jeudi 22 août 2019
Prospective : les vendanges 2019 attendues à la baisse

Prospective : les vendanges 2019 attendues à la baisse

La production de vin est attendue en baisse cette année, de 6 à 13% par rapport au millésime 2018, en raison notamment de la canicule, a annoncé le ministère de l'Agriculture le samedi 20 juillet dernier.

Alors que le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (BIVB) s’inquiétait, début juillet, de la mévente des vins avec une baisse sensible de la demande en Chine et des parts de marché en baisse sur les pays historiques et une évolution de la consommation vers le rosé, faisant que les chais bordelais étaient encore plein en ce début d’été et que ce phénomène se voyait aussi dans le Languedoc ou les transactions sont au plus bas, le ministère de l’Agriculture publie ses pronostiques pour la récolte 2019. Les chiffres de la production à venir ne sont pas bons, mais en cette période de mévente, des vendanges modérées en 2019 pourraient réanimer un marché amorphe et refaire monter le prix du vin en vrac, qui est en berne en ce moment.

La production devrait atteindre cette année entre 42,8 et 46,4 millions d'hectolitres et "pourrait ainsi être l'une des plus basses des cinq dernières années, après la récolte 2017, historiquement réduite par le gel", a indiqué le Ministère, se basant sur les estimations établies au 12 juillet dernier. Néanmoins, la fourchette donnée confirme qu’aujourd’hui, les professionnels restent dans l’expectative. Pour mémoire, en 2018, le niveau de la récolte avait dépassé les 46 millions d’hectolitres, soit une moyenne supérieure à 5 points sur les cinq dernières années et une hausse de 25% par rapport à 2017. 46,4 millions d’hectolitres serait donc encore un très bon chiffre pour la viticulture hexagonale, mais 42,8 millions marquerait une baisse sensible à nouveau de la production, et c’est toutefois vers cette dernière évolution que semble aller les commentateurs de l’administration.

Les raisons de cette production en baisse sont multiples. La floraison de la vigne s'est déroulée dans "des conditions climatiques défavorables" entraînant de la coulure (chute des fleurs ou des jeunes baies) et parfois du millerandage (baies de petite taille), des phénomènes qui ont touché principalement l'ouest de la France, Val de Loire, Charente, Bordelais et Sud-Ouest.

Dans le midi, la canicule qui a frappé la France à la fin du mois de juin a provoqué des "brûlures de grappe et des pertes de production" dans le Gard, l'Hérault ou le Var, a précisé le Ministère. La grêle, en revanche, a eu un effet limité au niveau national, même si elle a provoqué des dégâts importants "par endroits". Mais le phénomène de forte chaleur que nous constatons ces derniers jours ne vont qu’accroître cette évolution. De plus, des orages violents sont attendus ces prochains jours, rendant encore plus fébriles les professionnels.

Du fait de la canicule, la pression des maladies est modérée dans la plupart des vignobles, comparée à 2018. "L'oïdium est néanmoins présent en Alsace et en Champagne", a constaté le Ministère. C’est une petite consolation pour les vignerons qui sont moins obligés de traiter la vigne en ce moment.

Enfin, les vendanges sont attendues en "léger retard" par rapport à 2018 "qui avait été l'une des années les plus précoces". L’une des raisons est le stress hydrique qui freine la maturité des grappes. Reste à savoir aujourd’hui quel sera le niveau de la production des autres acteurs majeurs du vin européen que sont l’Italie et l’Espagne. Les marchés n’ont pas fini de s’interroger sur l’évolution des prix et des volumes sur les prochains mois. Comme pour 2018, la météo des mois de septembre et octobre sera un élément clé, tant sur le niveau de la quantité que de la qualité. La qualité, l’autre nerf de la guerre commerciale qui devra être au rendez-vous pour une amélioration de la conjoncture...

Source: McViti

À propos de l' auteur

Âgé de 45 ans, ingénieur agricole, diplômé de l’IHEDREA (Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole en 1995), j’ai poursuivi mes études par un master de Gestion, Droit et Marketing du secteur Vitivinicole et des Eaux de Vie dépendant l’Université de Paris 10 Nanterre et de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin - 1997). Lire la suite...

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