jeudi 22 août 2019
Chroniques d'Emmanuel de Vaucelles
Emmanuel de Vaucelles

Emmanuel de Vaucelles

Âgé de 45 ans, ingénieur agricole, diplômé de l’IHEDREA (Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole en 1995), j’ai poursuivi mes études par un master de Gestion, Droit et Marketing du secteur Vitivinicole et des Eaux de Vie dépendant l’Université de Paris 10 Nanterre et de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin - 1997). Lire la suite...

Selon un article publié par Vitisphère et reprenant une dépêche AFP, les exportations de vins australiens ont augmenté de 10% entre octobre 2015 et septembre 2016, et la Chine a doublé les États-Unis pour devenir le premier client des producteurs de l'île-continent, a annoncé jeudi Wine Australia, qui représente la filière.

«Les derniers chiffres montrent que les exportations de vins australiens sont toujours en forte croissance et que nos meilleurs vins sont les plus demandés», explique Andreas Clark, le PDG de Wine Australia dans un communiqué. 

La valeur totale des exportations du cinquième exportateur mondial de vin, atteint 2,17 G$ australiens (1,52 milliard d'euros), en hausse de 10%.

Les ventes en bouteille ont augmenté de 14%, pour atteindre un total de 1,8 G$ (1,26 milliard d'euros).

La valeur moyenne des exportations en bouteilles a également connu une croissance (+9%) et s'établit à 5,47$ par litre (3,8 euros), au plus haut depuis 13 ans. Les vins les plus chers tirent les ventes vers le haut: par exemple, celles des bouteilles entre 30$ et 49,99$ (entre 21 et 35 euros) ont augmenté de 55%.

Le rôle de la Chine

Cette croissance est tirée par les Chinois, qui sont désormais les premiers importateurs de vin australien. Les ventes à la Chine (hors Hong Kong) ont crû de 51% à 474 M$ (331,7 millions d'euros). «Pour remettre dans le contexte, il y a tout juste dix ans, les exportations de vin australien à la Chine étaient évaluées à 27 M$ (18,9 millions)», rappelle Wine Australia.

Pour expliquer cette croissance fulgurante, cet organisme met en avant l'accord de libre-échange signé en 2014 entre la Chine et l'Australie et «l'intérêt grandissant pour le vin de la classe moyenne chinoise, elle-même plus nombreuse».

Le vin australien plaît également de plus en plus dans de nombreux pays d'Asie: les ventes ont augmenté de 7% à Hong Kong, de 9% à Singapour, de 24% en Malaisie, et de 42% en Corée du Sud.

Le marché américain, désormais deuxième client, continue de grossir (+4% à 448 M$, 313,5 millions d'euros). En revanche, les ventes au troisième importateur, le Royaume-Uni, sont en baisse (-3% à 361 M$, soit 252,6 millions d'euros).

Source: Visisphère

Le site internet d’information Terre de vins fait un point dans cet article sur les nouvelles orientations de Cheval des Andes. « Joint-venture » née en 1999 de l’association entre le château Cheval Blanc (1er Grand Cru Classé A de Saint-Emilion) et Terrazas de los Andes (propriété argentine du groupe LVMH), « Cheval des Andes » affiche aujourd’hui une ambition nouvelle, portée par son Président-directeur général Pierre Lurton et son équipe.

Dans l’écurie LVMH, demandez le cheval… argentin. Au pays des gauchos et du polo roi, les beaux destriers ont toujours eu la cote. Rien d’étonnant dans ce cas, à ce que le plus célèbre « pur sang » du vignoble bordelais, le château Cheval Blanc (1er Grand Cru Classé A de Saint-Emilion, co-propriété de Bernard Arnault et Albert Frère), se soit associé en 1999 avec le domaine argentin Terrazas de los Andes (propriété du groupe LVMH) pour créer de toutes pièces un vignoble baptisé « Cheval des Andes » – ce dernier, comme Terrazas, fait partie de la collection « Estates & Wines », la division vins de Moët Hennessy. C’est Pierre Lurton, le directeur de Cheval Blanc et du château d’Yquem, qui a présidé à la naissance de « Cheval des Andes », au côté de l’œnologue Roberto De La Mota.

Trouver ses marques

Le cycle de croissance d’un vignoble étant plus long – et parfois plus chaotique – que celui d’un équidé, il aura fallu plus de quinze ans pour que ce Cheval des Andes entre en phase de maturité. Autrement dit : désireux d’aligner davantage les vins avec le style et l’esprit Cheval Blanc, c’est tout récemment que Pierre Lurton a décidé de reprendre la main sur son « bébé argentin » avec ses équipes bordelaises – à commencer par Pierre-Olivier Clouet, directeur technique de Cheval Blanc. Ce dernier raconte : « de 1999 au début des années 2010, on s’est d’abord efforcé de comprendre nos terroirs, de trouver nos marques dans un pays où les habitudes viti-vinicoles sont sensiblement différentes des pratiques européennes. On s’appuyait sur les équipes techniques de Terrazas, on avait des apports de raisins venus de l’extérieur… Clairement, il nous a fallu dix ans pour savoir où on voulait aller, quel profil on voulait donner à nos vins, quelle impulsion donner à nos équipes. Pierre Lurton a dressé le bilan : il nous fallait une meilleure approche de la maturité, un contrôle plus ferme des pratiques œnologiques, et surtout avoir une logique de cru. Plus de correction de vendange, le raisin entre comme il est ».

Pas facile à mettre en place dans une région de Mendoza connue comme l’une des plus sèches du monde (200 mm de pluie en moyenne), et où l’irrigation est une pratique ancestrale, qui selon les propriétés, permet toutes sortes d’excès. Pour replacer l’église au centre du village et recoller à « l’esprit Cheval Blanc » (donner la priorité à la complexité sur la puissance), Pierre Lurton et Pierre-Olivier Clouet ont fait confiance à Lorenzo Pasquini. Ce jeune technicien italien passé notamment par la galaxie Mondavi en Californie et par Château Palmer à Margaux, est arrivé en 2014 pour accélérer le renouveau de Cheval des Andes : « mon rôle ici est de chercher l’équilibre aromatique, d’avoir des tanins mûrs, une acidité naturelle, de travailler l’unité de chaque parcelle, en remettant à plat toutes les pratiques à la vigne comme au chai », explique-t-il.

L’irrigation, le nerf de la guerre

Le vignoble de Cheval des Andes s’étend sur 50 hectares (44 actuellement en production, 60 000 bouteilles en moyenne) répartis sur deux zones : Las Compuertas (32 ha), terroir argentin « historique » où s’épanouissent en particulier de vieux malbecs de 1929 – le malbec constitue 70% de l’encépagement de Cheval des Andes ; arrivé d’Europe dans les années 1850, il est, faut-il le rappeler, le cépage emblématique du vignoble argentin, où il décline un caractère bien différent de ce qu’il exprime à Cahors ou Bordeaux – et La Consulta (12 ha), terroir plus « tendance » et très chaud.

C’est en particulier ici que se pose la question épineuse de l’irrigation. Pour Pierre-Olivier Clouet, « plus encore qu’au chai, c’est à la vigne qu’il fallait se remettre en question sur la bonne marche à suivre pour produire un grand vin. L’irrigation est un point stratégique. Elle est pratiquée dans la région depuis les Incas, tous les locaux qui travaillent à la vigne la considèrent comme normale… Or, la qualité d’un sol est liée à la façon dont il va gérer l’eau. Irriguer, c’est déjà toucher au terroir. La difficulté pour nous est d’avoir la bonne expression du terroir tout en irrigant, en donnant à la vigne l’eau dont elle a besoin tout en maîtrisant sa vigueur, afin de ne pas avoir des raisins « crus-cuits ». C’est tout un nouveau process à remettre en place, des habitudes à bousculer, et avec Lorenzo nous nous y employons, avec les conseils avisés de Xavier Choné, qui collabore notamment avec Opus One en Californie ».

Réflexions à tous les étages

Le cabernet sauvignon, qui est l’autre cépage majeur de Cheval des Andes après le malbec (cabernet franc, petit verdot et merlot jouent les figurants de luxe), a particulièrement besoin de stress hydrique pour s’exprimer au mieux. Les stratégies sont donc différentes selon les cépages. Si l’irrigation à la raie, technique ancestrale qui apporte beaucoup d’eau en un temps très court (comme une pluie) est adaptée au malbec, les équipes ont construit un système de goutte-à-goutte pour les cabernets, afin d’avoir plus de précision et d’homogénéité. « Aujourd’hui, nous avons des échanges continus entre Bordeaux et Mendoza », souligne Lorenzo Pasquini. « Nos réflexions portent aussi bien sur le matériel végétal (planter plus de cabernet à La Consulta, par exemple) que sur la meilleure expressions des parcelles, la lutte contre le botrytis, la fraîcheur aromatique, et bien sûr la capacité des vins à vieillir avec grâce. Nous voulons, comme à Cheval Blanc, faire des vins qui s’inscrivent dans le temps. Et, à l’heure où l’Argentine va de plus en plus vers une direction très morcelée, à la bourguignonne, défendre notre logique de cru, avec une grande cuvée issue de l’assemblage de plusieurs cépages et terroirs ».

Avec un projet de chai dont les travaux devraient commencer au printemps prochain, pour être opérationnel lors des vendanges 2018, Cheval des Andes revendique l’âge de la maturité. Mais c’est bien dans la bouteille – et dans le verre – que se fera le verdict pour cette marque qui, à 60-70 € la bouteille, est l’une des plus luxueuses d’Amérique du Sud.

Dégustation

Une dégustation verticale de 2009 à 2014 permet d’appréhender la direction que la « Team Lurton » souhaite donner aux vins de Cheval des Andes.

2009, presque stéréotypé dans son style Nouveau Monde (bombe de fruits confiturés, fraise, figue, pruneau), touche cacaotée, grosse concentration…
2010, très fruit noir, mûre, cassis, réglisse, un côté rustique dans les tanins (proportion importante de petit verdot).
2011, plus suave et digeste. Du poivre, des épices. On perd en concentration et en amplitude, mais le jus reste encore très fruit noir, intense.
2012, première bascule dans le style, davantage de délicatesse. La bouche est soyeuse, pommadée, dominée par les fruits rouges juteux, la violette, même si l’élevage est encore bien présent.
2013, millésime gourmand, on revient sur la concentration, les épices, mais le style se fond, c’est plus suave et moins opulent.
2014, millésime humide et difficile, grosse dominante de malbec (83%) dans l’assemblage. Un jus droit et net, avec des notes légèrement fumées derrière le cassis juteux. Salivant, porté par de jolis amers en finale, c’est avec 2012, le moins « show off » des millésimes dégustés.

La dégustation d’échantillons du millésime 2016 (les vendanges ayant eu lieu du 23 mars au 28 avril) nous a permis notamment de comparer les expressions du malbec sur quatre parcelles différentes, à Las Compuertas et La Consulta. Le profil des vieux malbecs de 1929 s’avère particulièrement intéressant, avec une belle trame acide.

Source: Terre de Vins

"Sud Ouest" a mené l'enquête et vous dévoile le nombre exact de propriétés viticoles détenues par des investisseurs chinois. Ils possèdent désormais plus de 2 % de la surface du vignoble girondin. Et les arrivées continuent.

Dans quelques décennies, les historiens feront leur travail. Mais une chose est sûre : ils retiendront l'arrivée tonitruante de la Chine dans l'univers viticole bordelais comme un événement unique.

La Chine, premier client des vins de Bordeaux à l'export

Non seulement l'empire du Milieu – parti de rien – est devenu à vitesse grand V son premier client à l'exportation (devançant les débouchés historiques comme les États-Unis ou la Grande-Bretagne), mais de nombreux hommes affaires de Pékin, Shanghaï ou Canton sont venus investir en force du côté de l'Entre-deux-Mers, de la Haute Gironde ou du Médoc.

Le mouvement, commencé il y a une décennie, s'est accéléré ces dernières années. " Et il continue toujours ", rappelle un expert des transactions viticoles qui a deux dossiers chinois " sur le feu ".

Le cap des 120 propriétés est franchi

D'après nos calculs (il n'existe aucune statistique officielle et la majorité des arrivées se font dans la discrétion), le cap des 120 propriétés est désormais franchi. Et ce pour un total dépassant les 3 000 hectares de vigne, soit un peu plus de 2 % de la surface du plus grand département viticole du pays. C'est, de loin, le pays étranger le plus représenté. Pourquoi ce mouvement unique dans les vignobles du monde entier ?

" Parce que Bordeaux est la référence en termes de qualité de vin rouge, que beaucoup de propriétés sont à vendre et qu'elles sont souvent belles (pierre, tours…) ", pointe un expert. Mais aussi parce que les Chinois aiment les affaires – les bouteilles sont le plus souvent exportées dans leur pays – et cherchent à placer des capitaux hors de leur territoire. Ce qui intrigue parfois la justice française quant à leur origine.

Sur le terrain, deux tendances se dessinent. Les exploitations sont acquises dans des AOC aux tarifs accessibles (Bordeaux, Bourg, Blaye…) et les beaux lieux sont privilégiés. Ces néovignerons aiment se montrer comme des " châtelains " auprès des amis et des relations d'affaires. C'est un signe de réussite.

"Sud Ouest" a mené l'enquête et vous dévoile le nombre exact de propriétés viticoles détenues par des investisseurs chinois. Ils possèdent désormais plus de 2 % de la surface du vignoble girondin. Et les arrivées continuent

Dans quelques décennies, les historiens feront leur travail. Mais une chose est sûre : ils retiendront l'arrivée tonitruante de la Chine dans l'univers viticole bordelais comme un événement unique.

La Chine, premier client des vins de Bordeaux à l'export

Non seulement l'empire du Milieu – parti de rien – est devenu à vitesse grand V son premier client à l'exportation (devançant les débouchés historiques comme les États-Unis ou la Grande-Bretagne), mais de nombreux hommes affaires de Pékin, Shanghaï ou Canton sont venus investir en force du côté de l'Entre-deux-Mers, de la Haute Gironde ou du Médoc.

Le mouvement, commencé il y a une décennie, s'est accéléré ces dernières années. " Et il continue toujours ", rappelle un expert des transactions viticoles qui a deux dossiers chinois " sur le feu ".

Le cap des 120 propriétés est franchi

D'après nos calculs (il n'existe aucune statistique officielle et la majorité des arrivées se font dans la discrétion), le cap des 120 propriétés est désormais franchi. Et ce pour un total dépassant les 3 000 hectares de vigne, soit un peu plus de 2 % de la surface du plus grand département viticole du pays. C'est, de loin, le pays étranger le plus représenté. Pourquoi ce mouvement unique dans les vignobles du monde entier ?

" Parce que Bordeaux est la référence en termes de qualité de vin rouge, que beaucoup de propriétés sont à vendre et qu'elles sont souvent belles (pierre, tours…) ", pointe un expert. Mais aussi parce que les Chinois aiment les affaires – les bouteilles sont le plus souvent exportées dans leur pays – et cherchent à placer des capitaux hors de leur territoire. Ce qui intrigue parfois la justice française quant à leur origine.

Sur le terrain, deux tendances se dessinent. Les exploitations sont acquises dans des AOC aux tarifs accessibles (Bordeaux, Bourg, Blaye…) et les beaux lieux sont privilégiés. Ces néovignerons aiment se montrer comme des " châtelains " auprès des amis et des relations d'affaires. C'est un signe de réussite.

Jack Ma, le milliardaire chinois multiplie les rachats

Ainsi, le milliardaire chinois Jack Ma, fondateur du géant du commerce en ligne Alibaba, a acquis cet été deux domaines viticoles de plus dans le Bordelais, qui appartenaient au magnat français du vin, Bernard Magrez. Le montant de la transaction, pour les deux domaines, Château Pérenne et Château Guerry, s'élève à près de douze millions d'euros.

En appellation Premières Côtes de Blaye, le Château Pérenne s'étend sur 64 hectares, avec une majorité de vignes en cépage merlot, et produit 500.000 bouteilles par an, en rouge et blanc. Quant à Château Guerry, c'est le plus ancien cru de l'appellation Côtes de Bourg, son vignoble remontant à la fin du 18ème siècle. Sur une vingtaine d'hectares, plantés principalement en merlot, cabernet-sauvignon et malbec, le domaine produit 84.000 bouteilles de vin rouge par an.

Jack Ma avait acheté un précédent domaine viticole bordelais en février, le Château de Sours, dans l'Entre-deux-mers, qui s'étend sur 80 hectares et comprend une superbe bâtisse du 18ème siècle.

Des investissements, sous contrôle public en Chine

Mais, aucun de ces investissements n'est le fruit de la seule initiative privée. Le Parti communiste chinois contrôle les réserves de change. Il a développé au niveau national et dans les provinces une série de fonds publics qui pilotent ces engagements.

« Tous ces capitalistes chinois sont soumis à un contrôle politique et nous manquons en France et en Europe de moyens de droit pour contrôler et réguler ces investissements », résume Philippe Delalande, économiste spécialiste de la Chine. Alors que les investissements en Chine ne peuvent se faire que via une entreprise chinoise.

Source: Sud Ouest.fr du 4 novembre 2016

Une petite explication de texte de La RVF sur le rôle des douanes en France et leur action à Bordeaux sur l’affaire du « Vin de Lune. » Cuves, barriques, palettes, bouteilles, capsules, parcelles de vigne: rien n'échappe aux douaniers qui mènent des contrôles quasi quotidiens dans les exploitations viticoles du Bordelais, dressant un inventaire méticuleux des stocks pour débusquer petits manquements à la réglementation ou fraudes de grande ampleur.

"Service des douanes, nous allons procéder à un contrôle des stocks", annonce Bertrand Bernard, chef du service viticulture des douanes de Libourne, en se présentant mercredi à la Cave coopérative de Lugon (Gironde).

Jean-Marie Estève, maître de chai depuis 1984, coopère volontiers: "Je n'appréhende pas particulièrement, il y a toujours une différence entre ce qui est déclaré et ce qui est constaté, mais sur les 40.000 à 45.000 hectolitres que nous avons, ce n'est jamais plus que quelques hectolitres", largement dans les limites admises par l'administration, assure-t-il.

"On sollicite assez souvent les douanes pour être sûr qu'on est dans les clous vis-à-vis de la réglementation", renchérit Jean-Luc Caboy, président-directeur de la coopérative qui fédère 110 viticulteurs exploitant au total quelque 750 hectares de vigne. Car la cave peut aussi stocker, voire vinifier, pour d'autres producteurs indépendants, à hauteur de 20% maximum, et il est parfois difficile de s'y retrouver.

UNE INSPECTION ULTRA-PRÉCISE DES STOCKS

L'inspection débute par les imposantes cuves en béton datant de la création de la coopérative, en 1937, où flottent d'entêtants effluves en cette période de vinification. Ouvrant un petit robinet, Jean-Marie Estève verse un peu de bordeaux rouge dans un verre et le tend à Christian Lafon, contrôleur principal des douanes. Celui-ci scrute la robe du breuvage, l'agite, le hume, puis le verse dans un seau, satisfait. "On essaie de voir si c'est bien du vin du millésime précédent et pas un mélange (...) Si on a un doute, on fait un prélèvement pour l'analyser", explique-t-il. Ce ne sera pas le cas à Lugon, où tout est conforme.

La visite se poursuit à l'étage supérieur, Christian Lafon ouvre le couvercle de chaque cuve pour en vérifier le remplissage, lampe-torche à la main. "C'est bien plein, pas de problème", lance-t-il à ses deux collègues qui reportent scrupuleusement, l'une sur une fiche-papier et l'autre sur un ordinateur, les volumes constatés cuve après cuve.

Dans un hangar voisin, il compte ensuite les barriques de vin, frappant sur chacune pour s'assurer qu'elles sont pleines, avant de passer au recensement des bouteilles stockées sur des palettes, à l'unité près. Car chaque litre compte dans l'inventaire des douanes.

"On compare les volumes déclarés par la cave avec ce qu'on trouve lors de l'inventaire. On soustrait les sorties et on regarde ce qui reste. S'il y a moins, c'est souvent des pertes liées à la vinification (évaporation, transvasement, etc.). S'il y a plus, ça peut être une mauvaise évaluation lors de la récolte", explique Christian Lafon.

"Il peut y avoir de petites différences, souvent des erreurs. Au-delà, ça peut révéler un système de fraude organisée", souligne-t-il.

FRAUDE AU "VIN DE LUNE" DÉCELÉE

C'est justement cette comptabilité ultra-précise des douanes qui a permis de mettre au jour une vaste fraude (8.000 hectolitres) au "vin de lune" pour laquelle 15 personnes ont été jugées au mois d'octobre au tribunal correctionnel de Bordeaux. Trois châteaux appartenant à un même propriétaire, François-Marie Marret, coupaient leurs vins d'appellation avec des crus de piètre qualité, qu'ils faisaient venir clandestinement de nuit par camion.

"Tout est parti d'incohérences constatées entre la vérification des stocks sur le terrain et les documents présentés par les châteaux", résume Jeff Omari, adjoint au directeur régional des douanes de Bordeaux.

Alertés, les douaniers ont épluché les mouvements de vin des propriétés concernées et analysé des échantillons "pour remonter progressivement la chaîne de la fraude et tous les acteurs impliqués: viticulteurs, courtiers, transporteurs, etc. (...) Plus de deux ans d'enquête au total", explique Jeff Omari.

François-Marie Marret a été condamné jeudi 3 novembre à deux ans de prison ferme et huit millions d'euros de pénalités pour cette fraude. Il va faire appel du jugement.

Source: La Revue du vin de France

Un article de Terre de Vins nous annonçant la nomination du médiatique et reconnu Philippe Faure-Brac, propriétaire du Bistrot du sommelier à Paris, à la tête de la Sommelerie française.

 Au lendemain de la finale du 29e concours du Meilleur sommelier de France, à Toulouse, le Meilleur sommelier du monde 1992 a été élu à l’unanimité à la présidence de l’Union de la Sommellerie Française.

En effet, après deux mandats successifs, le maximum autorisé par les statuts, l’heure était venue pour le Nîmois Michel Hermet de passer la main. Une transmission d’autant plus facile que le bilan présenté par le président sortant et son équipe était d’une qualité soulignée et appréciée par les représentants des différentes associations régionales réunies au sein de l’UDSF. Une Union qui a retrouvé une assise financière solide et dont le développement se traduit à ce jour par un nombre d’adhérents en hausse: 1285.

Les différentes pages d’une assemblée traditionnelle tournées, Philippe Faure-Brac, seul candidat au poste évoquait non par un programme mais plutôt l’état d’esprit qui allait animer son action au cours des trois prochaines années. «Ma candidature a vocation d’être au service de la profession autour d’axes qui me semblent essentiels. Des actions autour de la formation et des jeunes sommeliers ainsi que la réalisation de nouveaux efforts en matière de communication doivent nous permettre de poursuivre notre développement. De la même façon il sera essentiel de créer des passerelles entre les associations régionales afin d’aider les plus petites à émerger.»

Fabrice Sommier, Antoine Woerlé, Jacques Boudin et Philippe Nusswitz vont constituer le bureau autour du nouveau président qui a décidé, en parallèle, de structurer différentes commissions.

La France veut un candidat à la présidence internationale

Michel Hermet, dans son bilan moral, puis Philippe Faure-Brac, dans son discours d’intention, ont exprimé leur souhait de voir un candidat français se présenter à l’élection à la présidence de l’Association de la Sommellerie Internationale prévue en juin prochain, à Vinexpo.

Déjà en charge de l’Europe au sein de l’ASI, Serge Dubs semble être l’homme de la situation. Encouragé à l’échelon français tout autant que par de nombreuses autres associations nationales, le Meilleur sommelier du monde 1989 a décidé de s’accorder une période de réflexion.

Ce n’est qu’en février prochain qu’il officialisera sa décision, quelle qu’elle soit…

Source: Terre de Vins

Comme chaque année, le suspens! qui fera l’étiquette du Mouton? Terre de vins dans son article nous le révèle: l’artiste contemporain britannique David Hockney a illustré l’étiquette des bouteilles de vin du millésime 2014 du Château Mouton Rothschild, a annoncé mercredi ce Premier Grand Cru Classé 1855.

« David Hockney était un ami personnel de la baronne Philippine de Rothschild, disparue en 2014, et à laquelle son dessin rend hommage », a expliqué ce prestigieux cru bordelais dans un communiqué.

« Entourés de rayons, signes à la fois d’émotion et d’émerveillement, deux verres, l’un vide et l’autre plein, nous racontent l’attente fébrile puis le miracle toujours recommencé de la naissance d’un grand vin: Château Mouton Rothschild, dont la Baronne Philippine fut si longtemps la bonne fée », explique le château.

Depuis 1945, des artistes renommés tels Cocteau, Braque, Dali, Miro, Chagall, Warhol, Bacon, Niki de Saint Phalle ou Jeff Koons ont tour à tour dessiné l’étiquette de chaque millésime.

« Ils ont une liberté totale par rapport au sujet », expliquait en 2010 la baronne Philippine de Rothschild. « Il n’y a pas d’autres contraintes que l’horizontalité » pour s’adapter au format de l’étiquette, avait-elle précisé.

« La seule chose vraiment importante, c’est le vin qui est dans la bouteille mais les grands collectionneurs cherchent à avoir toutes les années de Mouton, même les moins bonnes, à cause des étiquettes », soulignait la propriétaire de ce célèbre château situé à Pauillac dans le Médoc.

David Hockney, qui a montré sa première exposition en solo en 1963, est connu comme étant l’une des figures du mouvement Pop Art dans les années 1960.

En échange de sa contribution, l’artiste, âgé de 79 ans, ne recevra pas d’argent… mais des caisses de Mouton Rothschild.

Source: Terre de vins

mardi, 22 novembre 2016 14:47

Hospices de Beaune: retour sur terre

La 156e vente des Hospices de Beaune s’est soldée hier, dimanche 20 novembre, par des enchères en baisse par rapport à l’édition 2015, qui avait représenté un record historique. Un retour sur terre prévisible et logique, d’après les professionnels.

« C’est un retour à des bases saines. On revient aux réalités du marché », réagissait souligne Frédéric Drouhin, PDG de la maison Joseph Drouhin à quelques minutes de l’issue de la vente des vins des Hospices de Beaune. La baisse souhaitée par la grande majorité des professionnels bourguignons s’est produite.

La 156e vente aux enchères des Hospices de Beaune s’est soldée par un repli de 27,75% dimanche dernier. Les blancs accusant même une chute de près de 37%. Son ampleur en a toutefois surpris plus d’un. C’est seulement la troisième baisse lors de 10 dernières éditions de cette vente. La dernière baisse aux Hospices de Beaune remontait à 2011 (-6,01%). C’est aussi la plus prononcée depuis 2005, date de la prise en main de l’événement par la maison Christie’s.

L’effet yo-yo propre à cet événement médiatique a donc encore de beaux jours devant lui : +28% l’an dernier, presque autant de moins cette année…

« Heureusement que le négoce est là pour acheter les millésimes intermédiaireset mobiliser leurs clients. Vue l’orientation des enchères, ceux qui pensaient ne pas acheter ont finalement acheté et ceux qui pensaient acheter moins ont acheté davantage », expose Benoit de Charette, directeur général de la maison Albert Bichot, premier acteur de la vente depuis une vingtaine d’années. Les acheteurs locaux avaient d’ailleurs tous le sourire, heureux de n’avoir pas renvoyé, une fois de plus, l’image d’une région inaccessible.

L’ampleur du dévissage est à relativiser. Ses chiffres ramènent à ceux enregistrés en 2013. Elle laisse le prix moyen d’une pièce (fût de 228 litres) à un niveau très élevé : près de 13 000 €. Ce prix était seulement de 5 560 € il y a tout juste 10 ans.

Les résultats en chiffres

Chiffre d’affaires final : 7 731 300 €
Évolution du prix moyen de la pièce (fût de 228 litres) : -27,75%
Rouges : -24,90 % (470 pièces)
Prix moyen de la pièce : 12 799 €
Blancs : -36,78% (125 pièces)
Prix moyen de la pièce : 13 728 €

La pièce de Charité a été adjugée 200 000 €, remportée par deux co-acheteurs: Jean-Claude Bernard, le propriétaire de l’Hôtel du Cep à Beaune et Yan Hong Cao, femme d’affaires chinoise. Elle possède des mines de jade et une chaîne de magasins. Elle avait déjà acheté la pièce du président en 2013.

Source: Terre de Vins

Bernard Magrez, propriétaire d’une quarantaine de domaines viticoles dans le monde, a annoncé mercredi avoir acquis "un petit vignoble" à Saint-Estèphe (Gironde), sans donner plus de précisions sur le nom et le prix d’achat.

« Ce vignoble portera le nom de "Clos Sanctus Perfectus" et produira aux alentours de 3200 bouteilles. Il ne sera proposé que dans deux ou trois magasins spécialisés dans les principales capitales du monde », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Cette nouvelle acquisition, au lieu-dit La Peyre, qui domine les vignobles de Saint-Estèphe (Médoc), a été réalisée pour répondre à une demande particulière "de grands initiés dans le monde des très grands vins (…) désormais en quête d’étiquettes très rares".

Ils souhaitent "à la fois ressentir de nouvelles émotions de très haut niveau et surtout se singulariser en n’arrêtant plus leur choix aux tous premiers Grands crus classés, qui sont aujourd’hui consommés par de nombreux amateurs de vin et dont ils veulent se différencier", a-t-il justifié.

Bernard Magrez, 80 ans, a réussi dans la grande distribution de spiritueux avant de bâtir son groupe de vins.

Dans le bordelais, il possède le Château Pape Clément, Grand cru classé de Graves, le Château La Tour Carnet, Grand cru classé 1855 en Haut-Médoc, le Château Fombrauge, grand cru classé de Saint-Emilion, et le Clos Haut-Peyraguey, Premier grand cru classé de Sauternes. Il possède également plusieurs domaines en Argentine, Espagne, Portugal, Chili, Japon, Uruguay, Maroc et Californie.

Source: Terre de Vins

En rachetant à la famille Lapalu le château Patache d’Aux (Cru Bourgeois du Médoc de 76 ha) et plusieurs autres crus bourgeois, Antoine Moueix Propriétés s’étend désormais sur 400 hectares déployés sur les deux rives du vignoble bordelais.

Un article de Terre de Vins qui nous éclaire sur l’évolution du foncier et des propriétés bordelaises.

C’est une sacrée opération que vient de réaliser Antoine Moueix Propriétés. Historiquement implantée sur la rive droite de Bordeaux (Antoine Moueix était un des premiers négociants de la rive droite, créé à Saint-Émilion en 1902), la maison s’était essentiellement appuyée sur ses deux « piliers » Château Grand Renom en Bordeaux Supérieur et Château Capet Guillier en Saint-Emilion Grand Cru. Passée en 2006 dans le giron du groupe AdVini, Antoine Moueix Propriétés se consacre exclusivement depuis janvier 2016 à un volet production, désolidarisé de la partie négoce.

Le 7 décembre dernier, Antoine Moueix Propriétés a racheté à la famille Lapalu la totalité des parts du Château Patache d’Aux, emblématique Cru Bourgeois du Médoc de 76 ha, du Château Liversan, Cru Bourgeois du Haut Médoc et de plusieurs autres crus bourgeois, pour une surface totale de 250 hectares de vignobles en Médoc et Haut Médoc.

« Avec cette acquisition, nous représentons 7% de la superficie des Crus Bourgeois » explique Thibaut de la Haye, Directeur d’Antoine Moueix Propriétés, dans un communiqué. Avec cette acquisition, la superficie totale des vignobles Antoine Moueix s’étend à 400 hectares sur les deux rives du vignoble bordelais.

Deux directeurs techniques assurent la gestion des propriétés : Philippe Marchal, pour la rive gauche, et Benoit Coq, pour la rive droite. Tous deux sont assistés par les conseils de Stephane Derenoncourt Consultants, sur les principales propriétés.

Source: Terre de Vins

18:55 2017-02-19

jeudi, 05 janvier 2017 10:14

Martin Bouygues acquiert le Clos Rougeard

L'affaire devrait faire grand bruit, le célèbre Clos Rougeard de Saumur-Champigny serait en passe d'être racheté par l'homme d'affaires Martin Bouygues.

Selon nos informations exclusives, l’homme d’affaires Martin Bouygues finaliserait le rachat du célèbre Clos Rougeard, propriété emblématique de Saumur-Champigny.

Le domaine de 11 hectares a été porté au sommet par les frères Foucault, Nady et Charly au travers des célèbres cuvées Le Bourg ou Les Poyeux, nectars que s’arrachent les amateurs. Le décès de Charly en décembre 2015 a conduit la famille à se résoudre à vendre le domaine.

L’arrivée d’un investisseur comme Martin Bouygues, déjà propriétaire du château Montrose à Bordeaux va sonner comme une révolution dans le Saumurois !

Source: La Revue du vin de France

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