samedi 2 mars 2024
Emmanuel de Vaucelles

Emmanuel de Vaucelles

Âgé de 45 ans, ingénieur agricole, diplômé de l’IHEDREA (Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole en 1995), j’ai poursuivi mes études par un master de Gestion, Droit et Marketing du secteur Vitivinicole et des Eaux de Vie dépendant l’Université de Paris 10 Nanterre et de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin - 1997). Lire la suite...

Évènement en Bourgogne, la maison Joseph Drouhin vient d’annoncer l’acquisition de Château de Chasselas à Saint-Véran, en Saône-et-Loire et du domaine Rapet à Saint-Romain, en Côte-d'Or.

La Maison Joseph Drouhin, fondée à Beaune en 1880, est un négociant-producteur en Bourgogne. Elle possède des vignobles à Chablis, en Côte de Nuits, Côte de Beaune et Côte Chalonnaise et désormais dans le Maconnais, ainsi que dans la Willamette Valley en Oregon sur la côte ouest des États-Unis. C'est l'une des principales Maisons de vins au même titre que d’autres acteurs majeurs dans cette région comme la Maison Louis Latour ou la prestigieuse Maison Albert Bichot. Ce sont les arrière-petits-enfants de Joseph Drouhin qui dirige l’entreprise aujourd’hui.

Fort de ces deux nouvelles acquisitions, Drouhin couvre donc toute la Bourgognes sur près de 100 ha. Son vignoble se compose dorénavant de 60 appellations, dont 14 grands crus et 20 premiers crus.

Le communiqué de presse de l’acquisition par Drouhin de Château de Chasselas à Saint-Véran et du domaine Rapet à Saint-Romain, est un évènement exceptionnel. À l’origine de cette double opération, il y a un constat : «La Bourgogne est en tension car les rendements baissent. Il y a une vraie concurrence entre les différents acteurs du négoce pour sécuriser les approvisionnements en raisins ou en jus de raisin, explique Frédéric Drouhin, président de la maison éponyme.

Les rendements chutent du fait des évènements climatiques. En effet, le gel et la grêle ont durement frappé le vignoble ces quinze dernières années. En parallèle la demande augmente puisque les vins de Bourgogne sont à la mode. Côte de Nuits et côte de Beaune font fantasmer le monde des amateurs de vins. En conséquence, les prix s’envolent pour atteindre des niveaux stratosphériques pour certains crus prestigieux. 

Une situation qui peut inquiéter les producteurs : «Chez Joseph Drouhin, nous cherchons à garantir les approvisionnements et à stabiliser les prix. Nous nous sommes dit qu’il fallait renforcer le domaine. Mais certaines appellations, telle Musigny, sont inaccessibles quand on ne s’appelle pas Bill Gates. Nous nous sommes donc tournés vers des appellations plus abordables que nous connaissions et commercialisons déjà. Le hasard a voulu qu’un de nos fournisseurs de raisin vende sa propriété». La famille Drouhin a ainsi acquis le domaine Rapet Père et Fils à Saint-Romain, où le prix de l'hectare oscille entre 680 000 € et 700 000 €. Le domaine comprend 13 ha de vigne, dont 8,5 ha en Saint-Romain rouge et blanc, 1 ha en Auxey-Duresses et moins d’1 ha à Meursault et à Pommard. 

Dans un contexte de réchauffement climatique, l’altitude élevée de ces vignes, qui sont situées entre 300 et 400 m, semble avoir été un argument important dans la décision d’acheter. «Le risque de gel tardif y est moins important. Et la géologie du site est fantastique avec un calcaire très dense», souligne Frédéric Drouhin dans son communiqué de presse. La famille compte bien convertir ce domaine en bio, comme c’est le cas pour l’ensemble de leurs vignes depuis les années 1980.

Dans le même temps, le domaine Joseph Drouhin vient aussi d’acquérir le château de Chasselas à Saint-Véran avec le partenaire Millésime Collection, qui a acheté la partie immobilière pour la convertir en hôtel. De son côté, Joseph Drouhin a repris le foncier viticole, c’est à dire 7,5 ha de chardonnay en AOC Saint-Véran, dont une parcelle candidate au classement en premier cru, et 0,5 ha de chasselas en vin de France. À Saint-Véran, le prix de l'hectare est évalué à 150 000 €. Drouhin s’appuiera sur l’équipe viticole en place. Les vins seront vinifiés dans la cuverie du château. Les vignes sont actuellement en conversion biologique. Cela s’inscrit dans la philosophie et les pratiques de Joseph Drouhin, en culture biologique depuis plus de 35 ans. «Nous connaissons bien les vins de Saint-Véran que nous avons commencé à commercialiser dans les années 1980», précise Frédéric Drouhin. La mise sur le marché du premier millésime de Saint-Véran Château de Chasselas Joseph Drouhin est prévue à l’été 2024.

L’investissement peut paraitre lourd à la lumière des prix à l’hectare mais s’explique par un marché du vin de Bourgogne à la limite de la spéculation. De plus, il est à noter que cette fois-ci le foncier reste dans l’escarcelle d’une entreprise historique locale et n’est pas repris par un investisseur étranger à la région, un investissement qui peut donc rassurer les acteurs locaux.  

Source: McViti

Comme chaque année, le site de vente aux enchères de vin français iDealWine publie ses résultats de l’année 2022 et analyse l’évolution du marché et deux chiffres sont à retenir, les volumes vendus augmentent de 4% mais la valeur de 40%.

Pour mémoire, fondé en 2000, iDealwine est le leader mondial des ventes aux enchères de vins fins en ligne et le premier commissaire-priseur de vin en France pendant six années consécutives. Avec son siège social à Paris et des bureaux à Bordeaux, Beaune et Hong Kong, iDealwine bénéficie de la confiance de 650 000 amateurs de vin dans plus de 60 pays pour l'achat et la vente de vin. En 2022, les ventes d'iDealwine (y compris enchères et forfait) ont atteint 53 M€ HT (+28%).

Cette publication vise à analyser le marché des enchères 2022 à l'aide des données recueillies sur la plateforme de l'entreprise. Il met en évidence les principales conclusions et perspectives à prendre en compte pour 2023, en plus des tendances régionales, des records de vente, des classements d'enchères et des étoiles montantes pour 14 régions viticoles distinctes. Au total, cette ressource inestimable s'étend sur 160 pages d'analyses et de conseils pour guider les amateurs de vin dans leurs décisions d'achat et de revente ainsi que dans la gestion de leur cave personnelle.

Il en ressort qu’en 2022, 47 ventes aux enchères ont été organisées sur iDealwine, dont 9 collections privées, d'une valeur minimale de 250K€ chacune, issues des caves personnelles d'amateurs de vin. Au total, 197 928 bouteilles (mise à l'échelle de 750 ml) sont passées sous le marteau en 2022 (+ 4 %), soit une valeur record de 38,3 M€ TTC (+ 40 %). Ces chiffres mettent en évidence l'impact de la hausse des prix, qui a eu un effet beaucoup plus important sur les ventes que l'augmentation des volumes. L'un des aspects déterminants des enchères d’iDealwine est la variété des régions représentées. Si Bordeaux, la Bourgogne et le Rhône représentent l'essentiel des ventes (73 % en volume, 83,6 % en valeur), chacune des 14 régions compte ses stars et ses trésors cachés. C'est l'un des éléments les plus enthousiasmants du Baromètre, puisque nombre de ces producteurs apparaissent dans les rubriques « signatures à suivre ».

Les vins les plus chers de 2022 (taxes et frais inclus) sont :
• Le domaine avec la valeur de vente la plus élevée : Domaine d'Auvenay (Bourgogne) – 386 bouteilles (en 750 ml) vendues pour une valeur de 2,1 M€, soit un prix moyen de 5 464 € par bouteille.
• Bouteille la plus chère au format 750 ml : Une bouteille de Musigny Grand Cru 2006 du Domaine Leroy – 34 100 €
• Bouteille la plus chère quel que soit le format : An imperial Petrus (Pomerol) 2015 – 62 000 €
• Lot le plus cher : Un assortiment de 12 grands crus de Bourgogne du Domaine de la Romanée-Conti (millésime 2018) – 1 Corton, 1 Montrachet, 2 Echézeaux, 1 Grands-Echézeaux, 2 Romanée-Saint-Vivant, 1 Richebourg, 3 La- Tâche, et 1 Romanée-Conti – 84 320 €

En analysant les résultats de l’année 2022, pas mal de tendances intéressantes se dégagent. Par zone géographique, les clients en France et dans le reste de l'Europe enregistrent les taux de surenchères les plus faibles par rapport au prix d’estimation fait par iDealWine (respectivement 15 % et 16 %), tandis que ceux d'Asie et des États-Unis enregistrent les taux les plus élevés, avec des taux de 21 % et 20 %. Au sein de l'Asie, les acheteurs japonais ont été les plus ambitieux avec un taux de 30 %. Deux des principaux facteurs en dehors de l'emplacement des clients étaient leurs préférences en matière de vin et leur profession. Les pays où la proportion des ventes bourguignonnes était plus élevée ont également connu des taux de surenchère plus élevés. Par exemple, 71 % des achats japonais et 61 % des achats américains provenaient de la Bourgogne.

Cependant, l’année n’a pas été linéaire come le rappelle iDealWine dans son communiqué qui pourrait se résumer par « une année, mais deux semestres contrastés ». En effet, si la première moitié de l'année a été marquée par de fortes hausses de prix, le dernier trimestre a vu un relatif apaisement de cette tendance, voire une baisse de prix pour certaines signatures qui s'étaient envolées auparavant. Il convient toutefois de noter que cette baisse des prix n'a pas annulé tous les progrès réalisés au premier semestre.

La domination toujours croissante de la Bourgogne : 1ère région en valeur (45,2% de la valeur des ventes totales, +65%) et 2ème en volume (22,8% du total). Le prix moyen de la bouteille (75 cl) a désormais atteint 384 €, + 59 % en un an). Les vins de Bourgogne occupaient également 31 places dans le TOP50 des lots en valeur ainsi que l'intégralité du TOP50 des bouteilles les plus chères et occupaient la première place du classement des vins bio et naturels.

En conséquence, les vins en agriculture dite durables figurent fréquemment parmi les bouteilles les plus chères aux enchères : en tête du classement, les vins du Domaine de la Romanée-Conti, d'Auvenay, Leroy et Leflaive sont tous biologiques et/ou biodynamiques. Les vins naturels impressionnent également, certains franchissant la barre des 1 000 € la bouteille (ex : Bizot, Selosse, Prieuré Roch).

Il est indiqué aussi que la rareté devient un critère essentiel de l'évolution des prix des vins : Micro-domaines, cuvées uniques, très vieux millésimes attirent systématiquement les appels d'offres.

Autre phénomène en 2022, la hausse des prix du Champagne : Deuxième région en termes de prix moyen de la bouteille 259€ (+42%)

En plus des vins rares en vente aux enchères, iDealwine propose également une vaste sélection disponible à prix fixe. Cette sélection ne cesse de s'étoffer, avec des vins issus directement d'un réseau de plus de 900 domaines partenaires et une gamme de vieux millésimes achetés en caves privées.

iDealwine a lancé en 2020 une plateforme de vente aux enchères de spiritueux fins, finespirits.auction, en partenariat avec le revendeur français La Maison du Whisky. Sept ventes aux enchères de ce type ont été organisées en 2022, débouchant sur 4 457 bouteilles vendues pour une valeur totale de 2,9 M€ (+ 82 %).

Il n‘en reste pas moins que la sensation qui se dégage au fur et à mesure que le marché des enchères évolue ces dernières années, est que le spéculateur semble l’emporter sur le consommateur et qu’aujourd’hui un certain nombre d’acquéreurs achète un vin comme il achèterait un titre en bourse privant les épicuriens de belles bouteilles qui ne peuvent plus s’offrir et partager à cause de prix devenus stratosphériques. À méditer…

Source : McViti

Avec la hausse du prix des bouteilles et la baisse de pouvoir d'achat, la consommation mondiale de vin et champagne s'est repliée en 2022, a indiqué jeudi 20 avril 2023 l'Organisation internationale du vin (OIV) lors d’une conférence de presse présidé par son directeur général M. Pau Roca.

Phénomène paradoxale que fait ressortir l’étude de l’OIV et repris par l’Agence France Presse dans une dépêche publiée le 21 avril : ça monte mais ça baisse…

Ça monte, les exportations de vin ont battu un nouveau record de valeur en 2022 (+9%), malgré des difficultés logistiques, qui ont rétréci les volumes expédiés de 5% (à 107 millions d'hectolitres). Sous l'effet d'une hausse de 15% des prix moyens des bouteilles exportées, les expéditions atteignent 37,6 milliards d'euros, "le chiffre le plus élevé jamais enregistré", selon le rapport annuel de l'organisation.

Ca baisse, après une embellie en 2021, liée à la levée progressive des restrictions sanitaires contre le Covid-19, "la guerre en Ukraine et la crise énergétique associée, ainsi que les perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales, ont entraîné une flambée des coûts de production et de distribution", a indiqué l'OIV. Les coûts du gaz ou du verre se sont envolés pour les producteurs, le prix des bouteilles aussi, ce qui s'est traduit par une baisse des volumes consommés. Ils tombent à 232 millions d'hectolitres, en repli de 1% par rapport à 2021.

L'inflation mondiale va se maintenir à des niveaux très élevés et les prix du vin ne vont pas baisser dans les prochains mois, a pronostiqué Pau Roca. Il note aussi que depuis plusieurs années la consommation a changé de manière importante: les vins rouges perdent des parts de marché, tandis que d'autres catégories comme le effervescents ou le rosé sont en progression. Les vins haut de gamme, prisés par une clientèle aisée, résistent aux difficultés.

De manière générale, la consommation de vin décroît "à un rythme régulier" depuis 2018, tirée notamment vers le bas par une diminution constante de la consommation chinoise (-16% en 2022). "Les États-Unis continuent d'être le plus gros consommateur du monde", et également le premier importateur, selon Pau Roca.

La production mondiale de vin, estimée à 258 millions d'hectolitres en 2022, est meilleure qu'attendu, avec une baisse de seulement 1%. "Une série d'événements météorologiques défavorables -- gel printanier, grêle, chaleur excessive et sécheresse -- ont été observés tout au long de l'année 2022", souligne l'OIV. Cependant, "l'absence de maladies graves du raisin et l'arrivée de pluies à la fin de l'été ont compensé" les aléas climatiques. L'Italie, la France et l'Espagne produisent encore cette année plus de la moitié du vin écoulé dans le monde.

L’année 2023 devrait être dans la même lignée que 2022 mais il est à noter que les vendanges dans l’hémisphère sud ont enregistré des volumes inférieurs à ceux des millésimes précédents même si toutes les statistiques n’ont pas encore été rendues publiques.  De quoi tendre un peu plus les marchés encore.

Source: McViti

Cela se murmurait dans le vignoble Bordelais mais maintenant c’est officiel, le millésime 2022 devrait être exceptionnel : avant la Semaine des Primeurs 2023 qui se déroulera du 24 au 27 avril en Gironde une présentation a été faite par le Comité Interprofessionnel  des Vins de Bordeaux (CIVB) afin de présenter le millésime 2022. Le temps chaud, sec et ensoleillé de l’été dernier a produit une grande année bordelaise mais avec une fois de plus, des volumes inférieurs à la moyenne.

Pour la troisième année consécutive, le volume de la récolte bordelaise est inférieur à la moyenne décennale, principalement en raison de la sécheresse qui a eu un effet majeur sur le rendement global du millésime 2022. S’ajoute à cela des événements climatiques extrêmes qui ont également frappé le vignoble entraînant des pertes importantes dans certains cas, notamment plusieurs nuits de gel dans la région début avril et des tempêtes de grêle extrêmes dans la nuit du 20 au 21 juin affectant plus de 10 000 hectares. En conséquence, les rendements produits sont inférieurs d’environ 11% aux moyennes décennales, à 4,1 millions d’hectolitres.

Le rapport du CIVB précise encore que les précipitations sur l’ensemble de l’année sont bien inférieures à la moyenne sur 30 ans, selon les données de Météo-France Direction Interrégionale Sud-Ouest de Bordeaux. Néanmoins, le mois de juin a été pluvieux avec  100 mm contre 70 en moyenne, tandis que juillet n’a vu que 3 mm contre 49 mm à d’habitude et qu’en août les précipitations ont été inférieures de 50%.

Les heures d’ensoleillement au printemps par rapport à la moyenne sur 30 ans ont été supérieurs avec entre autre un mois de mai  enregistrant 67 heures supplémentaires. Idem en été avec les mois de juillet et aout avec plus de 90 heures d’ensoleillement par rapport à la moyenne. Les pluies à la mi-août « ont insufflé une nouvelle vie aux vignes », a déclaré le CIVB, augmentant légèrement le volume des baies tandis que l’alternance de journées chaudes et de nuits fraîches a permis aux raisins d’atteindre « une maturité optimale ».

Cela a donné lieu à l’une des récoltes les plus précoces enregistrées dans la région. Les vendanges ont démarré 15 à 20 jours plus tôt que la normale. Cependant, les baies étaient parfaitement mûres et « dans un état sanitaire particulièrement bon au moment de la récolte ». Le temps doux était « idéal pour une cueillette sans hâte et à parfaite maturité », la cueillette se poursuivant jusqu’à la fin du mois d’octobre.

Les raisins pour les crémants et les vins blancs secs sur les terroirs à maturation précoce ont commencé le 16 août, suivis des cépages pour les vins rosés dix jours plus tard. Les vendanges des cépages rouges ont commencé avec le Merlot des terroirs les plus chauds vers le 1er septembre et les conditions climatiques ont permis quatre à cinq passages successifs dans le vignoble jusqu’à fin octobre. « Les conditions idéales à fin septembre ont favorisé le développement du botrytis (pourriture noble) sur les raisins destinés aux vins liquoreux », indique encore le CIVB.

Les rouges quant à eux, selon le CIVB, sont « exceptionnels, avec des tanins parfaitement mûrs et pourtant sans alcoolémie excessive », avec un « fruité unique, soyeux et concentré sans être lourd ». Il a également noté que le potentiel de vieillissement des vins conçu pour la garde était « particulièrement prometteur ».

Dans le cadre de son rapport du millésime 2022, le CIVB a mis en avant le choix fait dans le vignoble qui « s’est avéré crucial pour résister aux nouveaux records climatiques établis en 2022 ». Il a souligné le retard de la taille pour limiter le risque en cas de gel tardif, l’enlèvement personnalisé des feuilles et le palissage pour protéger les grappes du soleil, l’enherbement pour permettre à la vigne de conserver la fraîcheur du sol, et l’utilisation de l’agroforesterie, en particulier en bordure des parcelles où les arbres peuvent agir comme des écrans solaires. « Toutes ces pratiques, combinées à une connaissance fine de leurs terroirs, ont permis aux viticulteurs de produire des raisins de grande qualité malgré les conditions climatiques difficiles », précise le CIVB, tandis que « les racines profondes des vignes bordelaises et leur résistance naturelle au stress hydrique ont également contribué à la bonne maturation des cépages.

Un rapport qui redonne le moral aux producteurs et devrait mettre l’eau ou plutôt « le Vin à la Bouche » des acheteurs professionnels et qui devrait promettre une Semaine des Primeurs très  actives. Reste à savoir, dès lors, quelles sera l’évolution des prix dans un contexte internationale tendu.  

Source : McViti

La 62e vente des vins des Hospices de Nuits-Saint-Georges (Côte d'Or), petite sœur des célèbres enchères des Hospices de Beaune, a battu dimanche presque tous les records, confirmant l'engouement pour les bourgognes déjà constaté lors des ventes les années précédentes.

L’Agence France Presse (AFP), dans sa dépêche parue ce dimanche 12 mars, nous informe que les enchères ont pour la première fois dépassé les trois millions d'euros, à 3,603 millions d'euros (hors frais), contre 2,486 millions d'euros en 2022, soit un bond de 45%. Le prix de la pièce ressort à 22 518 Euros hors taxe et hors frais.

"Le record a été battu et bien battu", a jubilé Alain Cartron, maire de Nuits-Saint-Georges, sous les applaudissements de la foule rassemblée au château du Clos de Vougeot, siège de la Confrérie des chevaliers du tastevin, célèbre confrérie bachique bourguignonne.

L'an dernier, seulement 109 pièces (fûts de 228 litres) contre 160 cette année étaient proposées à la vente, en raison du gel tardif qui avait amputé la récolte. En 2021, la 60e vente avait atteint la somme totale de 1,9 million d'euros, pour 114 pièces. En 2022, le prix moyen de la pièce a donc lui aussi atteint un record, à 22 481 euros pour les rouges soit une hausse de près de 35% par rapport à 2021 (16 687 euros) et 58 000 pour l'unique pièce de blanc, soit une envolée de 115% sur 2021.

Pour 2023, l’établissement d'un nouveau record ne faisait guère de doute, le millésime étant "vraiment au sommet de la qualité", a jugé Aymeric de Clouet, expert en vin spécialiste des enchères. Les bourgognes ont, en 2022, bénéficié d'une pluie salvatrice, tombée fin juin à un moment crucial du développement de la vigne, ce qui l'avait armée pour résister à la sécheresse estivale. La forte demande internationale pour les bourgognes, et la rareté de l'offre après un millésime 2021 amputé et moins qualitatif de moitié par le gel tardif survenu cette année-là, promettaient par ailleurs de pousser les enchères.

Pour mémoire, les vins provenaient des plus de 12 hectares de vignes des Hospices de Nuits, presque tous situés à Nuits-Saint-Georges, avec une exception à Gevrey-Chambertin. Tous sont rouges, à l’exception d’une petite quantité de vin blanc (trois barriques cette année) du premier cru des Terres Blanches.

Parmi les vingt cuvées différentes gérées par Jean-Marc Moron, directeur technique des Hospices de Nuits, trois vins provenaient du premier cru monopôle du domaine, Les Didiers et trois des Saint-Georges, qui cherchent actuellement à devenir le premier grand cru de Nuits-St-Georges.

Le lot le plus cher était un fût de premier cru Les Saint-Georges Cuvée Georges Faiveley, acquis pour 55 000 € par le Domaine Faiveley. Un autre vin des Saint-Georges, la Cuvée des Sires de Vergy, a attiré de fortes enchères allant jusqu’à 48 000 € le fût.

Pendant ce temps, une pièce spéciale Les Saint-Georges tirée de certaines des plus anciennes vignes du domaine et nommée en l’honneur du premier donateur de vignobles des Hospices, Hugues Perdrizet, a été achetée pour 40 000 € par la maison Beaunoise Albert Bichot.

Cette année, la Cuvée de charité, assemblage des neuf premiers crus des Hospices, a permis de récolter 63 630 € pour les Blousons Roses, une association caritative qui vient en aide aux personnes vulnérables dans toute la France.

Parmi les principaux acquéreurs des enchères, les Maisons Albert Bichot, Thibault Liger-Belair, Edouard Delaunay, Boisset et Patriarche ont été remarqués. A noter que la Maison Albert Bichot garde son titre de principal acheteur en remportant 22% des enchères.

Pour la quatrième année consécutive, la vente a été menée par le commissaire-priseur Hugues Cortot de Cortot & Associés et l’expert en vin Aymeric de Clouet, et a été diffusée en direct en ligne.

Source: McViti

Les domaines Henri Jayet Armand Rousseau, Emmanuel Rouget, Albert Bichot ou Ponsot en Bourgogne vous font rêver ? Les Hermitages de Jean-Louis Chave vous subjuguent ? Vega Sicilia en Ribeira del Duero vous fascine, Château d’Yquem à Sauternes vous permet d’atteindre le Paradis sur terre ? Tous ces grands noms mais bien d’autres encore tout aussi fantastiques, vous sont proposés à la vente à Paris à la Maison de la Chimie en ce mois de Février.

Paris sera bien la capitale du Vin en cette troisième semaine de février.  En effet, du 13 au 15, Porte de Versailles Wine Paris reçois l’ensemble des acteurs du vin du monde entier pour sa 4ème édition et il espère bien devenir le plus grand salon des professionnels du secteur. Et le 16 et le 17 février, les amateurs et collectionneurs auront les yeux rivés sur la Maison de la Chimie qui accueillera l’une des plus belles ventes aux enchères de l’année avec une offre de vin rarement égalée tant en terme du nombre de lots qu’en terme de qualité. Les plus belles maisons de la France entière et même du monde y seront représentés avec toutefois une présence bourguignonne très marquée ce qui devrait aiguiser l’appétit des acquéreurs. Toute cette belle organisation a été préparée par Thierry de Maigret, commissaire-priseur reconnu et qui s’est déjà illustré dans des superbes ventes aux enchères à Paris ces dernières années.

Le communiqué de presse met l’eau ou plutôt le vin à la bouche : « Depuis plus de cinquante ans, Michel Bonnefond était un passionné de vins. Il a ainsi rassemblé dans sa cave des exemples de toute la production viticole française, de toutes les régions, parcourant sans relâche le vignoble pour y dénicher les meilleurs producteurs qui étaient souvent, à cette époque, des inconnus prometteurs, devenus depuis les icônes de l’élaboration du nectar de Bacchus.

D’une générosité sans équivalent, il partageait sa passion avec ses amis et sa famille, débouchant avec délectation ses meilleurs crus, de la Bourgogne à Bordeaux, de l’Alsace au Languedoc, de la Loire aux Côtes-du [Rhône, sans oublier la Champagne.

Cet assemblage exceptionnel de crus aussi divers, de tous les millésimes d’après-guerre est aujourd’hui présenté à la vente et permet à tous les amateurs d’accéder aux bouteilles les plus rares comme aux vins les plus simples, toujours choisis avec soin et sens de la découverte. Il existe d’autres caves remarquables en France et dans le monde, mais peu qui offrent une telle intelligence du vignoble et une telle diversité.

Entreposés dans une cave naturelle, avec une humidité constante, les vins ont merveilleusement évolué au fil du temps, et les étiquettes portent témoignage de la qualité de la conservation, de par leurs imperfections, qui les ont rendues parfois difficiles à déchiffrer, le mystère s’ajoutant au plaisir de la découverte.

On découvrira par la même occasion   quelques bouteilles de son propre vignoble en appellation Ruchottes-Chambertin, qu’il avait choisi de faire vinifier par Christophe Roumier, cuvée confidentielle que l’on peut enfin acquérir au cours de la vente. »

Après une telle promesse, tous les épicuriens du vin de la planète devraient se précipiter aux enchères. Sachant qu’outre des lots d’exceptions, des vins tout à fait remarquable mais très accessibles en prix sont aussi proposés avec un large choix de vins de Loire, des Champagnes millésimés, un éventail de vins d’Alsace représentant bien la région mais aussi et c’est appréciable, une offre de vins de Provence, du Languedoc Roussillon et du Sud-ouest trop souvent oubliés dans ce genre d’évènement mais que Thierry de Maigret a su mettre en avant pour cette belle vente.

Au-delà des amateurs et collectionneurs, cette vente pour les experts, va être très suivi afin de prendre la température du marché : La Bourgogne va-t-elle battre de nouveaux records ? Les vins de Bordeaux vont-ils repartir à la hausse ? Les Côtes du Rhône vont-ils continuer leur croissance exponentielle ? Quid de l’évolution des vins étrangers proposés ? Et tout cela dans un contexte économique dégradé. Un premier bilan attendu pourra être fait dès le 17 février au soir à la clôture des enchères. A suivre donc mais cette vente devrait faire couler pas mal d’ancre dans le microcosme…

Catalogue

Source: McViti

Le groupe Artémis continue de se développer avec une nouvelle opération de croissance externe mais cette fois-ci en Champagne avec l’acquisition définitive de l’un des fleurons des maisons Champenoises, la Maison Jaquesson.

Jacquesson est fondée en 1798. Ses vignobles de 28 hectares sont situés dans les villages classés grand cru d'Aÿ, d'Avize et d'Oiry et dans les villages classés premier cru de Dizy, d'Hautvillers et de Mareuil-sur-Aÿ, complétés par 15 ha d’achats uniquement en premiers et en grands crus issus de ces villages mais également ceux de Chouilly et de Cumières. La renommée de Jaquesson remonte au XIXe siècle d’une part grâce à Napoléon 1er qui selon la légende disait que ce Champagne était son préféré mais d’autre part parce qu’en 1844, la maison Jacquesson avait déposé le brevet du muselet qui révolutionna le bouchage du Champagne et celui des vins effervassent en général.

Artémis Domaines, qui détenait depuis février 2022 une participation minoritaire dans le capital de Jacquesson aux côtés de la famille Chiquet, vient d’acquérir le solde et devient ainsi l’actionnaire unique de cette maison de champagne emblématique, qui était entre les mains de la famille Chiquet depuis 1974. Une façon, indique un communiqué de Presse annonçant cette opération, de «pérenniser l’avenir» de la maison «et en confier les rênes à un groupe rompu à la culture de terroirs prestigieux et réputé pour produire des vins d’exception dans un respect strict de l’environnement».

Pour rappel, Artémis Domaines compte déjà dans son portefeuille plusieurs joyaux des vignobles français et américains. Majoritairement détenu par la famille Pinault aux côtés de la famille Henriot, Artémis Domaines est propriétaire de Château Latour, 1er grand cru classé 1855 à Pauillac, du Clos de Tart à Morey-Saint-Denis et du domaine d’Eugenie à Vosne-Romanée en Bourgogne, du vignoble de Château Grillet dans la vallée du Rhône, Bouchard Père et Fils à Beaune, William Fèvre à Chablis, Champagne Henriot à Reims, ou encore le domaine Eisele Vineyard situé dans la Napa Valley en Californie et Beaux Frères dans l’Oregon.

Frédéric Engerer, directeur général d’Artémis Domaines, déclare dans le même communiqué: «L’extraordinaire travail de la famille Chiquet, qui a su faire de la Maison Jacquesson un incontournable de la Champagne, reconnue par les amateurs du monde entier et saluée par les plus grands critiques. Son positionnement d’excellence et le tempérament vigneron de ses vins résonnent parfaitement avec les valeurs et les savoir-faire d’Artémis Domaines. Après une période de transmission des savoirs pendant l’année 2022, nous sommes très honorés de pouvoir prendre la relève.» La direction générale de la Maison Jacquesson continuera d’être assurée par Jean Garandeau nommé en septembre 2022. Jean-Hervé Chiquet continuera de siéger au Conseil d’Administration.

Artémis continue donc son développement et nul ne sait ou cette marche en avant va s’arrêter mais les ambitions pour ce groupe sont grandes et les moyens presque illimités. En 2023, nous pourrions à nouveau avoir des nouvelles du groupe via de nouveaux achats tant en France qu’à l’étranger. A suivre, donc.

Source: McViti

Comme chaque année depuis 1945, Château Mouton Rothschild, 1er Grand Cru Classé 1855 (Pauillac), a fait appel à un artiste pour illustrer l’étiquette de son nouveau millésime disponible à la vente, le 2020. Il s’agit de l’artiste britannique d’origine écossaise, Peter Doig.

Pour mémoire, le Château Mouton Rothschild est un domaine viticole du Médoc, situé dans la commune de Pauillac. Il produit l'un des vins de Bordeaux les plus prestigieux, en appellation pauillac. Second grand cru dans la Classification officielle des vins de Bordeaux de 1855, il est le seul vin dont le classement est modifié, passant Premier grand cru en 1973. Nommé initialement « Château Mouton », il est la propriété de la branche anglaise de la famille Rothschild depuis 1853. L'emblème du château est le bélier.

Peter Doig Château Mouton Rothschild 2020

La propriété s'étend sur 91 hectares de vignes.  L'encépagement est typique du Médoc : cabernet sauvignon (78 %), cabernet franc (3 %), merlot (18 %) et petit verdot (1 %).

C’est une tradition qui a près de 80 ans : depuis 1945, les étiquettes de chaque millésime de Château Mouton Rothschild sont illustrées par des œuvres originales. Elles enrichissent année après année, une collection unique d’art contemporain qui réunit des artistes très différents et venant de tous les horizons tels que Dali, César, Miró, Chagall, Picasso, Warhol, Soulages, Bacon, Balthus, Tàpies, Jeff Koons, David Hockney, Annette Messager, Olafur Eliasson, mais aussi des personnalités comme Charles III, futur roi d’Angleterre qui dessina l’étiquette 2004

L’an dernier, pour le millésime 2019, c’était Olafur Eliasson, artiste danois et islandais, qui signait l’étiquette avec une œuvre baptisée « Solar Iris of Mouton ». Elle se voulait ainsi une célébration de « l’alliance du soleil et du vin. »  Pour cette année, c’est le peintre britannique d’origine Ecossaise, Peter Doig, qui réalise l’œuvre en question, mariant selon lui « des échos de Cézanne et Van Gogh à une fascinante rêverie personnelle sur la naissance nocturne d’un grand vin, que l’étrange magie d’un air de guitare semble éveiller à la vie ».

Le site Terre de Vins dans un article paru ce jeudi 1er décembre, nous présente l’homme et son œuvre du moment : «  Né à Édimbourg en 1959, Petr Doig a grandi à Trinidad et au Canada, avant de s’installer à Londres pour suivre des études artistiques à la Saint Martins School of Art puis à la Chelsea School of Art. Depuis 2002, il vit entre Londres et Trinidad. « Cette œuvre montre un peu les coulisses de la production de vin, ce qui se passe ‘derrière la scène’. C’est une sorte d’ode aux travailleurs, à tous ceux qui interviennent dans les différentes étapes de l’élaboration du vin jusqu’à la mise en bouteille finale. C’est un songe teinté de romantisme, comme si quelqu’un décidait spontanément de chanter dans les vignes. C’est un moment de poésie, où l’on peut prendre son temps. Ce n’est ni vraiment le jour, ni vraiment la nuit, mais plutôt un entre deux, entre le réveil et le sommeil. Il est possible d’y voir un périple, un voyage rêvé dans le monde des vendanges » précise-t-il. »

Julien de Beaumarchais de Rothschild, l’un des trois copropriétaires du Château avec son frère et sa sœur explique dans un communiqué de presse le choix de Peter Doig : « Nous souhaitions un artiste qui utilise la toile et la matière picturale pour exprimer des sujets figuratifs. Peter Doig, coloriste hors pair, est exclusivement concentré sur sa discipline de peintre dont il est devenu un des plus célèbres de sa génération, exposé dans les musés du monde entier. Sa technique et son univers ont quelque chose de très singulier dans la création picturale contemporaine. Ses sujets sont extrêmement variés. Sa peinture échappe à tout classement. Il a réussi la création de ‘son’ monde à lui, inimitable. » C’est bien une forme d’originalité qu’a cherché à mettre en avant le copropriétaire. De Mouton pour ce nouveau millésime

En complément de la révélation de la nouvelle étiquette, Baron Philippe de Rothschild SA propose, en partenariat avec la maison Américaine Sotheby’s, une vente aux enchères en ligne exceptionnelle, d’un lot unique de Château Mouton Rothschild 2020. Les fonds récoltés seront intégralement reversés aux pompiers de la région bordelaise pour les doter de moyens additionnels de prévention des incendies. Cette initiative fait suite aux incendies de cet été dans les Landes ou plusieurs milliers d’hectares de forêt avaient brulé. La vente aux enchères se clôturera le vendredi 2 décembre à 19h00. 

Dans le commerce, cette belle bouteille devrait être mise à la vente pour un montant avoisinant les 800 euros. A noter que le millésime 2020 fait partie de la trilogie de trois bons millésimes successifs le 2018, le 2019 et le 2020.

Source: McViti

C’était attendu par les spécialistes, mais sans doute pas à cette hauteur, avec une recette totale de 28 978 millions d’euros sans les frais, l’édition 2022 a plus que doublé le précédent record de 13,97 millions d’euros établi en 2018.

Les participants dans les halles de Beaunes, les spectateurs à l’extérieur, les internautes qui ont suivi la vente derrière leur écran, ainsi que l’ensemble de la presse, ont été saisis par une certaine stupéfaction au fur et à mesure de l’avancée de la vente ce dimanche. «Les résultats sont historiques et spectaculaires». Le directeur des Hospices civils de Beaune, en Côte-d’Or, François Poher, n’a pas pu contenir son enthousiasme dimanche, après la flambée des prix de la 162e vente des vins de l’établissement hospitalier.

L’édition 2022 des plus anciennes enchères caritatives au monde organisée pour la deuxième fois par la maison Sotheby’s, a en effet fait exploser tous les compteurs. Avec une recette totale de 28 978 millions d’euros sans les frais, ces enchères ont plus que doublé le précédent record établi en 2018 (13,97 millions d’euros).

«Exceptionnel», «incroyable», «inimaginable»… Les superlatifs ont ainsi fusé parmi les 800 acheteurs réunis sous les Halles de Beaune, capitale des vins de Bourgogne. Le prix moyen du fût de vin a lui aussi connu un nouveau plus haut, à 35 974 euros (+8 %). Tout s’est emballé. Pour mémoire, un fût représente 228 litres, soit environ 300 bouteilles.

L’abondance de la récolte 2022 avait certes déchaîné les prévisions de nouveaux records, mais sans anticiper un tel niveau. Cette année, en effet, le nombre de lots était exceptionnel: 802 pièces étaient à prendre, non loin du plus haut de 843 lots en 2018. Les importantes pluies de juin ont permis à la vigne de bien résister à la sécheresse estivale, au point de donner un millésime «exceptionnel».

«On est passé d’un extrême à l’autre: du millésime 2021, le plus petit depuis 40 ans, à un millésime très abondant», résume Amayès Aouli, directeur Europe chez Sotheby’s Wine, organisateur de la vente. Les vendanges 2021 avaient en effet été amputées de moitié par un gel printanier dévastateur. Seuls 356 fûts avaient été proposés à la vente cette année-là, du jamais vu depuis 1977. Après la rareté de 2021, l’abondance de 2022 a aiguisé «l’appétit des acheteurs», explique Amayès Aouli. «Après les années COVID et les restrictions de voyage, beaucoup de clients sont venus de loin», de Chine, notamment.

De l’argent pour Princesse Margot et Vision du Monde

En fin d’après-midi déjà, la «pièce des présidents», un fût de prestige traditionnellement dédié à une œuvre caritative autre que les Hospices, avait déjà atteint un nouveau record à 810 000 euros, contre 800 000 euros l’an dernier. «Bravo à tous», avait alors lancé du haut de l’estrade Frédéric Drouhin, président de la grande maison de vins bourguignonne qui porte son nom, après avoir remporté, au sein d’un collectif de négociants, des enchères folles. La recette de cette «pièce», un fût de 228 litres (304 bouteilles), était réservée aux associations d’aide à l’enfance Princesse Margot et Vision du Monde. «Bravo», s’est également enflammé l’acteur Benoît Magimel, venu faire monter les enchères avec l’animatrice Flavie Flament.

Le produit des autres lots est destiné aux équipements et à la rénovation des quatre hôpitaux et six Ehpad, soit un millier de lits que regroupent actuellement les Hospices civils. Ces derniers ne reçoivent aucune aide de l’État pour ces dépenses, qui sont donc entièrement financées par les vignes données aux Hospices depuis leur fondation, en 1443.

Albéric Bichot, patron de la Maison Albert Bichot et l'un des principaux acheteurs historiques, donne quelques explications au site de France 3 Bourgogne sur un tel niveau de prix: «Nos clients, qui étaient avec nous [les maisons de négoce, ndlr], ont suivi la tendance pour plusieurs raisons: une grande qualité de millésime, une quantité qu'ils n'avaient pas pu avoir l'année dernière et l'aspect caritatif aussi.»  Il ajoute :«Et d'un point de vue international, nos amis chinois, américains, anglais, écossais, etc. ont suivi et ils savent que c'est un grand millésime, rare malgré tout, parce que c'est la Bourgogne.»  Il conclut « Aujourd'hui, les consommateurs en France et ailleurs cherchent davantage des vins sur la finesse et l'élégance, plutôt que des vins trop tanniques. Cette finesse, cette qualité du pinot noir, et ce chardonnay qui fait rêver le monde... C'est en Bourgogne!»

Et, face à cette édition record, «Beaune est plus que jamais la capitale mondiale du vin», conclut, sourire aux lèvres, Alain Suguenot, le maire de cette commune de plus de 20 000 habitants pour InfosDijon.

Reste qu’à un tel niveau de prix, une partie croissante des amateurs sont exclus de ce marché, qui pourrait ressembler de plus en plus à une bulle spéculative.

Source : McViti

La 162e vente des Hospices de Beaune se déroulera le week-end du 20 novembre et compte tenu de la qualité du millésime, tous les records pourraient être battus.

Le 21 septembre dernier, à l’issue de la fin des vendanges, une conférence de presse organisée par les Hospices de Beaune s’est tenue pour faire un point sur la transition en bio du Domaine des Hospices et sur la qualité du millésime 2022 qui sera présenté aux enchères.

François Poher, Directeur des Hospices de Beaune et Ludivine Griveau, ont rappelé toute la logique qui prévaut dans le déploiement du vin bio au sein des Hospices, "c'est un partage de convictions communes, une éthique de soins, c'est une double motivation dans notre conversion".

«Il a fallu du temps et de l'observation dans le comportement des vignes. Il fallait solder les prérequis» a lancé Ludivine Griveau, qui voit l'achèvement d'un dossier vieux de plusieurs années. L'adhésion des équipes «s'est faite comme une évidence mais il a été nécessaire de changer les gestes et admettre que ça prend du temps», saluant au passage le soutien de la Chambre d'Agriculture de Côte d'Or et du FREDON Bourgogne-Franche Comté pour leurs accompagnements. Pour rappel le FREDON est un organisme spécialisé dans le suivi sanitaire de la plante et à un rôle de conseil et de contrôle.

«Nous voilà l'année 2» (la conversion dure 3 ans NDLR) a salué le régisseur du domaine tout en précisant «que ça ne nous affranchit pas des autres enjeux»

En termes de qualité et de quantité, de la Saône et Loire à la Côte d'Or, les 60 hectares des Hospices de Beaune ont donné à plein régime. Aucune appellation n'échappe au plein rendement. «Ce millésime nous en met plein les yeux» avoue Ludivine Griveau. Un millésime qui s'est appuyé sur un hiver doux, une pluviométrie correcte malgré les apparences et cet «état anormalement sain». Et le rendement est au rendez-vous avec des cuves qui débordent de partout... "Tout est plein !»

Revenant sur cette année avant les vendanges, «la pousse a été explosive... depuis le début, la vigne était en forme» raconte Ludivine Griveau, alors que les inquiétudes pesaient sur la capacité à engranger du volume, au regard des années précédentes. «Nos vendanges ont les plus longues depuis ces 20 dernières années" avec plus de 15 jours au compteur, finissant par celles de Saint-Romain. «Parce que c'était très beau, on a pris la décision d'attendre... et on ne le regrette pas».

Ce seront donc 802 pièces (tonneaux de 228 litres) qui seront présentés aux enchères. Les volumes du millésime s’approchent des records, et dépassent de loin les 351,5 pièces de la maigre année 2021. Alors que la demande pour ces prestigieux vins primeurs ne cesse de croître, et que les prix s’envolent depuis une décennie, les enchères s’annoncent longues. La maison d’enchère Sotheby’s, responsable de l’organisation, estime qu’elles pourraient se terminer tard dans la soirée du dimanche.

«Il y aura 51 cuvées : 18 en blanc, et 33 en rouge. Cela représente un total de 182 pièces de blanc et 620 pièces de rouges», annonce Ludivine Griveau, qui révèle également la présence au catalogue de cuvées inédites. «Un Beaune 1er cru Clos des Mouches blanc, cuvée Hugues et Louis Bertaut fait son arrivée suite à sa replantation. Et c’est une première cette année : nous mettons en vente quatre cuvées de Corton : une Bressande, un Renardes, et un Les Chaumes, ainsi que la pièce de charité. C’est un pas important dans le respect de notre tradition bourguignonne, celle des climats.»

Deux mois après la récolte, Ludivine Griveau juge ses rouges «consistants, c’est à dire tanniques, puissants et charpentés, mais également soyeux, juteux et fruités. Le toucher des tanins est très spécifique à l’année.» Quant aux blancs, «ils ont une belle présence aromatique, et je suis très contente de leur densité», confie l’œnologue.

Les résultats de cette vente iront aux établissements hospitaliers de Beaune. À une exception : la pièce des présidents, dont les bénéfices vont traditionnellement à une cause de charité. Cette année, c’est celle de l’enfance qui a été choisie, avec deux associations. Princesse Margot d’une part, qui soutient les enfants victimes de cancers et Vision du Monde, qui intervient auprès d’enfants défavorisés dans le monde entier.   Une cause parrainée par deux personnalités françaises : la journaliste Flavie Flament et l’acteur Benoit Magimel. Tous deux auront pour tâche d’animer la vente de la pièce de charité afin de faire monter les enchères. Un défi de taille, après la performance exceptionnelle de Pio Marmaï en 2021.

«La pièce de charité 2022 sera un assemblage de trois climats de Corton grand cru, vinifiés séparément : Les Bressandes, Les Renards, et Les Chaumes», a révélé Ludivine Griveau. Un hommage à Louis-Fabrice Latour, dirigeant de la maison Louis Latour décédé en septembre, «car c’était un enfant de ce cette colline». Hommage qui ne s’arrête pas là : le vin est élevé dans «une pièce unique de la tonnellerie Latour, celle de la famille, au grain extra fin et chauffe légère-longue comme, l’aimait Louis-Fabrice».

Un évènement à suivre en direct le dimanche 20 novembre sur le site des Hospices de Beaune et qui promet d’être animé.

Source : McViti

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