mardi 7 février 2023
Emmanuel de Vaucelles

Emmanuel de Vaucelles

Âgé de 45 ans, ingénieur agricole, diplômé de l’IHEDREA (Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole en 1995), j’ai poursuivi mes études par un master de Gestion, Droit et Marketing du secteur Vitivinicole et des Eaux de Vie dépendant l’Université de Paris 10 Nanterre et de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin - 1997). Lire la suite...

Les domaines Henri Jayet Armand Rousseau, Emmanuel Rouget, Albert Bichot ou Ponsot en Bourgogne vous font rêver ? Les Hermitages de Jean-Louis Chave vous subjuguent ? Vega Sicilia en Ribeira del Duero vous fascine, Château d’Yquem à Sauternes vous permet d’atteindre le Paradis sur terre ? Tous ces grands noms mais bien d’autres encore tout aussi fantastiques, vous sont proposés à la vente à Paris à la Maison de la Chimie en ce mois de Février.

Paris sera bien la capitale du Vin en cette troisième semaine de février.  En effet, du 13 au 15, Porte de Versailles Wine Paris reçois l’ensemble des acteurs du vin du monde entier pour sa 4ème édition et il espère bien devenir le plus grand salon des professionnels du secteur. Et le 16 et le 17 février, les amateurs et collectionneurs auront les yeux rivés sur la Maison de la Chimie qui accueillera l’une des plus belles ventes aux enchères de l’année avec une offre de vin rarement égalée tant en terme du nombre de lots qu’en terme de qualité. Les plus belles maisons de la France entière et même du monde y seront représentés avec toutefois une présence bourguignonne très marquée ce qui devrait aiguiser l’appétit des acquéreurs. Toute cette belle organisation a été préparée par Thierry de Maigret, commissaire-priseur reconnu et qui s’est déjà illustré dans des superbes ventes aux enchères à Paris ces dernières années.

Le communiqué de presse met l’eau ou plutôt le vin à la bouche : « Depuis plus de cinquante ans, Michel Bonnefond était un passionné de vins. Il a ainsi rassemblé dans sa cave des exemples de toute la production viticole française, de toutes les régions, parcourant sans relâche le vignoble pour y dénicher les meilleurs producteurs qui étaient souvent, à cette époque, des inconnus prometteurs, devenus depuis les icônes de l’élaboration du nectar de Bacchus.

D’une générosité sans équivalent, il partageait sa passion avec ses amis et sa famille, débouchant avec délectation ses meilleurs crus, de la Bourgogne à Bordeaux, de l’Alsace au Languedoc, de la Loire aux Côtes-du [Rhône, sans oublier la Champagne.

Cet assemblage exceptionnel de crus aussi divers, de tous les millésimes d’après-guerre est aujourd’hui présenté à la vente et permet à tous les amateurs d’accéder aux bouteilles les plus rares comme aux vins les plus simples, toujours choisis avec soin et sens de la découverte. Il existe d’autres caves remarquables en France et dans le monde, mais peu qui offrent une telle intelligence du vignoble et une telle diversité.

Entreposés dans une cave naturelle, avec une humidité constante, les vins ont merveilleusement évolué au fil du temps, et les étiquettes portent témoignage de la qualité de la conservation, de par leurs imperfections, qui les ont rendues parfois difficiles à déchiffrer, le mystère s’ajoutant au plaisir de la découverte.

On découvrira par la même occasion   quelques bouteilles de son propre vignoble en appellation Ruchottes-Chambertin, qu’il avait choisi de faire vinifier par Christophe Roumier, cuvée confidentielle que l’on peut enfin acquérir au cours de la vente. »

Après une telle promesse, tous les épicuriens du vin de la planète devraient se précipiter aux enchères. Sachant qu’outre des lots d’exceptions, des vins tout à fait remarquable mais très accessibles en prix sont aussi proposés avec un large choix de vins de Loire, des Champagnes millésimés, un éventail de vins d’Alsace représentant bien la région mais aussi et c’est appréciable, une offre de vins de Provence, du Languedoc Roussillon et du Sud-ouest trop souvent oubliés dans ce genre d’évènement mais que Thierry de Maigret a su mettre en avant pour cette belle vente.

Au-delà des amateurs et collectionneurs, cette vente pour les experts, va être très suivi afin de prendre la température du marché : La Bourgogne va-t-elle battre de nouveaux records ? Les vins de Bordeaux vont-ils repartir à la hausse ? Les Côtes du Rhône vont-ils continuer leur croissance exponentielle ? Quid de l’évolution des vins étrangers proposés ? Et tout cela dans un contexte économique dégradé. Un premier bilan attendu pourra être fait dès le 17 février au soir à la clôture des enchères. A suivre donc mais cette vente devrait faire couler pas mal d’ancre dans le microcosme…

Catalogue

Source: McViti

Le groupe Artémis continue de se développer avec une nouvelle opération de croissance externe mais cette fois-ci en Champagne avec l’acquisition définitive de l’un des fleurons des maisons Champenoises, la Maison Jaquesson.

Jacquesson est fondée en 1798. Ses vignobles de 28 hectares sont situés dans les villages classés grand cru d'Aÿ, d'Avize et d'Oiry et dans les villages classés premier cru de Dizy, d'Hautvillers et de Mareuil-sur-Aÿ, complétés par 15 ha d’achats uniquement en premiers et en grands crus issus de ces villages mais également ceux de Chouilly et de Cumières. La renommée de Jaquesson remonte au XIXe siècle d’une part grâce à Napoléon 1er qui selon la légende disait que ce Champagne était son préféré mais d’autre part parce qu’en 1844, la maison Jacquesson avait déposé le brevet du muselet qui révolutionna le bouchage du Champagne et celui des vins effervassent en général.

Artémis Domaines, qui détenait depuis février 2022 une participation minoritaire dans le capital de Jacquesson aux côtés de la famille Chiquet, vient d’acquérir le solde et devient ainsi l’actionnaire unique de cette maison de champagne emblématique, qui était entre les mains de la famille Chiquet depuis 1974. Une façon, indique un communiqué de Presse annonçant cette opération, de «pérenniser l’avenir» de la maison «et en confier les rênes à un groupe rompu à la culture de terroirs prestigieux et réputé pour produire des vins d’exception dans un respect strict de l’environnement».

Pour rappel, Artémis Domaines compte déjà dans son portefeuille plusieurs joyaux des vignobles français et américains. Majoritairement détenu par la famille Pinault aux côtés de la famille Henriot, Artémis Domaines est propriétaire de Château Latour, 1er grand cru classé 1855 à Pauillac, du Clos de Tart à Morey-Saint-Denis et du domaine d’Eugenie à Vosne-Romanée en Bourgogne, du vignoble de Château Grillet dans la vallée du Rhône, Bouchard Père et Fils à Beaune, William Fèvre à Chablis, Champagne Henriot à Reims, ou encore le domaine Eisele Vineyard situé dans la Napa Valley en Californie et Beaux Frères dans l’Oregon.

Frédéric Engerer, directeur général d’Artémis Domaines, déclare dans le même communiqué: «L’extraordinaire travail de la famille Chiquet, qui a su faire de la Maison Jacquesson un incontournable de la Champagne, reconnue par les amateurs du monde entier et saluée par les plus grands critiques. Son positionnement d’excellence et le tempérament vigneron de ses vins résonnent parfaitement avec les valeurs et les savoir-faire d’Artémis Domaines. Après une période de transmission des savoirs pendant l’année 2022, nous sommes très honorés de pouvoir prendre la relève.» La direction générale de la Maison Jacquesson continuera d’être assurée par Jean Garandeau nommé en septembre 2022. Jean-Hervé Chiquet continuera de siéger au Conseil d’Administration.

Artémis continue donc son développement et nul ne sait ou cette marche en avant va s’arrêter mais les ambitions pour ce groupe sont grandes et les moyens presque illimités. En 2023, nous pourrions à nouveau avoir des nouvelles du groupe via de nouveaux achats tant en France qu’à l’étranger. A suivre, donc.

Source: McViti

Comme chaque année depuis 1945, Château Mouton Rothschild, 1er Grand Cru Classé 1855 (Pauillac), a fait appel à un artiste pour illustrer l’étiquette de son nouveau millésime disponible à la vente, le 2020. Il s’agit de l’artiste britannique d’origine écossaise, Peter Doig.

Pour mémoire, le Château Mouton Rothschild est un domaine viticole du Médoc, situé dans la commune de Pauillac. Il produit l'un des vins de Bordeaux les plus prestigieux, en appellation pauillac. Second grand cru dans la Classification officielle des vins de Bordeaux de 1855, il est le seul vin dont le classement est modifié, passant Premier grand cru en 1973. Nommé initialement « Château Mouton », il est la propriété de la branche anglaise de la famille Rothschild depuis 1853. L'emblème du château est le bélier.

Peter Doig Château Mouton Rothschild 2020

La propriété s'étend sur 91 hectares de vignes.  L'encépagement est typique du Médoc : cabernet sauvignon (78 %), cabernet franc (3 %), merlot (18 %) et petit verdot (1 %).

C’est une tradition qui a près de 80 ans : depuis 1945, les étiquettes de chaque millésime de Château Mouton Rothschild sont illustrées par des œuvres originales. Elles enrichissent année après année, une collection unique d’art contemporain qui réunit des artistes très différents et venant de tous les horizons tels que Dali, César, Miró, Chagall, Picasso, Warhol, Soulages, Bacon, Balthus, Tàpies, Jeff Koons, David Hockney, Annette Messager, Olafur Eliasson, mais aussi des personnalités comme Charles III, futur roi d’Angleterre qui dessina l’étiquette 2004

L’an dernier, pour le millésime 2019, c’était Olafur Eliasson, artiste danois et islandais, qui signait l’étiquette avec une œuvre baptisée « Solar Iris of Mouton ». Elle se voulait ainsi une célébration de « l’alliance du soleil et du vin. »  Pour cette année, c’est le peintre britannique d’origine Ecossaise, Peter Doig, qui réalise l’œuvre en question, mariant selon lui « des échos de Cézanne et Van Gogh à une fascinante rêverie personnelle sur la naissance nocturne d’un grand vin, que l’étrange magie d’un air de guitare semble éveiller à la vie ».

Le site Terre de Vins dans un article paru ce jeudi 1er décembre, nous présente l’homme et son œuvre du moment : «  Né à Édimbourg en 1959, Petr Doig a grandi à Trinidad et au Canada, avant de s’installer à Londres pour suivre des études artistiques à la Saint Martins School of Art puis à la Chelsea School of Art. Depuis 2002, il vit entre Londres et Trinidad. « Cette œuvre montre un peu les coulisses de la production de vin, ce qui se passe ‘derrière la scène’. C’est une sorte d’ode aux travailleurs, à tous ceux qui interviennent dans les différentes étapes de l’élaboration du vin jusqu’à la mise en bouteille finale. C’est un songe teinté de romantisme, comme si quelqu’un décidait spontanément de chanter dans les vignes. C’est un moment de poésie, où l’on peut prendre son temps. Ce n’est ni vraiment le jour, ni vraiment la nuit, mais plutôt un entre deux, entre le réveil et le sommeil. Il est possible d’y voir un périple, un voyage rêvé dans le monde des vendanges » précise-t-il. »

Julien de Beaumarchais de Rothschild, l’un des trois copropriétaires du Château avec son frère et sa sœur explique dans un communiqué de presse le choix de Peter Doig : « Nous souhaitions un artiste qui utilise la toile et la matière picturale pour exprimer des sujets figuratifs. Peter Doig, coloriste hors pair, est exclusivement concentré sur sa discipline de peintre dont il est devenu un des plus célèbres de sa génération, exposé dans les musés du monde entier. Sa technique et son univers ont quelque chose de très singulier dans la création picturale contemporaine. Ses sujets sont extrêmement variés. Sa peinture échappe à tout classement. Il a réussi la création de ‘son’ monde à lui, inimitable. » C’est bien une forme d’originalité qu’a cherché à mettre en avant le copropriétaire. De Mouton pour ce nouveau millésime

En complément de la révélation de la nouvelle étiquette, Baron Philippe de Rothschild SA propose, en partenariat avec la maison Américaine Sotheby’s, une vente aux enchères en ligne exceptionnelle, d’un lot unique de Château Mouton Rothschild 2020. Les fonds récoltés seront intégralement reversés aux pompiers de la région bordelaise pour les doter de moyens additionnels de prévention des incendies. Cette initiative fait suite aux incendies de cet été dans les Landes ou plusieurs milliers d’hectares de forêt avaient brulé. La vente aux enchères se clôturera le vendredi 2 décembre à 19h00. 

Dans le commerce, cette belle bouteille devrait être mise à la vente pour un montant avoisinant les 800 euros. A noter que le millésime 2020 fait partie de la trilogie de trois bons millésimes successifs le 2018, le 2019 et le 2020.

Source: McViti

C’était attendu par les spécialistes, mais sans doute pas à cette hauteur, avec une recette totale de 28 978 millions d’euros sans les frais, l’édition 2022 a plus que doublé le précédent record de 13,97 millions d’euros établi en 2018.

Les participants dans les halles de Beaunes, les spectateurs à l’extérieur, les internautes qui ont suivi la vente derrière leur écran, ainsi que l’ensemble de la presse, ont été saisis par une certaine stupéfaction au fur et à mesure de l’avancée de la vente ce dimanche. «Les résultats sont historiques et spectaculaires». Le directeur des Hospices civils de Beaune, en Côte-d’Or, François Poher, n’a pas pu contenir son enthousiasme dimanche, après la flambée des prix de la 162e vente des vins de l’établissement hospitalier.

L’édition 2022 des plus anciennes enchères caritatives au monde organisée pour la deuxième fois par la maison Sotheby’s, a en effet fait exploser tous les compteurs. Avec une recette totale de 28 978 millions d’euros sans les frais, ces enchères ont plus que doublé le précédent record établi en 2018 (13,97 millions d’euros).

«Exceptionnel», «incroyable», «inimaginable»… Les superlatifs ont ainsi fusé parmi les 800 acheteurs réunis sous les Halles de Beaune, capitale des vins de Bourgogne. Le prix moyen du fût de vin a lui aussi connu un nouveau plus haut, à 35 974 euros (+8 %). Tout s’est emballé. Pour mémoire, un fût représente 228 litres, soit environ 300 bouteilles.

L’abondance de la récolte 2022 avait certes déchaîné les prévisions de nouveaux records, mais sans anticiper un tel niveau. Cette année, en effet, le nombre de lots était exceptionnel: 802 pièces étaient à prendre, non loin du plus haut de 843 lots en 2018. Les importantes pluies de juin ont permis à la vigne de bien résister à la sécheresse estivale, au point de donner un millésime «exceptionnel».

«On est passé d’un extrême à l’autre: du millésime 2021, le plus petit depuis 40 ans, à un millésime très abondant», résume Amayès Aouli, directeur Europe chez Sotheby’s Wine, organisateur de la vente. Les vendanges 2021 avaient en effet été amputées de moitié par un gel printanier dévastateur. Seuls 356 fûts avaient été proposés à la vente cette année-là, du jamais vu depuis 1977. Après la rareté de 2021, l’abondance de 2022 a aiguisé «l’appétit des acheteurs», explique Amayès Aouli. «Après les années COVID et les restrictions de voyage, beaucoup de clients sont venus de loin», de Chine, notamment.

De l’argent pour Princesse Margot et Vision du Monde

En fin d’après-midi déjà, la «pièce des présidents», un fût de prestige traditionnellement dédié à une œuvre caritative autre que les Hospices, avait déjà atteint un nouveau record à 810 000 euros, contre 800 000 euros l’an dernier. «Bravo à tous», avait alors lancé du haut de l’estrade Frédéric Drouhin, président de la grande maison de vins bourguignonne qui porte son nom, après avoir remporté, au sein d’un collectif de négociants, des enchères folles. La recette de cette «pièce», un fût de 228 litres (304 bouteilles), était réservée aux associations d’aide à l’enfance Princesse Margot et Vision du Monde. «Bravo», s’est également enflammé l’acteur Benoît Magimel, venu faire monter les enchères avec l’animatrice Flavie Flament.

Le produit des autres lots est destiné aux équipements et à la rénovation des quatre hôpitaux et six Ehpad, soit un millier de lits que regroupent actuellement les Hospices civils. Ces derniers ne reçoivent aucune aide de l’État pour ces dépenses, qui sont donc entièrement financées par les vignes données aux Hospices depuis leur fondation, en 1443.

Albéric Bichot, patron de la Maison Albert Bichot et l'un des principaux acheteurs historiques, donne quelques explications au site de France 3 Bourgogne sur un tel niveau de prix: «Nos clients, qui étaient avec nous [les maisons de négoce, ndlr], ont suivi la tendance pour plusieurs raisons: une grande qualité de millésime, une quantité qu'ils n'avaient pas pu avoir l'année dernière et l'aspect caritatif aussi.»  Il ajoute :«Et d'un point de vue international, nos amis chinois, américains, anglais, écossais, etc. ont suivi et ils savent que c'est un grand millésime, rare malgré tout, parce que c'est la Bourgogne.»  Il conclut « Aujourd'hui, les consommateurs en France et ailleurs cherchent davantage des vins sur la finesse et l'élégance, plutôt que des vins trop tanniques. Cette finesse, cette qualité du pinot noir, et ce chardonnay qui fait rêver le monde... C'est en Bourgogne!»

Et, face à cette édition record, «Beaune est plus que jamais la capitale mondiale du vin», conclut, sourire aux lèvres, Alain Suguenot, le maire de cette commune de plus de 20 000 habitants pour InfosDijon.

Reste qu’à un tel niveau de prix, une partie croissante des amateurs sont exclus de ce marché, qui pourrait ressembler de plus en plus à une bulle spéculative.

Source : McViti

La 162e vente des Hospices de Beaune se déroulera le week-end du 20 novembre et compte tenu de la qualité du millésime, tous les records pourraient être battus.

Le 21 septembre dernier, à l’issue de la fin des vendanges, une conférence de presse organisée par les Hospices de Beaune s’est tenue pour faire un point sur la transition en bio du Domaine des Hospices et sur la qualité du millésime 2022 qui sera présenté aux enchères.

François Poher, Directeur des Hospices de Beaune et Ludivine Griveau, ont rappelé toute la logique qui prévaut dans le déploiement du vin bio au sein des Hospices, "c'est un partage de convictions communes, une éthique de soins, c'est une double motivation dans notre conversion".

«Il a fallu du temps et de l'observation dans le comportement des vignes. Il fallait solder les prérequis» a lancé Ludivine Griveau, qui voit l'achèvement d'un dossier vieux de plusieurs années. L'adhésion des équipes «s'est faite comme une évidence mais il a été nécessaire de changer les gestes et admettre que ça prend du temps», saluant au passage le soutien de la Chambre d'Agriculture de Côte d'Or et du FREDON Bourgogne-Franche Comté pour leurs accompagnements. Pour rappel le FREDON est un organisme spécialisé dans le suivi sanitaire de la plante et à un rôle de conseil et de contrôle.

«Nous voilà l'année 2» (la conversion dure 3 ans NDLR) a salué le régisseur du domaine tout en précisant «que ça ne nous affranchit pas des autres enjeux»

En termes de qualité et de quantité, de la Saône et Loire à la Côte d'Or, les 60 hectares des Hospices de Beaune ont donné à plein régime. Aucune appellation n'échappe au plein rendement. «Ce millésime nous en met plein les yeux» avoue Ludivine Griveau. Un millésime qui s'est appuyé sur un hiver doux, une pluviométrie correcte malgré les apparences et cet «état anormalement sain». Et le rendement est au rendez-vous avec des cuves qui débordent de partout... "Tout est plein !»

Revenant sur cette année avant les vendanges, «la pousse a été explosive... depuis le début, la vigne était en forme» raconte Ludivine Griveau, alors que les inquiétudes pesaient sur la capacité à engranger du volume, au regard des années précédentes. «Nos vendanges ont les plus longues depuis ces 20 dernières années" avec plus de 15 jours au compteur, finissant par celles de Saint-Romain. «Parce que c'était très beau, on a pris la décision d'attendre... et on ne le regrette pas».

Ce seront donc 802 pièces (tonneaux de 228 litres) qui seront présentés aux enchères. Les volumes du millésime s’approchent des records, et dépassent de loin les 351,5 pièces de la maigre année 2021. Alors que la demande pour ces prestigieux vins primeurs ne cesse de croître, et que les prix s’envolent depuis une décennie, les enchères s’annoncent longues. La maison d’enchère Sotheby’s, responsable de l’organisation, estime qu’elles pourraient se terminer tard dans la soirée du dimanche.

«Il y aura 51 cuvées : 18 en blanc, et 33 en rouge. Cela représente un total de 182 pièces de blanc et 620 pièces de rouges», annonce Ludivine Griveau, qui révèle également la présence au catalogue de cuvées inédites. «Un Beaune 1er cru Clos des Mouches blanc, cuvée Hugues et Louis Bertaut fait son arrivée suite à sa replantation. Et c’est une première cette année : nous mettons en vente quatre cuvées de Corton : une Bressande, un Renardes, et un Les Chaumes, ainsi que la pièce de charité. C’est un pas important dans le respect de notre tradition bourguignonne, celle des climats.»

Deux mois après la récolte, Ludivine Griveau juge ses rouges «consistants, c’est à dire tanniques, puissants et charpentés, mais également soyeux, juteux et fruités. Le toucher des tanins est très spécifique à l’année.» Quant aux blancs, «ils ont une belle présence aromatique, et je suis très contente de leur densité», confie l’œnologue.

Les résultats de cette vente iront aux établissements hospitaliers de Beaune. À une exception : la pièce des présidents, dont les bénéfices vont traditionnellement à une cause de charité. Cette année, c’est celle de l’enfance qui a été choisie, avec deux associations. Princesse Margot d’une part, qui soutient les enfants victimes de cancers et Vision du Monde, qui intervient auprès d’enfants défavorisés dans le monde entier.   Une cause parrainée par deux personnalités françaises : la journaliste Flavie Flament et l’acteur Benoit Magimel. Tous deux auront pour tâche d’animer la vente de la pièce de charité afin de faire monter les enchères. Un défi de taille, après la performance exceptionnelle de Pio Marmaï en 2021.

«La pièce de charité 2022 sera un assemblage de trois climats de Corton grand cru, vinifiés séparément : Les Bressandes, Les Renards, et Les Chaumes», a révélé Ludivine Griveau. Un hommage à Louis-Fabrice Latour, dirigeant de la maison Louis Latour décédé en septembre, «car c’était un enfant de ce cette colline». Hommage qui ne s’arrête pas là : le vin est élevé dans «une pièce unique de la tonnellerie Latour, celle de la famille, au grain extra fin et chauffe légère-longue comme, l’aimait Louis-Fabrice».

Un évènement à suivre en direct le dimanche 20 novembre sur le site des Hospices de Beaune et qui promet d’être animé.

Source : McViti

Le classement des vins de Saint-Émilion n’est pas un long fleuve tranquille et il connait depuis sa création il y a 67 ans une histoire agitée qui se finit souvent devant les tribunaux. En sera-t-il de même pour celui de 2022 ?

Si le classement de Saint-Émilion est connu des amateurs de vins, quel en est le mode d’emploi ? Les classements des vins de Saint-Émilion proposent une hiérarchie des vins de l'appellation « Saint-Emilion Grand Cru », permettant de rajouter sur l'étiquette les mentions « Grand Cru classé » ou « Premier Grand Cru Classé ». Il s'agit d'un classement des crus de Saint-Émilion Grand Cru et non de ceux de l'appellation Saint-Émilion, qui n'a pas de classement officiel. Différence notable, contrairement à l’immuable classement de 1855 (classement ne concernant que des vins de la rive gauche de la Garonne), il est révisable tous les dix ans.

Le premier classement a été effectué en 1955, à la suite d'une décision prise en 1954 par le Syndicat viticole des vins de Saint Émilion (appelé désormais le Conseil des vins de Saint-Émilion). Depuis sa création, ce classement décennal a été revu six fois : en 1959, 1969, 1986 (les dix ans n'ont pas été respectés), 1996, 2006, 2012 et maintenant 2022.

Après un imbroglio judiciaire très dense, qui faisait suite au classement de 2006, le règlement a été modifié, et il se déroule désormais sous l'autorité de l'INAO (Institut Nationale des Appellations d’Origine et accompagné par les bureaux Veritas. C'est sous cette autorité que les classements de 2012 et 2022 ont été établis. Malgré tout, le classement de 2012 a lui aussi connu quelques mésaventures. En 2013, la hiérarchie établie en 2012 fait donc l'objet de plusieurs demandes d'annulation, en raison d'erreurs et de non-respect de la réglementation. La même année, trois viticulteurs déchus de ce classement portent plainte contre X pour prise illégale d'intérêts, considérant que les lauréats sont juges et partie car participant à la désignation des membres et du président de la commission de classement. La cible, entre autres, Hubert de Boüard, copropriétaire du Château Angélus, qui passera de Premier Grand Cru Classé B à A et qui était président de la Comission.

C’est donc le 8 septembre 2022 que l'INAO publie la liste des 85 châteaux classés, dont 14 premiers grands crus et 71 grands crus; ce classement est valable pour les récoltes 2022 à 2031 incluses.

Le nouveau règlement du classement qui modifie à la marge celui de 2012, a été publié par l'arrêté du 14 mai 2020. Pour candidater au classement de l'appellation Saint-Émilion Grand Cru, un total de 144 propriétaires ont déposé un dossier auprès de l'INAO de mars à juin 2021. Mais rien ne s’est vraiment passé comme prévu, et la procédure se voit attaquer par les domaines phares de l’appellation. En juin 2021, les propriétaires de Château Ausone et de Château Cheval Blanc, les Premiers Grands Crus classé A historiques, annoncent dans un communiqué qu'ils ne candidatent pas, critiquant les critères d'évaluation fixés par la commission de classement. Le 5 janvier 2022, le Château Angélus autres premier Grand Cru classé en 2012 se retire de la procédure sans doute la conséquence de la condamnation au pénal d’Hubert de Bouard, copropriétaire du Château et président de la commission pour le classement de 2012 pour prise illégales d’intérêt. Enfin, en juin 2022 le Château La Gaffelière (Premier Grand Cru Classé B) fait de même. Dans le même temps, trois propriétaires ont attaqué l'INAO en justice pour avoir rejeté leur candidature: Château Croix de Labrie, Château Tour Saint-Christophe et Château Rocheyron. Si les deux premiers ont gagné leur procédure auprès du tribunal administratif de Bordeaux en décembre 2021, le troisième a été débouté en février 2022.

Reste à savoir maintenant, si après sa promulgation il y a quelques jours, le classement sera contesté à terme, 59 propriétés n’ayant pu intégrer cette liste si convoitée. À noter que cette fois-ci aucun château n’a été déclassé, ce qui pourrait éviter des attaques en justice comme pour les précédents classements de 2006 et 2012. L’impact est important pour les domaines, car au-delà du prestige, les enjeux économiques et commerciaux sont importants, d’où une histoire mouvementé dans le temps… à suivre.

CLASSEMENT DE 2022 :

Premiers Grands Crus Classés A :

  • Château-Figeac - promu en 2022
  • Château Pavie

Premiers Grands Crus Classés B :

  • Château Beau-Séjour Bécot
  • Château Beauséjour (Duffau-Lagarrosse)
  • Château Belair Monange
  • Château Canon
  • Château Canon La Gaffelière
  • Château Larcis Ducasse
  • Château Pavie-Macquin
  • Château Troplong-Mondot
  • Château Trottevieille
  • Château Valandraud
  • Clos Fourtet
  • La Mondotte

Grands crus classés :

  • Château Badette - promu en 2022
  • Château Balestard La Tonnelle
  • Château Barde-Haut
  • Château Bellefont-Belcier
  • Château Bellevue
  • Château Berliquet
  • Château Boutisse - promu en 2022
  • Château Cadet-Bon
  • Château Cap de Mourlin
  • Château Chauvin
  • Château Clos de Sarpe
  • Château Corbin
  • Château Corbin Michotte - promu en 2022
  • Château Côte de Baleau
  • Château Croix de Labrie - promu en 2022
  • Château Dassault
  • Château de Ferrand
  • Château de Pressac
  • Château Destieux
  • Château Faugères
  • Château Fleur Cardinale
  • Château Fombrauge
  • Château Fonplégade
  • Château Fonroque
  • Château Franc Mayne
  • Château Grand Corbin
  • Château Grand Corbin-Despagne
  • Château Grand Mayne
  • Château Guadet
  • Château Haut-Sarpe
  • Château Jean Faure
  • Château La Commanderie
  • Château La Confession - promu en 2022
  • Château La Couspaude
  • Château La Croizille - promu en 2022
  • Château La Dominique
  • Château La Fleur Morange
  • Château La Marzelle
  • Château La Serre
  • Château la Tour Figeac
  • Château Laniote
  • Château Larmande
  • Château Laroque
  • Château Laroze
  • Château Le Châtelet
  • Château Le Prieuré
  • Château Mangot - promu en 2022
  • Château Monbousquet
  • Château Montlabert - promu en 2022
  • Château Montlisse - promu en 2022
  • Château Moulin du Cadet
  • Château Peby Faugères
  • Château Petit Faurie de Soutard
  • Château Ripeau
  • Château Rochebelle
  • Château Rol Valentin - promu en 2022
  • Château Saint-Georges (Côte Pavie)
  • Château Sansonnet
  • Château Soutard
  • Château Tour Baladoz - promu en 2022
  • Château Tour Saint Christophe - promu en 2022
  • Château Villemaurine
  • Château Yon-Figeac
  • Clos Badon Thunevin - promu en 2022
  • Clos de l'Oratoire
  • Clos des Jacobins
  • Clos Dubreuil - promu en 2022
  • Clos Saint-Julien - promu en 2022
  • Clos Saint-Martin
  • Couvent des Jacobins
  • Lassègue - promu en 2022

Source: McViti

Le samedi 27 août, vers 19 heures, la Maison Gambert, site emblématique de la Cave de Tain, a été partiellement détruite par un incendie qui a affecté la toiture et une partie du premier étage.

« Pour nous, voir brûler la Maison Gambert, c’est un peu comme voir brûler Notre-Dame. » Toutes proportions gardées avec le drame survenue à Paris le 15 avril 2019, cette déclaration de l’œnologue de la Cave de Tain exprime bien l’importance de ce bâtiment tainois pour les employés de la cave coopérative. Car la Maison Gambert n’est rien moins que la maison du fondateur de la Cave en 1933, Louis Gambert de Loche.

Pour rappel, La Cave de Tain vinifie mille hectares sur les 2700 hectares qui composent les appellations de la vallée du Rhône septentrionale. Ce sont bien sûr les parcelles sur la colline de l’Hermitage qui font la renommée de la Cave, mais elle produit aussi au travers de ses associés coopérateurs, du Crozes Hermitage, du Saint Joseph, du Cornas et du Saint Perey. Manque seulement à son portefeuille, les appellations de Côte Rôtie, de Condrieu et Château-Grillet. Petite curiosité locale, Château-Grillet, dont la superficie est d’environ 3 hectares, qui est une Dénomination d’Origine Contrôlée (DOP) à part entière est depuis juin 2011, la propriété exclusive de l’homme d’affaire François Pinault au travers de sa holding Artémis. C’est la seule DOP en France qui soit détenue par un seul propriétaire.

C’est donc à peine les vendanges commencées pour la cave de Tain, depuis le 22 août avec les blancs d’Hermitage et les premiers rouges de la plaine des Chassis en Crozes-Hermitage, que la récolte a été perturbée par l’incendie de la Maison Gambert. Le feu s’est déclaré samedi dernier vers 19h, avant le service du restaurant bistronomique et maîtrisé par les pompiers vers 21h, mais le toit a été entièrement détruit par les flammes, ainsi que la salle de séminaire du premier étage. La cause n’a pas encore été révélée à ce jour.

Comme le rappelle le site Terre de Vins dans un article paru le samedi 3 septembre, le fondateur de la cave, Louis Gambert de Loche, disparu en 1967, avait cédé sa maison de Tain-l’Hermitage, située dans la Drome, à la coopérative dont il était le fondateur en 1933. Il y possédait d’ailleurs 6 hectares classés en Hermitage, également restés dans l’escarcelle de la cave. Le bâtiment avait été entièrement restauré en 2007 et un restaurant y avait été ouvert en février 2016, confié au chef Mathieu Chartron (qui officie également dans son restaurant de Saint-Donat-sur-L’Herbasse, à une quinzaine de kilomètres, toujours dans la Drôme). Apparemment, le restaurant n’a pas été touché, mais les travaux de reconstruction nécessiteront sûrement de nombreux mois.

Malgré ce coup dur, Olivier Ringler, le nouveau directeur commercial et marketing a néanmoins rappelé dans un communiqué de presse que la cave entendait plus que jamais rester dynamique. Repris par le site Terre de Vins: « avec des investissements menés tambours battants depuis 2014. Environ 15 M€ sont prévus dans une nouvelle ligne d’embouteillage, opérationnelle fin 2023, dans une extension des espaces de stockage et de la cuverie pour développer les sélections parcellaires (une quinzaine) et les cuvées bio – la cave devrait produire de 30 à 35% de vins bios d’ici 2025, et dans la Villa Caroubes en face de la cave. » Celle-ci, située dans un joli parc arboré de 4000 m2, devrait être inaugurée à la fin de l’année avec deux salles de dégustation, une salle de séminaire de 200 m2 et un toit-terrasse bénéficiant d’une vue imprenable sur la colline de l’Hermitage. D’ici fin septembre, la Cave de Tain ouvrira également une nouvelle boutique sur la Nationale 7 au centre-ville, face à la boutique Valrhona, le spécialiste du chocolat et l’un des leaders français.

Cette belle maison de maître, qui symbolisait l’histoire de la cave avec sa belle terrasse, d’une capacité d’une cinquantaine de personnes à l’intérieur, une centaine avec l’extérieur, accueillait aussi de nombreux événements de la cave. Un coup dur pour l’un des fleurons viticoles de la région Rhône-Alpes qui va devoir pendant quelques longs mois revoir une partie de son organisation et de son programme.

Source: McViti

Pas de pose estivale pour les transactions de propriétés en France ou à l’étranger, et c’est Axa Millésimes, la branche viticole du groupe d’assurances Axa, qui annonce l’acquisition du domaine Platt Vineyard, une propriété de 111 hectares dans la Sonoma Coast en Californie.

L’information de cet investissement a été révélée le jeudi 28 juillet par le site Wine Spectator et relayée ce vendredi 29 juillet par le site Terre de Vins. Cette acquisition aux États-Unis vient enrichir le portefeuille international d’Axa Millésimes, qui compte déjà Quinta do Noval au Portugal (Porto), Disznókö en Hongrie (Tokaï), Outpost aux USA depuis 4 ans. En France, le groupe possède le château Pichon Baron, 2e Grand Cru Classé de Pauillac, le château Suduiraut, 1er Grand Cru Classé de Sauternes, et le Domaine de l’Arlot en Bourgogne. Pour expliquer cette nouvelle acquisition, Christian Seely, directeur général d’Axa Millésimes, déclare: « Depuis 1987, nous possédons et gérons le Domaine de l’Arlot en Bourgogne, une propriété de 15 hectares (37 acres) avec principalement des terroirs en Premier Cru à Nuits Saint Georges, Premier Cru à Vosne Romanée et Grand Cru Romanée Saint Vivant. […] Toute notre expérience au Domaine de l’Arlot nous porte à croire qu’il s’agit d’un terroir tout aussi exceptionnel pour le pinot noir et le chardonnay. »

Platt Vineyard a été créé en 2003 par Joan Platt et feu Lew Platt. Russian River Partners a pris le contrôle du vignoble en 2015. Le vignoble, planté dans un sol fin et sablonneux de Goldridge, proche de l’océan Pacifique, est connu pour produire des vins avec une acidité remarquablement fraîche. Platt, selon un communiqué du groupe, s’étend sur 111,3 hectares (275 acres), dont 15,7 hectares (38,8 acres) sont plantés en pinot noir et chardonnay, avec des permis accordés pour 4,4 hectares (11 acres) de vignobles supplémentaires.

River Partners, depuis 2015, l’a considérablement développé. Axa Millésimes entend continuer cette progression: « Notre attention a été attirée sur la qualité exceptionnelle du terroir de Platt Vineyard par Thomas Rivers Brown, qui est depuis de nombreuses années notre œnologue consultant à Outpost Vineyard », détaille Christian Seely. « Il élabore sur son domaine Rivers-Marie d’excellents pinots noirs et chardonnays à partir de raisins qu’il achète à Platt depuis plusieurs années. Après avoir dégusté ces vins et visité à plusieurs reprises le vignoble de Platt, nous avons été convaincus qu’il s’agissait du site que nous recherchions. »

Comme souvent sur ce type de programme, le montant de la transaction n’a pas été annoncé.

Mais voilà une nouvelle qui fait du bruit dans le microcosme viticole international. Il y a vingt ans, le modèle était Bordeaux et les investissements se faisaient essentiellement sur les grands crus de la Gironde, et quand une opération avait lieu dans un vignoble étranger, c’était pour reproduire l’exemple bordelais. Avec le succès des vins de Bourgogne depuis quelques années et l’envolée des prix, il semble que le nouveau modèle soit la Bourgogne. Le cépage de référence serait-il passé du cabernet sauvignon au pinot noir pour les investisseurs du monde entier?

À suivre…

Source: McViti

La contrefaçon de grands vins a toujours existé, mais le phénomène semble s’intensifier. Pourtant, un sommet de l’arnaque semblait avoir été atteint aux États-Unis, il y a quelques années, avec l’affaire Rudy Kurdiawan, un faussaire indonésien, contrefacteur de bourgognes des Domaines de la Romanée-Conti (DRC) et Rousseau et de dizaines d'autres grands crus principalement français. 

Stéphane Reynaud, dans un article publié le 23 juin 2022 sur le site Le Figaro Vin, nous éclaire sur une nouvelle technologie qui permettrait de lutter contre les contrefaçons en matière de vins haut de gamme. Il nous raconte comment un vigneron bourguignon tente désormais de protéger ses vins.

Soucieux de lutter contre ce phénomène, le prestigieux vigneron des Côtes de Nuits Louis-Michel Liger-Belair, producteur à Vosne-Romanée et Vougeot, participe à la mise en place d'une plateforme dédiée à l'authentification des vins.

Plus précisément, et pour bien comprendre le mode d’emploi de cette innovation, la solution s'appelle WokenWine, du nom d'une nouvelle société luxembourgeoise et créée par le financier Valéry Lux, « un amateur et un consommateur de vin qui a été confronté à des bouteilles douteuses, mais aussi un passionné de nouvelles technologies et un grand connaisseur des questions liées à la blockchain », explique Louis-Michel Liger-Belair au site Le Figaro Vin. Ce dernier est lui-même actionnaire à hauteur de 20% de cette plateforme qui associe chaque bouteille à un NFT, c'est-à-dire un format numérique faisant office de certificat d'authenticité infalsifiable, car enregistré sur la blockchain.

« En disposant de la puce et du numéro de la bouteille, il suffit de se connecter à la plateforme pour identifier ladite bouteille ainsi que son origine et son parcours. WokenWine va associer la puce à un code couleur: elle sera verte quand le vin est encore stocké chez le vigneron, jaune lorsqu'il se trouve chez les intermédiaires, noire quand la bouteille est bue », explique le vigneron. 

L’article du Figaro Vin rappelle que la fraude et la contrefaçon sont une plaie qui concerne des dizaines de milliers de bouteilles chaque année dans le monde. Au sein des institutions chargées du contrôle, les plus pessimistes avancent que 20 % du commerce international de vin serait affecté, ce qui n’est pas sans inquiéter les principaux acteurs du marché et les producteurs en premier lieu. En France, la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) contrôle la régularité des opérations de la filière, épaulée par neuf bureaux d'enquêtes vins et spiritueux.

Cependant, le commerce mondial des crus s'est intensifié, internationalisé et de multiples intervenant sévissent dans un monde de la collection devenu parfois nébuleux. Aujourd'hui, alors que de plus en plus de flacons sont échangés sur le Web, beaucoup d'intermédiaires – négociants, spécialistes des enchères en ligne... – endossent le rôle d'authentificateurs, mais avec des compétences variables et une moralité parfois modulée par les intérêts des affaires, disent certains producteurs. De son côté, Louis-Michel Liger-Belair considère qu'il appartient au vigneron de garantir l'authenticité de la production aux différents acheteurs, d’où son projet.

Restera ensuite à faire connaître l'existence de WokenWine et de l'association de certains vins à des NFT qui pourraient inciter des acheteurs à vérifier l'authenticité des bouteilles lors de leurs acquisitions. Autre avantage pour des investisseurs sans cave, comme cela arrive parfois, ce système pourrait limiter les déplacements des vins. Une fois un flacon entreposé dans un lieu idoine, le changement de propriétaire pourrait se résumer à une simple modification de son code, sans aucun déplacement. « Cela peut éviter d'avoir des bouteilles qui font des dizaines de milliers de kilomètres avant d'être vendues, reprend Louis-Michel Liger-Belair. Au-delà des questions de manipulation des stocks et de la stricte protection contre les faux, il s'agit aussi de savoir qui boit le vin et comment il le boit. Cela m'intéresse d'identifier de bons clients que je ne connais pas et de les rencontrer ». Dès juillet, lui-même compte associer à ce système 3 000 bouteilles de sa production, qui oscille entre 20 000 et 30 000 bouteilles chaque année.

Pour le prix d’une telle technologie, qui doit l’assumer? « C'est encore en discussion. Pour le producteur, nous voulons que cela corresponde à moins de 10% du prix de la bouteille. Reste aussi à déterminer si les intermédiaires participeront au coût de cette technologie ».

Mais WokenWine ne sera pas, loin s'en faut, le seul acteur du marché des NFT associé à la sécurité des échanges de vin. D'autres systèmes proposent déjà d'équiper les bouteilles d'un tag RFID garantissant le lien entre la bouteille de vin et les informations contenues dans la blockchain.

Reste que les collectionneurs vont être confrontés à divers systèmes de protections et à terme, il faudra sans doute que le marché se normalise afin de rendre lisible et pratique le suivi d’une bouteille collectionnée. Mais rappelons que si une bouteille peut être associée à une œuvre d’art, il ne faut pas oublier que le vin est tout d’abord une boisson destinée à être partagée entre convives et non pas un objet de spéculation… Mais ça, c’est un autre sujet.

Source : McViti

L’entreprise française Edmond de Rothschild Héritage annonce dans un communiqué de presse avoir conclu un accord avec la famille Skeggs pour acquérir 51,9 hectares à Bannockburn en Central Otago, sur l’île du sud de la Nouvelle-Zélande.

En France, certains esprits chagrins sont persuadés que le vignoble français est en train de passer dans des mains d’entreprises étrangères, ce qui n’est pas tout à fait vrai mais en revanche les Français savent investir aussi au-delà de l’Hexagone et cette fois c’est la Maison Edmond de Rothschild Heritage qui fait la une de l’actualité viticole.

L’acquisition de la Maison Rothschild dans le vignoble de Central Otago pourrait surprendre car lorsque ce pays est évoqué pour le vin, c’est plutôt la prestigieuse région de Marlboro qui est nommée.

Mais le lien entre la France et Otago es historique. En effet, L’occupation européenne dans cette région a commencé avec la ruée vers l’or d’Otago dans les années 1860 et c’est un Français chercheur d’or, Jean Desire Feraud, qui a commencé à planter des vignes et à se lancer dans la production de vin à petite échelle, remportant des médailles dans des concours de vin australiens.  La plantation et la production sont restées modestes jusqu’au milieu des années 1990. En 1996, il n’y avait que 11 établissements vinicoles à Otago, selon le New Zealand Winegrowers, représentant 92 hectares. En 2020, ce chiffre était passé à 133 entreprises et 1930 hectares de vignes, une croissance exponentielle

À environ 300 mètres d’altitude, les vignobles de Central Otago sont protégés du climat maritime caractéristique de la Nouvelle-Zélande par de hautes montagnes atteignant 3 700 mètres. Ils ont ainsi la seule véritable zone climatique continentale du pays, avec de grandes variations de températures. L’été est chaud et relativement sec, et souvent accompagné du vent de foehn du nord-ouest; l’automne est court, frais et ensoleillé; et l’hiver est froid, avec des chutes de neige importantes. Les fortes gelées sont fréquentes tout au long de l’hiver et le gel peut survenir à tout moment entre mars et novembre.

Ce qui fait l’originalité du lieu est que Le contraste climatique entre Otago et les régions viticoles plus humides et plus chaudes du Nord ou se concentre l’essentiel des 30 000 hectares de vignes de Nouvelle-Zélande  peut être illustré par la différence dans la date des vendanges. Dans les vignobles les plus septentrionaux, la cueillette a généralement lieu à la fin de février ou au début de mars, tandis qu’à Otago, la récolte commence entre la mi-avril et la fin avril, soit une différence d’environ six à sept semaines.

Pour rappel, la marque Edmond de Rothschild Heritage réunit les activités art de vivre détenues par le groupe Edmond de Rothschild : domaines vinicoles, hôtellerie, restauration, fromagerie, exploitation agricole et pépinières. L'entité tire ses origines de la Société française des hôtels de montagne (SFHM) créée en 1920 par la baronne Noémie de Rothschild pour développer la station de ski de Megève dans les Alpes. Sous la direction de son fils le baron Edmond de Rothschild, la SFHM se diversifie dans la production vinicole et fromagère. Puis sous l'égide de son petit-fils, le baron Benjamin de Rothschild, et sa femme, Ariane de Rothschild, les activités art de vivre du groupe sont développées et regroupées sous la marque Edmond de Rothschild Heritage en 2016. Depuis 2015, Alexis de la Palme est le président du directoire.

Les vignobles détenus par Edmond de Rothschild Heritage représentent plus de 500 hectares de vignes tant en France qu’à l’étranger le groupe produit en moyenne 3,5 millions de bouteilles de vin chaque année issues des propriétés suivantes :

  • En France, à Bordeaux, le groupe possède le Château Clarke (Listrac-Medoc), le Château Malmaison (Moulis-en-Médoc), Le Château des Laurets (Puisseguin Saint-Émilion) et le Château de Malengin (Montagne Saint-Émilion). Mais surtout Edmond de Rothschild Heritage prend aussi part à la production du champagne Barons de Rothschild et constitue le premier actionnaire du Château Lafite-Rothschild 1er grand cru classé 1855 à Pauillac.
  • A l’étranger, en Europe, le groupe détient Macán (Rioja en Espagne), codétenu avec Vega Sicilia, le sublime domaine de la Ribeira del Duro. Dans les vignobles du « nouveau monde », déjà trois domaines sont dans le portefeuille de l’entreprise française, Rupert and Rothschild Vignerons (Franschhoek Valley en Afrique du Sud), Flechas de los Andes (Clos de los Siete à Mendoza en Argentine, codétenu avec Laurent Dassault entre autre) et Rimapere (vignoble de Marlborough en Nouvelle-Zélande).

Le communiqué de presse rappelle que Cette acquisition de prestige à Otago intervient donc dix ans après la première incursion du groupe dans ce pays des antipodes, qui avait été marquée par l’achat de 24 hectares à Marlborough, donnant naissance au vignoble dd Rimapere.

Concernant cette acquisition, Sur les 51,9 hectares, 34,5 sont recouverts de vignes, majoritairement du pinot noir mais aussi un peu de chardonnay et de riesling. Boris Bréau, directeur général, explique : « Le président de la Compagnie Viticole Baron Edmond de Rothschild, Alexis de la Palme, nous a informés de la demande de Madame de Rothschild, souhaitant trouver le meilleur terroir en Nouvelle-Zélande pour produire un grand vin en pinot noir. » De son côté, Ariane de Rothschild souligne : « Mon époux Benjamin a donné un nouvel élan à l’aventure viticole de la famille en explorant les meilleurs terroirs de destinations plus lointaines. Fidèles à cette stratégie de développement, nous nous engageons à magnifier chaque vignoble pour produire de grands vins, en nous attachant à sublimer les cépages autochtones. La Nouvelle-Zélande, reconnue pour l’excellence de son sauvignon blanc et de son pinot noir, constitue l’un de ces terroirs à fort potentiel. »

Fondée en 1996 par un entrepreneur néo-zélandais, Sir Clifford Skeggs, Akarua est une marque bien installée. Sa direction technique sera assurée par Anne Escale, qui conduit déjà Rimapere depuis 2019 et vit en Nouvelle-Zélande depuis quinze ans.

Avec seulement 30 000 hectares de vignes exploitées, La Nouvelle-Zélande n’en est pas moins l’un des vignobles les plus en vue aujourd’hui avec la mise en valeur de deux principaux cépages, le Pinot Noir pour les rouges et le Sauvignon pour les blancs mais bien d’autres variétés comme le Riesling ou le chardonay se développent dans ce pays en pleine croissance.

Source : McViti

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