dimanche 3 mars 2024
Roger Huet

Roger Huet

Roger Huet - Chroniqueur vins et Président du Club des Joyeux
Québécois d’origine sud-américaine, Roger Huet apporte au monde du vin sa grande curiosité et son esprit de fête. Ancien avocat, diplômé en sciences politiques et en sociologie, amoureux d’histoire, auteur de nombreux ouvrages, diplomate, éditeur. Il considère la vie comme un voyage, de la naissance à la mort. Un voyage où chaque jour heureux est un gain, chaque jour malheureux un gâchis. Lire la suite...

mercredi, 12 octobre 2016 06:14

Entrevue avec Guénaël Revel

RH – Guénaël Revel, vous êtes polyvalent: diplômé de l’École du Louvre, une maîtrise en histoire, sommelier, professeur, conférencier, animateur de radio et auteur très apprécié de guides du vin. Vous êtes un des meilleurs spécialistes sur les champagnes et mousseux à travers le monde, au point qu’on vous surnomme Monsieur Bulles. Comment a commencé votre intérêt pour les vins pétillants?

roger revel

GUÉNAËL REVEL – J’ai toujours apprécié les vins à travers l’histoire de l’homme. Les vins qui demandent des étapes plus complexes dans leur élaboration que le vin traditionnel m’ont toujours fasciné, car ils ont tous apporté quelque chose de plus dans l’évolution d’une société. Le Champagne, les vins effervescents et les vins mutés, comme le Porto, en sont de bons exemples. Voilà pourquoi ces deux vins sont devenus mes marottes. Je les ai découverts à travers l’histoire qu’ils ont bousculée.

RH – Votre dernier guide s’appelle: Champagnes, et en sous-titre: Guide et révélations, et des révélations vous en faites depuis le premier chapitre où vous racontez qu’à l’origine, le champagne, c’étaient des vins tranquilles qui ne portent pas le nom générique de champagne, mais celui de leurs villages.

GUÉNAËL REVEL – En effet, toutefois, ce n’est pas vraiment à ce chapitre que je révèle quoi que ce soit. La mention des noms de villages ou de la position géographique est bien archivée et reconnue lorsque la champagne n'élaborait que du vin tranquille. Les révélations sont davantage sur l’origine du champagne effervescent. Pourquoi le champagne effervescent devient le champagne? Le livre présente une succession de raisons qui jusqu’à aujourd’hui, n’ont pas été présentées dans un livre grand public.

RH – Vous révélez aussi que les vins bouillonnants étaient déjà connus dans l’antiquité et que c’est Limoux qui, le premier, revendique la paternité de l’effervescence, tout au moins en France.

GUÉNAËL REVEL – Absolument. Là aussi, il y a une raison pour que Limoux se soit accaparé la paternité de l’effervescence en bouteille. Elle est légitime. Mais je peux aussi vous faire une réponse d’historien et vous répondre que la légitimité existe jusqu’à la découverte de preuves tangibles d’une autre origine.

RH – Quel rôle a joué l’Angleterre dans la mise au point de la méthode classique?

GUÉNAËL REVEL – Elle a été l’étincelle. C’est l’Angleterre qui allume la mèche de l’avènement du vin pétillant. C’est parce que les Anglais désirent des vins effervescents que la Champagne se transforme.

RH – La paternité de la méthode champenoise attribuée à Dom Pérignon est mise en doute dans votre guide.

GUÉNAËL REVEL – Je ne la mets pas en doute. Je la conteste, tout simplement. Et je ne suis pas le premier. J’apporte clairement des preuves, sans retirer pour autant de crédit à ce moine qui a été l’initiateur de ce que va devenir la Champagne viticole. Dom Pérignon a été un modèle de régisseur de domaines viticoles pour ses contemporains. Ces derniers nous rapportent son professionnalisme et son talent pour faire du vin tranquille gris, c’est-à-dire blanc. Dom Pérignon a été la première référence œnologique, car il a su faire du vin blanc avec des raisins noirs. Tout cela est bien archivé. Il a été en quelque sorte l’Émile Peynaud du XVIIe siècle. Mais, il n’a jamais fait de bulles! Sinon, comment expliquez-vous que jamais on ne rapporte qu’il en a fait? Si vraiment il avait élaboré du champagne qui pétille, ses contemporains qui mentionnent ses travaux en auraient assurément parlé. Or, ils n’en parlent jamais. On a fait de Dom Pérignon une légende pour mieux construire le champagne et sa magie des bulles.

RH – Un de vos sous-titres présente le Porto et le Champagne comme des frères séparés à la naissance.

GUÉNAËL REVEL – Absolument, et c’est là que l’histoire des hommes rejoint l’histoire du vin. Sans les mouvements politiques de l’époque, les vins européens n’auraient pas évolué de la sorte. Tous les vins où l’homme doit intervenir davantage comme le Porto, le Xérès, le Malaga, le Champagne et d’autres, naissent à la même période. Certaines dates coïncident, certains faits s’entrecroisent, je les présente dans le livre. Les étapes évolutives de la construction du porto moderne et du champagne moderne sont fascinantes, parce que ce sont exactement les mêmes. Et que là encore, c’est l’histoire de la société qui les explique.

RH – Le champagne, qui était d’abord un vin doux, devient, grâce aux Anglais, un vin moins dosé.

GUÉNAËL REVEL – Oui, parce que les Anglais vont désirer consommer du champagne pétillant à table.

roger Champagnes

RH – Votre guide est rempli de faits, de chiffres et de données intéressantes. Elles sont aussi variées que les formats de bouteilles champenoises, les chiffres du champagne et les principaux marchés hors de France.

GUÉNAËL REVEL – En effet, les matheux du vin seront heureux…

RH – Une fois que vous avez soulevé la marmite, il y a tellement de questions, que vous y consacrez un deuxième chapitre, avec des choses aussi passionnantes que la teneur en sucre des différents champagnes, sabrer ou sabler le champagne, sa conservation, et tellement d’autres choses.

GUÉNAËL REVEL – Là, ce sont des lignes plus anecdotiques. Je réponds aux questions qui sont souvent les plus posées par le consommateur.

RH – La partie générale couvre un tiers de votre guide. La partie descriptive va aborder 150 marques et 350 cuvées de Champagnes Bruts sans année, exclusivement. Comment vous prenez vous pour la description de chaque produit?

GUÉNAËL REVEL – En les goûtant (aha aha)… Plus sérieusement, j’ai essayé d’être direct dans mes descriptions de cuvées, de rendre accessible le commentaire sans utiliser des termes pompeux qu’on entend parfois dans le vocabulaire de sommellerie. J’aime aussi orienter le lecteur vers une harmonie culinaire. Par ailleurs, j’explique aussi pourquoi je ne commente pas l’aspect visuel du champagne dans un verre, la mousse, le mouvement de l’effervescence. La raison est scientifique. Et comme le livre est distribué dans la francophonie, l’indication tarifaire est indiquée par fourchette en euro et en dollars canadien. Quant à la note sur vingt, elle est évidemment subjective, appliquée selon un barème que je présente au début du chapitre.

RH – Votre livre se termine par la liste de votre top 30 Bruts sans année.

GUÉNAËL REVEL – Oui, c’est une idée qu’on a eu avec mon éditeur, parce qu’on me demande toujours quel est mon champagne préféré. Je n’en ai aucun. J’aime un champagne ou un autre selon le moment, l’endroit et les personnes avec qui je le partage. Il était donc plus facile de donner, en gros, 10% de mes préférences dans ce guide, plutôt que d’en donner une seule.

RH – Merci de m’avoir accordé cette entrevue, Guénaël Revel. Votre guide va ravir les lecteurs.

CHAMPAGNES de Guénaël Revel est édité par Isabelle Quentin, Maître Éditeur, et se trouve maintenant en vente dans toutes les librairies du Québec. ISBN 978-2-924200-27-8. Prix 24,95$.

Liens:

Monsieur Bulles

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Roger Huet
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vendredi, 14 octobre 2016 09:12

Piper Heidsieck au-delà du possible

J’ai rencontré Régis Camus, chef de Caves de la Maison Piper Heidsieck à Montréal, à l’occasion du lancement du premier Rare Rosé Millésime 2007. Seulement 1500 bouteilles distribuées à travers le monde, 36 au Canada et 18 au Québec.



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Régis Camus à Montréal

Pourquoi ce champagne est si exceptionnel? Une année atypique, 30 ans d’expérience, et le désir de Régis Camus d’apposer sa signature sur le plus exceptionnel des Piper Heidsieck et d’être reconnu comme un grand chef de caves dans le cercle exclusif des grands champagnes. Pour cela il devait aller au-delà des limites et il l’a fait. Si Piper-Heidsieck Rare, millésime 2002, est une œuvre d’art et la cuvée prestige de la maison, Rare Rosé Millésime 2007 est le chef d’œuvre de Régis Camus et une œuvre maitresse dans le monde du Champagne.

Ce que fait son caractère exceptionnel c’est tout d’abord l’assemblage: 56% de Chardonnay qui apporte la fraîcheur et 44% de Pinot Noir pour la structure. Un assemblage de 17 crus d’exception et neuf années de vieillissement sur lies. En même temps une rigueur à chaque étape de la production, où rien, absolument rien n’a pas été longuement réfléchi et réalisé avec une précision qui demande une surveillance de tous les instants. Cela se traduit en élégance, en pureté et en finesse.

roger rare rose 2007 bottle 200w
La bouteille est magnifique. Le col est entouré d’un anneau rouge et or. L’étiquette est une dentelle en or rose, conçue par un joaillier.

Le rosé lumineux de la robe a été inspiré à Régis Camus par les vitraux de l’Abside de la Basilique Saint-Rémi de Reims qui sont d’un rose pur, sans teinte orangée.

Laissons Régis Camus nous décrire son champagne d’exception: « Le nez s’ouvre sur des notes fruitées de Litchi et un parfum d’herbes aromatiques exotiques. La cerise Napoléon croquante et la fraise des bois se révèlent ensuite pour laisser s’exprimer en finale des arômes qui rappellent le thé fumé». Il se fait poète en évoquant le palais : «En bouche la texture est légère et élégante, évoquant les pétales de rose. Les fruits rouges s’épanouissent ensuite et se mêlent à des notes d’herbes aromatiques exotiques de grenade, de vanille, de fruit de la passion et enfin à un soupçon de paprika. Un vin ample, charnu et raffiné, doté d’un très beau potentiel de garde»… qui peut aller au-delà de 30 ans!

Voici les champagnes Piper-Heidsieck disponibles à la SAQ:

  • Piper-Heidsieck Brut, 750 ml. Code 00462432. Prix 58$.
  • Piper-Heidseick Rare Brut 2002, 750 ml. Code 11055613. Prix 256$.
  • Piper-Heidseick Rosé Rare 2007, 750 ml. Prix 507$

Liens :

Champagne Piper Heidsieck

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Roger Huet
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lundi, 17 octobre 2016 07:59

Les vins de la famille Cecchi

Andrea Cecchi est venu nous présenter à Montréal les vins de sa maison familiale.

roger andrea cecchi
Vers 1893, Luigi Cecchi devient un des premiers dégustateurs de vins en Italie. Quelques années plus tard, son fils Cesare se lance dans la commercialisation de vins et fonde la Tenuta de la Famiglia Cecchi, qui est dirigée aujourd’hui par Andrea et son frère Cesare.

Ils ont trois domaines en Toscane, Castello Montaùto, Val Delle Rose et Villa Cerna, dans les appellations Chianti Classico, Maremma, San Gimignano, Montepulciano et Montalcino, et Tenuta Alzatura en Ombrie, dans l’appellation Montefalco.

roger vins de cecchi1
Nous avons dégusté deux blancs: La Mora, Vermentino, Maremma Toscane DOC 2015, 12,5o d’alcool. Un vin rond, plaisant, frais, agréable, à la robe or pâle, limpide. Des parfums d’aneth sauvage, de camomille, de fenouil, de pêche des vignes, de pamplemousse, de poire, et de pomme.

Ample en bouche, gras, bien équilibré. Un vin à marier avec des fruits de mer, à servir autour de 9 oC. Disponible auprès de l’Agence Authentic. IP caisse de 12. Prix 18,75$.

Le suivant était le Val delle Rose Litorale Vermentino Maremma Toscana DOC 2015, 13o d’alcool. Robe jaune paille. Parfum de poire et d’abricot très mûr. Ample en bouche, fruité, moyennement acide, mais plaisant et avec une belle longueur. Idéal pour les risottos, le poisson et les fruits de mer. On doit le servir à 10 oC. IP caisse de 6. 22,90$.

Nous avons dégusté ensuite les vins rouges, en commençant par Cecchi Chianti DOCG 2015, 90% Sangiovese, 12,5o d’alcool.

Robe rouge grenat, parfums de fruits rouges et d’épices douces. Ample en bouche, frais, assez tannique. Il s’accordera très bien avec le bœuf et les fromages. Disponible à la SAQ, dans le millésime 2014, code 642561. Prix 14,95$.

Le deuxième rouge était La Mora Morellino di Scansano DOCG 2015, 90% Sangiovese, 13o d’alcool. Un vin ensoleillé de la Maremma. Robe grenat assez intense. Fruité avec des notes de prune sèche, un soupçon de cannelle. Une bouche joyeuse, gourmande même, avec une certaine rondeur et une bonne longueur. Idéal pour les pâtes, les fromages et les viandes. Disponible à la SAQ Dépôt dans le millésime 2014, code 11566923. Prix 19,95$

Le troisième vin rouge était le Villa Cerna Chianti Classico DOCG 2013, 95% Sangiovese, 13,5o d’alcool. Robe rouge vif. Bouquet d’Iris et de Violette. Une bouche assez vive, avec des tanins virils, beaucoup de fraîcheur. À marier avec du gibier, l’agneau à la broche, et un plateau de fromages. Le servir à 18 oC. Disponible à la SAQ Dépôt, code 573519. Prix 20,95$.

Le quatrième vin rouge était le Riserva di Famiglia Chianti Classico DOCG 2013, 90% Sangiovese, et le reste Cabernet Sauvignon, 13,5o d’alcool.

roger reserva di famiglia
Robe rouge intense. Parfums de fraise, de framboise et de cassis très mûrs, des notes de cardamone, de cannelle et de poivre blanc. Ample en bouche, assez tannique mais élégant, frais, fruité. Il fera un heureux mariage avec les viandes rouges, avec le gibier à poil et à plume. Le servir à 17 oC.

Disponible en importation privée format 1,5L en caisse de 1 btl Prix 108,75$ et format 750 ml 40,75$, en caisses de 6.

Le cinquième vin rouge était le Villa Cerna Chianti Classico DOCG Riserva 2012, 95% Sangiovese, 13,5o d’alcool.

Robe rubis, fruité: abricot, baies de sous-bois: groseille, framboise, mûre, confiture, violette poivrée.

En bouche il est bien charpenté, équilibré, après 4 ans les tannins commencent à s’arrondir, une belle fraîcheur et une longue finale charmeuse. Ce vin est de longue garde. Il sera superbe avec les viandes rouges et blanches et avec les fromages. Il faut le servir à 18 oC. Disponible à la SAQ dans le millésime 2011, code 904359. Prix 27,80$.

Le sixième vin rouge était le Cifre Vino Nobile di Montepulciano DOCG 2012, 90% Sangiovese, 13,5o d’alcool. Magnifique robe grenat. Parfum de violette, confiture de groseille, mûre. En bouche c’est un vin généreux, charpenté, avec des tanins virils qui s’arrondissent, très élégant, un bel équilibre entre l’acidité et l’alcool. Un vin qui sera parfait avec les viandes rouges et blanches, il aime les ragoûts, il supporte bien les mets épicés. Je suggère de le servir à servir à 17 oC. Il est de longue garde et continuera à se bonifier. Il est disponible à la SAQ code 11469592. Prix 21,20$.

Le septième vin rouge dégusté était le Coevo Toscane IGT 2011, 50% Sangiovese, 20% Cabernet Sauvignon, 20% Merlot et 10% Petit Verdot, 13,5o d’alcool. Ce vin créé par Andrea et Cesare Cecchi, est un testament à la tradition, une référence au présent et surtout une ouverture pour l’avenir et un hommage à deux grandes régions: Chianti Classico et Maremma. Chaque cépage a été vinifié et élevé séparément pendant 18 mois en barriques et en tonneaux. Après l’assemblage, le vin a été mis à vieillir encore 3 mois en chêne et finalement mis en bouteille où on l’a laissé reposer pendant 12 mois supplémentaires, avant sa mise en marché.

roger vins de cecchi3
Robe rouge intense et brillante. Bouquet complexe de violette et de fruits rouges et noirs: prune, cerise noire, groseille, framboise et fraise, avec des notes de cacao et de tabac, une présence épicée: poivre, clou de girofle, coriandre, un peu de terre humide et champignons des bois.

En bouche c’est un vin tout en finesse, avec des tanins soyeux, une belle fraicheur, une belle masse fruitée et beaucoup d’équilibre. Un vin de longue garde.

Il va accompagner superbement les fricassées et les viandes longuement mijotées comme les rôtis, superbe avec le gibier, avec les champignons et avec un plateau de fromages. Le servir à 17 oC.

Disponible en importation privée, Prix 92,50$, en caisses de 6.

Le huitième et dernier vin rouge que nous avons dégusté était La Campana Montefalco Sagrantino DOCG 2011, 100% Sangiovese, 13,5o d’alcool. Robe rubis brillant. Parfums de groseille, de mûre, de confiture d’abricot. Une bouche généreuse, tannique et complexe, avec un bel équilibre entre l’acidité et l’alcool. Il s’accordera merveilleusement avec les pâtes et avec les fromages vieillis, ainsi qu’avec l’agneau à la vapeur. On doit le servir à 17 oC. Il est voué à une longue garde et continuera à se bonifier. Disponible en importation privée en caisse de 6. Prix 36,25$.

Liens :

CECCHI

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Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
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mercredi, 19 octobre 2016 08:07

Le Château du Grand Caumont

En Languedoc Roussillon, au cœur des Corbières, sur le terroir de Lézignan et non loin de Carcassonne, il existe un domaine viti-vinicole très ancien sur l’emplacement d’une ancienne villa romaine qui s’appelait Villa Manzaneto. On le connaît aujourd’hui comme Château du Grand Caumont, du nom de la garrigue qui domine le Château. Il est dirigé depuis 5 décennies par des femmes.

Le domaine produit une douzaine de vins de Corbières typiques du Sud: parfumés, aromatiques fruités, et légèrement épicés, souples, et ronds; très plaisir, avec des tanins marqués mais élégants et soyeux. Ils sont faciles à boire et à assortir avec des mets.

La propriétaire du Château du Grand Caumont est Laurence Rigal. Elle a quitté une vie professionnelle trépidante dans la publicité et le marketing à Paris pour diriger, il y a une douzaine d’années, ce domaine familial de 145 hectares, dont une centaine plantés en vigne: soixante-quinze pour la production de Corbières et trente pour la production de vin de pays; très majoritairement en vin rouge.

roger caumont laurence dans les vignes
J’ai eu l’immense plaisir de la rencontrer en 2011 et de la revoir aujourd’hui. Nous avons dégusté deux de ses vins; tout d’abord le Château du Grand Caumont, Appellation Corbières 2014, Carignan, Syrah et Grenache noir, 13,5o d’alcool.

roger chateau grand caumont
Robe pourpre, très dense. Bouquet très fruité de cerise noire, de prune, de groseille, de framboise, de fraise. Des notes épicées de poivre, de cardamone, un petit soupçon de clou de girofle et de graine de coriandre, des notes de garrigue également: thym, romarin, champignons des bois. En bouche c’est un vin complexe et généreux, avec une magnifique matière fruitée et épicée, une belle structure complexe, des tanins virils mais à la fois soyeux et élégants, une belle acidité qui se fond délicieusement avec l’alcool. Une finale fraîche et gourmande.

Ce vin accompagnera avec panache les viandes: bœuf, agneau, gibier, soit en grillades ou en sauce. Excellent avec les champignons et avec les fromages. On doit le servir à 16 oC. Il est prêt à boire, mais peut se garder 5 ans en cave à partir du millésime.

Château du Grand Caumont est disponible à la SAQ dans le millésime 2013, code 00316620. Prix 14,05$.

Nous avons dégusté ensuite le Château du Grand Caumont Impatience 2015, Appellation Corbières, Carignan de vieilles vignes, Syrah et Grenache, 13,5o d’alcool.

roger impatience 1
Robe pourpre intense, avec des reflets presque bleus. Nez très complexe, fruité et épicé: cerise noire, myrtille, bleuet, figue, pruneau, poivre blanc; toute la richesse de la garrigue: thym, romarin, girofle, champignons sauvages, réglisse. En bouche on perçoit des tanins soyeux, une belle acidité bien balancée avec l’alcool, un corps onctueux où l’on retrouve le goût des fruits et des épices perçus par le nez. Nous sommes sur de la rondeur, de l’élégance et une belle structure. Ce vin se termine comme une caresse, dans une longue finale pleine de fraicheur.

Impatience 2015 est un vin de gastronomie et sera le compagnon idéal pour le gibier, excellent également avec la paella espagnole ou un bon couscous marocain, et même avec les mets épicés des pays exotiques. Il accompagne merveilleusement bien les fromages. Gagne à être mis en carafe pendant une demi-heure avant le service. On doit le servir assez frais, autour de 16 degrés.

Il est prêt à boire, mais peut se garder en cave pendant 7 ans après le millésime.

Château du Grand Caumont Impatience 2015 est disponible à la SAQ, code 00978189. Prix. 19,95$.

LIENS:

Château du Grand Caumont
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Représenté au québec par Vins Philippe Dandurand

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lundi, 24 octobre 2016 06:19

Le Jameson Caskmates Whiskey

John Jameson a créé la maison de whiskey Jameson en 1780. La distillerie était alors dans Bow Street à Dublin. L’homme était très apprécié à cause des grandes fêtes qu'il organisait.

Le Jameson est aujourd’hui produit dans une distillerie à Midleton, dans le Cork, en Irlande. C’est un assemblage d’ingrédients de Rich pot still whiskey et de Whiskey de grain. Il passe par une triple distillation qui lui donne une finition exceptionnellement lisse. Il vieillit en fûts de Bourbon et de Xérès.

Le Jameson Caskmates a été inventé par pur hasard. À côté de la distillerie Jameson se trouve la Brasserie Franciscan et un jour, Brian Nation, qui est le maître distillateur chez Jameson, dans un élan de générosité, a donné quelques fûts de Jameson vides à ses voisins brasseurs pour qu’ils fassent des Jameson Stout et IPA (India Pale Ale).

Lorsque les brasseurs ont fini d’utiliser les fûts, comme ils ne disposaient pas d’assez d’espace pour les garder, ils les ont retournés à la Jameson. Alors Brian Nation a eu l’idée d’y mettre un peu de Jameson pour voir comment allait changer le goût. Au bout de 6 mois, c’était un whiskey intéressant, différent; le Caskmates était né. Il a un goût de noisette, de pomme verte, de houblon, de cacao, de massepain, de pruneau, un peu de vanille et une touche boisée très agréable.

roger jamesson caskmates

On le boit seul à la température de la pièce ou avec une pinte de stout. Les deux se complètent mutuellement et font ressortir des saveurs et des arômes différents.

On peut aussi faire des cocktails avec le Jameson Caskmates. Voici le Black & Gold, qui est très bon:

40 ml de Jameson Caskmates
20 ml de Kahlua
1 trait d’Angostura

Le Jameson Caskmates est disponible à la Société des alcools du Québec, en bouteilles de 750 ml, code 12729798. Prix 40$.

Liens:

Jameson Whiskey

Représentés au Québec par Corby Vins et Spiritueux, une filiale de Pernod Ricard

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mercredi, 26 octobre 2016 08:29

Montée fulgurante des vins d’Italie

Sandra di Carlo, Déléguée commerciale adjointe d’Italie pour le Canada, m’a accordé cette entrevue:

roger Sandra Di Carlo

RH – Madame Di Carlo, le succès d’Une dégustation de vins d’Italie® ne s’est jamais démenti, depuis sa fondation en 1996. Est-ce qu’elle a été implantée à Toronto à la même époque?

SANDRA DI CARLO – Oui, l’événement a été lancé à Montréal et Toronto la même année, afin de présenter la grande variété de vins italiens aux professionnels du secteur et aux journalistes du pays.

À partir de 2003, nous avons également organisé des étapes dans des villes de l’Ouest (notamment Vancouver et Calgary), et depuis lors, ces quatre événements annuels constituent la clé de voûte de l’événement Une Dégustation de Vins d’Italie®.

RH – Comment ont évolué les Dégustations de Montréal et de Toronto depuis leur fondation jusqu’à aujourd’hui, dont on va célébrer les 21 ans en novembre prochain?

SANDRA DI CARLO – La structure de l’initiative n’a pas changé au fil du temps, nos événements ont maintenu la caractéristique d’être réservés uniquement aux spécialistes du secteur et cela pour en assurer la qualité.

Le changement le plus important se situe au niveau du nombre de producteurs italiens, qui sont passés de 31 de la première édition, aux 99 actuels. Les dégustations sont désormais les événements les plus attendus consacrés au vin italien au Canada.

RH – Quelles sont les ressemblances et les différences de ces Dégustations?

SANDRA DI CARLO – Les événements de Montréal et de Toronto se déroulent selon le même programme. Les mêmes producteurs de vins italiens sont également présents. Ce qui change considérablement, en revanche, c’est le style de l’endroit où se déroulent ces derniers: à Toronto il s’agit du Roy Thomson Hall, une salle de concert moderne inaugurée en 1982, qui est maintenant le siège de l’Orchestre symphonique et du Chœur Mendelssohn de Toronto, tandis qu’à Montréal il s’agit du Marché Bonsecours, siège de l’ancien marché du port de Montréal, construit en 1844. Lors de ces deux étapes, nous avons également organisé un séminaire dédié aux vins des régions du sud de l’Italie, intitulé « les vins du soleil: vins de feu, vins de la mer ».

À Toronto, le séminaire sera animé par le Maître Sommelier John Szabo. Ce dernier sera réservé aux sommeliers, restaurateurs, journalistes et représentants de la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO). À Montréal, le séminaire sera animé par Jacques Orhon, Maître Sommelier, et journaliste et écrivain. Il ne sera cependant ouvert qu’aux étudiants des écoles de sommellerie du Québec.

RH – Combien de régions seront représentées cette année?

SANDRA DI CARLO – Cette année, 14 des 20 régions italiennes seront représentées.

roger Italie vinicole

RH – Est-ce qu’il y aura une région vedette?

SANDRA DI CARLO – Certainement, il s’agit de la Toscane, terroir du vin italien de haute qualité, qui sera représentée par 24 producteurs. Mais nous avons également le Piémont, avec 16 producteurs, la Vénétie avec 14 producteurs, la Sicile avec 12 et les Marches avec 7.

RH – Combien de vins seront présentés cette année dans les Dégustations de Montréal et de Toronto?

SANDRA DI CARLO – Dans les étapes de Toronto et de Montréal, 99 vignerons italiens auront l’occasion de présenter environ 500 types de vins différents.

RH – Combien de visiteurs attendez-vous à Montréal et à Toronto?

SANDRA DI CARLO – Nous attendons plus de 2500 visiteurs entre agents de vin, représentants des Monopoles, restaurateurs, journalistes spécialisés, amateurs de vin et autres personnes influentes.

RH – Vous organisez deux autres Dégustations, à Vancouver et à Calgary. Elles se tiennent à quelles dates?

SANDRA DI CARLO – Depuis 2003, nous avons ajouté deux étapes dans les provinces de l’Ouest: en Colombie-Britannique et en Alberta. Vancouver ouvrira la première dégustation le 24 octobre et Calgary suivra le 26 octobre.

Dans les éditions précédentes, ces évènements ont connu un grand succès, et confirment l’intérêt des consommateurs canadiens pour les vins italiens de qualité.

RH – Quelle est la différence entre les Canadiens de l’Ouest et ceux de Toronto et Montréal par rapport au vin?

SANDRA DI CARLO – Tout d’abord, je peux vous dire que les Canadiens de l’Ouest sont plus favorables à la consommation de vin local par rapport aux vins importés. Par exemple, en Colombie-Britannique, 63% des vins blancs et 47% des vins rouges consommés sont produits localement, alors qu’au Québec, seulement le 18% des vins blancs et le 9% des vins rouges consommés sont produits au pays.

En outre, l’Ouest canadien semble préférer les vins blancs, tandis que l’Est affectionne les vins rouges, quoique récemment, il y a eu un grand intérêt pour les vins blancs mousseux.

RH – La Délégation commerciale d’Italie et les événements Une dégustation de vins d’Italie® ont fait beaucoup pour faire connaître les vins italiens dans tout le Canada. Avant les années 90 il y avait peu de choix et peu de vins de qualité; depuis les années 90 on peut dire que, de façon générale, le choix est grand et la qualité remarquable, comparable à celle des produits français.

SANDRA DI CARLO – Je vous remercie de souligner le travail de promotion incessante effectué par la Délégation commerciale d’Italie pendant toutes ces années. Il a permis aux vins italiens de se faire apprécier et de concurrencer les plus célèbres marques françaises. Nous sommes fiers de constater qu’en 2015, les importations de vin italien au Canada ont dépassé, en termes de quantité, les vins français. L’Italie, en fait, est seconde, après les États-Unis. La France n’est que quatrième, après l’Australie. En revanche, en ce qui concerne la valeur des exportations de vin vers le Canada, la France conserve la deuxième place derrière les États-Unis, et devant l’Italie, qui se classe en troisième position. Nous sommes donc extrêmement satisfaits et nous poursuivrons dans la promotion de notre vin, qui détient le record européen pour le nombre d’étiquettes, et qui détient la troisième place dans le monde par le nombre de cépages, présentant ainsi une offre incomparable.

RH – Combien de bouteilles de vin italien se vendent par année au Canada en général et au Québec en particulier?

SANDRA DI CARLO – Sur le territoire Canadien, 527 millions de bouteilles de vin rouge et blanc sont consommées par année, 188 millions au Québec, et 160 millions en Ontario.

RH – Rappelez-nous les dates et les lieux où vont se tenir les quatre dégustations?

SANDRA DI CARLO – Les dates sont les suivantes: le 24 octobre pour la dégustation de Vancouver, et le 26 octobre pour celle de Calgary. La dégustation se déplacera ensuite dans les provinces de l’est – l’Ontario et le Québec – avec l’événement de Toronto, qui aura lieu le 31 octobre, et celui de Montréal, qui se tiendra quant à lui le 2 novembre 2016, au Marché Bonsecours.

RH – Merci de m’avoir accordé cette entrevue, Madame di Carlo.

Liens: Pour obtenir plus d’information sur les salons des vins d’Italie de Toronto, Vancouver, Calgary et Montréal, vous pouvez vous adresser à:

Délégation commerciale d’Italie - Bureau de Montréal à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 

Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
Président du Club des Joyeux
SamyRabbat.com 
LaMetropole.com

dimanche, 30 octobre 2016 16:39

Pfaff passionnément Alsace

J’ai rencontré Frédéric Raynaud, Directeur Général de La Cave des Vignerons de Pfaffenheim, qui m’a accordé cette entrevue.

RH – Frédéric Raynaud, présentez-nous l’Alsace et son étonnante diversité de sols et de climats.

roger fredericraynaud
FRÉDÉRIC RAYNAUD – La plaine d’Alsace est une région de 190 kilomètres de long sur 50 kilomètres de large bordée à l’ouest par le massif montagneux des Vosges et à l’est par le Rhin. Cette zone de fracture du fossé rhénan est en fait une véritable mosaïque de terroirs: calcaire, granite, schiste, gneiss, grès, marne, ardoise, lœss... Le vignoble est protégé des pluies et des vents de l’ouest par les Vosges, la quantité moyenne des précipitations est ainsi la plus faible des vignobles de France. C’est une zone très adaptée à la culture de la vigne.

RH – La culture de la vigne et la production de vin ne datent pas d’hier.

FRÉDÉRIC RAYNAUD – On estime que la culture de la vigne date de l’arrivée des Romains dans ce qui s’appelait à l’époque la Germanie Supérieure. Le stationnement des militaires romains qui consommaient des vins acheminés depuis l’Hispanie (l’Espagne) a stimulé les débuts de la viticulture, d’abord en Moselle, puis en Alsace. Mais la période de fort développement de la viticulture alsacienne date principalement du Moyen-Âge sous l’impulsion des ordres monastiques. Dès le 10e siècle, les vins « d’Aussey » comme ils étaient dénommés, étaient déjà exportés vers les pays nordiques. Cette période faste de la viticulture alsacienne a duré jusqu’au 16e siècle. À cette époque, le vignoble alsacien était deux fois plus grand qu’il ne l’est aujourd’hui. Avec la Guerre de Trente Ans (guerre de religions entre Monarchies Catholiques et Protestantes 1618-1648), le vignoble est pratiquement intégralement détruit. Il sera reconstruit à la fin du 18e siècle. L’Alsace va être annexée par l’Empire Allemand en 1871. Elle retourne au territoire français en 1918, mais sera à nouveau annexée par l’Allemagne Nazie en 1940, pour finalement redevenir française en 1945. Le vignoble va connaître des politiques de gestion différentes, des destructions également lors des périodes de guerre.

RH – L’Alsace se différencie des autres régions vinicoles françaises par ses cépages. Quels sont-ils?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Il est vrai que les cépages cultivés en Alsace ne se retrouvent dans aucun vignoble historique français, même si depuis quelques années les régions du Sud de la France s’essaient à la culture de certains de ces cépages avec plus ou moins de succès. On parle généralement des 7 cépages alsaciens qui sont: le Sylvaner, le Pinot Blanc, le Riesling, le Muscat, le Pinot Gris (anciennement Tokay ou Tokay pinot Gris), le Gewurztraminer et le Pinot Noir, mais il en existe d’autres qui sont couramment cultivés tels que le Chardonnay (interdit pour les vins tranquilles mais autorisé pour les Crémants d’Alsace), le Chasselas, l’Auxerrois (cépage très proche du Pinot Blanc) ou les variétés de Muscat (Muscat Ottonel, Muscat d’Alexandrie, encore appelé Muscat à petits Grains). Il y a donc en Alsace une grande diversité de cépages et de profils gustatifs.

RH – La diversité de ses terroirs et de ses cépages s’exprime à travers ses Appellations et ses Mentions.

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Il y a tout d’abord l’appellation AOC Alsace, reconnue officiellement en 1962, celle que l’on trouve le plus fréquemment. Il y a ensuite l’appellation AOC Alsace Grand Cru qui se compose de 51 terroirs d’exception définis entre 1975 et 2011. En 2011, chaque terroir a obtenu l’AOC, il y a donc aujourd’hui 51 appellations AOC Grand Cru intégrant le nom du terroir. Pour les vins effervescents, l’appellation AOC Crémant d’Alsace a été définie en 1976.

À cela, se rajoute parfois des mentions telles que Vendanges Tardives ou Sélection de Grains Nobles qui bénéficie également de cahier de charges spécifiques.

En tenant compte des cépages, des appellations, des terroirs, des lieux-dits, des mentions, et des couleurs, ce sont près de 640 vins différents qui peuvent être produits en Alsace.

RH – Que sont les Lieux-dits?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – L’AOC Alsace peut être complétée par deux dénominations: « communales » ou « lieux-dits ». Il y a 14 noms de communes autorisés (exemple: Rouge d’Ottrott ou Côtes de Rouffach) et un grand nombre de noms de lieu-dit qui correspondent à des zones parcellaires au terroir homogène mais n’ayant pas tous les atouts d’un Grand Cru.

RH – De quel ordre est la production des vins d’Alsace et quelle est sa place dans la production française?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Le vignoble alsacien s’étend sur 15 500 hectares. La récolte moyenne en Alsace est d’environ 1 100 000 hectolitres soit 110 millions de litres. C’est un des plus petits vignobles de France en termes de production devant les vignobles du Jura, de la Savoie et de la Corse. Le vignoble alsacien est très morcelé, la taille moyenne des exploitations est inférieure à 2 hectares. Cette situation est la conséquence de la Révolution Française de 1789 qui a morcelé les grands domaines de l’époque pour les revendre. Depuis cette époque, les familles propriétaires ont toujours mis un point d’honneur à conserver ce patrimoine viticole, et de ne pas le vendre lors des successions. Il y a donc très peu de possibilité d’agrandir les vignobles familiaux existants.

roger Vignes 05
RH – Comment est née la Cave coopérative des vignerons de Pfaffenheim et comment elle a évolué jusqu’à aujourd’hui?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – La Cave des vignerons de Pfaffenheim est née en 1956 de la volonté d’un petit groupe de viticulteurs de mettre en commun un outil de vinification et de conditionnement permettant de valoriser leurs récoltes. En 1968, la cave fusionne avec celle de Gueberschwihr, le village voisin. Ce sont alors une centaine de vignerons qui apportent leurs vendanges. Après des années 80 très difficiles pour la viticulture alsacienne, la Cave décide d’orienter sa stratégie sur la qualité de ses vins. À partir du milieu des années 90, la Cave des Vignerons de Pfaffenheim est considérée comme l’un des meilleurs producteurs de vins d’Alsace, ce qui lui permet de se développer sur des marchés à l’export, comme le Canada et notamment le Québec. D’ailleurs, Pfaff sera élu Meilleur Producteur 2014 par le Concours Sélections Mondiales des Vins du Canada, et Meilleur Producteur Français 2015 à la fois par l’International Wine & Spirit Competition de Londres et l’Austria Wine Challenge de Vienne.

En 1997, la Cave reprend la Maison Dopff & Irion avec les vins du Château de Riquewihr et du Clos Château d’Isenbourg. En 2003, un vendangeoir ultramoderne d’un montant de trois millions d’euros est mis en place afin de gagner encore en qualité. En 2017, plus de deux millions d’euros vont être investis dans une nouvelle ligne d’embouteillage sous gaz neutre qui va permettre d’accroître encore le potentiel qualitatif et aromatique des vins.

En 2013, la marque Pfaffenheim est devenue Pfaff. La règlementation européenne a en effet interdit l’utilisation des noms de village pour les vins, ceci pouvant induire en erreur les consommateurs qui pourraient penser qu’il s’agit d’une appellation d’origine. Nous avons donc dû changer notre marque ce qui n’est pas aisé quand vous avez communiqué et investi pendant près de cinquante ans sur une marque comme Pfaffenheim. Nous avons finalement opté pour Pfaff, qui reste proche de Pfaffenheim, et c’est plus facile à prononcer.

RH – Il y a une philosophie vinicole de La Cave des Vignerons de Pfaffenheim qui a donné des résultats probants.

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Tout est basé sur le respect du produit et l’implication des vignerons; nous n’avons pas de technicien viticole, c’est une commission de vignerons qui décide des axes et contrôle la bonne application des cahiers des charges viticoles. La quasi-totalité des raisins sont vendangés manuellement, et les vignerons doivent faire en sorte d’apporter des raisins parfaitement sains avec le niveau de maturité attendu par le Maître de chai. La vendange manuelle permet justement de faire ce tri directement dans la vigne. En fait, la Cave fonctionne comme une grande famille.

RH – Quels sont les cépages que cultivent vos membres?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Tous les cépages autorisés en Alsace sont représentés chez nos adhérents. Les cépages principaux sont le Riesling, le Gewurztraminer, le Pinot Blanc et le Pinot Gris qui représentent à eux quatre plus de 75% de la production. Ils sont complétés par du Sylvaner, du Muscat, du Pinot Noir, du Chardonnay et un peu de Chasselas.

RH – Quel est le type d’agriculture recommandé par la Coopérative?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Nous demandons à nos vignerons de respecter le produit et la nature. Nous les poussons ainsi à utiliser le moins possible des produits phytosanitaires, et uniquement quand cela est vraiment nécessaire. Nous sommes actuellement dans une réflexion sur les moyens de mettre en place une véritable agriculture raisonnée et durable sur l’ensemble du vignoble.

RH – Comment sont organisées les vendanges.

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Tout d’abord, un planning de récolte en fonction de la maturité de chaque cépage et du type de produit ciblé est mis en place avec au maximum 2 cépages différents autorisés sur une même journée. Cela permet d’affecter 5 pressoirs pneumatiques par cépage. Chaque apport est contrôlé et un code qualitatif A, B ou C lui est affecté. Les raisins sont alors regroupés par qualité dans un pressoir correspondant. Le planning est modifiable en fonction de l’avancée du mûrissement des raisins et des aléas de la météo.

Les équipes en charge de la vinification, renforcées par une trentaine de travailleurs saisonniers, travaillent en équipe par rotation, la cave fonctionnant ainsi 24 heures sur 24 pendant 4 à 5 semaines.

Les vendangeurs sont gérés directement par les vignerons qui se chargent également du transport des raisins à la cave.

Tout cela se complique quand il y a un risque d’altération de la vendange sur les vignes, ou quand il y a beaucoup de pluie, auquel cas il faut rentrer la vendange le plus rapidement possible, ce qui n’est pas toujours aisé.

RH – Dans la complexité et la variété des vins que vous produisez, la vinification doit-être un véritable casse-tête.

roger Cuves inox Pfaffenheim 01
FRÉDÉRIC RAYNAUD – Jean-François Kueny, notre Maître de chai, essaie de vinifier le maximum de petits lots en s’appuyant sur des sélections parcellaires. Cela lui permet ensuite soit d’isoler ces lots pour des cuvées spécifiques, soit de faire des assemblages à partir de plusieurs lots, en fonction des qualités de chaque lot de départ. En fait, plus vous avez de diversité dans les lots vinifiés, plus le potentiel d’assemblage qualitatif est important.

Cela nécessite un grand nombre de cuves de différentes tailles, et effectivement un peu plus de travail. Mais c’est à ce prix que l’on peut créer des vins de haute qualité.

RH – La Cave coopérative des vignerons de Pfaffenheim est particulièrement fière de ses Grands Crus.

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Il est vrai que nous avons la chance d’avoir quatre grands crus d’exception: Steinert, Goldert, Hatschbourg et Zinnkoepflé, pratiquement tous avec les trois cépages Riesling, Pinot Gris et Gewurztraminer. Chacun a sa personnalité et ses atouts, ce qui permet de proposer des profils organoleptiques très différents. Ce sont des vins qui sont régulièrement récompensés dans les grands concours internationaux.

RH – Vous avez de très belles gammes de vins, voulez-vous nous les présenter?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Nous avons, en effet, plusieurs gammes de vins.

La gamme Tradition (étiquette rouge) est une gamme qui exprime les caractéristiques aromatiques de chacun des sept cépages.

La gamme Cuvée est une sélection de parcelles et de cuvée. Elle propose une version plus « gastronomique » des sept cépages alsaciens, avec une plus grande complexité aromatique.

Nous avons également créé une gamme de vins issus de l’assemblage de différents grands crus sous le nom de Steingold. L’objectif est d’apporter pour un cépage donné une complexité par la combinaison de différents terroirs. Il existe 4 vins dans cette gamme: Riesling, Pinot Gris, Muscat et Gewurztraminer. L’assemblage de ces cépages au sein d’un même Grand Cru nous fait perdre l’appellation Grand Cru, mais les conditions de production sont bien celles d’un Grand Cru.

Nous avons ensuite une gamme des Grands Crus sur 4 terroirs différents (Steinert, Goldert, Zinnkoepflé et Hatschbourg) avec les trois cépages Riesling, Pinot Gris et Gewurztraminer.

Nous avons également créé une gamme de vins que nous appelons « spécialités » dans laquelle on retrouve le fameux Black Tie, mais également d’autres vins très concentrés et travaillés tels que le Pinot Noir La Griffe du Diable qui est élaboré à partir de faible rendement et bénéficie d’un élevage en fût de chêne, ou le Gewurztraminer Ancestrum qui est obtenu à partir de raisins récoltés trois semaines après les autres Gewurztraminers.

Enfin, nous avons une gamme de cinq Crémants d’Alsace dont un rosé.

Nous travaillons en permanence sur la recherche de nouveaux produits, en particulier sur le segment premium.

RH – De quel ordre de grandeur est votre production et quelle est la place du Canada et du Québec dans votre marché d’exportation?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Nous produisons au total l’équivalent de 250 000 caisses par an (3 000 000 de bouteilles). Nous exportons chaque année au Canada, et principalement au Québec, environ 50 000 caisses, soit 20% de notre production.

RH – Vous avez apporté 5 produits pour déguster. Ils représentent la typicité de votre gamme. Dans quel ordre voulez-vous procéder?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – En dégustation, il est toujours préférable d’aller des vins les plus secs aux vins les plus sucrés. Je vous propose de suivre cet ordre pour notre dégustation.

RH – Nous débouchons le Pinot Blanc Tradition Pfaff 2015, 12,5o d’alcool.

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Le Pinot Blanc est un vin sec, mais avec une certaine rondeur en fin de bouche qui est amenée par les 6 grammes de sucres résiduels qui viennent équilibrer l’acidité naturelle. C’est le premier cépage qui est récolté chaque année. Une importante partie des Pinot Blanc est d’ailleurs utilisée pour l’élaboration des Crémants d’Alsace.

roger Pinot Blanc Tradition CAV ss mill

RH – Robe jaune pâle, avec de légers reflets verts, limpide et brillante. Bouquet délicat et tout en nuances, de pêche, de pomme, d’abricot, de miel et de fleur d’oranger.

L’attaque en bouche est franche, mais possède un fondu agréable avec des arômes de pêche jaune et de mirabelle. Harmonieux et à la fois croquant, frais, et tendre, avec de subtiles notes grillées. Une longue fin de bouche charmeuse et rafraîchissante, avec une touche gourmande de noisette, de réglisse et de fumé.

Quels mariages nous proposez-vous pour ce vin et à quelle température doit-on le servir au repas?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Le Pinot Blanc est un cépage intéressant car il donne des vins qui se marient avec énormément de plats. Il est très souvent utilisé pour les buffets ou les brunchs, ce qui ne l’empêche pas d’être très agréable sans accompagnement. Vous pouvez le boire avec des poissons, avec une assiette de charcuterie, avec des pâtes, des quiches ou des tourtes à la viande. Il est également parfait en accompagnement des asperges. C’est un vin qui doit être servi à une température entre 10 et 12°C.

RH – Combien de temps est-ce qu’il peut se conserver en cave?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Le Pinot Blanc n’est pas un vin de garde, même si j’ai déjà été surpris par la tenue de quelques vieilles bouteilles qui avaient plus de trente ans. C’est un vin à boire dans le deux ou trois ans si l’on veut toujours bénéficier de sa fraîcheur.

Le Pinot Blanc Tradition Pfaff (millésime 2014), est vendu à la Société des alcools du Québec, code 11459677. Prix 15,95$.

RH – Nous débouchons maintenant le Riesling Cuvée Jupiter Pfaff 2015, 12,5o d’alcool.

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Le Riesling est le cépage emblématique de l’Alsace. C’est un vin sec, très aromatique qui présente toujours une grande élégance. Ce n’est pas un cépage facile à cultiver. Il craint les fortes chaleurs qui peuvent bloquer son mûrissement mais il lui faut cependant un bon ensoleillement. Le Riesling Cuvée Jupiter est issu de sélections de parcelles et cuvées par nos œnologues, pour obtenir des vins avec une certaine complexité aromatique. Du fait du potentiel acidique du cépage, nous laissons toujours un peu de sucre résiduel dans les Rieslings, de l’ordre de 5 à 6 grammes, ce qui permet d’arrondir la fin de bouche, et de ne pas avoir de notes acides. Mais, on ne ressent absolument pas le goût sucré, contrairement par exemple aux Rieslings américains.

roger jupiter
RH – Robe jaune pâle, brillante, avec des reflets verts. Riche bouquet de fleurs de tilleul et de chèvrefeuille, un peu de citronnelle, et de l’or des bois. Viennent ensuite des notes de citron, de pamplemousse rose, ainsi que de poire compotée; un soupçon de cumin, de réglisse et de cannelle, et de la minéralité.

En bouche l’attaque est vive, racée, élégante, beaucoup d’ampleur en milieu de bouche, avec un large éventail d’arômes de fleurs blanches ; une minéralité très présente. Une longue finale fraîche, très plaisir.

Quels mariages nous proposez-vous pour ce vin et à quelle température doit-on le servir pendant un repas?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Le Riesling est un vin qui s’associe parfaitement avec les poissons et les fruits de mer, mais également avec des viandes blanches ou des volailles. J’ai dernièrement mangé dans une winstub alsacienne, un délicieux coq aux riesling et morilles cuit en croûte, accompagné du Riesling Cuvée Jupiter!

C’est également un vin qui accompagne parfaitement les sushis, sashimis, ainsi que les poissons fumés.

RH – Combien de temps peut-il se conserver en cave?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Un Riesling peut se conserver de nombreuses années à condition que sa structure acide soit suffisamment solide. Nous avons dégusté récemment des Rieslings des années cinquante qui présentaient toujours une belle fraîcheur et une puissance aromatique étonnante. En vieillissant, les Rieslings présentent de très fortes notes minérales avec des arômes de cire, de pierre à fusil, voire de pétrole. Leur robe devient alors d’un jaune or foncé.

Le Riesling Cuvée Jupiter Pfaff (millésime 2014), est vendu à la Société des alcools du Québec, code 00914424. Prix 18,95$.

RH – Nous débouchons maintenant le Riesling/Pinot Gris Black Tie 2015, 12,5o d’alcool.

FRÉDÉRIC RAYNAUD – La cave des Vignerons de Pfaffenheim a toujours cherché à conjuguer tradition et innovation. Ainsi au début des années deux mille, nous avons créé un assemblage de deux cépages, le Riesling et le Pinot Gris. Autant vous dire que cela n’a pas été bien perçu dans le vignoble, beaucoup considérant que le vin d’Alsace est par essence mono-cépage. Pourtant avant les années quarante, la plupart des vins étaient issus d’un assemblage de nombreux cépages, les vignobles étant eux-mêmes, pour la plupart, plantés avec différents cépages sur une même parcelle.

La proportion des deux cépages du Black Tie varie d’une année sur l’autre entre 45 et 55%, en fonction de la maturité de chaque cépage de façon à reproduire sur chaque millésime le même style de produit.

Pour la petite histoire, Black Tie a été servi au dîner de gala de la remise du prix Nobel de la Paix 2006 à Oslo en présence de Sharon Stone.

roger Black Tie by Pfaff

RH – Robe or pâle, brillante, avec des reflets verts. Bouquet charmeur avec des notes de miel, d’abricot, d’agrumes frais, de citron confit, d’écorces d’orange, de kiwi, d’ananas et d’épices douces où se dégagent la cannelle, le cumin et la cardamone.

Attaque ample avec beaucoup de fraîcheur; beaucoup d’élégance et de finesse, une belle matière aromatique sur les agrumes et l’ananas, une belle fraicheur également. Un vin harmonieux, à la fois charnu, et avec une petite pointe de minéralité. Une longue finale, fruitée et gourmande.

Quels mariages nous proposez-vous pour ce vin et à quelle température doit-on le servir pendant un repas?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Comme la plupart des vins d’Alsace, Black Tie doit être servi à une température comprise entre 10 et 12°C. C’est un vin qui s’associe très bien avec des fruits de mer en tartare ou en carpaccio, avec des cuisines de type «Asian Fusion» ou des cuisines modernes et inventives. Il se marie notamment à la perfection avec les sushis et sashimis.

RH – Combien de temps peut-on le garder en cave?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Black Tie est un vin qui se comporte assez bien lors du vieillissement grâce à la vivacité du Riesling. Je préconise cependant de ne pas dépasser les cinq ans de vieillissement. C’est un vin qui est élaboré dans une optique de consommation sur sa fraîcheur, et non pour être conservé en cave de longues années.

Le Riesling/Pinot Gris Black Tie est vendu à la Société des alcools du Québec, code 11469621. Prix 19,95$ au rayon Spécialités.

RH – Nous débouchons maintenant le Gewurztraminer Cuvée Bacchus Pfaff 2014.

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Le Gewurztraminer est un cépage dit aromatique qui se caractérise notamment par des parfums de rose et de litchi. Son nom vient du village de Traminer dans le Haut-Adige d’où il est originaire. Il a été implanté en Alsace où les terroirs ont exacerbé son côté épicé. Son nom est alors devenu Gewurztraminer, ce qui veut dire en dialecte alsacien « Traminer épicé ». Aujourd’hui, on trouve du Gewurztraminer dans le monde entier mais c’est sur le terroir alsacien qu’il s’exprime avec autant de complexité et d’élégance.

roger gewer
RH – Robe jaune aux reflets dorés, brillante et limpide. Bouquet intense et complexe d’épices d’abord, où prédominent le poivre blanc et la noix de muscade; vient ensuite un feu d’artifice de fruits exotiques: litchis, fruits de la passion, ananas, mangues, un peu d’agrumes et un délicieux parfum de rose.

Puissant en bouche, exubérant même, et plein de fraîcheur. Une matière dense, fruitée et épicée, intense mais en même temps harmonieuse. Une longue finale avec une grande persistance aromatique.

Avec quels mets pourrions-nous le déguster et à quelle température il faut le servir?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Historiquement, il était habituel de conseiller le Gewurztraminer sur du foie gras ou sur certains desserts, ce qui réduit tout de même les opportunités de consommation. Fort heureusement, la mondialisation, qui a parfois aussi du bon, a permis la diffusion de cuisine asiatique, indienne, sud-américaine. Hors, le Gewurztraminer est un des rares vins à pouvoir soutenir les cuisines épicées et les cuisines sucrées-salées. C’est également un vin qui sublime certains fromages forts comme les bleus, ou un vieux Cheddar ou encore un Munster, le célèbre fromage alsacien.

Pour ouvrir de nouveaux moments de consommation et surfer sur la vague des cocktails, nous venons de créer également, avec la participation de Fanny Gauthier d’Ateliers et Saveurs, deux cocktails à base de Gewurztraminer Pfaff Tonic et Pfaff me Up qui ont été présentés en avant-première lors de l’édition 2016 du Festival Mode et Design.

Pour la température de service, nous conseillons aux alentours de 10°C.

RH – Quel est son temps de garde en cave?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Le Gewurztraminer est un cépage qui supporte très bien le vieillissement. La Cuvée Bacchus Pfaff pourra se garder sans problème une dizaine d’années. Il faut savoir qu’avec le vieillissement, le côté sucré du vin disparaît peu à peu. Un vieux Gewurztraminer sera donc plutôt sec.

Le Gewurztraminer Cuvée Bacchus Pfaff (millésime 2013), est vendu à la Société des alcools du Québec, code 00197228. Prix 19,95$.

RH – Nous débouchons pour terminer le Pinot Gris Grand Cru Steinert Pfaff 2011, 13,5o d’alcool.

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Le Grand Cru Steinert est situé sur la colline surplombant le village de Pfaffenheim. C’est un terroir principalement calcaire au sol très sec et filtrant, exposé plein Est. La superficie totale de ce Grand cru est de 38,90 hectares. La Cave des Vignerons de Pfaffenheim contrôle plus de 10 hectares de ce Grand Cru dont presque 5 hectares plantés en Pinot Gris.

On y trouve des parcelles de Gewurztraminer, de Pinot Gris et de Riesling.

2011 a été un millésime très précoce avec des vendanges qui ont démarré pour les Grands Crus, début septembre. L’état sanitaire des raisins était exceptionnel, et l’on a pu organiser les vendanges sans se soucier des risques de pourriture ou de la pluie. Les potentiels aromatiques et les concentrations en sucre étaient très importants, ce qui a donné un millésime assez difficile à vinifier, pour obtenir un bon équilibre acidité-sucre-alcool.

roger Pinot Gris Steinhert
RH – Robe jaune or intense, d’une belle brillance. Bouquet tout en nuances et d’une grande complexité. On perçoit tout d’abord des fleurs des champs, du musc, de l’abricot; un peu de miel et de la cire d’abeille, du pain d’épices, des fruits secs, avec des notes fumées.

Ample en bouche, d’une grande finesse, mais avec beaucoup de puissance ; charnu et gras avec une légère pointe d’acidité. Une finale longue et bien équilibrée ou la fraîcheur vient tempérer sa rondeur.

Avec quels mets pourrions-nous le déguster et à quelle température faut-il le servir?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – C’est un vin qui peut remplacer un vin rouge. Il s’associe parfaitement avec des plats en sauce tels que les viandes blanches et les volailles, les gibiers, ainsi que des poissons. Il est également parfait avec des champignons. C’est un vin gastronomique, il lui faut donc des plats assez relevés en goût.

RH – Quel est son temps de garde en cave?

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Sur ce millésime, s’il est bien conservé, c’est un vin qui peut vieillir sans problème 15 à 20 ans.

Le Pinot Gris Grand Cru Steinert est vendu à la Société des alcools du Québec, code 00729616. Prix 28$, au rayon Spécialités.

RH – Merci de m’avoir accordé cette entrevue Frédéric Raynaud.

FRÉDÉRIC RAYNAUD – Cher Roger, c’est moi qui vous remercie et j’espère avoir répondu aux nombreuses questions que vos lecteurs peuvent se poser à propos des vins d’Alsace et notamment des vins Pfaff de la Cave des Vignerons de Pfaffenheim.

Liens:

Cave des Vignerons Pfaffenheim

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Directeur Général

Représentés au Québec par Vins Philippe Dandurand

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Coordonatrice marketing
Tél.: 514 932-2626, poste 296

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Chef de marques
Tél.: 514 932-2626, poste 316

Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
Président du Club des Joyeux
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jeudi, 03 novembre 2016 06:14

Errazuriz, la belle qualité artisanale

Errazuriz est une des plus prestigieuses maisons productrices de vin du Chili. Elle est a été fondée en 1870 par Maximiano Errazuriz. Elle est dirigée par Edwardo Chadwick, qui a implanté l’agriculture durable dans tous ses vignobles, et a atteint la qualité internationale pour tous ses vins.

La Maison est située dans la vallée de l’Aconcagua, au nord de Santiago, où sont cultivés 80% de leurs raisins. On y produit 8 millions de bouteilles sur quelque 25 types de vins. La production est essentiellement artisanale et se trouve dans une assiette qui va de 50 000 à 600 000 bouteilles par étiquette.

J’ai dégusté le Max Reserva Chardonnay 2015, 100% Chardonnay, 13,5o d’alcool. Le nom de Max lui a été donné en l’honneur du fondateur.

Le raisin est cultivé tout au long de la Vallée, en climat frais et sur des sols schisteux. Vendanges manuelles, décantation du moût en acier inoxydable, fermentation en barriques de chêne français. Fermentation malolactique de 70% du vin. Élevage en barrique avec les lies pendant 10 mois.

roger Max Reserva Chardonnay 2015
Robe or pâle, avec des reflets verts. Arômes de fleurs d’acacia et de tilleul, et une explosion d’agrumes: mandarine, pamplemousse rose, un peu d’ananas et de papaye.

En bouche c’est un vin frais, fruité, avec des notes d’amande grillée. Une bonne persistance et une finale longue et soyeuse.

Ce vin est idéal avec les huitres à cause de sa fraîcheur. Délicieux également avec les fruits de mer, et avec les poissons en sauce, très bon avec les fromages de chèvre. On doit le servir à 9 oC.

Max Reserva Chardonnay est disponible à la SAQ, code 902916. Prix 16,95$.

J’ai ensuite dégusté l’Aconcagua Costa Pinot Noir 2015, 100% Pinot Noir, 13,5o d’alcool.

Le raisin est cultivé dans le vignoble de Manzanar à Aconcagua Costa, qui est à 12 km du bord de mer. C’est un vignoble de climat froid, recouvert de brouillard le matin et ensoleillé le reste de la journée.

Le raisin a été vendangé à la main. Macération à froid, fermentation en cuves inox ouvertes, élevage de 11 mois en fûts de chêne français.

roger Aconcagua Costa Pinot Noir 2015
Robe couleur cerise. Bouquet de violette et de rose rouge, de fruits rouges également à prédominance cerise. On perçoit des notes de garrigue et un mélange de champignons et de terre mouillée, avec un peu de fumée et de minéralité.

En bouche c’est un vin généreux, complexe, avec une bonne acidité, des tanins ronds, une belle matière fruitée, beaucoup d’élégance et d’harmonie. Une finale gourmande et pleine de fraicheur.

Ce Pinot Noir se prend en apéritif avec les plateaux de viandes froides et des fromages. Il se marie à la perfection avec le bœuf rôti, mais aussi avec la volaille et le porc, très bon avec les pâtes. On doit le servir à 16 oC.

Errazuriz Aconcagua Costa Pinot Noir 2015 est disponible à la SAQ, code 12611036. Prix 24,95$.

Liens :

Errazuriz

Marta Bonomo, ambassadrice de marques
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Tél.: 514 560-4014

Représentés par Vins Philippe Dandurand

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Tél.: 514 932-2626, poste 257

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Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
Président du Club des Joyeux
SamyRabbat.com 
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lundi, 07 novembre 2016 07:04

La Festa del Vino Italiano

Le 2 novembre, la Dégustation du vin italien au Marché Bonsecours a été mémorable! Quatre-vingt-dix-neuf producteurs venus exprès d’Italie, nous apportaient 500 vins à déguster de 14 régions différentes.

Le Chianti était à l’honneur, mais le Piémont, la Vénétie, les Abruzzes, les Marches, la Sicile, la Sardaigne, nous apportaient également ce qu’ils avaient de meilleur: blancs, rouges, rosés, pétillants de toutes sortes, grappa. Aucun vin médiocre, tout était bon!

L’Italie sait recevoir, le buffet italien préparé par Jérôme Ferrer était à la hauteur de nos envies, les plateaux circulaient inlassablement.

La fête du vin la plus charmante de l’année? Oui! Et toujours des découvertes extraordinaires.

Merci amis vignerons italiens! On vous attend l’année prochaine! Nous allons boire à votre santé toute l’année!

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Liens : 

Délégation Commerciale d’Italie - Bureau de Montréal 

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Roger Huet
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mercredi, 09 novembre 2016 07:29

Vinha Grande fait danser les papilles

Casa Ferreirinha est une des plus célèbres maisons vinicoles du Douro (Portugal). Elle a été fondée au XVIIIe siècle par Bernardo Ferreira et a été largement influencée par sa petite fille Dona Antónia Adelaide Ferreira, qu’on appelait familièrement la "Ferreirinha", la petite Ferreira.

Donna Antonia a été deux fois veuve, mais elle avait suffisamment de caractère et de sens des affaires pour faire prospérer son domaine. Elle a ouvert des marchés et mené sa marque à un niveau de qualité admirable, grâce à l’introduction d’équipement très moderne pour l’époque.

Casa Ferreirinha a su maintenir cet esprit familial et qualitatif jusqu’au début du XXIe siècle. Elle est passée aux mains du groupe Sogrape en 2001, qui lui a apporté la force de ses capitaux, ses techniques ultramodernes de vinification et lui a ouvert les marchés internationaux.

J’ai dégusté le Casa Ferreirinha Vinha Grande DOC Douro 2013, un assemblage très portugais de Touriga Nacional 35%, Touriga Franca 30%, Tinta Roriz 20% et Tinta Barroca 15%, 13,5 degrés d’alcool.

Le vin a vieilli en fûts de chêne pendant un an, sous la surveillance de l’œnologue Luis Sottomayor.

roger Casa Ferreirinha Vinha Grande

Robe rouge prune, intense. Bouquet de violette, de fraise et de framboise; des notes épicées de poivre, de cardamone, de cannelle, de graines de coriandre, un peu de vanille et un boisé discret.

Ample en bouche, avec une excellente masse fruitée, beaucoup d’harmonie entre l’acidité, les tanins qui sont ronds et l’alcool. Une minéralité discrète mais qui apporte beaucoup d’élégance. Une longue finale avec un petit goût épicé très gourmand.

Ce vin est idéal pour les viandes, autant rouges que blanches, excellent avec les champignons, avec les pâtes, et avec les fromages. On doit le servir à 17 oC.

Casa Ferreirinha Vinha Grande 2013 est disponible à la SAQ code 00865329. Prix 19,30$.

Liens :

Casa Ferreirinha Sogrape Vinhos

Représentés au Québec par Authentic Vins et Spiritueux

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Roger Huet
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