samedi 14 décembre 2019
Chroniques d'Emmanuel de Vaucelles
Emmanuel de Vaucelles

Emmanuel de Vaucelles

Âgé de 45 ans, ingénieur agricole, diplômé de l’IHEDREA (Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole en 1995), j’ai poursuivi mes études par un master de Gestion, Droit et Marketing du secteur Vitivinicole et des Eaux de Vie dépendant l’Université de Paris 10 Nanterre et de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin - 1997). Lire la suite...

La famille Moueix n’a pas dû en croire ses yeux en lisant l’arrêt de la Cour de Cassation et elle doit encore se gratter la tête pour savoir comment protéger l’utilisation du nom Pétrus par d’autres metteurs en marché. En effet, cette dernière a rejeté, le mercredi 12 juin dernier, le pourvoi du célèbre château bordelais à Pomerol, qui réclamait à une société girondine de ne plus commercialiser de vin utilisant le mot Petrus.

Terre de vin, dans un article paru le 13 juin sur son site Internet, rappelle que le litige remonte à huit ans, quand les frères Coureau décident de nommer leur vin « Petrus Lambertini Major Burdegalensis 1208 » en référence au premier maire de Bordeaux au XIe siècle. Petrus tente tout de suite de bloquer l’initiative en s’opposant au dépôt de marque des frères à l’INPI (Institut national de la propriété industrielle). En vain.

Petrus, copropriété à Pomerol de la famille Moueix et à hauteur de 20% d’un investisseur américano-colombien, Alejandro Santo Domingo, depuis 2017, actionnaire du leader mondial de la bière ABLnBey, ne se déclare toutefois pas vaincu et en 2017, poursuit en correctionnel CGM après la publication sur Internet d’une annonce d’un particulier souhaitant revendre des bouteilles du « second vin de Petrus ». L’appellation « second vin » figurant en effet sur l’étiquette.

En première instance, Petrus gagne, le tribunal estimant qu’il existe un risque de confusion, même si le vin des frères Coureau se vend autour de 10 euros la bouteille, bien loin des sommes astronomiques atteintes par le cru prestigieux.

Un an plus tard, la Cour d’appel annule ce jugement, estimant notamment que, si les frères Coureau avaient certes fait « une utilisation habile » de la marque, un « consommateur moyennement averti en matière de vin » ne se laisserait pas tromper, rappelle l’arrêt de la Cour de cassation. « Attirer l’attention du client ne signifie pas le tromper ou risquer de le tromper », relevait la Cour d’appel. Et « l’appellation de second vin n’est pas interdite, même en l’absence de premier vin ».

Comme pour le premier cru classé de Pauillac quelques années plutôt, Château La Tour, La plus haute juridiction judiciaire française a estimé que la Cour d’appel de Bordeaux avait eu raison, en avril 2018, de rejeter les poursuites du prestigieux château contre CGM, la société des frères Coureau. Il n’en reste pas moins que la protection des marques viticoles est un sujet grave et qui pose des vraies difficultés aux grands noms des vin et spiritueux français et européens, en particulier sur certains marchés asiatiques et les pays ne respectant pas les règles de l’OMC. (organisation Mondiales du Commerce. Débat à suivre, donc… Et surtout, il serait intéressant de demander aux juges de la haute cour ce qu’ils entendent par « consommateur moyennement averti en matière de vin » à l’échelle de notre petite planète bleue? Toute chose n’étant pas égale, par ailleurs… L’information et la formation sur le vin est-elle la même pour un consommateur en France, au Québec, aux États Unis en Corée ou en chine?

Source: McViti

Pour la première fois, des maisons de négoce de Bourgogne étaient collectivement présentes à Paris, la semaine dernière, pour une dégustation de leurs cuvées phares. L’occasion pour un peu plus de 25 producteurs, de tailles très variables, de rappeler leurs spécificités de vinificateur, d’éleveur, mais aussi de propriétaire dans les plus prestigieuses appellations du vignoble.

Rendons donc à César ce qui lui appartient… Une certaine idée de la Bourgogne a été entretenue et développée par une profession qui reste méconnue: les négociants. Ils ont longtemps régné sans partage sur la destinée du vignoble. Le XIXe siècle est même leur âge d’or. Ils s’approvisionnaient auprès des viticulteurs de la côte, mettaient en bouteilles et surtout parcouraient le monde.

Aujourd’hui pourtant, la Bourgogne est incarnée dans l’imaginaire collectif par un vigneron cultivant amoureusement ses quelques hectares de vignes familiales. Un viticulteur, proche de la terre, mettant sa propre récolte en bouteille pour la vendre à une clientèle de fidèles habitués. Confrontée à la réalité, cette image d’Épinal mérite d’être largement amendée.

60% des vins de Bourgogne

La mise en bouteille à la propriété, par les vignerons, est un phénomène récent dans l’évolution de la région. Il faudrait attendre les années 1960-1970 pour voir vraiment les viticulteurs s’émanciper et vendre tout seuls. La réputation de la Bourgogne était déjà bien établie…

Aujourd’hui, le négoce bourguignon commercialise encore une majorité des vins de Bourgogne (environ 60%). Il s’approvisionne auprès des vignerons et des coopératives. Des achats sous forme de vins finis mais aussi, de plus en plus, en raisins ou en moûts (jus de raisin avant fermentation). La maison Albert Bichot, par exemple, vinifie elle-même la totalité de ses premiers et grands crus. La région a aussi vu émerger de petites structures comme celle de Philippe Pacalet qui vinifie l’équivalent d’un peu plus de 10 ha.

Mais le négoce bourguignon est aussi un important propriétaire terrien et cultive donc ses propres vignes. Exemples : les deux principaux propriétaires en Côte-d’Or ne sont autres que Louis Jadot (140 ha) et Bouchard Père et fils (130 ha). Ces maisons se sont donc fait d’ardentes promotrices des Climats bourguignons. Le Clos des Mouches de la Maison Drouhin, le Corton-Charlemagne de Louis Latour, Le Clos des Fèves de Chanson, etc.

La notion de négoce a aussi beaucoup évolué ces dernières années: pour répondre à une demande grandissante, beaucoup de vignerons ont élargi leurs gammes en faisant du négoce avec leurs collègues. Les frontières se sont largement distendues. Des réalités qu’un fin connaisseur de la Bourgogne ne peut plus ignorer…

Les maisons présentes à Paris le 3 juin :
Albert Bichot, Bouchard Père & Fils, Chanson Père & Fils, Prosper Maufoux, Château de Santenay, Domaine des Perdrix, Edouard Delaunay, François Martenot, Henri de Villamont, Jean Claude Boisset, J. Moreau & Fils, Jean Luc et Paul Aegerter, Jean Marc Brocard, Jean-Philippe Marchand, Joseph Drouhin, Laroche, Louis Jadot, Louis Latour, Louis Moreau, Maison Champy, Patriarche Père et Fils, Philippe Pacalet, Roux Père et Fils, Seguin Manuel, William Fèvre.

Source: McViti

Le célèbre critique américain quitte la revue Wine Advocate. Depuis 1982, ses notations des vins bordelais étaient les plus attendues.

Fondée en 1978 sous le nom de « The Baltimore-Washington Wine Advocate », il avait revendu ses parts en 2012 à un consortium de Singapour, avant une entrée dans le capital de Michelin en 2017. « Alors que je me retire du Wine Advocate, a déclaré Robert Parker, cité dans sa revue, j’ai l’honneur de passer la main à notre équipe formidable. Le temps est venu de renoncer à toutes mes responsabilités éditoriales et directoriales avec effet immédiat ». Depuis déjà sept ans, le critique avait pris du champs vis-à-vis de la filière viticole, même s’il gardait toujours un œil aiguisé sur ce qu’il se passait dans le monde du vin.

Jamais un critique vinicole n’aura autant influencé les vignobles. « Et plus personne n’aura sa notoriété, ni son influence », prédit Christophe Chateau, directeur de la communication du Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux. Le célèbre œnologue Michel Rolland  estimait même dans l’interview qu’il avait donnée dans le film Mondovino qu’il faudrait lui ériger une statue à Pomerol.

Grâce à cet ancien avocat, les vins bordelais ont pu prospérer sur les marchés d’Amérique du Nord et d’Asie et il a sans aucun doute participé à l’escalade des prix constatée depuis plus de vingt ans. Entre Robert Parker et Bordeaux, l’histoire d’amour débute avec le millésime 1982. Alors que beaucoup de critiques le recrachent avec dédain, lui le défend envers et contre tous. 1982 se révéla effectivement être un millésime d’exception, au même titre que 1945 ou 1990. L’autre cheval de bataille de Parker était le Merlot, cépage qu’il affectionnait tout particulièrement.

Mais Robert Parker et son équipe notaient les vins du monde entier et son influence a été très importante, puisque bien des zones viticoles se sont appuyées sur ses notes et commentaires pour faire leur communication; en premier llieu, l’Espagne et l’Italie. En France, en dehors de Bordeaux, si la Bourgogne n’a jamais été le terrain de jeu préféré de l’Américain, la Vallée du Rhône et tout particulièrement Châteauneuf-du-Pape, a remporté tout son suffrage, il avait une affection toute particulière pour cette appellation..

Le système de notes de 50 à 100 points (Parker Points) a été une révolution et souvent copié. La note est utilisée en complément des commentaires de dégustation. Il aimait à rappeler que ses dégustations devaient être comparatives au sein d'une même catégorie et à l'aveugle. La répartition des 50 points est la suivante: 5 points pour la robe; 15 points pour le bouquet; 20 points pour la bouche (en insistant sur sa longueur) et 10 points pour le potentiel d'évolution (vieillissement).

  • 96-100 (A+) : un vin extraordinaire de profondeur et de complexité, une cuvée grandiose;
  • 90-95 (A) : un vin excellent, avec une grande complexité;
  • 80-89 (B) : un très bon vin, avec un intéressant degré de finesse et de parfum;
  • 70-79 (C) : un vin plaisant, mais dépourvu de complexité ou de profondeur;
  • 60-69 (D) : un vin très moyen, avec des défauts (acidité ou tanins excessifs, goût un peu désagréable);
  • 50-59 (F) : un vin inacceptable (manquant d'équilibre, avec de gros défauts, terne ou très dilué).

Nul doute que ce départ définitif de Robert Parker laissera un vide, car sa personnalité ne laissait personne indifférent, que ce soit chez ses détracteurs ou chez ses admirateurs. Les Primeurs à Bordeaux ou son ombre a planné pendant toutes ses années; auront-ils la même saveur dorénavant? Réponse dès 2020…

Source: McViti

Chacun attendait Moët Hennessy en Provence ou en parlait depuis quelques années vu l’évolution de la consommation. Leader sur le marché du cognac et du champagne, bien présent sur celui des mousseux, le groupe dispose aussi d'une large collection de grands vins, de Saint Emilion à la Napa Valley, en passant par l’Espagne, l’Argentine, l’Australie, la liste n’étant pas exhaustive. Alors, quand le rosé, dopé par une forte demande en France comme à l'étranger, consommé par une clientèle jeune, dans l'air du temps voir Bobo, continue de monter en gamme, l'arrivée - annoncée au second semestre 2019 - sur la côte méditerranéenne de cet acteur majeur du secteur ne surprend personne.

Le montant de la transaction qui devrait être finalisée d’ici la fin de l’année n’a pas été divulgué mais selon l’agence Reuters, elle devrait avoisiner les 30 M €. Une source proche du dossier a précisé à la presse qu’initialement le prix proposé était de 60 M €. Le château du Galoupet, l’un des 18 crus classés de Provence sans en être l’un des plus renommé, va donc bientôt rentrer dans le portefeuille du groupe LVMH de Bernard Arnault. Le domaine sur le littoral varois face aux îles de Porquerolles et Port Cros s’étend sur 165 ha entre palmiers, oliviers, pins parasols dont 72 ha de vignes d’un seul tenant produisant 90% de rosés, 5% de rouges, 5% de blancs. Environ les deux tiers de la production du domaine, l’un des plus grands domaines du Var, sont vendus sous l’étiquette Cru classé, le reste en IGP Var. L’encépagement est à majorité grenache, complété de mourvèdre, cinsault, syrah, tibouren, cabernet-sauvignon, caladoc, carignan, rolle, sémillon, chardonnay.

Terre de Vins, dans un article paru sur son site Internet, indique que le château du Galoupet, d’après les premières traces retrouvées sur le cadastre, daterait du règne de Louis XIVI. Ses caves enterrées du 17e témoignent encore de l’époque où il était la propriété des Chartreux de la Verne à Cogolin et abritent toujours les foudres dans lesquels sont vieillis les vins rouges. Les propriétaires actuels sont particulièrement discrets. Le domaine appartient depuis 1973 à une famille milliardaire d’origine indienne basée en Angleterre, celle du maharadjah Shivdasani. La famille a également été propriétaire, dans les années 80, du château Saint Jean de Villecroze, en Côtes-de-Provence et Coteaux Varois, revendu en 1993 et du château Vignelaure en Coteaux d’Aix au début des années 90.

Le domaine est géré depuis 2000 par la société Galoupet Wines Collections (environ 3 M€ de CA en 2017 selon Terre de Vins), dirigé par Clive Tucker. Il y a trois ans, d’importants travaux avaient été effectués pour doter Galoupet d’un caveau de vente de 250 m2 et d’une belle salle de réception sous une grande charpente face à la mer où l’AOC Côtes de Provence avait d’ailleurs fêté ses 40 ans au printemps 2017. Il a également bénéficié récemment de gros investissements de restructuration de la cuverie. La production, estimée à environ 480 000 bouteilles, est en grande partie commercialisée en grande distribution, notamment au sein de l’enseigne Casino.

À ce jour, la qualité de la production du château de Galoupet n'est pas à la hauteur de celle des autres domaines de l'entité Estates & Wines de Moët Hennessy qu'il est appelé à rejoindre et encore moins au niveau des crus du pôle LVMH Vins d'Exceptions, récemment créé et composé de Château Cheval Blanc, Château d’Yquem, Colgin Cellars et Clos des Lambrays. Mais Moët Hennessy peut envisager une montée en gamme de Galoupet sur les prochaines années, pour en faire une des propriétés phares de la Provence. Les amateurs savent bien que, il y a encore cinq ans, d'autres cuvées d'Estates & Wines, comme les vins de Newton, à St. Helena, en Californie, ou ceux de Numanthia, à Toro, en Espagne, manquaient de ce petit quelque chose qui en feraient des grands vins. L'intervention des œnologues maison a permis, en l'espace de quelques millésimes, de les améliorer sensiblement. Selon Laurence Berlemont, à la tête du Cabinet d'agronomie provençale, qui conseille une quarantaine de domaines dans la région, "il s'agit d'un très beau terroir, qui produit avec des rendements très réguliers, qui ne gèle pas, qui n'est pas grêlé et dispose d'une surface rare".

« Nous voyons l’arrivée de Moët Hennessy d’un très bon œil, indique Vitisphère dans son article reprenant les propos d’Éric Dusfourd, directeur de la cave coopérative de La Londe. C’est très positif pour l’image des vins de notre secteur. Aujourd’hui, de nombreux investisseurs sont présents en Provence, enchaîne le responsable. Les vignobles sont bien gérés et bien tenus. C’est l’essentiel. » Seul risque cependant que les coopérateurs soient tentés de leur vendre leurs raisins ou de leur céder des parcelles… « Pour l’instant, nous n’y avons pas été confrontés », souligne Éric Dusfourd, même si du côté du Syndicat des Jeunes Agriculteurs cela fait déjà plusieurs années que le signal d’alarme est tiré. La montée des prix des reprises rend difficile les installations familiales pour un jeune vigneron indépendant.

Source : McViti

Depuis le 14 mai, il est possible de commander des bouteilles de vins, champagnes et spiritueux de la carte de vins de la compagnie aérienne française.

La compagnie aérienne Air France annonce l’ouverture d’une boutique digitale pour ses vins servis à bord des avions et au sol : La Cave Air France.

La compagnie française est réputée pour être l’une des meilleures « tables » au monde pour sa classe affaires et la première classe. Les plus belles maisons champenoises, viticoles et de spiritueux de l’Hexagone y sont présentes. La sélection exclusive est signée Paolo Basso, le meilleur sommelier du monde 2013, en collaboration avec Thierry Desseauve et Michel Bettane, auteurs du Guide des vins bettane+desseauve et de la revue En Magnum. Les clients de la firme française y trouveront également des offres privilégiées et des invitations à des dégustations privées. Les passagers pourront commander au sol, mais également en plein vol, l’alcool qu’ils découvrent à bord, grâce à l’offre de connectivité Air France Connect.

Donc, depuis le 14 mai 2019, Air France a lancé La Cave Air France et propose de prolonger la dégustation des meilleurs vins, champagnes et spiritueux servis à bord de ses vols et dans ses salons de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly. La compagnie va même plus loin et propose, en association avec le premier site français VentealaPropriete.com, la vente en ligne de sa carte de vins, champagnes et spiritueux permettant à tout un chacun de pouvoir y accéder sans forcément prendre l’avion.

Air France rappelle dans son communiqué de presse qu’elle renouvelle tous les deux mois sa sélection de vins et champagnes proposés à bord de ses vols « pour une découverte de la richesse des vignobles français ». Chaque année, l’entreprise offre 800 000 bouteilles de vins en cabines première classe et affaires et 750 000 bouteilles de champagne, y compris en cabine Economy.

En mai 2019, la carte proposait entre autres :

  • Champagne Taittinger Comtes de Champagne Blanc de Blancs 2007
  • Bordeaux Saint-Julien Château Léoville Poyferré 2014
  • Bordeaux Sauternes Château Suduiraut 2011 1er Cru Classé
  • Beaune 1er cru Les Bressandes 2013 Louis Jadot
  • Whisky Bellevoye

La cave d’Air France est très régulièrement primée pour la qualité de sa sélection. Sur cette dernière année, en février 2019, elle a été une fois de plus récompensée pour la qualité exceptionnelle des vins et champagnes servis à bord de sa cabine « La Première » lors des prestigieux Business Traveller's Cellars in the Sky Awards 2018. La firme a notamment été gratifiée du prix du meilleur champagne servi en première classe grâce au prestigieux Taittinger Comtes de Champagne Blanc de Blancs 2006. De même, en septembre 2018, lors de la cérémonie de remise des World's Best Wine Lists Awards 2018, Air France a reçu le prix de Best Airline Wine List in the World, l'une des plus prestigieuses récompenses en ce domaine décernée par le magazine britannique The World of Fine Wine.

Air France a historiquement toujours porté une attention particulière à la gastronomie et au vin. Rappelons qu’en 2016, l’Institut Nationale des Appellation d’Origine (INAO) s’était associé à la compagnie aérienne pour réaliser quatre films sur les signes de qualité qui avaient été diffusés sur les vols longs courriers et ou le vin avait une large place.

Cette initiative de cave sur l’Internet est un bon moyen pour ceux qui ont le mal de l’air ou la peur de l’avion de pouvoir bénéficier du savoir-faire de Paolo Basso, Michel Bettane et Thierry Dessauve et de gouter la sélection tout en restant chez soi. C’est aussi une nouvelle façon de continuer à déguster sans voyager même pendant les nombreuses périodes des « célèbres grèves » de la compagnie française coutumière du fait…

Source: McViti

Le week-end des 5 et 6 mai derniers a donné des sueurs froides aux vignerons de la France septentrionale et dans le Bordelais, rappelant que jusqu’à la mi-mai, tout danger de gelées n’est pas écarté. Zoom sur ces fameux « Saints de Glaces » qui, quasiment chaque année, font la une de l’actualité agro-viticole en France.

Le site Internet d’information sur le monde du vin, Terre de Vins revient sur les Saints Glaces et sur l’épisode de froid qui a traversé l’Hexagone le week-end dernier. Connaissez-vous ces prénoms: Mamert, Pancrace, Servais, Boniface? Quelque peu désuets aujourd’hui, voire oubliés pour certains, ils évoquent néanmoins dans la mémoire agricole les Saints de Glaces (11-12-13-14 mai) où des gelées printanières peuvent encore se produire, causant des dégâts considérables sur les jeunes feuilles tendres de nos vignes ou de nos arbres fruitiers.

Mais cet épisode n’est malheureusement pas le premier cette année, un précédent coup de froid avait eu lieu du 12 au 14 avril et avait déjà eu des répercussions dans plusieurs régions. Le refroidissement de ce week-end (il a fait -0,6 °C à 5h à Reims, -1,0 °C près d'Angers, -0,1 °C à Mont-de-Marsan, 0,4 °C à Gujan-Mestras près de Bordeaux) a ravivé les craintes des professionnels avec quelques jours d’avance. Les vignerons ne seront sereins que lorsque la mi-mai (voire la fin mai pour l’Alsace) sera passée. En effet, aujourd’hui encore, les vignerons ne négligent pas les vieux dictons, nés de l’observation dans les champs et les vignes: « Saint-Pancrace, Gervais et Boniface souvent apportent la glace ». « Quand la Saint-Urbain est passée, le vigneron est rassuré ».

En revanche, ne cherchez pas ces saints sur le calendrier. Lors du Concile de Vatican II de 1960 sous le contrôle de Jean XXIII, l’église catholique les a bannis, estimant que ces croyances populaires donnaient lieu à des réminiscences païennes. Ils sont désormais remplacés par Sainte-Estelle, Saint-Achille, Sainte-Rolande et Saint-Matthias.

Soucieuse ou non des proverbes, la météorologie reconnaît elle aussi qu’il peut statistiquement se produire une période de températures gélives jusqu’à la fin mai. Les astrophysiciens, eux, ont remarqué que l’orbite de la terre traverse la mi-mai (et la mi-novembre) une zone du système solaire particulièrement chargée en poussières et que ces particules peuvent faire légèrement obstacle au rayonnement solaire, se traduisant par une perte de chaleur, surtout la nuit. Terre de Vins nous indique encore qu’en Alsace, où les gelées peuvent encore survenir jusqu’à la fin mai, Saint-Urbain (25 mai) est lui aussi associé aux Saints de GlaceS. Dans le Midi, c’est plutôt en avril que se situent les risques, et on évoque les « saints cavaliers », Saint-Georges, Saint-Marc, Saint-Eutrope et Saint-Philippe (respectivement 24-25-30 avril et 3 mai).

Donc encore deux à trois semaines de tensions avant que les vignerons puissent faire un premier bilan de ce printemps quelque peu capricieux. Mais la saison ne sera pas finie pour autant, car après le gel peut venir la grêle, avec des épisodes orageux qui peuvent se révéler dangereux pour la production viticole, comme ceux autour du 15 août, puis peuvent survenir les pluies pendant les vendanges. Un beau métier que celui de vigneron, mais il faut avoir un cœur bien accroché et une foi en la providence… Mais à quels saints devons-nous donc nous vouer pour avoir une saine et belle récolte? A Saint Vincent, sans nulle doute… Le saint des Vignerons.

Source: McViti

mardi, 30 avril 2019 09:16

Du Mouton Rothschild pour Notre-Dame!

871 000 euros! Ce chiffre est la somme récoltée le 17 avril dernier à Londres pour la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris lors d’une vente aux enchères de 25 coffrets d’un vin prestigieux: le Château Mouton Rothschild.

L’AFP indique dans sa dépêche que chaque coffret contenait cinq millésimes de ce premier Cru de Pauillac classé en 1855, sans toutefois indiquer lesquels, dont les étiquettes ont été réalisées par des artistes qui ont été exposés au château de Versailles. Cette vente était au départ destinée à la restauration du palais du Roi Soleil, tout comme les ventes aux enchères de Hong Kong, le 1er avril, et de New York, le 4 mai.

L’incendie de Notre-Dame de Paris s'est déclaré à l'intérieur de la charpente de la cathédrale dans la soirée du lundi 15 avril 2019, causant plusieurs centaines de millions d’euros de dégâts. L’émotion, tant en France qu’à l’étranger, fut forte et les dons du monde entier affluent depuis. « L’actualité, avec l’incendie de Notre-Dame, a déclenché l’envie conjointe du château de Versailles et de la famille Rothschild, propriétaire de Mouton Rothschild, de reverser le résultat de cette vente pour la restauration de la cathédrale Notre-Dame », a précisé un communiqué du château basé en Gironde, quelques jours après la catastrophe, et qui vient compléter la longue liste des généreux donateurs.

En contrepartie, qu’ils soient pour Versailles ou Notre-Dame, les acheteurs de ces trois ventes, afin d’être remerciés, seront tous invités à un dîner de gala au château de Versailles, où sera notamment servi le millésime 1945 de Mouton Rothschild, une des années les plus prisées au monde (avec 1929, 1982 et 1990).

Une façon comme une autre de faire passer l’addition, car le prix moyen du coffret ressort à 34 840 euros et le prix moyen par bouteilles à 6 968 euros… Nul doute qu’à ce prix là, ces flacons seront bus avec modération!

Source: McViti

Pendant une semaine, 6000 acheteurs, de l'importateur au restaurateur français et étranger, ainsi que des journalistes spécialisés, se sont pressés notamment dans huit domaines regroupant les dégustations par appellation. Ce système de commercialisation unique au monde permet à quelque 200 châteaux de vendre avant l'heure presque toute leur production, voire la totalité, via des négociants, et d'obtenir ainsi de la trésorerie. Les acheteurs y trouvent leur compte en acquérant des vins qui devraient en principe être vendus plus chers une fois sur le marché et dans certains cas, introuvables tant la demande est forte.

Mais que vaut ce millésime? À la lecture des premiers articles de la presse spécialisées, 2018 est une très belle réussite. Certains parlent même d’un millésime exceptionnel, mais il est sans doute un peu tôt pour être aussi affirmatif. « En rouge, tout est très doux, très concentré. Il y a beaucoup d'alcool, 14 degrés, et on ne le sent pas, c'est bien. Mais dans certaines appellations, la qualité varie beaucoup avec parfois de la surmaturité. Ça donne un côté marmelade qu'on tient à éviter », explique un journaliste du Winenow Magazine, à la Revue des vins de France diffusée à Hong Kong et en Chine.

Mais maintenant, le suspens commence: à quel prix les Châteaux vont-ils proposer leur vin pour cette nouvelle campagne? « Tant que les gens feront de l’argent en commerçant sur les grands crus, tant que les propriétés y auront un intérêt économique, tout convergera à ce que le système perdure… On a tendance à voir le système se conforter: on a vécu une année 2018 très prospère, sur l’exportation des grands crus avec une augmentation sur tous les continents, un peu moins forte en Asie, mais finalement très forte en Europe et aux États-Unis », nous indique Ronan Laborde président de l’UGCB (union des Grands Crus de Bordeaux).

Interrogé au commencement de la semaine des Primeurs à Bordeaux, Fabrice Bernard, à la tête de la maison de négoce bordelaise Millésima, donnait à cette question une réponse mesurée, empreinte de prudence. « Quel prix? C’est une très bonne question, et sincèrement ce n’est pas pour faire la langue de bois mais je ne sais pas trop quoi répondre. Plusieurs propriétaires m’ont déjà posé la question, et je trouve que donner un niveau de prix est très difficile actuellement. Les vins sont délicieux en 2018, c’est indéniablement un très grand millésime, la presse en attestera à l’issue de la semaine des primeurs. Pour moi, on a la puissance du 2009 avec l’élégance du 2010. Par contre, on a un marché et une actualité économique compliqués. La Chine est un peu à l’arrêt, il y a le Brexit en Angleterre… La qualité est là, mais maintenant, il faut trouver le bon prix pour une distribution. Je pense qu’il faut être raisonnable, parce que le millésime 2017 a été vendu un peu trop cher. C’est un peu comme le millésime 2011, qui est passé après 2009 et 2010, 2017 passe après 2015 et 2016. Il y a beaucoup de tension; le mieux placé pour donner le prix, c’est le consommateur. Si la perception qu’il a du rapport qualité-prix est bon, il n’y aura aucun problème. Si, à l’issue des dégustations primeurs, tout le monde est unanime pour dire que c’est un grand millésime, on pourra augmenter raisonnablement les prix. »

Mais cette prévision de hausse des prix des grands crus ne reflète pas la réalité du marché bordelais, dont 40% des volumes sont vendus en vrac alors que les vins prestigieux n'en représentent que 3%. Et cette année, les prix du vrac sont à la baisse en raison d'une quantité suffisante. À suivre, donc !

Source: McViti

Si vous cherchez, à partir de ce dimanche 31 mars 2019, une chambre d’hôtel ou une chambre d’hôte, ou encore un gîte rural dans la région bordelaise, passez votre chemin, tout est déjà complet! La fièvre des primeurs commence dès ce lundi avec la découverte du millésime 2019.

Les Primeurs : qu’est-ce que c’est ?

La semaine officielle des primeurs, organisée à partir de lundi par l’Union des grands crus de Bordeaux (UGCB), va permettre aux producteurs bordelais de rencontrer environ 6000 importateurs, distributeurs, cavistes ou encore restaurateurs du monde entier. Ces professionnels viennent découvrir ce millésime dans le but de l’acheter via les négociants de la place de Bordeaux, et pour les journalistes de le noter. Par ce système, ces clients sont ainsi assurés d’obtenir des caisses de grands crus, parfois introuvables une fois en vente au grand public, et de les acheter, en principe, à un prix inférieur à celui de leur mise sur le marché près de deux ans plus tard.

À l’exception du Château Latour, premier grand cru classé de Pauillac, les 200 crus classés, qui représentent seulement 3% des volumes bordelais, vendent ainsi d’ici juin une grande partie de leur dernière récolte. Pour rappel, le vignoble de Bordeaux rassemble près de 5800 producteurs.

2018, le millésime de la peur

Si aujourd’hui les producteurs ont le sourire, l’année 2018 leur a réservé bien de mauvaises surprises. Gel, grêle, rien n’a épargné le vignoble ce printemps puis ensuite, une virulente attaque de mildiou a fini d’en achever certains, mais a aussi coûté cher en traitement. Si 2018 reste qualitatif grâce à une belle fin d’été et un automne conciliant, les volumes, eux, seront inférieurs aux attentes. Mauvaise nouvelle pour la place du Bordeaux, qui avait déjà subi les difficultés de 2017 et a vu ses parts de marché baisser à l’exportation de 12% cette année 2018 en volume.

Les primeurs : un pari sur l’avenir

Peu de surprises pour les professionnels du secteur cette semaine-là, le timing commercial est rodé. Après les dégustations des prochains jours, chacun rentrera chez lui se faire une opinion. Fin avril à début mai, les critiques publient leurs notes et la mayonnaise prend, ou pas. La confiance et la conjoncture économique (la majorité des grands vins sont exportés) jouent autant que le portefeuille. La balle passe ensuite derrière les grilles des châteaux: à quel prix vont-ils vendre? Car l’autre "spécificité" des primeurs, c’est que ce n’est pas la demande qui fixe les prix, tout au moins au début, mais l’offre, c’est-à-dire les producteurs. Une fois la décision annoncée aux négociants via les courtiers (les grands crus ne vendent pas directement), chacun se positionne. Avec, en bout de chaîne, les clients.

Pour compliquer la tâche, la conjoncture n’est pas simple: Brexit, Trump, marché chinois en léger retrait... Ces dernières années, la tendance est claire: il est moins intéressant d’acheter en amont. Pour certains, il s’agit d’un mouvement de fond; pour d’autres, une parenthèse dans la longue histoire des primeurs.

Donc vous l’aurez compris, la semaine prochaine, partout autour de Bordeaux, des dégustations seront organisées par les syndicats, les œnologues, des clubs de propriétés, les négociants, les châteaux. Ce coup de projecteur fait du bordelais, sur quelques jours, le cœur de la planète vin... Suspens intenable, qu’en sortira-t-il?

Source: McViti

Pour vendre leur vin, aussi bon soit-il, les propriétés doivent communiquer et trouver de nouvelles idées afin de se démarquer de leurs concurrents. Cette fois-ci c’est une barrique tout en cristal, avec à l’intérieur, 225 litres de Sauternes du millésime 2013. Cette pièce unique au monde, signée des ateliers Lalique, orne depuis quelques semaines le château Lafaurie-Peyraguey, dont elle célèbre les 400 ans d’existence, nous révèle une dépêche AFP.

Très régulièrement, l’appellation Sauternes fait parler d’elle dans les médias, souvent pour évoquer l’excellence de ce vin unique au monde à la robe d’or, mais aussi parfois pour évoquer la crise qui touche ce précieux nectar, dont le consommateur semble s’être détourné depuis quelques années. Pour y remédier, la communication est un outil, soit via la diversification. Depuis quelque temps, l’offre oenotourristique s’est fortement développée à Sauternes avec l’apparition de nouveaux chais ultramodernes, des caveaux de dégustation tournés vers la vente, la création d’hôtels-restaurants haut de gamme dans les propriétés, soit par le lancement de nouvelles cuvée avec des assemblages quelque peu différents du vin principal et de nouveaux contenants et étiquettes très modernes à l’instar du château Filhot, qui, il y a quelques années, avait créé lune bouteille en forme de lingot d’or et plus récemment une cuvée Zesst, une bouteille de 50 centilitres avec un Sauternes tout en fraîcheur.

Aujourd’hui, c’est une barrique en cristal qui est à l’honneur, au château Lafaurie-Peyraguey. Elle a la taille et la forme d’une barrique bordelaise, pèse près de 400 kilos une fois remplie du précieux vin liquoreux de Sauternes. Ses cerceaux sont en cuir. Son fond transparent est illustré d’une reproduction d’une gravure de René Lalique de 1928 intitulée « Femme et raisin », qui figure également sur les bouteilles de ce premier grand cru classé en 1855.

L’AFP nous indique que pas moins de douze corps de métier et deux ans de travail ont été nécessaires pour la réaliser, l’assembler et la décorer dans la manufacture Lalique à Wingen-sur-Moder (Bas-Rhin). En revanche, son prix de revient n’a pas été indiqué.

Cette pièce a été créée à l’occasion des 400 ans du château Lafaurie-Peyraguey, propriété du groupe Lalique et de son PDG Silvio Denz. « L’idée est d’en faire un objet d’exposition pour témoigner de cette convergence entre le cristal et le vin. Du cristal qui habille le vin, c’est une première mondiale », a indiqué à l’AFP David Bolzan, directeur-général des Vignobles Silvio Denz.

« Elle est faite pour être en exposition, car trop fragile et trop lourde pour être utilisée. Elle contient le premier millésime que Silvio Denz a fait : 2013 », a-t-il poursuivi, et représente une « fusion entre l’or de Sauternes et le cristal d’Alsace », selon le groupe.

Ce fût d’exception est exposé dans un des chais de ce château, qui abrite également un hôtel-restaurant de luxe. Elle a été bénie le 3 décembre 2018 par un prêtre, tout comme la chapelle jouxtant les chais. Pour mémoire, Lafaurie-Peyraguey est une propriété avec 37 hectares de vignes en production.

La barrique est la dernière née d’une série de pièces uniques en cristal exposées à la vinothèque du château, dont une Impériale (bouteille de six litres) et une caisse transparente de six bouteilles.

Si l’on connait l’influence bénéfique du chêne sur l’élevage du Sauternes, il n’est pas précisé quelle sera l’importance dans le temps du cristal sur ce précieux breuvage au millésime 2013 capricieux…

Source: McViti

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