vendredi 14 juin 2024
Roger Huet

Roger Huet

Roger Huet - Chroniqueur vins et Président du Club des Joyeux
Québécois d’origine sud-américaine, Roger Huet apporte au monde du vin sa grande curiosité et son esprit de fête. Ancien avocat, diplômé en sciences politiques et en sociologie, amoureux d’histoire, auteur de nombreux ouvrages, diplomate, éditeur. Il considère la vie comme un voyage, de la naissance à la mort. Un voyage où chaque jour heureux est un gain, chaque jour malheureux un gâchis. Lire la suite...

101 0859J’ai reçu une invitation à une dégustation d’Armagnacs pour le 16 septembre, de la part d’Eloi de Bellefeuille de Mondia Prestige et d’Aline Migneault de Vinam. Cela se passait à Espace Vinam, sur la rue Saint Paul, où je me suis rendu à 11heures. On nous annonçait que la dégustation porterait sur les eaux de vie de la prestigieuse maison Tariquet, propriété de la famille Grassa, et que la présentation serait animée par Séverine Chomat, directrice des eaux de vie, qui viendrait directement de France pour cette occasion.

Photo: De gauche à droite, Aline Migneault de Vinam et Séverine Chomat de Tariquet- Bas Armagnac.  

La rue Saint-Paul a un certain cachet, mais oh surprise! l’Espace Vinam se trouve dans le sous-sol d’un édifice situé au 50 St. Paul Ouest. Vous descendez des marches, et … vous vous retrouvez dans un site archéologique, datant des premiers temps de la ville de Montréal. La Rue Saint Paul était alors au même niveau que la rue de la Commune qui servait de quai. Vous sonnez, et on vous reçoit dans un local au plafond voûté, aux murs vénérables.

Aline Migneault qui a acheté récemment cet extraordinaire local me disait qu’elle serait prête à le mettre à la disposition d’entreprises ou de groupes souhaitant se réunir dans un site chargé d’histoire!

101 0862On nous a présenté Madame Chomat, belle, élégante, racée, qui nous a parlé avec passion de sa région et de ses eaux de vie. Elle nous a brossé un tableau de l’Armagnac qui est une Appellation d'Origine Contrôlée qui comprend trois zones bien différentes, connues comme le Haut Armagnac, le Ténarèze et le Bas Armagnac. Le château de Tariquet et ses vignobles se trouvent dans le Bas Armagnac, qui est une région vallonnée. La vigne y pousse sur des terrains argilo-siliceux pauvres et acides, par endroits mêlés d'éléments ferrugineux qui le colorent, d'où leur nom de 'sables fauves' et qui donnent des eaux de vie légères, fruitées, délicates et très prisées.

Au château de Tariquet on emploie principalement trois cépages : L'Ugni-blanc qui est le cépage de distillation par excellence. Il donne des vins acides, peu alcoolisés, qui après distillation produisent des eaux de vie fines et de qualité.

La Folle Blanche
qui est le cépage historique de l'Armagnac, dominant avant la crise du phylloxéra en 1878, et qui est difficile à faire pousser sur porte-greffe, donc plus rare, mais très prisé en Armagnac. Ce cépage produit des eaux de vie fines, souvent florales et d'une grande élégance qui sont particulièrement valorisées en eau de vie Blanche ou dans des Armagnacs jeunes.

Le Baco
, cépage hybride, qui donne des eaux de vie avec du corps et de la rondeur, et qui se prête bien à un long vieillissement.

Notre charmante conférencière nous a parlé du processus de vinification, de distillation en alambic armagnacais, de vieillissement dans des petites barriques de 228 litres, sans ajout de caramel, et d’assemblage. Au Château Tariquet on tient à effectuer le vieillissement séparément, cépage par cépage et l’assemblage final est tout un art.

Avant de commencer la dégustation on nous a recommandé de ne pas chauffer notre verre. Il faut toujours prendre les Armagnacs à la température de la chambre pour éviter d’avoir une réaction brutale de l’alcool qui nous empêcherait d’en apprécier les arômes.

Sept jolis verres tulipe étaient alignés devant nous, on nous a d’abord servi le Floc de Gascogne, qui veut dire bouquet de fleurs (SAQ $ 21.05). C’est un vin de liqueur fruité qui naît du mariage du jus de raisin frais et de l'Armagnac provenant de la même propriété. Il trouve sa place à l'apéritif et sert à faire des cocktails extraordinaires. Avez-vous entendu parler du Vive la Gascogne, du Fruit’n Floc, du Jazz’in Floc, du Floc Fizz, du Latin’o Floc, du Floc Melon, du Floc d’Or, du Floc de l’Eté, du Floc Trendy, du Floc Menthe? Vous les trouverez sur la toile.

En deuxième lieu nous avons goûté un Bas Armagnac, 3 étoiles, fait d’Ugni blanc, de Baco et de Folle Blance. C’est un Armagnac jeune, qui à partir de février 2010 prendra le nom d’Armagnac VS (Very Special). Robe ambrée claire; arômes de croûte de pain et de caramel tout en nuances, Les Gascons aiment assaisonner leurs salades d’Armagnac, plutôt que de vinaigre. Cet Armagnac se marie très bien avec les fromages à pâte persillée, type roquefort et avec les pâtisseries. (SAQ. $ 44.)

Notre troisième verre fut servi avec un Bas Armagnac VSOP fait d’Ugni blanc et de Baco, qui demande un vieillissement de 5 à 7 ans. (SAQ 47,50) Robe ambrée, nez concentré et riche, arômes de rancio, fruits confits, pain grillé, boisé et vanillé. L’Armagnac VSOP s’accorde avec des plats sucrés-salés comme le magret de canard au miel et avec des desserts comme la tarte-tatin ou un moelleux au chocolat. Mais il s’accorde également avec un bon cigare. Yves Belaubre, un spécialiste des cigares, vous suggère d’essayer l’Armagnac VSOP du Château Tariquet, avec le « Flor de Copan Linea Puros, Churchill».

Notre quatrième verre reçut un Hors d’Age, Bas Armagnac vieilli 15 ans, fait d’Ugni blanc, de Baco et de Folle Blanche. (SAQ $77). Ce qui veut dire que l’eau de vie la plus jeune qui a servi à cet assemblage a 15 ans d’âge.

Jolie robe ambrée, boisé sur fond vanillé, un éventail d’épices, de confiseries, de fruits confits, un soupçon de cacao. Des tanins parfaitement intégrés.

J’en ai repris plus tard avec mon dîner, il se mariait merveilleusement avec les bouchées de fruits de mer. Yves Belaubre le recommande avec un havane Upmann Magnum 46.

Notre cinquième verre fut servi avec Le Légendaire qui lui aussi est fait d’Ugni blanc, de Baco et de Folle Blanche. Fait de trois millésimes vieillis en futs de chaine au moins durant 13 ans. (SAQ $ 98,50).
Robe tirant vers le vieil or. Nez plus épicé que le Hors d’Age, bouche ample, tanins bien intégrés, un goût d’orange confite et de figue sèche. Équilibre, rondeur, élégance. Avec un bon café, c’est le ciel ! et pour un cigare, choisissez le Hoyo de Monterrey, doble corona, parole de Belaubre !

Le sixième verre reçut un Brut de Fût, 46,8 degrés d’alcool, tandis que les autres Armagnacs n’en avaient que 44 degrés. Nez intense et flatteur, élégant et intrigant, avec des notes fumées et épicées qui s’entremêlent. Arômes de musc et de vanille toastée. Explosif et large en bouche. Évoque le gingembre et la cannelle. Je vous le recommande avec un bon cigare : Romeo y Julieta Cazadores.

Le septième verre servit à la dégustation de la Folle blanche, qui est une eau de Vie incolore recueillie à la sortie de l'alambic sans être passée en fût de chêne. Elle est faite à 100% de Folle Blanche. Elle a 46 degrés d’alcool et offre des notes florales, à dominante de violette et de rose. Elle est souple et délicatement fruitée en bouche.
A déguster glacée à l'apéritif, ou pendant un repas en accompagnement d'une viande grillée, de champignons persillés ou d'un dessert pour souligner un chocolat ou mettre en valeur une crème.

Un très bon dîner a suivi la dégustation, où j’ai insisté pour ne boire que les eaux de vie, de l’entrée jusqu’aux fromages et au dessert. Je dois dire, néanmoins, que Château Tariquet produit aussi de très bons vins à des prix très accessibles, dont certains blancs sont en vente à la SAQ comme le Ugni blanc-Colombard, Tariquet vin de pays Côtes de Gascogne 2008, 11,90 $; le Sauvignon blanc domaine Tariquet 2008 $ 14,65; le Premières Grives Domaine Tariquet, vin de pays Côtes de Gascogne 2008, $ 18; et le Chaddonnay/sauvginon Tariquet vin de pays Côtes de Gascogne. $ 18

J’ai eu vraiment un grand plaisir de renouer avec mes vieux amours, les Armagnacs et à en découvrir d’autres. Le Château Tariquet a une formidable ambassadrice en Séverine Chomat.

Roger Huet
Président du Club des Joyeux
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vendredi, 04 décembre 2009 00:00

La fête des vins de Bordeaux à Montréal!

J’étais invité le 29 octobre dernier à une dégustation de vins de Bordeaux de moins de 30 dollars à la SAQ. Elle était organisée par le Conseil interprofessionnel du Vin de Bordeaux. Je me suis dit que cette limitation devait restreindre grandement le choix des vins, mais j’ai été surpris d’apprendre qu’il n’y avait pas moins de 160 produits, et qu’ils seraient tous proposés en dégustation au Marché Bonsecours. Cela se passait dans la grande salle de bal. Les tables étaient pleines de bouteilles, et les représentants des agences, derrière, prêts à nous faire goûter et à nous parler de leurs produits. 

Il y avait un séminaire que devait animer Nick Hamilton, le bouillonnant animateur du Voir et que je ne voulais pas manquer, mais je me suis dit que j’avais le temps de visiter quelques tables et de serrer les mains de plusieurs amis. Justement mon ami Claude Simoneau n’était pas loin et il m’a présenté aux frères Sylvestre qui m’ont parlé avec enthousiasme de leur La Terrasse de La Garde 2006 qui a gagné une médaille d’or et une autre d’argent cette année. À la table de Philippe Dandurand j’ai contemplé les Mouton Cadet blancs, rosés, rouges et rouge réserve, le Château Greysac Médoc cru bourgeois 2005, le Château Peyre-Lebade, Haut Médoc Cru bourgeois 2006. À LCC Vins et Spiritueux ils avaient aussi de très bonnes choses dont un rouge : Les Contreforts de Beau-Site, St-Estèphe a.o.c. que j’adore. À la table de l’Agence Benedictus, mon ami Benoît Lecavalier m’a présenté son Château Mylord 2005 cuvée Milady Bordeaux AOC dont paraît-il l’élégance en bouche est remarquable et ne coûte que $ 19,80. A ce moment on est venu m’appeler car le séminaire de Nick Hamilton allait commencer. Nick nous a brossé un tableau très intéressant du Bordelais et de ses vins et nous a donné une folle envie de commencer la dégustation.

Comme la SOPEXA fait bien les choses, ils avaient prévu que les médias nous allions avoir une salle de dégustation assise, pour nous tous seuls, avec service aux tables. Tandis qu’on préparait la salle je me disais que les vins de Bordeaux sont les vins préférés des Montréalais, mais qu’ils se perdent parfois dans les dénominations, et pour cause :

La région de Bordeaux présente deux plateaux différents, à l’Est, un plateau ondulé, mais sans grandes côtes, et à l’Ouest, un autre plateau qui descend doucement vers le littoral. Le climat est océanique, adouci par l’influence du Gulf Stream et tempéré par la forêt des Landes ce qui fait que le Bordelais soit agréable en tout temps. Il y a des printemps plus ou moins humides, des étés ensoleillés, des automnes harmonieux et d’assez doux hivers. Les sols très diversifiés sont favorables à la culture de la vigne, ils sont bien irrigués par la Garonne, la Dordogne et leurs affluents.

Et les cépages ?

- Pour le vin rouge le cépage le plus présent est le Merlot, qui est un cépage précoce, bien adapté à la diversité des sols bordelais. Vient ensuite le Cabernet Sauvignon qui lui, est un cépage tardif, avec un excellent rendement dans les sols graveleux qui se trouvent à l’Ouest de la Garonne. Le Cabernet Franc est cultivé dans la région du Libournais. Il y a finalement les cépages auxiliaires : le Carmenère, le Petit Verdot et le Malbec qu’on appelle Cot à Bordeaux.

Pour le vin blanc on trouve généralement du Sémillon qui donne des vins dorés et onctueux, le Sauvignon blanc, riche en sucre, et des cépages auxiliaires blancs comme la Muscadelle, le Merlot blanc, le Colombard et l’Ugni blanc.

Le vignoble bordelais produit une gamme étendue de vins fins : vins rouges, vins rosés, vins blancs secs, vins blancs moelleux et liquoreux, et vins effervescents.

Six grandes familles forment le terroir bordelais : au sein desquelles on distingue 57 appellations officielles.

carteVinsBordeaux2

• Les terroirs de l'AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur, présents sur toute la zone viticole de Bordeaux.
• Les terroirs de Médoc & Graves : la vigne est plantée dans des sols de galets et graviers bien drainés, sur des terrasses ou des croupes qui emmagasinent la chaleur et la restituent durant la nuit.
• Les terroirs des vins liquoreux autour de Sauternes.
• Les terroirs des vins blancs secs entre Garonne et Dordogne.
• Les terroirs des Côtes de Bordeaux, accrochés aux coteaux ensoleillés près des fleuves, et
• Les terroirs de Saint-Emilion-Pomerol-Fronsac.

Les Appellations d’Origine Contrôlée représentaient 98,5% de la production bordelaise, les principales sont :

Barsac
Bordeaux
Bordeaux Clairet
Bordeaux côtes-de-francs
Bordeaux haut-benauge
Bordeaux rosé
Bordeaux supérieur
Cadillac
Canon-fronsac
Cérons
Côtes-de-blaye
Côtes-de-bordeaux-saint-macaire
Côtes-de-bourg
Côtes-de-castillon
Crémant-de-Bordeaux
Entre-deux-mers
Entre-deux-mers-haut-benauge
Fronsac
Graves
Graves-de-vayres
Graves supérieures
Haut-médoc
Lalande-de-pomerol
Listrac-médoc
Loupiac
Lussac-saint-émilion
Margaux Médoc
Montagne-saint-émilion
Moulis-en-médoc
Pauillac
Pessac-léognan
Pomerol
Premières côtes-de-blaye
Premières côtes-de-bordeaux
Puisseguin-saint-émilion
Sainte-croix-du-mont
Sainte-foy bordeaux
Saint-émilion
Saint-émilion grand cru
Saint-estèphe
Saint-georges-saint-émilion
Saint-julien
Sauternes

2005 et 2009 sont deux millésimes d’exception pour les vins de Bordeaux.

photo salle de presse BdxFinalement la salle de dégustation assise était prête. Les bouteilles posées sur des tables autour des fenêtres avaient des couleurs magiques. Je pris place, mon amie Cynthia Joyal vint me saluer, je lui dis que pour la dégustation j’allais me limiter aux vins de Saint-Émilion, là où le Merlot est roi ! Nous avons regardé la liste ensemble, il y en avait neuf. Cynthia s’esquiva, la fête allait commencer.

Saint-Emilion tire son nom de la ville du même nom qui a la fois le tient de l’ermite Saint-Emilian qui vécut au Huitième siècle. Louis XIV donna à ce vin ses lettres de noblesse en l'appelant le « Nectar des Dieux ».

La juridiction de Saint-Emilion est classée Patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO. Elle a 5 400 hectares qui s’étendent sur les communes productrices de Saint-Émilion, Saint-Christophe-des-Bardes, Saint-Hippolyte, Saint-Étienne-de-Lisse, Saint-Laurent-des-Combes, Saint-Pey-d’Armens, Saint-Sulpice-de-Faleyrens, Vignonet, et une partie de la commune de Libourne.

Le vignoble de Saint-Émilion a les mêmes caractéristiques que celui de Pomerol, de Fronsac et de Lussac, même climat et même type de sol graveleux. Plusieurs vignobles ont le droit d’accoler le nom de Saint-Emilion à leur propre patronyme. Ce sont les appellations: Montagne-Saint-Emilion, Lussac-Saint-Emilion, Puisseguin-Saint-Emilion, et Saint-Georges-Saint-Emilion.

Les Saint-Émilion sont des vins d’assemblage de Merlot, de Cabernet franc et de Cabernet sauvignon; des vins généreux, corsés, chaleureux et somptueux. Je demandai qu’on s’assure de les servir à 18°.

On m’a d’abord présenté un Château des Laurents, Puisseguin-Saint-Emilion 2006, représenté par Sélections François Fréchette (SAQ 20,30).

Ce vignoble de 40 ha a été acheté par le Baron Benjamin de Rothschild en 2003 et avec les conseils de l’œnologue Michel Rolland il souhaite en faire une référence de qualité de la région.
C’est un vin d’assemblage 80% merlot noir et 20% cabernet franc.
Belle robe intense, un premier nez de fruits murs, un deuxième nez dévoile une palette complexe d’épices fumées et de framboise. Belle attaque en bouche, souple, ronde, qui dévoile en longueur sa belle structure tannique.

On m’a présenté ensuite un Château Guibeau, Puisseguin Saint Emilion 2005. Il est représenté par Sélections François Fréchette (SAQ 20,45).
Un vignoble de 6 ha, dont la production ne dépasse pas les 30 000 bouteilles.
70% Merlot, 15% Cabernet Franc, 15% Cabernet Sauvignon.

Beaucoup d'harmonie et d'élégance pour ce vin boisé, rond, aux tannins soyeux, avec la puissance du 2005, un millésime de garde qui atteindra son apogée dans dix ans.

On m’a apporté un Château Tour du Pas Saint Georges St-Émilion 2005. représenté par Réserve et Sélection (SAQ $ 23.25)

Cette propriété de 14 ha est située sur un des plus beaux coteaux de la région de Saint Emilion. Le vin 50% Merlot, 35% Cabernet Franc et 15% Cabernet Sauvignon. L’appellation est depuis longtemps reconnue comme la plus prestigieuse des satellites de Saint-Emilion et la plus confidentielle aussi, chasse-gardée de quelques vignerons passionnés. Vieille propriété familiale des Dubois-Challon, qui appartient aujourd'hui à Pascal Delbeck, qui se dit convaincu que : "Le bois doit garder ses distances, être un écrin et non un cercueil, c'est la monture du diamant." Il conduit son domaine suivant des préceptes biodynamiques, en vendanges manuelles avec un rendement de 50 hl/ha. Un fleuron de l'appellation ! Cet opus 2005 a un nez mûr et intense, une jolie matière, de l'élégance, de la finesse, un équilibre parfait... Du grand art !

Ce fut ensuite un Thomas Barton, Saint-Émilion Réserve 2006, représenté par Charton Hobbs (SAQ 24,70). Le vin 80% Merlot et 20% Cabernet Franc. Le vignoble est situé à droite de la Dordogne entre Pomerol et Libourne. Robe profonde, premier nez intense dominé par des arômes de baies noires confiturées. Deuxième nez complexe, notes d’épices toastées. Soyeux en bouche, longue finale épicée et élégante.

On m’a présenté un Château Montlabert, Saint-Émilion 2005, représenté par Mosaïq (SAQ $ 24,35). Assemblage à 80% Merlot et 20% Cabernet Franc. Robe rouge orangée intense. Premier nez de poivre et de griotte ; deuxième nez : effluves subtils de sous-bois et de torréfaction. En bouche une agréable fraîcheur et des tannins soyeux. Texture souple et complexe. Finale longue et élégante. Le groupe Pierre Castel a acquis Château Montlabert, en 2008. C’est un vignoble de 12,5 ha. Ce Saint-Emilion Grand Cru est situé sur la route de Libourne à 3 km à l’est de Saint-Emilion.

On m’a apporté ensuite un Saint-Émilion de Jules Lebegue 2007, représenté par Select Wines (SAQ $ 19,95) 60% Merlot, 20 % Cabernet Franc, 20% Cabernet Sauvignon.
Antoine Moueix et Lebegue est à la fois négociant et distributeur exclusif de 30 propriétés, assurant l’assistance technique au vignoble pour environ 20 châteaux.
Le vin que j’ai dégusté avait une belle robe pourpre avec des reflets violines, arômes d’épices et de fruits rouges. Équilibré et complexe en bouche, belle finesse au début, rond, se montrant puissant en finale.

On m’a présenté le La Fleur Anne Saint-Émilion 2005, représenté par Sélections François Fréchette (SAQ $ 19,30)
Robe couleur grenat intense. Nez puissant qui exhale des arômes, de prune et de baies rouges, des effluves de papaye et de fougère. À cela s'ajoutent de subtiles essences de cerise. En bouche, il est sec avec une bonne acidité et des tannins fermes. On retrouve des saveurs de poivron vert et rouge, d’épices et de bois brûlé. Il tapisse vos papilles d’un velours souple et élégant, une finale bien soutenue.

On m’a apporté ensuite un Château Haute-Nauve, Saint-Émilion Grand Cru 2006, qui comme La Fleur Anne est produit par l’Union des Producteurs de Saint-Émilion, représenté également par Sélections François Frechette (SAQ $ 26,95).
Assemblage classique : 60% Merlot, 30% Cabernet Franc et 10% Cabernet Sauvignon. Belle couleur intense, nez vif, boisé, baies rouges, muscat. En bouche une bonne acidité, mais des tanins ronds et agréables. Une certaine fraicheur, qui se prolonge avec élégance.

Quelle joie lorsqu’on m’a présenté le Château Gaillard Saint-Émilion, Grand Cru 2004. Il est représenté par le Réseau International Global (SAQ $ 29,30). Ce vin a obtenu la médaille d’or au Challenge International 2008 et la Coupe d’or des Nations à Québec en 2008.
Couleur grenant intense, un premier nez délicatement boisé, notes de poivre rouge et de poivre noir, pain grillé. Deuxième nez de vanille, de kaki. En bouche saveurs de fruits noirs, un excellent équilibre, des tanins onctueux et un très beau fini, très long et élégant. Un vin qui m’a définitivement conquis.

C’était la dernière bouteille. La grande salle était maintenant pleine de monde. Ce n’est pas pour rien que les Bordeaux sont les vins les plus renommés de la Terre !

En quittant la dégustation je me suis souvenu de ce vers de Voltaire :
« Il faut, le soir, un souper délectable,
Où l'on soit libre, où l'on goûte à propos
Les mets exquis, les bons vins, les bons mots;
Et sans être ivre il faut sortir de table. »

Roger Huet
Chroniqueur,
Président du Club des Joyeux
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samedi, 12 décembre 2009 00:00

La divine sommelière

Roger Huet s’entretient avec la Sommelière Élyse Lambert.

Le 25 novembre dernier un événement important s’est déroulé dans les locaux de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec. La Fondation de l’ITHQ et Relais & Châteaux ont remis une bourse de 50 000 dollars à la Sommelière Élyse Lambert, lauréate du prix du Meilleur Sommelier des Amériques en 2009. Cette bourse est destinée à l’aider à se préparer pour le Concours du Meilleur Sommelier du Monde qui se tiendra au Chili en avril 2010. 

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De gauche à droite : Mme Lucille Daoust, directrice générale de l'ITHQ, M. Jacques Parisien, président du conseil d'administration de la Fondation de l'ITHQ, M. Jean Saine, Mme Élyse Lambert, M. Robert Gagnon , vice-président international Relais & Châteaux et président du conseil d'administration de l'ITHQ et M. René-Luc Blaquière, directeur général de la Fondation de l'ITHQ."

Je me suis entretenu avec Madame Lambert.

Madame Lambert, vous détenez un Majeur en Communication de l’Université de Montréal, vous êtes Diplômée en Techniques de gestion hôtelières de ITHQ, vous détenez une attestation de spécialisation professionnelle en sommellerie de l’École Hôtelière des Laurentides depuis 1999 et vous étudiez pour obtenir un Master Sommelier actuellement.

Comment a commencé votre histoire d’amour avec le vin?

- Lorsque j'étudiais en gestion hôtelière à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ), dès mon premier cours de sommellerie, j’ai eu la piqure. Je me suis par la suite perfectionnée en sommellerie à l’École Hôtelière des Laurentides. Une de mes grandes écoles a été aussi l’Auberge Hatley, à ce moment, un des établissements les plus prestigieux au Canada, membre de Relais et Châteaux et des Relais gourmands. Le chef Alain Labrie y a remporte cinq diamants CAA et l’Auberge Hatley est le seul restaurant qui a obtenu deux tables d’or consécutives. J’ai commencé au bas de l’échelle comme commis, et j’y ai acquis une expérience de service haut de gamme qui me sert aujourd’hui, tant dans mon métier de sommelière que pour les concours. Les règles de l’art de la table sont strictes. Le vin ne se déguste pas tout seul, il faut savoir le marier avec les mets, en tenant compte des goûts de la clientèle.

À cette époque la cave à vins de l’Auberge Hatley avait près de 15000 bouteilles. Le sommelier était Ghislain Carron, une sommité : meilleur sommelier du Canada 2002 et candidat au concours du meilleur sommelier du monde. Avec lui j’ai appris vraiment le vin dans toute sa diversité. À Hatley il y avait un groupe de passionnés avec lesquels nous faisions des dégustations, ma passion du vin c’est vraiment confirmée à ce moment.

J’ai quitté l’Auberge Hatley, pour prendre de l’expérience ailleurs et j’ai travaillé à l’Eau à la Bouche de Sainte Adèle et au Manoir Hovey.

Ma passion est telle qu’en 2004 je remporte le concours de Meilleur Sommelier du Québec. 

Ma sœur Maude Lambert qui est également sommelière a exercé à son tour le métier à l’Auberge Hatley. Un jour elle m’annonce qu’elle est enceinte. Je lui propose de la remplacer durant sa maternité, ce qu’elle accepte avec l’accord du grand patron. Nous avons par la suite travaillé en tandem après son retour de maternité. En 2006 l’Auberge flambe. Maude et Stéphane (son conjoint et maître d’hôtel à l’Auberge Hatley) continue en restauration ouvrant le Restaurant Le Bouchon à Sherbrooke. De mon côté, je reviens à Montréal et travaille en restauration et comme consultante. Je fais de la consultation en restaurants et des animations pour des individus et des corporations. Ça fait un peu plus de 10 ans que je suis dans le métier et je suis toujours aussi mordue. Chaque jour je découvre de nouveaux produits, je fais de nouvelles dégustations, de nouvelles rencontres. 

Vous êtes aussi une divulgatrice. Vous avez initié à la découverte du vin le public montréalais à l’occasion des Plaisirs Gourmands de l’ITHQ et vous étiez la Porte-parole du Salon des Vins de Montréal en 2008. 

Oui j’ai animé pendant quelque temps les Plaisirs Gourmands qui étaient des ateliers d’initiation aux vins et fait quelques contrats en collaboration avec l’ITHQ.

Quelles sont aujourd’hui vos préférences en vins et en régions vinicoles?

- Ma relation avec le vin est celle d’une passionnée. C’est un produit de plaisir que je traite avec respect et humilité. Il m’est très difficile de dire mes préférences car elles sont déterminées par beaucoup de facteurs, les saisons par exemple : quand la saison froide arrive, j’aime le Zinfandel de Californie, riche, charnu, confituré, pour moi c’est vraiment un vin d’hiver. Il y a évidemment d’autres facteurs comme les mets avec lesquels on boit et les célébrations. Pour mes préférences je reste néanmoins du vieux monde : les Bourgognes blancs et rouges, le pinot noir, capricieux et digeste qui n’alourdit pas le palais. J’aime aussi les vins blancs d’Autriche particulièrement le Gruner Veltliner. J’aime les Grenaches, les Sangiovese, les Nebbiolos. À Bordeaux j’aime les vieux Moutons, les Château Latour mais aussi des vins plus accessibles... J’aime aussi le Tempranillo et particulièrement le Vega Sicilia, ce vin Espagnol qui n’a pas son pareil.

Avez-vous goûté le Vega-Sicilia 1942? Mon père qui l’aimait beaucoup disait qu’il fallait le boire à genoux.

- Oui, dernièrement. Votre père avait raison ce vin est divin.

On vous voit périodiquement au Show du Matin de la chaine V, avec Gildor Roy et Roxane Saint-Gelais, un programme intéressant quoiqu’un peu matinal pour le vin. Beaucoup d’artistes ont animé ou animent encore des shows de vins, sans en avoir la formation. Le public québécois est de plus en plus connaisseur et exigeant, seriez-vous éventuellement intéressée à animer un programme de télévision sur les vins?

- Absolument, je travaille sur un projet qui est encore à l’état d’ébauche, mais je ne peux prendre aucune décision avant la fin du Concours du Meilleur Sommelier au Monde en avril 2010 pour lequel je me prépare intensément.

Quels conseils donneriez-vous aux sommeliers en herbe qui étudient pleins de rêves dans les écoles de sommellerie ?

- Je leur dirais que c’est un métier fascinant, qui nous permet d’apprendre constamment et de découvrir le monde. C’est un métier exigeant, où il ne suffit pas seulement de bien connaître les vins, car notre travail consiste à apporter un moment de bonheur à nos clients, en leur faisant partager notre savoir et les faire voyager à travers les vins. Il faut finalement être à l’écoute du client, de ses besoins et de ses goûts.

Votre carrière est parsemée de prix obtenus dans des Concours prestigieux : Médaillée d’or à la Coupe Gérard-Delage en 1997, Première au Concours ACSP, Meilleur Sommelier du Québec en 2004, Troisième au Concours ASCP Meilleur Sommelier du Canada en 2006. Vous obtenez une bourse de la Fondation de la Maison des Gouverneurs en 2009, et vous remportez la Première place au Concours APAS & ASI Meilleur Sommelier des Amériques à Buenos Aires, cette année. Votre prochain objectif c’est d’être sur le podium au Concours de Meilleur Sommelier du Monde qui aura lieu au Chili en avril 2010 comment vous préparez-vous?

- Le nerf de la guerre c’est l’argent et les livres. Présentement je consacre six heures par jour à ma préparation et ce sera ainsi pour les dix-huit prochaines semaines. La bourse que j’ai reçue me donne la possibilité de moins travailler, alors que lorsque que je préparais mon concours de meilleur sommelier des Amériques je devais en plus travailler 40 heures par semaine. Se rendre à un concours international coûte très cher. Pour être bien préparée, il faut déguster chaque jour. L’apprentissage du vin ne s’arrête jamais, en plus le vin évolue d’année en année, même pour une seule région. 

Qui organise le concours et quelles seront les épreuves à passer?

- Le concours est organisé par l’Association de la Sommellerie Internationale (ASI). Il y aura deux étapes. La demi-finale va se passer à huit-clos devant un jury formé de sommeliers de calibre international. Il y aura une épreuve écrite, une dégustation à l’aveugle où la démarche est extrêmement importante, et un examen de service qui comprend l’art de la table, le choix de verres et des carafes et le mariage mets-vins en interaction avec les jurés qui sont assis comme des clients d’un restaurant. L’épreuve finale se fera devant public. À la finale il y aura un examen de service, une dégustation et un examen d’accords vins et mets. Le plus important à cette étape c’est la gestion du stress. Personnellement je suis à l’aise devant le public, je me laisse porter par la compétition et j’agis comme j’agis toujours avec mes clients. Il y aura cette année une quarantaine de candidats. Je suis une passionnée, une Gauloise, une gourmande finie, une curieuse qui adore échanger et je vais m’efforcer de faire voyager les membres du jury et le public, à travers les vins.

Quelle est la part de sacrifices que votre vie professionnelle exige de votre vie privée?

D’ici au concours, pas de sorties, pas de loisirs. Du travail et de la concentration. Heureusement j’ai un conjoint formidable qui est lui-même sommelier, il s’appelle Nico Smyman et il me supporte pleinement.

Merci Élyse Lambert, tous mes vœux de succès pour le Concours de Meilleur Sommelier du Monde en 2010 !

Roger Huet
Président du Club des Joyeux
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Le sept mai dernier, nous avons eu de la grande visite à Montréal. Vingt-deux producteurs de vins grecs, se sont présentés à l’hôtel Sheraton de Montréal, avec une centaine de produits différents, dans le but de séduire nos papilles et de se faire une place sur nos tables. J’y étais, en compagnie de mes « joyeux amis» Anik April, Elizabeth Filion et Christian Charest. 

Nous connaissons peu des vins de la Grèce, nous faisait remarquer Anik. «Et pour cause» répondait Christian, «les restaurateurs grecs, qui se sont établis à Montréal dans la deuxième moitié du vingtième siècle, ont inventé la formule : apportez votre vin. Le but secret c’était de nous initier au vin, à moindres frais, car les Montréalais nous étions alors des consommateurs de bière. La formule est restée dans les restaurants grecs, ce qui a privé les producteurs de la Grèce, de leurs meilleurs ambassadeurs».

Elizabeth ajouta, «les restaurateurs italiens français et espagnols, qui sont venus plus tard, ont trouvé eux une clientèle initiée, et ne se sont pas gênés pour faire la promotion des vins de leurs pays».

roger huet nous presente les vins grecs
Une dégustation c’est toujours une grande messe et souvent les invités doivent subir comme un sermon, de longs et fastidieux discours. Mais chez les Grecs, dont le savoir-faire est proverbial, les discours furent brefs. Nous avons commencé tout de suite par un séminaire, où dix coupes, remplies des vins les plus représentatifs se trouvaient devant chacun de nous. Deux animateurs, la sommelière Dominique Rivest pour la version française et l’expert américain en vins grecs Doug Frost MS (Master Sommelier) et MW (Master of Wine) pour la version anglaise, nous ont initiés à l’histoire, car les Grecs de l’antiquité produisaient et commerçaient leurs vins dans toute la Méditerranée. Ils ont inventé de nombreux récipients et contenants pour transporter, conserver et servir le vin.

Ce sont les Grecs qui ont inventé la dénomination d’origine. Un cachet imprimé dans l’argile fraîche des amphores, avant coction, accréditait le pays d’origine des vins, et cela dès le début du quatrième siècle av. JC.

Aujourd’hui il y a 185000 hectares consacrées à la vigne en Grèce et la production est environ de 3.800.000 hectolitres.

Ce qui fait l’originalité des vins grecs sont les cépages. Lorsque vous travaillez avec des cépages classiques comme le Merlot ou le Cabernet-Sauvignon, vous avez un goût de base que l’on retrouvera de la France à l’Argentine et de l’Australie à la Californie. La différence sera donnée par les sols, par le climat et par l’art de ceux qui fabriquent les vins. Mais lorsque vous travaillez avec du Xinomavro, du Negoska, de l’Athiri, de l’Assyrtiko, du Roditis, du Limnio, du Savatiano, du Krassato, du Stavroto, du Messenicola, du Debina, du Robola, du Moschofilero, de l’Agiorgitiko, du Roditis, du Muscat d’Alexandrie, du Monemvrasia, du Mandelaria, de l’Aidani, du Kotsifali, du Liatiko, du Viana, du Thrapsathiri, du Corinthiaki ou du Mavrodaphne, les vins que vous obtenez ne ressemblent à aucun autre. Si en plus, ils sont cultivés depuis l’antiquité, qu’ils ont conquis les palais les plus exigeants pendant des siècles, ils méritent qu’on s’y attarde ; c’est ce que nous avons fait et cela valait la peine.

Je tenais dans mes mains une bouteille dont l’étiquette rouge disait O.P.A.P. Anik nous expliqua qu’au début des années 70, La Grèce avait adopté la réglementation française, qu’elle adapta plus tard à celle de l’Union Européenne.

Donc des Vins délimités de qualité supérieure, dont la version grecque est l’OPAP portent un label rouge et il y a vingt zones O.P.A.P., toutes avec des cépages indigènes exclusifs ou prépondérants.

Pour les vins liquoreux il y a une Appellation d’origine contrôlée, en grec OPE, qui exhibent un label bleu. La Grèce en compte huit.

Toujours d’après Anik, le terme Réserve est également réglementé en Grèce et exige que le vin rouge ait un vieillissement de trois ans dont un an en fût de chêne et que le vin blanc ait un vieillissement de deux ans dont six mois en fût de chêne. Le terme de Grande réserve garantit que les rouges ont vieilli au moins 4 ans, dont 18 mois en fûts de chêne, et que les blancs, ont vieilli au moins de 3 ans dont 1 an en fût de chêne.

Tous les autres vins sont des vins de table et peuvent être faits de cépages indigènes et étrangers. Ils se regroupent en trois catégories :
. les Vins de pays ou Topicos oenos avec 87 appellations.
. les Vins de table ou Epitrapezios Oenos, et
. les Vins d’appellation traditionnelle comme le Retsina.

Un peu plus tard nous avons croisé Sofia Perpera, la gentille organisatrice de l’événement, qui nous a expliqué que les producteurs de vins de table en Grèce peuvent utiliser le terme de CAVA à condition que leurs vins rouges aient un vieillissement minimal de 3 ans, dont 6 mois en fût neuf ou 1 an en fût ancien et 2 ans en bouteille, et pour les blancs, on exige un vieillissement de 6 mois en fût de chêne et de 6 mois en bouteille.

La géographie de la Grèce offre huit grandes régions vinicoles, lesquelles se divisent à leur tour en zones, qui diffèrent entre elles en raison de l’altitude, des sols, de la pluviométrie et des vents.
Nous trouvons tout au nord la Macédoine et la Thrace, avec quatre OPAP : Amyndeon OPAP, Goumenissa OPAP, Naoussa OPAP et Côtes de Méliton OPAP.

C’est une région fertile au climat continental parfois atténué par la présence de lacs, qui a une pluviométrie élevée ou des montagnes aux sols pauvres et sablonneux favorables à la vigne, qui côtoient la plaine alluviale à la végétation intense.

L’Amyndeon

À la table de la coopérative Amyndeon qui regroupe 120 producteurs, je contemplais avec mes amis la robe d’un délicieux mousseux, l’Amyndéon O.P.A.P. Rosé 2007, fait de Xinomavro. Élizabeth qui se passionne pour l’histoire, nous expliqua qu’Amyndas était le grand-père d’Alexandre le Grand, que cette région tout au nord-ouest de la Grèce possède un des climats les plus froids du pays et que les terrains parfois sablonneux, parfois crayeux produisent des vins très parfumés. Nous avons aussi dégusté le Select Vineyards l’Amyndéon O.P.A.P 2005 rouge.

Un peu avant, pendant le séminaire nous avions eu l’opportunité de découvrir l’Akakies 2008 un O.P.A.P. rosé fait de Xinomavro, un vin rebelle aux tanins agressifs qu’il faut apprivoiser, production du domaine Kir Yianni. Dans la même zone, la maison Alpha Estate produit à Florina des vins régionaux, sous l’étiquette Alpha Estate et Axia.

Dans la classification Naoussa, la maison Boutari produit un vin Grande Réserve Naoussa O.P.A.P 2003 rouge fait de Xinomavro (SAQ 16,65) très intéressant. Cette même maison produit le Boutari Moschofilero 2007 Mantinia O.P.A.P blanc (SAQ 1667) et le Boutari Santorini 2008 O.P.A.P fait d’Assyrtiko. Nous avons goûté aussi le Ramnista 2005 un O.P.A.P rouge fait de Xinomavro. Le Paranga fait de syrah et de merlot avec du xinomavro, du domaine Kir Yianni qui nous a semblé assez posé.

Dans la Macédoine orientale il y a Drama où la maison Ktima Pavlidis produit les Thema en blanc, rosé et rouge classés vins régionaux qui sont très agréables et la maison Wine Art Estate nous proposa ses Techni Alipias rouge et blancs classés également vins régionaux.

Nous avons goûté à l’Averoff Rosé 2008 fait de Xinomavro, et le Srofilia Agiorgitiko 2007 rouge O.P.A.P, fait d’Agiorgitiko, de la maison Katogi Strofilia, le Domaine Gerovassiliou 2005 qui est un blanc sec (SAQ $ 21.65) et l’Avaton 2005 rouge, tous deux classés vins régionaux d’Épanomi, du Domaine Gerovassiliou.

Au sud de la Macédoine se trouvent : à l’est la Thessalie, et à l’ouest l’Épire.

LA THESSALIE, est formée par deux grandes plaines séparées par une chaine de hautes montagnes qui culminent à l’est avec le mont Olympe (2917 m) et à l’ouest avec le mont Pinde. Le mont Olympe faisait rêver Elizabeth et Anik qui nous ont raconté des savoureuses histoires d’amour des Dieux grecs avec des mortelles créatures.

La Thessalie est arrosée par le Pinios et son climat est humide et froid l’hiver et brûlant l’été. Il y a trois zones d’origine contrôlée: le Messenicola, l’Anchialos et le Rapsani la maison Tsantali élève des vins puissants très bien faits : Le Rapsani Reserve O.P.A.P 2005 rouge fait de Xinomavro, Krassato et du Savroto (SAQ 18,95) un vin bien parfumé, et le Rapsani 2006 O.P.A.P .

L’ÉPIRE

L’Epire est le nord-ouest de la Grèce continentale, entre l’Albanie au nord et la Grèce centrale au sud, et les montagnes du Pinde (2 637 mètres) qui la séparent de la Macédoine et de la Thrace et la Mer Ionienne à l’ouest. C’est une région au climat rude, peu propice à la culture de la vigne. Néanmoins il y a deux régions vinicoles remarquables, ce sont la Zitsa et le Metsovo.

En allant déguster les vins de Zitsa, nous avons croisé notre charmant ami Samy Rabbat, à qui plusieurs devons la découverte de si excellents vins. Il nous a recommandé de goûter au Primus Zitsa O.P.A.P. de la maison Glinavos, un blanc sec, bouqueté, agréable au palais.

À Zitsa les vignobles s’étendent sur le territoire de six communes situées à 600 mètres au-dessus de la mer. Le sol y est aride mais le cépage Debina s’y adapte bien. Il donne un bon vin blanc.

Le Metsovo, est situé sur les pentes sud-est du massif du Pinde, il est dit-on «le plus montagneux des vignobles grecs». La région est couverte de neige une bonne partie de l’année et les vignobles ont été détruits par le phylloxera et rebâtis à base de Cabernet Sauvignon qui s’est adapté au climat dur du Metsovo et qui donne des vins corsés, et parfumés, bien différents des vins du Bordelais dont le cépage est issu. La maison Katogi-Strofilia y produit l’Averoff Estate classé vin régional qui nous a charmés.

Une pause s’imposait et nous avons décidé de faire honneur au buffet qui nous était destiné. Christian regardait avec un émerveillement gourmand les montagnes de saumon fumé qui s’offraient à nous et dont il ne tarissait pas d’éloges.

Nous y avons rencontré Claude Simoneau, journaliste gourmet, aux connaissances encyclopédiques en matière de vin et des plaisirs de bouche. Nous lui avons demandé de nous expliquer la Grèce centrale dont nous nous apprêtions à découvrir les vins. Il nous a dit que la Grèce centrale déploie un vignoble de près de 30 000 hectares qui peut être divisée en trois secteurs l’Attique, qui est la région d’Athènes, présentant des paysages de petits massifs et de plaines agricoles, et l’île d’Eubée à l’est, qui est la plus grande des îles de la mer Égée et de la Béotie. Le cépage prédominant y est le Savatiano, qui avec le Rhoditis produit surtout des vins blancs, secs, à haute teneur d’alcool, au bouquet floral marqué, avec une acidité balancée et qui parfois font des bulles. C’est de là que provient le Retsina, ce vin obtenu par l’addition de morceaux de résine de pin aux moûts, avant ou pendant la fermentation et retirés ensuite avec la lie, qui confère au vin toute son originalité. Anik nous a raconte que dans l’ancienne Grèce on faisait aussi des vins avec des ajouts de cannelle et de zest d’agrumes, mais que seul le Retsina a perduré!

Nous avons visité la table du domaine Papagiannakos qui a pris le nom de The Winery et produit le Retsina Papagiannakos, mais aussi d’autres blancs comme le Savatiano Papagiannakos (SAQ 12,75) et le Domaine Papagiannakos vareli. Le Greek Wine Cellars qui réunit deux domaines produit lui aussi un Retsina of Attica Kourtaki (SAQ 8,80) et quelques autres vins blancs comme le Kouros Patras O.P.A.P. (SAQ $12) , fait de Rhoditis.

Le Péloponnèse est la partie méridionale de la Grèce, relié à la l’Attique par l’isthme de Corinthe à l'Est et par le pont Rion-Antirion, au Nord. Le sol est accidenté avec un relief nettement accusé depuis le niveau de la mer jusqu'au massif des hautes montagnes qui traversent le Péloponnèse du nord-ouest au sud-est, en les séparant en deux parties, l’ouest qui est pluvieux et l’est très sec. Le Péloponnèse a une place prépondérante dans l’économie vinicole grecque avec 60 000 hectares de vignes, des cépages à vins et des cépages à raisins secs : la Soultanina (Sultanie) et le Corinthiaki (Corinthe).

On y trouve trois O.P.A.P., le Néméa, rouge sec, vin de liqueur et rouge semi-sec. Le Mantinia et le Patras pour les blancs. On y trouve également des O.P.E. pour des vins liquoreux : le Muscat de Patras, le Muscat de Rion Patras, le Mavrodaphne de Patras et le Parparoussis Mavrodaphne qui est légèrement ambré.

Néméa est un nom magique nous disait Élizabeth, il a été le théâtre du premier travail d’Hercule, qui étouffa le Lion de Nemée et endossa sa dépouille. Elle se trouve au sud de Corinthe, et est réputée pour ses vins rouges, secs et corsés. Nous avons décidé de les goûter et nous avons commencé par ceux de la maison Papaioannou Estates Nous avons essayé un excellent Papaioannou Old Vines 2004 Nemea O.P.A.P, boisé, rond en bouche fait d’Agiorgitiko, Nous avons aussi apprécié le Le Ktima et le Mikroclima. De la maison Gaia, nous avons dégusté le Gaia Estate 2006 qui est un Nemea O.P.A.P, et un Notios 2008 qui est classé régional du Péloponnèse qu’ils produisent en version rouge et blanc (SAQ $ 16,05) .

La maison GWC de D. Kourtakis produit le Kouros Néméa qui est un rouge sec. (SAQ $ 12,45). La maison Katogi Strofilia produit un excellent Strofilia Agiorgitiko Néméa O.P.A.P. La maison Skouras produit un intéressant Nemea Grand Cuvée Nemea O.P.A.P, et deux vins classés régionaux du Péloponnèse, le Cuvée Prestige Red (SAQ $ 13,80) et le Cuvée Prestige White. Le domaine Ktima Tselepos produit le Nemea Driopi O.P.A.P. (SAQ $ 21,50) et le Domaine Tselepos classé vin régional de Tegea (SAQ $ 24,45)

On dit que le sang d’Hercule coule dans le cépage Agiorgitiko, le cépage de Saint-Georges, nous dit Anik.
- Je n’en crois rien, répondit Christian, Hercule a vaincu le lion de Némée et à mon avis c’est plutôt le sang du lion qui coule dans l’Agiorgitiko.

Mantinia.

Au centre du Péloponnèse, à une altitude entre 600 et 800 mètres, les vignobles de Moschofilero entourent les ruines de l'ancienne Mantinée, la perle de l’Arcadie. Ces vignobles donnent un vin blanc sec, fruité, léger, bien équilibré, d'un bouquet fin à peine aromatique, qui constitue le vin de base pour mousseux.

Ce sont les Grecs, bien avant les Français qui ont inventé le vin pétillant nous dit Elizabeth, ils avaient l’habitude d’ajouter un peu de miel à leur vin blanc avant le printemps, ce qui leur permettait d’obtenir des précieuses bulles. Virgile, le poète latin évoque dans l’Énéide les spumantem, ces vins qui débordent des coupes et grattent le palais avec leurs bulles, en laissant une sensation de fraicheur dans la bouche. Élizabeth est une de nos femmes de lettres, auteure de plusieurs romans. Elle a fait ses lettres !

- Mais Dom Pérignon, a eu le mérite améliorer la technique par le coupage des vins et a assuré la conservation du vin pétillant avec le bouchon de liège et la bouteille de verre résistant, nous expliqua Christian.

La maison Ktima Tselepos produit l’Amalia Brut N.V. fait de Moschofilero et qu’on recherche partout, nous expliqua Anik, tandis qu’on remplissait nos coupes de ce divin mousseux!

Nous goûtâmes aussi à leur Tselepos Mantinai O.P.A.P. fait de Moschofilero, et qui un peu acide et floral, rappelle curieusement le Gewurztraminer.

Le Domaine Spiropoulos produit aussi à Mantinia un Domaine Spiropoulos Mantinia O.P.A.P. très agréable.

Patras

L’appellation Patras correspond à des vins blancs, légers et frais avec une bonne acidité comme l’Oenoforos Asprolithi du domaine Oenoforos, qui sont produits sur les vignobles des coteaux, et obtenus à partir d’un cépage très légèrement rosé nommé Rhoditis. La maison D. Kourtakis élabore aussi un très bon Kouros Patras O.P.A.P. blanc sec. Mais de l’avis de nos deux amies femmes de lettres, ce sont les vins liquoreux qui sont le plus intéressants. Le meilleur d’après elles, est incontestablement le Mavrodaphne de Patras O.P.E, fait de Mavrodaphne, un ancien cépage rouge qui lui confère un bouquet très original. Ce vin liquoreux, doux, velouté et corsé, et en même temps très parfumé, demande à vieillir en barriques pour atteindre sa plénitude. Celui de la maison A. Parparoussis est vraiment exquis.

À côté du Mavrodaphne on cultive le Muscat avec lequel on fait le Muscat de Patras et le Muscat Rion de Patras qui présentent une belle couleur topaze, avec un arôme caractéristique. La maison A. Parparoussis nous a fait goûter son Muscat de Rio Patras 2005, élégant et délicieux

À l’ouest du Péloponnèse tout près de l’ancienne Olympia, la patrie des Jeux Olympiques, le Domaine Mercuri produit le Foloi qui est un vin blanc sec et deux rouges, le Domaine Mercouri et le domaine Mercouri Kava qui sont très agréables.

LES CYCLADES

À l’est de la Péninsule se trouve la mer Égée, et au sud de laquelle se trouvent les Cyclades qui forment un collier d’îles autour de Délos. Connaissez-vous la légende de Délos ? nous demanda Elizabeth. C’était une île flottante que Zeus immobilisa pour que sa bien aimée Léto, poursuivie par la jalousie d'Héra, sa légitime épouse, trouve un asile où mettre au monde ses jumeaux, Apollon, le dieu, de la clarté solaire, de la musique de la poésie et de la médecine, et Artémis, la Diane grecque, la déesse chasseresse.

Parmi les Cyclades se trouve Santorin appelée anciennement Kallisté “la très belle”. La vigne y jaillit d’un sol avare mais le raisin bénéficie d’une grande chaleur diurne, tandis que la nuit, une humidité dense recouvre les vignobles et imprègne le sol. On donne aux ceps la forme de panier pour protéger les raisins des vents très forts qui empêchent l’accumulation humidité. On obtient des vins blancs corsés, mais savoureux et d’une haute teneur d’alcool.

De Santorin nous arrive le Sigalas Vinsanto du Domaine Sigalas, qui est un Santorini O.P.A.P. produit avec deux cépages l’Assyrtiko et le Aidani. (SAQ $ 44,50). D’une belle robe ambrée, très doux, avec un goût de caramel et de fruits secs, ce vin a conquis définitivement mon amie Elizabeth Filion. Tandis qu’elle buvait lentement son Vinsanto, nous avions l’impession de lire dans ses yeux rieurs une sorte de serment tel que: «la pureté virginale de mon âme contre un verre de Vinsanto» mais ce n’est pas ça qu’elle nous dit : elle rêvait de le déguster avec un baba, recouvert de petits fruits rouges ! Ah ! la gourmandise prend toujours le dessus sur la poésie ! Sigalas nous a présenté aussi deux vins blancs secs le Sigalas Santorini O.P.A.P. 2007, (SAQ $ 23,90) et le Sigalas Santorini O.P.A.P.Barrel 2007.

Le domaine Gaia y produit le Gaia Thalassitis blanc qui est lui aussi un très bon Santorini O.P.A.P.

LE DODÉCANÈSE

Le Dodécanèse en face des côtes de la Turquie est un archipel de la mer Égée dont le nom signifie les Douze îles, mais qui en regroupe plus de 160 pour la plupart inhabitées. Cos, patrie d'Hippocrate en fait partie, ainsi que Rhodes, l’île aux roses, l’île des chevaliers de Rhodes qui a une longue tradition dans la culture de la vigne, la fabrication et l’exportation des vins.

Deux appellations : Rhodes et Muscat de Rhodes, cette dernière concerne un des plus beaux vins de liqueur qui soient, intense, riche, doux et doré, issu d’un assemblage de cépages muscats. Cair est un des producteurs les plus intéressants de Rhodes. Il produit une grande variété de vins, dont plusieurs sont des pétillants naturels qui ont fait sa réputation. Cair en vérité c’est plus que cela car il a la volonté de répondre aux besoins actuels des professionnels avec des vins de niveau international faits de raisins indigènes et des raisins internationaux. Nous avons goûté l’Athiri of Rodes O.P.A.P. 2007, un blanc sec, bouqueté, fait entièrement de cépage Athiri. Nous avons aussi gouté au Maestro White 2008 dénomination vin régional des Iles de la Mer Égée, plus léger, et très agréable en bouche et nous avons terminé avec un Orama 2006 rouge, rond et fruité fait de Mandelaria et de Syrah.

La dégustation est terminée. Notre impression des vins de Grèce ? Nous avons découvert des vins excellents, avec une grande personnalité. Ils ont conquis nos papilles et nos cœurs et nous leur souhaitons le plus grand succès dans leur implantation au Québec.

Roger Huet
Président du Club des Joyeux

Je me suis rendu à une grande dégustation de vins de Bergerac et à leur mariage avec des mets du Périgord qui avait lieu au Restaurant Apollo. Le Chef Giovanni Apollo, vient de publier un Livre de Recettes interdites, et… aphrodisiaques! Le restaurant et le Bistro Apollo sont face à face sur le boulevard Saint-Laurent au Sud de la Petite Italie. Un quartier en pleine mutation qui est en train de devenir un des endroits branchés de Montréal. 

Nous avons été accueillis de la manière la plus charmante par Cynthia Joyal et Catherine Asselin de Sopexa Canada, qui nous ont présenté les directeurs de domaines et directeurs export, Arnaud Isnard qui produit les vins Château Masburel et Lionel Osmin du Château Tour des Gendres. 

Bergerac est situé dans l’arrière pays bordelais, en Aquitaine. Il jouit d’un climat semi-continental, donc plus sec et froid en hiver, et plus chaud en été que la région de Bordeaux. Il est aussi moins soumis à l’influence de la mer. Le terroir se divise en six zones : Bergerac, Monbazillac, Montravel, Pécharmant, Rosette et Saussignac. 

la fete des vins de bergerac1Photographe/Pigiste curieux: David Nathan
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Cell: 514-577-0878

Le Bergerac, est traversé d’Est en Ouest par la Dordogne, et est arrosé par bon nombre de ses affluents. La superficie du vignoble bergeracois en production, est de 12 800 hectares.

On y trouve 5 sortes de vins et 13 AOC.
Les vins rosés : Bergerac rosé
Les vins rouges : Bergerac rouge, Côtes de Bergerac rouge, Pécharmant et Montravel rouge.
Les vins blancs secs : Bergerac blanc sec, Montravel
Les blancs moelleux : Côtes de Bergerac blanc, Côtes de Montravel, Haut-Montravel et Rosette.
Et finalement les blancs liquoreux : Monbazzilac, Saussignac, et Haut-Montravel. 

Je me suis arrêté à la table du Château Masburel où Monsieur Isnard m’a proposé trois vins : tout d’abord le Le Château Masburel 2006, appellation Montravel, fait à 90 % de Sauvignon et à 10% de Sémillon. Vin blanc sec à la robe or pâle qui présente un nez où domine la prune, on y distingue des notes florales et des nuances d’anis. Bouche ronde évoluant sur des notes complexes de fruits exotiques. Très longue persistance aromatique. Taux d’alcool 15 º. Il peut se conserver jusqu’à 7 ans, s’accorde bien avec des fruits de mer aux épices douces, le soufflé au fromage et les fromages à pâtes cuites.

On m’a proposé ensuite un Château Masburel 2003 rouge, appellation Côtes de Bergerac, 70% merlot et 30 % cabernet sauvignon. Un vin qui a 13º d’alcool. Robe foncée, arômes de cerises et de pruneaux confits, nuances boisées, fruit ample. La bouche présente des tanins mûrs qui fondent littéralement sur le palais et éclatent en mille muances aromatiques de fleurs et de griottes, résultat d’un grand savoir-faire et d’une micro-oxygénation savamment dosée et contrôlée. Un vin qui a une espérance de garde de 15 ans. Il accompagne délicieusement les viandes rôties. 

J’ai goûté finalement le Consul Rosé 2008, appellation Bergerac, fait à 80% de Cabernet Sauvignon et à 20% de Merlot. 13 º d’alcool. Belle robe œil de perdrix, nez complexe de groseille et grenadine, avec des notes de cassis et de fraise confite. Vin assez sec, à boire jeune, deux ans de garde maximum, s’accordant joliment avec des grillades, du fromage de chèvre, de la charcuterie et pourquoi pas dans une journée d’été à servir frais pour accompagner un bon barbecue. 

Je suis passé ensuite à la table du Château Tour des Gendres, où Monsieur Osmin m’a servi tout d’abord le Cuvée des Conti 2008, appellation Bergerac Sec. Vin blanc fait à 80% de Sémillon, et à 20% de Muscadelle.
Élevé sur lies pendant 8 à 11 mois, soumis à la micro-oxygénation, au bâtonnage et à la macro-oxygénation des lies, il montre une robe or limpide. Des arômes de fruits et de miel ; une belle fraîcheur. Un vin assez fruité et rond en bouche, excellent avec des viandes blanches, et surtout avec la pintade et le faisan. 

On m’a proposé ensuite un La Truffière 2005 appellation Bergerac, 80% Merlot – 20% Malbec. Belle couleur rouge, arômes de griottes, et de tabac, rond en bouche, tanins fermes encore mais qui s’adouciront avec le temps. 
Un vin intéressant qui peut accompagner toutes sortes de viandes et tout particulièrement le gigot d’agneau. 

Le troisième vin proposé par M. Osmin c’était La Gloire de mon Père 2006. appellation Côtes de Bergerac, 50% Cabernet-Sauvignon et 50% Cabernet. Robe grenat foncé, vraiment extraordinaire. Nez de fruits rouges et de fruits des bois, fraise sauvage, mûre, cassis, légèrement boisé. Bouche riche et boisée. Tanins concentrés et veloutés. On recommande de mettre en carafe avant de servir. Parfait avec des viandes saignantes et aussi avec le sanglier et le gros gibier.

La presse gourmande était là en force. On se saluait, on échangeait quelques impressions, les femmes journalistes, de plus en plus nombreuses, montrent une connaissance des vins et un goût très sûr, qui ne cède en rien à celui de nos confrères masculins. Le Maître d’hôtel nous a invités à passer à table. La dégustation nous avait mis en appétit. Nous attendions avec intérêt ce qui allait nous être servi et les mariages de vins que le chef Giovanni allait nous proposer. Une tâche ô combien délicate lorsqu’on accueille la presse gourmande ! Nous avons déjà vu, ailleurs, un chef très réputé échouer lamentablement en nous servant une salade acide avec un Xeres sec. 

la fete des vins de bergerac2Maria Cassini, par le photographe/pigiste curieux: David Nathan
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Giovanni Apollo nous propose en amuse-bouche un petit caviar d’escargot, texture de miel de châtaigne avec un Château Les Tours des Verdots 2005, appellation Côtes de Bergerac moelleux. Chapeau ! Ce vin a juste ce qu’il faut de moelleux, avec des arômes légèrement confits, un côté fruité assez mûr et frais en bouche. Il est excellent en apéritif avec une bouchée comme celle qu’on vient de nous présenter. De plus le service est excellent et le sourire de Maria Cassini à faire pécher un ermite. 

Le chef nous envoie en entrée, un baba en foie gras, guimauve de pommes vertes aux agrumes, dentelles de noisettes croquantes, accompagné au choix d’un Monsieur Cyrano Bergerac sec 2008 Appellation Bergerac qui a un côté fleur blanche, très parfumé, très aromatique, fraicheur et belle présence en bouche, et d’un Château Calabre 2008, appellation Montravel blanc avec une présence minérale, fraicheur et un côté aromatique d’agrumes, avec un soupçon de pamplemousse. Deux vins qui créent une surprise et qui se marient très bien avec le foie gras de l’assiette, qui est assurément le meilleur de Montréal. 

En plat principal on nous a servi un Magret de canard Mulard cuit en hydro-synthèse, légèrement épicé, air de fruits rouges, cassoulet de courges rôties, avec trois vins : Un Château Haut-Perthus Bergerac 2006, 60% Cabernet franc, et 40% Merlot, robe rouge rubis, arômes de baies rouges, et de petits fruits et prune en bouche avec un soupçon de tabac, un vin fin. 

Un Château Grinou, Réserve Bergerac 2007, 100% Merlot, belle robe rubis. Arômes de pain grillé, souple, harmonieux, très agréable en bouche. 

Et finalement un Château Monestier la Tour, Cuvée de Navarre Bergerac 2007, 65% Merlot; 10% Cabernet sauvignon; 15% Cabernet franc; 10% Cot. Assemblage réussi, robe intense. Bonne structure, arômes de prune et d'épices sur fond boisé. Fruits noirs et mûrs. Vin très agréable en fin de bouche.

Au service du fromage le Chef nous sert une tartine de brie au lait cru, avec compote de cerises à la mangue, avec encore deux vins, le Château Tour des Gendres, cuvée des Conti, Bergerac sec 2008 que j’ai déjà décrit à la dégustation, et un Château Masburel Côtes de Bergerac 2003 pour lequel j’ai félicité M. Isnard et que j’ai également décrit plus haut. 

Comme dessert le Chef Apollo nous a préparé un crémeux au miel, fraîcheur de nectarines et abricots secs, crumble d’orge qui nous a été proposé avec deux vins moelleux : le Château Ladesvignes Monbazillac 2006 blanc, fait à 100% de Sémillon, qui a une structure riche et grasse, donc rond en bouche mais plein de finesse. Et le Château Septy, Monbazillac 2003 fait de Sémillon et de Sauvignon, belle couleur, arômes délicats de pêche et d’écorce d’orange confite. Opulent en bouche mais une telle harmonie qu’il tapisse vos papilles avec élégance.

Félicitations au Chef Giovanni Apollo pour un mariage vins-mets très réussi!

Comme un banquet dégustation nous donne la possibilité d’échanger, les deux producteurs nous ont dit leur passion à faire leur vin; nous leur avons posé des questions sur les techniques de micro-oxygénation qui ont justement débuté dans région de Bergerac et qui s’emploient maintenant partout dans le monde. Ils nous ont expliqué que la micro-oxygénation a changé la carte des vins, apportant une structure et une maturation plus rapide, ainsi qu’une maximisation des arômes fleuris. Néanmoins que cette technique n’est pas une panacée car employée seule elle risque d’amener les vins à une maturation très rapide qui peut raccourcir la vie des vins. Pour faire un grand vin il faut donc être rigoureux sur l’ensemble des conditions de production et ne faire intervenir la micro-oxygénation que dans des étapes ponctuelles, par exemple sur le moût ou sur la lie afin d’obtenir un produit supérieur. 

J’ai eu la chance d’avoir pour voisine de table, au café, la dynamique, élégante et belle Cynthia Joyal, a qui j’ai demandé comment elle était arrivée au monde des vins. Et elle m’a raconté son parcours depuis ses études en communication, en passant par le tourisme pour échouer dans le monde des vins qui la passionne. 

Ma conclusion sur les vins de Bergerac ? Ce sont des grands vins, qui dans leur variété, peuvent combler tous nos besoins, de l’apéritif au dessert. Ils méritent, sans aucun doute, de figurer sur nos tables et de s’épanouir dans nos caves !

Roger Huet
Chroniqueur
Président du Club des Joyeux
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jeudi, 01 octobre 2009 18:18

Le banquet grec de Montréal

Le 24 septembre j’étais invité à un banquet grec au  Restaurant Trinity sur la rue Drummond, à Montréal, avec d’autres chroniqueurs de vins. Nos hôtes étaient Demetre Steinhauer propriétaire de Skinos en Grèce et Steve Kriaris, l’actif président du Groupe Kolonaki de Toronto, champion des ventes de vins grecs au Québec.

Je ne connaissais pas le tout nouveau Trinity situé dans un magnifique local en face du Club Mount Stephen.  Il est spécialisé dans la cuisine authentique du Nord de la Grèce et des îles de la mer Égée. Très belle ambiance, et un service impeccable et souriant.

 Jai été heureux de rencontrer mon ami Samy Rabbat, et plusieurs sommités de la presse gourmande. Je connaissais déjà Steve Kriaris, mais c’était la première fois que je voyais Demetre Steinhauer, un garçon dans la trentaine, d’une parfaite élégance, avec un sourire incroyable, il parle le grec, je l’espère, mais aussi très bien le français, l’anglais, l’espagnol et le portugais. Savez-vous pourquoi il parle l’espagnol et le portugais? Parce qu’il est tombé en amour avec l’Amérique latine. Il rentrait justement du Brésil qu’il avait parcouru de Nord à Sud. Je lui ai demandé s’il était allé, pour la promotion de son Skinos. « Non me dit-il, je suis allé parce que j’aime le Brésil, pour avoir du plaisir!» En Amérique du Nord nous pensons affaires toute l’année sauf deux semaines pendant nos vacances, et encore, parfois nous pensons affaires même en vacances. Mon ami Demetre, est capable de prendre la liberté de faire de grands voyages seulement pour le plaisir! Et en ce qui concerne les affaires, les Grecs sont les plus habiles hommes de la Terre! 

 Nous avons procédé à la dégustation d’une quinzaine de vins grecs apportés par Steve Kriaris, dont je ferai un rapport à la fin, et nous avons commencé un banquet grec, avec du vin, certes, mais surtout avec cet  extraordinaire Skinos.

Savez-vous ce que c’est le Skinos? C’est une eau de vie, assez douce, faite de larmes de Mastiha. Le Mastiha est d’un arbre cultivé au Sud de l’île de Chios qui produit une résine très parfumée, qui vous caresse le palais. Comme apéritif on nous a servi un Skinos on the rocks ! Puis ce fut la valse des plats : des salades au homard, des délices aux feuilles de vigne, un poisson excellent, des cailles farcies, des pâtes … tout, absolument tout, préparé avec une touche de Skinos! Et au milieu de ce banquet nous avons parlé des dieux. Demetre nous disait que les Grecs étaient le seul peuple qui avait un dieu pour la fête : Dionysos (copié plus tard par les Romains sous le nom de Bacchus).

Comment voulez-vous qu’un peuple qui a un Dieu pour la fête ne sache pas faire la fête! Nous avons évoqué  Zorba le Grec, les dames nous ont dit qu’elles rêvaient de casser des assiettes à la fin d’un repas en Grèce. Peut-être envie de venger leurs mères et leurs grand-mères de l’esclavage de la cuisine? Nous avons évoqué la belle île de Chios et le Banquet de Platon, juste un peu, parce que les réflexions sur la démocratie semblent trop sévères, quoique bien arrosées, elles paraissent déjà sous des couleurs plus chatoyantes. On raconte que les Sultans ottomans qui ont dominé la Grèce pendant quatre siècles, avaient octroyé de grands privilèges à l’Île de Chios parce qu’une partie de la production d’eau de vie de Mastiha était envoyée pour les harems du Sultan. Considérez que ces harems avaient parfois cinq mille femmes! Et maintenant imaginez cinq mille femmes dégustant le Mastiha en même temps, cela ne devait pas être ennuyeux!

 Un peu avant le dessert on nous a apporté  un verre de Med. C’est un verre rempli de rondelles de citron, de feuilles de basilic avec un peu de sirop, de la glace pilée, on ajoute du Skinos, un peu d’eau gazeuse et encore de la glace pilée. Et comme par magie la joie jaillit de ce verre et de nos cœurs! Ensuite, on nous a servi un dessert délicat suivi d’un shooter de Skinos pur. Une note parfaite pour clore le banquet.

Et voici les vins que nous avons dégustés :

 D’abord dans la catégorie des blancs :

 Le Tema White 2008  de la maison Pavlidis, classé vin régional de Drama (Macédoine) fait à 60% de Sauvignon Blanc et à 40% d’Assyrtiko . Robe jaune clair, tirant vers le vert. Très fruité, arômes de pêche et de citron vert. Bien équilibré agréable à boire.

Le deuxième vin que nous avons dégusté est le Cuvée Prestige Blanc 2008 classé Vin régional du Péloponnèse. Fait à 50% de Moscholfilero et à 50% de Roditis. Bouquet doux de melon, citron et fleurs des champs. Assez sec, mais bien équilibré malgré tout avec une bonne acidité.

Le troisième vin qui nous a été servi était un  Santorini blanc 2008, de la maison Sigalas, classé VQPRD Santorini. Fait à 100% d’Assyrtico et contenant 14° d’alcool. Belle robe jaune avec des reflets verts. Arôme de pelure de citron. C’est un vin agréable, mais fait tout en nuances. Par contre la cuvée 2006 du même vin que nos avons goûté en quatrième place avait une couleur plus intense et le vin était plus minéral.

En cinquième place nous avons goûté un Santorini 2007 classé VQPRD Santorini, de la maison Boutari, fait à 100% d’Assyrtiko et contenant 13,5° d’alcool. Robe jaune pâle, fruité, bien balancé, goût très agréable en bouche.

Nous avons fini la dégustation de blancs avec un Moschofilero Boutari 2008, classé AOC Martinia, 100% Moschofilero, 11° d’alcool, couleur jaune cristal, vin floral, avec des arômes fruités où dominent le melon et les citriques. Bien équilibré, avec fini de pamplemousse.

Nous avons commencé la dégustation des rouges avec un Paranga 2007 classé Vin régional de Macédoine de la maison Kir Yianni. Ce vin est fait de Xinomavro à 40%, de Syrah à 30% et de Merlot à 30%. Il a 13,5° d’alcool. Robe rouge claire, arôme fruité et légèrement épicé, frais et agréable au goût.

Nous avons continué avec un Merlot Xinomavro Grande Réserve, assez acide et même astringent, mais avec un bon potentiel.

On nous a servi ensuite un Naoussa 2006 de la maison Boutari, classé VQPRD Naoussa fait à 100 % de Xinomavro. Les vignes qui produisent ce vin ont 33 ans d’âge ! Robe rouge pigeon, boisé avec des arômes de cèdre, olive, jus de tomates, épices et menthe. Bien balancé en bouche, bonne acidité

On nous a présenté ensuite un Boutari Grand Reserve, dont la robe était plus foncée, très équilibré, tout en nuances.

Le Cuvée Prestige Rouge 2007   est classé vin régional du Péloponèse. Une production de la maison Skouras dans la région de Némée, où Hercule a vaincu le Lion du même nom. Vin de belle couleur rouge. Un bouquet intense dominé par les épices et les fruits secs. Au début il dégage ses arômes avec force mais il devient vite un vin plein de charme.

Pour comparer on nous a fait goûter l’Ampelou Gris fait de Cabernet-Sauvignon et de Tempranillo, dominé par les épices. Excellent !

Et nous avons fini la dégustation des rouges avec un Nemea Boutari 2005. Rouge intense, arôme de fruits rouges, bonne structure, rond en bouche avec des parfums de chocolat, de miel et de noix.

Et pour clore la dégustation, on nous a fait goûter un excellent Muscat de Limnos, classé AOC Limnos. Vin liquoreux fait à 100% de Muscat d’Alexandrie, et avec un taux d’alcool de 15°. Belle robe dorée, arôme très floral avec des nuances de citron, une palette de pêche et d’abricot et un goût très clair d’eucalyptus. Vraiment délicieux et à un prix très intéressant de $ 11,50.

 Merci à nos amis grecs de nous avoir fait rêver le temps d’un repas !

Roger Huet
Président du Club des Joyeux.
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Madame Claudette Dumas-Bergen m’avait fait parvenir une invitation à une dégustation de vins blancs remarquables d’Afrique du Sud. Le maître de chais JC Bekker de la célèbre maison DCB allait faire la présentation et animer le séminaire. M. Bekker est un des œnologues les mieux côtés d’Afrique du Sud. Je me suis rendu au Mount Stephen Club de la rue Drummond, où entre autres personnes j’ai rencontré le chroniqueur de vins Malcolm Anderson, Louise & John Lovette, Debra Solomon de Toronto, qui représente DGBAlexandra Boake et Danielle Vaillant de LCC vins et spiritueux/ Clos des Vignes, Loic Monti de Valmonti, Martin Garneau de l’incroyable Luxor, le plus grand restaurant de Victoriaville, il y avait aussi un personnage coloré et fort sympathique qui cherchait des fautes d’orthographe au fond de son verre, il n’a jamais voulu me dire son nom. Un peu plus tard nous ont rejoint Sue Birch, la grande patronne de l’office des Vins d’Afrique du Sud, et Matome Mbatha son directeur de marketing, tous deux venus expressément de Stellenbosch. Ils étaient accompagnés de la représentante de l’office pour le Canada, Laurel Keenan.

J.C. Bekker nous a raconté le passé glorieux des vignobles d’Afrique du Sud, dont les premiers cépages sont arrivés en 1659. Vingt ans plus tard le gouverneur Simon Van Der Steel créa le domaine de Constantia aux environs du Cap, et aida les fermiers qui s’installaient dans la région de Stellenbosch, à faire de la viticulture. Entre 1688 et 1690, deux cents huguenots français fuyant les persécutions sont arrivés en Afrique du Sud et se sont installés à Franschhoek près de Stellenbosch. Certains connaissaient la vigne et la vinification et ont fait faire un bond à la production du vin local. Aujourd’hui encore, dans le Franschhoek, beaucoup de villes, et des rues portent des noms français; de nombreuses de familles portent également des noms français même si elles ont oublié la langue depuis longtemps. Comme «beau sang ne saurait mentir» c’est la région de la bonne cuisine et du bonheur de vivre, par excellence!

Des sols appropriés, un climat favorable et l’influence de la mer, ont permis un développement exponentiel de la vigne qui embauche 300.000 personnes. L’Afrique du Sud est le 9ème producteur mondial. Entre 1994 et aujourd’hui, les exportations sont passées de 50 millions à 270 millions de litres de vin par an, en dépit de la saturation mondiale.

Sous la houlette de M. Bekker, nous avons dégusté 10 blancs, en commençant par le Springfield Life 2008, Sauvignon Blanc 2008. (SAQ $ 24.40). «Robe tirant à vert, avec des parfums de poivrons verts et de fruits de la passion, assez minéral» Personnellement j’ai aimé son goût sec et fruité. Il a 12,8% d’alcool, c’est un vin qu’on peut boire en apéritif, dans un 5 à 7 d’entreprise ou dans un vernissage. C’est aussi un vin pour meubler une soirée. Il irait très bien avec des huitres.

Ensuite nous avons goûté le Mulderbosch Sauvignon Blanc 2008. (SAQ $ 19,60). Robe vert-clair. Arômes tropicaux : goyave, figue verte, grenadille et une pointe florale. Certains lui trouvent un caractère complexe à saveur d'ortie et d'herbe fraîchement coupée. J’avoue que je me tiens loin des orties après en avoir frôlé une qui m’a donné de l’urticaire, et que l’herbe fraichement coupée n’est pas ma tasse de thé. Pour ma part, j’ai trouvé le Mulderbosch Sauvignon Blanc 2008 assez sec, fruité et bien structuré. Je le servirais certainement frais, autour de 13°C avec des mets grillés : artichauts, homard, saumon, et pourquoi pas avec un bon fromage de chèvre chaud!

Nous avons essayé ensuite le Boekenhoutskloof Semillon 2005. (SAQ 29,25) Un joli vin, assez rond en bouche, moins acide que les Sauvignons, un bel accent d’agrumes tirant vers la tangerine et la clémentine, quelques notes minérales. 13,06% d’alcool. Servi avec des fruits de mer, un délice!

En quatrième lieu nous avons goûté le Ken Forrester Chenin Blanc 2008 (SAQ $ 18,70). Un vin corsé mais arrondi avec une structure complexe de pomme, cannelle, et coing. Bon équilibre entre les fruits et le boisé qui lui imprime un goût de vanille et de miel. Il a 13.5% d’alcool. Très bon accompagnement avec des mets épicés. Ce vin a gagné plusieurs médailles.

On nous a proposé ensuite le Bellingham Bernard Series Chenin Blanc Vieilles Vignes 2008 (SAQ 22,50). Robe dorée pale avec des arômes de fruits tropicaux et de melon qui vous caressent doucement le nez. En même temps on y découvre une douceur de miel qui se combine bien à son boisé vanillé et épicé. C’est un vin complexe et agréable, probablement mon préféré.

Les cépages qui produisent ce vin, ont en moyenne 40 ans d’âge. On le recommande pour accompagner le saumon, le poulet grillé et la venaison, mais la vérité c’est qu’un vin pareil est bon avec tout ce que vous voudrez!

Ensuite nous avons goûté le Fairview Viognier 2007 (SAQ $ 22,05) qui lui aussi a gagné plusieurs médailles. Sa robe est or pale, et il a des arômes de fleurs blanches et des touches de lanvande, avec un goût légèrement épicé qui rappelle les abricots secs et le zest de citron. Il a reposé sur lie, qu’on a remué à chaque semaine, pendant 4 mois. L’acide du début se tempère et devient long en bouche. Il a 14% d’alcool. Excellent!

En septième place nous avons goûté le Bellingham The Bernard Viognier 2008, vendangé manuellement. (SAQ $ 21). Belle couleur paille tirant vers le vert. Vin complexe aux arômes de pêche et de litchis, avec des épices; il est assez minéral. Texture grasse et bien équilibrée. Une certaine douceur qui atténue son acidité. Un vin à recommander avec la cuisine orientale et les desserts à la crème.

Le vin suivant a un nom qui fait rêver : Le Bonheur Chardonnay 2009 (SAQ $ 15,95). Robe or, bouquet aux notes épicées-boisées typiques de Chardonnay. Arômes discrets de fruits exotiques. Caractère charnu et toutefois équilibré. Un vin à essayer absolument!

On nous le recommande de le déguster avec des fruits de mer ou des viandes blanches en sauce crémeuse ou à l’estragon.Nous avons dégusté le Boschendal 1685, Chardonnay 2008 qui est un vin produit par notre conférencier J.C. Bekker. (SAQ 15,90). Vin épanoui, à la robe jaune paille assez intense, arômes et saveurs de citron, de cannelle et de muscade, avec des notes minérales; une acidité maquée et à la fois une texture assez grasse et de belle profondeur. 14% d’alcool.

Seul vin d’Afrique du Sud à avoir obtenu la Médaille d’Or à la compétition Sélection du Monde, en Belgique. Laissons M. Bekker nous expliquer comment il fait sa vinification :

«Les vendanges s’effectuent manuellement et la teneur en sucre est de 24,5 dégrées Bailing. Après le pressage, le jus est stabilisé à 10°C pendant deux jours. 50% du jus est inoculé de levure cultivée et 50% fermente naturellement. La fermentation s’effectue pendant 5 mois à 20°C et 50% du vin subit une fermentation malolactique. Le vin vieillit pendant 9 mois sur lie, dans des futs de chêne français, dont 30% sont nouveaux. L’assemblage final s’effectue après qu’on a laissé fermenter 70% en barils de chêne et 30% en inox. »

Ce vin accompagne très bien les fruits de mer, la volaille et les fromages doux.

On nous avait réservé pour la fin le Vergelegen Chardonnay Réserve 2007 (SAQ 26.40). Médaille de bronze 2009 au Decander Word Wine Awards. C’est un vin qui a 14.2% d’alcool et qui a été pressé sans contact avec la peau du raisin. Semi-sec à prédominance minérale sur fond d’agrumes et de caramel. Rond en bouche, long, complexe et d’une belle élégance.

Pendant le repas qui a suivi le séminaire j’ai eu un réel plaisir à découvrir les Sud-Africains d’aujourd’hui. J’étais assis entre une dame blanche et un jeune exécutif noir. Tous les participants partageaient un idéal, et avaient ce que nous avons probablement perdu en Amérique du Nord, la foi dans l’avenir. Ils ont plus que jamais l’ambition de bâtir, et ils savent où ils s’en vont.

Les vins qu’ils nous ont fait découvrir aujourd’hui sont tous excellents. Madame Dumas-Bergen ne nous a pas menti! Merci.

Roger Huet
Président du Club des Joyeux
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Le 5 novembre 2008 avait lieu une dégustation de vins italiens au Marché Bonsecours organisée par la Délégation commerciale d’Italie. Dans trois salles resplendissantes, 110 producteurs étaient venus tout exprès pour faire découvrir aux Montréalais leurs vins en provenance de 18 régions de la péninsule.

Ce 4 à 7 de dégustation a été une fête pour les papilles et pour le cœur, et une magnifique leçon pratique! Plus de 500 sortes de vins de qualité étaient offerts aux amateurs curieux qui avaient eu le bonheur d’obtenir une invitation. Des produits incroyables comme des grands barolos, les rois des vins, des barbarescos dont les bouteilles peuvent dépasser les cinq cent dollars, des chiantis, coulaient à flots. J’y ai gouté les vins capiteux de la Sicile, de la Casa Vinicola Calatrasi, de Firiato et de Fondo Antico, qui sont de pures merveilles.

Si vous pensez que les Italiens ne produisaient comme mousseux que l’Asti, qui très doux, c’est plutôt un vin pour dames, j’y ai découvert avec ébahissement des dizaines de mousseux, dorés et dans tous les tons de rose, qui allaient de l’authentique brut jusqu’au plus tendre des doux. À bien des égards les mousseux italiens surpassent les espagnols. J’ai particulièrement apprécié ceux d’Eugenio Collavini, de la Cantina Colli del Soligo, de Bellusi Spumanti, Spama Cadellosio, Terre Cortesi, Vando Spumanti, qui avaient souvent plusieurs variétés chacun et je ne veux pas oublier Genagricola avec son excellent spumante Borgo Magredo.

Dans l’ancienne Rome, parait-il qu’on ne prenait pas le vin de la façon qu’on le boit aujourd’hui, on y ajoutait des épices. L’idée qui m’avait fait faire la grimace ! Je me trouvais devant la table de Spama Ca’dell’ozio où je dégustais leurs barolos et leur barbaresco, lorsqu’on me versa un Barolo Chinato qui est fait de barolo, et d’une décoction d’herbes et de racines, où on décèle l’amer de l’écorce de quinquina et la rhubarbe, pour le reste, la formule est secrète. Le plaisir de toutes mes papilles fut instantané, à tel point que ce fut la seule fois que je demandai à goûter une seconde fois. On m’a dit que c’est le seul vin italien qui se marie bien avec le chocolat. Les anciens Romains ne connaissaient pas le quinquina qui vient d’Amérique, mais je suis maintenant certain qu’ils réussissaient parfaitement leurs vins aux aromates.

Évidemment en seulement trois heures nous n’avons pas pu goûter à tous les vins. Nous avons fait ce qui était possible en faisant confiance à notre instinct. Une dégustation aussi variée était possible parce que les vins se combinaient avec un excellent buffet de la maison Cornelier qui nous a permis de ne pas boire avec l’estomac vide. On y trouvait des bruschetta chauds, du foie gras excellent, des tapenades, des bouchées avec infiniment de choses, un porcelet trônait près d’un saumon à l’abricotine, et pour finir une meule de parmesan, des olives un peu partout, et des raisins. Les Italiens font bien les choses ! Honnis soient les salons de dégustation où l’on vous sert des tristes verrines et des petites bouchées fades ! Dans une fête du vin il faut un grand buffet !

Pour couper les effets de l’alcool, de l’eau minérale San Pellegrino et Aqua Panna étaient aussi à la disposition des visiteurs.
C’est dommage que la plupart de ces vins extraordinaires ne soient pas disponibles à la SAQ ou que certaines ne le soient que dans les succursales Sélection. Car le bon vin italien est bon pour tous. Pour un gourmet, le rêve serait que la Société des Alcools du Québec déclare 2010 l’année du vin italien, et lève certains obstacles pour que des maisons peu ou pas représentées puissent aussi être présentes, pour le plus grand bonheur des amateurs québécois.

Roger Huet
Président du Club des Joyeux
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lundi, 24 août 2009 04:20

La table de Sindbad!

Lorsque j'étais jeune homme, je me régalais de la lecture de Mille nuits et une nuit. La compilation la plus fascinante en français est celle du Dr. Mardrus, un capitaine de bateau d'origine libanaise qui parcourait la Méditerranée et qui racontait en version adulte les histoires recueillies par Antoire Galland au dix-huitième siècle. Mais la traduction espagnole faite par Blasco Ibañez est encore supérieure, car l'Espagnol était un véritable écrivain. Parmi les personnages les plus sympathiques il y a Sindbad le marin. Un aventurier qui revenait de ses voyages chargé d'or et qui ouvrait sa maison à tout passant. Sa table était toujours bien servie. Sindbad racontait ses aventures, et chacun des convives racontait la sienne.

Ton site web c'est comme la table de Sindbad. On y trouve plein de bonnes choses. On y lit les histoires des autres et on apporte les siennes. C'est fascinant! Et de plus, on y est vraiment lu. Après ma chronique sur les vins Grecs, ma chronique sur les vins de la Nouvelle Zélande a dépassé les mille lecteurs!

Merci!

Roger Huet

mercredi, 11 novembre 2009 06:57

Les vins du Chili, quelle réussite!

photo11Une étrange géographie!
Le Chili est le pays le plus long d’Amérique du Sud avec 4 300 kilomètres du Nord au Sud, c’est aussi le pays le plus étroit du continent avec entre 90 et 400 kilomètres de largeur. D'un côté, il est bordé par l’océan Pacifique de l’autre par la Cordillère des Andes perdue dans les nuages. Au nord il y a le désert d’Atacama qui couvre un quart du pays, au sud les terres froides de l’Antarctique chilien qui se terminent à la Patagonie laquelle regarde le pôle. Coincé entre ces quatre destins se trouve le Valle Central, au climat méditerranéen qui a des jours ensoleillés et des nuits froides. Le terrain parfois pauvre est idéal pour la vigne, car 117000 hectares de vignobles de grande qualité s’y épanouissent. Le succès du vin chilien est tel, qu’on gruge maintenant des terres improbables pour planter plus de vignes, pour produire des vins différents, et c’est ainsi qu’on monte sur la Cordillère des Andes, on avance sur le désert d’Atacama on descend dans les froides terres du Sud et par miracle on réussit encore à y faire du bon vin.

Le vignoble chilien est cultivé dans des vallées qui ont des noms très jolis, tout au nord il y a Elqui, Limari, Choapa, au centre Aconcaggua, Maipo, Casablanca San Antonio, Cachapoal, Colchagua, Currico, Maule, plus au sud Itata, Bio Bio, Malleco. 

L’aventure du vin a commencé au Chili il y a quatre siècles, lorsque les conquistadors espagnols ne sachant que faire de ces terres assez pauvres où il n’y avait ni or ni argent, se mettent à planter la vigne.  Quelle formidable intuition !

Le vignoble moderne tel que nous le connaissons aujourd’hui commence néanmoins au Dix-neuvième siècle. Le Chili comme tous les autres pays sud-américains proclame son indépendance de l’Espagne en 1810. La bourgeoisie chilienne est très francophile. Les familles aisées envoient leurs fils étudier à Paris, elles adoptent les modes françaises, et boivent du Bordeaux. Les vins sont chers, le transport long et incertain. Vers le milieu du Dix-neuvième Silvestre Ochagavia,  Luis Cousiño  et quelques autres aristocrates chiliens décident de mettre en valeur leurs grandes propriétés, importent des cépages bordelais de Cabernet Sauvignon, de Sémillon et de Merlot et font venir des experts français pour faire du vin.  La vigne prospère, les vins sont bons.

Quelques années plus tard le vignoble mondial est dévasté par le phylloxera, mais le Chili est le seul pays à être épargné. On pense à son isolement géographique, au système d’irrigation intensive, à la présence de cuivre dans les rivières chiliennes, à cause des mines.  Partout les producteurs sont obligés de cultiver en greffant sur pieds. Seul au Chili les vignes sont cultivées sans greffe et le pays devient le conservatoire des plants d’origine.  En Europe, les plants greffés ont une espérance de vie de 20 ans, parfois de quarante. Au Chili il y a des pieds qui ont 150 ans et qui donnent des vins complexes et uniques.  Certains cépages comme le Carmenère, qui étaient disparus du vignoble bordelais, se sont perpétués au Chili. Les Vignobles de Saint-Emilion essaient de le réintroduire avec le problème que ce cépage une fois greffé n’est pas très productif, tandis qu’au Chili cultivé sur pieds-de-vigne il l’est.  Aujourd’hui les principales variétés cultivées au Chili pour les vins blancs sont le Chardonnay, le Sauvignon blanc, le Riesling, le Gewürztraminer, le Viognier et le Sémillon. Pour les rouges le Cabernet Sauvignon, le Carmenère, le Merlot, le Malbec, le Pinot noir et le Syrah.
Avec 6 millions d’hectolitres, le Chili est le dixième pays producteur mondial et le cinquième pays exportateur de vin au monde.

Le 30 septembre se tenait à Montréal un Salon des vins du Chili,  avec la participation de  vingt-sept producteurs qui allaient nous proposer plus de 190 vins. L’événement était organisé par Marie-Josée Allaire et Benoit Allaire
(Exacto Communications) dans la toute nouvelle salle de réception Les Entrepôts Dominion, sur la rue St-Ambroise, non loin du Marché Atwater.

degustation

De gauche à droite:
- Benoit Allaire, Président de Exacto Communications
- Vivian Alaluf Bacal, Responsable, Amérique du Nord et Amérique Latine pour Wines of Chile
- Juan Somavia, Directeur Général de Wines of Chile
- Marie-Josée Allaire, Vice-Présidente, Exacto Communications

Pour avoir visité le Chili, à plusieurs reprises, j’étais intéressé de rencontrer quelques producteurs bien connus et aussi à découvrir d’autres joueurs. Comme il est impossible de tester 190 produits, je me suis concentré sur les deux meilleurs vins de chaque producteur ou presque.

En premier lieu, j’ai rencontré M. Andrés Tauber directeur export des vins d’Anakena qui m’a proposé un Ona blanc 2008 fait de Riesling, Viognier et Chardonnay, partiellement fermenté en futs de chêne.  Arôme équilibré, fleuri, fruité, minéral ;  frais, élégant, bonne finale ($ 20,90 importation privée parCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

J’ai aussi goûté le Ona rouge 2007, 100% Syrah. Vin puissant, robe rouge foncée, arômes de fruits rouges, avec des touches de chocolat, d’épices et de tabac. Acidité bien contrôlée, tanins ronds. Un très bon vin. ($ 20,90 import privée par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

Je suis passé à la table de Concha y Toro, où j’ai bavardé avec M. Gonzalo Escudero l’export manager. Je lui ai raconté que je suis allé chasser à la Cordillère des Andes, il y a bien des années. Les journées étaient belles et ensoleillées, mais les nuits étaient froides, nous nous trouvions à 4300 mètres d’altitude. Le soir autour du feu nous buvions du Concha y Toro, dans des chopes en métal que nous approchions du feu pour faire chambrer. M. Escudero m’a proposé un Marqués de Casa Concha Blanc 2008, fait de Chardonnay. Robe dorée, brillante, bouquet assez intense de mangue, de pêches et de papaye, notes de vanille et de noisette grillée. Un très bon vin. ($ 19,95 import privée par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

Il m’a servi ensuite un Marqués Casa Concha Syrah 2007. Robe foncée, nez puissant, bonne structure, un vin qui tapisse vos papilles, agréablement fruité, des tanins fins. ($ 19,95 import privée par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ).

À la table de Cono Sur, M. José Luis Lavin,  m’a fait goûter leur CS Reserva Pinot Noir 2008 vieilli en barriques pendant 4 mois et  affiné pendant un autre mois en cuves inox. Robe très foncée, arômes de fruits rouges où ressort la prune, en même temps des touches de chocolat et de café. En bouche bonne acidité, des tanins bien présents avec des notes qui rappellent les petits fruits noirs, les roses rouges, et le champignon blanc.   (SAQ 16,50).

J’ai aussi goûté le CS Reserva Merlot 2007, fait d’un assemblage de 85% Merlot, 9% Cabernet Sauvignon, 4% de Syrah et 1% d’Alicante-bouchet, Robe rubis , arômes de fruits rouges, des touches de réglisse. Bonne bouche, tanins élégants. (SAQ 16,50)

À la table d’Errazuriz, j’ai été accueilli par M. Michel Mercier (Vins Philippe Dandurand). J’y ai goûté le Chardonnay Wild Ferment 2008, vin doré, arômes de noix, de fruits tropicaux, de pain grillé. Plutôt corsé, mais onctueux. (SAQ 19,95). On m’a servi ensuite le Cabernet Sauvignon, Max Reserva 2007. Vin très goûteux, avec des arômes de café de caramel, de chocolat, une bonne finale en bouche, avec beaucoup de fraîcheur.  (SAQ $ 18,45).

J’étais content de visiter la table de Santa Rita, c’est une des plus anciennes et respectées maisons du Chili. M. Felipe Smith m’a expliqué que l’œnologue chez eux c’est une dame : Cecilia Torres. Ils font la cueillette en avril et font deux sélections, vérifiant les grappes une à une.
Leur Cabernet Sauvignon 2005 est très intéressant. Un vin intense en couleur en corps, avec un bon bouquet, fruits rouges, épices, goyave, mandarine. Il se prolonge en bouche de façon élégante. ($ 35. Importation privée par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

J’ai été encore plus ravi par leur Cabernet Sauvignon Casa Real 2007. Un vin complexe, très équilibré avec une robe rouge sang. Fruité, généreux en tanins et en parfums. Long en bouche, à la fois frais et tellement élégant ! ($ 49,75. Importation privée par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ).

Valdivieso est une autre grande et vénérable maison au Chili. Elle a été fondée en 1879 par Alberto Valdivieso, et pendant un siècle et demi c’était la seule maison qui produisait un mousseux respectable au Chili. Ils produisent aussi de très bons vins tranquilles, mais j’ai voulu me concentrer seulement sur leur Nature Sparkling Wine qui est un vin très pâle, avec de petites bulles joyeuses des arômes de pommes et de pain grillé mais un goût de lime confite. ($ 17,15 Importation privée par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). Monsieur Marcello Gutierrez s’amusait de me voir si joyeux en évoquant mes anciens voyages dans les terres du Chili, où entre amis et mort de rire, car les Chiliens sont un peuple très amusant, qui racontent des blagues incroyables, nous consommions le Valdivieso. C’était le bon vieux temps, comme disent les anciens ! Je n’ai donc pas voulu quitter sans goûter au Valdivieso Sparkling Blanc des Blancs. Robe Jaune pâle. Arômes de fruits mûrs et de pain grillé. Un agréable vin de fête ! ($ 17,15 Importation privée par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

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Je me suis arrêté à la table de Viña Caliterra et j’ai bavardé avec Marguerite Aghaby de LBV International qui m’a proposé le Caliterra Reserva Sauvignon Blanc 2009, un vin sympathique, aux arômes d’agrumes et de papaye et goyave, une acidité marquée mais agréable. ($ 11,95 SAQ).
Pour les rouges elle m’a donné à goûter le Caliterra Cenit 2006, un vin d’assemblage, 53% Cabernet Sauvignon, 27% Malbec et 20% Petit Verdot, ce cépage qui complète si bien les vins. Il est élevé 18 mois en barriques neuves : française et américaine. Belle couleur rouge. Notes de cerises et de chocolat, légèrement minéral, belle intensité, acidité bien balancée, très long en bouche.  ( $ 72. importation privée par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ).

Je me suis dit qu’une pause serait bienvenue à la table des bouchées, pour reposer mes papilles. C’est le moment de bavarder avec des amis. Christian Charest était là, et m’a filé des tuyaux sur des vins à déguster, j’ai aussi rencontré mon ami Claude Simoneau toujours si élégant et aimable. Il m’a aussi refilé des tuyaux sur des vins à ne pas manquer. Samy Rabbat, se promenait également, toujours aussi blagueur. J’ai bavardé avec Marie-Josée Allaire, qui est franchement fascinante, en même temps si efficace, veillant à chaque détail. Le Salon était plein de monde. Tous les professionnels, tous les médias, étaient là, et le soir, les amateurs, les gourmets sont venus en masse ! Il faut dire que Marie-Josée et son frère Benoit sont secondés par une équipe formidable.

J’ai repris ma dégustation et je me suis arrêté à la table de Viña Carmen où j’ai rencontré un œnologue chilien qui avait un nom à consonance québécoise, M. Sebastian Labbé qui m’a proposé un Winemaker’s Réserve Rouge 2005, vin d’assemblage 54% Cabernet Sauvignon, 21% Carménère, 7% Syrah, 11% Merlot et 7% Petite Sirah, un vin produit aux pieds des Andes, où chaque cépage est fermenté séparément. Un vin grenat intense, très structuré, beaucoup de corps, fruits rouges, cholocat, épices, une bonne finale ($ 45. Importation privée par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
J’ai ensuite goûté à leur Syrah Winemaker’s Reserve 2005 qui est aussi un assemblage avec 87% de Syrah et 13% de Cabernet Sauvignon. Ils font d’abord une macération à froid pendant 12 jours, puis une deuxième macération avec les peaux pendant 21 jours. Le vin vieillit en futs de chêne français neufs, il est alors embouteillé et on le laisse encore vieillir pendant douze mois avant de le mettre sur le marché. Robe grenat intense, vin assez minéral avec des notes de tabac et d’épices. Rond en bouche, tanins persistants. (SAQ. $36)

J’avais de la curiosité pour les vins de Viña Casa Tamaya, dont les vignobles sont dans le Nord du Chili, à la frontière avec le désert d’Atacama, dans la vallée de Limari.  C’est une vallée fertile, car le sol est labouré avec passion pour ne pas le céder à l’emprise du désert. La vallée se trouve tout près de l’Océan Pacifique. Comme il n’y pleut pas beaucoup, et que la vigne n’y connaît pas le problème du gel en hiver comme dans d’autres régions chiliennes, on laisse le raisin mûrir lentement.
J’ai parlé avec M. Claudio Soporta, leur directeur export chilien qui m’a fait goûter tout d’abord leur Viognier-Chardonnay Reserva 2008 qui est un vin étonnant, il n’est pas très fleuri, mais a  une acidité très bien contrôlée, il est assez minéral mais il est doux en bouche, avec une finale longue et élégante. ($ 17,25 importation privée parCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

J’ai ensuite dégusté le Carmenère Reserva 2008, un vin tout en équilibre : thym, coriandre, fruits mûrs, tanins très persistants, mais à la fois onctueux. ($17,25 importation privée par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

Je suis passé à la table de Viña Chocalan où j’ai bavardé avec Monsieur Javier Cortés, leur Directeur de ventes. Ils ont un excellent Grand Reserva Blend 2006 rouge: 31% Cabernet  Sauvignon,   27% Carmenère, 18% Syrah, 12% Malbec, 9% Cabernet Franc y 3%  Petit Vedot.  Vin intense et complexe, mais belle harmonie entre les cépages. Nez de fruits rouges, touches de chocolat, de tabac et de cuir, boisé, puissant, assez forte acidité et concentration de tanins, mais à la fois élégant et avec une belle longueur. ($27,75 SAQ)

Sur ma route vers la table de Viña La Rosa, j’ai croisé M. Michel Morin qui est le créateur de bien de gadgets pour le vin. Il m’a montré ses sacs de jute pour le vin qui sont très charmants, et m’en a même offert un. Il paraît qu’ils sont déjà disponibles dans les succursales de la SAQ. À y penser lorsqu’on offre une bonne bouteille.

À la table de de Viña La Rosa j’ai été reçu par M. Ricardo Ullrich, directeur commercial pour l’Amérique du Nord qui m’a fait goûter le Don Reca cuvée 2007, un vin d’assemblage Merlot, Carbernet Sauvignon, Syrah et Carmenère. Belle couleur rouge, arômes de menthe et de fruits rouges. Saveurs de prune, de chocolat, de menthe, de cassis. ($ 20,50 Importation privée par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). Il m’a servi ensuite un Ossa Sixth Genereation 2004. La Grande Cuvée de la maison et aussi un très bon vin, 30% Cabernet Sauvignon, 30% Merlot, 20% Cabernet Franc, 15% Syrah et 5% Carmenère. Arômes intenses de menthe, d’épices, de réglisse, de petits fruits rouges, de tabac, de chocolat, du cuir, et de cassis mûr. Riche et moelleux en bouche, élégant avec des tanins fins. ($ 95. Importation privée par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ).

Je me suis arrêté avec beaucoup d’intérêt à la table de Viña Luis Felipe Edwards où j’ai bavardé avec Ignacio Edwards, le directeur de ventes.  En Général les directeurs à l’exportation de ces vignobles chiliens sont des hommes très jeunes, parfois à peine vingt-cinq ans, mais tellement efficaces. C’était le cas de M. Edwards. J’en déduis que l’éducation au Chili est encore sous la férule d’une grande discipline,  marquée par des valeurs aujourd’hui perdues dans les pays du Nord : le respect, l’honneur du travail bien fait, la vertu. Je lui ai demandé combien de bouteilles ils produisaient par an et il m’a répondu que douze millions. C’est superbe pour une jeune entreprise qui a été fondée en 1976.

Que me proposez-vous lui ai-je dit : D’abord notre Sauvignon Blanc Gran Reserva 2009, 100% Sauvignon blanc.  Je l’ai dégusté, c’est un vin frais, aux arômes d’agrumes, un vin bien structuré. Une bonne acidité, beaucoup de fraicheur. ($ 16,95 Importation privée par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ) Ensuite j’ai goûté au Malbec Gran Reserva 2007. 100% Malbec. Robe rouge violet, des arômes intenses de violette et de framboise, un goût de vanille et de chocolat, des tanins doux, rond en bouche. ($ 16,95 Importation privée par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ). Lorsque je m’apprêtais à quitter, M. Edwards, m’a dit, ne partez pas sans avoir goûté à notre Doña Bernarda !  Un vin d’assemblage 50% Cabernet Sauvignon, 25% Syrah, 10% Carmenère et 15% Petit Verdot.  Robe rouge foncé, arômes de prunes sèches, de mûres et de violettes, boisé, puissant et à la fois long en bouche. Un vrai bon vin. ($ 33,75 SAQ).

À la table de Viña Santa Alicia, j’ai parlé avec Madame Tamara Vásquez, encore une belle et jeune personne qui assume des responsabilités dans l’exportation.  Elle a bien voulu me faire goûter le Gran Reserva de los Andes Carménère.  Belle robe cerise, arômes de fruits rouges et de coing, belle structure, des tanins fermes au palais, intense, bonne finale. ($ 21,54  importation privée par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ). J’ai goûté aussi au Millantu Premium Blend, fait de Cabernet Sauvignon, Cabernet franc et Carmenère. Belle robe rouge foncée, arômes puissants, bonne acidité, mais à la fois riche, crémeux, très profond. ($ 29,83 importation privée par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ).

Ma dernière visite je l’ai réservée à Viña Ventisquero appartenant au géant de l’alimentation chilien Agrosuper, qui a créé ce vignoble en 1999. En dix ans, Viña Ventisquero est devenue une des dix meilleures entreprises dans le domaine des Vins au Chili. Elle réunit une équipe de professionnels du tonnerre, achète des vignobles dans toutes les régions mais investit aussi dans des terres, qui n’ont jamais connu la vigne auparavant.  Le secret de son succès est dû à une équipe hors pair, dirigée par un œnologue de grande classe : Felipe Tosso qui travaille dans le respect de la nature, avec la meilleure technologie. Ils ont également une équipe de marketing de grande qualité.

Ventisquero est la preuve qu’il y a encore des possibilités d’affaires extraordinaires au Chili.  Pour la fête du vin chilien, ils ont délégué à Montréal leur directeur commercial pour l’Amérique du Nord et du Sud, M. Juan Ignacio Zuñiga et leur  directeur des ventes pour l’Amérique du Nord M. Jaime Merino, afin de bien montrer l’intérêt qu’ils portent au marché québécois. Ils m’ont invité à goûter le Ventisquero Grey Syrah 2007, robe rouge foncé, arômes complexes d’épices, de poivron rouge, de cannelle, d’anisette, baies rouges et pain grillé. En bouche une gamme riche de tanins ronds, presque chocolatés, et une finale longue et veloutée. ($ 30. importation privée parCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. )

Ensuite ils m’ont proposé le Ventisquero Vertice 2006  qui est le résultat d’une création conjointe de l’œnologue chilien Felipe Tosso, et son confrère australien John Duval. Il est fait à 51% de Carmenère et à 49% de Syrah. Robe très rouge, avec des reflets violets ; arômes de fruits rouges et bleus, poivre rouge, très boisé ; en bouche belle structure, avec des tanins soyeux et ronds, épices et baies noires, bonne acidité balancée, une longue finale. ($45. importation privée mais à la SAQ dès mars 2010).

Il y a une longue tradition dans la fabrication des vins au Chili et cela se remarque. Les vins que j’ai dégustés étaient toujours bien structurés, puissants, ronds en bouche et élégants, et leurs prix tellement intéressants !

Roger Huet
Chroniqueur
Président du Club des Joyeux
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