vendredi 19 avril 2024
Emmanuel de Vaucelles

Emmanuel de Vaucelles

Âgé de 45 ans, ingénieur agricole, diplômé de l’IHEDREA (Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole en 1995), j’ai poursuivi mes études par un master de Gestion, Droit et Marketing du secteur Vitivinicole et des Eaux de Vie dépendant l’Université de Paris 10 Nanterre et de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin - 1997). Lire la suite...

Plusieurs communiqués de presse étaient parus depuis quelques semaines: les Foires aux Vins en France, une institution qui a plus de quarante ans, ont connu une baisse de chiffres d’affaires dans l’ensemble des enseignes de la Grande Distribution. Récoltées par la revue spécialisée Rayon Boissons, les statistiques font parler les experts sur la fin d’un modèle, mais pas sûr que tout le monde se pose la bonne question…

Qui l’aurait imaginé il y a encore quatre ou cinq ans? Durant les foires aux vins de l’automne 2019, «les sept principaux groupes de distribution et enseignes de supermarchés essuient une nette baisse des ventes à -10%» annonce Rayon Boisson. Confirmant les données des panels Nielsen, le mensuel précise que le leader Leclerc affiche une baisse limitée de 4% de son activité entre 2018 et 2019 (avec 95 M€ de chiffre d’affaires cette année). Le challenger Carrefour encaisse une chute de 15% de ses ventes (pour 88 M€), comme Intermarché avec -16% (80 M€) et Auchan avec -22% (45 M€). Système U limitant la casse avec -7% (45 M€).

«Les raisons sont nombreuses pour expliquer ces mauvais résultats entre des promotions en berne, une désaffection des grands crus ou encore une offre saturée. Dans sa forme actuelle, cette institution du calendrier promotionnel des enseignes a certainement vécu ces dernières heures», prophétise Rayon Boissons.

Vitisphère, dans un article paru sur son site ce mardi 10 décembre, reprend le constat partagé par Jean Glussot, l’expert distribution et vins chez Nielsen, qui expliquait il y a quelques semaines que «le rebond viendra d’un travail de fond sur le rayon avec trois axes prioritaires: des partis-pris forts sur l’assortiment sont nécessaires pour se démarquer, notamment face aux cavistes en ligne; la théâtralisation du rayon, dans la lignée des initiatives d’espaces caves à vin dans les magasins; un véritable effort de pédagogie auprès des consommateurs pour les accompagner dans leurs choix dans ce rayon si riche en références et en labels (bio, biodynamie, CAB, HVE, nature, sans souffre, vegan…).»

D’autant qu’au-delà d’une règlementation des appellations historiquement compliquée et des nouvelles normes, l’éducation du consommateur a été oubliée. D’un côté, ce dernier est victime de l’hygiénisme ambiant et d’une lutte contre le vin par nos propres pouvoirs publics et en particulier le ministère de la santé et l’autre des professionnels qui concentrent leurs efforts promotionnels sur l’export oubliant le marché hexagonal.

Il n’en reste pas moins que le vrai problème vient de la très forte augmentation des prix des Crus Classés Bordelais ces dernières années, même sur des millésimes jugés difficiles alors qu’ils étaient le produit d’appel principal de ces manifestations d’automne dans les grandes et moyennes surfaces. Cette année, c’était le 2017 qui était le millésime dominant dans les foires. Année décevante en comparaison de ce qui avait été proposé aux consommateurs ces deux dernières années: 2015 et 2016. Dès lors faut-il vraiment s’étonner de la baisse sensible des ventes?

Tous les spécialistes en marketing pourront chercher des formule magiques pour relancer les Foires aux Vins mais la seule bonne formule, c’est le bon rapport qualité prix, ce qui n’est plus vraiement vrai avec l’inflation de bien des flacons. Il sera intéressant de suivre les Primeurs cette année à Bordeaux pour voir comment réagissent les professionnels de la place. À suivre…

Source: McViti

Chaque année à la fin novembre, les amateurs et collectionneurs du monde entier attendent impatiemment la présentation de la nouvelle étiquette du Château Mouton Rothschild. Pour le 2017, c’est une artiste féminine française, Annette Messager, a qui a été confiée cette mission. Comme par tradition, aucune consigne ne lui avait été donnée par les propriétaires pour réaliser son œuvre.

Le château Mouton Rothschild, propriété de la famille éponyme depuis 1853, s’étend sur 84 hectares de vignes à Pauillac et est premier cru classé avec château Margaux (Margaux), La Tour (Pauillac, Laffite (Pauillac) et Haut-Brion (Pessac Léognan). Aujourd’hui, la propriété appartient aux trois enfants de la baronne philippine de Rothschild, décédée en 2014.

Depuis 1945, pour célébrer la paix reconquise, le baron Philippe de Rothschild décida de couronner l’étiquette du millésime par le « V » de la Victoire, dessiné par le jeune peintre Philippe Jullian. D’une circonstance exceptionnelle naquit une tradition, et à partir de 1946, tous les ans, un artiste différent fut invité à créer une œuvre originale pour l’étiquette. Au début, le Baron Philippe choisit les peintres parmi ses amis personnels: Jean Hugo, Leìonor Fini, Jean Cocteau… En 1955, Georges Braque accepta d’illustrer le millésime. Il fut alors rejoint par les plus grands créateurs de notre époque: Dali, Ceìsar, Miroì, Chagall, Picasso, Warhol, Soulages, Bacon, Balthus, TaÌpies, Jeff Koons... En contrepartie, les auteurs gagnent quelques caisses du fameux millésime décoré par eux-mêmes.

L’an passé, en 2018, pour le millésime 2016, la famille a fait appel à un artiste célèbre, le sud-africain William Kentridge. Ce peintre, sculpteur, vidéaste et metteur en scène avait choisi "Les triomphes de Bacchus", représentant en noir et presque blanc de joyeuses silhouettes sur un bandeau en haut de l'étiquette. Ce natif de Johannesburg était le premier Africain à illustrer une étiquette de Mouton.

Cette année, pour le millésime 2017, c’est une toute autre œuvre dans un esprit très différent qu’a choisie la famille. Signée par l’artiste plasticienne Annette Messager, revisitant sans pudeur, diront certains, la Création d’Adam de Michel-Ange, exposée au Vatican, l’artiste dessine une poitrine à la générosité nourricière, abreuvant le premier cru classé bordelais. Une référence biblique assumée: « Au commencement était le verbe », rappelle Annette Messager, superposant des strates d’Hallelujah, le nom de son œuvre. Le tout « réunit sur un mode à la fois réaliste et symbolique, deux substances que la Bible associe fréquemment l’une à l’autre et dont elle chante les vertus: le lait et le vin », note un communiqué des propriétaires du Château, Philippe Sereys de Rothschild, Camille Sereys de Rothschild et Julien de Beaumarchais de Rothschild.

emmanuel Mouton Rothschild2017

Pour information ou rappel, Annette Messager est née en 1943. Après avoir interrompu ses études à la veille des évènements de mai 68, elle réunit ses premières collections, albums de photographies et de sentences extraites de la presse qu'elle annote et modifie. La galerie Germain lui commande en 1971-1972 une œuvre avec de la laine et du tissu: elle crée Les Pensionnaires, alignement de moineaux empaillés et emmaillotés dans des tricots recouvert de tissu. Se développant dans le contexte parisien des années 70, l’œuvre d’Annette Messager, proche de celles d’artistes comme Botanski, Le Gac ou encore Le Boul'ch, relève de ces démarches singulières qualifiées de « mythologies individuelles ».

Hostiles à tout académisme, comme aussi à une politisation extrême qui avait suivi mai 68, ces artistes prônent la prise en compte de l’élément affectif, imaginaire, voire nostalgique dans l’œuvre. Annette Messager, qui revendique la dimension féminine de son art, intègre l’univers domestique dans lequel le regard masculin a cantonné la femme: travaux à l’aiguille, carnets précieusement intimes, revues de beauté, pour en faire son langage. Elle a aussi enseigné à l’École Supérieure des Beaux-Arts de Paris.

Nul doute que l’originalité de l’œuvre va en surprendre plus d’un, mais il est vrai que d’années en années, les artistes ont souvent étonné par leur audace et leur originalité et c’est ce qui caractérise cet évènement. Quant au vin lui-même, à forte dominante de Cabernet Sauvignon, il est considéré comme classique par les professionnels, ce qui est une belle réussite, 2017 ayant été un millésime « capricieux » à produire pour les vignerons girondins.

Source: McViti

Le millésime 2019 des Hospices de Beaune, marqué par de petits rendements à cause d'une météo compliquée et capricieuse, s’est déroulé le dimanche 17 novembre au cœur de la Côte d’Or. Une vente historique à bien des égards.

Tout d’abord, à 20h25. Dernier coup de marteau pour la dernière adjudication et le moment de faire les comptes: le résultat total des ventes atteint 12 023 560 €, avec une hausse du prix moyen de la pièce de 21,53%, alcools compris.

Ensuite, la pièce des Présidents a fait mieux que l'an passé: 230 000 euros en 2018, mais bien loin du record de 2015, 480 000 euros, cette fois-ci la pièce de charité des présidents s'est adjugée à 260 000 euros ce dimanche. C'est Alaor Pereira, un acheteur brésilien fidèle de l'événement, qui a acquis le Corton grand cru Les Bressandes. "Les vins de la pièce des Présidents sont des vins spéciaux. Le travail fait par les Hospices de Beaune est magnifique", a commenté M. Lino, importateur de vin au Brésil, avant d'ajouter: "Mais je fais une bonne affaire parce que je vais recevoir un vin merveilleux".

La plus célèbre vente aux enchères de vin au monde, sous le marteau de Christie's, a proposé aux professionnels 589 pièces de vin cette année, issues de 50 cuvées (33 de rouge et 17 de blanc). C'est bien moins que la récolte de l'an dernier, qui avait atteint un record avec 828 pièces. Pour mémoire, chaque pièce (tonneau) contient 228 litres.

«La récolte de cette année est modeste en quantité mais très réussie», a précisé à l'AFP Ludivine Griveau, première femme maître des chais des Hospices de Beaune.

Première responsable de ce rendement en baisse, la météo: si l'hiver a été marqué par un déficit de pluie et des gelées, la canicule de juin et les orages et grêles de juillet ont aussi suscité l'inquiétude. «La floraison était chaotique: sur certains pieds, il y avait des grappes toutes faites et des jeunes fleurs à la fois», précise celle qui a décidé de traiter le domaine avec des produits 100% bio cette année.

Récolté tôt (le 9 septembre), le millésime 2019 présente «des taux d'alcool similaires à ceux de l'année dernière mais plus d'acidité, une touche typique des vins de Bourgogne, et un tanin séducteur», a-t-elle ajouté à l’AFP.

Le basketteur Tony Parker, la journaliste Ophélie Meunier et l'acteur François-Xavier Demaison rejoint en dernière minute par Christophe Lambert en remplacement de Gérard Depardieu, étaient les parrains de la vente de charité des Hospices. Cette année, la «pièce des présidents» était un Corton Bressandes, grand cru de Bourgogne spécialement assemblé au profit de l'Institut du cerveau et de la moelle épinière et de l'association Autour des Williams, qui soutient la recherche contre le syndrome de Williams, une maladie génétique.

Avec de tels tarifs, les Vins des Hospices deviennent des vins dédier à quelques collectionneurs voir spéculateurs, peu de chance donc que les amateurs puissent y goûter un jour… C’est aussi un signal fort pour les prix à venir sur le reste de la production Bourguignonne. À suivre, donc…

Source: McViti

Le vignoble français change de mains régulièrement et le vignoble girondin en est l’un des plus actifs. Des ventes plus ou moins spectaculaires sont annoncées chaque année liées à des successions familiales ou a des changements de politique de quelques grandes marques du luxe, de l’industrie ou des banques et assurances détenant ou souhaitant détenir un vignoble. Ces ventes sont rarement franco-françaises et depuis quelques années, les Chinois sont particulièrement actifs. Mais cette fois-ci, la vente se fait entre des structures de l’hexagone: le Crédit Agricole Grands Crus et la famille Perrodo, déjà propriétaire du Château Labégorce, aussi à Margaux.

Le prix des vins à Bordeaux, et particulièrement dans le Médoc, a explosé depuis le début des années 2000. Si bien que des étiquettes sont devenues hors de portée des amateurs, certaines ont su garder un prix relativement raisonnable. Le Château La Tour de Mons fait encore partie de cette catégorie du bon rapport qualité/prix.

Le Château La Tour de Mons détient un vignoble de 46 hectares. L’encépagement est quelque peu atypique, puisqu’il est réparti en majorité de Merlot à 56%, 38% de Cabernet Sauvignon et 6% de Petit Verdot. La production annuelle moyenne est d’environ 160 000 bouteilles. Il est classé Cru Bourgeois lors du classement de 1936. Le second vin s’appelle le Marquis de Mons.

Fort d'un historique de plusieurs siècles, le Château La Tour de Mons est une propriété d'un seul tenant, véritable clos, établie dans la partie nord de l'appellation Margaux, sur les bords de la Garonne. Plusieurs générations se sont succédées sur ces terres depuis l'origine du château, au XIIIe siècle. De ses nombreux propriétaires, l’histoire retiendra Pierre de Mons, qui entre en possession du domaine en 1623 et lui donna son nom. Le domaine appartiendra à ses descendants jusqu'à la fin du XXe siècle avant que le Crédit Agricole Grands Crus en fasse l’acquisition.

Depuis plusieurs mois, le Crédit Agricole avait signifié sa volonté de se séparer de deux propriétés bordelaises, deux crus bourgeois, qu’il possédait au sein de la structure CA Grands Crus. Château Blaignan en appellation Médoc et château La Tour de Mons en appellation Margaux sont donc en vente.

Si le premier n’a toujours pas trouvé acquéreur, le Crédit Agricole vient d’annoncer la cession du Château La Tour de Mons à la SC Château Labégorce. Située elle aussi à Margaux, cette propriété est détenue par la famille Perrodo.

Classée au 10e rang des plus grandes fortunes françaises par le magazine Challenges, la famille Perrodo est propriétaire du groupe Perenco, fondé par Hubert Perrodo, spécialisé dans la production de pétrole. C’est le fondateur du groupe qui avait réalisé l’acquisition du Château Labégorce dès 1989, avant de racheter Château Labégorce-Zédé en 2005 (intégré depuis à Château Labégorce) et Château Marquis d’Alesme Becker, troisième grand cru classé du Médoc, en 2006. Le vignoble s’étend sur 65 hectares environ.

Reste à savoir si l’étiquette va perdurer ou si le vignoble va s’agrandir sous le nom de Château Labégorce? Les rumeurs vont bon train à ce sujet.

Comme le veut la formule consacrée sur ce type de cession : le montant de la transaction n’a pas été communiqué. Mais cette fois-ci, la propriété reste dans des mains françaises.

Source: McViti

C’est presque devenu un rituel dans le Bordelais et plus précisément dans le Médoc, au moment où les sécateurs commencent à s’attaquer aux premières grappes jugées assez murs, l’Alliance des Crus Bourgeois publie sa liste des vins retenus qui pourront porter la mention tant convoitée.

Cette sélection des Crus Bourgeois du Médoc pour le millésime 2017 est donc l’aboutissement d’une démarche de qualité mise en place il y a dix ans, encadrée par les pouvoirs publics, qui impose que leurs vins soient sélectionnés àÌ l’aveugle par un jury d’experts. Il s’agit de la dernière sous le format annuel. En effet, les Crus Bourgeois du Médoc ont obtenu, début 2018, l’accord du ministère de l’Agriculture pour l’organisation d’un classement quinquennal avec la réintroduction des 3 niveaux hiérarchiques historiques: Cru Bourgeois – Cru Bourgeois Supérieur – Cru Bourgeois Exceptionnel. Les candidatures des propriétés souhaitant accéder à ce classement sont en cours et la publication est prévue fin février 2020. « Le classement annuel était devenu intenable », explique Olivier Cuvelier, le président de l’Alliance des Crus Bourgeois du Médoc. Si la solution d’une dégustation annuelle a permis de pérenniser le signe de qualité, après les attaques juridiques ayant fait tomber le classement de 2003, il faut désormais tirer le classement vers le haut en donnant envie aux châteaux de rester et de revenir (pour ceux qui en sont partis – NDLR). Nous avons besoin d’une pyramide qualitative », expose–t-il.

En attendant, cette année, 226 châteaux font partie de la sélection officielle établie pour le millésime 2017. Un nombre en net recul par rapport aux millésimes précédents (270 en 2016, 271 en 2015, 278 en 2014…) mais qui a été fortement impacté par l’épisode de gel du printemps 2017, ainsi que par des conditions climatiques peu favorables à la fin de l’été.

Les Crus Bourgeois en quelques chiffres, c’est :

  • 19 millions de bouteilles
  • Environ 24% de la surface viticole du Médoc sur les AOC Médoc, Haut-Médoc, Listrac-Médoc, Moulis, Margaux, Pauillac et Saint-Estèphe

Avec tous ces éléments, difficile d’établir un profil type des propriétés classées en Crus Bourgeois. Il existe de grands vignobles, de tout petits, de vieilles propriétés familiales et d’autres appartenant à de grands groupes... Pas de profil type chez ces bourgeois-là. Autre donnée intéressante : moins de 14% des vignobles sont implantés à Pauillac, Margaux ou Saint-Estèphe, d’où la volonté de rendre le classement plus pyramidal.

Les Crus Bourgeois, ce ne sont plus seulement des vins acquis sur les grands terroirs par les Bourgeois de Bordeaux, comme c’était le cas au XVIe siècle. On le sait bien, l’histoire de cette institution de la rive gauche fut mouvementée. D’ailleurs, ses règles sont loin d’être figées et il est attendu un peu d’action à partir du mois de février, dès la publication du nouveau classement. Rappelons que sur la rive droite, le classement des crus de Saint Emilion n’en finit plus de subir des recours devant les tribunaux. Les proprités non retenues n’hésitant pas à aller jusqu’à la Cour de cassassion compte tenu des enjeux financiers et commerciaux que de tels classements entraînent. À suivre, donc...

Source: McViti

Les deux cépages principaux et traditionnels en Bourgogne sont le chardonnay et le pinot noir. Mais depuis quelques temps poussent une cinquantaine d’anciens cépages de la région dont quelques pieds de gouais blanc, de chardonnay muscaté ou de gamay fréaux, entre autres.

En effet, selon une dépêche de l’Agence France Presse (AFP) du 6 septembre, en Côte-d’Or, non loin de Beaune, des vignerons étudient d’anciens cépages qui pourraient aider un jour la Bourgogne à s’adapter au réchauffement climatique.

Les cépages «modestes,» noms donnés pour parler des cépages oubliés, qui ont presque tous disparus suite au phylloxera au début du XXe siècle, pourraient reprendre du service si les températures de notre petite planète bleue continuaient à augmenter. Le conservatoire d’anciens cépages bourguignons a été inauguré le jeudi 5 septembre sur le mont Battois, sur la commune de Savigny-lès-Beaune, par le Groupement d’Étude et de Suivi des Terroirs (GEST), une association fondée en 1995 qui compte aujourd’hui 120 vignerons, essentiellement de Bourgogne. «On a réuni l’ensemble des vieux cépages connus et encore accessibles qui ont été plantés en Bourgogne par le passé, mais aussi l’ensemble des cépages bourguignons actuels», explique Jean-Claude Rateau, viticulteur à Beaune et référent du projet.

L’intérêt du public est grandissant pour les vieux cépages et les professionnels en replantent sur l’ensemble de l’Hexagone. Mais les vignerons bourguignons, pour ce projet, ont surtout «cette grosse interrogation par rapport au réchauffement climatique», selon Jean-Claude Rateau. «Les deux générations qui vont suivre seront sans doute amenées à faire de gros changements dans l’encépagement bourguignon», d’où ce projet.

Sur cette parcelle située dans les Hautes-Côtes de Beaune, une cinquantaine de variétés, huit pieds par cépage, ont été plantées en 2016 pour être préservées et étudiées, en évaluant notamment leur adaptation au changement du climat.

Il n’y a pas urgence, pour les professionnels: en Bourgogne, les récents «millésimes chauds» ont donné des vins «plus gourmands, plus soyeux, plus colorés», décrit Jérôme Galeyrand, membre du GEST et viticulteur à Gevrey-Chambertin. «La vigne est une plante méditerranéenne, elle aime la chaleur, le soleil. À ce jour, les effets du réchauffement sont positifs» dans la région, abonde Jean-Philippe Gervais, directeur du pôle technique du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB), qui soutient financièrement le GEST. L’évolution du climat «nous a servis sur la qualité de la maturation» du raisin. Mais à plus long terme, des craintes s’élèvent sur des degrés trop élevés, une perte d’acidité du vin ou encore sur le fait que des hivers plus doux ou plus brefs puissent conduire le cycle végétatif à reprendre plus tôt ou plus vite, exposant davantage la vigne aux gelées.

La vigne bourguignonne «est un marqueur du réchauffement climatique», avait indiqué fin août une étude réalisée notamment par des chercheurs de l’université de Bourgogne qui relevaient que les vendanges ont lieu «treize jours plus tôt en moyenne depuis 1988 par rapport aux six siècles précédents».

Le GEST, créé à l’origine pour comprendre le sol, se penche aujourd’hui sur la vigne. «La suite logique» alors que ses vignerons voient dans le cépage un «outil d’expression du terroir». «C’est l’essence même de la Bourgogne, souligne le président de l’association, Thibault Liger-Belair. Ce qu’on essaye simplement de faire ici, c’est de ne pas être pris de court, ajoute-t-il. Demain, on aura peut-être besoin d’un cépage avec un peu plus d’acidité, un peu plus de tension, peut-être avec des maturités un peu plus tardives».

Pour illustrer ce propos, Jean-Claude Rateau s’attarde sur le gouais blanc, parent génétique de nombreux cépages bourguignons. Un raisin «énormément planté au Moyen-Âge parce qu’il était très productif» mais abandonné car «au niveau qualitatif, il est acide, il est amer, il n’a aucun parfum».

Ces cépages pourraient servir à compléter, un jour, les variétés traditionnelles, pour tempérer certains défauts qui pourraient apparaître avec l’évolution du climat. Mais il n’est pas question de changer du tout au tout, préviennent les artisans de cette recherche. «Il faut que le Bourgogne reste du Bourgogne, avec sa fraîcheur, sa complexité, sa finesse, tout ce qui nous fait rêver dans un vin de Bourgogne et qui fait rêver nos acheteurs», conclut Jean-Claude Rateau.

Source: McViti

L’un des principaux acteurs des vins australiens dans le monde, TWE, propriétaire entre autre des marques australienne Penfolds et californienne Beaulieu Vineyard, achète le célèbre cru bourgeois médocain, le Château Cambon la Pelouse.

La nouvelle vient d’être donnée par une dépêche de l’AFP (Agence France Presse) en fin de semaine dernière, le groupe viticole australien Treasury Wine Estates (TWE) a acheté cet été son premier vignoble en France: le château Cambon la Pelouse, cru bourgeois du Médoc. Situé à Macau, ce domaine de 65 ha en AOC Haut Médoc produit environ 400 000 bouteilles par an. Il appartenait à Jean-Pierre Marie, dont les enfants n'ont pas souhaité reprendre le vignoble. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué.

La propriété s’était faite remarquée cette année car elle avait remporté la 9e Coupe des crus bourgeois qui avait eu lieu le lundi 13 mai 2019, à l'occasion de Vinexpo Bordeaux, en partenariat avec le journal «Le Point».

Selon le Journal Les Échos, les chiffres de cette maison australienne sont proprement incroyables lorsque l’on regarde cette entreprise avec nos lunettes d’Européen, Treasury Wine Estates est un groupe coté à la Bourse de Sydney, avec un chiffre d'affaires de 2,4 G$ en 2018, récoltant 13 000 hectares de vignes en Australie, en Nouvelle-Zélande, aux États-Unis et en Italie. De quoi produire plus de 415 millions de bouteilles, vendues dans une centaine de pays, sous 70 marques dont quelques-unes distribuées en France comme le haut de gamme de Penfolds. Aujourd’hui, le groupe revandique plus de 3400 employés.

« C'est le premier vignoble acheté en France. Nous avons déjà un partenariat avec Thienot (Champagne). On a un réseau de distribution et de commercialisation en Asie très important et très implanté, on va vendre des vins d'appellation française sur le marché asiatique pour augmenter nos parts de marché », selon Sébastien Long, gérant du château et un des responsables de TWE en Europe continentale.

Nous noterons que si les principales transactions s’étaient faites avec des Chinois ces dernières années, cette fois-ci se sont des Australiens qui investissent dans le Bordelais. D’autres rumeurs de cession bruissent en ce moment dans la région concernant d’autres propriétés qui pourraient passer dans des mains étrangères; à suivre, donc…

Source: McViti

AXA Millésimes, la branche viticole d’AXA Assurance, a réalisé une nouvelle acquisition de vignoble au Portugal, en s’offrant Quinta do Passadouro, producteur de porto et de vin rouge.

La division d’AXA, qui possède Quinta do Noval dans la vallée du Douro, a confirmé par un communiqué de presse cette semaine le rachat de Passadouro, un voisin, à la famille Bohrmann, qui possède également un vignoble portant le même nom en Bourgogne, à Meursault. La transaction comprend 36 hectares de vignes, réparties entre les vallées du Douro du Pinhão et du Roncão, ainsi que la marque Quinta do Passadouro Port. Comme très souvent en pareilles circonstances, les détails financiers derrière la transaction n'ont pas été révélés.

«L'équipe de Passadouro restera au sein de la Quinta et rejoindra l'équipe dédiée de Quinta do Noval», a déclaré Christian Seely, directeur général d'AXA Millésimes et de Quinta do Noval. «Nous avons l'intention de maintenir la marque Quinta do Passadouro, qui a produit des vins excitants - des vins rouges et des vins rouges fortifiés - pendant le temps de Bohrmann. Les 36 hectares de Quinta do Passadouro ajoutés aux 145 hectares de Noval portent notre superficie totale en vigne à 181 hectares.»

«Passadouro a été soigné avec amour par la famille Bohrmann pendant de nombreuses années et nous sommes très heureux d'avoir pu acquérir cette magnifique propriété et de pouvoir tirer parti de l'excellent travail qu'ils ont accompli ici depuis l'acquisition du vignoble par Dieter Bohrmann en 1991», précise encore le communiqué.

La politique d’expansion du portefeuille de marque continue puisque déjà, courant 2016, AXA Millésimes avait acheté en Californie les vins Outpost, situés sur le mont Howell, dans la Napa Valley. Pour rappel, le géant français de l'assurance AXA est propriétaire, en France et à l'étranger, de plusieurs vignobles de renom, notamment Château Pichon Baron, grand cru classé de Pauillac (Médoc), Château Suduiraut, premier cru de Sauternes, Domaine de l'Arlot en Bourgogne (Côte de Nuits), domaine Disznoko (Tokaj) en Hongrie et Quinta do Noval (porto) au Portugal. L’assureur a été un des premiers investisseurs institutionnels à créer une filiale dédiée à son activité vinicole, AXA Millésimes, qui exploite aujourd'hui, avant cette nouvelle reprise, 7 propriétés et 455 hectares. AXA pratique une politique active de gestion de son portefeuille en revendant certains actifs comme, en 2006, Château Cantenac Brown, classé troisième grand cru de Margaux.

Source: McViti

La production de vin est attendue en baisse cette année, de 6 à 13% par rapport au millésime 2018, en raison notamment de la canicule, a annoncé le ministère de l'Agriculture le samedi 20 juillet dernier.

Alors que le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (BIVB) s’inquiétait, début juillet, de la mévente des vins avec une baisse sensible de la demande en Chine et des parts de marché en baisse sur les pays historiques et une évolution de la consommation vers le rosé, faisant que les chais bordelais étaient encore plein en ce début d’été et que ce phénomène se voyait aussi dans le Languedoc ou les transactions sont au plus bas, le ministère de l’Agriculture publie ses pronostiques pour la récolte 2019. Les chiffres de la production à venir ne sont pas bons, mais en cette période de mévente, des vendanges modérées en 2019 pourraient réanimer un marché amorphe et refaire monter le prix du vin en vrac, qui est en berne en ce moment.

La production devrait atteindre cette année entre 42,8 et 46,4 millions d'hectolitres et "pourrait ainsi être l'une des plus basses des cinq dernières années, après la récolte 2017, historiquement réduite par le gel", a indiqué le Ministère, se basant sur les estimations établies au 12 juillet dernier. Néanmoins, la fourchette donnée confirme qu’aujourd’hui, les professionnels restent dans l’expectative. Pour mémoire, en 2018, le niveau de la récolte avait dépassé les 46 millions d’hectolitres, soit une moyenne supérieure à 5 points sur les cinq dernières années et une hausse de 25% par rapport à 2017. 46,4 millions d’hectolitres serait donc encore un très bon chiffre pour la viticulture hexagonale, mais 42,8 millions marquerait une baisse sensible à nouveau de la production, et c’est toutefois vers cette dernière évolution que semble aller les commentateurs de l’administration.

Les raisons de cette production en baisse sont multiples. La floraison de la vigne s'est déroulée dans "des conditions climatiques défavorables" entraînant de la coulure (chute des fleurs ou des jeunes baies) et parfois du millerandage (baies de petite taille), des phénomènes qui ont touché principalement l'ouest de la France, Val de Loire, Charente, Bordelais et Sud-Ouest.

Dans le midi, la canicule qui a frappé la France à la fin du mois de juin a provoqué des "brûlures de grappe et des pertes de production" dans le Gard, l'Hérault ou le Var, a précisé le Ministère. La grêle, en revanche, a eu un effet limité au niveau national, même si elle a provoqué des dégâts importants "par endroits". Mais le phénomène de forte chaleur que nous constatons ces derniers jours ne vont qu’accroître cette évolution. De plus, des orages violents sont attendus ces prochains jours, rendant encore plus fébriles les professionnels.

Du fait de la canicule, la pression des maladies est modérée dans la plupart des vignobles, comparée à 2018. "L'oïdium est néanmoins présent en Alsace et en Champagne", a constaté le Ministère. C’est une petite consolation pour les vignerons qui sont moins obligés de traiter la vigne en ce moment.

Enfin, les vendanges sont attendues en "léger retard" par rapport à 2018 "qui avait été l'une des années les plus précoces". L’une des raisons est le stress hydrique qui freine la maturité des grappes. Reste à savoir aujourd’hui quel sera le niveau de la production des autres acteurs majeurs du vin européen que sont l’Italie et l’Espagne. Les marchés n’ont pas fini de s’interroger sur l’évolution des prix et des volumes sur les prochains mois. Comme pour 2018, la météo des mois de septembre et octobre sera un élément clé, tant sur le niveau de la quantité que de la qualité. La qualité, l’autre nerf de la guerre commerciale qui devra être au rendez-vous pour une amélioration de la conjoncture...

Source: McViti

Les Domaines Barons de Rothschild (DBR) ont investi dans le vignoble chinois avec un groupe local CITIC en 2008 pour créer un vin haut de gamme. Son nom, le domaine Long Dai. Les premières bouteilles vont être enfin disponibles sur le marché chinois à partir de septembre.

Le développement des surfaces viticoles chinoises est en très forte croissance ces dernières années. Aujourd’hui, en surface, il est le deuxième vignoble mondial après l’Espagne et le sixième producteur de vin, et il se rapproche des volumes argentins. Encore maintenant, la majeure partie de sa production est tournée vers le raisin de table et le raisin sec. Mais les vignobles à objet viticole progressent chaque année et de nombreux investisseurs étrangers ont planté des vignes dans les principaux vignobles de ce pays continent à l’instar du Château Lafite Rothschild ou du groupe français Pernod Ricard.

Le terroir choisi par les équipe de Lafite est situé au nord-ouest de la Chine, sur des sols en terrasses granitiques dans la Qiu Shan Valley sur 30 hectares, dont 25 sont en production. Les cépages plantés sont pour trois d’entre eux bordelais : le cabernet sauvignon, le cabernet franc et le merlot. Mais aussi ont été plantés deux autres cépages au caractère plus sudiste : le marselan, un croisement entre le cabernet-sauvignon et le grenache noir, et l’alicante, cépage colorateur, croisement entre le grenache noir et le petit-bouschet.

Enfin, le cépage roi des Côte du Rhône complète la gamme avec la syrah. Le premier millésime de Long Dai à voir le jour est le 2017. Il s'agit d'un assemblage de cabernet-sauvignon, de marselan et de cabernet franc. Avant toute chose, d’importantes recherches pédologiques ont été opérées. L’attention au vignoble fut tout aussi méticuleuse pour avoir de parfaites maturités. Le vin a enfin été élevé 18 mois dans des barriques de chêne français de la tonnellerie des Domaines à Pauillac, précise l’équipe du célèbre premier grand Cru girondin. Les premières vignes avaient été plantées en 2011.

Terre de vin, dans un article paru sur son site Internet le 9 juillet 2019, nous précise que seront disponibles à la vente 2500 caisses pour cette première mise en marché du 2017, soit 30 000 bouteilles environ. L’article révèle aussi le casting pour réaliser ce premier millésime : parmi les acteurs de cette nouvelle étiquette, on peut citer Olivier Trégoat, qui est aussi le directeur de nombreuses propriétés du groupe comme le Domaine d’Aussières dans le Languedoc, la Bodegas Caro en Argentine, Vina Los Vascos au Chili et désormais Long Dai. Deux Chinois ont également d’importantes responsabilités, Zhang Peng et Liang Chen. Le premier a intégré l’équipe technique. Natif de la région de production de Long Dai, il est œnologue, passé par les écoles de Beaune et de Montpellier. Liang Chen, enfin, est maître de chai. Il vient de la région du Henan; il est aussi passé par la faculté d’œnologie de Dijon avec un stage à Pichon-Longueville.

Le millésime 2017 de la propriété sera disponible à l'achat le 19 septembre de cette année, mais uniquement sur le marché chinois. Le prix reste à confirmer. Les livraisons devraient commencer en novembre. Selon Jean-Guillaume Prats, PDG de DBR, Long Dai sera distribué sur le marché chinois exclusivement par Pernod Ricard China, avec lequel DBR a noué un partenariat à long terme. En ce qui concerne les pays extérieurs à la Chine, Jean-Guillaume Prats a indiqué que « la distribution sur les marchés d'exportation sera abordée à un stade ultérieur, au début de 2020 ».

Ne reste plus qu’à déguster ce nectar… Mais il ne sera pas facile, sans doute, de s’en procurer. Sauf en faisant un aller-retour à Pékin en cette fin d’année…

Source: McViti