dimanche 3 mars 2024
Emmanuel de Vaucelles

Emmanuel de Vaucelles

Âgé de 45 ans, ingénieur agricole, diplômé de l’IHEDREA (Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole en 1995), j’ai poursuivi mes études par un master de Gestion, Droit et Marketing du secteur Vitivinicole et des Eaux de Vie dépendant l’Université de Paris 10 Nanterre et de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin - 1997). Lire la suite...

Depuis le 14 mai, il est possible de commander des bouteilles de vins, champagnes et spiritueux de la carte de vins de la compagnie aérienne française.

La compagnie aérienne Air France annonce l’ouverture d’une boutique digitale pour ses vins servis à bord des avions et au sol : La Cave Air France.

La compagnie française est réputée pour être l’une des meilleures « tables » au monde pour sa classe affaires et la première classe. Les plus belles maisons champenoises, viticoles et de spiritueux de l’Hexagone y sont présentes. La sélection exclusive est signée Paolo Basso, le meilleur sommelier du monde 2013, en collaboration avec Thierry Desseauve et Michel Bettane, auteurs du Guide des vins bettane+desseauve et de la revue En Magnum. Les clients de la firme française y trouveront également des offres privilégiées et des invitations à des dégustations privées. Les passagers pourront commander au sol, mais également en plein vol, l’alcool qu’ils découvrent à bord, grâce à l’offre de connectivité Air France Connect.

Donc, depuis le 14 mai 2019, Air France a lancé La Cave Air France et propose de prolonger la dégustation des meilleurs vins, champagnes et spiritueux servis à bord de ses vols et dans ses salons de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly. La compagnie va même plus loin et propose, en association avec le premier site français VentealaPropriete.com, la vente en ligne de sa carte de vins, champagnes et spiritueux permettant à tout un chacun de pouvoir y accéder sans forcément prendre l’avion.

Air France rappelle dans son communiqué de presse qu’elle renouvelle tous les deux mois sa sélection de vins et champagnes proposés à bord de ses vols « pour une découverte de la richesse des vignobles français ». Chaque année, l’entreprise offre 800 000 bouteilles de vins en cabines première classe et affaires et 750 000 bouteilles de champagne, y compris en cabine Economy.

En mai 2019, la carte proposait entre autres :

  • Champagne Taittinger Comtes de Champagne Blanc de Blancs 2007
  • Bordeaux Saint-Julien Château Léoville Poyferré 2014
  • Bordeaux Sauternes Château Suduiraut 2011 1er Cru Classé
  • Beaune 1er cru Les Bressandes 2013 Louis Jadot
  • Whisky Bellevoye

La cave d’Air France est très régulièrement primée pour la qualité de sa sélection. Sur cette dernière année, en février 2019, elle a été une fois de plus récompensée pour la qualité exceptionnelle des vins et champagnes servis à bord de sa cabine « La Première » lors des prestigieux Business Traveller's Cellars in the Sky Awards 2018. La firme a notamment été gratifiée du prix du meilleur champagne servi en première classe grâce au prestigieux Taittinger Comtes de Champagne Blanc de Blancs 2006. De même, en septembre 2018, lors de la cérémonie de remise des World's Best Wine Lists Awards 2018, Air France a reçu le prix de Best Airline Wine List in the World, l'une des plus prestigieuses récompenses en ce domaine décernée par le magazine britannique The World of Fine Wine.

Air France a historiquement toujours porté une attention particulière à la gastronomie et au vin. Rappelons qu’en 2016, l’Institut Nationale des Appellation d’Origine (INAO) s’était associé à la compagnie aérienne pour réaliser quatre films sur les signes de qualité qui avaient été diffusés sur les vols longs courriers et ou le vin avait une large place.

Cette initiative de cave sur l’Internet est un bon moyen pour ceux qui ont le mal de l’air ou la peur de l’avion de pouvoir bénéficier du savoir-faire de Paolo Basso, Michel Bettane et Thierry Dessauve et de gouter la sélection tout en restant chez soi. C’est aussi une nouvelle façon de continuer à déguster sans voyager même pendant les nombreuses périodes des « célèbres grèves » de la compagnie française coutumière du fait…

Source: McViti

Le week-end des 5 et 6 mai derniers a donné des sueurs froides aux vignerons de la France septentrionale et dans le Bordelais, rappelant que jusqu’à la mi-mai, tout danger de gelées n’est pas écarté. Zoom sur ces fameux « Saints de Glaces » qui, quasiment chaque année, font la une de l’actualité agro-viticole en France.

Le site Internet d’information sur le monde du vin, Terre de Vins revient sur les Saints Glaces et sur l’épisode de froid qui a traversé l’Hexagone le week-end dernier. Connaissez-vous ces prénoms: Mamert, Pancrace, Servais, Boniface? Quelque peu désuets aujourd’hui, voire oubliés pour certains, ils évoquent néanmoins dans la mémoire agricole les Saints de Glaces (11-12-13-14 mai) où des gelées printanières peuvent encore se produire, causant des dégâts considérables sur les jeunes feuilles tendres de nos vignes ou de nos arbres fruitiers.

Mais cet épisode n’est malheureusement pas le premier cette année, un précédent coup de froid avait eu lieu du 12 au 14 avril et avait déjà eu des répercussions dans plusieurs régions. Le refroidissement de ce week-end (il a fait -0,6 °C à 5h à Reims, -1,0 °C près d'Angers, -0,1 °C à Mont-de-Marsan, 0,4 °C à Gujan-Mestras près de Bordeaux) a ravivé les craintes des professionnels avec quelques jours d’avance. Les vignerons ne seront sereins que lorsque la mi-mai (voire la fin mai pour l’Alsace) sera passée. En effet, aujourd’hui encore, les vignerons ne négligent pas les vieux dictons, nés de l’observation dans les champs et les vignes: « Saint-Pancrace, Gervais et Boniface souvent apportent la glace ». « Quand la Saint-Urbain est passée, le vigneron est rassuré ».

En revanche, ne cherchez pas ces saints sur le calendrier. Lors du Concile de Vatican II de 1960 sous le contrôle de Jean XXIII, l’église catholique les a bannis, estimant que ces croyances populaires donnaient lieu à des réminiscences païennes. Ils sont désormais remplacés par Sainte-Estelle, Saint-Achille, Sainte-Rolande et Saint-Matthias.

Soucieuse ou non des proverbes, la météorologie reconnaît elle aussi qu’il peut statistiquement se produire une période de températures gélives jusqu’à la fin mai. Les astrophysiciens, eux, ont remarqué que l’orbite de la terre traverse la mi-mai (et la mi-novembre) une zone du système solaire particulièrement chargée en poussières et que ces particules peuvent faire légèrement obstacle au rayonnement solaire, se traduisant par une perte de chaleur, surtout la nuit. Terre de Vins nous indique encore qu’en Alsace, où les gelées peuvent encore survenir jusqu’à la fin mai, Saint-Urbain (25 mai) est lui aussi associé aux Saints de GlaceS. Dans le Midi, c’est plutôt en avril que se situent les risques, et on évoque les « saints cavaliers », Saint-Georges, Saint-Marc, Saint-Eutrope et Saint-Philippe (respectivement 24-25-30 avril et 3 mai).

Donc encore deux à trois semaines de tensions avant que les vignerons puissent faire un premier bilan de ce printemps quelque peu capricieux. Mais la saison ne sera pas finie pour autant, car après le gel peut venir la grêle, avec des épisodes orageux qui peuvent se révéler dangereux pour la production viticole, comme ceux autour du 15 août, puis peuvent survenir les pluies pendant les vendanges. Un beau métier que celui de vigneron, mais il faut avoir un cœur bien accroché et une foi en la providence… Mais à quels saints devons-nous donc nous vouer pour avoir une saine et belle récolte? A Saint Vincent, sans nulle doute… Le saint des Vignerons.

Source: McViti

mardi, 30 avril 2019 09:16

Du Mouton Rothschild pour Notre-Dame!

871 000 euros! Ce chiffre est la somme récoltée le 17 avril dernier à Londres pour la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris lors d’une vente aux enchères de 25 coffrets d’un vin prestigieux: le Château Mouton Rothschild.

L’AFP indique dans sa dépêche que chaque coffret contenait cinq millésimes de ce premier Cru de Pauillac classé en 1855, sans toutefois indiquer lesquels, dont les étiquettes ont été réalisées par des artistes qui ont été exposés au château de Versailles. Cette vente était au départ destinée à la restauration du palais du Roi Soleil, tout comme les ventes aux enchères de Hong Kong, le 1er avril, et de New York, le 4 mai.

L’incendie de Notre-Dame de Paris s'est déclaré à l'intérieur de la charpente de la cathédrale dans la soirée du lundi 15 avril 2019, causant plusieurs centaines de millions d’euros de dégâts. L’émotion, tant en France qu’à l’étranger, fut forte et les dons du monde entier affluent depuis. « L’actualité, avec l’incendie de Notre-Dame, a déclenché l’envie conjointe du château de Versailles et de la famille Rothschild, propriétaire de Mouton Rothschild, de reverser le résultat de cette vente pour la restauration de la cathédrale Notre-Dame », a précisé un communiqué du château basé en Gironde, quelques jours après la catastrophe, et qui vient compléter la longue liste des généreux donateurs.

En contrepartie, qu’ils soient pour Versailles ou Notre-Dame, les acheteurs de ces trois ventes, afin d’être remerciés, seront tous invités à un dîner de gala au château de Versailles, où sera notamment servi le millésime 1945 de Mouton Rothschild, une des années les plus prisées au monde (avec 1929, 1982 et 1990).

Une façon comme une autre de faire passer l’addition, car le prix moyen du coffret ressort à 34 840 euros et le prix moyen par bouteilles à 6 968 euros… Nul doute qu’à ce prix là, ces flacons seront bus avec modération!

Source: McViti

Pendant une semaine, 6000 acheteurs, de l'importateur au restaurateur français et étranger, ainsi que des journalistes spécialisés, se sont pressés notamment dans huit domaines regroupant les dégustations par appellation. Ce système de commercialisation unique au monde permet à quelque 200 châteaux de vendre avant l'heure presque toute leur production, voire la totalité, via des négociants, et d'obtenir ainsi de la trésorerie. Les acheteurs y trouvent leur compte en acquérant des vins qui devraient en principe être vendus plus chers une fois sur le marché et dans certains cas, introuvables tant la demande est forte.

Mais que vaut ce millésime? À la lecture des premiers articles de la presse spécialisées, 2018 est une très belle réussite. Certains parlent même d’un millésime exceptionnel, mais il est sans doute un peu tôt pour être aussi affirmatif. « En rouge, tout est très doux, très concentré. Il y a beaucoup d'alcool, 14 degrés, et on ne le sent pas, c'est bien. Mais dans certaines appellations, la qualité varie beaucoup avec parfois de la surmaturité. Ça donne un côté marmelade qu'on tient à éviter », explique un journaliste du Winenow Magazine, à la Revue des vins de France diffusée à Hong Kong et en Chine.

Mais maintenant, le suspens commence: à quel prix les Châteaux vont-ils proposer leur vin pour cette nouvelle campagne? « Tant que les gens feront de l’argent en commerçant sur les grands crus, tant que les propriétés y auront un intérêt économique, tout convergera à ce que le système perdure… On a tendance à voir le système se conforter: on a vécu une année 2018 très prospère, sur l’exportation des grands crus avec une augmentation sur tous les continents, un peu moins forte en Asie, mais finalement très forte en Europe et aux États-Unis », nous indique Ronan Laborde président de l’UGCB (union des Grands Crus de Bordeaux).

Interrogé au commencement de la semaine des Primeurs à Bordeaux, Fabrice Bernard, à la tête de la maison de négoce bordelaise Millésima, donnait à cette question une réponse mesurée, empreinte de prudence. « Quel prix? C’est une très bonne question, et sincèrement ce n’est pas pour faire la langue de bois mais je ne sais pas trop quoi répondre. Plusieurs propriétaires m’ont déjà posé la question, et je trouve que donner un niveau de prix est très difficile actuellement. Les vins sont délicieux en 2018, c’est indéniablement un très grand millésime, la presse en attestera à l’issue de la semaine des primeurs. Pour moi, on a la puissance du 2009 avec l’élégance du 2010. Par contre, on a un marché et une actualité économique compliqués. La Chine est un peu à l’arrêt, il y a le Brexit en Angleterre… La qualité est là, mais maintenant, il faut trouver le bon prix pour une distribution. Je pense qu’il faut être raisonnable, parce que le millésime 2017 a été vendu un peu trop cher. C’est un peu comme le millésime 2011, qui est passé après 2009 et 2010, 2017 passe après 2015 et 2016. Il y a beaucoup de tension; le mieux placé pour donner le prix, c’est le consommateur. Si la perception qu’il a du rapport qualité-prix est bon, il n’y aura aucun problème. Si, à l’issue des dégustations primeurs, tout le monde est unanime pour dire que c’est un grand millésime, on pourra augmenter raisonnablement les prix. »

Mais cette prévision de hausse des prix des grands crus ne reflète pas la réalité du marché bordelais, dont 40% des volumes sont vendus en vrac alors que les vins prestigieux n'en représentent que 3%. Et cette année, les prix du vrac sont à la baisse en raison d'une quantité suffisante. À suivre, donc !

Source: McViti

Si vous cherchez, à partir de ce dimanche 31 mars 2019, une chambre d’hôtel ou une chambre d’hôte, ou encore un gîte rural dans la région bordelaise, passez votre chemin, tout est déjà complet! La fièvre des primeurs commence dès ce lundi avec la découverte du millésime 2019.

Les Primeurs : qu’est-ce que c’est ?

La semaine officielle des primeurs, organisée à partir de lundi par l’Union des grands crus de Bordeaux (UGCB), va permettre aux producteurs bordelais de rencontrer environ 6000 importateurs, distributeurs, cavistes ou encore restaurateurs du monde entier. Ces professionnels viennent découvrir ce millésime dans le but de l’acheter via les négociants de la place de Bordeaux, et pour les journalistes de le noter. Par ce système, ces clients sont ainsi assurés d’obtenir des caisses de grands crus, parfois introuvables une fois en vente au grand public, et de les acheter, en principe, à un prix inférieur à celui de leur mise sur le marché près de deux ans plus tard.

À l’exception du Château Latour, premier grand cru classé de Pauillac, les 200 crus classés, qui représentent seulement 3% des volumes bordelais, vendent ainsi d’ici juin une grande partie de leur dernière récolte. Pour rappel, le vignoble de Bordeaux rassemble près de 5800 producteurs.

2018, le millésime de la peur

Si aujourd’hui les producteurs ont le sourire, l’année 2018 leur a réservé bien de mauvaises surprises. Gel, grêle, rien n’a épargné le vignoble ce printemps puis ensuite, une virulente attaque de mildiou a fini d’en achever certains, mais a aussi coûté cher en traitement. Si 2018 reste qualitatif grâce à une belle fin d’été et un automne conciliant, les volumes, eux, seront inférieurs aux attentes. Mauvaise nouvelle pour la place du Bordeaux, qui avait déjà subi les difficultés de 2017 et a vu ses parts de marché baisser à l’exportation de 12% cette année 2018 en volume.

Les primeurs : un pari sur l’avenir

Peu de surprises pour les professionnels du secteur cette semaine-là, le timing commercial est rodé. Après les dégustations des prochains jours, chacun rentrera chez lui se faire une opinion. Fin avril à début mai, les critiques publient leurs notes et la mayonnaise prend, ou pas. La confiance et la conjoncture économique (la majorité des grands vins sont exportés) jouent autant que le portefeuille. La balle passe ensuite derrière les grilles des châteaux: à quel prix vont-ils vendre? Car l’autre "spécificité" des primeurs, c’est que ce n’est pas la demande qui fixe les prix, tout au moins au début, mais l’offre, c’est-à-dire les producteurs. Une fois la décision annoncée aux négociants via les courtiers (les grands crus ne vendent pas directement), chacun se positionne. Avec, en bout de chaîne, les clients.

Pour compliquer la tâche, la conjoncture n’est pas simple: Brexit, Trump, marché chinois en léger retrait... Ces dernières années, la tendance est claire: il est moins intéressant d’acheter en amont. Pour certains, il s’agit d’un mouvement de fond; pour d’autres, une parenthèse dans la longue histoire des primeurs.

Donc vous l’aurez compris, la semaine prochaine, partout autour de Bordeaux, des dégustations seront organisées par les syndicats, les œnologues, des clubs de propriétés, les négociants, les châteaux. Ce coup de projecteur fait du bordelais, sur quelques jours, le cœur de la planète vin... Suspens intenable, qu’en sortira-t-il?

Source: McViti

Pour vendre leur vin, aussi bon soit-il, les propriétés doivent communiquer et trouver de nouvelles idées afin de se démarquer de leurs concurrents. Cette fois-ci c’est une barrique tout en cristal, avec à l’intérieur, 225 litres de Sauternes du millésime 2013. Cette pièce unique au monde, signée des ateliers Lalique, orne depuis quelques semaines le château Lafaurie-Peyraguey, dont elle célèbre les 400 ans d’existence, nous révèle une dépêche AFP.

Très régulièrement, l’appellation Sauternes fait parler d’elle dans les médias, souvent pour évoquer l’excellence de ce vin unique au monde à la robe d’or, mais aussi parfois pour évoquer la crise qui touche ce précieux nectar, dont le consommateur semble s’être détourné depuis quelques années. Pour y remédier, la communication est un outil, soit via la diversification. Depuis quelque temps, l’offre oenotourristique s’est fortement développée à Sauternes avec l’apparition de nouveaux chais ultramodernes, des caveaux de dégustation tournés vers la vente, la création d’hôtels-restaurants haut de gamme dans les propriétés, soit par le lancement de nouvelles cuvée avec des assemblages quelque peu différents du vin principal et de nouveaux contenants et étiquettes très modernes à l’instar du château Filhot, qui, il y a quelques années, avait créé lune bouteille en forme de lingot d’or et plus récemment une cuvée Zesst, une bouteille de 50 centilitres avec un Sauternes tout en fraîcheur.

Aujourd’hui, c’est une barrique en cristal qui est à l’honneur, au château Lafaurie-Peyraguey. Elle a la taille et la forme d’une barrique bordelaise, pèse près de 400 kilos une fois remplie du précieux vin liquoreux de Sauternes. Ses cerceaux sont en cuir. Son fond transparent est illustré d’une reproduction d’une gravure de René Lalique de 1928 intitulée « Femme et raisin », qui figure également sur les bouteilles de ce premier grand cru classé en 1855.

L’AFP nous indique que pas moins de douze corps de métier et deux ans de travail ont été nécessaires pour la réaliser, l’assembler et la décorer dans la manufacture Lalique à Wingen-sur-Moder (Bas-Rhin). En revanche, son prix de revient n’a pas été indiqué.

Cette pièce a été créée à l’occasion des 400 ans du château Lafaurie-Peyraguey, propriété du groupe Lalique et de son PDG Silvio Denz. « L’idée est d’en faire un objet d’exposition pour témoigner de cette convergence entre le cristal et le vin. Du cristal qui habille le vin, c’est une première mondiale », a indiqué à l’AFP David Bolzan, directeur-général des Vignobles Silvio Denz.

« Elle est faite pour être en exposition, car trop fragile et trop lourde pour être utilisée. Elle contient le premier millésime que Silvio Denz a fait : 2013 », a-t-il poursuivi, et représente une « fusion entre l’or de Sauternes et le cristal d’Alsace », selon le groupe.

Ce fût d’exception est exposé dans un des chais de ce château, qui abrite également un hôtel-restaurant de luxe. Elle a été bénie le 3 décembre 2018 par un prêtre, tout comme la chapelle jouxtant les chais. Pour mémoire, Lafaurie-Peyraguey est une propriété avec 37 hectares de vignes en production.

La barrique est la dernière née d’une série de pièces uniques en cristal exposées à la vinothèque du château, dont une Impériale (bouteille de six litres) et une caisse transparente de six bouteilles.

Si l’on connait l’influence bénéfique du chêne sur l’élevage du Sauternes, il n’est pas précisé quelle sera l’importance dans le temps du cristal sur ce précieux breuvage au millésime 2013 capricieux…

Source: McViti

Ça y est, l’information a été révélée au grand public par les propriétaires du château Mouton Rothschild en cette fin d’année 2018: nouveau millésime, le 2016, nouvelle étiquette, et donc nouvel artiste. Et qui désormais va s’inscrire, après Picasso, Dali, Bacon, Warhol, Anish Kapoor, Jeff Koons et même le prince Charles (en 2004), dans l’histoire des étiquettes de Mouton?

La réponse est, ou "the winner is": le Sud-Africain William Kentridge. Ce peintre, sculpteur, vidéaste et metteur en scène a choisi "Les triomphes de Bacchus", représentant en noir et presque blanc de joyeuses silhouettes sur un bandeau en haut de l'étiquette. Ce natif de Johannesburg est le premier Africain à illustrer le château Mouton.

emmanuel rothschild2016

Pour mémoire, l’histoire autour des étiquettes a débuté en 1924, à l’occasion de la première mise en bouteille au Château. Une étiquette spécifique est réalisée pour l’évènement par l’affichiste Jean Carlu. Cette étiquette est, depuis 1994, sur les bouteilles du vin Petit Mouton.

Par la suite, c’est en 1945 que l’histoire, voire le rite, s’installe. Le baron Philippe de Rothschild décide, avec la Victoire de 1945, de célébrer en illustrant l’étiquette de Mouton Rothschild par le V de la Victoire. Elle est dessinée par Philippe Jullian. Depuis, chaque année, divers artistes réalisent les étiquettes du Château Mouton Rothschild.

Il est à noter que les auteurs ne sont pas rémunérés pour leur œuvre. Ils reçoivent par contre des bouteilles de deux millésimes différents, dont celui qu’ils illustrent. Le Sud-Africain William Kentridge ne sera pas déçu, car l’année 2016 est une très belle réussite.

En 1945, c’était un pari à l’époque plutôt audacieux pris par le propriétaire de ce 1er cru classé de 84 hectares de vignes situé à Pauillac (Gironde) dans l’univers plutôt conventionnel et austère, pour ne pas dire autre chose du quai des Chartrons. Résultat? Ces millésimes sont aujourd’hui des collectors ultra recherchés.

Source: McViti

Depuis quelque temps, les ventes aux enchères sont survolées par les vins de Bourgogne alors qu’il y a encore quelques années, c’étaient les grands crus Bordelais qui faisaient le marché: un changement d’époque et de prix qui font tourner les têtes des collectionneurs.

Dans un article paru la semaine dernière sur le site Internet Vitisphère, une question était posée: combien d’hectares de vignes pourrait-on s’acheter avec la bouteille la plus chère au monde? L’article indique que si comparaison n’est pas raison, il est frappant de convertir les 484 000 € déboursés pour une bouteille de la Romanée Conti en surfaces viticoles. Cette bouteille appartenait à la cave personnel de Robert Drouhin, président du Conseil de Surveillance du négociant Bourguignon Joseph Drouhin. Cette vente avait eu lieu le 13 octobre dernier à New York chez Sotheby’s. La vente globale a rapporté 6,3 millions d’euros.

En juin dernier, ce sont les vins du célèbre vignneron Henri Jayer qui ont affolé les compteurs. 835 bouteilles et 209 magnums issus des caves du domaine étaient proposés à la vente dans les hauteurs de Genève par Baghera Wines et s’est conclue par un chiffre de 29,8 millions d’euros. Déjà à l’époque, les médias et les professionnels parlaient d’une vente record.

Enfin, en décembre, la vente aux enchères d’une collection privée de plus de 1300 bouteilles du Domaine de la Romanée-Conti a atteint un total de 10,2 millions d’euros. 1363 bouteilles, 158 magnums et trois jéroboams, issus de la cave personnelle d’un collectionneur européen, étaient mis en vente à Genève par Baghera Wines, qui s’inscrit maintenant comme un acteur majeur des enchères.

« Ça n’a pas de prix, comme un tableau », confirme Robert Drouhin, tout en reconnaissant un versant négatif. « Cela va participer à l’inflation du prix des vignes, explique-t-il, ça devient impossible pour une famille de s’acheter de belles vignes, c’est le terrain de chasse des investisseurs. C’est une rupture, alors qu’il faut que les terres de vignobles restent dans la famille pour transférer l’expérience. »

Des calculs comparatifs ont été réalisés par Vitisphere qui nous livrent quelques exemples. Avec la bouteille de la DRC 1945 et selon les statistiques 2017 des Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Établissement Rural (SAFER), les 484 000 € déboursés, son acheteur aurait pu investir, en moyenne, dans 3,4 hectares de vigne AOP (l’hectare en appellation française s’échangeant 143 900 euros en 2017). En Bourgogne, la somme de cette DRC 1945 représente quasiment 12 hectares en appellation régionale (41 000 €/ha) mais seulement 0,08 ha en grand cru (s’échangeant environ 6 millions €/ha). Record, cette bouteille représente au maximum l’équivalent de 81 ha en Coteaux du Vendomois (6 000 €/ha), 54 ha en Corbières (9 000 €/ha), 48 ha en Côtes du Marmandais (10 000 €/ha), 40 ha en Armagnac et Cahors (12 000 €/ha), 20 ha en Savoie les quatre Cantons (24 000 €/ha), 10 ha en Beaujolais cru Juliénas et Cognac cru Borderies (48 000 €/ha), 4 ha en Bandol et Saint-Joseph (120 000 €/ha), 3 ha en Sancerre (160 000 €/ha), 2 ha en Pouilly Fouissé (240 000 €/ha), plus d’un hectare en Châteauneuf du Pape (405 000 €/ha) ou Cornas et Pessac-Léognan (450 000 €/ha) et un tiers d’hectare en Côte de Blancs de Champagne (1,4 million €/ha). Et sans doute quelques hectares en Sauternes et Barsac…

2019 verra-t-elle de nouveaux records s’établir? L’Asie sera-t-elle toujours en forte croissance pour ce type de vente? Il semble toutefois que les collectionneurs perdent la tête et à de tels prix, pas de risque que le tire-bouchon s’use… qui oserait boire tous ces euros?

Source: McViti

Lors du réveillon du 24 décembre, deux vins seront à l’honneur dans nos verres. Le Champagne, mais aussi le Sauternes, en accompagnant entre autres votre foie gras. Cette dernière appellation a fait beaucoup « causer » en cette fin du mois de novembre, avec l’annonce de la cession du célèbre château Bastor-Lamontagne, par la Revue des vins de France.

Il est important de préciser que ce ne sont pas les Grands Chais de France qui rachètent le château Bastor-Lamontagne, mais la famille Helfrich. L’alsacien Joseph Helfrich serait la 341e fortune de France, selon le classement du magazine Challenge.

Un peu d’histoire ne nuisant pas, rappelons que jusqu’en 1710, Bastor-Lamontagne était la propriété du roi de France, avant son achat par Vincent de la Montagne, à qui le domaine doit son nom. Mais c’est Amédée Larrieu, au XIXe siècle, qui développa son activité vinicole et c’est aussi lui qui avait refusé de concourir pour le classement de 1855 voulu par Napoléon III, ce qui explique la non présence du château à ce jour dans le fameux décret de l’époque, malgré sa notoriété.

Situé à Preignac, sur l’une des cinq communes de l’appellation Sauternes, à quarante kilomètres environ de Bordeaux, le terroir est, selon les parcelles, composé de graves et de sables ou de graves et d’argiles sur socle calcaire pour l’essentiel (52 ha sur 56), et d’un seul tenant. La production du château Bastor-Lamontagne varie de 60 000 à 80 000 bouteilles, selon les années. Il produit un second vin, Les Remparts de Bastor-Lamontagne, et une cuvée appelée So Sauternes.

Ayant appartenu depuis 1936 au Crédit foncier de France, donc au groupe Banque Populaire Caisse d’Épargne (BPCE), le vignoble est racheté en 2014 par les familles Cathiard, déjà copropriétaire du château Smith-Haut-Lafitte (minoritaire, mais assurant l’appui technique) et Moulin (avec une part majoritaire pour les propriétaires des Galeries Lafayette, via la holding Motier Domaines).

Le site Internet Vitisphère rappelle, dans un article paru le 28 novembre 2018, que le château est certifié bio depuis 2016. En 2015, la cuvée So Sauternes avait défrayé la chronique, un peu comme les Champagne Moët avec son « Ice », puisqu’il proposait un liquoreux à consommer avec des glaçons. Le succès fut tout relatif.

Vitisphère rapporte encore que, selon Florence Cathiard: « Le problème de Sauternes, c’est que les gens adorent ses vins mythiques et magnifiques, mais personne n’en achète… Ça reviendra sans doute, c’est un cycle. Beaucoup espèrent sauver l’appellation par l’œnotourisme, ce qui est une très bonne idée, mais cela peut aussi passer par la distribution d’un grand groupe, qui n’était jusque-là pas présent. »

La famille Helfrich a annoncé prévoir investir dans la rénovation du château, et notamment dans ses impressionnants chais en pierres de taille. À voir maintenant si l’arrivée d’un tel opérateur sur l’appellation aura un quelconque impact sur la commercialisation des vins de ce vignoble, grand tout de même de 1700 hectares.

Enfin, selon la formule consacrée : le montant de la cession n’a pas été précisé par les parties…

Source: McViti

Les années se suivent et les records tombent les uns après les autres à la vente des Hospices de Beaune. Le chiffre d’affaires atteint près de 14 millions d’euros cette année: « Le meilleur résultat jamais réalisé », ont indiqué dans un communiqué conjoint les Hospices civils de Beaune et la maison d'enchères britannique Christie's.

Cette 158e vente organisée sous le marteau de Christie's, qui attire chaque année de nombreux acheteurs étrangers, proposait cette année un nombre record de 828 pièces, du jamais vu depuis 1973. La recette, hors pièces des Présidents, sera reversée à l'institution hospitalière des Hospices fondée au XVe siècle par Nicolas Rollin, afin de financer la modernisation de l'hôpital de la ville et l'entretien du bâtiment historique de l'Hôtel-Dieu. Pourtant, la journée avait plutôt mal commencé, plusieurs centaines de personnes, en majorité du personnel de l'hôpital, étaient venues manifester pour dénoncer le manque de moyens, et en particulier le manque d’effectif.

Les chiffres d’affaire de la vente des Hospices de Beaune donnent le tournis aux professionnels qui renchérissent chaque année encore un peu plus. Mais jusqu’où cela va-t-il aller? Dix ans plus tôt, la vente aux enchères rapportait 2,8 millions d’euros. Un chiffre à majorer de plus de 11 millions aujourd’hui pour obtenir le chiffre d’affaires actuel. Une incroyable progression qui a vu les prix des vins de l’hôpital beaunois augmenter sans discontinuer lors des dernières dix éditions, à l’exception de 2011. En 2017, la vente avait atteint 12,3 millions d’euros, déjà un record.

Une fois le calme revenu dans la rue et les acheteurs installés, le ton a été rapidement donné avec le premier grand cru de la vente, le Clos de la Roche, adjugé 110 000€ contre 80 000 l’an dernier. Plus tard, la palme revenait au chablis 1er cru Côte de Léchet, cuvée Jean Marc Brocard, avec plus de 70% d’augmentation. La pièce s’était vendue à 8500€ en moyenne l’an dernier. Un Bâtard-Montrachet Grand cru a été vendu pour 135 000€, le plus haut prix jamais atteint pour une pièce de vin hors pièce du Président. Les tonneaux de 2018 ont atteint un prix moyen de 14 500€ cette année. Un fût représente 288 bouteilles, soit un prix moyen de 50,30€ hors frais, hors mise et hors TVA, la bouteille. Une façon sans doute de saluer la qualité du millésime?

Les deux « pièces des Présidents » de la 158e vente des Hospices de Beaune ont été adjugées dimanche à 230 000 euros au profit de trois associations, un chiffre bien en-deçà des 420 000 euros de l'an dernier. C'est un acheteur brésilien, Alaor Lino, ainsi que le négociant bourguignon Albéric Bichot et l'un de ses clients, le Canadien Daniel Tangay, qui ont remporté conjointement le lot, le premier apportant 200 000 euros et les autres 30 000 euros. Notons que la maison de négoce Bichot s’illustre quasiment chaque année en étant un acteur majeur pour la pièce de charité. À l’issue de la vente, Erik Orsenna ne pouvait cacher une certaine déception en déclarant: « Il y a des gens qui sont là pour faire leur marché, ce qui est normal, et il y en a qui sont prêts à donner. Mais peut-être que les gens qui sont prêts à donner n'étaient pas là ». Pendant les enchères, il n’avait pas ménagé ses efforts avec quelques mots d’esprit comme : « Jamais le vin n'a été aussi bon pour la santé, permettez à un immortel de vous le dire ». Une seule pièce des Présidents devait initialement être vendue, issue de la prestigieuse appellation Corton Grand cru Clos du Roi, mais les organisateurs avaient finalement ajouté une deuxième pièce de charité pour la deuxième année consécutive: un Meursault Premier cru Les Genévrières.

Cette vente est donc l’affirmation, s’il le fallait, du pouvoir d’attraction exceptionnel des grands vins de Bourgogne. Elle n’est pas sans poser quelques questions sur l’image d’inaccessibilité qui pourrait se confirmer parmi les consommateurs. Dans les rangs des négociants on va donc s’efforcer de faire passer le message que les Hospices de Beaune sont une vente de charité avant tout et non pas le baromètre de la région. « Il y a du vin en cave, avec ces deux derniers millésimes productifs, c’est une bonne nouvelle par rapport à ce qu’a connu la région depuis le début de la décennie », indiquait le président des négociants bourguignons il y a quelques semaine à la presse Louis Fabrice Latour. De quoi satisfaire la demande sans tensions excessives sur les prix, sauf sur le haut de la gamme, qui ne semble plus connaître aucune limite…

Source: McViti

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