vendredi 12 avril 2024
Échanges internationaux: 2023, une année difficile pour les pays producteurs de vin

Échanges internationaux: 2023, une année difficile pour les pays producteurs de vin

Changement d’humeur chez les professionnels français. Après le succès de Wine Paris, tout le monde semblait avoir le moral. Mais les chiffres sont tombés et la réalité à rattraper même les plus optimistes. Depuis quelques jours, pas une journée se passe en France sans que la filière vin en appel à l’Etat pour l’aider : soutien aux trésoreries, plan d’arrachage, exonérations de charges sociales…Ces difficultés sont entre autres liées à un marché international qui se contracte et si toutes les régions françaises sont touchées, c’est aussi le cas pour tous les pays producteurs.

Le site internet Vitisphère publie ce lundi 25 mars un article reprenant les premières études sur les échanges mondiaux de vins en 2023. Et il est peu de dire que les chiffres sont au mieux décevant, au pire,assez mauvais pour les pays producteurs. L’humeur à donc radicalement évolué. les exportations de vin sont en chute pour la grande majorité, pour ne pas dire la totalité, des pays producteurs de vins d’après les toutes dernières données douanières compilées par Business France : -1% pour l’Italie (2,01 milliards de litres), -4% pour l’Espagne (2 milliards l), -18% pour le Chili (682 millions l), -3% pour l’Australie (621 millions l), -20% pour l’Afrique du Sud (349 millions l)… Ne faisant pas exception, les exportations françaises de vin dans le monde sont tombées à 1,28 milliard de litres pour 12 milliards d’euros. Soit -9% en volume et -3% en valeur en un an.

« Une dynamique fortement liée à la production de 2022 et à la conjoncture économique de 2023 » résume Adrien Boussard, le référent sectoriel vin de Business France. Si la France résiste en valeur, l’expert souligne qu’en reprenant les statistiques des vingt dernières années, 2023 est la pire année depuis 2009 en termes de volumes exportés pour les vins français. « Contrairement à 2009, marquée par les subprimes, il n’y a pas eu de crise économique en 2023, mais une crise d’inflation, alimentant une conjoncture économique négative » pointe Adrien Boussard.

Avec des baisses généralisées sur leurs principaux marchés de volume (-8% en Allemagne qui reste première destination, -13% aux États-Unis avec le contre-coup du surstockage de 2022, -6% au Royaume-Uni, -5% en Belgique, -9% aux Pays-Bas, -10% au Canada, -26% en Chine qui ne redémarre toujours pas de l’après Covid, -14% au Japon…), les vins français résistent mieux sur les marchés européens de proximité (baisses à un chiffre) que sur ceux du grand export (baisses à deux chiffres) note Adrien Boussard. En valeur, les baisses sont nettement moins importantes (-8% aux États-Unis, stabilité en Grande-Bretagne, -2% en Allemagne, -3% en Belgique, -5% au Japon…). Une dynamique de réduction des volumes et de renchérissement des prix moyens que l’on retrouve sur les Champagnes : -11% volume pour -1% valeur, vins tranquilles d’Appellations d Origine Protégée : -10% volume, -4% valeur, Indications Géographique Protégée : -8 et -4%), Vins Sans Indication Géographique : -6 et -1%.

Globalement, sont dans le rouge toutes les AOC (-12% Alsace, -16% Beaujolais, -12% Bordeaux, -7% Bourgogne, -10% vallée du Rhône, -16% Languedoc-Roussillon, -12% Provence, -7% Sud-Ouest…) et toutes les IGP (Pays d’Oc -8%, Languedoc-Roussillon -14%, Sud-Ouest -20%...). A l’exception du val de Loire (en AOP -5% en volume, mais +6% en valeur, en IGP +1% en volume et +4% en valeur) et de l’IGP Terres du Midi : +37 et +53%.

Finalement, pour 2024, la filière ne s’attend plu à un redémarrage des échanges internationaux du fait entre autre des évènements géopolitiques. Une récession qui inquiète le secteur viticole mais aussi les états, la consommation de vins étant pour eux une très belle ressource pour les taxes et les emplois. La fièvre du succès de Wine Paris est très vite redescendue.. Trop vite ?

Source: McViti

À propos de l' auteur

Âgé de 45 ans, ingénieur agricole, diplômé de l’IHEDREA (Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole en 1995), j’ai poursuivi mes études par un master de Gestion, Droit et Marketing du secteur Vitivinicole et des Eaux de Vie dépendant l’Université de Paris 10 Nanterre et de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin - 1997). Lire la suite...