samedi 6 juin 2020
Emmanuel de Vaucelles

Emmanuel de Vaucelles

Âgé de 45 ans, ingénieur agricole, diplômé de l’IHEDREA (Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole en 1995), j’ai poursuivi mes études par un master de Gestion, Droit et Marketing du secteur Vitivinicole et des Eaux de Vie dépendant l’Université de Paris 10 Nanterre et de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin - 1997). Lire la suite...

La mention « Crus Bourgeois » consacre la qualité et la valeur des vins rouges produits dans l’une des huit appellations du Médoc : Médoc, Haut-Médoc, Listrac, Moulis, Margaux, Saint-Julien, Pauillac et Saint-Estèphe. Mais être « Cru Bourgeois », qu’est-ce que cela signifie ?

Le terme « Cru bourgeois » trouve sa source dans la classification coutumière antérieure au XIXe siècle qui distinguait, au sein des vins du Médoc, les « Crus Bourgeois », les « Crus Artisans » et les « Crus Paysans » selon le statut social du propriétaire du vignoble. La publication du Classement de 1855 remettra en cause cette hiérarchie.

Mais depuis cette date, les qualités respectives des différents vins de Bordeaux ont évolué. Le classement ne reflétait donc plus toujours au XXe siècle l'évaluation historique. Sur cette constatation, des producteurs et négociants de la région Médocaine ont proposé en 1932 une distinction nouvelle appelée à devenir la mention « Cru bourgeois » qui pouvait être facultativement apposée sur les bouteilles récompensées.

En 1966 et en 1978, deux palmarès syndicaux sont venus couronner la dénomination, pour aboutir à un classement officiel reconnu par l'État français. Ce classement a été réactualisé en 2003 et est devenu « Le classement officiel des Crus Bourgeois » dans le cadre de deux arrêtés de juin 2003.

C’était sans compter sur quelques châteaux déclassés, qui ont entamé un marathon devant les tribunaux pour en obtenir l’annulation. À la suite des différents jugements, l’Alliance des Crus Bourgeois du Médoc a entrepris de faire homologuer un nouveau régime, portant non plus sur un système de classification, mais sur un principe de labellisation, selon un rythme annuel. Ce nouveau régime a été introduit par un décret de 2009, complété par un arrêté ministériel de la même année..

Mais cette situation ne convenaient pas à une grande majorité des acteurs Bordelais et un long travail de fond a été mené par les professionnels et l’administration pour qu’enfin aboutisse un nouveau classement publié ce 20 février.

Le classement des « Crus Bourgeois », Comment ça marche?

C’est un long parcours du combattant qu’ont dû mener les propriétés afin de pouvoir prétendre au fameux « titre ». Tout d’abord, il fallait déposer une candidature, validée par un organisme de vérification. Puis le château candidat devait soumettre ses vins à la dégustation verticale à l’aveugle de 5 millésimes. La note obtenue par le cru candidat à cette analyse conditionnait l’accès du cru à l’un des niveaux du Classement. Un niveau 3 à l’analyse sensorielle donnait l’accès à la mention « Cru Bourgeois », un niveau 1 ou 2 à la mention « Cru Bourgeois Supérieur », un niveau 1 à la mention « Cru Bourgeois Exceptionnel », nous résume Terre de Vins dans un article publié le 18 février. Mais pour accéder à l’un de ces deux niveaux, Supérieur ou Exceptionnel, encore fallait-il avoir candidaté à la « mention complémentaire ». Plusieurs critères entraient alors en ligne de compte :

  • Critère 1 : Attestation d’une certification environnementale de niveau 2
  • Critère 2 : Vignoble, récolte, chais, conditionnement, étiquetage, stockage, système de qualité doivent répondre à un cahier des charges
  • Critère 3 : Mise en valeur du site, qualité de l’accueil des visiteurs professionnels (du vin) et des particuliers, promotion individuelle et collective, mode de distribution, valorisation nationale et internationale du cru

L’évaluation aura été faite par une commission de 6 experts (Technique / Commerce & Promotion), plus une visite complémentaire sur site par l’Organisme de Vérification.

Cette phase s’est soldée par l’attribution d’une note pour chacun des 10 thèmes.

Le classement durera cinq ans avant qu’un nouveau soit établi, mais pendant cette période, les contrôles suivants seront appliqués :

  • La qualité du vin : dégustation à l’aveugle et mesure de la constance.
  • La traçabilité et l’authentification par un sticker pour chaque millésime.
  • Les contrôles organoleptiques avant conditionnement perdurant pendant toute la durée quinquennale du Classement (au moins 2 contrôles par cru).
  • L’environnement par l’engagement des crus dans une démarche de respect des bonnes pratiques culturales et environnementales. Beaucoup de Château pour ce classement. Ne pouvant y prétendre, ils ont pris un engagement avec une échéance dans cinq ans.

Et donc ce jeudi 20 février le suspens a pris fin et les résultats ont été révélés à la presse. Il a été retenu 249 crus, soit 31% de la production de la région du Médoc (28 millions de bouteilles).

Les jurés ont distingué 14 propriétés « Crus Bourgeois Exceptionnels », la plus haute distinction. Les « Crus Bourgeois Supérieurs » sont nombreux cette année avec 56 propriétés. Les « Crus Bourgeois » simples sont au nombre de 179.

L'AOC Médoc concentre 115 propriétés distinguées « Haut-Médoc », 88 « Saint-Estèphe », 15 « Listrac-Médoc », 14 « Moulis-en-Médoc », 8 « Margaux », et « Pauillac » une seule propriété.

Le grand changement pour les propriétés est que le classement est établi sur cinq ans et n’est plus révisé chaque année. Il y a donc désormais la possibilité de voir plus loin qu’à l’horizon d’une année. Pour ces réseaux de distribution l’obtention de la mention « Cru Bourgeois » est cruciale, car le consommateur qui vient au château est davantage intéressé « par ce qu’il goûte » que par le sticker « Cru bourgeois » sur la bouteille. Par contre, ce même consommateur, dans un rayon de supermarché, n’a pas la possibilité de goûter, et s’en remet donc à ce qu’il lit sur la bouteille et plus particulièrement les mentions de médaille à divers concours, ou lorsqu’il s’agit d’un vin du Médoc, la mention « Cru Bourgeois ».

Beaucoup de châteaux dépendent donc des cavistes, des restaurateurs et des négociants et lorsque ceux-ci représentent 70% de vos ventes, le classement prend une toute autre importance. Pour un propriétaire, la peur de ne pas être « Cru Bourgeois », c’est la peur de perdre des marchés, surtout en temps de crise, tant en France qu’à l’export. Si sur les marchés émergeants, les « Crus Bourgeois » ne sont pas encore très reconnus, sur les marchés traditionnels tels que la Grande-Bretagne, les États-Unis, le Québec ou le Benelux, le taux de notoriété est très bon chez les amateurs. 

Quant au prix, une augmentation sur les « Crus Exceptionnels » peut être attendue, certains châteaux étant encore très bon marché. Pour les autres, rien n’est moins sûr, compte tenu de la conjoncture internationale. Les primeurs d’avril de Bordeaux nous donneront sans doute une indication.

Source : McViti

Le discret négociant bordelais, propriétaire notamment du Château Gruaud Larose à Saint-Julien et des eaux minérales Abatilles, investit dans le Sauternais en reprenant le domaine de la famille Dejean, le Château Rabaud Promis.

À Sauternes, depuis quelques années, l’ambiance est morose, le vin d’Or ne se vend plus aussi bien qu’avant pour de multiples raisons. Ces derniers mois ont été l’occasion d’échanges entre quelques figures du vignoble comme Alexandre de Lur Saluces, qui reproche à certains propriétaires comme ceux du Château Lafaurie Peyraguey de dénaturer ses vins en voulant des associés à des recettes atypiques tel du vin chaud ou des cocktails. Mais pendant que le débat fait rage sur cette nouvelle mode entre les anciens qui se veulent gardien du temple, et les modernes qui voudraient bouleverser les codes, des transactions ont lieu dans le vignoble et pas des moindres.

Suite à cette opération, les commentaires vont bon train dans le village des irréductibles producteurs de liquoreux: « qu’un des grands négociants de Bordeaux s’intéresse à un grand cru de Sauternes est bien sûr une bonne nouvelle », a réagi Xavier Planty, président de l’ODG de Sauternes-Barsac. D’autant que Thomas Dejean « un des meilleurs vinificateurs de Sauternes », selon Xavier Planty, doit rester actionnaire et directeur de la propriété. Le journal Sud-Ouest, dans son édition Internet du 3 février, précise que Jean Merlaut n’est pas un inconnu dans l’appellation, puisqu’il a été le vinificateur d’un autre 1er grand cru de Sauternes, le Château Reyne Vigneau, il y a quelques années.

L’achat, selon le site Internet Terre de Vins, aurait été signé le 24 décembre, mais le montant de la transaction est resté confidentiel. Néanmoins, le journal Sud-Ouest indique que quelques points restent à finaliser avant une signature définitive. Un peu de suspens persiste, donc. Le Château Rabaud-Promis, situé à un kilomètre au nord d'Yquem sur la commune de Bommes, occupe le sommet de la colline de Rabaud, aux pentes douces et couvertes de vignes qui lui ont permis d'être classé Premier Cru en 1855. Il est produit du vin en ce lieu depuis le XVIIe siècle et c'était jusqu’à peu la famille Déjean qui en était à la tête. Adepte des innovations, elle fut la première à installer dans le vignoble de Sauternes un canon anti-grêle. Les vignes couvrent 33 hectares où domine le sémillon, un peu de sauvignon et des traces de muscadelle comme au Château Filhot, à quelques encablures de là. En effet, rare sont les propriétés à avoir de la muscadelle dans leur parcellaire. La famille revendiquait une viticulture raisonnée qui favorisait la biodiversité et le travail mécanique du sol. Une philosophie assez proche de celle du Château Gruaud Larose.

Les vins de Rabaud Promis bénéficient d’une vinification parcellaire. Ils sont réputés pour être des vins qui ne sont pas exagérément chargés en sucre, pour ne pas saturer les papilles. Ils produisent également un second vin, les Promesses de Rabaud-Promis. Tout un programme en période de crise…

Pour mémoire, le Château Gruaud Larose est une belle référence du Médoc. La famille Merlaut a repris ce 2e cru classé en 1855 en 1997, après que celle-ci soit passé dans les mains d’investisseurs institutionnels comme Alcatel Alsthom en 1993, permettant d’importants investissements, notamment pour la rénovation des chais. Les vignes couvrent 80 ha et sont plantées sur un sol de graves garonnaises sur sous-sol argilo-calcaire avec un encépagement de Cabernet-Sauvignon (61%), Merlot (29%), Cabernet-Franc et Petit Verdot (5% chacun). L’âge moyen des vignes est de 43 ans.

Que ce soit en France ou à l’étranger, la période des « transferts » à l’image du football reste très active. Les rumeurs actuellement ne manquent pas dans les différents vignobles de l’hexagone, à voir maintenant si elles se concrétisent ou non. Suspens!

Source: McViti

« L’Amérique est un gros client pour nous. Nous n’avons pas fait cet investissement pour réagir aux secousses du marché mais nous nous doutions que les taxes risquaient d’augmenter et que les relations pouvaient se compliquer. Être sur place nous permet d’intervenir au quotidien. » Par cette déclaration Daniel Cathiard justifie l’important investissement que lui et sa famille viennent de faire aux États-Unis.

Depuis 1990, Smith Haut-Lafite est la propriété de Daniel Cathiard, qui est tombé sous le charme des lieux et des vins qui y sont produits. Les vignes couvrent aujourd'hui 67 hectares en rouge et 11 en blanc, avec les principaux cépages bordelais : merlot, cabernet sauvignon, cabernet franc, petit verdot, sauvignon et sémillon.

Outre un domaine viticole à la pointe, la famille Cathiard a développé une marque de cosmétiques, Caudalies, essentiellement issus du produit de la vigne et en particulier du pépin de raisin. De même, la famille a créé un hôtel restaurant étoilé dans l’enceinte de la propriété, venant compléter une offre viticole reconnue.

Mais l’histoire de Smith Haut-Lffitte est ancienne : déjà en 1365, la maison noble du Bosq donne naissance au vignoble. Au 18e siècle, l'Écossais George Smith achète le domaine, accole son nom, construit la chartreuse et exporte le vin vers l'Angleterre, contribuant ainsi à sa renommée. Le classement de 1959 pour les vins de Graves vient conforter cette réputation en classant les rouges en Grand Cru Classé.

Et puis, parce que peut-être un peu à l’étroit en France, l’information est tombée en début de semaine, le lundi 20 janvier, et a été reprise massivement par la presse. Une famille française investit fortement en Californie et pas n’importe laquelle, les Cathiard.

Depuis longtemps, la Napa Valley, au nord de San Francisco, fait rêver les Français. De nombreux propriétaires de châteaux et de grands groupes (Moët Hennessy et Pernod Ricard, entre autres) y ont investi dans des domaines de premier plan.

Aujourd’hui, la politique protectionniste de Trump, qui vise essentiellement le vin français, constitue un premier motif valable d’acquisition aux États-Unis pour qui veut profiter du formidable marché du vin local. Sur place, les tarifs des bouteilles plus élevés qu’en France, l’importance de la vente directe et des clubs mis en place par chaque marque sont d’autres atouts. Dans ce contexte, trente ans après l’acquisition de Smith Haut-Lafitte Florence et Daniel Cathiard annoncent leur première acquisition à l’étranger avec l’achat aux familles Komes et Garvey d’un domaine situé à Rutherford, au sud de St. Helena.

Au-delà des motifs conjoncturels, la famille explique ses motivations : « Nous avons un temps prospecté en Toscane, mais acquérir un domaine en Italie est vraiment très compliqué. Alors nous avons cherché en Napa Valley, où la viticulture est proche de celle que nous connaissons. En outre, nous avons des affinités familiales avec les États-Unis », a précisé Daniel Cathiard.

Les voilà donc à la tête du ranch de Rutherford. Il compte 25 hectares de vignes entourés de 110 hectares de forêt primaire, explique Florence Cathiard. Comme la plupart des propriétés perchées sur les coteaux de la vallée, la propriété est composée de plusieurs parcelles. Et cerise sur le gâteau, le domaine pourra être agrandi de 5 à 10 hectares sans difficultés, a-t-il été précisé. L’encépagement est majoritairement bordelais, Cabernet Sauvignon et Merlot. Ce sont des vignes en coteaux avec un ensoleillement modéré, ce qui est un point très important, l’ensoleillement trop important en Californie étant souvent un problème pour la vigne.

La famille n’a pas repris la marque, ni les stocks Flora Springs, conservés par le vendeur. L’image actuelle du domaine ne correspond pas aux ambitions des Cathiard, semble-t-il, qui souhaitent revoir la gamme du domaine. Jusqu’à présent, 600 000 bouteilles y étaient produites chaque année, ce qui est un rendement que l’on n'imagine pas sur un domaine traditionnel en appellation en France. Néanmoins, le prix des vins se situe aujourd’hui sur le marché américain entre 30 et 50 dollars, ce qui est déjà une somme rondelette. Pour ce qui est du future nom du domaine, rien est encore arrêté, mais les initiales de Smith Haut-Lafitte pourraient ête rappelées sur l’étiquette.

Dès les vendange 2020, la première récolte devrait descendre à 200 000 cols. Le vin est appelé à progresser avec des rendements plus faibles, une agriculture bio, une approche plus précise du terroir... « Nous voulons retrouver l’esprit l’origine des pionniers, celui des frères Rennie qui ont créé l’exploitation en 1885. Nous allons installer sur place un jeune ingénieur agronome œnologue formé à Château Smith Haut-Lafitte », précise la famille.

Comme premier projet, un très gros chantier de construction d’un nouveau cuvier devrait voir le jour afin d’adapter la vinification à la recherche de précision souhaiter. Autre programme à court terme, profiter de l’œnotourisme très développé dans la vallée. « Nous disposons d’autorisations pour recevoir un grand nombre de personnes au domaine », ajoute Florence Cathiard. Mais pour le moment il n’est pas envisagé de créer un hôtel ou un restaurant haut de gamme comme en France. La famille souhaite au départ se consacrer au vignoble et à la vinification.

D’ordinaire, nous indiquons que le montant de l’opération n’a pas été communiqué à la presse. Néanmoins, cette fois-ci, le site Lefigaro-Vin, dans son article paru le lundi 20 septembre, s’est risqué à donner un chiffre : la transaction serait proche de 100 millions d’euros. Et compte tenu des investissements prévus, la note finale devrait être salée. Rappelons que ni la marque, ni les stocks n’ont été rachetés. Mais le prix des prochaines bouteilles devrait s’envoler, compte tenu du futures coûts de production...

Il sera intéressant de suivre ce projet de longue haleine sur un secteur en perpétuelle transformation et où d’autres investissements en 2020 ne devraient pas manquer d’avoir lieu.

Source: McViti

Si très souvent la presse se fait l’écho d’investissements étrangers dans nos régions viticoles françaises, l’inverse est parfois aussi vrai : depuis quelques années, les vignerons ou de grands groupes hexagonaux investissent à travers le monde.

C’est le cas dans l’hémisphère sud en ce moment, où les producteurs font parler d’eux par l’intermédiaire de leurs vins produits en Nouvelle-Zélande, où un cépage domine le Sauvignon Blanc. Les trois grandes références françaises sont : Cloudy Bay appartenant au groupe Moët Hennessy (LVMH), Rimapere jusqu’à présent Joy-Venture appartenant à la famille Rothschild ou Clos Henri, détenu par la famille Bourgeois, belle maison du Sancerrois, la région iconique du Sauvignon.

Vitisphère, dans un article paru sur son site Internet le jeudi 19 décembre, annonce la prise de contrôle du groupe Edmond de Rothschild du vignoble néo-zélandais Rimapere. Rimapere est un domaine de 24 hectares qui commercialise ses premières bouteilles en 2012. C’est peu de temps avant que la maison Baron Benjamin de Rothschild décide de développer la production de vin blanc de la Compagnie Vinicole en acquérant 24 hectares de vignes sur le site de Rapaura, dans la vallée de Marlborough (15 900 hectares de vigne), par une association avec la famille néo-zélandaise Peabody, propriétaire de la winery Craggy Range. Le Sauvignon Blanc de Rimapere est accompagné par une production de Pinot Noir. Rothschild décide donc d’en prendre totalement la gestion avec une volonté de développer ce vignoble tant en notoriété que peut-être dans l’avenir par le développement du foncier.

La célèbre vallée de Marlborough compte aujourd'hui près de 12 000 hectares dédiés au Sauvignon (presque 80% de la surface plantée en vigne). Largement de quoi entretenir sa réputation mondiale. De même, les productions de Pinot Noir, de Riesling et de Chardonnay se montrent à leur tour de plus en plus présentes sur les marchés internationaux, même si les quantités restent encore faibles.

Pour rappel, la firme Edmond de Rothschild Héritage qui vient de faire cette opération est à la tête de 500 hectares de vignes en France et dans le monde. Dans le Bordelais, elle possède le Château Clarke situé à Listrac en Médoc, Château des Laurets à Puisseguin Saint Emilion et le Château Malmaison) à Moulis en Médoc. En Argentine, le groupe possède la Bodega Flechas de los Andes en copropriété avec la famille Dassault. En Europe, en Espagne, le groupe codétient dans la Rioja la Bodegas Benjamin de Rothschild & Vega Sicilia – Macán. Vega Sicilia est la Bodega la plus prestigieuse d’Espagne avec son vin historique dans l’appellation Ribera del Douero. Enfin, en Afrique du Sud, elle possède le vignoble Rupert & Rothschild Vignerons.

Comme le veut la formule désormais consacrée, le montant de cette prise de participation qui permettra au groupe d’être seul maître à bord dans son vignoble néo-zélandais, « n’a pas été communiqué ». L'année 2019, comme les années précédentes, n’a pas été avare en transactions, une fois de plus à travers notre petite planète bleue, la mondialisation des capitaux du vin continue son développement. Les prochains épisodes, en 2020!

Source: McViti

La société « Les notables de Maucaillou » a été condamnée à 200 000 euros d’amende pour avoir entretenu un flou auprès des consommateurs. En commercialisant un vin de négoce pouvant laisser croire qu’il s’agissait d’un vin de propriété.

Pour mémoire, la famille Dourthe est une ancienne famille Bordelaise et un grand acteur du vin dans la région via les propriétés qu’elle possède et par une activité de négoce reconnue. En 1929, la famille achète le château Maucaillou. Depuis les achats se poursuivent, pour aujourd'hui former un domaine de plus de 400 hectares dans tout le bordelais. Outre le Château Maucaillou, citons notamment le château Belgrave, un Grand Cru du Haut-Médoc, le Château Le Boscq, Cru Bourgeois de Saint-Estèphe, le Château Lagarde à Pessac Léognan ou encore le château Grand Barrail Lamarzelle, un Saint-Émilion Grand Cru.

Malgré cette belle renommée, le tribunal correctionnel de Bordeaux a rendu son délibéré ce jeudi 12 décembre. Il condamne le négociant en vins Pascal Dourthe à 20 000€ d'amende dont 10 000 avec sursis pour pratique commerciale trompeuse. La société Les notables de Maucaillou, filiale de sa holding, se voit condamnée à 200 000€ d'amende au titre de personne morale. La société de négoce et son président devront en outre verser solidairement des sommes de 1 à 1 000 euros, en réparation du préjudice moral aux parties civiles : la Fédération des grands vins de Bordeaux, l’INAO (Institut national de l’origine et de la qualité) et la Confédération paysanne. Le tribunal la néanmoins regretté l’absence de l’interprofession, le Conseil interprofessionnel du Vin de Bordeaux, ainsi que de la Fédération des Négociants de Bordeaux et Libourne, « bien que régulièrement convoqués ».

Le négociant en vin avait été jugé fin novembre concernant sa marque "Le Bordeaux de Maucaillou", un Bordeaux Supérieur produit en partie hors du château situé à Moulis-en-Médoc. Le procès portait sur le fait d'utiliser l'image du château, dont le dessin figure sur l'étiquette, pour vendre un vin de négoce et pouvant laisser croire aux consommateurs qu’il s’agissait du deuxième ou troisième vin de la propriété come le fait le Château Talbot avec son Connétable ou le Château La Louvière avec son « L » de La Louvière par exemple. Pour rappel, la quasi-totalité des grands vins de Bordeaux déclinent leur gamme en premier, deuxième et parfois troisième vin mais ceux-ci doivent provenir toujours des parcelles du domaine.

Les quantités incriminées concernent 957 000 cols de rouge commercialisés de 2015 à 2017. 55 % des volumes des rouges de cette marque étaient issus du château de Beau Rivage, appartenant à la famille Dourthe, pour 45 % d’achats extérieurs (100 % du blanc étant acheté en tiré-bouché).

Le Tribunal a eu la main moins lourde que la réquisition du parquet qui demandait 500 000 € et 6 mois de prison avec sursis. La Cours explique avoir pris en compte la constance de Pascal Dourthe dans la prise de ses responsabilités pénales et des modifications réalisées sur ses étiquettes rapporte vitisphère dans son article paru sur son site le 13 décembre. En effet, la marque est notamment devenue "le B de Maucaillou. « Il n’est pas question de la qualité de votre vin ou d’une fraude, mais des nouvelles pratiques du négoce » explique Caroline Baret, la présidente de la quatrième chambre du tribunal bordelais.

Pascal Dourthe n’a pas souhaité commenter le jugement à la sortie de l’audience mais les avocats de la défense n'excluent pas de faire appel. "Nous ne nous attentions pas à une telle sévérité, estime Me Danglade, avocat de la défense, alors que nous sommes intimement convaincus que Monsieur Dourthe et la société Les Notables de Maucaillou n'ont jamais souhaité commercialiser un vin en trompant d'une manière ou d'une autre le consommateur."

Sujet de vifs débats au sein de la filière bordelaise, la question des marques domaniales devrait revenir sur le devant de la scène judiciaire, alors que d’autres cas seront étudiés par le tribunal correctionnel dans les prochains mois. De l’ancre et non du vin cette fois-ci devrait encore beaucoup couler à l’occasion des prochains verdicts.

Source: McViti

Plusieurs communiqués de presse étaient parus depuis quelques semaines: les Foires aux Vins en France, une institution qui a plus de quarante ans, ont connu une baisse de chiffres d’affaires dans l’ensemble des enseignes de la Grande Distribution. Récoltées par la revue spécialisée Rayon Boissons, les statistiques font parler les experts sur la fin d’un modèle, mais pas sûr que tout le monde se pose la bonne question…

Qui l’aurait imaginé il y a encore quatre ou cinq ans? Durant les foires aux vins de l’automne 2019, «les sept principaux groupes de distribution et enseignes de supermarchés essuient une nette baisse des ventes à -10%» annonce Rayon Boisson. Confirmant les données des panels Nielsen, le mensuel précise que le leader Leclerc affiche une baisse limitée de 4% de son activité entre 2018 et 2019 (avec 95 M€ de chiffre d’affaires cette année). Le challenger Carrefour encaisse une chute de 15% de ses ventes (pour 88 M€), comme Intermarché avec -16% (80 M€) et Auchan avec -22% (45 M€). Système U limitant la casse avec -7% (45 M€).

«Les raisons sont nombreuses pour expliquer ces mauvais résultats entre des promotions en berne, une désaffection des grands crus ou encore une offre saturée. Dans sa forme actuelle, cette institution du calendrier promotionnel des enseignes a certainement vécu ces dernières heures», prophétise Rayon Boissons.

Vitisphère, dans un article paru sur son site ce mardi 10 décembre, reprend le constat partagé par Jean Glussot, l’expert distribution et vins chez Nielsen, qui expliquait il y a quelques semaines que «le rebond viendra d’un travail de fond sur le rayon avec trois axes prioritaires: des partis-pris forts sur l’assortiment sont nécessaires pour se démarquer, notamment face aux cavistes en ligne; la théâtralisation du rayon, dans la lignée des initiatives d’espaces caves à vin dans les magasins; un véritable effort de pédagogie auprès des consommateurs pour les accompagner dans leurs choix dans ce rayon si riche en références et en labels (bio, biodynamie, CAB, HVE, nature, sans souffre, vegan…).»

D’autant qu’au-delà d’une règlementation des appellations historiquement compliquée et des nouvelles normes, l’éducation du consommateur a été oubliée. D’un côté, ce dernier est victime de l’hygiénisme ambiant et d’une lutte contre le vin par nos propres pouvoirs publics et en particulier le ministère de la santé et l’autre des professionnels qui concentrent leurs efforts promotionnels sur l’export oubliant le marché hexagonal.

Il n’en reste pas moins que le vrai problème vient de la très forte augmentation des prix des Crus Classés Bordelais ces dernières années, même sur des millésimes jugés difficiles alors qu’ils étaient le produit d’appel principal de ces manifestations d’automne dans les grandes et moyennes surfaces. Cette année, c’était le 2017 qui était le millésime dominant dans les foires. Année décevante en comparaison de ce qui avait été proposé aux consommateurs ces deux dernières années: 2015 et 2016. Dès lors faut-il vraiment s’étonner de la baisse sensible des ventes?

Tous les spécialistes en marketing pourront chercher des formule magiques pour relancer les Foires aux Vins mais la seule bonne formule, c’est le bon rapport qualité prix, ce qui n’est plus vraiement vrai avec l’inflation de bien des flacons. Il sera intéressant de suivre les Primeurs cette année à Bordeaux pour voir comment réagissent les professionnels de la place. À suivre…

Source: McViti

Chaque année à la fin novembre, les amateurs et collectionneurs du monde entier attendent impatiemment la présentation de la nouvelle étiquette du Château Mouton Rothschild. Pour le 2017, c’est une artiste féminine française, Annette Messager, a qui a été confiée cette mission. Comme par tradition, aucune consigne ne lui avait été donnée par les propriétaires pour réaliser son œuvre.

Le château Mouton Rothschild, propriété de la famille éponyme depuis 1853, s’étend sur 84 hectares de vignes à Pauillac et est premier cru classé avec château Margaux (Margaux), La Tour (Pauillac, Laffite (Pauillac) et Haut-Brion (Pessac Léognan). Aujourd’hui, la propriété appartient aux trois enfants de la baronne philippine de Rothschild, décédée en 2014.

Depuis 1945, pour célébrer la paix reconquise, le baron Philippe de Rothschild décida de couronner l’étiquette du millésime par le « V » de la Victoire, dessiné par le jeune peintre Philippe Jullian. D’une circonstance exceptionnelle naquit une tradition, et à partir de 1946, tous les ans, un artiste différent fut invité à créer une œuvre originale pour l’étiquette. Au début, le Baron Philippe choisit les peintres parmi ses amis personnels: Jean Hugo, Leìonor Fini, Jean Cocteau… En 1955, Georges Braque accepta d’illustrer le millésime. Il fut alors rejoint par les plus grands créateurs de notre époque: Dali, Ceìsar, Miroì, Chagall, Picasso, Warhol, Soulages, Bacon, Balthus, TaÌpies, Jeff Koons... En contrepartie, les auteurs gagnent quelques caisses du fameux millésime décoré par eux-mêmes.

L’an passé, en 2018, pour le millésime 2016, la famille a fait appel à un artiste célèbre, le sud-africain William Kentridge. Ce peintre, sculpteur, vidéaste et metteur en scène avait choisi "Les triomphes de Bacchus", représentant en noir et presque blanc de joyeuses silhouettes sur un bandeau en haut de l'étiquette. Ce natif de Johannesburg était le premier Africain à illustrer une étiquette de Mouton.

Cette année, pour le millésime 2017, c’est une toute autre œuvre dans un esprit très différent qu’a choisie la famille. Signée par l’artiste plasticienne Annette Messager, revisitant sans pudeur, diront certains, la Création d’Adam de Michel-Ange, exposée au Vatican, l’artiste dessine une poitrine à la générosité nourricière, abreuvant le premier cru classé bordelais. Une référence biblique assumée: « Au commencement était le verbe », rappelle Annette Messager, superposant des strates d’Hallelujah, le nom de son œuvre. Le tout « réunit sur un mode à la fois réaliste et symbolique, deux substances que la Bible associe fréquemment l’une à l’autre et dont elle chante les vertus: le lait et le vin », note un communiqué des propriétaires du Château, Philippe Sereys de Rothschild, Camille Sereys de Rothschild et Julien de Beaumarchais de Rothschild.

emmanuel Mouton Rothschild2017

Pour information ou rappel, Annette Messager est née en 1943. Après avoir interrompu ses études à la veille des évènements de mai 68, elle réunit ses premières collections, albums de photographies et de sentences extraites de la presse qu'elle annote et modifie. La galerie Germain lui commande en 1971-1972 une œuvre avec de la laine et du tissu: elle crée Les Pensionnaires, alignement de moineaux empaillés et emmaillotés dans des tricots recouvert de tissu. Se développant dans le contexte parisien des années 70, l’œuvre d’Annette Messager, proche de celles d’artistes comme Botanski, Le Gac ou encore Le Boul'ch, relève de ces démarches singulières qualifiées de « mythologies individuelles ».

Hostiles à tout académisme, comme aussi à une politisation extrême qui avait suivi mai 68, ces artistes prônent la prise en compte de l’élément affectif, imaginaire, voire nostalgique dans l’œuvre. Annette Messager, qui revendique la dimension féminine de son art, intègre l’univers domestique dans lequel le regard masculin a cantonné la femme: travaux à l’aiguille, carnets précieusement intimes, revues de beauté, pour en faire son langage. Elle a aussi enseigné à l’École Supérieure des Beaux-Arts de Paris.

Nul doute que l’originalité de l’œuvre va en surprendre plus d’un, mais il est vrai que d’années en années, les artistes ont souvent étonné par leur audace et leur originalité et c’est ce qui caractérise cet évènement. Quant au vin lui-même, à forte dominante de Cabernet Sauvignon, il est considéré comme classique par les professionnels, ce qui est une belle réussite, 2017 ayant été un millésime « capricieux » à produire pour les vignerons girondins.

Source: McViti

Le millésime 2019 des Hospices de Beaune, marqué par de petits rendements à cause d'une météo compliquée et capricieuse, s’est déroulé le dimanche 17 novembre au cœur de la Côte d’Or. Une vente historique à bien des égards.

Tout d’abord, à 20h25. Dernier coup de marteau pour la dernière adjudication et le moment de faire les comptes: le résultat total des ventes atteint 12 023 560 €, avec une hausse du prix moyen de la pièce de 21,53%, alcools compris.

Ensuite, la pièce des Présidents a fait mieux que l'an passé: 230 000 euros en 2018, mais bien loin du record de 2015, 480 000 euros, cette fois-ci la pièce de charité des présidents s'est adjugée à 260 000 euros ce dimanche. C'est Alaor Pereira, un acheteur brésilien fidèle de l'événement, qui a acquis le Corton grand cru Les Bressandes. "Les vins de la pièce des Présidents sont des vins spéciaux. Le travail fait par les Hospices de Beaune est magnifique", a commenté M. Lino, importateur de vin au Brésil, avant d'ajouter: "Mais je fais une bonne affaire parce que je vais recevoir un vin merveilleux".

La plus célèbre vente aux enchères de vin au monde, sous le marteau de Christie's, a proposé aux professionnels 589 pièces de vin cette année, issues de 50 cuvées (33 de rouge et 17 de blanc). C'est bien moins que la récolte de l'an dernier, qui avait atteint un record avec 828 pièces. Pour mémoire, chaque pièce (tonneau) contient 228 litres.

«La récolte de cette année est modeste en quantité mais très réussie», a précisé à l'AFP Ludivine Griveau, première femme maître des chais des Hospices de Beaune.

Première responsable de ce rendement en baisse, la météo: si l'hiver a été marqué par un déficit de pluie et des gelées, la canicule de juin et les orages et grêles de juillet ont aussi suscité l'inquiétude. «La floraison était chaotique: sur certains pieds, il y avait des grappes toutes faites et des jeunes fleurs à la fois», précise celle qui a décidé de traiter le domaine avec des produits 100% bio cette année.

Récolté tôt (le 9 septembre), le millésime 2019 présente «des taux d'alcool similaires à ceux de l'année dernière mais plus d'acidité, une touche typique des vins de Bourgogne, et un tanin séducteur», a-t-elle ajouté à l’AFP.

Le basketteur Tony Parker, la journaliste Ophélie Meunier et l'acteur François-Xavier Demaison rejoint en dernière minute par Christophe Lambert en remplacement de Gérard Depardieu, étaient les parrains de la vente de charité des Hospices. Cette année, la «pièce des présidents» était un Corton Bressandes, grand cru de Bourgogne spécialement assemblé au profit de l'Institut du cerveau et de la moelle épinière et de l'association Autour des Williams, qui soutient la recherche contre le syndrome de Williams, une maladie génétique.

Avec de tels tarifs, les Vins des Hospices deviennent des vins dédier à quelques collectionneurs voir spéculateurs, peu de chance donc que les amateurs puissent y goûter un jour… C’est aussi un signal fort pour les prix à venir sur le reste de la production Bourguignonne. À suivre, donc…

Source: McViti

Le vignoble français change de mains régulièrement et le vignoble girondin en est l’un des plus actifs. Des ventes plus ou moins spectaculaires sont annoncées chaque année liées à des successions familiales ou a des changements de politique de quelques grandes marques du luxe, de l’industrie ou des banques et assurances détenant ou souhaitant détenir un vignoble. Ces ventes sont rarement franco-françaises et depuis quelques années, les Chinois sont particulièrement actifs. Mais cette fois-ci, la vente se fait entre des structures de l’hexagone: le Crédit Agricole Grands Crus et la famille Perrodo, déjà propriétaire du Château Labégorce, aussi à Margaux.

Le prix des vins à Bordeaux, et particulièrement dans le Médoc, a explosé depuis le début des années 2000. Si bien que des étiquettes sont devenues hors de portée des amateurs, certaines ont su garder un prix relativement raisonnable. Le Château La Tour de Mons fait encore partie de cette catégorie du bon rapport qualité/prix.

Le Château La Tour de Mons détient un vignoble de 46 hectares. L’encépagement est quelque peu atypique, puisqu’il est réparti en majorité de Merlot à 56%, 38% de Cabernet Sauvignon et 6% de Petit Verdot. La production annuelle moyenne est d’environ 160 000 bouteilles. Il est classé Cru Bourgeois lors du classement de 1936. Le second vin s’appelle le Marquis de Mons.

Fort d'un historique de plusieurs siècles, le Château La Tour de Mons est une propriété d'un seul tenant, véritable clos, établie dans la partie nord de l'appellation Margaux, sur les bords de la Garonne. Plusieurs générations se sont succédées sur ces terres depuis l'origine du château, au XIIIe siècle. De ses nombreux propriétaires, l’histoire retiendra Pierre de Mons, qui entre en possession du domaine en 1623 et lui donna son nom. Le domaine appartiendra à ses descendants jusqu'à la fin du XXe siècle avant que le Crédit Agricole Grands Crus en fasse l’acquisition.

Depuis plusieurs mois, le Crédit Agricole avait signifié sa volonté de se séparer de deux propriétés bordelaises, deux crus bourgeois, qu’il possédait au sein de la structure CA Grands Crus. Château Blaignan en appellation Médoc et château La Tour de Mons en appellation Margaux sont donc en vente.

Si le premier n’a toujours pas trouvé acquéreur, le Crédit Agricole vient d’annoncer la cession du Château La Tour de Mons à la SC Château Labégorce. Située elle aussi à Margaux, cette propriété est détenue par la famille Perrodo.

Classée au 10e rang des plus grandes fortunes françaises par le magazine Challenges, la famille Perrodo est propriétaire du groupe Perenco, fondé par Hubert Perrodo, spécialisé dans la production de pétrole. C’est le fondateur du groupe qui avait réalisé l’acquisition du Château Labégorce dès 1989, avant de racheter Château Labégorce-Zédé en 2005 (intégré depuis à Château Labégorce) et Château Marquis d’Alesme Becker, troisième grand cru classé du Médoc, en 2006. Le vignoble s’étend sur 65 hectares environ.

Reste à savoir si l’étiquette va perdurer ou si le vignoble va s’agrandir sous le nom de Château Labégorce? Les rumeurs vont bon train à ce sujet.

Comme le veut la formule consacrée sur ce type de cession : le montant de la transaction n’a pas été communiqué. Mais cette fois-ci, la propriété reste dans des mains françaises.

Source: McViti

C’est presque devenu un rituel dans le Bordelais et plus précisément dans le Médoc, au moment où les sécateurs commencent à s’attaquer aux premières grappes jugées assez murs, l’Alliance des Crus Bourgeois publie sa liste des vins retenus qui pourront porter la mention tant convoitée.

Cette sélection des Crus Bourgeois du Médoc pour le millésime 2017 est donc l’aboutissement d’une démarche de qualité mise en place il y a dix ans, encadrée par les pouvoirs publics, qui impose que leurs vins soient sélectionnés àÌ l’aveugle par un jury d’experts. Il s’agit de la dernière sous le format annuel. En effet, les Crus Bourgeois du Médoc ont obtenu, début 2018, l’accord du ministère de l’Agriculture pour l’organisation d’un classement quinquennal avec la réintroduction des 3 niveaux hiérarchiques historiques: Cru Bourgeois – Cru Bourgeois Supérieur – Cru Bourgeois Exceptionnel. Les candidatures des propriétés souhaitant accéder à ce classement sont en cours et la publication est prévue fin février 2020. « Le classement annuel était devenu intenable », explique Olivier Cuvelier, le président de l’Alliance des Crus Bourgeois du Médoc. Si la solution d’une dégustation annuelle a permis de pérenniser le signe de qualité, après les attaques juridiques ayant fait tomber le classement de 2003, il faut désormais tirer le classement vers le haut en donnant envie aux châteaux de rester et de revenir (pour ceux qui en sont partis – NDLR). Nous avons besoin d’une pyramide qualitative », expose–t-il.

En attendant, cette année, 226 châteaux font partie de la sélection officielle établie pour le millésime 2017. Un nombre en net recul par rapport aux millésimes précédents (270 en 2016, 271 en 2015, 278 en 2014…) mais qui a été fortement impacté par l’épisode de gel du printemps 2017, ainsi que par des conditions climatiques peu favorables à la fin de l’été.

Les Crus Bourgeois en quelques chiffres, c’est :

  • 19 millions de bouteilles
  • Environ 24% de la surface viticole du Médoc sur les AOC Médoc, Haut-Médoc, Listrac-Médoc, Moulis, Margaux, Pauillac et Saint-Estèphe

Avec tous ces éléments, difficile d’établir un profil type des propriétés classées en Crus Bourgeois. Il existe de grands vignobles, de tout petits, de vieilles propriétés familiales et d’autres appartenant à de grands groupes... Pas de profil type chez ces bourgeois-là. Autre donnée intéressante : moins de 14% des vignobles sont implantés à Pauillac, Margaux ou Saint-Estèphe, d’où la volonté de rendre le classement plus pyramidal.

Les Crus Bourgeois, ce ne sont plus seulement des vins acquis sur les grands terroirs par les Bourgeois de Bordeaux, comme c’était le cas au XVIe siècle. On le sait bien, l’histoire de cette institution de la rive gauche fut mouvementée. D’ailleurs, ses règles sont loin d’être figées et il est attendu un peu d’action à partir du mois de février, dès la publication du nouveau classement. Rappelons que sur la rive droite, le classement des crus de Saint Emilion n’en finit plus de subir des recours devant les tribunaux. Les proprités non retenues n’hésitant pas à aller jusqu’à la Cour de cassassion compte tenu des enjeux financiers et commerciaux que de tels classements entraînent. À suivre, donc...

Source: McViti

Page 1 sur 12

Commentaires des lecteurs