dimanche 20 juin 2021
Emmanuel de Vaucelles

Emmanuel de Vaucelles

Âgé de 45 ans, ingénieur agricole, diplômé de l’IHEDREA (Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole en 1995), j’ai poursuivi mes études par un master de Gestion, Droit et Marketing du secteur Vitivinicole et des Eaux de Vie dépendant l’Université de Paris 10 Nanterre et de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin - 1997). Lire la suite...

Les professionnels du vins et spiritueux français ont salué mardi la suspension pour cinq ans non sans soulagement des droits de douane punitifs que Washington et Bruxelles s’infligeaient mutuellement dans le cadre de leurs différends commerciaux sur l’aéronautique.

Afin de faire céder l’Union Européenne sur des subventions qu’auraient touchées l’avionneur Franco-Européen Airbus et que les États-Unis contestaient, Donald Trump en octobre 2019 pour les vins français (non effervescents) avait surtaxé de 25% ces produits. Ces surtaxes avaient été étendues en janvier 2021 à certaines eaux-de-vie de vin (cognac, armagnac, Etc.). De son côté, l’UE avait surtaxé en octobre 2020 certains produits américains dont des spiritueux comme le Bourbon en réaction.  Ces droits de douane supplémentaires de 25% frappaient notamment les exportations françaises de vins et de certains spiritueux vers les États-Unis, mais aussi des fromages italiens, l’huile d’olive espagnole, etc., rappel l’Agence France Presse (AFP) dans sa dépêche mardi 15 juin.

La Fédération des Exportateurs de Vins & Spiritueux de France (FEVS) a fait le compte suite à ce bras de fers, les sanctions ont entraîné une chute des exportations vers les États-Unis de vins français de 450 millions d’euros entre le 18 octobre 2019 et décembre 2020. “Le marché américain est un marché énorme pour les vins français”, souligne de son côté Bernard Farges président du Comité Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (CIVB). Il évoque quant à lui une perte de chiffre d’affaires de 500 millions d’euros entre octobre 2019 et l’annonce du moratoire sur les surtaxes en février. La filière française des vins et spiritueux “a payé un lourd tribut” dans ce conflit, relève Jérôme Despey viticulteur dans l’Hérault et secrétaire général du syndicat majoritaire FNSEA (Fédération Nationales du Syndicats des Exploitants Agricole). “Nous avons perdu des parts de marché, au profit de l’Italie et de pays tiers comme la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud (…). Nous avions demandé un fonds de compensation” à l’Union européenne “mais nous ne l’avons pas obtenu”. “Une grande déception”, conclut-il à l’AFP.

L’arrivée suite à la victoire des Démocrates en novembre 2020de la nouvelle administration américaine a rebattu les cartes. Les États-Unis et l’UE ont suspendu en mars toutes ces surtaxes liées aux différends dans l’aéronautique. Cette mesure, d’une durée de quatre mois, devait prendre fin le 11 juillet et l’inquiétude montait dans les secteurs économiques concernés. Mardi, l’UE et les États-Unis se sont entendus sur un armistice de cinq ans pour régler le vieux conflit Airbus/Boeing. Une percée obtenue durant une visite du président américain Joe Biden à Bruxelles pour un sommet UE/États-Unis. “Nous sommes soulagés car cela donne une visibilité aux entreprises”, a déclaré à l’AFP Nicolas Ozanam, délégué général de la  FEVS. “De ce point de vue, nous sommes satisfaits par cette décision sur le court terme”. “En même temps, on n’a pas réglé définitivement le dossier”, a-t-il relevé. “Nous ne pouvons qu’appeler les autorités américaines et européennes à profiter de cet élan et de cette coopération retrouvée pour poursuivre les efforts et clore définitivement ce conflit”,

Dans l’Hexagone, l’ensemble des membres de la filière se félicite d’un tel accord qui devrait permettre de nouvelles opportunités de développement. Dans le Bordelais, Bernard Farges, président du CIVB confie à l’AFP : “C’est une excellente nouvelle. L’horizon n’est pas totalement dégagé mais cinq ans, ça redonne de la perspective. Les acteurs économiques vont pouvoir travailler avec beaucoup plus de stabilité”. Idem pour Jérôme Despey, c’est “un vrai soulagement”. “Mais nous attendons une résolution du contentieux entre les États-Unis et l’Europe sur le fond car nous sommes des victimes collatérales d’un conflit commercial qui n’est pas le nôtre”, précise-t-il à l’AFP. “Nous ne voulons pas que le spectre de nouvelles sanctions revienne sur nous”.

Le dialogue semble désormais possible entre les parties et surtout ce ne sont plus les filières viticoles et Agro-Alimentaires de l’Union Européenne qui sont affectés par ces contestations de subventions versées à Airbus. Gageons que cette nouvelle redonne quelques perspectives à une filière viticole française durement touchée par le gel de printemps et qui est engagée dans un rude combat sur les marchés à l’export tant en volume qu’en prix.

Source: McViti

Ce début d’année 2021 entre reconfinement, gel du vignoble et croissance en berne pourrait laisser à penser que la morosité serait le seul sentiment qui devrait habiter les professionnels du vin de Bordeaux. Il n’en est rien semble-t-il si l’on écoute Bernard Farges président du Comité Interprofessionnel des Vins de Bordeaux début mai lors de l’Assemblé générale.

« Nous sommes encore dans un moment difficile, mais accueillons ce qui approche à grands pas positivement », a donc déclaré Bernard Farges, en introduction de l'assemblée générale du CIVB et qu’a repris l’Agence France Presse (AFP) dans sa dépêche. En effet, il semble que la consommation des vins de Bordeaux reprend des couleurs en particulier grâce à l’export. Les contrats d'achat de vins de Bordeaux par la Chine ont connu un bond de + 41% sur décembre-janvier-février, par rapport à la même période l'an dernier. La fin de la pandémie en Chine redonne le sourire à nos exportateurs. Idem, beaucoup d’espoir vers les États-Unis ou la suppression momentanée des taxes Trump devrait permettre un redémarrage des ventes. Pour la France et plus généralement l’Europe, la perspective d'ouverture des restaurants et plus largement, la sortie de la pandémie seront un booster pour les ventes. La demande va s'accélérer car la consommation va reprendre et arrive sur le marché de beaux millésimes comme 2019 et 2020. Les contrats d'achats (entre viticulteurs et négociants) pour la période août 2020-avril 2021 sont ainsi supérieurs de 29% à ce qu'ils étaient pour la même période 2019-2020 donc avant la pandémie, a précisé le CIVB. Le début des primeurs pour les Crus Classés semble marquer une augmentation par rapport à 2020. Reste à savoir comment vont évoluer les prix pour les vins d’appellations régionales fragilisés depuis de longues années par une concurrence rude en particulier pour le rouge?

Néanmoins, le gel d’avril aura des conséquences à terme et la gestion des stocks devient un sujet vital. Bernard Farges a souligné le besoin pour les vins de Bordeaux de mieux « réguler nos mises en marché ». On ne peut se satisfaire, a-t-il expliqué, « de passer d'une situation où notre stock agissait comme un boulet, écrasant nos prix de vente jusqu'au 6 avril avant le gel, à une situation 10 jours plus tard où ce stock devient une opportunité, parce que nos vins à la vente sont bons et que nous pourrons alimenter les marchés ». Il a donc appelé à un meilleur « partage du risque entre nos deux familles » -production et négoce- par exemple via davantage « de contrats pluriannuels ou de contrats suivis »afin d’éviter un tel paradoxe.

Enfin le CIVB a acté le lancement d'une campagne de RSE (Responsabilité sociétale des entreprises), déjà engagée avec une trentaine de viticulteurs, négociants, caves pilotes. La démarche, s'appuyant sur la norme internationale de référence ISO 26 000, vise à commercialiser, d'ici 2030, 30% des volumes du Bordelais avec un label RSE ad hoc, "Bordeaux cultivons demain". Le verdissement de la viticulture est un sujet sensible qui a un impact directe sur les exportations compte tenu des diverses règlementations des États et des nouvelles exigences des consommateurs et Bordeaux n’y échappe pas comme l’ensemble du vignoble internationale. Certes, l’optimisme semble être revenu mais les chantiers ne manquent pas pour la filière girondine.

Source : McViti

A Genève, ce dimanche 18 avril 2021, «La Romanée Memories 1862-2005» organisé par la maison d’enchères Baghera Wines affolé tous les compteurs en atteignant 9 638 976 CHF, 10 537 328 $US ou encore 8 639 414 € avec 100% des lots vendus, doublant l’estimation haute de 4,8 millions de CHF avant la vente.

«Les résultats de la première vente Baghera Wines en 2021 confirment la solidité de la réputation et du savoir-faire de Baghera Wines, ainsi que l'engouement des collectionneurs et des connaisseurs», s’est réjoui dans son communiqué de presse Michael Ganne, directeur général de Baghera Wines.

Mais le sujet avait de quoi séduire : La Romanée n'est pas seulement le plus petit des «climats» bourguignons, couvrant au maximum 0,85 hectare, c'est aussi le plus prestigieux, et est entouré de domaines de renommée mondiale tels que La Romanée-Conti, La Tâche, Richebourg et La Romanée St-Vivant. Avec seulement environ 3.600 bouteilles produites par an, ce grand cru des Côtes de nuit bourguignonnes est l'un des plus recherchés par les collectionneurs.

Baghera Wines proposait à la vente un total de 1.819 bouteilles, 106 magnums et un jéroboam de cette AOC, couvrant une période allant de 1862 à 2005, issu exclusivement des caves de la maison bourguignonne Bouchard Père et Fils. La variété des millésime et la rareté des bouteilles a fait de cette vente un des évènements les plus importants de ce premier semestre 2021 dans le petit monde des collectionneurs.

Le lot vedette était le lot 325, un ensemble de 12 bouteilles du légendaire millésime La Romanée 1865, et le dernier en circulation au monde, vendu pour CHF 1 952 000, plus de quatre fois son estimation haute initiale. Cela en fait le vin le plus cher vendu ces deux dernières années (le précédent record était détenu par Baghera WInes pour un vin de grand format Pinchiorri en 2020). Le deuxième lot le plus cher, n° 322, un ensemble de six bouteilles de La Romanée 1865, vendu 1 061 400 CHF, soit aussi plus de quatre fois son estimation haute d'origine. Les dix premiers lots de la vente ont totalisé près de 6,2 millions de francs Suisse.

Michael Ganne a commenté à l’issus de la vente: «Nous avons été honorés de la confiance que nous accorde la Maison Bouchard Père & Fils. Leur savoir-faire irréprochable, la qualité quasi parfaite des lots proposés et l'enthousiasme des collectionneurs et aficionados du monde entier ont fait de la vente La Romanée Memories 1862-2005 un moment vraiment exceptionnel dédié à l'amour du vin. L'engagement de nos équipes auprès de nos clients internationaux a vu une participation en ligne incroyable et sans précédent - la confiance et la qualité des produits proposés étant les piliers fondamentaux», a-t-il encore ajouté.

De son coté, Gilles de Larouzière, Président de Bouchard Père & Fils ne boudait pas non plus son plaisir et a déclaré: «Ce résultat hors du commun exprime l'engouement indéfectible des amateurs de grands vins pour la Bourgogne. C'est aussi une reconnaissance frappante du savoir-faire inégalé de Bouchard Père & Fils, grand domaine viticole historique et emblématique de la Bourgogne. Baghera Wines est le seul partenaire qui aurait pu obtenir un résultat aussi remarquable», a-t-il ajouté.

Belle réussite pour cette vente très exceptionnelle de très rare vins ce qui aurait tendance a démontré que la morosité ne touche pas tout le monde et encore moins les riches collectionneurs internationaux à l’instar du monde du luxe en général. Compte tenu du gel qui a frappé la Bourgogne la semaine dernière le millésime 2021 de la Romanée risque d’être très rare si quelques bourgeons ont toutefois survécu… 

Source : McViti

Alors que le gel s’abattait sur toute la France et n’épargnait pas le vignoble bordelais dramatiquement touché rappelant 1991, les transactions de propriété en ce début de printemps repartent comme avant la crise sanitaire.

Deux propriétés viennent de changer de main dans le Saint Emilion et une dans le Haut Médoc et les propriétés concernées connues et reconnues ont fait couler « un peu » d’encre.

La première propriété vendue est le Château Villemaurine, Justin Onclin tourne donc sa page bordelaise. Ce Belge arrivé dans la région en 1982 et qui avait travaillé pour le négoce avait passé le pas en 2002 en acquérant avec l’achat à titre personnel du Château Branas Grand-Poujeaux, dans le Médoc, puis en 2005 du Château Villemaurine, grand cru classé de Saint-Emilion. « Je me suis passionné pour la production de grands vins identitaires de leur terroir », affirme-t-il à l’AFP.

Pendant près de vingt ans, Justin Onclin va s’attacher à redonner leur lustre aux deux propriétés. Pour celle de Saint Emilion, les 7 hectares de vignes de Villemaurine sont amplement dominées par le merlot, avec seulement 5% de cabernet franc. La viticulture raisonnée est à l'honneur, pour limiter le recours aux produits chimiques et favoriser le travail mécanique au pied des ceps. Le terroir est celui du cœur de l'appellation, où se trouvent les noms légendaires comme Angélus ou Cheval Blanc, avec le plateau argilo-calcaire sur le socle de calcaire à astéries.

Afin de régler sa succession, Justin Onclin a vendu le Château Villemaurine à Marie Lefévère, également propriétaire du Château Sansonnet, à Saint-Emilion et ne garde qu’une part minoritaire dans Branas Grand-Poujeaux. Le Château Sansonnet est presque un jumeau, sa surface est aussi de 7 hectares et le cépage majoritaire est aussi le merlot. Cette transaction pourrait s’appeler « delà continuité dans le changement. »

La 2e opération a eu lieu dans le Médoc, le château d’Agassac vient d’être racheté par Gérard Gicquel, un entrepreneur breton qui était déjà propriétaire depuis 2019 du château Fourcas Dupré (AOC Listrac).

Situé à Ludon, le château d’’Agassac est un cru bourgeois exceptionnel au nouveau classement de février 2020. Il est aussi selon bien des experts l’un des vins avec le meilleur rapport qualité prix dans sa catégorie. C’est de surcroît ’une des plus belles propriétés son Château étant surnommé le Château de la Belle au Bois Dormant.

Fortune faite dans le secteur des services, cet entrepreneur breton avait fait une entrée remarquée dans le Médoc en achetant en juillet 2019 Fourcas Dupré. Un château de 47 ha (AOC Listrac), bien situé le long de la Route des châteaux et qui se lance dans de lourds travaux, tant au niveau technique que pour booster l’accueil du public.

Moins de deux ans après, c’est donc d’Agassac qui est sa deuxième prise. Un château de 45 ha en production (AOC Haut-Médoc), avec un parc de 17 ha. Le vendeur est Groupama, qui en était propriétaire depuis 1996. Il est à noter que c’est la deuxième société d’assurance à se désengager du vignoble médocain en quelques mois, après la vente du château Dauzat (AOC Margaux) par la MAIF.

Fourcas Dupré et d’Agassac sont dans la même gamme : des premiers vins entre 14 et 20 euros la bouteille, et des politiques commerciales qui ont besoin d’être consolidées. Lucas Leclercq, déjà à la direction du premier château, et qui prend la tête de l’ensemble, s’en explique au journal Sud’Ouest : « Au-delà des premiers vins, nous devons mieux valoriser les seconds, qui peuvent totaliser 30 à 40 % des volumes. Par exemple en créant des marques propres plus attrayantes, ou en déclinant une gamme ». Pour cela, il faut des volumes significatifs, et c’est le cas avec les 500 000 bouteilles qu’il doit désormais vendre. Une stratégie qui pourrait attirer l’attention des négociants bordelais, alors que le vignoble girondin est en crise. Des synergies oenotouristiques sont aussi attendues.

La troisième transaction est sans doute la plus exceptionnelle tant par le suspens digne de la série « Dallas » qui a duré plusieurs mois pour savoir qui deviendrait le nouveau propriétaire du Château Beauséjour Duffau-Lagarrosse que pour le montant, un peu plus de 10 millions par hectares, un montant presque Bourguignon.

Cette propriété d’un peu moins de 7 hectares, située sur le plateau calcaire de Saint-Émilion est reconnue Premier Grand Cru Classé depuis le classement de 1955 et il est dans les mains de la même famille depuis 1847. Mais la multiplicité des actionnaires familiaux a conduit à sa mise en vente, qui en novembre dernier semblait actée avec son voisin, la famille Cuvelier. Mais un passage entre les mains de la SAFER (Société d’Aménagement Foncier et d’Établissement Rural) a ouvert la porte à d’autres candidatures entraînant une série de rebondissements. Les nouveaux acteurs n’étant pas n’importe qui avec Stéphanie de Boüard-Rivoal du Château Angélus et Joséphine Duffau-Lagarrosse, une des héritières appuyées par le groupe de cosmétique Clarins.

Terre de Vins sur son site internet nous présente les trois candidats à la reprise en détaillant les motivations de chacun. 

Famille Cuvelier, le choix des actionnaires

En novembre dernier, c’est à près de 92% que l’actionnariat familial du château Beauséjour HDL s’est exprimé en faveur d’une vente à la famille Cuvelier, déjà propriétaire (entre autres) de Clos Forte. Le passage entre les mains de la SAFER impliquant l’installation d’un “jeune agriculteur” sur le domaine, les Cuvelier ont placé en première ligne Grégoire Pernot du Breuil : 35 ans, fils d’agriculteurs en Dordogne, ce dernier travaille au côté de Nicolas Thienpont depuis 2015, sur les propriétés de ce dernier mais aussi sur les crus classés dont il a la direction – Beauséjour, mais aussi Pavie-Macquin et Larcis-Ducasse. Il explique : « La famille Cuvelier, très impliquée à Saint-Émilion, sait qu’il faut quelqu’un à 100% sur la propriété. C’est pourquoi ils m’ont proposé de piloter ce projet. Ils ne souhaitent pas renverser la table, mais continuer en douceur ce qui a été déjà amorcé depuis plusieurs années à la propriété avec Nicolas Thienpont. Nous ne voulons toucher ni à l’intégrité du vignoble, ni à son nom. C’est un immense terroir doté d’un fort potentiel, que nous voulons hisser encore plus haut. Nous partageons une vision commune de l’avenir de Beauséjour et une communion de valeurs ». Leur projet passe par un engagement environnemental – passage rapide en bio, refuges de biodiversité – et un ancrage “local et solidaire” au niveau des prestataires. Grégoire Pernot du Breuil se dit “prêt à se retrousser les manches” pour tous les dossiers qui vont se succéder, si le choix se porte en faveur de leur candidature : prochain classement de Saint-Émilion, diagnostic technique pour le passage en bio, campagne primeurs, et bien sûr suivi du vignoble à un moment où le cycle végétatif de la vigne s’enclenche au printemps. 

Stéphanie de Boüard-Rivoal, avantage Safer

Stéphanie de Boüard-Rivoal, copropriétaire et directrice générale de Château Angélus, s’est portée personnellement candidate au rachat de Beauséjour HDL. Elle a bénéficié de l’avis favorable de la commission technique de la SAFER rendu le 19 mars dernier et semblait donc en bonne position pour remporter l’avis de la commission de validation, jusqu’à ce que cette dernière botte en touche. Volontairement discrète dans ses prises de parole, elle s’est exprimée dans nos colonnes afin de rétablir certaines vérités sur son projet, qui a pu être parfois présenté de façon erronée : « Contrairement à ce qui a pu être écrit par endroits, il s’agit d’un projet personnel, que je porte avec mon mari et mes enfants, avec l’intention d’habiter sur la propriété et de la faire revivre ». C’est donc bien en son nom propre et non en celui de la famille De Boüard, ni d’Angélus, que Stéphanie s’est engagée. Déplorant « une campagne de dénigrement qui tente de me fragiliser par voie de presse, avec de fausses informations à mon sujet », elle tient à préciser qu’il n’y a « aucune intention de faire fusionner Beauséjour avec un autre vignoble, et il n’y a aucune intervention de mon père (Hubert de Boüard, NDLR), si ce n’est qu’il me soutient dans ce projet. Je suis seule, sans personne derrière moi ». En attendant l’avis final de la Safer, Stéphanie de Boüard-Rivoal se déclare “confiante dans la qualité de mon dossier, qui est viable et sincère, et qui a été examiné, apparemment de façon favorable ; je ne vois pas pourquoi il y aurait machine arrière”.

Projet Courtin / Duffau-Lagarrosse, filiation et incarnation

Œnologue, ingénieure agro et titulaire du master Management Vins & Spiritueux de l’ESC Dijon, Joséphine Duffau-Lagarrosse ne pouvait rester insensible au fait que les quelque 6,75 hectares du Premier Grand Cru Classé qui porte son nom ne quitte définitivement la famille. « L’identité de Beauséjour, c’est son terroir exceptionnel et son âme familiale”, explique Joséphine. Mais, par le jeu des successions accouchant d’une trentaine d’héritiers ajouté au prix du foncier, rien n’était possible sans un investisseur solide à ses côtés. La rencontre avec Prisca Courtin (de la famille qui détient le groupe Clarins) fut décisive et permit de monter un projet auprès de la Safer (suite à la publication des appels de candidatures à la vente au Journal Officiel) : “Nous souhaitons porter ce cru au plus haut. Mon expérience peut permettre d’atteindre toujours plus de précision et de modernité dans les choix des vins et les techniques. Je connais chaque centimètre de ce domaine, c’est mon ADN ». Millésime 1990, Joséphine Duffau-Lagarrosse fait office de “JA” et deviendrait copropriétaire et directrice. « Je ne suis pas là pour taper sur les autres projets, je défends le mien, celui de l’incarnation. C’est cette connaissance pointue et ma présence accrue sur le terrain qui me permettront d’amener Beauséjour vers une démarche de viticulture de précision, durable et réfléchie. Cet engagement total, c’est aussi l’avantage de ne pas être pluriactif. Enfin, notre projet porte des enjeux de rayonnement et de renouvellement de la politique commerciale », ajoute Joséphine. » (Source Terre de Vins)

Le Verdict est tombé ce7 avril, le Château Beauséjour restera finalement dans le giron de la famille Duffau-Lagarosse, ainsi en a décidé la SAFER. Le groupe de cosmétiques Clarins par cette association met donc un premier pied dans le milieu viticole girondin avec un joli chèque de 75 millions d’euros.

Après le calme lié aux effets du Coronavirus, voilà la tempête qui s’abat sur le vignoble girondin. Cette actualité ne doit pas faire oublier que plus de 80% des surfaces vient de subir le gel un évènement qui rappelle 1991voir 1938, la fièvre sur les prix du foncier pourrait donc retomber assez vite. En tous cas de quoi alimenter les conversations lors des Primeurs qui devraient commencer à la fin du mois.

Source : McViti

Pour la seconde année consécutive, la semaine des Primeurs, l’un des évènements les plus importants dans le monde pour le vin, va devoir s’adapter au contexte sanitaire pour pouvoir se tenir. Elle aura lieu du 26 au 29 avril 2021 à Bordeaux et dans 9 villes du monde. Mais quel est le mode d’emploi pour la commercialisation du très attendu millésime 2020.

Les Primeurs à Bordeaux, comment ça marche? Dans la capitale Girondine l’expression « vins primeurs » a une définition bien précise. Il ne s’agit pas de vins jeunes destinés à la consommation immédiate comme le Beaujolais Nouveau par exemple. Les « Primeurs » concernent essentiellement les grands crus classés et assimilés (5% environ de la production bordelaise) sont mis en vente alors que les vins ne sont pas encore « finis », ils doivent être élevés 12 à 18 mois en barriques dans les chais des châteaux. Cette pratique, qui existe à Bordeaux depuis plus de deux siècles, s’appelle la « vente en primeur ». Elle s'effectue du château vers le négociant, qui revendra ensuite aux professionnels tant en France qu’à l’étranger et à quelques particuliers.  Si les châteaux s’assurent par ce biais une rentrée immédiate de trésorerie, les acheteurs peuvent aussi espérer un avantage : obtenir une décote par rapport au prix final du vin lorsqu’il sera mis sur le marché en bouteilles deux ans plus tard. Cette décote est considérée comme intéressante si elle dépasse -30%. C’était souvent le cas, voire bien plus, au début des années 1980, mais ce bénéfice s’est réduit au fil des millésimes. Néanmoins, l’évènement reste très attendu et donne une indication sur la situation du marché du vin en générale.

Comme l’an dernier, à cause de la COVID-19, L’union des Grands Crus des Vins de Bordeaux ((UGGCB), le grand organisateur, a dû s’adapter et un nouvel « mode d’emploi » a été édicté. La première modification concerne la date. Les primeurs 2021 auront lieu trois semaines plus tard qu’à l’accoutumée, néanmoins à la différence de l’an dernier, elle ne se déroulera pas en juin. « Ce nouveau calendrier a été arrêté afin que les mises en marché et la campagne commerciale démarrent immédiatement à l’issue des présentations » indique Ronan Laborde président de l’UGCB.

La deuxième annonce de Ronan Laborde concerne les « cibles » choisies qui auront le privilège de gouter les vins.  Comme l’an dernier les Grands Crus vont partir à la rencontre des acheteurs et de la presse entre le 26 et le 29 avril, à New York, San-Francisco, Londres, Paris, Bruxelles, Zurich, Francfort, Shanghai et Hong-Kong. Ces métropoles comptent parmi les principaux marchés mondiaux des Grands Crus et représentent 75% de la clientèle. En complément, quatre jours de dégustations sont également prévus à Bordeaux.

La conséquence de cette nouvelle organisation est le cout et la lourdeur de la logistique car au-delà d’organiser les dégustations, d’envoyer les échantillons, il y a les contraintes sanitaires propres à chaque pays qui a dû être pris en compte par l’UGCB Donc il a fallu faire des choix et seuls les principaux acheteurs et ambassadeurs des Grands Crus auront le privilège de déguster le millésime 2020. « Nous ne pouvons pas envoyer nos vins à tout le monde. Nous privilégions donc nos clients de longue date, qui ont répondu présents l’année dernière et avec lesquels nous entretenons un lien de confiance », précise Ronan Laborde. Les Châteaux pourront s’appuyer sur le digital pour présenter leurs vins. « Début avril, les fiches techniques des vins et une vidéo de présentation de chaque producteur sous forme de court-métrage seront accessibles sur notre plateforme en ligne », commente le président de l’UGCB.

Mais qu’attendre de ces primeurs? Si l’évènement en 2020 avait été unanimes saluée et avait globalement bien marché, celle de2021 inquiète, la crise sanitaire perdure et ne sera—t-elle pas suivie par une crise économique?

Mathieu Chadronnier, président directeur général de la Compagnie des Grands Vins de Bordeaux (CVBG), qui est l’un des négociants les plus importants sur la place girondine a fait part de son optimisme, ce qui tranche avec celui de bien des observateurs,  lors d’un interview donné au site Terre de vin : Il fait un point sur les principaux marchés en commençant par celui des États-Unis : « Les vins français ont payé très cher pour un conflit – Boeing-Airbus – qui ne les concernait pas. La suspension des taxes pour quatre mois est une bouffée d’oxygène. Nous avons perdu de précieuses parts de marché aux USA. Il y aura beaucoup à faire pour les reconquérir. Ce qui est sûr, c’est que l’enthousiasme de nos clients est là. Beaucoup de containers de vins de Bordeaux vont prendre le chemin de l’ouest dans les prochaines semaines ! En Europe, la situation est stable, après une année 2020 très satisfaisante compte tenu du contexte. Côté Asie, les marchés sont dynamiques, et on espère la confirmation d’une reprise amorcée à l’automne dernier. »

Visiblement tout est mis en place pour le succès de cette nouvelle  campagne des primeurs qui s’appuie qui plus est sur un millésime 2020 jugé très qualitatif par les professionnels. A suivre donc avec un léger parfum d’optimisme  même si les cassandres ne sont jamais bien oins en cette période troublée… 

Source : McViti

Les chiffres sont connus mais s’affinent de plus en plus. Et définitivement, l’année 2020 ne sera pas bonne pour l’ensemble du vignoble Français même si toutes les régions ne sont pas touchées de la même façon. En effet, la Loire et la Bourgogne paraissent s’en sortir mieux que les autres. Quelles en sont les raisons et à quoi s’attendre pour 2021 tant pour la France que pour certains autres pays ?

L‘AFP (Agence France Presse), dans une dépêche reprenant une communication de FranceAgriMer (ministère de l’Agriculture, fait le constat suivant: les exportations françaises de vins ont lourdement chuté en 2020, accusant un recul de 11% en valeur, à 8,74 milliards d'euros, sous l'effet cumulé des "taxes Trump", du Brexit et de la pandémie de COVID-19, relève l'organisme public. En volume, les ventes de vins français à l'étranger ont également baissé, de près de 5%, à 13,6 millions d'hectolitres.

Avant même la COVID-19, l'année 2020 avait débuté dans un "contexte difficile" en raison d'un effet Brexit ayant conduit à la constitution de stocks en 2019 au Royaume-Uni dans la perspective de la sortie de ce pays de l'Union européenne au 31 janvier 2020, a expliqué Audrey Laurent, chargée d'études économiques à FranceAgriMer, lors d'une visioconférence. S'y sont ajoutées, les fortes taxes douanières américaines sur les vins européens imposées à partir d'octobre 2019 par l'administration Trump en raison d'un différend commercial ancien, 2004 et toujours non résolu autour des aides publiques à Airbus et Boeing. L'administration Biden a décidé début mars de suspendre ces taxes pour quatre mois, au grand soulagement de la filière viti-vinicole française. Selon les estimations des professionnels, la taxe Trump sur les vins français a engendré 500 millions d'euros de préjudice

L’AFP rappelle encore qu’en 2020, la crise du Covid-19, qui a conduit de nombreux pays à imposer des restrictions sanitaires, dont la fermeture des bars et restaurants à divers moments de l'année, a eu un impact important sur les exportations de vins français, qui sont bien positionnés sur ce circuit de distribution. Malgré le fait que le Champagne ait été épargné par les taxes Trump, ce vin festif, a été particulièrement touché par le contexte sanitaire. Ses exportations se sont effondrées de 20% en valeur et de 17% en volume, les occasions de faire la fête se sont raréfiées l’an dernier. De même, les exportations de vins AOP (Appellation d'origine protégée) ont aussi souffert, affichant un recul de 8% en valeur mais de 1% seulement en volume. De leur côté, les importations de vins étrangers en France ont elles aussi baissé de 11% en valeur, à 710 millions d'euros. Elles reculent de 13% en volume à 6,31 millions d'hectolitres en 2020. Au total, l'excédent commercial français sur le vin s'est monté à 8 milliards d'euros en 2020.

Ces chiffres marquent un recul mais il s’agit d’une crise conjoncturelle qui aurait pu être pire compte tenu des mesures qui ont été prises à l’échelle de la planète en termes de confinement. Le consommateur par sa consommation domestique à compenser partiellement la fermeture des bars, pubs et restaurants.

Mais la France n’est pas la seule à connaitre des difficultés. Si l’Argentine a curieusement accru ses exportations en 2020 d’autres se sont effondrés comme l’Afrique du sud. Lors du premier confinement le gouvernement Sud-Africain a interdit la vente de vins sur son territoire mais plus surprenant, il a aussi interdit l’exportation. Cela a eu pour conséquence d’avoir une constitution de stock inédit, une vendange qui se déroule en ce moment où certains domaines ne savent plus où entreposer les vins mais surtout des marchés perdus qu’il va falloir reconquérir.

Malheureusement, 2021 ne devrait pas être fameux non plus, malgré les vaccins une bonne partie de la planète et l’Europe en particulier reste avec des contraintes lourdes qui impacteront la filière mais surtout la guerre économique entre État vient s’ajouter à la crise sanitaire. C’est le cas pour l’Australie qui se voit infliger par la chine des surtaxes sur ses vins.

Un exemple hors de l’Hexagone mais qui pourrait nous arriver concerne un conflit entre la Chine et l’Australie et qui est à suivre de près.  Dans une dernière salve de mesures adoptées dans un contexte de tensions diplomatiques exacerbées entre Pékin et Canberra, dès dimanche, les importations de vin australien seront donc soumises à des surtaxes compensatoires comprises entre 116,2% et 218,4%, a annoncé Pékin vendredi, la Chine accuse l’Australie de pratiquer le dumping sur ses vins.

L’affaire est grave car les exportations de vin vers la Chine ont atteint en 2019 le montant record de 1,3 milliard de dollars australiens (900 millions de dollars), selon les données du gouvernement australiens, soit le marché le plus important de par sa valeur pour ce produit. Les relations diplomatiques entre les deux pays ont atteint leur niveau le plus bas depuis la répression sanglante en 1989 de la manifestation de la Place Tiananmen. Beaucoup voient ces sanctions comme une rétorsion après que l’Australie a bloqué les investissements chinois dans des secteurs sensibles, de même qu’après les appels publics sur une enquête pour identifier les origines du coronavirus.

Ce cas Australien, comme les Taxes Trump en pour les vins français annoncent sans doute les futurs conflits économiques ou pour cette fois, le vin est pris en otage pour des raisons politique alors que cela ne concerne en rien la filière. Au-delà de la crise sanitaire, c’est bien le climat diplomatique qui pourrait avoir dans les années à venir des conséquences lourds pour des acteurs du vin sur l’ensemble de la planète même s’ils sont étrangers au conflit. Du pain sur la planche pour l’0MC (Organisation Mondiale du Commerce) afin de faire respecter les normes du droit internationale privé.  

Source: McViti

La 161e édition de la vente aux enchères annuelle de vins des Hospices aura lieu le 21 novembre 2021 aux Halles de Beaune mais « bye bye Christie’s and welcome to Sotheby’s ».

L'histoire des Hospices Civils de Beaune est connue et débute en 1443 avec l'objectif de Nicolas Rolin et Guigone de Salins de construire un hôpital: l'Hôtel-Dieu. L’action caritative des fondateurs a instauré une tradition qui a permis aux Hospices de Beaune de s’épanouir à travers l’histoire. La production du vignoble est vendue chaque année aux enchères le troisième dimanche de novembre lors de la vente des Hospices de Beaune, lancée en 1859. Le produit de la vente des vins sert à entretenir le patrimoine de l’hôpital et à moderniser ses équipements et ses bâtiments.

La célèbre institution continue à faire parler d’elle, même hors de la période de la fameuse manifestation. Cette fois-ci ce n’est pas pour évoquer de nouveaux records mais c’est plutôt pour annoncer la nomination d’un « nouvel chef d’orchestre : exit la maison londonienne Christie s’au profit la maison New Yorkaise Sotheby’s.

« Depuis 2005, la maison CHRISTIE'S est fidèlement et activement présente aux côtés des Hospices de Beaune pour donner à la vente aux enchères des vins issus de son domaine viticole un caractère international » pouvons-nous encore lire sur le site officiel des Hospices mais les choses viennent de changer…

François Poher, responsable des Hospices de Beaune, a déclaré : « Après une procédure d’appel d’offres lancée mi-décembre, nous avons retenu la proposition de Sotheby’s. «Au cours des cinq prochaines années, nous travaillerons ensemble pour approfondir la connaissance de notre domaine, de ses vins et de notre vente au bénéfice de toute la Bourgogne. Nous travaillerons également à préserver le caractère et l'héritage séculaires de notre institution hospitalière et à renforcer encore sa capacité à investir au service de la population de notre région. »

Mario Tavella, président de Sotheby’s France et président de Sotheby’s Europe, ne cachait pas sa satisfaction et a indiqué : « Sotheby’s est fier de travailler aux côtés des Hospices de Beaune en tant qu’organisateur de sa vente aux enchères caritative et aussi de promouvoir les initiatives culturelles qui jalonnent l’année de cette honorable institution. Cette année marquera le lancement des ventes de vins de Sotheby’s en France et nous sommes honorés de la confiance que nous accordent les Hospices de Beaune et avons hâte de commencer notre travail avec leur équipe cette semaine. »

Jamie Ritchie, responsable mondial du vin chez Sotheby’s, a lui aussi décrit la chance de participer à l’action comme l’un des moments forts de sa carrière. «Il n'y a pas de plus grand honneur pour notre équipe internationale que d'organiser la vente aux enchères de vins la plus célèbre et la plus ancienne au monde. Depuis 1859, cette vente fixe la tarification de référence du nouveau millésime en Bourgogne, agissant comme une jauge économique pour la région. Il précise encore «Nous travaillerons avec diligence pour promouvoir davantage les vins de Bourgogne à travers le monde, en développant l'énorme intérêt et la croissance du marché qui existe déjà. Toute notre équipe mondiale a hâte d'attirer une attention encore plus large sur le travail important des hospices, ainsi que sur la très haute qualité de leurs vins, en utilisant notre portée numérique et l'innovation, ainsi que nos relations avec nombre des plus grands vins du monde les amoureux et les collectionneurs. Nous sommes également impatients de travailler avec l'équipe des Hospices de Beaune pour préserver la signification historique de ces trois jours spéciaux de novembre - Les Trois Glorieuses - et enrichir l'expérience de vente aux enchères pour la communauté locale, pour tous les visiteurs de Beaune, ainsi que pour ceux qui ne peuvent pas assister en personne et peuvent participer en utilisant la plateforme numérique innovante de Sotheby's », a-t-il ajouté.

Cette décision peut en surprendre quelques-uns car compte tenu du succès non démentie de la vente à travers le monde, la maison britannique avait semblé avoir fait un très bon travail depuis dix ans. Et en décembre 2020, malgré la crise sanitaire, un changement de date de dernière minute, des festivités supprimées et un public sur place très réduit, le fruit de la vente avait été jugé exceptionnel par tous les acteurs . Pourtant, le contrat de Christie’s n’a pas été reconduit. Serait-ce un dommage collatéral du Brexit ?

Source : Mc Viti

Très attendu par les professionnels pour avoir une tendance des marchés, la vente des Hospices de Nuits conforte le sentiment que la Bourgogne ne connait pas la crise.

Cette vente, parrainée par l’académicien Erik Orsenna, a pour but de financer l’hôpital et la maison de retraite gérés par les Hospices de Nuits. Tout comme Beaune, les Hospices de Nuits sont en effet un « hôpital vigneron » : le service médical est financé par un domaine de douze hectares de vignes apportées en dons au fil des ans.

A cause de la crise sanitaire, le public avait été limité à une cinquantaine de personnes mais le nombre des acheteurs devait rester « à peu près le même », notamment grâce à la possibilité d’enchères en ligne et par téléphone, avait assuré à la presse en février François Poher, directeur des Hospices, cela lui avait permis d’afficher un certain optimisme quant à l’issus de la vente, les faits ne l’ont pas démenti.

Si certaines régions viticoles françaises comme la Champagne et Bordeaux semblent morose et attendent avec impatience la fin de la pandémie en espérant que les marchés se rouvrent, la Bourgogne se porte bien et se permet même quelques records : après la vente des Hospices de Beaune en décembre 2020 qui s’était globalement bien passée, celle de sa petite sœur la vente des Hospices de Nuits affole les compteurs avec un chiffre de 1,9 millions d’euros.

En 2020, la vente de 121 pièces avait rapporté 1,6 million d’euros. Pour 2021, le prix moyen des 114 pièces a atteint 16 868 euros, contre 13 179 euros l’an dernier soit une augmentation de près de 18%. La raison de ce succès est due entre autre à la caractéristique de son millésime, défini ainsi par les dégustateurs : le 2020 offre concentration aromatique et complexité, tout en gardant une surprenante acidité garantissant sa fraîcheur.

La « pièce de charité », un fût de vin de prestige traditionnellement destiné à une œuvre caritative spécifique, a quant à elle rapporté 49 380 euros grâce à une cinquantaine de dons. Cette pièce, un Nuits-Saint-Georges 1er cru Les Saint-Georges, issue de vignes de soixante-dix ans d’âge, était vendue au profit des recherches de l’Institut Pasteur sur les mutations des virus de la grippe, qui peuvent également être utiles pour les variants du COVID-19.

La filière n’en n’a pas fini avec les évènements et le prochain est de taille, fin avril, à Bordeaux, commencera la campagne des Primeurs 2020 entre inquiétudes et espérance.

Source: McViti

Le secteur du vin et des spiritueux français se réjouit de la suspension de la «taxe Trump» mais le bras de fer entre l’Administration Américaine et l’Union Européenne est loin d’être terminé.

Après avoir causé des centaines de millions d'euros de pertes pour les vins français, la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump s'oriente vers une issue favorable. Airbus et son concurrent américain Boeing, et à travers eux l’Union européenne et les États-Unis, s’affrontent depuis octobre 2004 devant l’OMC sur les aides publiques versées aux deux groupes. Ce bras de fer avait amené les États-Unis en octobre 2019 à imposer des taxes sur près de 7,5 milliards de dollars (6,8 milliards d’euros) de biens et services européens importés chaque année, à hauteur de 25% pour les vins et spiritueux, et de 15% pour les avions Airbus. En janvier 2021, Donald Trump avait ajouté de nouvelles taxes sur le vin en vrac et les spiritueux juste avant son départ de la Maison Blanche.

La France avait peu d’espoir que la situation évolue favorablement car l’administration Biden avait pourtant annoncé le 11 février le maintien pour le moment des taxes supplémentaires sur certains produits européens mais les négociations menées par Bruxelles et ses partenaires avec les États-Unis apportent un petit répit à la filière Vins et spiritueux. Ce répit sera court, toutefois, quatre mois.

L’Agence France Presse (AFP) reprend dans sa dépêche le fruit des négociations et publie les principales réactions satisfaites des décideurs de l’Hexagone. L’accord annoncé ce vendredi 5 février entre les États-Unis et l’Union européenne est une «première étape dans le processus de désescalade» commerciale, a salué le ministre français au Commerce extérieur Franck Riester.

«Nous allons maintenant travailler, avec la Commission et nos partenaires européens, pour parvenir dans les quatre mois à venir à un accord sur de nouvelles règles encadrant le soutien public au secteur aéronautique, qui soit conforme à nos intérêts et sans naïveté», a ajouté le ministre dans un communiqué. «Enfin, nous sortons de la guerre commerciale entre les États-Unis et l’Europe, qui ne fait que des perdants», s’est félicité de son côté le ministre de l’Économie Bruno Le Maire. «Je me réjouis pour nos viticulteurs français», a-t-il ajouté, alors que ces derniers ont fait les frais d’un conflit qui ne les concernait pas.

La taxe de 25% imposée en octobre 2019 par les États-Unis, premier marché pour les vins français, a coûté 500 millions d’euros à la filière en 2020. Une taxe ensuite étendue au cognac et à l’armagnac par Donald Trump en janvier 2021, juste avant de quitter la Maison blanche.

Cette trêve «va apporter un soulagement (…) aux exportateurs qui, depuis 18 mois, subissent ces taxes injustes issues d’un conflit qui leur est étranger», a réagi la Fédération française des Exportateurs de Vins et Spiritueux de France (FEVS) dans un communiqué.

Elle a appelé toutefois à mettre à profit «ces quatre mois pour trouver une solution définitive à cet interminable conflit sur l’aéronautique et ainsi sécuriser nos entreprises sur le marché américain». Même satisfaction du côté du Bureau national interprofessionnel du cognac, qui a dit attendre «beaucoup de ces quatre mois». «On a le sentiment que nos craintes ont été prises en compte et on espère que tout sera mis en œuvre pour sortir de cette situation absurde», a réagi Raphaël Delpech, son directeur général, auprès de l’AFP.

«Cette suspension qu’on demandait depuis des mois était attendue(…) Il faut que dans les quatre mois, le dossier soit réglé sur le fond et que la filière viticole ne soit plus l’otage d’un conflit qui n’est pas le sien», a pour sa part commenté Jérôme Despey, secrétaire général du syndicat agricole majoritaire FNSEA. Il a rappelé la demande de la filière de voir l’Union européenne «réparer le préjudice que le secteur des vins et spiritueux a subi depuis un peu plus d’un an», par le biais d’un fonds de compensation.

«Pendant cette période, la France a perdu des parts de marché au profit des Italiens et d’autres pays extra-communautaires, parce que les 25% des droits de douanes supplémentaires nous sortaient du marché», a souligné M. Despey, également président du conseil spécialisé viticulture de France AgriMer, organisme semi-public chargé des marchés agricoles, nous précise encore l’AFP dans sa dépêche.

Comme nous pouvons le constater, la filière respire un peu mais il ne s’agit que d’une bataille remporté, la guerre risque d’être encore longue et à l’issus des quatre mois rien ne dit que les Américains ne mettrons pas en place de nouvelles barrières douanières.

À suivre, donc…

Source: McViti

L'association "Alerte aux toxiques" et sa porte-parole Valérie Murat ont été condamnées par le tribunal judiciaire de Libourne, ce jeudi 25 février, pour "dénigrement collectif" de la filière viticole à 125 000 Euros de dommages et intérêts.

Il est peu de dire que la filière était fortement mobilisée après la publication le 15 septembre dernier de résultats sur des analyses de résidus phytosanitaires dans des vins essentiellement bordelais et certifiés Haute Valeur Environnementale HVE par l’association « Alerte aux toxiques ». En plus du CIVB à l’origine de la plainte, s’ajoutent celles de trois fédérations : la section Nouvelle-Aquitaine de la Fédération des Coopératives de France, la Fédération des Grands Vins de Bordeaux (FGVB) et la Fédération des Négociants de Bordeaux et Libourne (Bordeaux Négoce). Onze syndicats viticoles se sont également déclarés : les AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur, Côtes de Bourg, Entre-deux-Mers, Graves et Graves Supérieures, Margaux, Médoc, Haut-Médoc et Listrac-Médoc, Pessac-Léognan, Saint-Julien, Saint-Emilion, Saint-Emilion Grand Cru et Lussac-Saint-Emilion, Sauternes et Barsac, l’Union des Côtes de Bordeaux (UCB), ainsi que dix domaines étaient représentés à l’audience.

« Pour la présidente du tribunal, Valérie Bourzai, « il ressort de l'étude de l'article contesté que les vins analysés y sont classés en fonction du nombre de substances dangereuses ou toxiques constatées [...] or, à aucun moment l'AAT et Madame Murat n'ont décrypté et analysé les chiffres qu'ils ont indiqués, malgré les commentaires du rapport d'analyse diligenté. » Ayant réalisé les analyses, le laboratoire Dubernet rappelle que les résidus constatés sont « très largement en inférieurs aux Limites Maximales de Résidus respectives ». Pour la justice, « il est manifeste que l'AAT et Madame Murat, rédactrice du rapport, ont fait le choix d'une communication volontairement anxiogène, sans aucune explication sur le mode de dangerosité d'une substance, ni sur les taux constatés. » a relevé Vitisphère dans son article paru sur son site le vendredi 26 février.

Dans son arrêt, la juge rappelle encore la définition du dénigrement qui se fonde sur l'article 1240 du Code civil: «jeter le discrédit sur un concurrent en répandant à son propos, au sujet de ses produits ou services, des informations malveillantes. Il tend à porter atteinte à l'image de marque d'une entreprise ou d'un produit désigné ou identifiable afin de détourner la clientèle, en usant de propos et d'arguments répréhensibles, ayant ou non une base exacte, diffusés ou émis de manière à toucher les clients de l'entreprise visée, concurrente ou non de celle qui en est l'auteur.»

« C'est une décision plutôt satisfaisante pour le monde du vin, et une bonne nouvelle. Il y a la reconnaissance du dénigrement, ce qui signifie en définitive que les analyses, qui avaient été publiées de manière un peu violente par Mme Murat et par Alerte aux Toxiques, constituent un discrédit de toute la filière vin », se félicite Constance Duval-Veron, qui représentait plusieurs propriétés viticoles. Bernard Fargues Président du Comité Interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB) n’a pas caché non plus sa grande satisfaction.

Si Alerte aux toxiques n’a pas retenu les appels à la prudence du laboratoire Dubernet, ce dernier avait pourtant publié un communiqué précis sur la nature et la limitation des résultats exploités par l’association dès le début de la polémique mi-septembre.

« L’association « alerte aux toxiques » a communiqué le 15 septembre 2020 sur des analyses de résidus phytosanitaires dans des vins certifiés HVE. Les laboratoires Dubernet, laboratoire indépendant et professionnel de l’analyse des vins, fournissent des analyses et conseils aux différents acteurs de la filière. L’association « alerte aux toxiques » a ainsi fait appel à une prestation d’analyse dans notre laboratoire. Comme c’est la règle, les données produites appartiennent à « alerte aux toxiques », qui en est la seule dépositaire. Dans ce contexte, les Laboratoires Dubernet ne sauraient être associés ni aux contenus ni aux conclusions de cette communication. Ils ne sauraient fournir de près ni de loin une quelconque caution scientifique à la démarche de l’association « alerte aux toxiques », dont il conteste les termes. Nous souhaitons rappeler que l’interprétation d’une analyse de résidus phytosanitaires nécessite une importante expertise à la fois sur la connaissance des molécules ciblées, et du vin en lui-même. Les concentrations doivent être comparées aux Limites Maximales de Résidus ‘raisin de cuve’ (LMR), qui contrairement à ce qui est écrit, sont applicables aux vins. Les auteurs ignorent probablement que les LMR ne sont règlementairement définies que pour les matières premières agricoles, dont le vin ne fait pas partie. Les LMR sont définies selon des procédures extrêmement longues et rigoureuses par les instances nationales et européennes sur la base de données environnementales et toxicologiques précises. Dénoncer un vin qui contient des teneurs inférieures à la LMR du raisin de cuve et donc se trouve en situation de parfaite légalité, relève de procédés difficiles à défendre. Ce que nous savons et avons publié aux Laboratoires Dubernet (disponible sur www.dubernet.com), c’est que les teneurs en résidus dans les vins, quand nous en trouvons, sont très faibles, toujours très en dessous des LMR (en moyenne de l’ordre de 0 à 3 % de ce seuil selon les molécules). La situation des vins en France est donc très loin de poser des problèmes vis-à-vis des limites légales. Nous savons aussi qu’en raison des progrès permanents des outils d’analyse, des teneurs autrefois non détectées le sont devenues, alors qu’elles se situent à des seuils infinitésimaux. À quel moment doit-on s’abstenir d’interpréter un résultat analytique relevant de concentrations tellement faibles qu’elles ne signifient plus rien ? C’est ce type de questions que les experts se posent actuellement. Il est donc recommandé la plus grande prudence concernant toute interprétation hâtive des teneurs très faibles, que peuvent porter les analyses de résidus.

On ne peut pas parler de toxicité sans approche quantitative, ni parler des critères de toxicité sans mettre en perspective la signification des informations que cela comporte. Le cuivre par exemple, composé « naturel », porte une toxicité H302 (nocif en cas d’ingestion), H319 (provoque une sévère irritation des yeux), H315 (provoque une irritation cutanée, et H410 (très toxique pour les organismes aquatiques, entraîne des effets néfastes à long terme). Malgré ces termes très anxiogènes, cela reste pourtant du cuivre, composé largement utilisé à bon escient, y compris en agriculture biologique.

La culture de la vigne, comme toute culture agricole, doit se défendre de ravageurs redoutables : mildiou, oïdium, eudémis, botrytis, etc… et ce quel que soit le mode de production : conventionnel, bio, HVE. Le projet du bio, défini dans les années 70 vise à se départir de la chimie de synthèse. Nombreux sont ceux qui ont compris que ce logiciel dans son acception stricte, et telle que définie par la réglementation européenne, ne peut porter à lui seul toutes les réponses aux enjeux environnementaux majeurs de notre époque. Le HVE, issu des travaux du Grenelle de l’environnement, offre un arsenal nouveau de mesures environnementales, parmi lesquelles une traçabilité absolue, le nombre et l’efficacité des traitements, l’accent sur la biodiversité de l’environnement immédiat des parcelles de vigne, sur la vie du sol (qui est un enjeu supérieur pour l’environnement souvent trop négligé), etc. »

Opposer bio et HVE relève ainsi d’une construction artificielle et hélas contreproductive pour les progrès de l’agro-écologie et l’environnement. C’est inutile. On peut enfin souligner que certains des vins cités dans cette communication sont issus de millésimes plutôt anciens, quand les domaines et château cités n’étaient pas forcément encore certifiés HVE… Former une critique de HVE à partir d’analyses réalisées sur des vins non HVE semble être une méthodologie très contestable. »

Valérie Murat annonce faire appel. Pourtant, après une telle mise au point du laboratoire Dubernet, cela éclaire la nature de l’arrêt en première instance de la juge. Tandis que l’ensemble de la filière agricole et viticole connait une véritable mutation dans son mode de production, il serait de bon ton d’insister sur les efforts faits au lieu de toujours critiquer. Espérons que cette jurisprudence ramènera le calme chez les écologistes radicaux qui semblent se tromper de combat en jetant l’anathème sur une filière déjà en difficulté et qui n’a pas besoin de fausses polémiques.

Source: McViti

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