mardi 21 janvier 2020
Roger Huet

Roger Huet

Roger Huet - Chroniqueur vins et Président du Club des Joyeux
Québécois d’origine sud-américaine, Roger Huet apporte au monde du vin sa grande curiosité et son esprit de fête. Ancien avocat, diplômé en sciences politiques et en sociologie, amoureux d’histoire, auteur de nombreux ouvrages, diplomate, éditeur. Il considère la vie comme un voyage, de la naissance à la mort. Un voyage où chaque jour heureux est un gain, chaque jour malheureux un gâchis. Lire la suite...

samedi, 17 juillet 2010 09:14

Trois vins qualité-prix imbattables

Souvent mes amis me disent, tu décris de bien bons vins, mais ils sont parfois dispendieux. Ne connais-tu pas quelques vins à petits prix?

Justement j’ai eu dernièrement l’opportunité de découvrir trois vins très sympathiques, et dont les prix sont imbattables. Il s’agit de trois vins américains dont le prix est seulement 9,95$ la bouteille à la SAQ.

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Le premier est le Barefoot Pinot Grigio blanc, qui est très frais,

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le deuxième est le Barefoot Shiraz, à robe rouge foncé, arômes de fruits rouges,

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et le troisième est le Barefoot Zinfandel à la robe rouge sombre; épicé et fruité. C’est un vin jeune qu’il faut de préférence faire décanter au moins une heure. Mais c’est aussi un vin idéal pour faire des Sangrias espagnoles maison. Mélangez un litre de Barefoot Zinfandel, et un litre de Ginger Ale dans un grand bol, ajoutez deux oranges coupées en quatre avec la pelure. On laisse refroidir pendant une heure et on sert. Simple et facile. Cette délicieuse et rafraichissante boisson est idéale pour tout l’été.

Roger Huet
Chroniqueur
Président du Club des Joyeux
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vendredi, 16 juillet 2010 21:40

Un banquet décadent à Montréal

Lorsque Marc Bolay m’a envoyé une invitation pour un banquet de Presse à l’Auberge St Gabriel, dans le vieux Montréal, je me suis rappelé avec nostalgie du temps où j’amenais ma fille, alors petite, pour le brunch du dimanche.

J’ai toujours aimé ces vieilles pierres qui transpirent l’histoire. L’auberge a été bâtie en 1688, du temps du Régime français, par un soldat entrepreneur dont on a oublié le nom. Après de multiples vocations, elle est devenue finalement un restaurant gourmet, aujourd’hui propriété de Marc Bolay, Guy Laliberté et du charmant Garou, qui viendra peut-être vous serrer la main s’il n’est pas en tournée ou en spectacle.

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Marc Bolay et Garou

Le désigner Bruno Braën a fait un travail intéressant en mettant en valeur des éléments traditionnels de l’édifice avec des éléments ludiques qui nous incitent à la détente et à la joie. À l’entrée vous tombez nez à nez avec la colonne vertébrale d’une baleine qui placée à la verticale couvre deux étages. Il y a des aires pour passer un bon moment avec des amis où des tables de pierre émergent du sol, lui aussi en pierre. La section bar est aérée, longue, bien fournie en bouteilles, servie par la charmante Shereem. Devant le bar les bancs sont recouverts de la véritable étoffe d’uniforme du Régiment francophone, Royal 22e. Au fond, deux corps d’orignaux servent de pied de lampe; à droite, sous une murale de Jordi Bonnet des tables émergent des troncs d’arbre. L’auberge a un extraordinaire logo, une création de Caroline Desvaux de l’agence Bleublancrouge.

J’ai été accueilli par Marc Bolay avec une coupe de champagne. Des personnalités très connues de la presse gastronomique étaient là. La décoration hétéroclite a opéré sa magie et nous avons bavardé comme des bons vieux amis, même lorsque nous venions de nous connaître.

Nous avons été invités à passer à table. À l’entrée de la salle à manger, on nous a présenté des plateaux avec des bouchées, des tartiflettes de pomme de terre au lard et aux chanterelles, suivies de bruschettas et d’une bombe farcie au foie de volaille avec condiment de raisin blond et pistache qui était péché. Il s’en est suivi un petit gazpacho, du saucisson vaudois maison et des petits hamburgers de bison, oignon rouge confit au porto et mayonnaise à l’huile de truffe. Pour boire, au choix du champagne ou vin blanc.

Après ces hors d’œuvre, nous avons pris place dans la longue table au centre de la salle à manger.

On nous a servi une délicieuse soupe froide de petits pois, menthe et pamplemousse suivie de rillettes de Tours maison, mostarda et moutarde de violettes et une salade de pousses et d’herbes fraîches.

La conversation allait bon train, les vins étaient bons, les convives heureux Lorsqu’on déposa à notre table un incroyable plateau de fruits de mer. Des calmars frits en croûte de polenta épicée, côtoyaient des pétoncles poêlées sauce dolce forte, faite d’orange, de miel et de gingembre, et sa brunoise de concombres, tandis que d’énormes huitres winamp, condimentées au vinaigre balsamique blanc, échalote et thym, faisaient les coquettes avec des crabes des neiges, sauce cocktail. Dans un coin du plateau, des crevettes géantes de taille olympique, entouraient une salade de palourdes. C’était frais, goûteux, extraordinaire!

Ceux qui pensaient que le banquet était terminé se trompaient. Le chef Gonzalez et son adjoint nous ont présenté une pièce de viande remarquable encore crue, pour nous apporter un peu plus tard un plateau de chateaubriand de l’auberge accompagné d’un boudin délicat. Comment résister à l’appel de la chair d’une cuisson et d’une tendreté parfaites? Alors Garou est venu nous dire bonjour, avec la gentillesse et le sourire qui le caractérisent. Il a répondu à nos questions et a accepté de bonne grâce de poser pour nos photos.

Après le départ de Garou on nous a apporté un dessert appelé le Petit pot de crème : Nutella maison, crumble, mousse à la banane. Quelle douceur! Quelle délicatesse!

Avant le café, le Chef Eric Gonzalez est venu s’enquérir si nous étions satisfaits. Nous l’avons remercié. Non seulement la nourriture mais le service était parfait. Notre sommelière Annie Beefaroni a beaucoup de classe et de professionnalisme.

À cause de mon métier de chroniqueur, je suis toujours en dégustation. Je peux te dire, ami lecteur, que, pour une occasion spéciale : en famille, avec des collègues ou des clients ou pour un enterrement de vie de garçon, il faut faire l’expérience culinaire de l’Auberge St-Gabriel. C’est inoubliable!

Roger Huet
Chroniqueur
Président du Club des Joyeux
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lundi, 12 juillet 2010 17:02

Le meilleur du meilleur de l’Italie

Lorsque Gianni Fabrizzio du Gambero Rosso m’a invité à déguster les 3 bicchieri bianchi 2010 concédés à sept maisons de la Vénétie, je me suis dit que c’était un événement à ne pas manquer.

Le Gambero Rosso est le plus prestigieux guide des vins de l’Italie. Ils décernent chaque année des notes à plus de 15 000 vins italiens, divisés en catégories régionales. La distinction des 3 bicchieri (les trois verres) est octroyé aux meilleurs vins dans chaque catégorie.

La Vénétie avec une production de plus de 300 millions de bouteilles est la plus importante de l’Italie non seulement en termes de bouteilles mais également en termes de DOCG et de DOC

L’événement devait se tenir dans le prestigieux Le Latini, dont le propriétaire Moreno de Marchi possède aussi l’Énotheca di Moreno de Marchi qui est à la fois la plus belle collection de vins fins italiens au Canada et une agence de vins de qualité. À notre arrivée nous étions invités à choisir notre table, les producteurs devant venir s’asseoir avec nous à tour de rôle, en apportant leur bouteille primée.

Nos premiers visiteurs furent l’œnologue Graziano Prà, propriétaire de l’Azienda Agricola Prà Graziano accompagné de Madame Laura Meile, directrice à l’exportation. La propriété se trouve à Monterforte d’Alpone. Leur première étiquette date de 1983, lorsqu’ils ont commencé à commercialiser le Soave Classico, alors que l’entreprise était dirigée par Angelo, le père de Graziano. Aujourd’hui leur vignoble s’étend sur Monte Grande, Foscarino et Ponsara avec l’objectif clair de ne produire que des vins de qualité.

grazino pra laura meile

Ils nous ont versé leur Soave Classico Monte Grande 2008, un vin de culture biologique certifiée ISO, Garganega 80% et Trebbiano di Soave 20%.

Très belle robe cristalline, jaune-vert, bouquet riche de fleurs blanches : jasmin, fleur d’oranger, arômes de pamplemousse de citron vert. En bouche beaucoup de fraîcheur et en même temps assez onctueux, on retrouve les fruits du bouquet. L’élevage en baril lui donne une touche complexe et une belle structure. Un vin définitivement élégant avec une minéralité très agréable.

Notre deuxième viticulteur était une dame Féderica Bon, responsable export marketing de l’Azienda Agricola Ca’ Rugate. Cette propriété appartient à la famille Tessari depuis 1986. Elle exploite 50 ha de vignobles situés sur une colline volcanique dans la zone du Soave Classico. La famille Tessari qui avait derrière elle une longue tradition dans les vins, a réuni 150 instruments et outils qu’elle a utilisés pour faire du vin dans les derniers 100 ans et a créé l’Œnomusée.

Federica Bon nous a parlé de ses vignes indigènes : la Garganega et le Trebbiano employés pour la fabrication du vin blanc et des cépages de Corvina, de Rondinella et de Corvinone qu’ils emploient pour la fabrication des rouges. Elle nous a décrit ses vins dits classiques : le Soave Classico, le Valpolicella, le Valpolicella Superiore, l’Amarone de la Valpolicella . lls produisent également des vins doux : le Reciolo di Soave et le Reciolo della Valpollicella, et d’incroyables mousseux et des grappa.

federica bon

Elle nous a finalement servi son vin primé le Ca’Rugate Soave Classico Monte Fiorentine 2008, 100% Garganega. Robe cristalline jaune, un délicieux bouquet de fleurs et d’agrumes. En bouche de la minéralité puisée au sol volcanique où pousse la vigne. La fermentation en cuves inox lui donne un caractère ciselé. C’est un vin qui a beaucoup de fraîcheur et de finesse, très long en bouche. Un vin remarquable, représenté au Québec par Emmanuel Cabral.

Nous avons ensuite reçu à notre table l’agronome Andrea Pieropan qui venait nous présenter son vin primé Soave Classico Calvarino 2007. Son vignoble est situé au coeur du Soave Classico et son « azienda » est un domaine familial acquis en 1900. Le terrain est de l’ère terciare, argileux et basaltique d’origine volcanique. Calvarino veut dire petit calvaire à cause des difficultés à travailler cette terre tortueuse. Ils ont embouteillé pour la première fois en 1971. Pour eux, leur vin représente l’expression la plus traditionnelle et la plus authentique du vin de Soave. Le vin que nous avons dégusté est fait à 70% de Garganega et 30% de Trebbiano di Soave. Les vignes sont élévés en pergola et le raisin est cueilli à la main. Ils font la vinification en cuves de ciment vitrifié qui est totalement neutre au goût.

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C’est un vin non filtré, soumis au bâtonnage pendant six mois. Robe brillante de couleur jaune aux reflets verts. Nez complexe et riche de fleurs avec des nuances de pêche, de melon, de citron, de poire et un fond de noisette et d’amande. Beaucoup de fraîcheur en bouche. Bel équilibre avec persistance de melon et d’agrumes. Une longue finale minérale.

Notre quatrième visiteur était Franco Piona, de l’Azienda Agricola Cavalchina qui était accompagné de Christine Fréchette, car Sélections François Frechette représente ses vins au Québec.

La propriété se trouve au bord du lac Garda, un amphithéâtre de la fin de l’ère glaciaire. Elle a été fondée en 1900 et avait à ses débuts une distillerie qui est restée active jusqu’en 1967. Dans les Années 60, la famille Piona a pris conscience de l’énorme potentiel du vin de Soave et a commencé à promouvoir ses vins sur les marchés de Rome et de Milan. Pour Franco Piona, la qualité exige de la patience, de l’intelligence et de l’amour. Il ne laisse rien au hasard, les cépages sont choisis en fonction du climat et du sol, le raisin est entièrement cueilli à la main et sélectionné avec soin. Les meilleures grappes sont pour le vin, les autres sont vendues aux grossistes.

franco piero moreno de marchi christine frechette

Franco Piona, Christine Frechette et Moreno de Marchi

Le vin que nous avons dégusté était le Custoza Superiore Amedeo 2007, 40% Garganega, 30% Fernanda et 30% Trebianello et Trebiano. Belle robe jaune vert. Un bouquet riche en fleurs d’oranger et de cyclamen mais aussi de la citronnelle et du basilic, écorce de citron et de pamplemousse. En bouche il a un abord plein de fraîcheur qui parcourt vos papilles avec gaienté et élégance pour terminer dans une longue finale minérale.

Le cinquième producteur était Michel Montresor de l’Azienda Agricola Ottella. Il apportait avec lui une bouteille de Lugana Superiore Molceo 2007 qui exhibe une étiquette à carreaux multicolores comme les anciens drapeaux de la Vénétie que les porte-étendard font virevolter dans les fêtes régionales. Michele nous a expliqué que les huit carreaux représentent des octuplés nés au seizième siècle, au cœur de Lugana, immortalisés dans les armoiries préservées dans la propriété et adoptés aujourd’hui comme emblème de la compagnie. À la fin du Dix-neuvième Siècle cette propriété était la seule productrice de vin de la région, comme l’atteste G.B. Perez dans un livre publié en 1900.

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Le Lugana Superiore Molceo 2007 est fait à 90% de Trebbiano di Lugana fermenté en inox et à 10% de Chardonnay fermenté en barriques de bois.

Robe cristalline jaune paille avec des reflets d’émeraude. Riche bouquet plein de nuances de fleurs et d’agrumes, mais aussi de la pomme verte, de la vanille, du pain grillé. Très joyeux en bouche, très frais aussi, exhibant une certaine complexité à cause des différentes fermentations de ses cépages et un caractère définitivement gourmand apporté par le Chardonnay.

La représentante de Vicentini, retenue à d’autres tables n’a pas pu nous faire goûter le Soave Superiore Il Casale 2008 car on nous invitait déjà à nous déplacer dans une autre salle pour déguster le Recioto della Valpolicella Cereolo 2005, une production de Trabucchi d’Illasi, représentée par la propriétaire Raffaella Trabucchi.

Leur «azienda» à Illasi a 22 ha de vignobles et 6 d’oliviers. Ils y cultivent les vignobles traditionnels depuis 1925 et depuis quinze ans ils sont certifiés bio. Les Trabucchi recherchent essentiellement la qualité, ils affirment ne pas vouloir être compétitifs dans les prix. Ils veulent éveiller la curiosité car le vin doit être une infusion d’énergie vitale et un moyen pour parvenir à l’exaltation des sens.

Le Recioto della Valpolicella Cereolo 2005 primé avec les 3 bicchieri est fait de Corvina et de Corvinone comme l’Amarone, il a une robe pourpre foncé. Le nez dégage des nuances gourmandes de fleurs et d’épices balsamiques, de cerises mûres confiturées, de tabac et de chocolat. Une texture veloutée, qui tapisse vos papilles et de la douceur juste assez pour balancer l’acidité et les tanins. Les fruits sont tout le temps présents. Il se dégage une élégance du commencement à la fin.

Rafaella Trabucchi est une très belle dame italienne. Elle nous expliquait son vin à côté de la statue de Cicéron. Je l’ai immortalisée dans cette extraordinaire photo :

trabucchi 2

Voici le dialogue que nous avons entendu :

Cicéron : - Est-ce pour moi Raffaella?
Raffaella : - C’est pour toi, Cicéron, avec tout mon amour!

Moreno de Marchi nous avait préparé un repas à la mesure de son génie. À ma table, en plus de quelques confrères et agents, se trouvait Luigi Salerno, Directeur Général du Gambero Rosso, qui avait l’élégance d’un Marcello Mastroianni, Il était accompagné de son assistante Tiina Eriksson, une délicieuses beauté nordique dorée au soleil de l’Italie et du très efficace Gianni Fabrizio, qui nous régalait de cette dégustation.

tiina eriksson gianni fabrizzio luigi salerno

Voici le repas qui nous a été servi :

CHELE DI GRANCHIO D 'ALASKA COCKTAIL
patte de ceab/king crab leg
accompagné d’un Soave Classico Calvarino 2007 de Pieropan.
***
RAVIOLI DI CASA FARCITI ALL'ASTICE IN SALSA ALLO ZINZERO
Avec un Soave Classico Monte Fiorentine 2008 de Ca Rugate
***
FILETTO DI BISONTE....a modo mio
mignon de bison filet mignon, avec un Soave Classico Monte Grande 2008
***
FRUTTA ESOTICA AL GELATO APENA TORBINATO

Avec un espresso G.FRASI

Merci à nos amis italiens qui sont capables de tant de perfection.

Roger Huet
Chroniqueur,
Président du Club des Joyeux
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Il y a quelques jours, je me rendais à une dégustation de vins de Bolla, au Restaurant Graziella à Montréal, et je pensais à Graziella le titre d’un charmant roman d’Alphonse de Lamartine, poète romantique aujourd’hui oublié. Au Québec aussi nous avons de bons écrivains oubliés, entre autres presque tous ceux qui ont été publiés avant les Années Soixante, comme si la Révolution tranquille les avait effacés de la mémoire collective. Que connaissent nos étudiants des œuvres littéraires de Joseph Raiche, du Frère Marie-Victorin, et même de Louis Frechette? Il faudrait un jour rééditer ce patrimoine culturel pour le remettre dans les bibliothèques des écoles.

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De gauche à droite : M.Stefano Puppini, le Directeur régional du Gruppo Italiano Vini, qui produit les vins de Bolla, et de Laure Garnier, l'adjointe de Michel Beauregard, Directeur national du marketing chez Vins Philippe Dandurand.

De ce pas je suis arrivé devant la porte du Graziella où j’ai rencontré d’autres amis chroniqueurs avec lesquels nous sommes allés à la rencontre de Michel Beauregard, Directeur national du marketing chez Vins Philippe Dandurand, de Laure Garnier, son adjointe et de Stefano Puppini, le Directeur régional du Gruppo Italiano Vini, qui produit les vins de Bolla.

À l’origine le fondateur Abele Bolla avait une auberge dans la ville médiévale de Soave au Sud-est de Vérone où il était connu pour servir des vins excellents. En raison de son succès, il décide de commercialiser les vins de Soave et crée son premier chai en 1883. Le négoce prend de l’expansion au point de devoir fonder un deuxième chai à Pedemonte, sur les terres de Valpolicella pour fabriquer et commercialiser les vins de Valpolicella et de Recioto. À partir de 1946, grâce à ses contacts à New York, la famille Bolla commence à exporter vers les États-Unis. Ils sont les premiers à commercialiser l’Amarone.

Dans les années cinquante et soixante les vins de Bolla sont si bien établis qu’on voit leurs bouteilles figurer dans plusieurs films d’Hollywood. Frank Sinatra refusa même une fois de se mettre à table, si on ne lui servait pas du Bolla Soave qu’il adorait.

En 1996 le système de qualité de la compagnie est tel qu’ils reçoivent la prestigieuse certification UNI EN ISO 29002. Le Gruppo Italiano Vini prend le contrôle du Chai de Pedemonte dans les années 2006 et le contrôle total de l’entreprise en 2009. Tout en préservant la philosophie, la qualité des vins, et le respect du terroir énoncé par son fondateur, le GIV veut établir un nouveau style de vins.

Plusieurs types de vin sont produits par Bolla aujourd’hui :

Les classiques de Vérone : le Bardoline, le Soave et le Valpolicella.

Les Sélections Premium : Cabernet Sauvignon, Chardonnay, Chianti, Merlot, Pinot Gris, Pinot Noir, Riesling et Sangiovese Le Soave Classico et Ripasso et Les Sélections Amarone.

Le Gruppo Italiano Vini est représenté au Canada par les Vins Philippe Dandurand, Inc.

Nous avons commencé la dégustation avec un Prosecco superiore, le Bolla Conegliano Valdobbiadene DOCG, 90% Glera, 10% Verdeso. Une robe jaune très claire, des petites bulles, des arômes d’agrumes, de chèvrefeuille. En bouche un goût de pomme verte, avec beaucoup de fraîcheur, belle acidité, joyeux jusqu’en finale. Un vin très élégant. Il sera bientôt disponible à la SAQ au prix environ de $ 18.

Nous avons goûté ensuite le Soave Classico DOC 2009. 95% Garganega et 5% Trebbiano di Soave. Vendangé à la main. Robe jaune cristalline, bouquet souple, arômes d’ananas, de mangue. En bouche, semi-sec, une belle fraicheur, une acidité présente très agréable, des saveurs de pamplemousse, de lime, de poire et de melon. Belle longueur finale. (SAQ 11,95)

Nous avons continué avec le Valpolicella DOC Classico 2008 60% Corvina-Corvinone, 30% Rondinella et 10% de cépages divers. Ce vin a subit deux fermentations, la première en cuves inox pour préserver son fruité, et ses tanins souples et une deuxième malolactique avec vieillissement en barriques de bois pour lui donner sa rondeur, son boisé, ses arômes d’épices si riches, de fumé de tabac, de poivre. Robe rouge grenat, vin complexe et élégant, une belle fraîcheur et des tanins souples. (SAQ $ 14,95)

Le quatrième vin était le Valpolicella Doc Classico Superiore 2007 «Le Poiane». 70% Corvina-Corvinone, 30% Rondinella. Les vignes sont montées en Pergola, sur des terrains rocailleux, elles sont vendangées manuellement lorsque le raisin est bien mûr. Le raisin est pressé et laissé fermenter à 28°C pendant 15 jours pour obtenir le fruité et les tanins souples, on procède ensuite à une macération malolactique qu’on enchaîne avec une troisième fermentation dite de Ripasso afin de rehausser le vin. Pour le ripasso on pompe du jus d’Amarone sur les peaux du Valpolicella, et on le laisse fermenter pendant 20 jours, le vin est finalement élevé en fûts de chêne pendant 18 mois avant sa mise en bouteille où il se repose pendant trois mois avant sa mise en marché.

Le résultat donne un vin plus coloré, savoureux et alcoolisé que les Valpolicellas réguliers. Il exhibe une belle robe rouge sang, assez dense, arôme de cannelle, de poivre de clou de girofle. En bouche, il s’épanouit dans un éventail de goûts de fruits rouges et d’épices; bel équilibre entre les tanins ronds et bien fondus et l’acidité discrète, une longue finale très élégante.

Nous avons terminé avec un Amarone della Valpolicella Doc Classico 2006. Corvina 70% et Rondinella 30%. Chaque année le producteur doit déterminer le temps de «passerillage» de ses raisins. Le passerillage est une technique de déshydratation, par laquelle on fait sécher le raisin à température et humidité contrôlée, quoiqu’on accepte la pourriture noble qui va conférer au vin sa structure et son caractère unique. Lorsque le raisin a perdu 32% de son eau, on le presse et on le fait fermenter à sec. On obtient ainsi ce vin dont les arômes et les saveurs sont concentrées et le taux d’alcool plus élevé. Ce vin vieillit 18 mois en fûts de chêne et 4 mois en bouteille, pour augmenter son niveau de qualité. La robe est grenat foncé, le liquide colle bien au verre et forme des larmes généreuses. Le bouquet livre des parfums des fruits séchés, de figue, de cassis, de confiture de cerise mais aussi de cuir, de vanille, de chocolat et de cèdre. En bouche, il est sec et corsé, mais ses tanins mûrs sont ronds et bien fondus avec l’acidité et le fruité. On apprécie l’équilibre raffiné entre les arômes et les saveurs et sa complexité. Un vin élégant qui a une longue finale ronde et persistante qui dévoile sa minéralité. Un trésor. Il sera disponible à la SAQ à la fin de l’année au prix de $ 40.00

La chef Graziella Batista et son associé Pierre Julien, nous avaient préparé un menu pour être marié aux vins de la maison Bolla.

Nous avons eu en entrée la Zuppa di Tartufoli e anatra, accompagnée d’un Prosecco di Conegiiano e Vaidobbiadene, suivie d’un Culatello, Parmigiano e aceto vecchio accopagné d’un Soave classico 2009. Comme Primo, on nous a servi des Gnocchi di Grana Padano con ragu di coniglio avec un Valpolicella Classico 2008. Et comme Secondo un Brasato d'agnello all'erbette avec un Valpolicella Classico superiore 2007 Ripasso Le Poiane, que nous aurions pu aussi déguster avec l’Amarone della Valpolicella Classico 2006, qui nous a été servi avec le dessert qui consistait en un Semifreddo di pere e cake alle spezie.

C’était délicieux ! Je suis rentré chez moi tout à fait content de ma soirée et de la charmante compagnie de mes amis gourmets.

Roger Huet
Président du Club des Joyeux
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samedi, 19 juin 2010 15:30

Vins de Provence, vins de fraîcheur

La presse gourmande était invitée à une dégustation de vins de Provence exprimant le terroir. Je me suis rendu au Restaurant Le Newton où j’ai été accueilli par madame Cassandre Pérusse, en représentation de la SOPEXA qui m’a présenté M. Roque Pertusa, Président du Conseil Interprofessionnel des vins de Provence.

Plusieurs de mes confrères journalistes et chroniqueurs étaient déjà au travail.

Pour situer le territoire disons qu’il se se trouve dans le Sud-est de la France en face de la Méditerranée, entre la rive gauche du Rhône et la rive droite du Var.

Le climat près de la Côte est méditerranéen, avec des étés chauds et secs et des hivers doux. Il est plus humide à l'Est, et alpin au Nord. Dans sa partie centrale et côtière où le sol est calcaire, la végétation est du type garrigue, vulnérable aux incendies. À l’Ouest et au Nord, la Provence est par contre humide et verdoyante.

Les cépages blancs les plus courants sont : le Rolle, l’Ugni Blanc, la Clairette, le Sémillon et le Bourboulenc Blanc ou Doillon.

Les cépages rouges sont : le Mourvèdre, la Syrah, le Grenache, le Cinsault, le Tibouren, le Carignan, le Cabernet Sauvignon et la Counoise.

L’histoire vinicole y est très ancienne. Ce sont les Grecs, qui 600 ans avant J.C. ont planté les premiers ceps autour de Massilia (Marseille). C’est là que les premiers vins français ont été produits.

En 1951 les vins de Provence accèdent au rang de Vins Délimités de Qualité Supérieure. À partir de 1977 ils obtiennent la classification d’Appellation d’Origine Contrôlée.

Il y a neuf Appellations d’Origine Contrôlée (AOC) provençales: Côtes de Provence, Coteaux Varois en Provence, Coteaux d’Aix en Provence, Les Baux de Provence, Coteaux de Pierrevert, Bellet, Cassis, Bandol et Palette. Les trois premières appellations représentent 95% du vin provençal. Le vignoble couvre 26 890 hectares d’où l’on tire 161 millions de bouteilles : 89% sont de vin rosé, 8% de rouge et 3% de blanc.

Un courant de sympathie a tout de suite passé entre Monsieur Pertusa et moi. Nous avons découvert par la suite que nous étions liés par la culture espagnole. Il est né en Espagne et moi j’y ai passé dix années heureuses. Je l’ai prié de s’asseoir à ma table et de déguster ensemble les quatre vins rosés qui nous étaient proposés.

Nous avons commencé par le Billette Rosé de Provence du Domaine La Gordonne. Appellation Côtes de Provence. Robe rouge clair tirant à rosé. Arôme fleuri et de fruits exotiques. Beaucoup de fraicheur en bouche. Corsé, généreux, élégant. (SAQ # 23465 - $11,80).

Monsieur Pertusa connaît bien l’histoire du Château La Gordonne. Les Romains s’y sont installés au 1er siècle avant J.C. et ont planté la vigne. Au Moyen-âge les Chartreux de la Verne exploitent le vignoble. Vers 1650 le domaine est acheté par le Conseiller Gourdon qui lui donne le nom de La Gordonne. Plusieurs propriétaires se succèdent jusqu’à la Révolution Française où l’État confisque et vend le domaine aux enchères. Il est acheté par la famille Combeau qui le revend trente ans plus tard, aux négociants de Marseille Joseph et Bernard Magnan.

En 1922 un viticulteur du nom de Grimaud fait l’acquisition du domaine mais doit le vendre à la Société Gérard et Cie en 1941. Elle est absorbée à son tour par la Société Méridionale Salinière en 1965, qui fusionne avec la Cie des Salins du Midi et des Salines de l'Est, pour finir dans le giron des Domaines Listel.

Le deuxième vin que nous avons dégusté est le Roseline Prestige 2009, Appellation Côtes de Provence. Robe claire pâle tirant à Mandarine. Arômes de fleurs provençales. En bouche semi-sec, complexe, un peu de minéralité, bel équilibre, velouté, élégant ! (SAQ # 534768 $ 15,70)

Ce vin sympathique est produit par le Château Ste Roseline qui a été autrefois un cloître médiéval.

En troisième place nous avons dégusté le Pétale de Rose 2009, Appellation Côtes de Provence. Fait de huit cépages cultivés de façon biologique. La Robe a une très jolie couleur rose pâle. Arôme charnu de fleurs : chèvrefeuille et jasmin principalement. En bouche beaucoup de fruit et légèrement minéral, avec une approche d’abord vive, qui s’adoucit et se fait caressante. Belle fraîcheur et une longue finale. (SAQ # 425496 $ 17,85)

Le domaine de 89 hectares qui produit le Pétale de Rose a été autrefois un monastère, ensuite la résidence d’été des Évêques de Toulon et porte deux noms : Château La Tour de l’Evêque et Château La Tour Sainte Anne. La propriétaire actuelle, est Madame Régine Sumeire dont la famille a acquis le château en 1958. C’est elle, qui a créé le Pétale de Rose. Son château a une fontaine magique, la fontaine aux Dauphins. On raconte que suite au départ de son époux pour la croisade, la châtelaine aurait empoisonné le puits de ses pleurs. Son chagrin aurait desséché la fontaine. Le grand-père de la propriétaire actuelle a mis fin à la malédiction en lui apportant de l’eau par gravité.

En dernier nous avons goûté le CUVÉE CLARENDON 2008, Appellation Côtes de Provence, du domaine Gavoty. Robe Rose Saumon. Le nez est une explosion de fleurs et de fruits, des fraises, des pêches, beaucoup de fraicheur, un vin jovial et charmant.

Le Domaine Gavoty est lui aussi chargé d’histoire. Il est situé sur la Via Aurelia dont on déterre encore des vestiges archéologiques, comme cette borne de l’époque de Néron qui se retrouve aujourd’hui dans le caveau du domaine. Il est dans le giron de la famille Gavoty depuis 1806. Madame Roselyne Gavoty qui était en charge de la vinification depuis 1985 dirige maintenant avec son époux, toutes les activités du domaine.

La Provence produit aussi des vins blancs agréables. La SAQ en propose deux : le Château La Tour l’Évêque 2008 et l’Orenga de Gaffory 2006. Seize vins rouges sont aussi disponibles dans les succursales SAQ; des vins pleins de fraicheur et d’harmonie. Néanmoins, pour nous Montréalais, la Provence demeure la terre des rosés. Ils nous accompagnent du printemps à l’automne et se marient si bien, lorsqu’il fait beau et chaud, avec les poissons, avec les fromages, avec les viandes blanches et rouges!

Lorsque nous nous sommes quittés, Roque Pertusa m’a dit «¡ Hasta la Vista!», ce qui veut dire que nous aurons l’occasion de le revoir.

« ¡ Hasta la Vista, Roque !»

Roger Huet
Chroniqueur
Président du Club des Joyeux
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vendredi, 11 juin 2010 15:59

Des vins australiens très séduisants!

wayne stehbens 3

Il y a quelques jours j’ai reçu une invitation pour rencontrer l’œnologue australien Wanye Stehbens et pour déguster les vins de la maison Katnook Estate, qu’il produit.

Je me suis rendu à la Maison du Gouverneur, de l’ancienne Prison du pied du courant. C’est une maison du dix-neuvième siècle, coquette et fort confortable. En montant les escaliers j’imaginais la charmante famille du gouverneur prenant le thé, tandis qu’à quelques yards, derrière, croupissaient dans des geôles, les pires criminels et quelques douzaines de Patriotes. Aujourd’hui la Maison du Gouverneur fait partie siège social de la SAQ qui la met à la disposition des Agences pour des dégustations de vin.

J’ai été reçu de la façon la plus charmante par Luc Provencher, Directeur de la division des vins fins et de la communication chez Charton Hobbs. Il m’a présenté Wayne Stehbens, «Hi Wayne ! », «Hi Roger ! » et Derrick Butler, Directeur des ventes pour le Canada de la maison Freixenet, qui vient de prendre le contrôle de la Katnook Estate dont nous sommes venus découvrir les vins. Plusieurs de mes confrères journalistes étaient déjà là.

Nous avons pris place, il y avait dix verres devant nous. Le sommelier les a remplis. Nous avons été invités à les noter avant l’intervention de Wayne. Certains vins montraient des robes d’un rouge intense avec des reflets violets, d’autres tout aussi intenses tiraient plutôt vers le caramel.

Le premier vin dégusté était un Katnook Founder’s Block Carbernet Sauvignon 2007. Bouquet riche de fleurs, de fruits rouges. Onctueux, les larmes collaient bien au verre. En bouche beaucoup de fraîcheur, des tanins bien présents, un goût de vanille boisé, belle structure, un peu court en finale. Un vin agréable à boire maintenant.

Le deuxième verre contenait un Katnook Estate 1994, 100% Merlot. Un vin onctueux qui se colle au verre dont la robe rouge grenat est invitante. Nez boisé et très fruité : prunes, mangues ; des tanins ronds qui tapissent vos papilles et qui restent présents jusqu’en fin de bouche. Une pointe d’aigreur très agréable.

Le troisième vin était un Katnook Estate Merlot 2005. Un beau millésime. et un vin complexe, qui sent le bois, le tabac, le fumet mais aussi les fruits mûrs, les fruits des bois. Généreux en bouche, rond, soyeux, complexe, équilibré. Une belle et longue finale.

Le quatrième verre contenait le Katnook Estate Carbernet Sauvignon 1994. Visuellement très belle robe rouge foncé, belle onctuosité. Un bouquet d’arômes : cèdre, vanille, chocolat, fruits des bois, qui se confirment en bouche où l’approche est tout de suite joyeuse. Des tanins ronds, veloutés, une belle complexité, belle et longue finale. Un vin fait dans les règles de l’art.

Le cinquième verre avait un Katnook Estate Cabernet Sauvignon 1997. Robe rouge pourpre intense. Arôme boisé et vanillé, des accents de violette, de clou de girofle, de baies rouges, une touche de chocolat. En bouche, rond, poivre blanc, romarin, des tanins fondus, une acidité bien équilibrée et une très belle et longue finale.

Le sixième vin c’était un Katnook Estate Cabernet Sauvignon 2006. Un nez qui est un feu d’artifice d’arômes : fruits et douceur. Belle concentration, des tanins présents mais soyeux, un peu de minéralité. Ample en bouche, beaucoup d’équilibre et d’élégance. Un vin de plaisir.

Le septième verre contenait du Katnook Estate Prodigy Coonawara Shiraz 2005. Un vin typiquement Syrah, arômes de violette, de cerise, de framboise. En bouche, savoureux et tannique, on retrouve de la vanille, de la cerise, de la prune, de l’anisette, un peu de poivre, mais surtout beaucoup d’équilibre et de fraîcheur. Très différent des premiers vins, et pourtant combien charmant !

Le huitième verre c’était un Katnook Estate Prodigy Coonawara Shiraz 2006. C’était une année plus chaude où le raisin a été récolté plus tôt, mais qui a donné des raisins sains et très fruités. La robe est rouge prune tirant vers le pourpre. Le nez éminemment généreux en fruits, des baies rouges, framboise, prune, anis. Complexe et élégant au palais, un vin fait de subtilité et de beaucoup de fraîcheur. Les tanins souvent très présents dans le Syrah, se montrent ici veloutés et fondus. Une finale magnifique.

Le neuvième vin était un Katnook Estate Odyssey Coonawarra Cabernet Sauvignon 2004 mûrit trois ans en petites barriques de chêne. Un vin onctueux qui recouvre le verre. La robe, rouge tirant vers le caramel rappelle les vieux vins. Absolument remarquable !

Quelle complexité d’arômes : du bois, des fruits sauvages, des bleues, des framboises et des fraises des bois. Aussi des fruits exotiques : mangue, goyave, mais également un petit peu de tabac, de chocolat. En bouche il est ample, avec un peu de minéralité, des tanins présents, car c’est un vin qui promet une belle garde de 10 à 20 ans ! De l’harmonie, de la fraîcheur, et une finale longue et délicieuse !

Le dixième et dernier vin était un Katnook Estate Odyssey Coonawarra Cabernet Sauvignon 2005, Un autre vin onctueux dont la robe rouge tire à caramel comme les vieux vins. Que potentiel de garde : 20 ans ! Très boisé, vanille, fruits rouges, baies, prune. En bouche une explosion de couleurs et de saveurs. Belle complexité, beaucoup de fraicheur, des beaux et puissants tanins, un vin de gourmet, vin élégant qui séduit votre palais, et une finale longue, qui vous rend heureux. Quelle bonne idée de nous l’avoir servi en dernier !

Nous avons émergé des vins et nous avons vu Wayne Stehbens s’animer. Il porte bien son titre de «Senior Winemaker». À peine grisonnant, c’est un athlète accompli : pilote de course automobile, joueur de tennis de niveau de compétition et cycliste passionné. Il accumule autant les trophées sportifs que les prix nationaux et internationaux pour ses vins. En l’écoutant raconter son terroir et ses méthodes de production, je me disais que dans ce métier où la science est très présente c’est surtout l’art qui fait la différence. Wayne pousse le jeu, jusqu’à acheter des fûts en chêne en France qui ont servi, et exige qu’on lui remette des échantillons des vins qu’on y a fabriqué. Cela lui permet de déterminer quel fût il veut utiliser pour chaque type de vin qu’il va faire. Nous l’avons écouté béatement nous parler de ses terres rouges et calcaires, de l’irrigation d’appoint, de sa vigne, de ses méthodes organiques.

Le Maître d’hôtel est venu nous annoncer « Madame est servie ! » Mais, Madame est partie, et nous avons mangé entre gars une terrine d’asperges et poivrons sur croûtons aux herbes, suivi d’un steak de gigot d’agneau grillé, jus à l’ail confit et purée en basilic. Pouvez-vous imaginer le plaisir que nous avons eu avec tous ces excellents vins devant nous ?

Au dessert, comme nous étions entre garçons, avec la trilogie de chocolat, je leur ai dit l’histoire de l’anneau de Hans Carven, telle qu’elle a été racontée par Rabelais, au seizième siècle. La connais-tu, lecteur ? Non ? Elle ne doit se raconter qu’autour d’une bonne bouteille, comme celles de Wayne Stehbens, parole d’amateur !

Roger Huet
Chroniqueur
Président du Club des Joyeux
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Vins de la Katnook Estate à la SAQ
Founders Block
• Shiraz 90 es fin Août
• Cabemet Sauvignon : 100 es fin Juin

Deakin Estate
• Shiraz 2008 : 560821 : $14.95 ( Produit régulier )

Katnook Estate
•Prodigy Shiraz 2005 : 11114978 : $73.25 ( Signature )
•Odyssey Cabemet Sauvignon 2004 : 11115022 : $73.25 ( Signature )
•Merlot 2005 : 11155850 : $30.25 ( Spécialité )
•Le Cabernet Sauvignon est en demande de reconduction (2007) depuis fin
janvier.

Pour information:
M. Luc Provencher Directeur. Division Vins Fins / Communications.
Charton Hobbs, Québec
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514 353 8955 Ext : 358
www.chartonhobbs.com

Une des fêtes gastronomiques des plus sympathiques à Montréal est celle du Guide Debeur. En novembre dernier on a célébré la vingt-cinquième édition au Restaurant Hélène de Champlain. Des producteurs soigneusement choisis, nous ont fait déguster ce qu’ils font de meilleur! Comme ce restaurant va fermer ses portes, Monsieur Debeur cherche une grande place où célébrer son Guide 2011.

Le Guide Debeur évalue et décrit un nombre infini de restaurants à Montréal, à Québec et en région. Il est à la fois une revue gourmande, qui propose une foule d’articles de fond sur les aspects les plus variés de la gastronomie. Un incontournable pour ceux qui aiment sortir et bien manger.

Je tiens à mentionner Le Petit Debeur, qui est un guide commenté de vins, de bières de cidres et de spiritueux, avec en annexe un répertoire de conseils de dégustation. Ces deux magnifiques guides sont disponibles partout pour le prix d’une modeste bouteille de vin. À avoir absolument.

Roger Huet
Chroniqueur
Président du Club des Joyeux
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Monsieur François Lebrasseur le charmant directeur de la maison Élixirs a réuni les journalistes et chroniqueurs de vins au Restaurant Da Emma. Il souhaitait nous faire rencontrer M. José Alberto Zuccardi le producteur des vins de la fameuse maison argentine Familia Zuccardi. Les Montréalais connaissons bien leur vin Fuzion, que nous avons adopté avec enthousiasme.

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De gauche à droite: François Lebrasseur et José Alberto Zuccardi

José Alberto Zuccardi est ce qu’on appelle un gentleman-farmer. Élégant, dans ses gestes comme dans sa présence. Il nous a parlé de son père, un ingénieur civil qui a fondé le vignoble en 1963, plutôt pour montrer aux paysans sa méthode d’irrigation, puisque la province de Mendoza serait un désert d’altitude, sans l’irrigation qui lui vient du dégel de la Cordillère des Andes. Cinq ans plus tard M. Zuccardi père fonde «la bodega» et commence à élaborer des vins. José Alberto rejoint l’entreprise en 1976, quatre ans après ils commencent à embouteiller.

Aujourd’hui l’entreprise a 650 hectares de vignobles, compte 500 employés permanents et 200 temporaires. Elle produit une jolie brochette de vins dont 70% sont rouges, 25% blancs et 5% rosés. Parmi les blancs 5% sont destinés à la fabrication de vins mousseux. La production de Familia Zuccardi est destinée à 90% à l’exportation.

Le terroir de Mendoza est d’origine alluviale, formé par l’érosion de roches et de métaux de la Cordillère des Andes. Les principaux cépages employés sont : Le Malbec, le Bonarda cépage rouge d'origine piémontaise, le Tempranillo, le Cabernet, et le Syrah

L’amélioration constante des méthodes de vinification chez Zuccardi a comme objectif la production de vins de très grande qualité. Monsieur Zuccardi nous a manifesté son grand respect de la nature. Le quart de ses vignobles est cultivé avec du compost organique, sans pesticide.

L’Argentine est un pays du Nouveau Monde qui ne croule pas sous la réglementation comme la France et qui permet une plus grande innovation. La consommation moyenne de vin en Argentine est de 90 bouteilles par habitant et par année, tandis qu’au Canada elle n’est que de 21 litres et en France de 43. Malgré le succès du vin, la première école de sommellerie argentine ne date que de 1990.

Nous avons commencé la dégustation par un Mousseux Vida Organica chardonnay 2008, 100% Chardonnay bio. Ce mousseux est obtenu par une deuxième fermentation avec des levures sélectionnées. Robe jaune doré avec des reflets verts. Un premier nez boisé de vanille d’agrumes ; un deuxième nez de poires, de pommes de bananes. Ample en bouche, beaucoup de fraîcheur, un bon équilibre entre le sucre et l’acidité. Une longue finale et des petites bulles chatoyantes. Il est vendu comme Extra-brut mais au Canada c’est considéré comme brut. (SAQ spécialité Code 10985860 - $16.30)

Nous avons dégusté ensuite un Chardonnay Santa Julia réserva 2008. Récolte du raisin à la main. Macération à basse température et fermentation en barriques de chêne français. Robe jaune avec des reflets verts. Arômes de fruits blancs : poire et pomme mûre, banane, vanille, miel. Onctueux en bouche, complexe et bien équilibré, longue finale. (SAQ spécialité Code 516443 - $14,95)

On nous a présenté un Fuzion Alta réserva, Malbec/ Tempranillo 2008. Robe rouge violet. Arôme boisé, fruits rouges, framboise et mûre, une pointe d’épices, un peu de tabac. Au goût beaucoup de fraîcheur, bel équilibre entre l’acidité et les tanins. Une finale toute en douceur. (SAQ Classique Code : 10967611 - $10,95).

Nous avons poursuivi avec un Fuzion Organico Malbec / Cabernet Sauvignon 2009, fait avec des raisins biologiques, Malbec (60 %) et Cabernet Sauvignon (40 %). Robe rouge grenat. Très beau bouquet où prédominent les violettes et les épices. En bouche ample et complexe, avec encore des notes d’épices et des tanins charnus qui tendent encore à s’arrondir. Encore jeune, il sera parfait dans trois ans ! (SAQ classique Code 11015603 - 13,90)

On nous a servi ensuite un Vida Organica Cabernet Sauvignon 2009. Vin bio, robe rouge violacé très foncé. Nez intense de fruits noirs et d’épices : cannelle, poivre rouge, un peu de minéralité, des tanins très présents en bouche, beaucoup de caractère et d’élégance. Un vin qui doit se boire jusqu’en 2012. (SAQ Spécialité : Code 10985827 - $14,80).

Pour finir nous avons dégusté un Zuccardi Q Malbec 2007. Belle robe rouge-foncé, Riche palette d’arômes, nez intense et fruité. Fruits rouges, prunes, cerises et fruits des bois myrtille, bleuet, fraises sauvages. En bouche, beaucoup d’élégance tout en restant viril avec des tanins très présents. Une belle et longue finale. (SAQ spécialité Code 11218460 - $19,95)

La dégustation terminée, nous avons passé à table où dans une grande convivialité nous avons bu les fameux vins de Familia Zuccardi en dégustant des assiettes de bœuf à la manière argentine.

Après le café, Monsieur Zuccardi a eu la gentillesse de nous offrir un couteau à viande à manche de corne dans un étui en cuir, comme on les utilise en Argentine. En échange, il nous a demandé un sou noir, car, selon la légende, on n’offre jamais un couteau si on veut conserver l’amitié, on le vend pour la plus petite piécette. Je l’ai essayé, c’est le meilleur couteau à viande que je n’ai jamais eu.

Mon opinion est que Familia Zuccardi va continuer à nous surprendre et à nous séduire avec des vins élégants dont la qualité est toujours en progression. Des vins fleuris, ronds, soyeux, à des prix alléchants qui ont tout pour plaire au consommateur québécois.

Roger Huet
Chroniqueur
Président du Club des Joyeux
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mardi, 18 mai 2010 23:19

Les cavistes

L’autre jour, je suis allé avec une amie qui voulait pratiquer l’espagnol dans un restaurant très sympathique de la rue Saint-Denis appelé ‘Les Cavistes’. La décoration minimaliste m’a rappelé les Cafés du Commerce qui essaimaient un peu partout dans les années 50

Ce soir il faisait beau, nous nous sommes assis à la terrasse, une des plus belles du plateau, d’où nous avons passé des heures à regarder la faune montréalaise, en dégustant des verrines. Le choix est magnifique : Carpaccio de bison, Crevette géante, Niçoise au thon blanc et œuf de caille, Grande salade de homard, Foie gras avec gelée de porto… et les prix incroyablement raisonnables !

À l’intérieur on peut aussi commander une cuisine plus consistante qui va du carré d'agneau du Québec, au tartare de bœuf et de bison, en passant par le filet de veau, le magret de canard, le médaillon de cerf, les pâtes fraîches et le poisson du jour très frais.

Pour finir les desserts sont incroyables, présentés dans des plats très longs, remplis de pâtisseries et de gâteries savoureuses et tellement belles que cela fait presque de la peine de les manger.

La carte des vins est très intéressante et si vous avez mangé au restaurant ou si vous achetez des mets à emporter, vous pouvez aussi acheter à la boutique du restaurant des vins d’importation privée très bien choisis, à des prix intéressants. J’ai pris pour moi un vin espagnol que j’adore, très difficile à trouver ici mais que je ne manque jamais de boire lorsque je suis en Espagne, le Federico Paternina Banda Azul.

J’ai vraiment aimé ce restaurant et je pense revenir bientôt avec des amis.

http://restaurantlescavistes.com

Roger Huet
Chroniqueur
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samyrabbat.com

lundi, 17 mai 2010 16:59

APOLLO

Le 4 mai le Chef Giovanni Apollo, célébrait le premier anniversaire du Bistro Apollo Concept, avec une réception dans un cadre décontracté et respectueux de l’environnement. Son local de la rue Saint-Laurent avait été aménagé pour la circonstance avec orchestre. Malgré que les Canadiens de Montréal jouaient un de leurs partis décisifs, il y avait beaucoup de monde du milieu gastronomique, des lettres et de la presse. On a assisté à une valse incessante de plateaux remplis de cuillères, de verrines et de canapés moléculaires, de légumes, de poissons et fruits de mer et de viandes dont Apollo a le secret, et où les Château Les Tours des Verdots Bergerac et le Champagne Le Prélude de Taittenger ont coulé a flots.

Je suis déjà venu souper au Bistro Apollo Concept où l’on mange d’ailleurs très bien. La cuisine moléculaire dont le chef Apollo est un des champions est pleine d’agréables surprises. Le Bistro Apollo Concept a un cellier où les clients peuvent choisir la bouteille qu’ils veulent boire à table. J’ai eu la chance de rencontrer Marielle Fortin, la sommelière qui l’a conçu et organisé et qui me l’a fait visiter en compagnie de mes amies France Lamonde et Diane Beaulieu. Les vins sont classés par pastilles de goût, comme à la SAQ. Les prix sont aussi ceux de la SAQ avec une majoration de dix dollars pour la plupart d’entre eux et de vingt pour certains vins très haut de gamme. Le choix des vins est très intéressant et suffisamment large pour satisfaire tous les palais.

Giovanni Apollo est venu saluer chacun de ses invités. Il m’a expliqué que c’était la première fois qu’il célébrait l’anniversaire d’une de ses entreprises, car il est toujours débordé. En effet en plus du Bistro il dirige personnellement le Restaurant Apollo, et le service de traiteur Apollo Globe-traiteur, comme quoi je l’ai retrouvé quelques jours plus tard en charge du banquet qui a précédé le Salon des vins de l’Afrique du Sud.

Giovanni Apollo est une force de la nature. Il a une belle tête qui ressemble à Napoléon. Il a été l’élève de Paul Bocuse et des frères Trois Gros, ensuite il est passé par le Japon pour apprendre un autre concept de cuisine. Il a joint plus tard l’Agence Interpro spécialisée en gestion hôtelière qui l’envoie en Afrique, au Brésil, aux États Unis et dans les îles, une «folle aventure» comme il dit où il a visité 22 pays. Il s’installe finalement au Québec où depuis quatorze ans il nous régale de sa cuisine créative. Le success story d’Apollo est dû à la somme des connaissances exceptionnelles du patron, à un travail acharné, et à une équipe hors pair, dont je tiens à saluer le Maître d’hôtel Christopher qui n’hésite pas à se retrousser les manches et à participer au service au besoin.

J’ai quitté la réception avec regret, tellement l’ambiance était joyeuse, en me promettant de revenir manger chez Apollo, avec des amis.

Roger Huet
Chroniqueur
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