jeudi 18 juillet 2024
Emmanuel de Vaucelles

Emmanuel de Vaucelles

Âgé de 45 ans, ingénieur agricole, diplômé de l’IHEDREA (Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole en 1995), j’ai poursuivi mes études par un master de Gestion, Droit et Marketing du secteur Vitivinicole et des Eaux de Vie dépendant l’Université de Paris 10 Nanterre et de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin - 1997). Lire la suite...

C’est officiel et comme attendu toujours en ce début décembre, le Château Mouton Rothschild dévoile sa nouvelle étiquette pour l’entrée sur le marché de son nouveau millésime. Pour l’heure, il s’agit de 2021 et met en avant un artiste contemporain et cette année c’est une artiste Japonaise qui vit en Allemagne que la famille Rothschild a choisi. 

Il s’agit de Chiharu Shiota qui est née le 20 mai 1972 à Kishiwada. Elle vit et travaille à Berlin depuis 1996.  Elle a étudié à l’université Seika de Kyoto de 1992 à 1996. Après un semestre d'échange à Canberra en 1993 à l'université nationale australienne, elle vient étudier à l'école des beaux-arts de Hambourg en Allemagne. De 1997 à 1999, elle étudie à la Haute École d'arts plastiques de Brunswick, puis à l'école des beaux-arts de Berlin. Insatisfaite de la condition de l'artiste au Japon, Shiota s'exile et s'installe à Berlin.

Son travail se caractérise par un mélange de performances artistiques (art performance) et d’installations spectaculaires pour lesquelles elle utilise en les accumulant de vieux objets comme des lits, des châssis de fenêtre, des chaussures ou encore des valises. Elle explore ainsi les relations entre passé et présent. À cela s’ajoute parfois une dimension onirique par le tissage de véritables toiles d’araignées complexes et impénétrables, généralement en cordelette noire, parfois aussi rouge. La simplicité des matériaux rend d’autant plus fort l’impact des œuvres. Ses principales influences sont Christian Boltanski, Annette Messager et William Kentridge. Une grande part est laissée à l'improvisation.

Pour le millésime 2021, les propriétaires du Château Mouton, Philippe Sereys de Rothschild, Camille Sereys de Rothschild et Julien de Beaumarchais de Rothschild ont donc sollicité Chiharu Shiota. Elle signe une aquarelle représentant une frêle silhouette tenant par quatre fils – représentant les quatre saisons et les émotions qui y sont liées –  ce qui pourrait être des ballons de baudruche, ou plutôt des raisins coupés. Ou un ensemble de cellules observées au microscope. Le rouge domine l'œuvre, sanguin, translucide, comme le vin qui sort des cuves.

« Dans sa création, l’homme est une silhouette fragile face à une nature rutilante, généreuse, explique Chiharu Shiota. Il n’est pas au centre de l’attention. Il apparaît petit par rapport à l’environnement. C’est comme si cette silhouette s’accrochait à cet équilibre entre la nature et les hommes. Si elle les tient trop fort, les fils risqueraient de casser, mais si elle ne les tient pas assez fort, le nuage s’envolera et la connexion sera rompue». De son côté, Julien de Beaumarchais évoque «le réalisme métaphorique» de l’œuvre et parle «d’un vigneron tenant d’une main ferme une fabuleuse grappe».

Pour rappel, la folle histoire autour des étiquettes de Mouton a débuté en 1924, à l’occasion de la première mise en bouteille au Château. Une étiquette spécifique est réalisée pour l’évènement par l’affichiste Jean Carlu. Cette étiquette est, depuis 1994, sur les bouteilles du vin Petit Mouton.

Par la suite, c’est en 1945 que l’histoire, voire le rite, s’installe. Le baron Philippe de Rothschild décide, avec le succès des Alliés sur l’Allemagne mettant fin au second conflit mondial du XXème siècle, de le célébrer en illustrant l’étiquette de Mouton Rothschild d’un V de la Victoire. Elle est dessinée par Philippe Jullian. Depuis, chaque année, divers artistes réalisent les étiquettes du Château et certaines ne manquent pas d’originalité et peuvent dérouter parfois les consommateurs traditionalistes. En revanche, elles font le bonheur des collectionneurs à travers le monde.

Il est à noter que les auteurs ne sont pas rémunérés pour leur œuvre. Ils reçoivent par contre des bouteilles de deux millésimes différents, dont celui qu’ils illustrent. Gageons, que celle-ci par son originalité fasse parler pas mal d’elle.

Source: McViti

mercredi, 22 novembre 2023 09:33

Hospices de Beaune : une pause dans la hausse

Depuis 2018, quelle que soit la qualité du millésime et/ou les volumes, la vente des hospices de Beaune battait tous les records. La pièce de charité en était un exemple. 2023 montre une pause, légère toutefois.

Le dimanche 19 novembre, à l’issu de la vente de charité des vins des hospices, la dépêche de l’Agence France Presse (AFP) tombait, pas de record. À sa course effrénée à une inflation gigantesque depuis 2018, malgré le parrainage de l’acteur culte Thierry Lhermitte, venu pousser les enchères face aux plus grands acheteurs du monde entier. Le talent d’orateur et l’humour de Thierry Lhermitte, l’acteur du film fétiche « Les Bronzés », épaulé par l’autre parrain de la vente, Michel Cymes, médecin animateur d’émissions de santé du petit écran, n’ont pas suffi à booster les enchères du lot vedette, adjugé pour « seulement » 350 000 euros (hors frais), soit 1 215 euros la bouteille.

Comme il est de tradition, les enchères avaient réservé une pièce (comme on appelle un fût en Bourgogne) pour une cause particulière. L’an dernier, ce fût, alors réservé à la cause des enfants, avait été adjugé 810 000 euros, soit plus de 2 800 euros la bouteille.

Pour cette 163e édition, c’est au « bien vieillir » que revenait le bénéfice de ce fût d’exception, tant par le contenu (un Mazis-Chambertin Grand Cru) que par le contenant : la « pièce » a été façonnée dans un chêne de 220 ans ayant servi à la reconstruction de la flèche de Notre-Dame de Paris. Le produit de cette « pièce de charité » ou « pièce des présidents », sera ainsi versé à deux associations : la Fondation pour la recherche médicale (FRM, parrainée par Thierry Lhermitte) et l’Initiative pour la recherche sur la longévité en bonne santé (IRLB, soutenue par Michel Cymes).

Une fois la pièce écoulée, les enchères se sont poursuivies à un rythme effréné, les plaquettes numérotées se levant dans la foule des quelque 800 acheteurs d’Europe, d’Amérique et de plus en plus d’Asie, dans l’espoir de mettre la main sur un prestigieux Pommard, Corton ou autre Meursault. « 10 000, 14 000, 18 000… », les chiffres vertigineux défilent dans la bouche de la commissaire, sous les Halles de la « capitale » des vins de Bourgogne, Beaune (Côte d'Or), face à l’Hôtel-Dieu médiéval aux tuiles vernissées, berceau des Hospices nées en 1443, rappelant la succession de records connus ces dernières années par la plus ancienne enchère caritative de vins au monde, née en 1849. Tradition oblige vente animée principalement par les acteurs locaux comme la Maison Albert Bichot, toujours leader dans les enchères.

De 2018 à 2022, le prix moyen d’une « pièce » a plus que doublé, passant de 16 849 à 35 980 euros. Ce qui est présenté n’est pourtant qu’un vin primeur, qui sort donc tout juste des vendanges. Au prix adjugé, il faut ajouter les commissions d’enchères, mais aussi le coût de l’élevage en fût, d’un à deux ans, puis de sa mise en bouteille. Cela ne freine pas une demande sans cesse en hausse : en 2022, la vente avait engrangé près de 29 millions d’euros, plus du double du record de 2018 (14 millions). « Le vin de Bourgogne, malgré le prix, est toujours au top, c’est le meilleur du monde ! », assure Cikuni Taneyama, un Japonais qui en est à ses 5e enchères à Beaune.

Le millésime 2023, s’il est généreux, a fourni moins de fûts qu’en 2022 – 753 contre 817 – ce qui semblait rendre difficile un nouveau record de recette totale. « La récolte était très généreuse, mais nous avons trié de manière très drastique, car tous les raisins n’étaient pas propices », a expliqué Ludivine Griveau, régisseuse du domaine viticole des Hospices, qui couvre 60 hectares. Le nombre moins important de lots aurait pu cependant encore le prix moyen de la pièce, sous le vif enthousiasme des amateurs, d’autant plus difficile à réfréner qu’il s’agit d’une bonne cause. « On vient autant pour les vins que pour la charité », assure le Chinois David Hu.

Les recettes engendrées sont en effet destinées à la conservation du patrimoine tel que l’Hôtel-Dieu médiéval de Beaune, mais aussi à la modernisation de l’équipement des quatre hôpitaux et six Ehpad que comptent les Hospices, soit un millier de lits.

L’institut ne reçoit aucune aide de l’État pour ces dépenses, entièrement financées par les vignes confiées en legs et dons à l’établissement depuis sa fondation en 1443.

Source : McViti

C’est le 19 novembre prochain que se déroulera la célèbre vente aux enchères des vins des Hospices de Beaune : vendanges, nombre de pièces, parrain... Tous les détails à connaitre.

Le 19 novembre prochain, les Hospices de Beaune organiseront, avec la maison d’enchères Sotheby’s, la 163e édition de la célèbre vente aux enchères des vins issus de leur domaine viticole. D’une superficie de 60 hectares, le domaine des Hospices de Beaune, en troisième et dernière année de conversion bio, proposera aux enchères 753 pièces (574 de vin rouge, 179 de vin blanc) qui serviront à financer des investissements majeurs au profit de l’hôpital de la ville éponyme. En 2022, année exceptionnel tant en qualité qu’en quantité, les Hospices avaient présenté  182 pièces de blanc et 620 pièces de rouges soit 802 pièces de 228 litres.

Ludivine Griveau, régisseur du domaine viticole des Hospices de Beaune, a évoqué  le profil particulier de ce millésime qui a réservé quelques surprises et engendrés quelques besoin d’adaptation : « Ce millésime 2023 a démarré avec un hiver extrêmement doux et peu de pluie, donc avec un déficit hydrique avéré jusqu’en février. Ce contexte s’est inversé au printemps et la vigne n’a jamais manqué d’eau grâce aux sols argilocalcaire qui captent et mettent l’eau en réserve. Les épisodes qui ont suivi n’ont été que des épisodes orageux avec des impacts importants notamment le 11 juillet sur une zone assez étroite ce qui a sauvé le vignoble de la catastrophe. Ensuite les choses ont été assez calmes jusqu’à cette canicule de septembre que je qualifierais d’aléa climatique.

Par conséquent, tous ces éléments climatiques ont fait que nos décisions dans les vignes n’ont pas été linéaires. Très rapidement, la quantité nous faisait penser à une récolte proche de 2022 mais l’hétérogénéité des pluies, des situations hydriques, du contexte climatique ont fait que la pousse de la vigne a été irrégulière au sein d’une même parcelle ou d’une parcelle à une autre. Il faut donc souligner 2023 pour son côté très hétérogène.

Cette récolte 2023, qui a démarré le 6 septembre à Pouilly-Fuissé pour se terminer le 19 septembre à Saint Romain et Monthelie, a subi un tri scrupuleux dans les vignes comme au chai pour un résultat qualitatif à la hauteur des exigences du domaine. L’axe a été résolument porté sur la qualité plutôt que la quantité. Actuellement, la vinification se présente très bien, les blancs fermentent de façon efficace avec un débourbage assez sévère pour enlever les lies qui n’étaient pas suffisamment qualitatives. Les jus sont assez clairs et fermentent comme d’habitude en fûts sur la base d’une vendange entière et non foulée.

Les blancs pourraient se qualifier par une très belle pureté aromatique, une jolie matière, assez voluptueux en bouche, avec des niveaux d’acidité corrects. Les rouges 100% égrappés donnent déjà de jolies couleurs et une belle richesse polyphénolique. Ils sont en cuves pour 2 à 3 semaines de macération, ils semblent ronds et fruités, les tannins issus des pépins et des peaux seront vraisemblablement soyeux et ronds. Déjà, les odeurs de fruits rouges embaument la cuverie », conclut-elle.

Concernant la fameuse pièce de charité, dite Pièce des Présidents, elle sera cette année un fût de Mazis-Chambertin, grand cru de la Côte de Nuits. Le fût, confectionné par la Tonnellerie Cadus, a été élaboré à partir du bois d’un chêne bicentenaire ayant également servi à la restauration de la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Tout un symbole !

La Pièce des Présidents sera vendue au profit de la Fondation pour la recherche médicale (FRM) et l’Initiative de recherche pour une longévité en bonne santé (IRLB), deux associations qui luttent pour le "bien vieillir", la cause soutenue cette année par les Hospices de Beaune. C’est d’ailleurs le parrain de la FRM, l’acteur Thierry Lhermitte, qui parrainera cette édition. "En tant que parrain de la FRM, j'ai eu l'occasion à de nombreuses reprises de rencontrer des chercheurs et des médecins qui m'ont confié à quel point les maladies neurodégénératives constituent un des plus grands défis médicaux actuels. En soutenant cette cause, la 163e vente des vins des Hospices civils de Beaune a le potentiel de compléter cet appel à projets de manière décisive. Et investir dans la vie, qu’y a-t-il de plus précieux ? », déclare le comédien âgé aujourd’hui de 70 ans.

Tous les professionnels du secteur seront sur la ligne pour enchérir le 19 novembre. Rappelons que depuis de longues années, c’est la Maison Beaunoise  Albert Bichot qui est la principale acheteuse et animatrice de la vente. Chaque année, des nouveaux records ont été battus. La notoriété de la vente des Hospices de Beaune est à son zénith. Malgré les crises internationales successives en tous genres, les prix ne cessent de monter. Les experts espèrent encore cette année une nouvelle vente historique, réponde tard dans la soirée du dimanche 19 novembre à la clôture des enchères. Enchères qui seront à suivre en direct sur le site internet des Hospices de Beaune.  

Source : McViti

Les transactions des domaines viticoles s’enchaînent,  dans l’Hexagone et c’est l’appellation Sauternes qui fait l’actualité ces derniers jours.

L’Agence France Presse (AFP), ce jeudi 2 novembre, reprend le communiqué de presse du groupe Suisse Lalique et annonce la reprise d’un Château phare de l’appellation Sauternes, le Château  Lafaurie-Peyraguey

Le groupe suisse, déjà propriétaire de l'hôtel-restaurant du domaine, va acquérir ces parts auprès de son PDG, l'homme d'affaires Silvio Denz, qui avait acquis le domaine Château Lafaurie-Peyraguey en 2014.

Une fois n’est pas coutume dans l’annonce de telles transactions, le montant est communiqué et il n’est pas anecdotique : 18 millions d'euros. L'acquisition sera financée par une augmentation de capital qui sera finalisée mi-décembre "au plus tard", indique le groupe suisse. Il aura pour effet d'augmenter la participation de M. Denz dans le groupe Lalique, 53,03%, contre 50,10% actuellement.

En 2021, le groupe suisse, dont les activités englobent les objets en cristal, la parfumerie ainsi que l'hôtellerie et la restauration, avait racheté l'hôtel cinq étoiles et le restaurant de ce domaine auprès de M. Denz et de la société d'investissement suisse Centinox Holding.

Avec l'acquisition du domaine viticole, il entend "développer les synergies avec les secteurs d'activité cristal et hôtellerie", "comme il l'a fait avec la distillerie de whisky écossais The Glenturret", précise le communiqué de l’AFP. En 2019, le groupe avait acquis 50% de cette distillerie fondée en 1775 et y a ouvert un restaurant qui a obtenu une étoile au guide Michelin et une boutique où sont présentés ses objets en cristal. Le groupe compte également y lancer prochainement une marque de gin.

Fondé en 1618, le domaine Château Lafaurie-Peyraguey s'étend sur 47 hectares, dont 30 hectares de vignes. Situé près du Château d'Yquem (propriété du groupe LVMH), ce prestigieux domaine produit un Premier Grand Cru Classé en 1855 reconnue à l’international.

L'an passé, ses ventes de vins ont généré 1,4 million d'euros de recettes et enregistré un résultat d'exploitation proche du seuil de rentabilité, détaille le groupe suisse dans le communiqué.

Le milliardaire suisse Michael Pieper, qui a fait fortune avec la marque d'équipements de cuisine Franke, avait acquis 25% des parts du domaine auprès de Silvio Denz en 2016 et conservera ses intérêts dans la propriété, précise le communiqué.

Silvio Denz, qui a fait fortune dans les parfums, avait racheté en 2008 la cristallerie fondée en 1888 par l'artiste et maître verrier René Lalique, pour la redresser. Il avait alors renommé son entreprise Lalique Group, du nom de cette cristallerie connue pour ses bijoux, vases et flacons de parfums. Il est propriétaire de deux domaines dans les vignobles de Saint-Emilion au travers du groupe Lalique qui est propriétaire de Château Faugères et Château Péby-Faugères, deux Grands Crus Classés.

Les vins de Sauternes souffrent commercialement tant en France qu’à l’export, mais à la vue de la transaction en cours, le prestige de ce vignoble produisant les plus grands liquoreux au monde,  semble rester un bon investissement pour les groupes de luxe.

Source : McViti

L'exportation de vins de Bourgogne se porte bien : il reste à des niveaux record en ce premier semestre de 2023 mais « le contexte international doit inciter à la prudence », a indiqué ce mercredi 10 octobre l’interprofession.

Les Bourguignons gardent le sourire, après avoir établi un record absolu en 2022, avec un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros (+13% par rapport à 2021), le niveau d'exportation reste, au premier semestre 2023, "parmi les plus élevés de ces 30 dernières années", avec 43 millions de bouteilles vendues à l'étranger, a précisé le BIVB (Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne) dans un communiqué et repris par l’AFP (Agence France Presse).

L'export, qui représente environ la moitié des ventes de bourgogne, a reculé de 7% en volume mais a progressé de 5,5% en valeur sur les six premiers mois de cette année, par rapport à la période équivalente de 2022. Le chiffre d'affaires semestriel a ainsi dépassé le seuil des 750 millions d'euros (environ 752,7 M EUR). Malgré leur léger recul par rapport au premier semestre 2022, les volumes exportés restent supérieurs à ceux de la période avant COVID, avec une hausse de 5,3 % sur les six premiers mois de 2019.

La Bourgogne reste ainsi "le vignoble d'AOC français qui résiste le mieux par rapport à 2019", selon le BIVB, qui rappelle que les exportations de vins français d'AOC baissent plus fortement que les bourgognes en volume (-8,3% par rapport au premier semestre 2022) et augmentent moins en chiffre d'affaires (+3,5%). "La seconde partie de l'année 2023 reste à surveiller, le contexte international, aussi bien au niveau économique qu'au niveau des échanges, ne s'améliorant pas", avertit cependant l’Interprofession.

En France, l'incertitude économique liée à la sortie de la COVID, au contexte international et à l’inflation a contraint les consommateurs à des arbitrages, ce qui a plombé les ventes, en particulier dans la grande distribution, avec un recul de 13% en volume sur les huit premiers mois par rapport à la période équivalente de 2022.

Autre point de satisfaction, la récolte Bourguignonne 2022, très généreuse avec 1,75 million d'hectolitres, soit un peu plus de 233 millions de bouteilles, a "partiellement reconstitué le stock", très affaibli après l'année 2021 sévèrement amputée par le gel tardif et la grêle. Cependant la récolte moyenne sur cinq ans "reste inférieure à 1,5 million d'hectolitres (environ 190 millions de bouteilles)". En conséquence, le stock à la propriété, fin juillet 2023, restait encore bien en deçà de la moyenne quinquennale, souligne le BIVB.

Concernant les vendanges 2023, le BIVB n’a pas encore donné  de chiffre mais selon les premières déclarations de récolte, elles devraient être au moins aussi généreuses qu'en 2022, permettant ainsi de continuer à reconstituer les stocks. Reste à savoir si les prix vont encore augmenter et si le consommateur est toujours prêt à suivre ?

Source : McViti

Trois fraudeurs ont été appréhendés en France dans le cadre d’une escroquerie qui a vu un marchand de vin parisien se faire arnaquer 18 bouteilles du célèbre Petrus et deux bouteilles de Champagne dont la marque n’a pas été révélée, d’une valeur de 95 000 € à l’aide de faux billets de banque.

Les suspects, qui seraient d’origine serbe, ont commencé l’escroquerie en février dernier lorsque l’un d’entre eux, se faisant passer pour l’intermédiaire d’un riche couple russe désireux de compléter leur collection de très grands vins français, a contacté un négociant en vin à Paris. L’intermédiaire a manifesté son intérêt pour l’achat de bouteilles du très convoité Petrus, l’un des plus célèbres domaines bordelais de Pomerol, et a demandé le millésime exceptionnel 2000.

Réputée pour sa qualité, chaque bouteille de ce millésime particulier peut atteindre des prix supérieurs à 4 000 €.

Le commerçant, qui n’a pas été identifié par les médias, a déclaré qu’au départ, la commande était de 12 bouteilles, mais qu’elle a ensuite été portée à 18, ainsi que deux bouteilles de champagne.

Assuré par l’expertise supposée de l’intermédiaire, le négociant s’est procuré les vins en prévision d’une vente lucrative. Leur échange a eu lieu dans un bistrot parisien haut de gamme, où le commerçant a remis les bouteilles, s’attendant à un sac rempli de 95 000 €. Cependant, il a rapidement découvert que l’argent était contrefait, et au moment où il s’en est rendu compte, les bouteilles étaient déjà emportées.

Dans une tentative désespérée, le caviste a raconté : « Je suis sorti de la voiture et j’ai couru comme un âne sur la route pour trouver mes bouteilles. »

L’incident s’inscrit dans une tendance inquiétante, les autorités française et de l’Union Européenne alertant les commerçants d’une augmentation de ces « offres d’achat sous le manteau ». Dans ces escroqueries, les auteurs utilisent de la fausse monnaie pour acheter des articles de luxe, capitalisant sur le désir des vendeurs de contourner les taxes en préférant vendre sur le marché parallèle. Moralité, qui paye ses impôts, s’enrichit..

Le trio arrêté sera jugé le mois prochain. À l’heure actuelle, les bouteilles recherchées sont toujours introuvables.

Source: McViti

Comme chaque année au mois d’août, le ministère de l'Agriculture a dévoilé les premières estimations des vendanges 2023, sous réserve que les dégâts causés par le mildiou à Bordeaux et les orages de grêles de fin aout sur l’hexagone ne perturbent pas trop ces estimations

Mais la France semble s’en sortir mieux que ses voisins Européens. : -14% de vendanges pour l'Italie, -12% pour l'Espagne en 2023. Sur les trois principaux pays producteurs du Sud de l’Europe, seul le Portugal s’attend à une augmentation de ses volumes cette année, l’Italie et l’Espagne annonçant des quantités en baisse dues aux aléas climatiques, la sécheresse en particulier.

Les vendanges 2023 en France sont attendues «au niveau de la moyenne» de celles des années précédentes, selon une estimation publiée par le ministère de l'Agriculture et reprise par une dépêche de l’Agence France Presse (AFP). Optimisme tempérée par l'«incertitude» provoquées par la maladie du mildiou qui a infecté les vignes du bordelais. «La production viticole se situerait en 2023 entre 44 et 47 millions d'hectolitres, au niveau de la moyenne» des années 2018 à 2022, rapporte le service statistique du ministère, Agreste. Ces prévisions de récolte «sont provisoires au regard de l'incertitude entourant les conséquences des attaques de mildiou dans les vignobles du Bordelais et du Sud-Ouest», précise le service.

D'autant que les premiers coups de sécateur viennent à peine d'être donnés – la semaine dernière dans des vignes de Fitou, dans le sud de la France – et que la vendange s'étalera jusqu'au début du mois de novembre pour les liquoreux comme les vins de Sauternes. En dehors du Sud-Ouest et du Languedoc-Roussillon, où «sévit une sécheresse persistante», «la situation dans les autres vignobles reste globalement favorable, les sols ayant été rechargés en eau dans la plupart des bassins», selon la note de conjoncture.

Rappelons que, dans le trio de tête des producteurs mondiaux de vin avec l'Espagne et l'Italie, la France avait produit plus de 46 millions d'hectolitres de vin en 2022 en dépit de la sécheresse exceptionnelle de l'été.

Cette année, la situation est particulièrement tendue à Bordeaux, qui a déjà fait face à une crise de surproduction, menant à un programme d'arrachage cofinancé par l’Europe, l’État et la Région Aquitaine. Et pour cause, près de 10 000 ha de vignes (sur 110 000) sont candidats à l'arrachage, après les vendanges, pour réguler l'offre et redresser les prix. En parallèle, des «précipitations fréquentes associées à des températures élevées» au printemps ont favorisé le développement du mildiou, une grave maladie de la vigne causée par le développement d'une algue parasite s’attaquant aux parties vertes du végétal. Les conséquences de cette maladie sont telles que les feuilles des vignes se couvrent de tâches et flétrissent, les grappes se dessèchent jusqu'à mourir. La violence de l’attaque fut telle que les vignerons ont eu du mal à mener une politique de traitement efficace. Pourtant une belle vendange s'annonçait à l'origine, mais «le mildiou a fortement [affecté] la récolte, c'est sûr», a déclaré le directeur de la communication du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), Christophe Château. Les dégâts sont encore impossibles à évaluer : le mildiou ne sévira pas davantage, mais le vignoble peut encore souffrir des intempéries d'ici le début des vendanges. Celles-ci sont attendues début septembre pour le sauvignon blanc et mi-septembre pour le merlot, représentant environ 60% des surfaces, selon le porte-parole des vins de Bordeaux. Outre le mildiou, d'autres maladies de la vigne (oïdium, botrytis) «occasionnent des pertes importantes pouvant atteindre jusqu'à 30% en moyenne» dans les bassins de production du Sud-Ouest.

Pour le Languedoc-Roussillon, les vendanges débutent un peu avant le 15 aout dans les Pyrénées-Orientales, du côté de Rivesaltes et Calce. Julien Thiery, chef de service viticulture de la chambre locale d'agriculture, s'attend à une récolte «historiquement faible» dans le département, autour de 400 000 hectolitres (contre 569 000 en 2022 et 756 000 en 2013) à cause de la sécheresse. Malgré tout, à l'échelle du Languedoc-Roussillon, qui comprend aussi l'Aude, le Gard et l'Hérault, «la production devrait ne pas trop s'éloigner de la moyenne» des cinq dernières années, relève le service statistiques Agreste.

Plus au nord, en Alsace, les vendanges débuteront dès le mercredi 23 août pour les crémants d'Alsace puis le 4 septembre pour les vins tranquilles, avec un beau millésime en perspective.

En Champagne, «les grappes sont bien fournies» et les maladies «contenues». La Bourgogne a été affectée par des épisodes de grêle, mais les dégâts sont restés marginaux : «Le potentiel est prometteur, avec des grappes en nombre, malgré parfois la pression du mildiou», note Agreste.

En Corse, «si les conditions météorologiques restent clémentes, on pourrait avoir un très joli millésime en quantité satisfaisante», observe Nathalie Uscidda, directrice générale du centre de recherche viti-vinicole insulaire de l'île (CRVI).

À un millier de kilomètres de là, en Loire-Atlantique, «ce devrait être une belle récolte, un beau volume», estime aussi Gwenaël Barré, qui produit notamment du muscadet à Monnières. Toutefois, «on reste toujours prudent tant que la récolte n'est pas dans les caves : un orage, de la grêle, il peut toujours y avoir une catastrophe.» Chez lui, les vendanges sont attendues «tout début septembre» alors qu'elles avaient débuté fin août l'an dernier : le changement climatique a habitué les vignerons à des vendanges de plus en plus précoces.

Enfin, pour les Côtes du Rhône, c’est un jolie millésime tant en qualité qu’en quantité qui est attendu même si ponctuellement les orages en juillet ont fait de gros dégâts localisés.

Un rapport du ministère de l’agriculture plutôt encourageant mais les mois de septembre et octobre seront déterminant pour s’assurer tant des volumes que de la qualité. L’évolution de la météo va être suivie de près par les professionnels.

Source : McViti

Évènement en Bourgogne, la maison Joseph Drouhin vient d’annoncer l’acquisition de Château de Chasselas à Saint-Véran, en Saône-et-Loire et du domaine Rapet à Saint-Romain, en Côte-d'Or.

La Maison Joseph Drouhin, fondée à Beaune en 1880, est un négociant-producteur en Bourgogne. Elle possède des vignobles à Chablis, en Côte de Nuits, Côte de Beaune et Côte Chalonnaise et désormais dans le Maconnais, ainsi que dans la Willamette Valley en Oregon sur la côte ouest des États-Unis. C'est l'une des principales Maisons de vins au même titre que d’autres acteurs majeurs dans cette région comme la Maison Louis Latour ou la prestigieuse Maison Albert Bichot. Ce sont les arrière-petits-enfants de Joseph Drouhin qui dirige l’entreprise aujourd’hui.

Fort de ces deux nouvelles acquisitions, Drouhin couvre donc toute la Bourgognes sur près de 100 ha. Son vignoble se compose dorénavant de 60 appellations, dont 14 grands crus et 20 premiers crus.

Le communiqué de presse de l’acquisition par Drouhin de Château de Chasselas à Saint-Véran et du domaine Rapet à Saint-Romain, est un évènement exceptionnel. À l’origine de cette double opération, il y a un constat : «La Bourgogne est en tension car les rendements baissent. Il y a une vraie concurrence entre les différents acteurs du négoce pour sécuriser les approvisionnements en raisins ou en jus de raisin, explique Frédéric Drouhin, président de la maison éponyme.

Les rendements chutent du fait des évènements climatiques. En effet, le gel et la grêle ont durement frappé le vignoble ces quinze dernières années. En parallèle la demande augmente puisque les vins de Bourgogne sont à la mode. Côte de Nuits et côte de Beaune font fantasmer le monde des amateurs de vins. En conséquence, les prix s’envolent pour atteindre des niveaux stratosphériques pour certains crus prestigieux. 

Une situation qui peut inquiéter les producteurs : «Chez Joseph Drouhin, nous cherchons à garantir les approvisionnements et à stabiliser les prix. Nous nous sommes dit qu’il fallait renforcer le domaine. Mais certaines appellations, telle Musigny, sont inaccessibles quand on ne s’appelle pas Bill Gates. Nous nous sommes donc tournés vers des appellations plus abordables que nous connaissions et commercialisons déjà. Le hasard a voulu qu’un de nos fournisseurs de raisin vende sa propriété». La famille Drouhin a ainsi acquis le domaine Rapet Père et Fils à Saint-Romain, où le prix de l'hectare oscille entre 680 000 € et 700 000 €. Le domaine comprend 13 ha de vigne, dont 8,5 ha en Saint-Romain rouge et blanc, 1 ha en Auxey-Duresses et moins d’1 ha à Meursault et à Pommard. 

Dans un contexte de réchauffement climatique, l’altitude élevée de ces vignes, qui sont situées entre 300 et 400 m, semble avoir été un argument important dans la décision d’acheter. «Le risque de gel tardif y est moins important. Et la géologie du site est fantastique avec un calcaire très dense», souligne Frédéric Drouhin dans son communiqué de presse. La famille compte bien convertir ce domaine en bio, comme c’est le cas pour l’ensemble de leurs vignes depuis les années 1980.

Dans le même temps, le domaine Joseph Drouhin vient aussi d’acquérir le château de Chasselas à Saint-Véran avec le partenaire Millésime Collection, qui a acheté la partie immobilière pour la convertir en hôtel. De son côté, Joseph Drouhin a repris le foncier viticole, c’est à dire 7,5 ha de chardonnay en AOC Saint-Véran, dont une parcelle candidate au classement en premier cru, et 0,5 ha de chasselas en vin de France. À Saint-Véran, le prix de l'hectare est évalué à 150 000 €. Drouhin s’appuiera sur l’équipe viticole en place. Les vins seront vinifiés dans la cuverie du château. Les vignes sont actuellement en conversion biologique. Cela s’inscrit dans la philosophie et les pratiques de Joseph Drouhin, en culture biologique depuis plus de 35 ans. «Nous connaissons bien les vins de Saint-Véran que nous avons commencé à commercialiser dans les années 1980», précise Frédéric Drouhin. La mise sur le marché du premier millésime de Saint-Véran Château de Chasselas Joseph Drouhin est prévue à l’été 2024.

L’investissement peut paraitre lourd à la lumière des prix à l’hectare mais s’explique par un marché du vin de Bourgogne à la limite de la spéculation. De plus, il est à noter que cette fois-ci le foncier reste dans l’escarcelle d’une entreprise historique locale et n’est pas repris par un investisseur étranger à la région, un investissement qui peut donc rassurer les acteurs locaux.  

Source: McViti

Comme chaque année, le site de vente aux enchères de vin français iDealWine publie ses résultats de l’année 2022 et analyse l’évolution du marché et deux chiffres sont à retenir, les volumes vendus augmentent de 4% mais la valeur de 40%.

Pour mémoire, fondé en 2000, iDealwine est le leader mondial des ventes aux enchères de vins fins en ligne et le premier commissaire-priseur de vin en France pendant six années consécutives. Avec son siège social à Paris et des bureaux à Bordeaux, Beaune et Hong Kong, iDealwine bénéficie de la confiance de 650 000 amateurs de vin dans plus de 60 pays pour l'achat et la vente de vin. En 2022, les ventes d'iDealwine (y compris enchères et forfait) ont atteint 53 M€ HT (+28%).

Cette publication vise à analyser le marché des enchères 2022 à l'aide des données recueillies sur la plateforme de l'entreprise. Il met en évidence les principales conclusions et perspectives à prendre en compte pour 2023, en plus des tendances régionales, des records de vente, des classements d'enchères et des étoiles montantes pour 14 régions viticoles distinctes. Au total, cette ressource inestimable s'étend sur 160 pages d'analyses et de conseils pour guider les amateurs de vin dans leurs décisions d'achat et de revente ainsi que dans la gestion de leur cave personnelle.

Il en ressort qu’en 2022, 47 ventes aux enchères ont été organisées sur iDealwine, dont 9 collections privées, d'une valeur minimale de 250K€ chacune, issues des caves personnelles d'amateurs de vin. Au total, 197 928 bouteilles (mise à l'échelle de 750 ml) sont passées sous le marteau en 2022 (+ 4 %), soit une valeur record de 38,3 M€ TTC (+ 40 %). Ces chiffres mettent en évidence l'impact de la hausse des prix, qui a eu un effet beaucoup plus important sur les ventes que l'augmentation des volumes. L'un des aspects déterminants des enchères d’iDealwine est la variété des régions représentées. Si Bordeaux, la Bourgogne et le Rhône représentent l'essentiel des ventes (73 % en volume, 83,6 % en valeur), chacune des 14 régions compte ses stars et ses trésors cachés. C'est l'un des éléments les plus enthousiasmants du Baromètre, puisque nombre de ces producteurs apparaissent dans les rubriques « signatures à suivre ».

Les vins les plus chers de 2022 (taxes et frais inclus) sont :
• Le domaine avec la valeur de vente la plus élevée : Domaine d'Auvenay (Bourgogne) – 386 bouteilles (en 750 ml) vendues pour une valeur de 2,1 M€, soit un prix moyen de 5 464 € par bouteille.
• Bouteille la plus chère au format 750 ml : Une bouteille de Musigny Grand Cru 2006 du Domaine Leroy – 34 100 €
• Bouteille la plus chère quel que soit le format : An imperial Petrus (Pomerol) 2015 – 62 000 €
• Lot le plus cher : Un assortiment de 12 grands crus de Bourgogne du Domaine de la Romanée-Conti (millésime 2018) – 1 Corton, 1 Montrachet, 2 Echézeaux, 1 Grands-Echézeaux, 2 Romanée-Saint-Vivant, 1 Richebourg, 3 La- Tâche, et 1 Romanée-Conti – 84 320 €

En analysant les résultats de l’année 2022, pas mal de tendances intéressantes se dégagent. Par zone géographique, les clients en France et dans le reste de l'Europe enregistrent les taux de surenchères les plus faibles par rapport au prix d’estimation fait par iDealWine (respectivement 15 % et 16 %), tandis que ceux d'Asie et des États-Unis enregistrent les taux les plus élevés, avec des taux de 21 % et 20 %. Au sein de l'Asie, les acheteurs japonais ont été les plus ambitieux avec un taux de 30 %. Deux des principaux facteurs en dehors de l'emplacement des clients étaient leurs préférences en matière de vin et leur profession. Les pays où la proportion des ventes bourguignonnes était plus élevée ont également connu des taux de surenchère plus élevés. Par exemple, 71 % des achats japonais et 61 % des achats américains provenaient de la Bourgogne.

Cependant, l’année n’a pas été linéaire come le rappelle iDealWine dans son communiqué qui pourrait se résumer par « une année, mais deux semestres contrastés ». En effet, si la première moitié de l'année a été marquée par de fortes hausses de prix, le dernier trimestre a vu un relatif apaisement de cette tendance, voire une baisse de prix pour certaines signatures qui s'étaient envolées auparavant. Il convient toutefois de noter que cette baisse des prix n'a pas annulé tous les progrès réalisés au premier semestre.

La domination toujours croissante de la Bourgogne : 1ère région en valeur (45,2% de la valeur des ventes totales, +65%) et 2ème en volume (22,8% du total). Le prix moyen de la bouteille (75 cl) a désormais atteint 384 €, + 59 % en un an). Les vins de Bourgogne occupaient également 31 places dans le TOP50 des lots en valeur ainsi que l'intégralité du TOP50 des bouteilles les plus chères et occupaient la première place du classement des vins bio et naturels.

En conséquence, les vins en agriculture dite durables figurent fréquemment parmi les bouteilles les plus chères aux enchères : en tête du classement, les vins du Domaine de la Romanée-Conti, d'Auvenay, Leroy et Leflaive sont tous biologiques et/ou biodynamiques. Les vins naturels impressionnent également, certains franchissant la barre des 1 000 € la bouteille (ex : Bizot, Selosse, Prieuré Roch).

Il est indiqué aussi que la rareté devient un critère essentiel de l'évolution des prix des vins : Micro-domaines, cuvées uniques, très vieux millésimes attirent systématiquement les appels d'offres.

Autre phénomène en 2022, la hausse des prix du Champagne : Deuxième région en termes de prix moyen de la bouteille 259€ (+42%)

En plus des vins rares en vente aux enchères, iDealwine propose également une vaste sélection disponible à prix fixe. Cette sélection ne cesse de s'étoffer, avec des vins issus directement d'un réseau de plus de 900 domaines partenaires et une gamme de vieux millésimes achetés en caves privées.

iDealwine a lancé en 2020 une plateforme de vente aux enchères de spiritueux fins, finespirits.auction, en partenariat avec le revendeur français La Maison du Whisky. Sept ventes aux enchères de ce type ont été organisées en 2022, débouchant sur 4 457 bouteilles vendues pour une valeur totale de 2,9 M€ (+ 82 %).

Il n‘en reste pas moins que la sensation qui se dégage au fur et à mesure que le marché des enchères évolue ces dernières années, est que le spéculateur semble l’emporter sur le consommateur et qu’aujourd’hui un certain nombre d’acquéreurs achète un vin comme il achèterait un titre en bourse privant les épicuriens de belles bouteilles qui ne peuvent plus s’offrir et partager à cause de prix devenus stratosphériques. À méditer…

Source : McViti

Avec la hausse du prix des bouteilles et la baisse de pouvoir d'achat, la consommation mondiale de vin et champagne s'est repliée en 2022, a indiqué jeudi 20 avril 2023 l'Organisation internationale du vin (OIV) lors d’une conférence de presse présidé par son directeur général M. Pau Roca.

Phénomène paradoxale que fait ressortir l’étude de l’OIV et repris par l’Agence France Presse dans une dépêche publiée le 21 avril : ça monte mais ça baisse…

Ça monte, les exportations de vin ont battu un nouveau record de valeur en 2022 (+9%), malgré des difficultés logistiques, qui ont rétréci les volumes expédiés de 5% (à 107 millions d'hectolitres). Sous l'effet d'une hausse de 15% des prix moyens des bouteilles exportées, les expéditions atteignent 37,6 milliards d'euros, "le chiffre le plus élevé jamais enregistré", selon le rapport annuel de l'organisation.

Ca baisse, après une embellie en 2021, liée à la levée progressive des restrictions sanitaires contre le Covid-19, "la guerre en Ukraine et la crise énergétique associée, ainsi que les perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales, ont entraîné une flambée des coûts de production et de distribution", a indiqué l'OIV. Les coûts du gaz ou du verre se sont envolés pour les producteurs, le prix des bouteilles aussi, ce qui s'est traduit par une baisse des volumes consommés. Ils tombent à 232 millions d'hectolitres, en repli de 1% par rapport à 2021.

L'inflation mondiale va se maintenir à des niveaux très élevés et les prix du vin ne vont pas baisser dans les prochains mois, a pronostiqué Pau Roca. Il note aussi que depuis plusieurs années la consommation a changé de manière importante: les vins rouges perdent des parts de marché, tandis que d'autres catégories comme le effervescents ou le rosé sont en progression. Les vins haut de gamme, prisés par une clientèle aisée, résistent aux difficultés.

De manière générale, la consommation de vin décroît "à un rythme régulier" depuis 2018, tirée notamment vers le bas par une diminution constante de la consommation chinoise (-16% en 2022). "Les États-Unis continuent d'être le plus gros consommateur du monde", et également le premier importateur, selon Pau Roca.

La production mondiale de vin, estimée à 258 millions d'hectolitres en 2022, est meilleure qu'attendu, avec une baisse de seulement 1%. "Une série d'événements météorologiques défavorables -- gel printanier, grêle, chaleur excessive et sécheresse -- ont été observés tout au long de l'année 2022", souligne l'OIV. Cependant, "l'absence de maladies graves du raisin et l'arrivée de pluies à la fin de l'été ont compensé" les aléas climatiques. L'Italie, la France et l'Espagne produisent encore cette année plus de la moitié du vin écoulé dans le monde.

L’année 2023 devrait être dans la même lignée que 2022 mais il est à noter que les vendanges dans l’hémisphère sud ont enregistré des volumes inférieurs à ceux des millésimes précédents même si toutes les statistiques n’ont pas encore été rendues publiques.  De quoi tendre un peu plus les marchés encore.

Source: McViti