mardi 21 janvier 2020
Roger Huet

Roger Huet

Roger Huet - Chroniqueur vins et Président du Club des Joyeux
Québécois d’origine sud-américaine, Roger Huet apporte au monde du vin sa grande curiosité et son esprit de fête. Ancien avocat, diplômé en sciences politiques et en sociologie, amoureux d’histoire, auteur de nombreux ouvrages, diplomate, éditeur. Il considère la vie comme un voyage, de la naissance à la mort. Un voyage où chaque jour heureux est un gain, chaque jour malheureux un gâchis. Lire la suite...

dimanche, 01 mai 2011 14:08

La magie des Bührer

chteau capion samy

Il y a des gens qui transforment en beauté et succès tout ce qu’ils touchent. C’est le cas de la famille Bührer. Ils tombent en amour avec des vignobles délabrés et des châteaux en ruines et au bout de quelque temps, ils remontent les vignobles, restaurent les maisons et les caves, et les chais et redonnent vie à des propriétés en déperdition. La vigne pousse, les vins sont excellents! J’ai rencontré Vincent Bührer, le jeune et dynamique directeur du groupe Vive, qui comprend notamment le domaine Saxenburg en Afrique du Sud, et le Château Capion, dans le Languedoc, en France. Voici ce qu’il m’a dit :

R.H. – Vous êtes d’origine suisse, issu d’une famille qui distille des eaux de vie et des alcools fins en Suisse depuis toujours. Un jour vos parents décident de s’établir vignerons en Afrique du Sud, par passion pour le vin, quoiqu’ils n’ont pas une expérience particulière de la vigne. À ce moment-là, l’Afrique du Sud représente un total dépaysement pour eux. Racontez-nous cette histoire insolite qui semble inspirée par un goût profond de liberté.

V.B. – À ce moment-là quitter la Suisse pour un pays inconnu, semblait notamment à mes grands-parents, un grand risque et presque une folie. Mon père qui a la passion du vin, comme nous ses enfants aussi, était à la recherche d’un projet pour réaliser son rêve. Avec ma mère, ils étaient à la recherche aussi d’un pays de liberté qui offrirait encore de grandes et de belles opportunités dans le vin. Nous sommes cinq enfants dans la famille. Et ils voulaient nous trouver en même temps un bel environnement où nous pourrions nous épanouir.

R.H. – Comment l’ont-ils trouvé?

V.B. – Mes parents ont voyagé à travers l’Afrique du Sud pendant deux semaines. Et mon père disait toujours :«ce n’est pas nous, c’est le domaine qui nous appelle et qui nous trouve. » Cela a été le cas avec Saxenburg. Ils n’avaient rien trouvé en deux semaines et ils étaient en route vers l’aéroport lorsqu’ils se sont arrêtés pour déjeuner et on leur a parlé du domaine de Saxenburg. Ça a été le coup de foudre.

R.H. – Saxenburg est un domaine qui a été créé il y a des siècles.

V.B. – C’est un des plus vieux, il date de 1693. On parle toujours de l’Afrique du Sud comme d’un pays du Nouveau monde, pourtant les premières vignes ont été plantées il y a plus de trois-cents ans.

R.H. – Lorsque vous vous installez, vous décidez de planter de nouveaux cépages, car le domaine n’était pas satisfaisant?

V.B. – Mes parents ont décidé de mettre en place un concept à long terme. À l’époque nous avons planté 80% des vignes qui ont aujourd’hui 15 à 20 ans. Ils ont choisi des cépages d’avenir. Au niveau des blancs c’est le Sauvignon blanc qui représente une bonne moitié de notre terroir, et en rouge c’est la Syrah qui a fait le renom de Saxenburg.

R.H. – À part ceux-là qui sont les cépages principaux, quels autres cépages avez-vous planté ou replanté au domaine de Saxenburg?

V.B. – Du Cabernet-Sauvignon, du Merlot, du Pinotage, du Chardonnay, du Viognier, du Cabernet Franc et du Malbec.

R.H. – Combien de types de vins produisez-vous actuellement en Afrique du Sud?

V.B. – Nous avons trois gammes, la gamme d’entrée qui s’appelle le Guinea Fowl. Le guinea fowl, c’est la pintade qui est le vrai symbole de Saxenburg, un oiseau local qui se promène partout dans nos vignes. Il y a ensuite notre Collection Privée qui est fait de mono-cépages, et finalement un vin phare le Triple S, le Saxenburg Shirraz Select Une totalité de onze vins plus un mousseux qui est le Cap Classique de Saxenburg.

R.H. – Une fois l’entreprise lancée, avec une production de vins de qualité, reconnue partout, vous vous lancez à la recherche d’un vignoble en France.

V.B. – C’était un rêve profond de mes parents de se retrouver sur un domaine viticole français. Ils étaient à la recherche d’un domaine à développer dans une région avec du potentiel dans l’avenir. C’est dans le Languedoc où ils ont trouvé leur bonheur et à nouveau c’est le dernier jour, avant d’aller à l’aéroport qu’ils sont tombés sur Capion, après trois semaines de recherche dans le Sud de la France. C’est un merveilleux domaine de quatre-vingts hectares, à 30 kilomètres à l’ouest de Montpelier.

R.H. – Avec un château du Dix-septième siècle.

V.B. – C’est une merveilleux château, un des seuls dans la région. Il était plus au moins à l’abandon et que nous avons restauré minutieusement.

R.H. – Et dans ce château vous produisez encore des vins remarquables

V.B. – C’est un terroir de très bonne qualité et nous sommes encore engagés avec la Syrah.

Vincent nous avait apporté trois vins de Saxenburg pour déguster de la gamme Guinee Fowl et de sa Collection privée, tous trois disponibles à l’SAQ Spécialité.

V.B. – Je nous sers le vin de notre Chardonnay Collection Privée, 100% Chardonnay. Notre règle est de produire des vins très bien structurés, en harmonie avec les arômes et avec le bois,

R.H. – La couleur est d’un jaune or, cristallin, magnifique

V.B. – Les arômes sont typiques d’un Chardonnay d’Afrique du Sud, plutôt à la recherche d’abricot, de noix, de beurre fondu. Un vin que nous aimons crémeux.

R.H. – Vraiment délicieux! En bouche c’est un vin délicat, avec une fraîcheur exceptionnelle.

V.B. – En bouche c’est un vin qui tient sa promesse et qui va avec tout genre de plats et surtout des plats un peu crémeux et accompagnés de fruits de mer.

R.H. – Quel est le deuxième vin?

V.B. – C’est le vin le plus connu au Québec, le Guinea Fowl, la pintade, le vin avec la plume

R.H. – L’étiquette est très belle, avec cette plume de pintade, qui fait qu’on le reconnaisse tout de suite.

V.B. – C’est un vin d’assemblage, de Merlot, de Cabernet Sauvignon et de Syrah. Au nez il a du poivre, un côté légèrement fumé, caractéristique du Cabernet, suivi en bouche par les fruits du merlot et une belle touche de tabac, et ce goût élégant de cuir, typique de la Syrah qui suit en fin de bouche

R.H. – Effectivement, il y a du cuir et du tabac il y a des épices, un peu de minéralité. C’est un vin magnifique, un vin de plaisir qui va très bien avec des viandes grillées.

V.B. – Notre dernier vin c’est le vin icône de Saxenburg, c’est le Shiraz de la Collection Privée. Il a reçu dernièrement le 90 points, le Best Buy aux États-Unis.

Nous travaillons sur des petits rendements. Le vin a une grande densité et une belle structure.

R.H. –Robe rouge foncé, tirant sur le violet. Les arômes harmonieux et équilibrés, tout en fruits et en fleurs.

V.B. – Les arômes et le goût de fruits très noirs, typiques de la Syrah.

R.H. – En bouche c’est un vin d’une élégance rare. Des tanins ronds, bien fondus avec l’acidité.

V.B. – Pour arriver à cette perfection nous travaillons avec des fûts en chêne français et en chêne américain également. C’est le chêne américain qui apporte vraiment cette rondeur au niveau des tanins et qui donne cette élégance au vin.

R.H. – Ce sont des vins magnifiques. Je crois que vous avez aussi deux livres sur vos domaines dont vous voulez nous parler.

V.B. – Le premier livre a pour titre: 1693 Saxenburg, Wines of distinction. Il parle de la Renaissance de l’arrivée de ma famille à Saxenburg et de ce que nous avons pu vivre dans ces derniers vingt ans, parce que nous avons été fascinés par l’Afrique du Sud.

R.H. – Est-ce qu’on peut le trouver à Montréal?

V.B. – Non, c’est un livre que nous avions fait pour la famille et les amis, en petit tirage.

R.H. – Ce sont généralement des trésors. Pouvez vous me parler de votre autre livre?

V.B. – Le titre c’est Château Capion, un conte de fées. C’est vraiment ce que c’est, un petit bijou caché dans un coin magnifique du monde.

Avant de nous quitter Vincent Bührer a eu la gentillesse de me dédicacer ses deux livres que j’ai placé sur ma table à café et qui me permettent de découvrir la belle aventure de ces visionnaires Suisses, qui savent déceler les trésors dans des domaines abandonnés.

Voici les liens de Vincent Bührer et du Groupe Vive :

GROUPE VIVE S.A.
Matthofstrand 8
CH-6000 Luzern 14
Switzerland
Tel: 00 41 4136 81099
Fax: 00 41 4136 81082
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Représentés au Québec par:
Réal Wolfe
Francs-Vins
Vice-Président au développement
GROUPE VINI-QUATRO
400, rue Atlantic bureau 501
Montréal, Québec H2V 1A5
T 514 270 6123
F 514 270 5765
C 514 814 3591
skype : rwolfevini

Vins de Saxenburg disponibles au Québec :

Saxenburg Private Collection, Shiraz 2004 # 11155041 $ 31,50
Guinea Fowl 2007 (Merlot, Cabernet Sauvignon, Shiraz) # 10678026 $ 14,75

Roger Huet
Chroniqueur et animateur de radio
Président du Club des Joyeux.
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jeudi, 28 avril 2011 18:14

Massaya, le raisin de la Bible

La vigne a des racines très anciennes au Liban, les vins sont bons mais il est assez rare de recevoir la visite d’un vigneron Libanais. J’ai donc été doublement heureux de rencontrer Sami Ghosn du vignoble Massaya. Son domaine est situé sur le plateau de la Bekaa, dans le Nord-est du Liban à une altitude moyenne de 900 mètres au-dessus de la mer; il est entouré de deux chaînes de montages qui sont le Mont Liban et l’Anti-Liban C’est une vallée fertile qui a été le grenier du Moyen-Orient depuis l’antiquité.

R.H. – Votre aventure commence avec vos parents Michel et Amal, lorsqu’ils achètent le domaine Tanaïl, en 1970. Ils veulent avoir une propriété de campagne, pour passer les vacances. À ce moment-là vous étiez âgé de six ans, votre sœur Ghada en avait dix et votre frère Ramsil cinq. Est-ce que Tanaïl était autre chose qu’une propriété de loisir pour la famille?

S.G. – C’était tout mon souvenir d’enfance. C’était nos jeux, le potager organique de ma maman, c’était les chevaux, les chiens, des arbres fruitiers et quelques vignes pour des raisins de table. C’était superbe!

R.H. – Le conflit libanais survient en 1975, et il y a un véritable bouleversement dans la vie de votre famille.

S.G. – Étant chrétiens catholiques, nous avons eu de gros soucis avec la présence militaire à ce moment là. Nous avons dû évacuer Massaya. Autrement dit, nous avons dû fuir dans la voiture de ma mère.

R.H. – Vos parents vous envoient à l’étranger, avec votre frère pour faire des études.

S.G. – J’ai fait l’architecture à Paris ensuite je suis allé aux États-Unis où j’ai travaillé dans le “Construction management”. C’était un passage de ma vie qui m’a enrichi, mais je n’ai pu oublier le Liban ni changer ma peau. J’étais au Liban dans tout mon esprit et mon âme.

R.H. – Un jour votre père vous annonce qu’il a décidé de vendre le domaine du Tanaïl.

S.G. – Étant partis à l’étranger et étant chrétiens, il y avait beaucoup de pression sur nous et sur les autres catholiques pour que nous vendions nos propriétés. On voulait vider le Liban de la présence chrétienne. Notre propriété a été occupée de force par des gens qui ont commencé à nous envoyer des messages, eux et d’autres, affirmant que nous ne retournerions jamais. Mon père me transmettait les messages.

R.H. – Vous décidez de rentrer au Liban, vous quittez les États-Unis, vous rendez même votre carte verte, et lorsque vous retournez à votre domaine, parce que vous ne voulez pas que votre père vende, qu’est-ce que vous y trouvez?

S.G. – Mon père m’a dit qu’étant l’ainé des garçons je devais décider qu’est-ce qu’on faisait de tout cela. J’ai pris le taureau par les cornes, et je suis monté au Tanaïl pour rencontrer ces gens là. À ce moment là j’étais armé, comme eux d’ailleurs. J’ai fait une hutte sur le toit de la maison et j’y ai campé. Je leur ai dit «il faudra faire votre choix. Soit vous me tuez, soit vous quittez les lieux. » Cela a duré quelque temps. Ils ont bien compris que j’étais décidé et ils ont dû évacuer. La maison était méconnaissable, le terrain aussi, mais l’appel de la terre était là. Une fois sur la propriété je devais décider quoi faire pour faire renaître la ferme et en vivre.

R.H. – Pour rendre votre propriété viable vous décidez de produire de l’Arak, cette eau de vie anisée qui est appréciée dans la région.

S.G. – J’ai rencontré un vieux monsieur qui avait été déplacé de la montagne et qui avait un superbe potager. Il avait des abeilles et élevait des poules. Moi j’aime beaucoup la campagne donc nous avons pas mal parlé. Je lui ai dit que je voulais qu’il m’aide à donner de nouveau vie au domaine. Il m’a dit pourquoi ne pas faire l’Arak. Je n’avais aucune idée de ce que c’était. Il m’a conseillé de faire venir du raisin, des tonnes de raisin. Nous avons loué un alambic et j’ai beaucoup aimé tout ce qui a suivi.

R.H. – Au début vous fabriquez l’Arak à partir de raisins qui viennent d’autres propriétés?

S.G. – Nous avons dû acheter dix tonnes d’un raisin blanc libanais qui s’appelle Obeidi et j’ai surtout voulu faire l’Arak de façon artisanale, à l’ancienne. Par la suite je suis allé à Cognac, une autre fois en Charente pour perfectionner ce que j’avais appris. Mais ce sont les Arabes qui ont découvert la distillation. Nous avons donc fait des alambics qui s’appellent à tête de mort, et qui sont l’ancêtre de l’alambic charentais avec quoi le cognac est produit. Le résultat a été magnifique. J’ai apporté des échantillons en France et on m’a dit que la qualité organoleptique était excellente. Nous avons pris de l’anis vert au Mont Elmont en Syrie et j’ai fait vieillir cela dans des jarres. Je vendais mon Arak comme produit organique dans les pharmacies de ma mère. Au début, je faisais les étiquettes à la main. Les gens le trouvaient excellent et en redemandaient. J’ai produit ma bouteille bleue.

arak pour samy

R.H. – Qui caractérise votre production.

S.G. – Elle symbolise l’Arak Massai en effet. Le bleu pour moi symbolise l’Orient, les Mille et une nuits, Fayruz la chanteuse, la turquoise. Je trouvais que c’était la couleur pour l’Arak. Cette bouteille bleue a été un franc succès.

R.H. – À quel moment décidez-vous de produire du vin?

S.G. – Je suis revenu à la propriété au début des années 90. La première bouteille d’Arak est sortie en 95. La proximité avec les vignobles nous a amenés naturellement vers le vin en 97. Nous avons commencé par arracher les vignes de raisin de table et nos avons planté des cépages qui venaient de France : le Grenache, la Syrah et le Cabernet Sauvignon. Il y a une grande affinité entre le Liban et la France.

R.H. – Ne connaissant rien à la production de vin vous prenez la sage décision de vous associer avec des vignerons français. les Hébrard de Saint-Émilion et les Brunier de la région de Château-neuf-du-pape. Comment avez-vous trouvé ces producteurs?

S.G. – Quand nous avons pensé à faire du vin je me suis dit que je ne pouvais pas compter avec les connaissances d’un vieux monsieur de la montagne libanaise. Le défi allait bien au-delà du Liban et il fallait trouver la connaissance technique à la fine pointe. Nous Libanais nous descendons des Phéniciens et nous voyageons, nous rencontrons et nous faisons des échanges. J’avais rencontré un monsieur à Bordeaux qui m’avait vendu des bouchons. Je l’ai appelé et lui ait dit ce que je cherchais. Il m’a présenté des gens. La première cave que j’ai visité à Bordeaux, si vous voulez me croire c’était le Cheval Blanc. Je ne savais rien de Cheval Blanc et voilà que j’ai rencontré Dominique Hebrard. Notre échange s’est très bien passé. Mon CV était la bouteille bleue d’Arak. Il a voulu visiter le Liban. Il a voulu aller vers les origines du vin. Le Liban est un pays très attachant. C’est ainsi que Dominique est devenu de la partie. Un peu plus tard je me suis dit que pour les cépages plus méditerranéens plus proches de nous il fallait faire une sorte d’escale entre Bordeaux et la Bekaa et c’est ainsi que j’ai eu la chance de rencontrer les Brunier. Nous étions au Vieux Télégraphe et il m’ont dit «donne-nous quelques jours de réflexion. » Ils m’ont appelé une semaine plus tard pour me dire qu’ils étaient partants. J’ai dit à tous les deux que je voulais des gens qui investissent et non des consultants qui nous quittent au premier problème au Liban. Ils ont mis de l’argent et depuis ils ont investi cinquante fois la mise initiale.

Le Liban offre un superbe héritage vitivinicole pour des gens de cette qualité qui veulent aller vers les sources.

R.H. – Vous et vos associés y croyez tellement que votre vignoble passe de 5 à 40 hectares et vous accumulez les prix et les médailles pour vos vins.

S.G. – Nous y croyons et nous travaillons. L’appel du vin du Liban est fantastique parce que le vin est un domaine positif qui rapproche les gens. Il y a une histoire grandiose du vin chez nous. Les Romains ont bâti le temple de Bacchus dans la plaine de la Bekaa à quelques kilomètres de notre propriété de Massaya. Nous avons un climat parfait pour produire des vins de bonne qualité. Le Liban c’est biblique et même prébiblique. Le premier miracle du Christ, quand il a changé l’eau en vin c’était à Cana, au Sud Liban.

R.H. – Quels est le type de terroir que vous avez?

S.G. – Massaya c’est argilo-calcaire. Nous sommes à mille mètres d’altitude, nous avons des montagnes enneigées et nous n’avons pas à irriguer. Entre avril et septembre nous n’avons pas une goute d’eau donc pas de problème de vers et de champignons. Les vins de Massaya sont organiques et c’est presque par défaut, c’est facile de faire des bons vins à Massaya, le terroir est sublime et le raisin magnifique.

R.H. – Vous faites du vin rouge, du blanc et du rosé?

S.G. – Nous faisons un rosé un blanc et trois rouges.

Sami Ghosn avait apporté trois bouteilles à déguster. Le Massaya classique rouge 2008 ( Cinsault 60%, Cabernet Sauvignon 20% et Syrah 20%) , le Massaya argent 2005 (Grenache noir 40%, Cinsault 30%, Cabernet Sauvignon 15% et Mourvèdre 15%) et le Massaya Gold Réserve 2008 (Cabernet Sauvignon 50%, Mourvèdre 40% et Syrah 10%). Les trois vins signés par Sami et par ses associés français.

Nous avons commencé la dégustation par le Massaya classique rouge 2008.

R.H. – Très belle couleur cérise, des arômes très fruités,

S.G. – C’est un vin vinifié en cuve inox. Il a un côté poivré qui est un exemple de ce que nous faisons à Massaya. Il est frais, fruité, facile à boire. C’est le seul de nos vins rouges qui a une capsule à vis.

R.H. – En bouche une belle fraicheur avec des tanins bien présents mais veloutés.

S.G. – C’est un vin que je recommande avec des salades, des tapas, des pâtes, le côté poivré et épicé relève bien l’huile d’olive et le citron.

R.H. – Quel est le deuxième vin?

S.G. – C’est le Massaya sélection, étiquette argent qui a forgé notre réputation.

R.H. – Une belle couleur rouge tirant vers le violet. Les arômes plus complexes.

S.G. – Cette complexité est obtenue à travers le Grenache, le Cabernet Sauvignon, le Mourvèdre et le Sanson. C’est un vin qui est vinifié en cuve de chaîne français.

R.H. – C’est pourquoi il a une présence boisée, un peu de vanille, beaucoup d’épices aussi des fleurs, violettes. En bouche, il est aussi beaucoup plus complexe que le premier

S.G. – Le 2005 est bien patiné. Il accompagne très bien des repas festifs comme l’agneau et la viande en sauce.

R.H. – Quel est le troisième vin?

S.G. – C’est le Gold Réserve 2008, Massaya 50% Cabernet Sauvignon et on le voit à travers la couleur.

R.H. – C’est une couleur très foncée, très belle. Les arômes sont toutes en nuances, rien ne dépasse. C’est un vin incroyable. Du poivre, beaucoup de fleurs, de fruits. En bouche, il est velouté et très élégant.

S.G. – Il appelle un steak au poivre bien saignant ou du gibier. C’est un vin que nous vinifions dans des futs de chêne français.

R.H. – Les tanins sont présents mais très nobles et il a une longueur en bouche qui est remarquable.

Sami Ghosn est reparti ver ses terres du Liban mais nous a laissé sa magie. Ses vins sont délicieux!

Voici les liens de Massaya :
Sami Ghosn
P.O. Box 33 Chtaura
Bekaa Valley, Liban.
www.massaya.com
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Leur représentant au Québec
André Dagenais
Les Vins La Rochelle
514 769-1990 # 0
450 462-9038
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Liste de leurs vins disponibles au Québec:

Massaya Sélection de Tanail de Bekaa 2005, # 904102, $ 19.90
Massaya Classic Vallée de Bekaa 2008 # 10700764, $16.10
Arak El Massaya Alcool Anisé (500 ml) # 0761348, $31.50
Massaya Gold Reserve Vallée de Bekaa 2005 # 10856929 $41.00
Massaya Blanc Vallée de Bekaa 2008 # 11213773, $20.00

Roger Huet
Chroniqueur et animateur de radio
Président du Club des Joyeux.
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jeudi, 21 avril 2011 10:36

Les vins portugais nous séduisent!

sogrape vinhos

Je me suis entretenu avec Miguel Pessanha et Jorge Guimaraes, deux joyeux Portugais, très sympathiques qui connaissent le Porto et le vin portugais comme personne. Miguel est le Coordonnateur de l'œnologie et la viticulture du consortium Sogrape Vinhos, et Jorge dirige les exportations.

R.H. – Miguel, vous avez fait trente vendanges, depuis que vous avez obtenu votre diplôme d’œnologue, en 1983. Trente ans c’est beaucoup, et surtout lorsqu’on est comme vous, dans une recherche constante de l’amélioration de la qualité.

M.P. – Oui, c’est vrai, trente ans c’est beaucoup et je peux dire que toutes ces vendanges ont été différentes. Il y avait des années plus faciles, et d’autres plus difficiles. Il faut toujours adapter la technologie et la façon de vinifier à chaque millésime. Mais je suis très content parce que ces dernières années il y a eu une grande amélioration de la qualité au Portugal.

R.H. – Aujourd’hui les vins portugais sont entrés dans la cour des grands. Avant il y avait les Portos et les Madeira qui étaient remarquables mais les vins étaient considérés moins bons, aujourd’hui il y a des vins incroyables et c’est bien grâce à vous et à des personnes comme vous qui avez cette passion de bien faire.

M.P. – C’est un travail de passion et de précision. Pour faire un bon vin il faut commencer dans la vigne. Après il faut être attentif aux moindres détails dans tout le processus de vinification, jusqu’à la bouteille. Toutes ces touches de qualité dans toutes les étapes s’additionnent et à la fin font la différence et nous permettent d’avoir un vin de très grande qualité.

R.H. – Vous dirigez une équipe de combien d’œnologues et agronomes aujourd’hui ?

M.P. – Avec moi nous sommes sept œnologues et nous avons quatre agronomes. Nous travaillons dans presque toutes les régions portugaises : dans la région de Vinho Verde, dans la région du Douro avec les portos, dans la région du Dao, dans la région de Beiras et dans la région d’Alentejo. Nous avons des équipes pour chaque région.

R.H. – Jorge : Le président de Sogrape, Salvador Guédès, a reçu récemment à New York, la Wine Star Award du Wine Enthusiast Magazine, qui vous classe comme premier Producteur de l’année pour 2010. Quel a été leur critère pour vous décerner cette distinction?

JG. – C’est la première fois qu’elle est donnée à une entreprise portugaise. Nous l’avons reçue parce que nous avons été capables de transmettre la typicité et la modernité, de tous les vins du groupe Sogrape. C’est vraiment l’effort de toute l’équipe qui commence à la viticulture, passe par l’œnologie, les commerciaux, et les relations publiques. C’est une reconnaissance très importante pour nous, qui nous motive à nous améliorer.

R.H. – Il faut dire que Sogrape Vinhos est un géant au Portugal puisque vous avez des marques aussi connues que : Casa Ferreirinha du Douro dont le Réserve Spéciale est une merveille, Gazela Vinho Verde qui est un vin blanc rafraichissant et versatile, Offley Vinho do Porto, qui est un Porto rouge très agréable, le Sandeman Apitiy, un vin d’apéritif couleur caramel doux, Ferreira Vintage, le grand Porto qui se fait depuis la fin du Dix-huitième siècle, et Mateus Aragonez Rose, un vin frais et fruité, très agréable.

J.G. – Et nous en avons d’autres. Le Groupe Sogrape est un groupe qui appartient à la famille Guédès, mais qui déborde les frontières du Portugal. Nous produisons certes des vins dans la plupart des régions portugaises, mais nous avons aussi acheté un domaine vinicole en Nouvelle Zélande qui s’appelle Framingham qui est d’une très grande qualité. En Argentine nous sommes les propriétaires d’un vignoble très connu des Québécois qui est le Finca Flichman, et au Chili nous avons acheté, il y a trois ans, le Château Los Boldos. Nous produisons aussi du Xeres en Espagne.

R.H. – Quel est votre volume de ventes en nombre de bouteilles toutes marques confondues?

J.G. – Nous sommes tout près des quatre vingt millions de bouteilles par année. C’est une belle piscine de vins que nous produisons et je suis bien content d’avoir Miguel avec moi, qui est en charge de toute cette production.

R.H. – C’est plus qu’une piscine, c’est un océan!

Avec des produits si différents, que souhaitez-vous surtout que le consommateur retrouve dans vos vins?

M.P. – Ce que je souhaite surtout c’est que le consommateur reconnaisse la typicité des vins portugais. Le Portugal a une richesse énorme en cépages. Nous en avons presque trois cent sortes. C’est pourquoi dans chaque région nous produisons des vins différents qui s’expriment et que l’on ne retrouve pas dans d’autres pays.

Miguel et Jorge m’avaient apporté quelques bonnes bouteilles pour déguster. Il y avait un Mateus Rosé, un vin de la région du Douro, le Villa Régia et finalement le Porto Offley LBV 2005.

R.H. – Mateus Rosé c’est le vin avec lequel les Guédès ont commencé la viticulture, n’est-ce pas?

M.P. – Oui, ce vin a été produit en pleine guerre, en 1942. C’est grâce à Mateus, à son succès, à sa reconnaissance par les consommateurs du monde, que Sogrape a grandi et est présent aujourd’hui dans d’autres régions vinicoles du Portugal et du monde.

R.H. – La robe est magnifique, elle est couleur saumon. C’est un vin légèrement perlant qui charme parce que lorsqu’on le met en bouche il produit une impression de beaucoup de fraîcheur.

M.P. – On trouve des arômes fruités, des arômes de rose. Son intensité aromatique fait deviner, en effet, qu’on va avoir en bouche une grande fraîcheur.

R.H. – C’est peut-être le secret de son succès.

M.P. – Le Mateus est un vin tout terrain, qu’on peut boire en apéritif, avec des salades, avec des poissons et même au dessert. C’est un vin polyvalent!

Jorge ajouta : « À mon avis, le Mateus est un des rares vins qui accompagne bien la cuisine chinoise. J’ai voyagé plusieurs fois en Chine et leur cuisine est difficile à marier avec les vins. Le Matéus est un vin qui lui va à merveille. »

M.P. – Maintenant nous allons déguster le Villa Regia Douro 2008, qui est un très bon millésime. 2008 a été une année très fraîche dans le Douro et nous a donné une intensité aromatique très intéressante, avec des fruits rouges et des fruits noirs.

R.H. – La robe est belle, et en bouche c’est un vin complexe; on retrouve des saveurs de cuir, d’épices. Les tanins sont ronds, bien fondus.

M.P. – C’est un vin qui va très bien avec des viandes et avec des fromages.

R.H. – Le dernier vin c’est donc le Porto Offley LBV 2005. La robe est d’un rouge foncé avec des reflets violets.

M.P. – Les arômes sont intenses, de chocolat, de fruits noirs comme la mûre, un peu de tabac; on sent presque le raisin. En bouche c’est un vin ample qui explose en arômes, des tanins très fondus. 2005 a été un très bon millésime.

R.H. – Un porto d’une grande élégance à déguster tranquillement chez-soi ou avec des amis.

M.P. – Ce Porto va très bien avec des fromages ou avec un cigare.

Miguel Pessanha était ravi de découvrir le Québec, si vivant et si ouvert et intéressé aux vins du Portugal. Jorge Guimaraes, par contre fait déjà partie de la famille québécoise, il vient nous voir au moins trois fois l’an.

Sogrape Vinhos
Sogrape Vinhos, SA – Aldeia Nova, Avintes, 4430 Vila Nova de Gaia, Portugal
http://www.sograpevinhos.eu /
Miguel Pessanha
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Jorge Guimaraes
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Représentés au Québec par

Luc Provencher
Directeur
Division Vins Fins / Communications
Charton Hobbs, Québec
514 353 8955 Ext : 358
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www.chartonhobbs.com

VINS

10499773 : Douro 2008 Callabriga : $19.75
10660740 : Alentejo Colheita 2008 Herdade Do Peso : $20.90
10667351 : Vinho Verde Gazela : $9.95
00546309 : Dao 2008 Duque de Viseu : $15.00
00000166 : Mateus rosé : $9.95
00464388 : Douro 2008 Vila Regia : $10.10
00501486 : Alentejo 2008 Vinha do Monte : $12.95
11325741 : Reserva Douro 2008 : $20.20
10838878 : Douro blc 2009 Vinha Grande Casa Ferreirinha : $19.05
00865329 : Douro rge 2008 Vinha Grande Casa Ferreirinha : $19.75

PORTOS

00157438 : Tawny Porto Rei Offley Forrester: $15.10
00260091 : Tawny Porto 10 ans Offley Forrester : $28.95
00284224 : Tawny 20 ans Offley Forrester : $59.50
00441618 : Tawny 30 ans Offley Forrester : $87.50
00483024 : LBV 2005 Offley Forrester : $20.95
00582064 : Porto Blc Cachucha Offley Forrester : $19.10
00599944 : Tawny Colheita 1980 Offley Forrester : $57.75
00718437 : Vintage 2000 Boa Vista Offley Forrester : $71.00
00865311 : Tawny Dona Antonia Ferreira : $20.50
00571604 : Porto Blc Ferreira : $14.80
00082115 : Tawny 10 ans Ferreira : $37.50

Roger Huet
Chroniqueur et animateur de radio
Président du Club des Joyeux.
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mardi, 19 avril 2011 18:11

Bodega Terrazas de los Andes

Nous avons reçu la visite à Montréal d’Hervé Birnie Scott, directeur de la Bodega Terrazas de los Andes qui nous a conviés à un déjeuner charmant et bien arrosé.


birnie scott 2a
Hervé Birnie Scott, directeur de la Bodega Terrazas de los Andes

Terrazas de los Andes est la propriété du groupe Moët & Chandon, lui-même une branche de LVMH.

C’est à la fin des années 50 que Renaud Poirier, un œnologue réputé, a été envoyé par les gens de Chandon en Argentine à la recherche de terres propres à la fabrication de mousseux de qualité. Plusieurs décennies de production d’essai ont été nécessaires avant que le groupe décide de fonder en 1999 la Bodega Terrazas de los Andes, une joint venture entre Moët Hennessy Wine Estates et Bodegas Chandon Argentina, qui produit maintenant une belle gamme de vins de qualité.

Une des caractéristiques de ce domaine est la sélection des cépages en fonction de l’altitude. Ils produisent la Syrah à 800 m, le Cabernet à 980 m, le Petit Manseng à 1000 m, le Malbec à 1060 m, le Merlot à 1150 m et le Chardonnay à 1200 m de sorte que chaque cépage profite avec la plus grande justesse des températures diurnes et nocturnes.

Hervé Birnie Scott nous a parlé avec passion de la région de Mendoza et de Lujan de Cuyo, où ils ont aussi un petit vignoble. Des paysages à couper le souffle de cette nature avare mais magnifique des Andes argentines.

Nous avons dégusté plusieurs de leurs vins qui sont vraiment très bien faits, et d’une grande élégance.

Terrazas Reserva Cabernet sauvignon 2008
Terrazas Reserva Chardonnay 2009
Terrazas Reserva Malbec 2008
Terrazas Reserva Torrontes 2010
Cheval des Andes 1999, 2002 et 2006

Hervé a repris son cheval des Andes et est reparti comme un gaucho de la pampa. Adios amigo! Hasta pronto!

Heureusement pour les amateurs, le Terrazas Reserva Malbec et le Cheval des Andes sont déjà disponibles à l’SAQ, les autres le seront un peu plus tard en importation privée.

Voici les coordonnées du représentant pour le Québec:

Luc Provencher
Directeur
Division Vins Fins / Communications
Charton Hobbs, Québec
514 353 8955 Ext : 358
514 799 0524 Portable
www.chartonhobbs.com

Vins disponibles au Québec :

Terrazas Reserva Malbec 2008 : 10399297 : $19.95

En attente de reconduction :

Cheval des Andes 2006 : 10692354 : $80.25

Roger Huet
Chroniqueur et animateur de radio
Président du Club des Joyeux
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vendredi, 15 avril 2011 18:00

Une pluie d'or et d'argent sur Global

Félicitations à L’agence Les Vins du Réseau International Global et à Monsieur Emanuel Cabral pour quatre médailles d’or, une médaille d’argent et dix sceaux de distinction qu’ils ont remporté à la Coupe des Nations 2011.

Pour l’or, les vins primés étaient :

  • Don Adelio Ariano, 2006
    Fontanário de PegÕes, 2007
    Marquês de Marialva Baga, 2007
    Porto Cabral tawny 20 ans

    Pour l’argent :
  • Porto Cabral tawny 30 ans

Pour les sceaux de distinction :

  • Marquês de Marialva Reserva, 2008
    Scurati, 2008
    Les Jardins de Meyrac, 2009
    Marquês de Marialva blanc, 2008
    Vale da Judia, 2009
    Château Gaillard, 2006
    Porto Cabral Tawny 10 ans
    Porto Cabral Branco Fino
    Porto Cabral Carácter Reserva
    Bonhomme Hiver

Roger Huet
Chroniqueur et animateur de radio.
Président du Club des Joyeux.
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vendredi, 15 avril 2011 06:12

Les délices de Cosenza

En ouvrant mon invitation à un souper gastronomique de la Province de Cosenza (Calabre) je me suis dit que ce serait intéressant de découvrir les délices d’une région de l’Italie que je ne connais pas. La rencontre avait lieu au Voro, le nouveau restaurant italien branché de la rue Saint-Laurent.

brunella dho et anna sacco responsabile servizio promozione e sviluppo camera di commercio de cosenza

Brunella Dho et Anna Sacco responsabile servizio promozione e sviluppo camera di commercio de cosenza

Les Italiens hommes et les femmes rivalisaient d’élégance. La Directrice Générale de la Chambre Italienne de Commerce, Danielle Virone nous a donné la bienvenue avec un discours bref et plein de chaleur. Ensuite Katia Stancato, la responsable Chambre de Commerce de Cosenza (Calabre) s’est adressée à nous en italien. C’est une remarquable beauté italienne du Sud, dont les yeux pétillaient d’intelligence. Mes cours d’italien m’ont bien servi.

danielle virone directrice gnrale chambre de commerce italienne au canada

Danielle Virone, Directrice Générale de la Chambre Italienne de Commerce

L’éditrice du magazine Vins et Vignobles, Nicole Barrette Ryan, nous a fait une magnifique présentation de la Province de Cosenza qu’elle connaît bien. Elle nous a fait rêver en nous décrivant ses paysages magnifiques, ses vins uniques, faits de cépages autochtones et ses délices gastronomiques.

Nous avons bien mangé. Le chef de Voro nous avait préparé un souper à la Cosenzana. Les vins venaient du Domaine Terre Nobili propriété de Lidia Matera qui a repris en main il y a quelques années le vignoble fondé par son père à Montalto d’Uffugo qui voulait reconstituer les anciennes vignes régionales qui étaient tombées dans l’oubli. C’est ainsi qu’ils se sont mis à produire l’Alarico, le Cariglio, le Donn’éleonò et le Santa Clara; des vins qui expriment la typicité du terroir. Nous avons dégusté l’Alarico et le Cariglio, blanc et rouge. Ce sont des vins très fleuris et très goûteux. Tous les deux sont des vins secs mais avec une finale douce, presque sucrée, une surprise.

Si vous voulez en savoir plus sur les vins Terre Nobili, pourquoi ne pas écrire à Lidia Matera? Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Il y avait aussi à ce souper un impressionnant échantillonnage de produits gastronomiques de la Province de Cosenza. La Chambre Italienne de Commerce du Canada peut vous fournir toute l’information dont vous avez besoin : (514) 844-4249

Nous nous sommes quittés en nous promettant de visiter Cosenza dès que possible.

Roger Huet
Chroniqueur et animateur de radio.
Président du Club des Joyeux.
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dimanche, 10 avril 2011 22:05

Fonseca, des Portos de style

Luis Carneiro, directeur à l’exportation du groupe des portos Fonseca, Taylor’s et Croft était à Montréal. Je l’ai rencontré pour parler de la maison Fonseca qui est une vieille maison fondée en 1827 par Manoel Pedro Guimaraens qui dit-on avait mis au point une formule secrète pour produire des portos très bien faits et très élégants.

fonseca img 0568Photo: Roger Huet

L.C. – Portos Fonseca est une maison familiale avec 130 années d’existence. Depuis la fondation de la maison, les Guimaraens cherchent à faire des portos de qualité. Nous nous soucions d’avoir des raisins de bonne qualité. Le savoir-faire que nous avons acquis à travers l’histoire, est énorme. C’est vrai que nous transmettons de génération en génération notre maitrise et nos secrets de qualité. C’est ce qui fait la réputation de Fonseca.

R.H. – Vous êtes très liés à l’histoire du Portugal et de l’Angleterre.

L.C. – Il y a eu des moments particuliers dans notre histoire. Je peux vous raconter un épisode qui est arrivé au milieu du Dix-neuvième siècle. Il y avait une guerre entre deux frères prétendants au trône du Portugal. L’un était conservateur et l’autre libéral. La famille Fonseca avait pris parti pour le frère libéral qui malheureusement a perdu. Pedro Guimaraens a dû s’enfouir en Angleterre, enfermé dans une barrique. À cette époque le gros de notre commerce se faisait avec l’Angleterre. La famille Guimaraens s’y est donc établie pour ne revenir au Portugal que vers le début du Vingtième siècle. Pendant l’exil les Guimaraens ont continué à produire leurs vins au Portugal.

R.H. – C’est un véritable roman! L’œnologue de la maison est aujourd’hui David Guimaraens, un descendant du fondateur, ce qui vous permet de conserver vos secrets de fabrication.

L.C. – Oui, David Guimaraens est la sixième génération, il a suivi les traces de son père Bruce, qui l’a initié à la culture Fonseca, comme lui avait été initié par son père et ses oncles.

R.H. – Qu’est-ce qui distingue la maison Fonseca des autres maisons de Porto.

L.C. – Surtout le style. Chaque maison productrice de porto doit avoir son propre style. Fonseca a un style de porto très vineux, avec beaucoup de matière, très structuré et orienté vers le fruit. Des aromes de prune, une longueur en bouche exceptionnelle, beaucoup de structure. C’est vraiment cela la définition du style Fonseca.

R.H. – Quelle est la taille et la qualité de votre terroir?

L.C. – L’industrie du Porto tourne sur environ 120 millions de bouteilles. Fonseca n’en représente qu’un pour cent. C’est très petit. Nous avons des vignobles d’une centaine d’hectares sur les quarante mille qui couvrent la vallée du Douro. Mais nous achetons aussi du raisin, parce que le monde du porto est un monde de négoce. Sur les quarante mille hectares de vignobles du Douro, on trouve à peu près trente mille viticulteurs. C'est-à-dire qu’il y a beaucoup de petites propriétés qui produisent le raisin pour le porto. Nous demeurons malgré tout une maison de petite taille, reconnue par sa qualité.

R.H. – La culture de la vigne dans le Douro se fait en terrasses n’est-ce pas?

L.C. – Le paysage de la Vallée du Douro a un caractère unique. Nulle part ailleurs, dans la planète vous ne trouverez une configuration semblable. C’est si beau que l’UNESCO a déclaré la vallée du Douro Patrimoine mondial de l’humanité. Nous sommes à 600 mètres d’altitude et les terrains sont très inclinés et sinueux. L’unique façon de planter c’est en construisant des terrasses. Aujourd’hui on identifie plus de 5 000 kilomètres de terrasses. Si vous visitez l’Europe, je vous invite à venir voir la Vallée du Douro, vous en serez émerveillés, elle est incomparable.

R.H. – Parlez-nous de l’AOC du Douro.

L.C. – Nous avons l’appellation d’origine contrôlée la plus ancienne au monde. Elle a été instituée pour répondre à une demande des Anglais. Le ministre de l’époque, le Marquis de Pombal, une des grandes figures du Portugal a créé l’appellation d’origine contrôlée du Douro en 1756.

R.H. – Il y a une multitude de cépages qui sont autorisés pour la fabrication du porto, mais je crois que vous vous spécialisez dans quelques variétés?

L.C. – Le Portugal est un pays de tradition vinicole. Plus ou moins 50% du territoire portugais se trouve sous une appellation d’origine contrôlée. Les cépages portugais sont de façon générale des cépages autochtones. Ils sont notre atout.

Une trentaine de cépages sont autorisés pour la fabrication du porto, parce que c’est essentiellement un vin d’assemblage. En réalité nous utilisons seulement six cépages: le Touriga Nacional qui est très goûteux mais de faible rendement, le Tinta Barroca qui est très sucré et qui n’est jamais planté vers le sud car il serait trop exposé au soleil, le Touriga Franca qui est un cépage tardif, le Tinta Amarella qui est planté en altitude et qui apporte beaucoup d’acidité, le Tinta Rouriz qui apporte des tanins puissants et une saveur épicée, et le Tinta Cão qui est parfait pour un long vieillissement.

Luis Carneiro nous avait apporté trois portos : un Fonseca Porto Blanc, un Fonseca Porto Tawny et un Fonseca Porto Terra Prima que nous avons dégustés dans cet ordre.

R.H. – Le Fonseca Porto Blanc est un porto qui a vieilli pendant trois ans en fût de chêne. Il a une robe jaune-doré. Le nez est intéressant avec des parfums de fruits, de légères touches poivrées, du miel, du citron confit et du chêne. En bouche, on perçoit son acidité rafraîchissante, son goût d’ananas, sa texture onctueuse, et une très longue finale. L’alcool ne domine pas. Le sucre n’est pas trop présent.

L.C. – Le Fonseca Porto Blanc est parfait avec des tapas, des hors-d’œuvre en général, du foie gras et aussi en fin de repas avec des fromages, des tartes et des gâteaux.

R.H. – Le Fonseca Porto Tawny s’est avéré plus équilibré et plus complexe. Sa couleur est ambrée, limpide et cristalline.

L.C. –En anglais «tawny» veut dire tuilé. Comme il passe trois années en barriques il développe déjà des arômes oxydatifs, avec des notes de noisette et de raisin sec. En bouche il a beaucoup d’harmonie et de fraîcheur et une très belle présence de fruits. Le style de la maison Fonseca c’est le Tawny bien rond et bien frais, très souple et plein d’élégance.

R.H. – Le Porto Fonseca Terra Prima, de style rubis, a une robe très intense. Il a des arômes de prune, de cerise. En bouche c’est un porto complexe, avec beaucoup de matière, avec des tanins veloutés. Un vin exceptionnel à prendre avec des fromages et des desserts.

L.C. – La particularité de ce porto c’est qu’il est issu d’agriculture biologique.

R.H. – On dit que c’était un projet caressé depuis longtemps chez-vous et que vous n’avez pu le réaliser que lorsque vous avez trouvé un fournisseur d’eau-de-vie biologique certifiée.

L.C. – Dans nos domaines nous avons une parcelle témoin qui n’est pas traitée. Nous avons remarqué que le sol du Douro étant très pauvre, la vigne n’était pas menacée ni par la moisissure ni par le mildiou. Lorsque nous avons enfin trouvé un vigneron capable de nous fournir une eau-de-vie biologique certifiée, nous avons pu réaliser ce magnifique Porto Fonseca Terra Prima. Nous envisageons maintenant, d’utiliser l’eau-de-vie biologique pour tous les portos de la gamme Fonseca

R.H. – Depuis combien de temps produisez-vous le porto bio?

L.C. – Nous avons commencé en 2005, c’est récent. C’est un produit très apprécié surtout par sa qualité gustative.

Luis Carneiro, me quitta pour effectuer sa tournée de clients avant son départ pour le Portugal.

Je restai longtemps à déguster mon verre de Terra Prima, en rêvant aux terrasses du Douro.

Voici les coordonnées de Luis Carneiro et de Portos Fonseca :

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Luis Carneiro, des Portos Fonseca
P.O.Box 1313, EC Santa Marinha
4401-501 Vila Nova de Gaia,
Portugal.

Représentés au Québec par:
André Dagenais,
Les Vins La Rochelle
514 769-1990 # 0
450 462-9038
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Les Portos Fonseca disponibles au Québec :

Porto Fonseca blanc, 14,65$. SAQ # 276816
Porto Tawny, 15,10$. SAQ # 499145
Fonseca Terra Prima, certifié biologique, 28,05$. SAQ # 10985819
Fonseca Tawny 10 ans, 34,75$. SAQ # 344101
Fonseca Tawny 40 ans, 375 ml., 113,75$ . SAQ # 866293
Fonseca Vintage 2000, 120,25$. SAQ # 708990
Fonseca Vintage 2007, 375 ml., 73,25$. SAQ # 11220906
Fonseca Vintage 2007, 141,00$. SAQ # 11220973

Roger Huet
Chroniqueur et animateur de radio.
Président du Club des Joyeux.
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lundi, 05 décembre 2016 07:31

Les vins charmeurs de Graffigna

J’ai rencontré Ignacio Lopez, Maître de Chai chez Bodega Graffigna d’Argentine. Il m’a accordé cette entrevue.

RH – Ignacio Lopez, vous êtes un œnologue de la région de Mendoza en Argentine, avec une grande expérience pour avoir travaillé avec les meilleurs œnologues d’Argentine. Racontez-nous votre parcours dans le monde du vin.

roger Ignacio Lopez en Montreal
IGNACIO LOPEZ – J’ai eu la chance de travailler avec des grands œnologues qui ont cru en moi et de qui j’ai beaucoup appris. Aujourd’hui j’exerce dans l’équipe de Victor Marcantoni dans les régions de Mendoza, Salta et San Juan. J’ai aussi fait des voyages techniques en Australie, Canada, États-Unis, Angleterre et dans plusieurs pays d’Amérique du Sud.

RH – On dit que l’histoire de Graffigna est gravée dans l’histoire de l’Argentine parce qu’elle commence au milieu du dix-neuvième siècle, lorsqu’un immigrant italien, Giovanni (Juan) Graffigna arrive avec le projet de trouver un terroir pour faire du vin. Ce qu’il voit dans la région de San Juan lui plaît beaucoup et fait venir son neveu Giacomo (Santiago), qui s’y connaît en vins et qui arrive avec quelques cépages dans ses bagages. Ensemble ils fondent la Bodega Graffigna, en 1870. Comment cela se passe par la suite?

IGNACIO LOPEZ – Santiago Graffigna était un visionnaire qui a joué un rôle clé dans l'histoire du vin en Argentine.

Voici comment sa petite-fille décrit sa passion et son sens du devoir: «Dans ces temps-là, comme aujourd'hui, l'eau était distribuée par un système de quotas parmi les différentes propriétés. Le jour de ses noces, coïncidait avec le jour d’arrosage de ses vignobles, et Santiago Graffigna n'a pas hésité à quitter la fête pour aller arroser ses vignes».

Au début Graffigna ne produisait que des vins tranquilles avec des cépages français, en blanc et en rouge, que l’on vendait en vrac. Ensuite on a commencé la production de vins mutés, et un des premiers a été le porto "Don Santiago". L’arrivée du chemin de fer a permis de décupler la production.

Le 20e siècle, a apporté bien des progrès dans les techniques de vinification. Grâce à eux, aux conditions exceptionnelles du sol, à ses ressources minérales et aux caractéristiques climatiques de la région, le rêve de Graffigna a pris une autre tournure. Bodega Graffigna absorbe la société David Luraschi en 1908.

En 1913, Juan, le fils de Santiago Graffigna, revient d'Italie avec le titre d’œnologue de l'École d'Alba et prend la direction de l’entreprise. Il apporte une nouvelle philosophie entrepreneuriale qui place la Maison familiale à l'avant-garde de la production de vins dans le pays. On commence la fabrication de Vermouth argentin et de Vino moscato generoso.

On agrandit les vignobles et en 1922 on inaugure une usine de vinification ultra-moderne à La Rinconada où l’on peut faire des de liqueurs et produire du vermouth, pour l'entreprise Cinzano. Cinq ans plus tard Graffigna inaugure son usine d’embouteillage.

Pour assurer la stabilité financière de la maison on développe des nouvelles lignes de brandy et on plante des oliviers dans plusieurs régions pour produire de l’huile d’Olive. On inaugure aussi une nouvelle distillerie.

RH – Un séisme de grande magnitude a presque brisé le rêve de Graffigna.

IGNACIO LOPEZ – Vous avez raison, en 1944 un tremblement de terre a provoqué des dommages importants au chai et aux vignes. La direction a pris des mesures de reconstruction et de modernisation qui ont amené l’entreprise à une forte croissance quelques années après. En1950, la société atteint une capacité de production 305.000 hectolitres de vin.

Dans les années 60 on commence la production de mousseux avec un système ingénieux de vinification et d’emballage à ciel ouvert.

RH – Est-ce que le coup d’état militaire et la crise économique qui s’en est suivie ont affecté l’industrie vinicole?

IGNACIO LOPEZ – Tout à fait, à partir des années 70, l’Argentine connait une crise économique qui affecte toute l’industrie vinicole, au point que la famille Graffigna se résigne à chercher un acheteur.

RH – En 2002, la propriété passe au groupe Domecq-Pernod-Ricard.

roger Charles Salvas Ignacio LopezCharles Salvas et Ignacio Lopez

IGNACIO LOPEZ – Pernod Ricard, a carrément sauvé Bodega Graffigna en lui permettant de se capitaliser et en lui ouvrant les marchés internationaux, tout en conservant ses racines locales.

RH – Où sont situés les vignobles de Graffigna et combien d’hectares couvrent-ils?

IGNACIO LOPEZ – Les vignobles Graffigna s’étendent sur 200 hectares dans la région de Cuyo qui comprend les provinces de La Rioja argentine, San Juan, San Luis, et Mendoza. Nous travaillons également sous contrat avec de nombreux producteurs.

RH – Parlez-nous des terroirs du point de vue des sols, de l’altitude, de l’hydrographie et du climat.

IGNACIO LOPEZ – Nos vignobles sont situés à des altitudes variant entre 700 et 1600 mètres, ce qui implique une diversité de climats. La grande majorité de nos sols sont alluviaux, car au pied des Andes. Ils sont généralement perméables, pauvres, mais riches en minerais.

RH – Combien de cépages cultivez-vous?

IGNACIO LOPEZ – Nous cultivons plus de 20 cépages avec une priorité pour le Malbec, suivi par ordre d'importance du Cabernet Sauvignon, du Pinot Gris, du Merlot, de la Syrah, du Chardonnay et du Viognier.

RH – Quel type d’agriculture pratiquez-vous et dans quelle mesure Graffigna est engagée envers l’environnement?

IGNACIO LOPEZ –Nous avons la certification ISO 14001 et travaillons pour réduire encore notre empreinte carbone, et parvenir à une meilleure gestion de l'eau et des déchets.

RH – Combien de types de vins et d’autres alcools produisez-vous?

IGNACIO LOPEZ – Notre portfolio contient 25 étiquettes.

RH – Comment est votre bodega en variété et en nombre de cuves et de fûts?

IGNACIO LOPEZ – Nous avons un peu plus de 5000 fûts de chêne de 225 litres et plus de 500 cuves inox, ainsi que d’anciennes cuves en béton vitrifié qu’on utilise encore aujourd’hui.

RH – Comment vinifiez-vous les blancs et des rouges?

IGNACIO LOPEZ – Notre philosophie œnologique est que nous devons produire des vins de la façon la moins intrusive possible. Notre objectif est que nos vins reflètent le plein potentiel des raisins. L’intervention humaine est certes essentielle, pour la transformation du raisin en vin, mais elle doit être respectueuse de la nature intrinsèque du raisin, de son goût et de ses arômes.

RH – Comment pourrait-on définir le «Style Graffigna»?

IGNACIO LOPEZ – Des vins francs, fruités et d'une complexité délicate fournie par les terroirs qui sont situés au pied des Andes.

RH – Votre production totale est estimée à combien de bouteilles?

IGNACIO LOPEZ – La production annuelle de la marque Graffigna dépasse les 3 millions de bouteilles.

RH – Quelle est la part que vous réservez au marché argentin et quelle est celle pour l’exportation?

IGNACIO LOPEZ – Environ 20% est destinée au marché interne et 80% à l’exportation.

RH – Quelle est la place du Canada et du Québec dans vos ventes?

IGNACIO LOPEZ – Le Canada est un de nos trois principaux marchés avec les États-Unis et le Royaume Uni. Nous avons une affinité particulière avec le Québec, qui est un marché raffiné au niveau gastronomique. C’est ici où nos vins se démarquent dans un repas.

RH – Merci de m’avoir accordé cette entrevue Ignacio López.

Ignacio Lopez m’a laissé six vins pour déguster. Ils représentent la typicité de Graffigna, les voici:

Le premier c’est Santiago Graffigna 2011, 40% Malbec, 30% Syrah et 30% Cabernet Sauvignon, 14,5 degrés d’alcool. Chaque bouteille est numérotée. Ce vin porte le nom de Santiago, en honneur du fondateur. Il est la plus parfaite expression du terroir et du savoir-faire des vignerons et des œnologues de la maison qui a 140 ans d’expérience. Pour le produire on a sélectionné les meilleures grappes du terroir de Pedernal de la région de San Juan. Vinification par cépages en cuves inox et vieillissement de 18 mois après assemblage, en fûts de chêne français et américain. Santiago Graffigna est le reflet de la philosophie du fondateur dans sa recherche de l’excellence et de l’élégance.

roger Santiago Graffigna
Robe rouge intense, aux reflets violets. Bouquet de fruits mûrs de cassis et de myrtille, d’épices fraîches, de vanille et un peu de violette.

Ample en bouche, très structuré, moelleux, riche en tanins mais soyeux, ronds, et d’une grande élégance; un éventail aromatique de fruits et d’épices remarquablement gourmand. Une finale charmeuse et pleine de fraicheur.

Santiago Graffigna est un vin de gastronomie, qui va accompagner avec bonheur, autant les viandes rouges que les blanches. Excellent avec le bœuf, avec le grand et le petit gibier surtout assorti de champignons. Excellent avec les cuisines épicées et incomparable avec un plateau de fromages. On doit le servir à 18 oC. Il est avantageux de le laisser reposer en carafe pendant une heure.

Santiago Graffigna est disponible en importation privée auprès de l’Agence Corby. Prix: 50$.

Le deuxième vin c’est Grand Reserve Malbec 2013, 100% Malbec, 14,5 degrés d’alcool.

Le raisin est soigneusement choisi pour produire ce vin dans les terroirs d’altitude de la vallée de Pedernal à San Juan.

Vinification en cuves inox, élevage en fûts de chêne français et américain pendant 12 mois.

rogerGraffigna Grand Reserve Malbec

Robe pourpre intense avec des reflets presque noirs. Bouquet de fleurs d’acacia et de fruits noirs: Mûre, prune et cerise.

On perçoit aussi des parfums de moka, de chocolat noir, de la cannelle, de la cardamone, et un peu de minéralité et des notes de fumé.

La bouche est ample, généreuse, bien structurée et harmonieuse avec des tanins soyeux, une bonne dose d’acidité et une masse fruitée et épicée très agréable. Une finale longue et caressante.

Ce vin est exceptionnel avec les viandes rouges, mais aussi avec la volaille noble: faisan, pintade, cailles. Il est particulièrement bon avec les champignons sauvages. On doit le servir à 18 oC. Il gagne à être mis en carafe au moins 30 minutes.

Grand Reserve Malbec 2013 est disponible en importation privée auprès de l’Agence Corby. Prix 20,50$.

Le troisième vin c’est Grand Reserve Cabernet Sauvignon 2013, 14o d’alcool.

Le raisin est cultivé dans la Vallée de Pedernal de San Juan à 1500 mètres d’altitude. Le vin est vinifié en inox et élevé en fûts de chêne français pendant 12 mois.

roger Graffigna Grand Reserve Cabernet Sauvignon
Robe rubis avec des reflets violine profond. Bouquet intense de fruits mûrs, de poivre, de chocolat, de vanille et des petites notes fumées.

Vif en bouche, avec des tanins assez ronds, une bonne masse fruitée et épicée, une grande harmonie entre l’alcool, l’acidité et les tanins. Une finale longue et agréable.

Un vin à marier avec le bœuf rôti, le cerf, le sanglier, et des petits pâtés à la viande, qu’on appelle en Argentine empanadas. On doit le servir à 18 oC. C’est un vin qui gagne à être passé en carafe.

Le Grand Reserve Cabernet Sauvignon est disponible en Importation Privée auprès de Corby. Prix 20,50$.

Le quatrième vin est: Centenario Malbec Réserve 2015, 100% Malbec, 14o d’alcool.

Le raisin provient de la région de San Juan et les vignobles se trouvent entre 700 et 1400 m d’altitude. C’est une région qui a 300 jours d’ensoleillement, qui permet d’obtenir une grande concentration d’arômes.

Macération avec les peaux pendant 15 jours. Fermentation complète: alcoolique et malolactique. Élevage pendant 12 mois en fûts de chêne, 85% français et 15% américain.

roger Centenario Malbec
Robe pourpre foncé avec des reflets violets. Bouquet de fruits rouges et noirs: fraise, framboise, cassis, groseille; des notes épicées de cannelle, de cardamone, de poivre noir et aussi d’amandes toastées.

Ample en bouche, avec une bonne structure, des tanins ronds, une masse fruitée et épicée très agréable, une acidité bien intégrée avec l’alcool et les tanins. Une finale délicieuse, avec un léger fumé.

Un vin sec qui se marie avec le bœuf grillé et avec l’agneau, il accompagne agréablement les pâtes et les fromages. On doit le servir à 16 oC.

Le Centenario Malbec Reserva de Graffigna est disponible à la SAQ, code 11557453. Prix 14,55$.

Le cinquième vin c’est Centenario Shiraz Réserve 2014, 100% Syrah, 14o d’alcool.

Le raisin est toujours cultivé dans la vallée de San Juan. Le vin est fermenté en cuves inox et vieilli en barriques de chêne français et américain.

roger Centenario Shiraz

Robe rouge foncé, aux reflets violets. Bouquet riche en fruits rouges, avec des épices douces: cardamone et cannelle, quelques notes de noix de coco et de vanille. Un soupçon de fumé.

Ample en bouche, avec une bonne acidité et des arômes de fruits; des tanins assez ronds, une bonne structure, et beaucoup d’équilibre. Une fin de bouche toute en fraîcheur.

Idéal avec l’agneau, avec le porc à la braise, et avec les pâtes. On doit le servir à 17 oC.

Le Centenario Shiraz Réserve de Graffigna est disponible à la SAQ, code 11675505 Prix 13,45$

Le sixième et dernier vin est Centenario Pinot Grigio 2015, 100% Pinot Gris, 13,5o d’alcool.

Le raisin provient de différents vignobles de la Région de San Juan.

Fermentation alcoolique sans macération avec les peaux. Élevage en inox pendant une période de six mois.

roger Centenario Pinot Grigio
Robe jaune paille avec des reflets verts. Parfums d’agrumes avec des notes de pêche blanche et d’abricot, des effluves de chèvrefeuille et de jasmin.

Beaucoup de fraicheur en bouche, avec des arômes citronnés qui se prolongent dans une finale très gourmande.

Ce vin est le compagnon idéal des fruits de mer et des poissons, mais également de la salade russe. Délicieux avec les viandes blanches, rafraichissant avec des mets épicés. On doit le servir frais, autour de 8 oC. Il est prêt à boire.

Le Centenario Pinot Grigio 2015 de Graffigna est disponible à la SAQ, code 11557445. Prix 13,60$.

Contrairement à l’idée que l’on se fait des vins d’Argentine, les vins de Graffigna ne sont ni alcooleux ni lourds, mais tout le contraire, des vins de plaisir, faciles à boire, fruités et avec des tanins veloutés. Leur rapport qualité/prix est un atout!

Liens:

Bodega Graffigna

Ignacio López, maître de Chai

Représentés au Québec par Corby Vins et Spiritueux, une filiale de Pernod Ricard

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., ambassadeur de Marques  
Tél.: 514 856-4327

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., directeur des ventes pour le Québec  
Tél.: 514 856-4325

Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
Président du Club des Joyeux
SamyRabbat.com 
LaMetropole.com

mercredi, 07 décembre 2016 07:45

Les magnifiques Malbec des Vigouroux

Le Malbec, appelé aussi Côt, est un cépage difficile à travailler, pourtant la Maison Georges Vigouroux en a fait sa spécialité.

Georges Vigouroux dirigeait la maison de négoce familiale, lorsqu’il tomba en amour avec le Malbec et planta ses premières vignes en 1963. Il acquit peu après le Château de Haute Serre, qu’il restaura et convertit à la culture de son cher Malbec. Plus tard, il reprit le Château de Mercuès, converti aussitôt au Malbec. Sa passion, jamais assouvie, le poussa à acheter le Château Leret Montpezat et finalement, le Château Tournelles à Buzet. L’étendue de ses domaines est de 150 ha consacrés à la gloire du Malbec. Bertrand-Gabriel Vigouroux a hérité de son père la même passion, mais en homme avisé, il inaugure en 2008 une table vigneronne dans les chais du Château de Haute-Serre, tandis qu’il aménage le Château de Mercuès, qui date du treizième siècle, en Relais et Châteaux, aujourd’hui étoilé du Guide Michelin.

Chez les Vigouroux, pour préserver au plus près la nature du raisin, on pratique la microvinification dans de petites cuves inox, à température contrôlée. Vient ensuite le vieillissement en barrique pendant vingt à trente mois, selon les millésimes. Pendant tout ce temps, l’équipe de vinification s’attache au long et harassant travail d’expérimentation et de dégustation, qui permet déterminer le meilleur moment pour les assemblages et la mise en bouteille. La récompense, c’est qu’ils font de grands Malbecs, de longue garde, qui 10, 15, 30 ans plus tard seront toujours délicieux.

J’ai dégusté un excellent Château de Haute-Serre 2000 Appellation Cahors Contrôlée, 85% Malbec, 10% Merlot et 5% Tannat, 13,5 degrés d’alcool.

samy chateau haute serre2
Robe rouge grenat avec des reflets tuilés. Parfum de mûre, de framboise, de groseille, avec une touche de vanille; un peu de cannelle et de muscade, des notes cuir, de tabac et de torréfaction.

En bouche, c’est un vin puissant, avec une attaque franche, une belle structure fruitée, des tanins longs et soyeux en équilibre harmonieux avec l’alcool et avec l’acidité. Une longue finale gourmande très invitante.

Ce vin va accompagner superbement le foie gras poêlé, les viandes rouges, et tout particulièrement le gibier. Il sera délicieux avec l’agneau et avec les mets longuement mijotés avec des cèpes. Excellent également avec une assiette de fromages. Je suggère de le servir à 18 oC. C’est un vin de très longue garde qui pourra se conserver en cave jusqu’en 2025.

Château de Haute-Serre 2000 est disponible à la SAQ, code 11555618. Prix 29,95$.

J’ai dégusté ensuite le Château de Mercuès 2012, 80% Malbec, 18% Merlot et 2%Tannat, 14,5 degrés d’alcool.

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Robe rouge profond aux reflets presque noirs. Bouquet de fruits noirs, cassis, prune, cerise noire, poivre noir, un peu de vanille.

La bouche est puissante, généreuse, charmeuse, avec des tanins abondants, boisés, et délicats. Des arômes de griottes confites et d’épices douces se fondent dans une belle fraîcheur. Une finale onctueuse et délicieusement gourmande.

Ce vin accompagnera très bien le bœuf, le canard du Lac Brome, la pintade et les cailles. Il aime également les mets mijotés, et tous les fromages. Il gagne à reposer en carafe une trentaine de minutes et doit être servi à 17 °C. Il pourra se conserver en cave jusqu’en 2025.

Château de Mercuès 2012, est disponible à la SAQ, code 00972471. Prix 24,95$

Liens :

Maison Georges Vigouroux 

Représentés au Québec par Vins Philippe Dandurand
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., coordonnatrice marketing  
Tél.: 514 932-2626, poste 298
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., chef de marques
Tél.: 514 932-2626

Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
Président du Club des Joyeux
SamyRabbat.com 
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jeudi, 08 décembre 2016 07:25

Ma chronique de Noël

Noël, la belle fête, est à nos portes. C’est l’occasion de dire à nos êtres chers qu’on les aime, surtout lorsqu’ils sont loin, et de nous rappeler des joyeux Noëls passés où nous avons été heureux ensemble.

Noël, c’est aussi l’occasion de nous faire des cadeaux, de cultiver la gourmandise et de nous faire des promesses d’être sages à partir du lendemain du Nouvel An.

Voici quelques idées que j’ai recueillies pour vous et qui vous feront plaisir à Noël:

Les petites merveilles de Hamilton Beach:

Le presse-agrumes. Convivial et facile à utiliser, vous n’aurez plus d’excuses de vous priver de jus frais et santé.

roger Presse agrumes a
Le Spiraliseur de Hamilton Beach fait des décorations incroyables avec des légumes! On mange aussi avec les yeux!

roger Le Spiraliseur
Liens: Pour plein d’idées géniales, consultez: www.hamiltonbeach.ca

Pour un Noël riche en surprises, les jouets créatifs et les cadeaux fabuleux, c’est Lee Valley. Leurs catalogues en ligne sont remarquables:

roger Caralogues


www.leevalley.com

Le plus complet et le plus intéressant guide des restaurants au Québec est sans conteste:

Le Debeur 2017, dans sa nouvelle édition repensée et toute en couleurs.

roger Le Debeur 2017
Un guide qui donne l’heure juste sur 420 restaurants du Québec, visités incognito par des journalistes spécialisés. Une liste de 397 boutiques gourmandes. Le Petit Debeur, qui est en annexe, est un guide d’achat de 137 vins, cidres et spiritueux, dont 56 à moins de 20$. Le guide se termine avec une section Tourisme et gastronomie et deux reportages: «Saint-Tropez, une ville qui se mérite» (France) et «Cuba: Cayo Guillermo» (Caraïbes).

224 pages.
En version papier 19,95$ dans toutes les bonnes librairies.
En version numérique 9,95$ chez Amazon.

Iconic Whisky, version française d’Alexandre Vingtier et de Cyrille Mald.

Une bible sur les 1000 whiskies incontournables dans le monde. Si vous aimez le whisky, vous allez tout apprendre: toutes les céréales, le malt, les levures, la distillation, le vieillissement.

roger Iconic Whsiky
La partie la plus importante est la dégustation basée sur la roue des saveurs et la notation des whiskies, pays par pays, dans leurs différentes facettes et par familles aromatiques: florale, fruitée, tourbée, vineuse… Des chapitres intéressants sont: Les whiskies de légende et Les accords avec les mets. En annexe, les événements et festivals et un index qui permet de se retrouver dans ce capharnaüm très convivial. Tout le guide est en couleurs et en plus, il y a une photo de chaque bouteille étudiée. La version française est publiée par Éditions de La Martinière. 39,95$.

Deux nouveaux sites gourmands intéressants:

Le Carnet de M.C.

M.C. c’est Marie-Claude Di Lillo, qui jusqu’à récemment dirigeait le magazine Chefs et Co et qui s’est reconvertie au numérique.

Un très beau magazine sur la restauration, la mode, le vin, les voyages, et l’art.

Voici le lien: lecarnetdemc.ca

Michel Desforges et Isabelle Barelli, connus comme Le Duo Gourmand, viennent de lancer un très beau site sur la gastronomie, le vin de Châteauneuf du Pape et les voyages. Très bien illustré et avec du contenu choisi.

On peut les consulter à: leduogourmand.com

Un joli vin rouge pour le repas de Noël:

Je vous suggère le Boutari Naoussa 2014, un vin rouge sec, 100% Xinomavro qui est le meilleur cépage grec, 12 degrés d’alcool, vieilli en fût de chêne.

roger Naoussa
Robe rouge foncé. Bouquet de fruits rouges: groseilles, et framboise, mais aussi des notes d’olive, de menthe et de tomate séchée. En deuxième nez on perçoit des épices: cardamone et poivre noir.

En bouche, c’est un vin viril, avec des tanins riches et plutôt ronds, une matière savoureuse avec les arômes décelés par le nez, une bonne acidité qui se fond merveilleusement avec l’alcool. Une finale agréable.

C’est le vin idéal pour accompagner les viandes rouges: bœuf, agneau. Très bon avec des viandes froides et avec un plateau de fromages. Il faut le servir à 17 °C.

Disponible à la SAQ, code 00023218. Prix 16,30$

Les promesses de Noël:

Je serai sage, je me mettrai à la diète, je ferai du sport… on a tous dit ça, et rarement on tient nos promesses, qui pourtant concernent notre santé et notre image. J’ai finalement trouvé la solution pour tenir ma promesse: je me suis inscrit au gymnase pour un an et comme j’ai payé d’avance, je sais que je ferai du sport et en conséquence, je serai obligé de surveiller mon poids. Swet, performance et entrainement a ouvert ses portes en novembre dans un magnifique local situé au 2300, rue Victoria à Lachine. Tél.: 514 634-7938.

roger Swet
L’équipement est flambant neuf mais les entraîneurs ont une longue expérience. Marie-Ève Roy est une UFE PRO FITNESS.

Pour l’entrainement de performance et pour sculpter votre corps, c’est avec elle que vous allez traiter. Vincent est spécialisé dans l’entrainement correctif pour la posture du mouvement. Francis adapte les programmes aux conditions particulières en force ou après une blessure. Il y a aussi des cours semi-privés et privés pour le contrôle du surpoids, d’autodéfense, de Boot camps, de Spinning, de Kickboxing, de Core-training et bien d’autres.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter:

JOYEUX NOËL ET BONNE ET HEUREUSE ANNÉE 2017!

Roger Huet
Chroniqueur vins
Président du Club des Joyeux
SamyRabbat.com
LaMetropole.com
Touristica.ca

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