves et rassemble l’ensemble des Grands Crus de cette aire.  

Selon le site Vitisphère qui a contacté la famille Perrin-Leriche, cette dernière précise que la transaction doit encore être finalisée et ne souhaite pas commenter ni motiver cette vente. Racheté au cours des années 80 par le défunt Antony Perrin (propriétaire de château Carbonnieux), le château de Sartre est géré depuis 2004 par sa sœur, Marie-José Perrin Leriche et son mari, René Leriche.

Selon un article du Figaros.fr, cette transaction se ferait au prix de 700 000 Euros l’hectare soit un peu plus de 23 millions.  Le marché du foncier à bordeaux reste actif et la concentration des châteaux entre quelques mains et de prix hors normes se confirme d’année en année.

Source: Info-Viti

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