jeudi 2 juillet 2020
Roger Huet

Roger Huet

Roger Huet - Chroniqueur vins et Président du Club des Joyeux
Québécois d’origine sud-américaine, Roger Huet apporte au monde du vin sa grande curiosité et son esprit de fête. Ancien avocat, diplômé en sciences politiques et en sociologie, amoureux d’histoire, auteur de nombreux ouvrages, diplomate, éditeur. Il considère la vie comme un voyage, de la naissance à la mort. Un voyage où chaque jour heureux est un gain, chaque jour malheureux un gâchis. Lire la suite...

jeudi, 03 septembre 2009 18:38

Roger Huet vous raconte une bonne soirée

Roger Huet vous raconte une bonne soirée.

Cette semaine a eu lieu le cocktail annuel de l’Association canadienne pour la presse gastronomique et hôtelière, auquel j’ai été invité par mon ami Claude Simoneau.

L’évènement se passait sur la terrasse du Valois un restaurant de qualité qui détonne dans ce quartier défavorisé de la rue Ontario est, qui, me dit-on, grâce à des commerces de prestige sera un jour, un des coins branchés de Montréal. La décoration du restaurant est très réussie, avec une double frise de vitres de couleurs. Le propriétaire A.L.Charmant est particulièrement fier d’une magnifique statue de femme, portant deux globes de lumière qu’il a récupéré d’un palace qu’on démolissait à New York et qui trône maintenant au milieu de la salle à manger.

Le gratin de la presse gastronomique était là, et quand je dis la presse j’inclus les gens de radio et de télévision. D’ailleurs le président est Carl Witchel qui anime l’Omnivore à CIBL- radio. On rencontrait aussi Madame Suzanne Leclerc qui a marqué la télévision gastronomique pendant très longtemps, et qui nous a publié tant de beaux livres. Il y avait aussi Mario Hinse le producteur et vice président de l’émission L’épicerie, qui relevait la réunion de sa bonne humeur. 

La silhouette romantique de Guénaël Revel se démarquait. J’apprécie ses chroniques à Menu Vino, tout comme ses concours et ses jeux originaux sur le vin. La merveilleuse Isabelle Huot que l’on voit souvent à Salut Bonjour et à d’autres émissions, était là, et elle rayonnait sur un cercle d’admirateurs qui lui vouent un véritable culte! Elle était accompagnée d’une jeune fille dont la beauté parfaite était digne d’une chanson de Ferland! J’ai parlé avec Josée Perreault, chef propriétaire de «Le Maria Chapdelaine», et avec Louise Blais qui est toujours très drôle. J’ai aussi vu la traiteure Denise Cornellier, qui avait organisé un incroyable buffet italien lors de la dégustation des vins d’Italie du Marché Bonsecours le 4 novembre dernier. J’ai fait un petit signe à Madame Isabelle Drouin, la terrasse était pleine, et dans cette foule, le lumineux Samy Rabbat, qui vient d’être reçu membre de l’Association, qui était accompagné de l’artiste Diane Senez, dont j’ai baisé la main. Oui, je sais, le baisemain est suranné et peut-être un peu distant; aujourd’hui on lui préfère le baise-joue qui est tellement plus rapprochant. Mais si vous aviez vu, comme moi, les gracieux et parfois cocasses baisemains des marquis espagnols, vous en auriez, vous aussi, gardé une certaine nostalgie.

Avoir un guide comme Claude Simoneau, dans une telle réception c’est tout simplement un bonheur, d’abord parce qu’il connaît tout le monde, ensuite parce qu’il a plein d’histoires intéressantes à vous raconter et surtout parce que vous ne trouverez jamais chez lui ni sarcasme, ni cynisme. C’est un homme de bonne table et de bon vin, et la règle numéro à table c’est qu’il doit régner la bonne humeur! Chez Claude c’est une règle de vie!

J’ai aimé le mot de bienvenue de Carl Witchel. Au Québec on a compris que les discours protocolaires gâtent souvent la sauce, et qu’un mot d’accueil garde tout le plaisir à la réunion. 

Le chef Frédéric Houtin avait concocté des bouchées et des verrines charmantes qui circulaient à profusion. 

Mais la touche était donnée par trois serveurs incroyables : Julie, Remy et Alex, qui prenaient la peine de vous expliquer le contenu de chaque bouchée; ce qui est indispensable, car si vous êtes un gourmet vous voulez savoir ce que vous mangez et les verrines et les bouchées sont pleines de mystère. Ils veillaient également à ce que les verres ne soient jamais vides.

Je tiens à exprimer un remerciement particulier au Chef pâtissier Jean Daniel Cigarini qui nous a présenté des chocolats à la cannelle, des macarons uniques et surtout une tasse qui pour elle seule, je vais traverser encore Montréal d’ouest en est afin de la déguster avec des amis. 

Roger Huet
Président du Club des Joyeux
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Le sympathique Roger Huet qui visite les salons de vin thématique, est armé d'une bonne dose d'humour, de gentillesse, de ténacité et d'une soif d'apprendre qui déroute même les passionnés du vin.

À force de visiter ces salons, il a commencé à se lier d'amitié avec les professionnels du monde vinicole, avec les organisateurs de ces évènements et avec les producteurs avec qui il gardent une correspondance ponctuelle.

Voici une partie de sa chronique:

Le 19 mai dernier se tenait au Marché Bonsecours de Montréal, le Festival des Vins de la Nouvelle -Zélande. Quarante producteurs étaient présents avec une bonne demi-douzaine d’étiquettes chacun.

La Nouvelle-Zélande se trouve à environ deux mille kilomètres de l’Australie. Elle est formée de deux îles principales connues comme l’Ile du Nord, où se trouve la capitale Auckland et l’Ile du Sud. Les différences climatiques sont grandes. Les régions viticoles bénéficient d'un climat maritime. Elles ne sont jamais à plus de 100 km des côtes. La superficie totale du vignoble de 24,660 hectares et produit aujourd'hui 1,5 millions d'hectolitres de vin.

La législation pour la classification des vins est très simple : Lorsque l'étiquette mentionne un seul cépage, le vin doit contenir au moins 85% de ce cépage; dans un assemblage, le cépage majoritaire doit être cité en premier. Lorsque l'étiquette indique une région d'origine, le vin doit venir en totalité de cette région; dans la pratique, Marlborough et Hawkes Bay sont les origines les plus fréquemment mentionnées. La mention "Estate bottled" qui apparait fréquemment sur les étiquettes ne veut pas dire grand-chose car il est courant en Nouvelle Zélande de transporter le raisin sur des centaines de kilomètres.

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La Nouvelle - Zélande comprend dix grandes régions vinicoles.

Et cette chronique est tellement longue que je vous laisse la découvrir en cliquant ici!

vendredi, 30 octobre 2009 14:12

La magie du Tequila

Le 8 octobre je me suis rendu à l’Hôtel Reine Elizabeth de Montréal, pour une dégustation de Tequila, le célèbre alcool mexicain fait à partir de cœurs d’agave bleu.

Pour moi, comme pour beaucoup d’autres le Tequila est symbole de fête. Je voulais en savoir plus.

Chaque invité a été placé devant trois verres de Tequila, appelés «caballitos», un blanc, un doré et un ambré. Les plus pressés se sont dépêchés de goûter et ont fini par boire jusqu’à la dernière goute de leurs trois verres, les autres, avons attendu les explications pour déguster calmement.

Monsieur Alfonso Mojica, Délégué commercial du Mexique à Montréal-ProMexico, a évoqué la richesse que représente le Tequila pour le Mexique et les énormes opportunités d’affaires qu’il y a pour les investisseurs canadiens car le Tequila génère de gros profits. Depuis deux ans 85 bureaux de Promotion se sont ouverts dans le monde; au Canada il y a des bureaux à Montréal, à Toronto et à Vancouver. 

Monsieur Miguel Cedeño, conseiller spécial de la Chambre Nationale de l’Industrie du Tequila, nous a fait une présentation passionnante sur l’histoire de cette eau de vie métisse faite d’une plante appelée agave. Les Aztèques en faisaient une boisson fermentée, mais ce sont les Espagnols qui en introduisant l’alambic ont obtenu l’eau de vie. Monsieur Cedeño nous a parlé de l’agave bleu, dont les champs ont été classés patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco en 2006. Chaque plante requiert une dizaine d’années de soins avant d’être en mesure d’être coupée. Les feuilles sont très coupantes et doivent être enlevées à l’aide d’un couteau spécial à manche très long, le coa. Seulement alors on est en mesure de cueillir le cœur appelé «piña» avec lequel on fabrique le Tequila. Les piñas pèsent une trentaine de kilos en moyenne mais peuvent atteindre 80 kilos. Sept kilos de cœurs d'agave sont nécessaires pour produire un litre de tequila. 

La fabrication est relativement simple, les «piñas» sont coupées en deux et bouillies pendant deux jours, elles sont ensuite broyées pour en extraire le jus, qu’on laisse fermenter de 30 à 48 heures en ajoutant une levure. Le «mosto» obtenu est passé par l’alambic une première fois pour en tirer un alcool de base qui a 25 degrés. Il est alors soumis à une deuxième distillation qui donne un Tequila blanc de 50 à 55 degrés. Ce Tequila est commercialisée tel quel sous le nom de Tequila argent, ou soumis à un processus de vieillissement qui va donner des eaux de vies dorées qu’on appelle «Reposado» ou ambrées, qu’on nomme «Añejo».

Pour obtenir la "Dénomination d'Origine", le Tequila doit être produit dans l'État de Jalisco où se trouve la région de Tequila ou dans certaines municipalités des états de Guanajuato, Nayarit, Michoacán et Tamaulipas, qui ont toutes un sol volcanique rougeâtre. Tous les autres alcools produits à partir d’agave qui ne proviennent pas de ces régions, portent le nom générique de «mezcal». Tequila est donc une dénomination d’origine et une garantie de qualité. 

Il existe deux catégories de Tequila selon contenu en jus d’agave bleu:

Le "Tequila 100% agave" qui est embouteillé au Mexique et qui est proposé en trois catégories : Blanco, Reposado et Añejo, et le "Tequila" standard, fait au moins de 51% jus d'agave bleu. Il peut être exporté en vrac et mis en bouteilles dans d’autres pays. On le propose en quatre catégories : "Blanco, Oro, Reposado et Añejo".

Monsieur Stéphane Le Coënt, Chef de Catégorie à la SAQ, nous a fait une très bonne présentation sur le passé, le présent et l’avenir du Tequila au Québec. Sa seule présence à cet événement montre l’importance du Tequila sur le marché de la province qui représente actuellement 11 millions de dollars de ventes. 

Monsieur, Alonso Ulloa, Ministre de l’Économie de l’État de Jalisco-SEPROE, nous a brossé un intéressant tableau économique, et nous a expliqué que le succès du Tequila est tel qu’il est devenu une des trois eaux de vies les plus vendues sur le marché mondial. Il a invité les investisseurs Québécois et Canadiens à s’intéresser à ce produit qui a un avenir très prometteur. Actuellement on consomme 1,5 millions de litres de Tequila par année seulement au Canada.

Monsieur Edgardo Flores, Consul Général du Mexique à Montréal, a emboîté le pas et nous a exprimé sa confiance en l’avenir commercial entre le Mexique et le Québec. Il a évoqué les bénéfices récoltés grâce à l’ALENA et nous a invités à visiter le Mexique et à faire la route du Tequila. 

C’est finalement monsieur Juan Casados-Arregoitia, Président de la Chambre nationale de l’industrie du Tequila qui a clôturé la première partie de l’événement. La Chambre qu’il préside regroupe les producteurs et son mandat est de veiller au développement du marché international, à l’amélioration constante des méthodes de production et à la conservation des valeurs traditionnelles qui font du Tequila un produit d’exception. Nous avons été invités à déguster le Tequila qui se trouvait devant nous. 

Qu’avons-nous découvert dans nos trois «caballitos» remplis de Tequilas 100% Agave bleu?

Dans le premier il y avait un Tequila Argent sorti tout droit de l’alambic. C’est un alcool totalement transparent, dont le corps est très fluide, lorsqu’on fait tourner la coupe. L’agave bleu dont il est issu, est vraiment une plante très riche, le Tequila argent a des Arômes d’herbes, de pommes, de fruits frais, d’anis, et un soupçon d’ananas et de fleurs bleues. 

Dans le deuxième verre il y avait un Tequila Reposado, c'est-à-dire vieilli en tonneau de chêne blanc ou en cuve appelée "pipón" pendant au moins deux mois. Sa robe est or pâle. Les barils de chêne lui donnent un parfum plus doux et boisé, un bouquet plaisant, un corps plus onctueux également, il a un goût de vanille et de tangerine. 

Dans le troisième verre, il y avait un Tequila Añejo, vieilli dans les tonneaux de chêne blancs pendant plus d'un an. Sa couleur est ambre et son bouquet intense, d’agave et de bois. Son goût est très boisé, avec des notes de chocolat et de roses rouges. Certains producteurs tirent un Tequila extra-añejo avec un vieillissement de trois ans. 

Nous avons été invités à passer dans une autre salle, où nous attendaient plusieurs producteurs et représentants. Nous avons pu admirer les très jolies bouteilles de Tequila, avec des formes originales, les couleurs les plus variées rouge, jaune, vert bouteille, bleue. Elles exhibaient des étiquettes en métal, embossées et finies à la main. Nous avons rencontré notamment M. Rolando Chavez de Tequila Embajador, Dora Grajales de Tequila Azcona Azul, Olga Aguirre de Tequilart qui exhibait des bouteilles de collection, Giovanni Di Girolamo, qui lui aussi montrait des bouteilles de collection de Aha Toro, tous d’excellents produits d’Agave bleu 100%. 

Nous avons dégusté les cocktails au Tequila de Nick, le barman du Queen Elizabeth : des Margaritas, des Sangritas, des Tequila Sunrise, des Vampiros (Bloody Mary), des Petroleo, des Dynamites, des Tequila Sour. Et les couleurs, de ces cocktails dans la coupe, avec une couronne de sel blanc étaient simplement plus qu’une invitation à la fiesta, un véritable cri de joie. 

Les connaisseurs par contre, préféraient déguster lentement et sec leur Tequila añejo100% agave bleu.

J’ai rencontré M. Alonso Ulloa Velez, Secrétaire du développement économique de l’État de Jalisco, Monsieur Francisco Soltero Jimenez, directeur général de la Chambre nationale de l’industrie du Tequila et l’équipe du bureau de PROMEXICO à Montréal au complet. Ils se sont tous montrés désireux de renforcer les liens entre le Québec et l’État de Jalisco, et d’ouvrir leurs portes aux investisseurs. 

Le Tequila pourrait bien conquérir le monde à cause de son extrême malléabilité. Il s’associe à tous les fruits, se boit dans toutes les circonstances sociales; il peut être bu à toutes les heures, et apporte une joie et un coloris intense!

Longue vie au Tequila et Viva Mexico!

Roger Huet
Chroniqueur
Président du Club des Joyeux
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P.S. Tequila en français peut être masculin ou féminin. Pour les Mexicains c’est masculin.

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M. Alfonso Mojica Navarro

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M. Edgardo Flores Rivas

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MM. Juan Casados Arregoitia et Alfonso Mojica Navarro

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Participants au séminaire

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Sra. Dora Grajales Martinez de Tequila Azcona

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Moyana Orozco, Critina Ulloa, Alma Bezares et Miguel Cedeno

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Tequila Oreindain

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Chili Caliente

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Tequila Aha Toro

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Olga Aguirre et Olivier Lalonde ARQC

lundi, 04 janvier 2010 23:55

La plus grande fête du vin italien

Le 4 novembre dernier avait lieu la fête annuelle des vins italiens dans le magnifique édifice historique du Marché Bonsecours, à Montréal. Quatre-vingt dix-huit producteurs vinicoles venus de toutes les régions d’Italie proposaient leurs meilleurs vins tant à l’amateur qu’au professionnel. Il y avait environ 500 vins différents. La salle était bondée. Une petite foule s’attroupait devant chaque table : des professionnels, des sommeliers, des restaurateurs, des conseillers de la SAQ, et aussi des vrais amateurs et de nombreux chroniqueurs.

On avait l’embarras du choix pour les vins: tous les types de rouges, tous les types de blancs, des dizaines de vins rosés, des vins doux et liquoreux, et la gamme la plus incroyable de mousseux : secs, demi-secs, semi-doux, doux, et dans toutes les couleurs : dorés, pâles, ambrés, rosés, rouges ! Parmi eux, les magnifiques produits de la maison Foss Marai, et ceux de la maison Bellenda, toutes deux de la Vénétie.

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Le monde du vin est grandement redevable à l’Italie, le mot même d’œnologie vient de l’italien enologia qui vient des Enotri, une tribu qui, faisait et conservait le vin bien avant les Romains. Les Enotri habitaient la région de Basilicata, dans le sud de l'Italie. Ils ont été conquis par les Grecs au Huitième siècle avant JC qui leur apprirent l’art du vin. Lorsque longtemps après ils furent conquis par les Romains, ils montrèrent à ceux-ci la façon de faire le vin. Avec le temps, les Romains arriveront à produire plus de 200 types de vins différents et implanteront des vignobles dans toutes les régions de l’Empire. 
 
L'Italie offre aujourd’hui une gamme de plus de 3 000 vins différents. Sa production de 50 millions d'hectolitres la place au premier rang des pays producteurs. Elle est aussi le plus grand exportateur. Au Québec nous consommons 36 millions de bouteilles de vin italien chaque année!  
 
Par appellations, on distingue les DOCG (Denominazione d'Origine Controllata e Garantita, qui comprend les vins les plus prestigieux, ensuite on retrouve les DOC (Denominazione d'Origine Controllata), qui désignent plutôt les régions d'origine que les crus, après il y a les IGT (Indicazione Geografica Garantita), qui regroupent les vins de pays. Finalement il y a les vins non classés qu’on réunit sous la dénomination de  VDT: Vino da tavola, et qui, sont souvent des vins très agréables et sans prétention. 
 
Dans une grande dégustation de vins italiens il n’y manque jamais l’eau minérale San Pellegrino et Aqua Panna, qui permettent aux participants de se rendre plus loin, en reposant leurs papilles de temps en temps.

L’année dernière je m’étais promené dans toutes les régions d’Italie, cette année j’ai voulu me consacrer à une seule région le Piémont, et à deux types de vins exclusifs : les Barolos et les Barbarescos. En me promettant, bien sûr, de changer de région à chaque année, car  chaque région d’Italie  produit des vins merveilleux.

Les Barbarescos et les Barolos sont tous deux faits à 100% de Nebbiolo, qui est le principal cépage noir du Piémont. C’est un cépage tardif qui donne des vins assez acides, très tanniques et forts en alcool.  Les Barbarescos et les Barolos sont produits dans des localités distinctes du Piedmont. À cause de l’acidité du cépage tous deux ont un vieillissement obligatoire sous bois :  Deux ans en fûts de chêne ou de châtaigner minimum pour le Barbaresco, mais  quatre ans si c’est une Riserva. Le Barolo lui doit vieillir minimum trois ans en fûts de chêne ou de châtaigner et cinq ans pour la Riserva. On peut dire qu’en général ce sont des vins qui sont bons à boire après quatre années de vieillissement mais qu’on peut laisser vieillir jusqu’à 30 ans.

Tant les Barbarescos que les Barolos exhibent des robes vives, rouge grenat, avec des reflets rubis qui avec le vieillissement, tendent vers l'orange. Tous deux ont un arôme fin, riche, harmonieux et élégant. En bouche ils sont plaisants, secs, robustes, austères, harmonieux, et veloutés. Les Barbarescos sont moins austères que les Barolos et doivent avoir un degré d’alcool de 12,5 minimum par volume. Les Barolos ont le plus souvent 13 et 14 degrés. Ils ont une acidité moyenne de 5 grammes par litre ce qui est assez élevé.

J’ai d’abord visité la table de la maison Ascheri,  un vignoble fondé en 1880 et repensé par Matteo Ascheri qui était d’ailleurs à Montréal. Ils sont représentés au Québec par la Société Commerciale Clément Internationale.

Cette maison nous proposait le Barolo DOCG Vigna dei Pola 2005.

Un vin d’une grande complexité. Un nez austère et élégant délicatement fleuri, avec des nuances d’iode, de terre. Un deuxième nez d’amande amère.  En bouche un équilibre parfait entre les tanins et l’acidité. Aéré, long en bouche avec un fini fruité. Il sera à son meilleur après 2010.

J’ai demandé à goûter le Barolo  DOCG Sorano 2004. Bouquet lèger avec des touches de goudron. Un deuxième nez de parfum de fleurs séchées et une note minérale. Riche et complexe en bouche, un bon équilibre et des tanins mûrs qui donnent à ce vin une harmonie et une intensité élégante. Un produit de classe, austère et si typiquement Barolo.

J’ai terminé par un Barolo Sorano Coste & Bricco 2004. Un vin complexe et intense avec des arômes floraux et terreux qui se démarquent par leur caractère délicieusement persistant de cassis, de cerise, et de cuir. Un vin épicé et presque mentholé. Riche et plein de charme avec de la fraicheur et une longue finale.

Je me suis déplacé à la table de Beni di Batasiolo. Ils sont représentés au Québec par Charton Hobbs.

J’ai dégusté tout d’abord leur Barolo DOCG Boscareto 2005. Belle robe rouge grenat clair. Nez aéré et accueillant. En bouche c’est un vin  austère, tannique, structuré, complexe  avec un goût qui se marie parfaitement avec l'arôme du vin. Un produit superbe, vraiment !

J’ai choisi finalement La Corda della Briccolina, Barolo DOCG. Robe rouge-foncé, ample en bouche avec des notes de fruits mûrs qui s'harmonisent bien avec l'arôme du bois. Goût sec, plein et harmonieux, tanins veloutés. Sa bonne persistance et l'arôme qu’il expire sont agréables et intenses. Un vin racé.

Je me suis présenté devant la table de Bersano Vini, représenté au Québec par Importation Épicurienne R.A. Fortin.

Dans les  années 1920 lorsque Giuseppe Bersano a acquis des terres les vignes du comte Cremosina, le vignoble périclitait. Avec l’aide de son fils Arturo ils ont rebâti le vignoble et constitué une entreprise de prestige. Aujourd'hui Bersano produit 3 millions de bouteilles.

Je tenais à goûter leur Barolo DOCG Nirvasco 2002, qui a une robe rouge brique. Des arômes concentrés, austères, mais en même temps, raffinés et éthérés. Un premier nez de violettes, intense, robuste. Un deuxième nez  fruité de cerise beaucoup plus doux. Les tanins sont persistants en finale. Délicieux !

À la table de Ca’ du Rabajà, maison représenté au Québec par Bella Vita International, j’ai été heureux de trouver deux Barbarescos : le DOCG 2007 et le DOCG Rebajà 2007.

Le Barbaresco DOCG 2007 avait une belle couleur rouge tirant vers l’orange. Un nez riche et épicé, très  floral : pétales de rose et de violette mélangés avec du goudron mais une grande élégance. Sec, bien structuré, robuste, long en bouche. Un grand potentiel de vieillissement.

Le Barbaresco DOCG Rebajà 2007 est un vin plein de charme, robe légèrement brique mais translucide. Nez terreux où on trouve de la prune et de l’orge brûlée, du cuir mouillé et du goudron. En bouche il est complexe, puissant, avec un goût de prune mûre, amer, des tanins très présents. Finale longue et élégante. 

Je me suis arrêté ensuite à la table de la Cantina Sociale dei Produttori del Barbaresco. Ils sont représentés au Québec par Oenopole. La cooperative possède 100 ha de nebbiolo dans la commune même de Barbaresco. Les années de grands millésimes ils ne produisent que des Riserva, dans les années normales ils produisent les Barbaresco DOCG.

Deux opus étaient proposés à Montréal :

Le Barbaresco DOCG 2005 qui a une belle robe rouge-foncé. Des arômes intenses et des tanins très présents mais qui s’arrondissent. Une belle évolution en bouche, une finale persistante et fort agréable. Un vin complexe et austère dans sa jeunesse.

Le Barbaresco DOCG Riserva Pora 2004. Une grande année pour le Barbaresco qui a produit des tanins persistants, beaucoup de corps, une grand structure. Un vin corsé mais aussi fruité, des fruits intenses et murs. Des arômes d’épices fumées ; une bonne acidité. Un vin austère mais avec beaucoup d’élégance, long en bouche et une finale remarquable. Excellent potentiel de garde.

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La sommelière Sherry Ruder en ma compagnie!
 
Sur mon chemin j’ai rencontré deux vieux amis américains, les sommeliers Brian Powel et Sherry Rudder qui sont tombés en amour avec Montréal. Nous avons échangé quelques tuyaux, pris quelques bouchées. Brian est aussi un excellent photographe. Il a immortalisé le moment en trois clics ! Nous nous sommes souhaités bonne dégustation et j’ai continué mon chemin vers la table de Castello di Neive où j’ai trouvé trois Barbarescos intéressants. Ils sont représentés au Québec par Enotria Internationale.
 
Castello di Neive et ses 150 acres sont la propriété des  frères Stupino. Italo Stupino était justement à Montréal.  Leur père, Giacomo, un expert géomètre avait commencé à acheter des vignobles bien placés et à vinifier chez-lui, pour sa propre consommation d’abord, et ensuite à mesure qu’il agrandissait son vignoble il fabriquait et vendait du vin en vrac. En 1964, la famille a acheté le Château di Neive qui disposait de caves spacieuses mais qui étaient plus ou moins laissées à l’abandon. Ils les ont aménagées pour une production moderne. Dans les années 70 ils ont enfin commencé à embouteiller.  Aujourd’hui leurs vins sont reconnus pour leur grande qualité.

J’ai commencé par le Barbaresco DOCG Santo Stefano 2006. Belle robe grenat. Bouquet complexe et plein de personnalité avec des notes de réglisse, de framboise et de violette. Un deuxième nez dévoile des notes de tabac, de roses séchées, d’aromates. Robuste en bouche avec une bonne structure tannique mais à la fois frais, vif. 

J’ai fini avec le Barbaresco DOCG Riserva Santo Stefano 2004 qui est un grand millésime dont cette maison a tiré 24 000 bouteilles. Un nez magnifique, en bouche il est long, élégant, profond. Un vin de très grande classe.

Je me suis arrêté à la table de la maison Fontanafredda qui était propriété d’une banque qui l’exploitait directement jusqu’à son achat il y a deux ans par Oscar Farinetti propriétaire d’une chaine de marchés d’alimentation de luxe. Ils sont représentés au Québec par LCC Vins et Spiritueux. J’y ai goûté deux vins magnifiques un Barolo et un Barbaresco:

Le Barolo DOCG 2005 a une belle robe rouge tirant sur l’orange. Nez de fruits de bois, violettes, tabac, vieux cuir. Fruité en bouche, tanins très présents mais agréables, long en bouche.

Le Barbaresco Coste Rubin DOCG 2006 est un vin rouge-rubis, un premier nez solide : réglisse, tabac, cuir. Un deuxième nez plus doux : violettes, prunes. En bouche beaucoup de goût, des tanins robustes, mais qui tapissent vos papilles et vous laissent une sensation de fraicheur.

Je me suis arrêté à la table de Marchesi Antinori qui est une maison de la Toscane, représentée au Québec par Marc Antony Brands. Je me suis demandé comment étais-ce possible qu’une maison de la Toscane produise des Barolos.

Je me suis rappelé qu’Antinori qui a connu une forte expansion dans les dernières années a acquis l’entreprise de la famille Prunotto au Piemont. Les Prunotto  étaient des négociants qui achetaient leurs raisins ailleurs et vinifiaient chez-eux. Sans interrompre le négoce, Antinori cherche maintenant à cultiver ses propres vignobles de nebbiolo sur ses terres piémontaises.

Ils proposaient le Barolo DOCG, Bussia Barolo Prunotto 2005. Un vin qui a une belle couleur rouge pourpre, un nez riche, fait de fruits rouges mûrs. En bouche il montre une belle structure, des tanins veloutés, très agréables. On distingue la violette et les épices, un peu de tabac.

À la table de Marchesi di Barolo, qui sont représentés au Québec par Focus Cellars j’ai fait la connaissance de deux jeunes femmes magnifiques, Sarah et Saïda Amiri, qui sont les propriétaires du restaurant Vert-Lime qui se trouve à deux pas du Marché Ontario dans l’Est de Montréal. Elles étaient à la recherche de bons vins italiens pour leur carte et qui d’après elles iraient bien avec la cuisine méditerranéenne et algérienne qu’elles proposent. Elles m’ont demandé ce que je pensais de Marchesi di Barolo. 

Marchesi di Barolo, leur ai-je dit,  est une vieille entreprise qui a commencé à vinifier au dix-neuvième siècle lorsqu’elle était la propriété du Marquis Falleti. À sa mort la propriété est devenue Tenuta Opera Pia Barolo et porte maintenant le nom de Marchesi di Barolo. Leurs vins sont très prestigieux et figurent dans les plus grandes tables italiennes.

Nous avons demandé à goûter tout d’abord le Barolo DOCG Sarmassa 2005, et je me suis fait le plaisir de les guider dans la dégustation : Jolie robe rouge tirant vers la brique. Arômes de cerise, de noisettes, de fruits mûrs. Ample en bouche, cerise noire confiturée, clou de girofle et épices, sauge, un peu d’anis.

Tanins généreux mais élégants.  Très belle finale. Un grand vin. Saïda a tout noté dans un carnet.

Nous avons ensuite goûté le Barolo DOCG Cannubi 2004. Robe rouge grenat avec des reflets orange-œil de pigeon. Bouquet floral, mais aussi des fruits mûrs, de la vanille, de la réglisse, une touche de cannelle. En bouche, il est ample, complexe, des tanins équilibrés, une bonne acidité et surtout une finale longue, très longue et agréable.

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Et finalement nous avons goûté le Barolo DOCG 2004. Belle robe rouge brique.  Nez de prune, de zeste d’orange, de poivre rouge. En bouche c’est un vin assez minéral, avec des touches de cerise anglaise, de tabac turc, et de pétales de rose. Belle structure tannique, acidité bien dosée. Une belle élégance qui se prolonge de façon magnifique. Tout a été noté. Je leur ai promis d’aller boire ces vins chez Vert-Lime et j’ai continué ma promenade.

Je me suis arrêté à la table de Poderi Colla, représentée au Québec par Mark Antony Brands. Cette entreprise est le fruit d’une alliance entre Tino Colla et sa nièce Federica qui ont réuni trois vignobles familiaux : le Cascine Drago à Alba, le Tenuta Roncaglia, qui tient son nom du cru historique de Barbaresco, et le

Tenuta Dardi Le Rose, qui fait partie du célèbre cru Bussia Barolo de Monforte.

Le  Barolo DOCG Bussia 2004 a une robe typiquement Nebbiolo, rouge rubis avec des nuances tirant vers l’orange. Nez très complexe montrant un caractère affirmé, mais sans agressivité : fruits rouges, réglisse, cacao, poivre noir, graines de coriandre. En bouche il est assez minéral, avec des notes de cuir, de fruits confits. Les tanins présents mais ronds; une acidité bien graduée.  D’une complexité étonnante, il a une finale fort agréable.

J’ai ensuite dégusté le Barbaresco DOCG Roncaglie 2005. Rouge foncé, arômes frais, plus fleuri que minéral. En bouche : boisé, caramélisé, cannelle, épices, des tanins et une acidité bien graduée. Une légèreté et une fraîcheur qui vous suivent jusqu’à la fin.

À la table de Premium Wine Selection, j’ai rencontré Monsieur Luigi Piacentini qui m’a expliqué qu’ils sont négociants en vins. Ils sélectionnent et commercialisent des vins de producteurs prestigieux et font un suivi complet de chaque produit depuis la vigne jusqu’à la mise en bouteille. Leur entreprise PWS a été fondée en 2000. Ils sont représentés à partir de l’Ontario par Ruby Wines & Spirits.

Ils m’ont fait goûter le Barolo DOCG Gemma 2005. Belle robe typiquement Barolo, rouge tirant vers l’orange. Des arômes riches, de fleurs et de fruits rouges. Un goût de violettes et d’épices, de papaye et de réglisse. Des tanins très présents et une acidité encore vive qui promet un vieillissement réussi. Longue finale.

Ils m’one proposé ensuite le Barbaresco DOCG Gemma 2006. Robe rouge rubis, nez complexe et fleuri. En bouche il est agréablement fruité : compote de prunes, anis doux, tabac. Des tanins présents mais sans agressivité, une bonne acidité. Très agréable, surtout en finale. 

Mon dernier arrêt était à la table de Veglio Michelino & Figlio, qui sont représentés au Québec par Vignôme. Leurs vins ont des étiquettes magnifiques et celle des Barolos est noire-dorée et rouge.

J’ai goûté le Barolo DOCG 2005. Robe rouge-orange scintillante. Corps harmonieux, bouquet intense, délicat et fruité. Structure complexe, présence de tabac, d’épices ; Les tanins bien accordés, belle acidité, beaucoup de fraicheur et d’élégance. Une finale épique.

Le Barolo est le vin le plus célèbre d'Italie, et les producteurs veillent à son amélioration constante, mais le titre de Roi du vin italien leur est contesté de nos jours par le Brunello di Montalcino de la Toscane qui a réussi une amélioration remarquable de la qualité. Il faudra aussi surveiller l’Amarone de la Vénétie qui après avoir obtenu la dénomination DOCG travaille très fort pour atteindre une qualité exceptionnelle et qui compte bien se placer au premier rang du firmament vinicole italien. Cette concurrence est saine puisqu’elle va nous offrir le meilleur du meilleur.

Je tiens à mentionner la magie de Denise Cornelier et les excellentes bouchées et verrines qu’elle faisait circuler, remplies de délices de la mer, de l’air, et de la terre et  les meules de fromages italiens savamment distribuées et les petits desserts charmants qui ont contribué au succès de l’événement du 4 novembre, parce que le mariage des mets avec des bons vins c’est le ciel !

Félicitations à M. Antonio Lucrelli, Délégué Commercial de la Délégation Commerciale d'Italie, à l’Institut Italien pour le Commerce Extérieur et à Madame Fausta Mallozi, pour la réussite de la septième édition de la Dégustation des Vins d’Italie. Le vin italien mérite le succès qu’il connaît.

Roger Huet
Président du Club des Joyeux
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101 0859J’ai reçu une invitation à une dégustation d’Armagnacs pour le 16 septembre, de la part d’Eloi de Bellefeuille de Mondia Prestige et d’Aline Migneault de Vinam. Cela se passait à Espace Vinam, sur la rue Saint Paul, où je me suis rendu à 11heures. On nous annonçait que la dégustation porterait sur les eaux de vie de la prestigieuse maison Tariquet, propriété de la famille Grassa, et que la présentation serait animée par Séverine Chomat, directrice des eaux de vie, qui viendrait directement de France pour cette occasion.

Photo: De gauche à droite, Aline Migneault de Vinam et Séverine Chomat de Tariquet- Bas Armagnac.  

La rue Saint-Paul a un certain cachet, mais oh surprise! l’Espace Vinam se trouve dans le sous-sol d’un édifice situé au 50 St. Paul Ouest. Vous descendez des marches, et … vous vous retrouvez dans un site archéologique, datant des premiers temps de la ville de Montréal. La Rue Saint Paul était alors au même niveau que la rue de la Commune qui servait de quai. Vous sonnez, et on vous reçoit dans un local au plafond voûté, aux murs vénérables.

Aline Migneault qui a acheté récemment cet extraordinaire local me disait qu’elle serait prête à le mettre à la disposition d’entreprises ou de groupes souhaitant se réunir dans un site chargé d’histoire!

101 0862On nous a présenté Madame Chomat, belle, élégante, racée, qui nous a parlé avec passion de sa région et de ses eaux de vie. Elle nous a brossé un tableau de l’Armagnac qui est une Appellation d'Origine Contrôlée qui comprend trois zones bien différentes, connues comme le Haut Armagnac, le Ténarèze et le Bas Armagnac. Le château de Tariquet et ses vignobles se trouvent dans le Bas Armagnac, qui est une région vallonnée. La vigne y pousse sur des terrains argilo-siliceux pauvres et acides, par endroits mêlés d'éléments ferrugineux qui le colorent, d'où leur nom de 'sables fauves' et qui donnent des eaux de vie légères, fruitées, délicates et très prisées.

Au château de Tariquet on emploie principalement trois cépages : L'Ugni-blanc qui est le cépage de distillation par excellence. Il donne des vins acides, peu alcoolisés, qui après distillation produisent des eaux de vie fines et de qualité.

La Folle Blanche
qui est le cépage historique de l'Armagnac, dominant avant la crise du phylloxéra en 1878, et qui est difficile à faire pousser sur porte-greffe, donc plus rare, mais très prisé en Armagnac. Ce cépage produit des eaux de vie fines, souvent florales et d'une grande élégance qui sont particulièrement valorisées en eau de vie Blanche ou dans des Armagnacs jeunes.

Le Baco
, cépage hybride, qui donne des eaux de vie avec du corps et de la rondeur, et qui se prête bien à un long vieillissement.

Notre charmante conférencière nous a parlé du processus de vinification, de distillation en alambic armagnacais, de vieillissement dans des petites barriques de 228 litres, sans ajout de caramel, et d’assemblage. Au Château Tariquet on tient à effectuer le vieillissement séparément, cépage par cépage et l’assemblage final est tout un art.

Avant de commencer la dégustation on nous a recommandé de ne pas chauffer notre verre. Il faut toujours prendre les Armagnacs à la température de la chambre pour éviter d’avoir une réaction brutale de l’alcool qui nous empêcherait d’en apprécier les arômes.

Sept jolis verres tulipe étaient alignés devant nous, on nous a d’abord servi le Floc de Gascogne, qui veut dire bouquet de fleurs (SAQ $ 21.05). C’est un vin de liqueur fruité qui naît du mariage du jus de raisin frais et de l'Armagnac provenant de la même propriété. Il trouve sa place à l'apéritif et sert à faire des cocktails extraordinaires. Avez-vous entendu parler du Vive la Gascogne, du Fruit’n Floc, du Jazz’in Floc, du Floc Fizz, du Latin’o Floc, du Floc Melon, du Floc d’Or, du Floc de l’Eté, du Floc Trendy, du Floc Menthe? Vous les trouverez sur la toile.

En deuxième lieu nous avons goûté un Bas Armagnac, 3 étoiles, fait d’Ugni blanc, de Baco et de Folle Blance. C’est un Armagnac jeune, qui à partir de février 2010 prendra le nom d’Armagnac VS (Very Special). Robe ambrée claire; arômes de croûte de pain et de caramel tout en nuances, Les Gascons aiment assaisonner leurs salades d’Armagnac, plutôt que de vinaigre. Cet Armagnac se marie très bien avec les fromages à pâte persillée, type roquefort et avec les pâtisseries. (SAQ. $ 44.)

Notre troisième verre fut servi avec un Bas Armagnac VSOP fait d’Ugni blanc et de Baco, qui demande un vieillissement de 5 à 7 ans. (SAQ 47,50) Robe ambrée, nez concentré et riche, arômes de rancio, fruits confits, pain grillé, boisé et vanillé. L’Armagnac VSOP s’accorde avec des plats sucrés-salés comme le magret de canard au miel et avec des desserts comme la tarte-tatin ou un moelleux au chocolat. Mais il s’accorde également avec un bon cigare. Yves Belaubre, un spécialiste des cigares, vous suggère d’essayer l’Armagnac VSOP du Château Tariquet, avec le « Flor de Copan Linea Puros, Churchill».

Notre quatrième verre reçut un Hors d’Age, Bas Armagnac vieilli 15 ans, fait d’Ugni blanc, de Baco et de Folle Blanche. (SAQ $77). Ce qui veut dire que l’eau de vie la plus jeune qui a servi à cet assemblage a 15 ans d’âge.

Jolie robe ambrée, boisé sur fond vanillé, un éventail d’épices, de confiseries, de fruits confits, un soupçon de cacao. Des tanins parfaitement intégrés.

J’en ai repris plus tard avec mon dîner, il se mariait merveilleusement avec les bouchées de fruits de mer. Yves Belaubre le recommande avec un havane Upmann Magnum 46.

Notre cinquième verre fut servi avec Le Légendaire qui lui aussi est fait d’Ugni blanc, de Baco et de Folle Blanche. Fait de trois millésimes vieillis en futs de chaine au moins durant 13 ans. (SAQ $ 98,50).
Robe tirant vers le vieil or. Nez plus épicé que le Hors d’Age, bouche ample, tanins bien intégrés, un goût d’orange confite et de figue sèche. Équilibre, rondeur, élégance. Avec un bon café, c’est le ciel ! et pour un cigare, choisissez le Hoyo de Monterrey, doble corona, parole de Belaubre !

Le sixième verre reçut un Brut de Fût, 46,8 degrés d’alcool, tandis que les autres Armagnacs n’en avaient que 44 degrés. Nez intense et flatteur, élégant et intrigant, avec des notes fumées et épicées qui s’entremêlent. Arômes de musc et de vanille toastée. Explosif et large en bouche. Évoque le gingembre et la cannelle. Je vous le recommande avec un bon cigare : Romeo y Julieta Cazadores.

Le septième verre servit à la dégustation de la Folle blanche, qui est une eau de Vie incolore recueillie à la sortie de l'alambic sans être passée en fût de chêne. Elle est faite à 100% de Folle Blanche. Elle a 46 degrés d’alcool et offre des notes florales, à dominante de violette et de rose. Elle est souple et délicatement fruitée en bouche.
A déguster glacée à l'apéritif, ou pendant un repas en accompagnement d'une viande grillée, de champignons persillés ou d'un dessert pour souligner un chocolat ou mettre en valeur une crème.

Un très bon dîner a suivi la dégustation, où j’ai insisté pour ne boire que les eaux de vie, de l’entrée jusqu’aux fromages et au dessert. Je dois dire, néanmoins, que Château Tariquet produit aussi de très bons vins à des prix très accessibles, dont certains blancs sont en vente à la SAQ comme le Ugni blanc-Colombard, Tariquet vin de pays Côtes de Gascogne 2008, 11,90 $; le Sauvignon blanc domaine Tariquet 2008 $ 14,65; le Premières Grives Domaine Tariquet, vin de pays Côtes de Gascogne 2008, $ 18; et le Chaddonnay/sauvginon Tariquet vin de pays Côtes de Gascogne. $ 18

J’ai eu vraiment un grand plaisir de renouer avec mes vieux amours, les Armagnacs et à en découvrir d’autres. Le Château Tariquet a une formidable ambassadrice en Séverine Chomat.

Roger Huet
Président du Club des Joyeux
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vendredi, 04 décembre 2009 00:00

La fête des vins de Bordeaux à Montréal!

J’étais invité le 29 octobre dernier à une dégustation de vins de Bordeaux de moins de 30 dollars à la SAQ. Elle était organisée par le Conseil interprofessionnel du Vin de Bordeaux. Je me suis dit que cette limitation devait restreindre grandement le choix des vins, mais j’ai été surpris d’apprendre qu’il n’y avait pas moins de 160 produits, et qu’ils seraient tous proposés en dégustation au Marché Bonsecours. Cela se passait dans la grande salle de bal. Les tables étaient pleines de bouteilles, et les représentants des agences, derrière, prêts à nous faire goûter et à nous parler de leurs produits. 

Il y avait un séminaire que devait animer Nick Hamilton, le bouillonnant animateur du Voir et que je ne voulais pas manquer, mais je me suis dit que j’avais le temps de visiter quelques tables et de serrer les mains de plusieurs amis. Justement mon ami Claude Simoneau n’était pas loin et il m’a présenté aux frères Sylvestre qui m’ont parlé avec enthousiasme de leur La Terrasse de La Garde 2006 qui a gagné une médaille d’or et une autre d’argent cette année. À la table de Philippe Dandurand j’ai contemplé les Mouton Cadet blancs, rosés, rouges et rouge réserve, le Château Greysac Médoc cru bourgeois 2005, le Château Peyre-Lebade, Haut Médoc Cru bourgeois 2006. À LCC Vins et Spiritueux ils avaient aussi de très bonnes choses dont un rouge : Les Contreforts de Beau-Site, St-Estèphe a.o.c. que j’adore. À la table de l’Agence Benedictus, mon ami Benoît Lecavalier m’a présenté son Château Mylord 2005 cuvée Milady Bordeaux AOC dont paraît-il l’élégance en bouche est remarquable et ne coûte que $ 19,80. A ce moment on est venu m’appeler car le séminaire de Nick Hamilton allait commencer. Nick nous a brossé un tableau très intéressant du Bordelais et de ses vins et nous a donné une folle envie de commencer la dégustation.

Comme la SOPEXA fait bien les choses, ils avaient prévu que les médias nous allions avoir une salle de dégustation assise, pour nous tous seuls, avec service aux tables. Tandis qu’on préparait la salle je me disais que les vins de Bordeaux sont les vins préférés des Montréalais, mais qu’ils se perdent parfois dans les dénominations, et pour cause :

La région de Bordeaux présente deux plateaux différents, à l’Est, un plateau ondulé, mais sans grandes côtes, et à l’Ouest, un autre plateau qui descend doucement vers le littoral. Le climat est océanique, adouci par l’influence du Gulf Stream et tempéré par la forêt des Landes ce qui fait que le Bordelais soit agréable en tout temps. Il y a des printemps plus ou moins humides, des étés ensoleillés, des automnes harmonieux et d’assez doux hivers. Les sols très diversifiés sont favorables à la culture de la vigne, ils sont bien irrigués par la Garonne, la Dordogne et leurs affluents.

Et les cépages ?

- Pour le vin rouge le cépage le plus présent est le Merlot, qui est un cépage précoce, bien adapté à la diversité des sols bordelais. Vient ensuite le Cabernet Sauvignon qui lui, est un cépage tardif, avec un excellent rendement dans les sols graveleux qui se trouvent à l’Ouest de la Garonne. Le Cabernet Franc est cultivé dans la région du Libournais. Il y a finalement les cépages auxiliaires : le Carmenère, le Petit Verdot et le Malbec qu’on appelle Cot à Bordeaux.

Pour le vin blanc on trouve généralement du Sémillon qui donne des vins dorés et onctueux, le Sauvignon blanc, riche en sucre, et des cépages auxiliaires blancs comme la Muscadelle, le Merlot blanc, le Colombard et l’Ugni blanc.

Le vignoble bordelais produit une gamme étendue de vins fins : vins rouges, vins rosés, vins blancs secs, vins blancs moelleux et liquoreux, et vins effervescents.

Six grandes familles forment le terroir bordelais : au sein desquelles on distingue 57 appellations officielles.

carteVinsBordeaux2

• Les terroirs de l'AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur, présents sur toute la zone viticole de Bordeaux.
• Les terroirs de Médoc & Graves : la vigne est plantée dans des sols de galets et graviers bien drainés, sur des terrasses ou des croupes qui emmagasinent la chaleur et la restituent durant la nuit.
• Les terroirs des vins liquoreux autour de Sauternes.
• Les terroirs des vins blancs secs entre Garonne et Dordogne.
• Les terroirs des Côtes de Bordeaux, accrochés aux coteaux ensoleillés près des fleuves, et
• Les terroirs de Saint-Emilion-Pomerol-Fronsac.

Les Appellations d’Origine Contrôlée représentaient 98,5% de la production bordelaise, les principales sont :

Barsac
Bordeaux
Bordeaux Clairet
Bordeaux côtes-de-francs
Bordeaux haut-benauge
Bordeaux rosé
Bordeaux supérieur
Cadillac
Canon-fronsac
Cérons
Côtes-de-blaye
Côtes-de-bordeaux-saint-macaire
Côtes-de-bourg
Côtes-de-castillon
Crémant-de-Bordeaux
Entre-deux-mers
Entre-deux-mers-haut-benauge
Fronsac
Graves
Graves-de-vayres
Graves supérieures
Haut-médoc
Lalande-de-pomerol
Listrac-médoc
Loupiac
Lussac-saint-émilion
Margaux Médoc
Montagne-saint-émilion
Moulis-en-médoc
Pauillac
Pessac-léognan
Pomerol
Premières côtes-de-blaye
Premières côtes-de-bordeaux
Puisseguin-saint-émilion
Sainte-croix-du-mont
Sainte-foy bordeaux
Saint-émilion
Saint-émilion grand cru
Saint-estèphe
Saint-georges-saint-émilion
Saint-julien
Sauternes

2005 et 2009 sont deux millésimes d’exception pour les vins de Bordeaux.

photo salle de presse BdxFinalement la salle de dégustation assise était prête. Les bouteilles posées sur des tables autour des fenêtres avaient des couleurs magiques. Je pris place, mon amie Cynthia Joyal vint me saluer, je lui dis que pour la dégustation j’allais me limiter aux vins de Saint-Émilion, là où le Merlot est roi ! Nous avons regardé la liste ensemble, il y en avait neuf. Cynthia s’esquiva, la fête allait commencer.

Saint-Emilion tire son nom de la ville du même nom qui a la fois le tient de l’ermite Saint-Emilian qui vécut au Huitième siècle. Louis XIV donna à ce vin ses lettres de noblesse en l'appelant le « Nectar des Dieux ».

La juridiction de Saint-Emilion est classée Patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO. Elle a 5 400 hectares qui s’étendent sur les communes productrices de Saint-Émilion, Saint-Christophe-des-Bardes, Saint-Hippolyte, Saint-Étienne-de-Lisse, Saint-Laurent-des-Combes, Saint-Pey-d’Armens, Saint-Sulpice-de-Faleyrens, Vignonet, et une partie de la commune de Libourne.

Le vignoble de Saint-Émilion a les mêmes caractéristiques que celui de Pomerol, de Fronsac et de Lussac, même climat et même type de sol graveleux. Plusieurs vignobles ont le droit d’accoler le nom de Saint-Emilion à leur propre patronyme. Ce sont les appellations: Montagne-Saint-Emilion, Lussac-Saint-Emilion, Puisseguin-Saint-Emilion, et Saint-Georges-Saint-Emilion.

Les Saint-Émilion sont des vins d’assemblage de Merlot, de Cabernet franc et de Cabernet sauvignon; des vins généreux, corsés, chaleureux et somptueux. Je demandai qu’on s’assure de les servir à 18°.

On m’a d’abord présenté un Château des Laurents, Puisseguin-Saint-Emilion 2006, représenté par Sélections François Fréchette (SAQ 20,30).

Ce vignoble de 40 ha a été acheté par le Baron Benjamin de Rothschild en 2003 et avec les conseils de l’œnologue Michel Rolland il souhaite en faire une référence de qualité de la région.
C’est un vin d’assemblage 80% merlot noir et 20% cabernet franc.
Belle robe intense, un premier nez de fruits murs, un deuxième nez dévoile une palette complexe d’épices fumées et de framboise. Belle attaque en bouche, souple, ronde, qui dévoile en longueur sa belle structure tannique.

On m’a présenté ensuite un Château Guibeau, Puisseguin Saint Emilion 2005. Il est représenté par Sélections François Fréchette (SAQ 20,45).
Un vignoble de 6 ha, dont la production ne dépasse pas les 30 000 bouteilles.
70% Merlot, 15% Cabernet Franc, 15% Cabernet Sauvignon.

Beaucoup d'harmonie et d'élégance pour ce vin boisé, rond, aux tannins soyeux, avec la puissance du 2005, un millésime de garde qui atteindra son apogée dans dix ans.

On m’a apporté un Château Tour du Pas Saint Georges St-Émilion 2005. représenté par Réserve et Sélection (SAQ $ 23.25)

Cette propriété de 14 ha est située sur un des plus beaux coteaux de la région de Saint Emilion. Le vin 50% Merlot, 35% Cabernet Franc et 15% Cabernet Sauvignon. L’appellation est depuis longtemps reconnue comme la plus prestigieuse des satellites de Saint-Emilion et la plus confidentielle aussi, chasse-gardée de quelques vignerons passionnés. Vieille propriété familiale des Dubois-Challon, qui appartient aujourd'hui à Pascal Delbeck, qui se dit convaincu que : "Le bois doit garder ses distances, être un écrin et non un cercueil, c'est la monture du diamant." Il conduit son domaine suivant des préceptes biodynamiques, en vendanges manuelles avec un rendement de 50 hl/ha. Un fleuron de l'appellation ! Cet opus 2005 a un nez mûr et intense, une jolie matière, de l'élégance, de la finesse, un équilibre parfait... Du grand art !

Ce fut ensuite un Thomas Barton, Saint-Émilion Réserve 2006, représenté par Charton Hobbs (SAQ 24,70). Le vin 80% Merlot et 20% Cabernet Franc. Le vignoble est situé à droite de la Dordogne entre Pomerol et Libourne. Robe profonde, premier nez intense dominé par des arômes de baies noires confiturées. Deuxième nez complexe, notes d’épices toastées. Soyeux en bouche, longue finale épicée et élégante.

On m’a présenté un Château Montlabert, Saint-Émilion 2005, représenté par Mosaïq (SAQ $ 24,35). Assemblage à 80% Merlot et 20% Cabernet Franc. Robe rouge orangée intense. Premier nez de poivre et de griotte ; deuxième nez : effluves subtils de sous-bois et de torréfaction. En bouche une agréable fraîcheur et des tannins soyeux. Texture souple et complexe. Finale longue et élégante. Le groupe Pierre Castel a acquis Château Montlabert, en 2008. C’est un vignoble de 12,5 ha. Ce Saint-Emilion Grand Cru est situé sur la route de Libourne à 3 km à l’est de Saint-Emilion.

On m’a apporté ensuite un Saint-Émilion de Jules Lebegue 2007, représenté par Select Wines (SAQ $ 19,95) 60% Merlot, 20 % Cabernet Franc, 20% Cabernet Sauvignon.
Antoine Moueix et Lebegue est à la fois négociant et distributeur exclusif de 30 propriétés, assurant l’assistance technique au vignoble pour environ 20 châteaux.
Le vin que j’ai dégusté avait une belle robe pourpre avec des reflets violines, arômes d’épices et de fruits rouges. Équilibré et complexe en bouche, belle finesse au début, rond, se montrant puissant en finale.

On m’a présenté le La Fleur Anne Saint-Émilion 2005, représenté par Sélections François Fréchette (SAQ $ 19,30)
Robe couleur grenat intense. Nez puissant qui exhale des arômes, de prune et de baies rouges, des effluves de papaye et de fougère. À cela s'ajoutent de subtiles essences de cerise. En bouche, il est sec avec une bonne acidité et des tannins fermes. On retrouve des saveurs de poivron vert et rouge, d’épices et de bois brûlé. Il tapisse vos papilles d’un velours souple et élégant, une finale bien soutenue.

On m’a apporté ensuite un Château Haute-Nauve, Saint-Émilion Grand Cru 2006, qui comme La Fleur Anne est produit par l’Union des Producteurs de Saint-Émilion, représenté également par Sélections François Frechette (SAQ $ 26,95).
Assemblage classique : 60% Merlot, 30% Cabernet Franc et 10% Cabernet Sauvignon. Belle couleur intense, nez vif, boisé, baies rouges, muscat. En bouche une bonne acidité, mais des tanins ronds et agréables. Une certaine fraicheur, qui se prolonge avec élégance.

Quelle joie lorsqu’on m’a présenté le Château Gaillard Saint-Émilion, Grand Cru 2004. Il est représenté par le Réseau International Global (SAQ $ 29,30). Ce vin a obtenu la médaille d’or au Challenge International 2008 et la Coupe d’or des Nations à Québec en 2008.
Couleur grenant intense, un premier nez délicatement boisé, notes de poivre rouge et de poivre noir, pain grillé. Deuxième nez de vanille, de kaki. En bouche saveurs de fruits noirs, un excellent équilibre, des tanins onctueux et un très beau fini, très long et élégant. Un vin qui m’a définitivement conquis.

C’était la dernière bouteille. La grande salle était maintenant pleine de monde. Ce n’est pas pour rien que les Bordeaux sont les vins les plus renommés de la Terre !

En quittant la dégustation je me suis souvenu de ce vers de Voltaire :
« Il faut, le soir, un souper délectable,
Où l'on soit libre, où l'on goûte à propos
Les mets exquis, les bons vins, les bons mots;
Et sans être ivre il faut sortir de table. »

Roger Huet
Chroniqueur,
Président du Club des Joyeux
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samedi, 12 décembre 2009 00:00

La divine sommelière

Roger Huet s’entretient avec la Sommelière Élyse Lambert.

Le 25 novembre dernier un événement important s’est déroulé dans les locaux de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec. La Fondation de l’ITHQ et Relais & Châteaux ont remis une bourse de 50 000 dollars à la Sommelière Élyse Lambert, lauréate du prix du Meilleur Sommelier des Amériques en 2009. Cette bourse est destinée à l’aider à se préparer pour le Concours du Meilleur Sommelier du Monde qui se tiendra au Chili en avril 2010. 

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De gauche à droite : Mme Lucille Daoust, directrice générale de l'ITHQ, M. Jacques Parisien, président du conseil d'administration de la Fondation de l'ITHQ, M. Jean Saine, Mme Élyse Lambert, M. Robert Gagnon , vice-président international Relais & Châteaux et président du conseil d'administration de l'ITHQ et M. René-Luc Blaquière, directeur général de la Fondation de l'ITHQ."

Je me suis entretenu avec Madame Lambert.

Madame Lambert, vous détenez un Majeur en Communication de l’Université de Montréal, vous êtes Diplômée en Techniques de gestion hôtelières de ITHQ, vous détenez une attestation de spécialisation professionnelle en sommellerie de l’École Hôtelière des Laurentides depuis 1999 et vous étudiez pour obtenir un Master Sommelier actuellement.

Comment a commencé votre histoire d’amour avec le vin?

- Lorsque j'étudiais en gestion hôtelière à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ), dès mon premier cours de sommellerie, j’ai eu la piqure. Je me suis par la suite perfectionnée en sommellerie à l’École Hôtelière des Laurentides. Une de mes grandes écoles a été aussi l’Auberge Hatley, à ce moment, un des établissements les plus prestigieux au Canada, membre de Relais et Châteaux et des Relais gourmands. Le chef Alain Labrie y a remporte cinq diamants CAA et l’Auberge Hatley est le seul restaurant qui a obtenu deux tables d’or consécutives. J’ai commencé au bas de l’échelle comme commis, et j’y ai acquis une expérience de service haut de gamme qui me sert aujourd’hui, tant dans mon métier de sommelière que pour les concours. Les règles de l’art de la table sont strictes. Le vin ne se déguste pas tout seul, il faut savoir le marier avec les mets, en tenant compte des goûts de la clientèle.

À cette époque la cave à vins de l’Auberge Hatley avait près de 15000 bouteilles. Le sommelier était Ghislain Carron, une sommité : meilleur sommelier du Canada 2002 et candidat au concours du meilleur sommelier du monde. Avec lui j’ai appris vraiment le vin dans toute sa diversité. À Hatley il y avait un groupe de passionnés avec lesquels nous faisions des dégustations, ma passion du vin c’est vraiment confirmée à ce moment.

J’ai quitté l’Auberge Hatley, pour prendre de l’expérience ailleurs et j’ai travaillé à l’Eau à la Bouche de Sainte Adèle et au Manoir Hovey.

Ma passion est telle qu’en 2004 je remporte le concours de Meilleur Sommelier du Québec. 

Ma sœur Maude Lambert qui est également sommelière a exercé à son tour le métier à l’Auberge Hatley. Un jour elle m’annonce qu’elle est enceinte. Je lui propose de la remplacer durant sa maternité, ce qu’elle accepte avec l’accord du grand patron. Nous avons par la suite travaillé en tandem après son retour de maternité. En 2006 l’Auberge flambe. Maude et Stéphane (son conjoint et maître d’hôtel à l’Auberge Hatley) continue en restauration ouvrant le Restaurant Le Bouchon à Sherbrooke. De mon côté, je reviens à Montréal et travaille en restauration et comme consultante. Je fais de la consultation en restaurants et des animations pour des individus et des corporations. Ça fait un peu plus de 10 ans que je suis dans le métier et je suis toujours aussi mordue. Chaque jour je découvre de nouveaux produits, je fais de nouvelles dégustations, de nouvelles rencontres. 

Vous êtes aussi une divulgatrice. Vous avez initié à la découverte du vin le public montréalais à l’occasion des Plaisirs Gourmands de l’ITHQ et vous étiez la Porte-parole du Salon des Vins de Montréal en 2008. 

Oui j’ai animé pendant quelque temps les Plaisirs Gourmands qui étaient des ateliers d’initiation aux vins et fait quelques contrats en collaboration avec l’ITHQ.

Quelles sont aujourd’hui vos préférences en vins et en régions vinicoles?

- Ma relation avec le vin est celle d’une passionnée. C’est un produit de plaisir que je traite avec respect et humilité. Il m’est très difficile de dire mes préférences car elles sont déterminées par beaucoup de facteurs, les saisons par exemple : quand la saison froide arrive, j’aime le Zinfandel de Californie, riche, charnu, confituré, pour moi c’est vraiment un vin d’hiver. Il y a évidemment d’autres facteurs comme les mets avec lesquels on boit et les célébrations. Pour mes préférences je reste néanmoins du vieux monde : les Bourgognes blancs et rouges, le pinot noir, capricieux et digeste qui n’alourdit pas le palais. J’aime aussi les vins blancs d’Autriche particulièrement le Gruner Veltliner. J’aime les Grenaches, les Sangiovese, les Nebbiolos. À Bordeaux j’aime les vieux Moutons, les Château Latour mais aussi des vins plus accessibles... J’aime aussi le Tempranillo et particulièrement le Vega Sicilia, ce vin Espagnol qui n’a pas son pareil.

Avez-vous goûté le Vega-Sicilia 1942? Mon père qui l’aimait beaucoup disait qu’il fallait le boire à genoux.

- Oui, dernièrement. Votre père avait raison ce vin est divin.

On vous voit périodiquement au Show du Matin de la chaine V, avec Gildor Roy et Roxane Saint-Gelais, un programme intéressant quoiqu’un peu matinal pour le vin. Beaucoup d’artistes ont animé ou animent encore des shows de vins, sans en avoir la formation. Le public québécois est de plus en plus connaisseur et exigeant, seriez-vous éventuellement intéressée à animer un programme de télévision sur les vins?

- Absolument, je travaille sur un projet qui est encore à l’état d’ébauche, mais je ne peux prendre aucune décision avant la fin du Concours du Meilleur Sommelier au Monde en avril 2010 pour lequel je me prépare intensément.

Quels conseils donneriez-vous aux sommeliers en herbe qui étudient pleins de rêves dans les écoles de sommellerie ?

- Je leur dirais que c’est un métier fascinant, qui nous permet d’apprendre constamment et de découvrir le monde. C’est un métier exigeant, où il ne suffit pas seulement de bien connaître les vins, car notre travail consiste à apporter un moment de bonheur à nos clients, en leur faisant partager notre savoir et les faire voyager à travers les vins. Il faut finalement être à l’écoute du client, de ses besoins et de ses goûts.

Votre carrière est parsemée de prix obtenus dans des Concours prestigieux : Médaillée d’or à la Coupe Gérard-Delage en 1997, Première au Concours ACSP, Meilleur Sommelier du Québec en 2004, Troisième au Concours ASCP Meilleur Sommelier du Canada en 2006. Vous obtenez une bourse de la Fondation de la Maison des Gouverneurs en 2009, et vous remportez la Première place au Concours APAS & ASI Meilleur Sommelier des Amériques à Buenos Aires, cette année. Votre prochain objectif c’est d’être sur le podium au Concours de Meilleur Sommelier du Monde qui aura lieu au Chili en avril 2010 comment vous préparez-vous?

- Le nerf de la guerre c’est l’argent et les livres. Présentement je consacre six heures par jour à ma préparation et ce sera ainsi pour les dix-huit prochaines semaines. La bourse que j’ai reçue me donne la possibilité de moins travailler, alors que lorsque que je préparais mon concours de meilleur sommelier des Amériques je devais en plus travailler 40 heures par semaine. Se rendre à un concours international coûte très cher. Pour être bien préparée, il faut déguster chaque jour. L’apprentissage du vin ne s’arrête jamais, en plus le vin évolue d’année en année, même pour une seule région. 

Qui organise le concours et quelles seront les épreuves à passer?

- Le concours est organisé par l’Association de la Sommellerie Internationale (ASI). Il y aura deux étapes. La demi-finale va se passer à huit-clos devant un jury formé de sommeliers de calibre international. Il y aura une épreuve écrite, une dégustation à l’aveugle où la démarche est extrêmement importante, et un examen de service qui comprend l’art de la table, le choix de verres et des carafes et le mariage mets-vins en interaction avec les jurés qui sont assis comme des clients d’un restaurant. L’épreuve finale se fera devant public. À la finale il y aura un examen de service, une dégustation et un examen d’accords vins et mets. Le plus important à cette étape c’est la gestion du stress. Personnellement je suis à l’aise devant le public, je me laisse porter par la compétition et j’agis comme j’agis toujours avec mes clients. Il y aura cette année une quarantaine de candidats. Je suis une passionnée, une Gauloise, une gourmande finie, une curieuse qui adore échanger et je vais m’efforcer de faire voyager les membres du jury et le public, à travers les vins.

Quelle est la part de sacrifices que votre vie professionnelle exige de votre vie privée?

D’ici au concours, pas de sorties, pas de loisirs. Du travail et de la concentration. Heureusement j’ai un conjoint formidable qui est lui-même sommelier, il s’appelle Nico Smyman et il me supporte pleinement.

Merci Élyse Lambert, tous mes vœux de succès pour le Concours de Meilleur Sommelier du Monde en 2010 !

Roger Huet
Président du Club des Joyeux
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Le sept mai dernier, nous avons eu de la grande visite à Montréal. Vingt-deux producteurs de vins grecs, se sont présentés à l’hôtel Sheraton de Montréal, avec une centaine de produits différents, dans le but de séduire nos papilles et de se faire une place sur nos tables. J’y étais, en compagnie de mes « joyeux amis» Anik April, Elizabeth Filion et Christian Charest. 

Nous connaissons peu des vins de la Grèce, nous faisait remarquer Anik. «Et pour cause» répondait Christian, «les restaurateurs grecs, qui se sont établis à Montréal dans la deuxième moitié du vingtième siècle, ont inventé la formule : apportez votre vin. Le but secret c’était de nous initier au vin, à moindres frais, car les Montréalais nous étions alors des consommateurs de bière. La formule est restée dans les restaurants grecs, ce qui a privé les producteurs de la Grèce, de leurs meilleurs ambassadeurs».

Elizabeth ajouta, «les restaurateurs italiens français et espagnols, qui sont venus plus tard, ont trouvé eux une clientèle initiée, et ne se sont pas gênés pour faire la promotion des vins de leurs pays».

roger huet nous presente les vins grecs
Une dégustation c’est toujours une grande messe et souvent les invités doivent subir comme un sermon, de longs et fastidieux discours. Mais chez les Grecs, dont le savoir-faire est proverbial, les discours furent brefs. Nous avons commencé tout de suite par un séminaire, où dix coupes, remplies des vins les plus représentatifs se trouvaient devant chacun de nous. Deux animateurs, la sommelière Dominique Rivest pour la version française et l’expert américain en vins grecs Doug Frost MS (Master Sommelier) et MW (Master of Wine) pour la version anglaise, nous ont initiés à l’histoire, car les Grecs de l’antiquité produisaient et commerçaient leurs vins dans toute la Méditerranée. Ils ont inventé de nombreux récipients et contenants pour transporter, conserver et servir le vin.

Ce sont les Grecs qui ont inventé la dénomination d’origine. Un cachet imprimé dans l’argile fraîche des amphores, avant coction, accréditait le pays d’origine des vins, et cela dès le début du quatrième siècle av. JC.

Aujourd’hui il y a 185000 hectares consacrées à la vigne en Grèce et la production est environ de 3.800.000 hectolitres.

Ce qui fait l’originalité des vins grecs sont les cépages. Lorsque vous travaillez avec des cépages classiques comme le Merlot ou le Cabernet-Sauvignon, vous avez un goût de base que l’on retrouvera de la France à l’Argentine et de l’Australie à la Californie. La différence sera donnée par les sols, par le climat et par l’art de ceux qui fabriquent les vins. Mais lorsque vous travaillez avec du Xinomavro, du Negoska, de l’Athiri, de l’Assyrtiko, du Roditis, du Limnio, du Savatiano, du Krassato, du Stavroto, du Messenicola, du Debina, du Robola, du Moschofilero, de l’Agiorgitiko, du Roditis, du Muscat d’Alexandrie, du Monemvrasia, du Mandelaria, de l’Aidani, du Kotsifali, du Liatiko, du Viana, du Thrapsathiri, du Corinthiaki ou du Mavrodaphne, les vins que vous obtenez ne ressemblent à aucun autre. Si en plus, ils sont cultivés depuis l’antiquité, qu’ils ont conquis les palais les plus exigeants pendant des siècles, ils méritent qu’on s’y attarde ; c’est ce que nous avons fait et cela valait la peine.

Je tenais dans mes mains une bouteille dont l’étiquette rouge disait O.P.A.P. Anik nous expliqua qu’au début des années 70, La Grèce avait adopté la réglementation française, qu’elle adapta plus tard à celle de l’Union Européenne.

Donc des Vins délimités de qualité supérieure, dont la version grecque est l’OPAP portent un label rouge et il y a vingt zones O.P.A.P., toutes avec des cépages indigènes exclusifs ou prépondérants.

Pour les vins liquoreux il y a une Appellation d’origine contrôlée, en grec OPE, qui exhibent un label bleu. La Grèce en compte huit.

Toujours d’après Anik, le terme Réserve est également réglementé en Grèce et exige que le vin rouge ait un vieillissement de trois ans dont un an en fût de chêne et que le vin blanc ait un vieillissement de deux ans dont six mois en fût de chêne. Le terme de Grande réserve garantit que les rouges ont vieilli au moins 4 ans, dont 18 mois en fûts de chêne, et que les blancs, ont vieilli au moins de 3 ans dont 1 an en fût de chêne.

Tous les autres vins sont des vins de table et peuvent être faits de cépages indigènes et étrangers. Ils se regroupent en trois catégories :
. les Vins de pays ou Topicos oenos avec 87 appellations.
. les Vins de table ou Epitrapezios Oenos, et
. les Vins d’appellation traditionnelle comme le Retsina.

Un peu plus tard nous avons croisé Sofia Perpera, la gentille organisatrice de l’événement, qui nous a expliqué que les producteurs de vins de table en Grèce peuvent utiliser le terme de CAVA à condition que leurs vins rouges aient un vieillissement minimal de 3 ans, dont 6 mois en fût neuf ou 1 an en fût ancien et 2 ans en bouteille, et pour les blancs, on exige un vieillissement de 6 mois en fût de chêne et de 6 mois en bouteille.

La géographie de la Grèce offre huit grandes régions vinicoles, lesquelles se divisent à leur tour en zones, qui diffèrent entre elles en raison de l’altitude, des sols, de la pluviométrie et des vents.
Nous trouvons tout au nord la Macédoine et la Thrace, avec quatre OPAP : Amyndeon OPAP, Goumenissa OPAP, Naoussa OPAP et Côtes de Méliton OPAP.

C’est une région fertile au climat continental parfois atténué par la présence de lacs, qui a une pluviométrie élevée ou des montagnes aux sols pauvres et sablonneux favorables à la vigne, qui côtoient la plaine alluviale à la végétation intense.

L’Amyndeon

À la table de la coopérative Amyndeon qui regroupe 120 producteurs, je contemplais avec mes amis la robe d’un délicieux mousseux, l’Amyndéon O.P.A.P. Rosé 2007, fait de Xinomavro. Élizabeth qui se passionne pour l’histoire, nous expliqua qu’Amyndas était le grand-père d’Alexandre le Grand, que cette région tout au nord-ouest de la Grèce possède un des climats les plus froids du pays et que les terrains parfois sablonneux, parfois crayeux produisent des vins très parfumés. Nous avons aussi dégusté le Select Vineyards l’Amyndéon O.P.A.P 2005 rouge.

Un peu avant, pendant le séminaire nous avions eu l’opportunité de découvrir l’Akakies 2008 un O.P.A.P. rosé fait de Xinomavro, un vin rebelle aux tanins agressifs qu’il faut apprivoiser, production du domaine Kir Yianni. Dans la même zone, la maison Alpha Estate produit à Florina des vins régionaux, sous l’étiquette Alpha Estate et Axia.

Dans la classification Naoussa, la maison Boutari produit un vin Grande Réserve Naoussa O.P.A.P 2003 rouge fait de Xinomavro (SAQ 16,65) très intéressant. Cette même maison produit le Boutari Moschofilero 2007 Mantinia O.P.A.P blanc (SAQ 1667) et le Boutari Santorini 2008 O.P.A.P fait d’Assyrtiko. Nous avons goûté aussi le Ramnista 2005 un O.P.A.P rouge fait de Xinomavro. Le Paranga fait de syrah et de merlot avec du xinomavro, du domaine Kir Yianni qui nous a semblé assez posé.

Dans la Macédoine orientale il y a Drama où la maison Ktima Pavlidis produit les Thema en blanc, rosé et rouge classés vins régionaux qui sont très agréables et la maison Wine Art Estate nous proposa ses Techni Alipias rouge et blancs classés également vins régionaux.

Nous avons goûté à l’Averoff Rosé 2008 fait de Xinomavro, et le Srofilia Agiorgitiko 2007 rouge O.P.A.P, fait d’Agiorgitiko, de la maison Katogi Strofilia, le Domaine Gerovassiliou 2005 qui est un blanc sec (SAQ $ 21.65) et l’Avaton 2005 rouge, tous deux classés vins régionaux d’Épanomi, du Domaine Gerovassiliou.

Au sud de la Macédoine se trouvent : à l’est la Thessalie, et à l’ouest l’Épire.

LA THESSALIE, est formée par deux grandes plaines séparées par une chaine de hautes montagnes qui culminent à l’est avec le mont Olympe (2917 m) et à l’ouest avec le mont Pinde. Le mont Olympe faisait rêver Elizabeth et Anik qui nous ont raconté des savoureuses histoires d’amour des Dieux grecs avec des mortelles créatures.

La Thessalie est arrosée par le Pinios et son climat est humide et froid l’hiver et brûlant l’été. Il y a trois zones d’origine contrôlée: le Messenicola, l’Anchialos et le Rapsani la maison Tsantali élève des vins puissants très bien faits : Le Rapsani Reserve O.P.A.P 2005 rouge fait de Xinomavro, Krassato et du Savroto (SAQ 18,95) un vin bien parfumé, et le Rapsani 2006 O.P.A.P .

L’ÉPIRE

L’Epire est le nord-ouest de la Grèce continentale, entre l’Albanie au nord et la Grèce centrale au sud, et les montagnes du Pinde (2 637 mètres) qui la séparent de la Macédoine et de la Thrace et la Mer Ionienne à l’ouest. C’est une région au climat rude, peu propice à la culture de la vigne. Néanmoins il y a deux régions vinicoles remarquables, ce sont la Zitsa et le Metsovo.

En allant déguster les vins de Zitsa, nous avons croisé notre charmant ami Samy Rabbat, à qui plusieurs devons la découverte de si excellents vins. Il nous a recommandé de goûter au Primus Zitsa O.P.A.P. de la maison Glinavos, un blanc sec, bouqueté, agréable au palais.

À Zitsa les vignobles s’étendent sur le territoire de six communes situées à 600 mètres au-dessus de la mer. Le sol y est aride mais le cépage Debina s’y adapte bien. Il donne un bon vin blanc.

Le Metsovo, est situé sur les pentes sud-est du massif du Pinde, il est dit-on «le plus montagneux des vignobles grecs». La région est couverte de neige une bonne partie de l’année et les vignobles ont été détruits par le phylloxera et rebâtis à base de Cabernet Sauvignon qui s’est adapté au climat dur du Metsovo et qui donne des vins corsés, et parfumés, bien différents des vins du Bordelais dont le cépage est issu. La maison Katogi-Strofilia y produit l’Averoff Estate classé vin régional qui nous a charmés.

Une pause s’imposait et nous avons décidé de faire honneur au buffet qui nous était destiné. Christian regardait avec un émerveillement gourmand les montagnes de saumon fumé qui s’offraient à nous et dont il ne tarissait pas d’éloges.

Nous y avons rencontré Claude Simoneau, journaliste gourmet, aux connaissances encyclopédiques en matière de vin et des plaisirs de bouche. Nous lui avons demandé de nous expliquer la Grèce centrale dont nous nous apprêtions à découvrir les vins. Il nous a dit que la Grèce centrale déploie un vignoble de près de 30 000 hectares qui peut être divisée en trois secteurs l’Attique, qui est la région d’Athènes, présentant des paysages de petits massifs et de plaines agricoles, et l’île d’Eubée à l’est, qui est la plus grande des îles de la mer Égée et de la Béotie. Le cépage prédominant y est le Savatiano, qui avec le Rhoditis produit surtout des vins blancs, secs, à haute teneur d’alcool, au bouquet floral marqué, avec une acidité balancée et qui parfois font des bulles. C’est de là que provient le Retsina, ce vin obtenu par l’addition de morceaux de résine de pin aux moûts, avant ou pendant la fermentation et retirés ensuite avec la lie, qui confère au vin toute son originalité. Anik nous a raconte que dans l’ancienne Grèce on faisait aussi des vins avec des ajouts de cannelle et de zest d’agrumes, mais que seul le Retsina a perduré!

Nous avons visité la table du domaine Papagiannakos qui a pris le nom de The Winery et produit le Retsina Papagiannakos, mais aussi d’autres blancs comme le Savatiano Papagiannakos (SAQ 12,75) et le Domaine Papagiannakos vareli. Le Greek Wine Cellars qui réunit deux domaines produit lui aussi un Retsina of Attica Kourtaki (SAQ 8,80) et quelques autres vins blancs comme le Kouros Patras O.P.A.P. (SAQ $12) , fait de Rhoditis.

Le Péloponnèse est la partie méridionale de la Grèce, relié à la l’Attique par l’isthme de Corinthe à l'Est et par le pont Rion-Antirion, au Nord. Le sol est accidenté avec un relief nettement accusé depuis le niveau de la mer jusqu'au massif des hautes montagnes qui traversent le Péloponnèse du nord-ouest au sud-est, en les séparant en deux parties, l’ouest qui est pluvieux et l’est très sec. Le Péloponnèse a une place prépondérante dans l’économie vinicole grecque avec 60 000 hectares de vignes, des cépages à vins et des cépages à raisins secs : la Soultanina (Sultanie) et le Corinthiaki (Corinthe).

On y trouve trois O.P.A.P., le Néméa, rouge sec, vin de liqueur et rouge semi-sec. Le Mantinia et le Patras pour les blancs. On y trouve également des O.P.E. pour des vins liquoreux : le Muscat de Patras, le Muscat de Rion Patras, le Mavrodaphne de Patras et le Parparoussis Mavrodaphne qui est légèrement ambré.

Néméa est un nom magique nous disait Élizabeth, il a été le théâtre du premier travail d’Hercule, qui étouffa le Lion de Nemée et endossa sa dépouille. Elle se trouve au sud de Corinthe, et est réputée pour ses vins rouges, secs et corsés. Nous avons décidé de les goûter et nous avons commencé par ceux de la maison Papaioannou Estates Nous avons essayé un excellent Papaioannou Old Vines 2004 Nemea O.P.A.P, boisé, rond en bouche fait d’Agiorgitiko, Nous avons aussi apprécié le Le Ktima et le Mikroclima. De la maison Gaia, nous avons dégusté le Gaia Estate 2006 qui est un Nemea O.P.A.P, et un Notios 2008 qui est classé régional du Péloponnèse qu’ils produisent en version rouge et blanc (SAQ $ 16,05) .

La maison GWC de D. Kourtakis produit le Kouros Néméa qui est un rouge sec. (SAQ $ 12,45). La maison Katogi Strofilia produit un excellent Strofilia Agiorgitiko Néméa O.P.A.P. La maison Skouras produit un intéressant Nemea Grand Cuvée Nemea O.P.A.P, et deux vins classés régionaux du Péloponnèse, le Cuvée Prestige Red (SAQ $ 13,80) et le Cuvée Prestige White. Le domaine Ktima Tselepos produit le Nemea Driopi O.P.A.P. (SAQ $ 21,50) et le Domaine Tselepos classé vin régional de Tegea (SAQ $ 24,45)

On dit que le sang d’Hercule coule dans le cépage Agiorgitiko, le cépage de Saint-Georges, nous dit Anik.
- Je n’en crois rien, répondit Christian, Hercule a vaincu le lion de Némée et à mon avis c’est plutôt le sang du lion qui coule dans l’Agiorgitiko.

Mantinia.

Au centre du Péloponnèse, à une altitude entre 600 et 800 mètres, les vignobles de Moschofilero entourent les ruines de l'ancienne Mantinée, la perle de l’Arcadie. Ces vignobles donnent un vin blanc sec, fruité, léger, bien équilibré, d'un bouquet fin à peine aromatique, qui constitue le vin de base pour mousseux.

Ce sont les Grecs, bien avant les Français qui ont inventé le vin pétillant nous dit Elizabeth, ils avaient l’habitude d’ajouter un peu de miel à leur vin blanc avant le printemps, ce qui leur permettait d’obtenir des précieuses bulles. Virgile, le poète latin évoque dans l’Énéide les spumantem, ces vins qui débordent des coupes et grattent le palais avec leurs bulles, en laissant une sensation de fraicheur dans la bouche. Élizabeth est une de nos femmes de lettres, auteure de plusieurs romans. Elle a fait ses lettres !

- Mais Dom Pérignon, a eu le mérite améliorer la technique par le coupage des vins et a assuré la conservation du vin pétillant avec le bouchon de liège et la bouteille de verre résistant, nous expliqua Christian.

La maison Ktima Tselepos produit l’Amalia Brut N.V. fait de Moschofilero et qu’on recherche partout, nous expliqua Anik, tandis qu’on remplissait nos coupes de ce divin mousseux!

Nous goûtâmes aussi à leur Tselepos Mantinai O.P.A.P. fait de Moschofilero, et qui un peu acide et floral, rappelle curieusement le Gewurztraminer.

Le Domaine Spiropoulos produit aussi à Mantinia un Domaine Spiropoulos Mantinia O.P.A.P. très agréable.

Patras

L’appellation Patras correspond à des vins blancs, légers et frais avec une bonne acidité comme l’Oenoforos Asprolithi du domaine Oenoforos, qui sont produits sur les vignobles des coteaux, et obtenus à partir d’un cépage très légèrement rosé nommé Rhoditis. La maison D. Kourtakis élabore aussi un très bon Kouros Patras O.P.A.P. blanc sec. Mais de l’avis de nos deux amies femmes de lettres, ce sont les vins liquoreux qui sont le plus intéressants. Le meilleur d’après elles, est incontestablement le Mavrodaphne de Patras O.P.E, fait de Mavrodaphne, un ancien cépage rouge qui lui confère un bouquet très original. Ce vin liquoreux, doux, velouté et corsé, et en même temps très parfumé, demande à vieillir en barriques pour atteindre sa plénitude. Celui de la maison A. Parparoussis est vraiment exquis.

À côté du Mavrodaphne on cultive le Muscat avec lequel on fait le Muscat de Patras et le Muscat Rion de Patras qui présentent une belle couleur topaze, avec un arôme caractéristique. La maison A. Parparoussis nous a fait goûter son Muscat de Rio Patras 2005, élégant et délicieux

À l’ouest du Péloponnèse tout près de l’ancienne Olympia, la patrie des Jeux Olympiques, le Domaine Mercuri produit le Foloi qui est un vin blanc sec et deux rouges, le Domaine Mercouri et le domaine Mercouri Kava qui sont très agréables.

LES CYCLADES

À l’est de la Péninsule se trouve la mer Égée, et au sud de laquelle se trouvent les Cyclades qui forment un collier d’îles autour de Délos. Connaissez-vous la légende de Délos ? nous demanda Elizabeth. C’était une île flottante que Zeus immobilisa pour que sa bien aimée Léto, poursuivie par la jalousie d'Héra, sa légitime épouse, trouve un asile où mettre au monde ses jumeaux, Apollon, le dieu, de la clarté solaire, de la musique de la poésie et de la médecine, et Artémis, la Diane grecque, la déesse chasseresse.

Parmi les Cyclades se trouve Santorin appelée anciennement Kallisté “la très belle”. La vigne y jaillit d’un sol avare mais le raisin bénéficie d’une grande chaleur diurne, tandis que la nuit, une humidité dense recouvre les vignobles et imprègne le sol. On donne aux ceps la forme de panier pour protéger les raisins des vents très forts qui empêchent l’accumulation humidité. On obtient des vins blancs corsés, mais savoureux et d’une haute teneur d’alcool.

De Santorin nous arrive le Sigalas Vinsanto du Domaine Sigalas, qui est un Santorini O.P.A.P. produit avec deux cépages l’Assyrtiko et le Aidani. (SAQ $ 44,50). D’une belle robe ambrée, très doux, avec un goût de caramel et de fruits secs, ce vin a conquis définitivement mon amie Elizabeth Filion. Tandis qu’elle buvait lentement son Vinsanto, nous avions l’impession de lire dans ses yeux rieurs une sorte de serment tel que: «la pureté virginale de mon âme contre un verre de Vinsanto» mais ce n’est pas ça qu’elle nous dit : elle rêvait de le déguster avec un baba, recouvert de petits fruits rouges ! Ah ! la gourmandise prend toujours le dessus sur la poésie ! Sigalas nous a présenté aussi deux vins blancs secs le Sigalas Santorini O.P.A.P. 2007, (SAQ $ 23,90) et le Sigalas Santorini O.P.A.P.Barrel 2007.

Le domaine Gaia y produit le Gaia Thalassitis blanc qui est lui aussi un très bon Santorini O.P.A.P.

LE DODÉCANÈSE

Le Dodécanèse en face des côtes de la Turquie est un archipel de la mer Égée dont le nom signifie les Douze îles, mais qui en regroupe plus de 160 pour la plupart inhabitées. Cos, patrie d'Hippocrate en fait partie, ainsi que Rhodes, l’île aux roses, l’île des chevaliers de Rhodes qui a une longue tradition dans la culture de la vigne, la fabrication et l’exportation des vins.

Deux appellations : Rhodes et Muscat de Rhodes, cette dernière concerne un des plus beaux vins de liqueur qui soient, intense, riche, doux et doré, issu d’un assemblage de cépages muscats. Cair est un des producteurs les plus intéressants de Rhodes. Il produit une grande variété de vins, dont plusieurs sont des pétillants naturels qui ont fait sa réputation. Cair en vérité c’est plus que cela car il a la volonté de répondre aux besoins actuels des professionnels avec des vins de niveau international faits de raisins indigènes et des raisins internationaux. Nous avons goûté l’Athiri of Rodes O.P.A.P. 2007, un blanc sec, bouqueté, fait entièrement de cépage Athiri. Nous avons aussi gouté au Maestro White 2008 dénomination vin régional des Iles de la Mer Égée, plus léger, et très agréable en bouche et nous avons terminé avec un Orama 2006 rouge, rond et fruité fait de Mandelaria et de Syrah.

La dégustation est terminée. Notre impression des vins de Grèce ? Nous avons découvert des vins excellents, avec une grande personnalité. Ils ont conquis nos papilles et nos cœurs et nous leur souhaitons le plus grand succès dans leur implantation au Québec.

Roger Huet
Président du Club des Joyeux

Je me suis rendu à une grande dégustation de vins de Bergerac et à leur mariage avec des mets du Périgord qui avait lieu au Restaurant Apollo. Le Chef Giovanni Apollo, vient de publier un Livre de Recettes interdites, et… aphrodisiaques! Le restaurant et le Bistro Apollo sont face à face sur le boulevard Saint-Laurent au Sud de la Petite Italie. Un quartier en pleine mutation qui est en train de devenir un des endroits branchés de Montréal. 

Nous avons été accueillis de la manière la plus charmante par Cynthia Joyal et Catherine Asselin de Sopexa Canada, qui nous ont présenté les directeurs de domaines et directeurs export, Arnaud Isnard qui produit les vins Château Masburel et Lionel Osmin du Château Tour des Gendres. 

Bergerac est situé dans l’arrière pays bordelais, en Aquitaine. Il jouit d’un climat semi-continental, donc plus sec et froid en hiver, et plus chaud en été que la région de Bordeaux. Il est aussi moins soumis à l’influence de la mer. Le terroir se divise en six zones : Bergerac, Monbazillac, Montravel, Pécharmant, Rosette et Saussignac. 

la fete des vins de bergerac1Photographe/Pigiste curieux: David Nathan
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www.davidnathan.ca
Cell: 514-577-0878

Le Bergerac, est traversé d’Est en Ouest par la Dordogne, et est arrosé par bon nombre de ses affluents. La superficie du vignoble bergeracois en production, est de 12 800 hectares.

On y trouve 5 sortes de vins et 13 AOC.
Les vins rosés : Bergerac rosé
Les vins rouges : Bergerac rouge, Côtes de Bergerac rouge, Pécharmant et Montravel rouge.
Les vins blancs secs : Bergerac blanc sec, Montravel
Les blancs moelleux : Côtes de Bergerac blanc, Côtes de Montravel, Haut-Montravel et Rosette.
Et finalement les blancs liquoreux : Monbazzilac, Saussignac, et Haut-Montravel. 

Je me suis arrêté à la table du Château Masburel où Monsieur Isnard m’a proposé trois vins : tout d’abord le Le Château Masburel 2006, appellation Montravel, fait à 90 % de Sauvignon et à 10% de Sémillon. Vin blanc sec à la robe or pâle qui présente un nez où domine la prune, on y distingue des notes florales et des nuances d’anis. Bouche ronde évoluant sur des notes complexes de fruits exotiques. Très longue persistance aromatique. Taux d’alcool 15 º. Il peut se conserver jusqu’à 7 ans, s’accorde bien avec des fruits de mer aux épices douces, le soufflé au fromage et les fromages à pâtes cuites.

On m’a proposé ensuite un Château Masburel 2003 rouge, appellation Côtes de Bergerac, 70% merlot et 30 % cabernet sauvignon. Un vin qui a 13º d’alcool. Robe foncée, arômes de cerises et de pruneaux confits, nuances boisées, fruit ample. La bouche présente des tanins mûrs qui fondent littéralement sur le palais et éclatent en mille muances aromatiques de fleurs et de griottes, résultat d’un grand savoir-faire et d’une micro-oxygénation savamment dosée et contrôlée. Un vin qui a une espérance de garde de 15 ans. Il accompagne délicieusement les viandes rôties. 

J’ai goûté finalement le Consul Rosé 2008, appellation Bergerac, fait à 80% de Cabernet Sauvignon et à 20% de Merlot. 13 º d’alcool. Belle robe œil de perdrix, nez complexe de groseille et grenadine, avec des notes de cassis et de fraise confite. Vin assez sec, à boire jeune, deux ans de garde maximum, s’accordant joliment avec des grillades, du fromage de chèvre, de la charcuterie et pourquoi pas dans une journée d’été à servir frais pour accompagner un bon barbecue. 

Je suis passé ensuite à la table du Château Tour des Gendres, où Monsieur Osmin m’a servi tout d’abord le Cuvée des Conti 2008, appellation Bergerac Sec. Vin blanc fait à 80% de Sémillon, et à 20% de Muscadelle.
Élevé sur lies pendant 8 à 11 mois, soumis à la micro-oxygénation, au bâtonnage et à la macro-oxygénation des lies, il montre une robe or limpide. Des arômes de fruits et de miel ; une belle fraîcheur. Un vin assez fruité et rond en bouche, excellent avec des viandes blanches, et surtout avec la pintade et le faisan. 

On m’a proposé ensuite un La Truffière 2005 appellation Bergerac, 80% Merlot – 20% Malbec. Belle couleur rouge, arômes de griottes, et de tabac, rond en bouche, tanins fermes encore mais qui s’adouciront avec le temps. 
Un vin intéressant qui peut accompagner toutes sortes de viandes et tout particulièrement le gigot d’agneau. 

Le troisième vin proposé par M. Osmin c’était La Gloire de mon Père 2006. appellation Côtes de Bergerac, 50% Cabernet-Sauvignon et 50% Cabernet. Robe grenat foncé, vraiment extraordinaire. Nez de fruits rouges et de fruits des bois, fraise sauvage, mûre, cassis, légèrement boisé. Bouche riche et boisée. Tanins concentrés et veloutés. On recommande de mettre en carafe avant de servir. Parfait avec des viandes saignantes et aussi avec le sanglier et le gros gibier.

La presse gourmande était là en force. On se saluait, on échangeait quelques impressions, les femmes journalistes, de plus en plus nombreuses, montrent une connaissance des vins et un goût très sûr, qui ne cède en rien à celui de nos confrères masculins. Le Maître d’hôtel nous a invités à passer à table. La dégustation nous avait mis en appétit. Nous attendions avec intérêt ce qui allait nous être servi et les mariages de vins que le chef Giovanni allait nous proposer. Une tâche ô combien délicate lorsqu’on accueille la presse gourmande ! Nous avons déjà vu, ailleurs, un chef très réputé échouer lamentablement en nous servant une salade acide avec un Xeres sec. 

la fete des vins de bergerac2Maria Cassini, par le photographe/pigiste curieux: David Nathan
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Giovanni Apollo nous propose en amuse-bouche un petit caviar d’escargot, texture de miel de châtaigne avec un Château Les Tours des Verdots 2005, appellation Côtes de Bergerac moelleux. Chapeau ! Ce vin a juste ce qu’il faut de moelleux, avec des arômes légèrement confits, un côté fruité assez mûr et frais en bouche. Il est excellent en apéritif avec une bouchée comme celle qu’on vient de nous présenter. De plus le service est excellent et le sourire de Maria Cassini à faire pécher un ermite. 

Le chef nous envoie en entrée, un baba en foie gras, guimauve de pommes vertes aux agrumes, dentelles de noisettes croquantes, accompagné au choix d’un Monsieur Cyrano Bergerac sec 2008 Appellation Bergerac qui a un côté fleur blanche, très parfumé, très aromatique, fraicheur et belle présence en bouche, et d’un Château Calabre 2008, appellation Montravel blanc avec une présence minérale, fraicheur et un côté aromatique d’agrumes, avec un soupçon de pamplemousse. Deux vins qui créent une surprise et qui se marient très bien avec le foie gras de l’assiette, qui est assurément le meilleur de Montréal. 

En plat principal on nous a servi un Magret de canard Mulard cuit en hydro-synthèse, légèrement épicé, air de fruits rouges, cassoulet de courges rôties, avec trois vins : Un Château Haut-Perthus Bergerac 2006, 60% Cabernet franc, et 40% Merlot, robe rouge rubis, arômes de baies rouges, et de petits fruits et prune en bouche avec un soupçon de tabac, un vin fin. 

Un Château Grinou, Réserve Bergerac 2007, 100% Merlot, belle robe rubis. Arômes de pain grillé, souple, harmonieux, très agréable en bouche. 

Et finalement un Château Monestier la Tour, Cuvée de Navarre Bergerac 2007, 65% Merlot; 10% Cabernet sauvignon; 15% Cabernet franc; 10% Cot. Assemblage réussi, robe intense. Bonne structure, arômes de prune et d'épices sur fond boisé. Fruits noirs et mûrs. Vin très agréable en fin de bouche.

Au service du fromage le Chef nous sert une tartine de brie au lait cru, avec compote de cerises à la mangue, avec encore deux vins, le Château Tour des Gendres, cuvée des Conti, Bergerac sec 2008 que j’ai déjà décrit à la dégustation, et un Château Masburel Côtes de Bergerac 2003 pour lequel j’ai félicité M. Isnard et que j’ai également décrit plus haut. 

Comme dessert le Chef Apollo nous a préparé un crémeux au miel, fraîcheur de nectarines et abricots secs, crumble d’orge qui nous a été proposé avec deux vins moelleux : le Château Ladesvignes Monbazillac 2006 blanc, fait à 100% de Sémillon, qui a une structure riche et grasse, donc rond en bouche mais plein de finesse. Et le Château Septy, Monbazillac 2003 fait de Sémillon et de Sauvignon, belle couleur, arômes délicats de pêche et d’écorce d’orange confite. Opulent en bouche mais une telle harmonie qu’il tapisse vos papilles avec élégance.

Félicitations au Chef Giovanni Apollo pour un mariage vins-mets très réussi!

Comme un banquet dégustation nous donne la possibilité d’échanger, les deux producteurs nous ont dit leur passion à faire leur vin; nous leur avons posé des questions sur les techniques de micro-oxygénation qui ont justement débuté dans région de Bergerac et qui s’emploient maintenant partout dans le monde. Ils nous ont expliqué que la micro-oxygénation a changé la carte des vins, apportant une structure et une maturation plus rapide, ainsi qu’une maximisation des arômes fleuris. Néanmoins que cette technique n’est pas une panacée car employée seule elle risque d’amener les vins à une maturation très rapide qui peut raccourcir la vie des vins. Pour faire un grand vin il faut donc être rigoureux sur l’ensemble des conditions de production et ne faire intervenir la micro-oxygénation que dans des étapes ponctuelles, par exemple sur le moût ou sur la lie afin d’obtenir un produit supérieur. 

J’ai eu la chance d’avoir pour voisine de table, au café, la dynamique, élégante et belle Cynthia Joyal, a qui j’ai demandé comment elle était arrivée au monde des vins. Et elle m’a raconté son parcours depuis ses études en communication, en passant par le tourisme pour échouer dans le monde des vins qui la passionne. 

Ma conclusion sur les vins de Bergerac ? Ce sont des grands vins, qui dans leur variété, peuvent combler tous nos besoins, de l’apéritif au dessert. Ils méritent, sans aucun doute, de figurer sur nos tables et de s’épanouir dans nos caves !

Roger Huet
Chroniqueur
Président du Club des Joyeux
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jeudi, 01 octobre 2009 18:18

Le banquet grec de Montréal

Le 24 septembre j’étais invité à un banquet grec au  Restaurant Trinity sur la rue Drummond, à Montréal, avec d’autres chroniqueurs de vins. Nos hôtes étaient Demetre Steinhauer propriétaire de Skinos en Grèce et Steve Kriaris, l’actif président du Groupe Kolonaki de Toronto, champion des ventes de vins grecs au Québec.

Je ne connaissais pas le tout nouveau Trinity situé dans un magnifique local en face du Club Mount Stephen.  Il est spécialisé dans la cuisine authentique du Nord de la Grèce et des îles de la mer Égée. Très belle ambiance, et un service impeccable et souriant.

 Jai été heureux de rencontrer mon ami Samy Rabbat, et plusieurs sommités de la presse gourmande. Je connaissais déjà Steve Kriaris, mais c’était la première fois que je voyais Demetre Steinhauer, un garçon dans la trentaine, d’une parfaite élégance, avec un sourire incroyable, il parle le grec, je l’espère, mais aussi très bien le français, l’anglais, l’espagnol et le portugais. Savez-vous pourquoi il parle l’espagnol et le portugais? Parce qu’il est tombé en amour avec l’Amérique latine. Il rentrait justement du Brésil qu’il avait parcouru de Nord à Sud. Je lui ai demandé s’il était allé, pour la promotion de son Skinos. « Non me dit-il, je suis allé parce que j’aime le Brésil, pour avoir du plaisir!» En Amérique du Nord nous pensons affaires toute l’année sauf deux semaines pendant nos vacances, et encore, parfois nous pensons affaires même en vacances. Mon ami Demetre, est capable de prendre la liberté de faire de grands voyages seulement pour le plaisir! Et en ce qui concerne les affaires, les Grecs sont les plus habiles hommes de la Terre! 

 Nous avons procédé à la dégustation d’une quinzaine de vins grecs apportés par Steve Kriaris, dont je ferai un rapport à la fin, et nous avons commencé un banquet grec, avec du vin, certes, mais surtout avec cet  extraordinaire Skinos.

Savez-vous ce que c’est le Skinos? C’est une eau de vie, assez douce, faite de larmes de Mastiha. Le Mastiha est d’un arbre cultivé au Sud de l’île de Chios qui produit une résine très parfumée, qui vous caresse le palais. Comme apéritif on nous a servi un Skinos on the rocks ! Puis ce fut la valse des plats : des salades au homard, des délices aux feuilles de vigne, un poisson excellent, des cailles farcies, des pâtes … tout, absolument tout, préparé avec une touche de Skinos! Et au milieu de ce banquet nous avons parlé des dieux. Demetre nous disait que les Grecs étaient le seul peuple qui avait un dieu pour la fête : Dionysos (copié plus tard par les Romains sous le nom de Bacchus).

Comment voulez-vous qu’un peuple qui a un Dieu pour la fête ne sache pas faire la fête! Nous avons évoqué  Zorba le Grec, les dames nous ont dit qu’elles rêvaient de casser des assiettes à la fin d’un repas en Grèce. Peut-être envie de venger leurs mères et leurs grand-mères de l’esclavage de la cuisine? Nous avons évoqué la belle île de Chios et le Banquet de Platon, juste un peu, parce que les réflexions sur la démocratie semblent trop sévères, quoique bien arrosées, elles paraissent déjà sous des couleurs plus chatoyantes. On raconte que les Sultans ottomans qui ont dominé la Grèce pendant quatre siècles, avaient octroyé de grands privilèges à l’Île de Chios parce qu’une partie de la production d’eau de vie de Mastiha était envoyée pour les harems du Sultan. Considérez que ces harems avaient parfois cinq mille femmes! Et maintenant imaginez cinq mille femmes dégustant le Mastiha en même temps, cela ne devait pas être ennuyeux!

 Un peu avant le dessert on nous a apporté  un verre de Med. C’est un verre rempli de rondelles de citron, de feuilles de basilic avec un peu de sirop, de la glace pilée, on ajoute du Skinos, un peu d’eau gazeuse et encore de la glace pilée. Et comme par magie la joie jaillit de ce verre et de nos cœurs! Ensuite, on nous a servi un dessert délicat suivi d’un shooter de Skinos pur. Une note parfaite pour clore le banquet.

Et voici les vins que nous avons dégustés :

 D’abord dans la catégorie des blancs :

 Le Tema White 2008  de la maison Pavlidis, classé vin régional de Drama (Macédoine) fait à 60% de Sauvignon Blanc et à 40% d’Assyrtiko . Robe jaune clair, tirant vers le vert. Très fruité, arômes de pêche et de citron vert. Bien équilibré agréable à boire.

Le deuxième vin que nous avons dégusté est le Cuvée Prestige Blanc 2008 classé Vin régional du Péloponnèse. Fait à 50% de Moscholfilero et à 50% de Roditis. Bouquet doux de melon, citron et fleurs des champs. Assez sec, mais bien équilibré malgré tout avec une bonne acidité.

Le troisième vin qui nous a été servi était un  Santorini blanc 2008, de la maison Sigalas, classé VQPRD Santorini. Fait à 100% d’Assyrtico et contenant 14° d’alcool. Belle robe jaune avec des reflets verts. Arôme de pelure de citron. C’est un vin agréable, mais fait tout en nuances. Par contre la cuvée 2006 du même vin que nos avons goûté en quatrième place avait une couleur plus intense et le vin était plus minéral.

En cinquième place nous avons goûté un Santorini 2007 classé VQPRD Santorini, de la maison Boutari, fait à 100% d’Assyrtiko et contenant 13,5° d’alcool. Robe jaune pâle, fruité, bien balancé, goût très agréable en bouche.

Nous avons fini la dégustation de blancs avec un Moschofilero Boutari 2008, classé AOC Martinia, 100% Moschofilero, 11° d’alcool, couleur jaune cristal, vin floral, avec des arômes fruités où dominent le melon et les citriques. Bien équilibré, avec fini de pamplemousse.

Nous avons commencé la dégustation des rouges avec un Paranga 2007 classé Vin régional de Macédoine de la maison Kir Yianni. Ce vin est fait de Xinomavro à 40%, de Syrah à 30% et de Merlot à 30%. Il a 13,5° d’alcool. Robe rouge claire, arôme fruité et légèrement épicé, frais et agréable au goût.

Nous avons continué avec un Merlot Xinomavro Grande Réserve, assez acide et même astringent, mais avec un bon potentiel.

On nous a servi ensuite un Naoussa 2006 de la maison Boutari, classé VQPRD Naoussa fait à 100 % de Xinomavro. Les vignes qui produisent ce vin ont 33 ans d’âge ! Robe rouge pigeon, boisé avec des arômes de cèdre, olive, jus de tomates, épices et menthe. Bien balancé en bouche, bonne acidité

On nous a présenté ensuite un Boutari Grand Reserve, dont la robe était plus foncée, très équilibré, tout en nuances.

Le Cuvée Prestige Rouge 2007   est classé vin régional du Péloponèse. Une production de la maison Skouras dans la région de Némée, où Hercule a vaincu le Lion du même nom. Vin de belle couleur rouge. Un bouquet intense dominé par les épices et les fruits secs. Au début il dégage ses arômes avec force mais il devient vite un vin plein de charme.

Pour comparer on nous a fait goûter l’Ampelou Gris fait de Cabernet-Sauvignon et de Tempranillo, dominé par les épices. Excellent !

Et nous avons fini la dégustation des rouges avec un Nemea Boutari 2005. Rouge intense, arôme de fruits rouges, bonne structure, rond en bouche avec des parfums de chocolat, de miel et de noix.

Et pour clore la dégustation, on nous a fait goûter un excellent Muscat de Limnos, classé AOC Limnos. Vin liquoreux fait à 100% de Muscat d’Alexandrie, et avec un taux d’alcool de 15°. Belle robe dorée, arôme très floral avec des nuances de citron, une palette de pêche et d’abricot et un goût très clair d’eucalyptus. Vraiment délicieux et à un prix très intéressant de $ 11,50.

 Merci à nos amis grecs de nous avoir fait rêver le temps d’un repas !

Roger Huet
Président du Club des Joyeux.
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