samedi 2 mars 2024
Bernard Farges président du Comité Interprofessionnel des Vins de Bordeaux Bernard Farges président du Comité Interprofessionnel des Vins de Bordeaux

Assemblée générale du CIVB : comme un vent d’optimisme soufflant sur le Bordelais

Ce début d’année 2021 entre reconfinement, gel du vignoble et croissance en berne pourrait laisser à penser que la morosité serait le seul sentiment qui devrait habiter les professionnels du vin de Bordeaux. Il n’en est rien semble-t-il si l’on écoute Bernard Farges président du Comité Interprofessionnel des Vins de Bordeaux début mai lors de l’Assemblé générale.

« Nous sommes encore dans un moment difficile, mais accueillons ce qui approche à grands pas positivement », a donc déclaré Bernard Farges, en introduction de l'assemblée générale du CIVB et qu’a repris l’Agence France Presse (AFP) dans sa dépêche. En effet, il semble que la consommation des vins de Bordeaux reprend des couleurs en particulier grâce à l’export. Les contrats d'achat de vins de Bordeaux par la Chine ont connu un bond de + 41% sur décembre-janvier-février, par rapport à la même période l'an dernier. La fin de la pandémie en Chine redonne le sourire à nos exportateurs. Idem, beaucoup d’espoir vers les États-Unis ou la suppression momentanée des taxes Trump devrait permettre un redémarrage des ventes. Pour la France et plus généralement l’Europe, la perspective d'ouverture des restaurants et plus largement, la sortie de la pandémie seront un booster pour les ventes. La demande va s'accélérer car la consommation va reprendre et arrive sur le marché de beaux millésimes comme 2019 et 2020. Les contrats d'achats (entre viticulteurs et négociants) pour la période août 2020-avril 2021 sont ainsi supérieurs de 29% à ce qu'ils étaient pour la même période 2019-2020 donc avant la pandémie, a précisé le CIVB. Le début des primeurs pour les Crus Classés semble marquer une augmentation par rapport à 2020. Reste à savoir comment vont évoluer les prix pour les vins d’appellations régionales fragilisés depuis de longues années par une concurrence rude en particulier pour le rouge?

Néanmoins, le gel d’avril aura des conséquences à terme et la gestion des stocks devient un sujet vital. Bernard Farges a souligné le besoin pour les vins de Bordeaux de mieux « réguler nos mises en marché ». On ne peut se satisfaire, a-t-il expliqué, « de passer d'une situation où notre stock agissait comme un boulet, écrasant nos prix de vente jusqu'au 6 avril avant le gel, à une situation 10 jours plus tard où ce stock devient une opportunité, parce que nos vins à la vente sont bons et que nous pourrons alimenter les marchés ». Il a donc appelé à un meilleur « partage du risque entre nos deux familles » -production et négoce- par exemple via davantage « de contrats pluriannuels ou de contrats suivis »afin d’éviter un tel paradoxe.

Enfin le CIVB a acté le lancement d'une campagne de RSE (Responsabilité sociétale des entreprises), déjà engagée avec une trentaine de viticulteurs, négociants, caves pilotes. La démarche, s'appuyant sur la norme internationale de référence ISO 26 000, vise à commercialiser, d'ici 2030, 30% des volumes du Bordelais avec un label RSE ad hoc, "Bordeaux cultivons demain". Le verdissement de la viticulture est un sujet sensible qui a un impact directe sur les exportations compte tenu des diverses règlementations des États et des nouvelles exigences des consommateurs et Bordeaux n’y échappe pas comme l’ensemble du vignoble internationale. Certes, l’optimisme semble être revenu mais les chantiers ne manquent pas pour la filière girondine.

Source : McViti

À propos de l' auteur

Âgé de 45 ans, ingénieur agricole, diplômé de l’IHEDREA (Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole en 1995), j’ai poursuivi mes études par un master de Gestion, Droit et Marketing du secteur Vitivinicole et des Eaux de Vie dépendant l’Université de Paris 10 Nanterre et de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin - 1997). Lire la suite...

Commentaires des lecteurs