dimanche 3 mars 2024
Roger Huet

Roger Huet

Roger Huet - Chroniqueur vins et Président du Club des Joyeux
Québécois d’origine sud-américaine, Roger Huet apporte au monde du vin sa grande curiosité et son esprit de fête. Ancien avocat, diplômé en sciences politiques et en sociologie, amoureux d’histoire, auteur de nombreux ouvrages, diplomate, éditeur. Il considère la vie comme un voyage, de la naissance à la mort. Un voyage où chaque jour heureux est un gain, chaque jour malheureux un gâchis. Lire la suite...

lundi, 05 septembre 2016 06:39

Une entrevue avec Miguel A Torres

J’ai rencontré le célèbre vigneron espagnol Miguel A. Torres à Montréal, qui m’a accordé cette entrevue.

roger miguel a torres

RH – Monsieur Torres vous avez fondé en 1992, la Primum Familiae Vini, aussi connue comme PFV. Cette association internationale réunit des familles qui sont parmi les meilleurs producteurs de vin au monde. Elles viennent de France, d’Allemagne, d’Italie, du Portugal et d’Espagne bien entendu. On ne peut y accéder que par invitation.

Qui regroupe la PFV aujourd’hui et quels sont ses objectifs?

MIGUEL A. TORRES – Aujourd’hui les membres de PFV sont: Vega Sicilia, Egon Müller, Symington, Pol Roger, Perrin, Joseph Drouin, Tenuta San Guido, Hugel, Antinori, Mouton Rothschild et Torres.

PFV est née d’un désir de garder nos entreprises dans des mains familiales. Nous partageons tous les mêmes valeurs économiques et sociales et des projections à long terme.

Une fois par année, toutes les familles se rencontrent pour notre pour notre réunion annuelle. C’est un événement social très charmant où participent même nos petits-enfants. Nous nous réunissons régulièrement pour une dégustation de presse et pour les dits « dîners d’enchères de bienfaisance " où nous mettons aux enchères une caisse de 11 bouteilles qui contiennent le vin le plus haut de gamme de chaque famille. Ce sont vraiment des événements marquants.

Nous échangeons aussi notre expérience sur le plan technique et commercial: dans certains pays, nous utilisons par exemple nos réseaux mutuels de distribution, et même nous sommes des partenaires comme c’est le cas en Chine, où Baron Philippe de Rothschild est partenaire de Torres Chine depuis 2007.

RH – La Primum Familiae Vini a la volonté de marquer ses distances avec les groupes financiers qui font du vin. Pouvez-vous nous expliquer en quoi diffèrent les grandes familles productrices de vin des groupes producteurs de vin?

MIGUEL A. TORRES – La différence capitale est qu’aucun membre de PFV n’a aucune partie de leurs actions sur le marché boursier, parce qu’en le faisant, nous perdrions notre indépendance. Sur papier cela semble une charmante déclaration, mais dans la pratique, ce n’est pas toujours facile parce que le commerce du vin est un secteur à forte intensité financière. On a besoin de beaucoup de capitaux dormants. À partir du moment où vous plantez une vigne jusqu’à ce que vous vendez du vin il se passe environ 10 ans! Donc, nous ne pouvons pas tout faire en même temps. Par exemple, nous ne pouvons pas construire 3 caves dans 3 régions viticoles différentes en même temps, parce que nous voulons nous autofinancer.

Voilà pourquoi il est si essentiel de demeurer une propriété familiale pour rester indépendant. C’est aussi pourquoi notre propre règle à la maison Torres, qui est de réinvestir 95% de notre bénéfice chaque année, est si importante.

RH – Votre famille faisait du vin dans le Pénédès depuis le Dix-septième siècle, mais l’histoire moderne de Torres y Compañía commence en 1870. Avec 5 générations fortes, elle a été très fertile. Racontez-nous son histoire.

MIGUEL A. TORRES – En effet, en 1870, Jaime et Miguel Torres ont fondé l’entreprise et construit la cave en face de la gare de Vilafranca del Pénedès, où nous avons encore nos bureaux aujourd’hui. Ensuite, la deuxième génération a élargi l’entreprise et à ce moment-là, nous sommes devenus «négociants»; nous vendions et exportions nos vins en fûts. Le stockage des vins était fait dans des grosses barriques. Pour vous donner une idée de la taille de ces barriques, lorsque Sa Majesté le Roi Alfonso XIII a visité notre bodega en 1904, le déjeuner a été servi à l’intérieur d’une barrique de bois de 500 000 litres.

La troisième génération, celle de mon père a été la première à embouteiller du vin dans la région et les exportations se sont accélérées.

La quatrième génération, celle de mon frère, ma sœur et moi a seulement essayé de continuer le travail accompli par les générations précédentes, de pousser les affaires un peu plus loin et d’assurer une transition réussie vers la prochaine génération. Ce que beaucoup de gens ne réalisent pas c’est que ma femme d’origine allemande a également beaucoup aidé à bâtir la société et en particulier sur le marché allemand, qu’elle a initié et dirigé pendant de nombreuses années. C’est aujourd’hui un des marchés les plus importants pour nous.

roger famille torres

La famille Torres

Ma femme est actuellement présidente de la Fondation Miguel Torres, qui se concentre sur des projets de développement social comme la protection des enfants, en construisant des écoles et des foyers pour orphelins.

Aujourd’hui, la 5e génération gère la cave et elle fait un excellent travail en développant nos vins premium et super premium. L’Espagne et le Chili ont beaucoup à offrir; il y a encore beaucoup de travail à faire.

RH – L’esprit de famille a des répercussions concrètes d’abord sur votre personnel où les mille travailleurs de la maison sont traités comme des membres d’une équipe et non comme des numéros, ensuite, avec l’environnement et avec le commerce équitable.

MIGUEL A. TORRES – Dans la définition de l’ADN de notre entreprise, nous plaçons nos gens en première position. Ensuite, nous plaçons l’Écologie, le Commerce Équitable, notre Fondation Torres Miguel (qui aide en particulier les enfants orphelins), la Recherche et développement, l’Innovation, nos clients directs qui sont nos importateurs, les consommateurs finaux et aussi le fait que nous sommes une entreprise familiale.

Pour revenir à votre question: oui, nous essayons de traiter notre équipe en tant que membres de l’équipe, en fait, autant que possible en tant que partenaires. Si je regarde trente ans en arrière, je suis vraiment fier de voir que tout le monde se sent faire partie l’entreprise et tout le monde recherche l’excellence dans tous les domaines: dans les vignes, dans la recherche, dans la production, dans le marketing, les ventes, la distribution, et ainsi de suite.

Il y a aussi notre souci de l’environnement et du commerce équitable. Cette focalisation sur l’écologie a toujours fait partie de la philosophie de notre entreprise, mais je dois dire que la présentation du film d’Al Gore «An Inconvenient Truth» en 2007 nous a fait nous dépêcher encore plus. J’ai immédiatement organisé une réunion du conseil de famille et nous avons décidé d’investir 10 millions d’euros pour une période de 10 ans dans notre programme baptisé "Torres & Earth" qui couvre des projets tels que les énergies renouvelables, l’optimisation de l’utilisation de l’eau, l’éco-efficacité dans le transport, la réduction des émissions de CO2, et l’adoption des mesures dans les vignes. Si vous voulez en savoir plus sur ce sujet, je vous invite à consulter notre site Web spécial: torresearth.com/en. Vous verrez comment dans ce secteur clé, nous continuons à travailler dur pour atteindre notre objectif de réduire les émissions de CO2 de 30% par bouteille d’ici 2020.

Jusqu’à présent, nous avons réduit notre empreinte de carbone de 13% dans l’ensemble de nos activités, en tenant compte des émissions dues à l’activité à l’interne, appelée champ 1, des émissions indirectes dues à la consommation électrique, champ 2 et aux émissions, produites par nos intermédiaires: fournisseurs de matières premières et auxiliaires (en amont) et par la distribution (en aval), champ 3.

Si nous ne prenons en considération que notre siège social et les émissions indirectes (1 et 2), nous travaillons déjà aux côtés des vignerons et de nos producteurs de vin. La réduction atteint ici un chiffre aussi élevé que 38% comme conséquence directe du programme environnemental Torres & Earth.Il faut se rendre compte que sur le champ 3 les émissions représentent plus de 80% de notre empreinte de carbone. Nous avons maintenant besoin d’un engagement de la part des fournisseurs de matériaux, des auxiliaires, en particulier des fabricants de bouteilles et d’emballages. J’ai invité nos fournisseurs les plus importants en septembre dernier à notre cave pour discuter de la façon comment ils peuvent contribuer à diminuer leur empreinte de carbone.

RH – Chez Torres chaque vignoble a toujours été marqué par des étiquettes qui ont percé les frontières: Vous avez d’abord commencé en Catalogne dans le DO Pénédès avec le label Coronas.

roger vins de torres

MIGUEL A. TORRES – Oui, nous avons commencé avec Coronas comme premier vin en bouteille en 1942, mais à cette époque, la DO Pénédès n’existait pas encore, elle n’a été fondée qu’en 1960. Mes ancêtres étaient tout à fait en avance sur leur temps et ils avaient déjà enregistré Coronas comme marque en 1907. Mais en ces jours lointains Coronas était vendu en fût, surtout sur le continent américain. Plus tard, mon père a constaté pendant ses voyages aux États-Unis, que les contrats à terme favorisaient les vins de marque en bouteille. C’est ce qui a motivé la naissance de plusieurs des vins historiques de notre cave: le Coronas déjà mentionné en 1942, Viña Sol en 1947 et Sangre de Toro en 1952.

RH – Le “Gran Coronas Mas Laplana Etiqueta Negra 1970” remporte l’Olympiade Mondiale des Vins organisée par Gault-Millau à Paris en 1979.

MIGUEL A. TORRES – Oui, la dégustation Gault & Millau a été un moment important dans l’histoire de Torres. Pour la petite histoire, lorsque je suis revenu de mes études en France dans les années soixante, j’ai convaincu mon grand-père de produire un top Cabernet Sauvignon espagnol. C’est ainsi qu’est né Mas La Plana. C’était un vin différent, un Cabernet Sauvignon de Catalogne, élégant et complexe, habillé d’une étiquette noire sur une bouteille de Bourgogne. Il était tellement à part qu’il a acquis immédiatement une bonne réputation. Quand Gault & Millau m’a appelé en 1979 pour dire que notre mono-cépage Mas La Plana millésime 1970 l’avait emporté dans une dégustation à l’aveugle à Paris sur quelques-uns des meilleurs vins français, cela a été merveilleux pour nous car on a mis notre vin sur la carte du monde. La dégustation de Gault-Millau à l’aveugle a été un point tournant pour notre cave et l’esprit de ‘79 nous a toujours guidés depuis ce temps pour faire les meilleurs vins.

D’ailleurs ce que beaucoup de gens ne savent pas c’est que Mas La Plana a un "petit frère" appelé Gran Coronas Reserva, qui est en fait un de nos meilleurs vendeurs au Québec. Je dis «petit frère», car Gran Coronas est aussi un Cabernet Sauvignon à 85%, le reste étant du Tempranillo. Selon le millésime, il porte parfois le Cabernet Sauvignon du domaine Mas La Plana.

RH – Dès 1979 la famille Torres investit au Chili et crée Bodegas Torres de Chile.

MIGUEL A. TORRES – Oui, nous avons fait le saut au Chili en 1979. C’était mon bon ami Alejandro Parot avec qui j’ai étudié à l’Université de Dijon qui m’a amené au Chili pour me montrer les possibilités de la Vallée Centrale; c’est un paradis pour le vin à cause de son climat, de la qualité de son sol et de ses caractéristiques géographiques. Quand je suis arrivé au Chili, j’ai été par contre sidéré lorsque j’ai appris quels étaient les salaires courants des travailleurs agricoles! Nous les avons immédiatement rehaussés de 4 fois. Vous pouvez imaginer que cela n’a pas plu à certains de nos voisins, mais nous avons pensé que c’était de notre devoir de le faire. Aujourd’hui les caves chiliennes peuvent obtenir une certification qu’elles agissent correctement, mais cela me remplit de fierté d’avoir été en 2010, le premier établissement vinicole au Chili, à obtenir le "Fair for Life" (la certification sociale et de commerce équitable) de l’OMI Suisse.

RH – Dans quelles autres régions avez-vous essaimé?

MIGUEL A. TORRES – En Espagne, la première région à l’extérieur du Pénédès c’était à Conca de Barbera, toujours en Catalogne, où nous cultivons nos célèbres vins Milmanda et Grans Muralles. Nous avons acheté la propriété en 1975 et nous avons découvert que c’était l’endroit idéal pour commencer notre projet de récupération des cépages ancestraux, qui étaient pratiquement disparus de nos vignobles catalans.

Nous avons commencé en plaçant des petites annonces dans la presse locale en demandant aux gens de nous contacter, quand ils découvraient des vignes qui auraient pu être plantées avant la période du phylloxéra. Nous avons eu beaucoup de réponses au cours des années et certains de ces cépages ancestraux tels que le "Garró" et le "Querol", on les retrouve aujourd’hui dans l’assemblage de Grans Muralles.

Ce projet de recherche incroyable est toujours en cours et nous sommes maintenant en pleine expansion dans le reste de l’Espagne.

Plus tard, en 1991, nous avons acheté 90 hectares dans la région de Priorat, car nous voulions être en mesure d’offrir des vins de qualité supérieure de toutes les régions d’Espagne. En Priorat nous avons construit une cave en 2007 pour les vins de Salmos et de Perpetual. Plus tard, nous avons ajouté 160 hectares à Jumilla en 2003 et 40 hectares à Toro en 2004, mais on n’a pas encore sorti de vin de ces domaines.

Nous avons aussi construit des caves à Ribera del Duero en 2004 et dans la Rioja en 2007. Les vins de ces ‘bodegas’ ont été lancés à partir de 2005. Ce sont Celeste de Ribera del Duero et Ibericos de Rioja en 2009. En 2014, nous avons acheté un établissement dans Rueda, à Villafranca de Duero, pour faire notre vin Verdeo de cépage Verdejo. Nous avions auparavant sorti notre premier millésime de Verdeo en 2011, en louant les installations de la famille Lurton.

Pour le moment, nous avons un montage semblable dans Rias Baixas, où nous louons les l’installation d’amis et où nous avons lancé notre premier Albariño avec le millésime 2012 du Pazo das Bruxas.

RH – Nous n’avons pas encore mentionné les activités de la Famille Torres en Californie, que votre sœur Marimar dirige avec fermeté et avec des idées bien à elle.

MIGUEL A. TORRES – Ma sœur Marimar s’est installée en Californie en 1975. Elle était responsable de notre maison pour le marché américain et à ce moment-là elle était mariée à un Américain. Après deux années de recherche, elle a acquis des terres dans Russian River Valley (Sonoma County) et a commencé à planter la vigne en 1986. Aujourd’hui, le domaine a 30 hectares plantés en Chardonnay et en Pinot Noir. La bodega est 100% certifié biodynamique et est détenue et gérée entièrement par Marimar et sa fille, ma nièce Cristina. Elles font toutes les deux vraiment des grands vins qui obtiennent très souvent des notes de plus de 90 points dans les plus importants magazines de vin.

RH – Comment voyez-vous l’avenir Monsieur Torres?

MIGUEL A. TORRES – Compliqué en raison du changement climatique: mais le réchauffement planétaire et le changement climatique affecte tous les producteurs de vin dans le monde, et non seulement ceux d’Espagne. Tout le monde a remarqué des changements dans le climat au cours des dernières décennies: par exemple chez Torres, la température moyenne a augmenté de 1 oC au cours des 40 dernières années, avec le résultat que la récolte doit être faite maintenant environ 10 jours plus tôt qu’il y a 20 ans. En général, je pense que nos vignes peuvent résister à une autre augmentation de 1 degré, par la mise en œuvre d’une série de pratiques viticoles qui retardent la maturation des raisins. Ce faisant, nous pouvons minimiser les effets du changement climatique dans les caractéristiques de nos vins. Par contre, si la température augmentait le 2 à 4 degrés Celsius d’ici 2100, ce que des nombreux scientifiques prévoient, nous allons avoir des gros problèmes et des grands changements à faire. Voilà pourquoi c’est très important que les gouvernements prennent des mesures coordonnées et il était bon de voir qu’ils l’ont fait au Sommet sur le climat l’année dernière à Paris.

Je ne pense pas qu’en raison du changement climatique la viticulture va disparaître de notre région "de base", le Pénédès. Le plus probable c’est que nous aurons à replanter des variétés de nos cépages plus résistantes à des températures élevées et au stress hydrique ou peut-être que nous devrons sélectionner d’autres cépages plus adaptés aux températures plus élevées; et les vins ne seront plus les mêmes.

En prévision de cela nous avons déjà planté des vignes dans des régions froides telles que les pré-Pyrénées, où nous avons plus de 120 hectares à environ 1000 mètres d’altitude. Nous ne produisons pas encore de vin à partir de ces vignes car nous sommes encore dans la phase expérimentale. De plus, nous avons également acheté un autre morceau de terre de 100 hectares à environ 1200 mètres d’altitude, qui est encore trop froid pour cultiver la vigne.

Par ailleurs je suis optimiste sur l’avenir de notre maison. La direction est dans des très bonnes mains avec la 5ème génération et nous avons une excellente équipe. Cette combinaison va nous permettre de continuer à grandir en valeur, plutôt qu’en volume. Nous voulons continuer à produire des vins de grande qualité qui reflètent la personnalité de chaque région et de chaque vignoble, des vins authentiques. Comme je vous l’ai déjà mentionné, il y a environ dix ans, nous avons commencé notre expansion autour de l’Espagne à Priorat, Rioja, Ribera del Duero, Rueda et Rias Baixas pour devenir un véritable joueur espagnol dans les vins de haute qualité. Un de nos futurs projets est de lancer des projets individuels pour faire des vins icônes dans ces régions. Nous sommes en processus d’acquérir plus de terres de vieilles vignes et sommes convaincus que l’Espagne a encore des régions et des cépages à découvrir.

Nous allons continuer à récupérer des "cépages catalans perdus" qui existaient avant le Phylloxera et nous voulons étendre cette recherche au reste de l’Espagne.

Au Chili, par ailleurs, nous poursuivons nos recherches et nos expériences sur des variétés anciennes à Itata et Maule, avec des vieux Moscatel et des vieux Cariñena.

Dans ce domaine il y a encore beaucoup de travail à faire!

RH – Merci de m’avoir accordé cette entrevue Monsieur Torres.

En me quittant Miguel A. Torres m’a laissé 5 bouteilles à déguster.

J’ai débouché en premier le vin blanc, Gran Viña Sol 2014, fait de Chardonnay et de Perellada, 13,5d’alcool. Le raisin provient des terres du Pénédès.

roger vina sol

Fermentation du Chardonnay en fûts du Limousin pour rehausser son caractère, tandis que le Perellada fermente en cuves inox à température contrôlée. Vieillissement du vin pendant 5 mois, pour 1/3 en fûts de chêne et pour 2/3 en inox.

Belle robe dorée avec un léger reflet vert. Un parfum très concentré de biscuit et de chèvrefeuille, d’ananas et de pêche. Un peu de vanille.

En bouche c’est un vin sec, frais, généreux, onctueux, très savoureux, avec des arômes riches en fruits exotiques, un bel équilibre et une finale longue et soyeuse.

C’est d’abord un vin d’apéritif qui ira très bien avec des canapés. C’est aussi un vin de repas parfait avec les fruits de mer, sublime avec le saumon, et avec les viandes blanches. Il s’accorde également avec bonheur avec les fromages de chèvre. Je suggère de le servir assez frais en apéritif, autour de 9 oC et vers 11 oC pendant le repas. Il peut se garder trois ans en cave.

Gran Viña Sol 2014 est disponible à la SAQ, code 00064774. Prix 18,20$.

J’ai ensuite dégusté les vins rouges, en commençant par Gran Coronas, Reserva 2012, Appellation Pénédès. Il est fait de Tempranillo avec un peu de Cabernet Sauvignon, 14o d’alcool. Le raisin provient du vignoble de Mas la Plana. C’est le premier des vins nobles de la Maison Torres.

roger gran coronas

Fermentation pendant 15 jours en cuves inox à température contrôlée. Élevage de 12 mois en fûts de chêne français et américains dont 30% neufs.

Belle robe rouge intense. Bouquet de fruits mûrs principalement de prune et de groseille, Viennent ensuite la cerise, la framboise et une légère odeur d’herbe fraîchement coupée. Un deuxième nez apporte des notes de tabac, de café, de cacao, de noix et de truffes, un peu d’épices également, surtout du poivre noir, et des notes balsamiques.

En bouche c’est un vin élégant, profond, avec des tanins soyeux et aimables. Ses arômes rappellent la fraise, la groseille, la mûre et son passage en chêne lui donne des notes de chocolat et de vanille.

Il a une belle fraîcheur qui s’harmonise à la perfection avec l’alcool. Une très longue finale délicieusement gourmande.

C’est essentiellement un vin de gastronomie qui accompagne avec panache les viandes rouges, bœuf et gibier, il est très bon également avec les ragoûts, les paellas, délicieux avec un plateau de fromages. On doit le servir à 17 oC.

Il a un potentiel de garde de 10 ans en cave.

Gran Coronas Reserva 2012 est disponible à la SAQ, code 36483. Prix 21$. Une aubaine!

J’ai poursuivi ma dégustation avec Mas La Plana Cabernet Sauvignon 2010, qui célèbre son quarantième millésime.

roger torres mas la plana

Un petit vignoble de 29 hectares de Cabernet Sauvignon donne le plus emblématique de tous les rouges de la Maison Torres. Il est produit en quantité très limitée, mais il est acclamé dans le monde entier.

Vieilli 18 mois en fûts de chêne français, ce vin à une robe couleur cerise foncée et offre un bouquet intense qui est caractéristique du Cabernet Sauvignon du vignoble Mas La Plana. Parfums de cassis et de confiture de cerise. Un deuxième nez révèle des notes de pain grillé, de chocolat blanc et d’épices, clou de girofle, poivre et cèdre.

Ample et vif en bouche, il présente une structure très intéressante, avec tanins mûrs qui promettent une excellente évolution et une très longue garde. Ce vin élégant et puissant se termine dans une finale longue et soyeuse.

Sublime avec le gibier et tout aussi délicieux avec l’agneau rôti, avec les oiseaux nobles: faisan, pintade, très bon avec les sauces aux truffes, excellent avec les fromages de brebis.

Mas La Plana 2010 fait partie du noble héritage de la famille Torres. Les quarante millésimes ont porté leur fruit. Il est entré dans l’histoire en 1979, mais aujourd’hui il entre dans la légende.

Mas La Plana 2010 est disponible à la Société des alcools du Québec, en format 750 ml, code 12663282. Prix 60$.

En format 3L code 12847111. Prix 340$.

En format 6 L. code 12847348. Prix 705$.

J’ai terminé la dégustation des rouges avec Celeste Crianza 2013, Appellation Rivera del Duero, 100% Tempranillo, 14o d’alcool.

Fermentation d’environ 7 jours en cuves inox à température contrôlée. Élevage de 12 mois en fûts de chêne français et américain.

roger torres celeste

Étiquette bleu nuit parsemée d’étoiles. Robe rouge foncé avec reflet grenat. Le vin fait des larmes sur la paroi du verre.

Riche bouquet de fruits sauvages: mûre, framboise, et aussi confiture de bleuets. Viennent ensuite des notes de garrigue, de thym de champignons sauvages, d’épices et de réglisse. Il y a également des notes fumées. En bouche les tanins sont ronds, charnus, l’arôme de prune se mélange avec des notes de vanille. Une belle minéralité, et beaucoup de fraîcheur. Une longue finale pleine de gourmandise.

Idéal pour l’accompagnement des viandes. Il est aussi bon avec le bœuf qu’avec l’agneau et même avec le porc rôti. Il fait aussi un bon mariage avec les viandes mijotées et le petit gibier. Il est également bon avec les pâtes, et parfait avec les fromages à croute dure, comme le Manchego ou le Comté. On doit le servir à 16 oC. Il a un potentiel de garde de 7 ans.

Torres Celeste Crianza est vendu à la SAQ, code 11741285. Prix 22,05$.

J’ai terminé cette dégustation avec un superbe Torres 10 ans, Imperial Brandy, 40o d’alcool, vieilli en barriques qui ont contenu du Cognac.

L’activité de distillation et d’élevage de brandy a commencé chez les Torres en 1928. Torres 10 Gran Reserva est commercialisé depuis 1946 et il est le plus vendu de sa gamme.

En 1997 un Torres hors d’âge de plus de 20 ans a été élu Meilleur brandy du monde.

roger torres 10 brandy

Robe couleur topaze profond. Parfum chaud d’épices subtiles avec des notes de chêne et de caramel. La bouche est riche en tanins. On y décèle des arômes d’abricot, de tabac turc blond et sucré, une fraîcheur de réglisse et une longue finale chaude et caressante. Les arômes de ce merveilleux brandy persistent dans le verre pendant de longues heures.

Torres 10 Imperial Brandy est vendu à la SAQ, code 00094367. Prix 31$.

BODEGAS TORRES
Vilafranca del Penedès (Barcelona) 

Représentés au Québec par Amphora, vins fins et spiritueux
 
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Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
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mercredi, 07 septembre 2016 08:54

Bù, les vins qui déferlent sur Montréal

J’étais présent au lancement des vins Bù de la grande Maison Constellation, qui ont été sélectionnés par Jessica Harnois et qui sont présents autant en épicerie que dans les succursales du Monopole.

L’événement se passait dans un dépanneur de la rue Beaubien, qui avait été vidé et transformé pour la soirée en bar à vin éphémère.

Une soirée avec Jessica est toujours un événement festif car elle est aussi bonne animatrice que sommelière.

Les trois vins de la série ont été choisis en Italie. Le premier vient des Pouilles.

Bù Splendido 2015 est un assemblage de Chardonnay et de Fiano, 12,5o d’alcool. Fermentation en cuve inox à température contrôlée. Une partie du Chardonnay est élevé en barrique.

Robe jaune paille. Parfum de pommes et de fleurs d’oranger. Ample et frais en bouche, des arômes au goût de pommes. Il accompagnera agréablement les fruits de mer et les mets à base de poisson.

Le deuxième vin vient de la Sicile.

Bù Glissando 2014, assemblage de Nero d’Avola et de Merlot, 12,5o d’alcool. Fermentation complète: alcoolique et malolactique en cuve inox à température contrôlée. Une partie du vin est élevé en fûts de chêne et l’autre en inox.

Robe rouge foncé. Bouquet d’aubépine et de cerises rouges. Ample en bouche, frais, fruité, avec des tanins assez ronds et une finale parfumée.

Parfait en accompagnement des viandes et des fromages forts.

Le troisième vin vient de la région des Marches.

Le Bù Vivere est 100% Sangiovese, 12o d’alcool. Fermentation et élevage en cuve. Robe rouge rubis, limpide. Bouquet de framboise et de fraise, un peu de cassis, avec des notes d’épices douces. Ample en bouche, rond, épicé et fruité, charmeur. Il s’accordera agréablement avec les viandes et avec les pâtes. Bon pour les fromages à croûte dure.

Les prix sont d’épicerie, autour de 14$.

Liens :

Constellation, Québec inc.

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., directeur du développement et événements spéciaux
Tél.: 1 800 561-8634, poste 5376

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Roger Huet
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jeudi, 15 septembre 2016 08:08

Ma chronique gourmande d’automne

Mon coup de cœur de la saison est le GRIL et PLAQUE CHAUFFANTE d’Hamilton Beach.

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C’est un appareil extraordinaire, qui se compose de 2 plaques amovibles, qui peuvent être retournées. Elles font tantôt fonction de gril tantôt de plaque chauffante. Chaque plaque a sa commande de température individuelle. Elle remplace avantageusement un barbecue. Pas besoin de bouteilles à gaz, encombrantes, elle se branche à n’importe quelle prise.

Cette merveille occupe très peu de place et se range dans une armoire. Elle mesure à peine 2 pieds par 1 pied, par 5 pouces de haut et ne pèse que 9 kilos. Il a un récipient pour l’écoulement des graisses et les plateaux vont au lave-vaisselle. De plus on peut se permettre de faire des grillades tout l’hiver dans sa cuisine.

Hamilton Beach Gril et Plaque chauffante modèle 38546C Prix 84,99$

hamiltonbeach.ca

LES BALSAMIQUES DE CAREZZA

Carezza est une ligne québécoise de balsamiques située à Upton, en Montérégie. Les produits Carezza sont vraiment exceptionnels et un rêve pour assaisonner les salades.

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Les flacons sont élégants et agréables au toucher.

Les Carezza viennent en deux versions:

Les Vinaigres Gourmets, dont le Vinaigre d’érable, qui est le fruit d’une double fermentation en cuve, de sirop d’érable pur.

La collection des Sublimations Balsamiques, le haut de gamme. Elles sont denses, légèrement sucrées, avec une pointe d’acidité et parfaitement équilibrées. Dans cette gamme se trouvent les sublimations aux fruits: fraise, framboise, bleuet, faits de vinaigre balsamique, de pulpe de vrais fruits et de miel. Cette année une nouvelle saveur s’est ajoutée: la sublimation aux pommes, avec du vinaigre de cidre, du moût de pomme concentré et du vinaigre blanc.

Je recommande vivement à tous les restaurateurs qui servent des salades avec des tristes vinaigrettes industrielles: française, italienne et au bleu, d’adopter les vinaigres et les sublimations Carezza, qui vont faire de leurs salades et même de leurs desserts aux fruits et des crèmes glacées, un plaisir pour la bouche.

Les prix des produits Carezza sont très raisonnables, entre 10 et 13$ la bouteille de 200 ml! On les retrouve dans tous les magasins gourmets. Pour connaître les points de vente consultez leur site Web: carezza.ca. Vous pouvez aussi les commander en ligne.

LES CASSIS DE MONNA ET FILLES

Depuis 1992, Cassis Monna & Filles cultive et transforme le cassis. L’entreprise travaille en harmonie avec la nature, avec une conscience écologique pour minimiser l’impact sur l’environnement.

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Les sœurs Monna, telles des alchimistes, confectionnent 4 flacons mystérieux.

roger cassismonnaetfilles
Le premier enferme une Crème de cassis, 19,5o d’alcool. Belle robe rubis. Parfum prononcé de cassis et un bel équilibre en bouche. Versé dans un verre de mousseux, ou sur une crème glacée c’est du pur plaisir. Disponible à la SAQ en flacons de 375 ml code 10381661. Prix 25,25$.

Le deuxième est le Fruité 15o d’alcool. Un apéritif avec un goût riche en cassis. On le sert sur glace ou en sangria.

Le troisième est le Madérisé 15o d’alcool. Parfait à l’apéritif ou en fin de repas. Boisé, au goût de torréfaction et de dattes avec des notes de vanille que l’on sert avec des fromages corsés ou des chocolats amers.

Le quatrième est le Capiteux 19o d’alcool. Un vin fortifié de type Porto. Arômes de fruits secs, de café et de chocolat. À servir de préférence comme digestif. Très charmeur.

Ces trois derniers produits sont disponibles en format de 350 ml et de 750 ml. Pour vous informer des points de vente ou pour commander en ligne, consultez: www.cassismonna.com

Les audacieuses liquoristes de Cassis Monna & Filles viennent de remporter la médaille d’argent à l’International Wine and Spirit Competition.

RISO BELLO, LE RIZ POUR RISOTTO

roger riso bello pour risotto

Riso Gallo est le producteur de riz numéro 1 d’Italie. Sa principale marque est Riso Bello.

Cette maison a débuté en 1856 à Gênes avec Giovanni Battista. Aujourd’hui, la sixième génération produit son riz dans la Vallée du Pô.

Si vous aimez le risotto et que vous hésitez à en faire à cause des différentes étapes que cela demande, Riso Bello a créé le Risotto Pronto, sans agent de conservation car il est emballé sous atmosphère protégée.

Il vient en différentes saveurs : Quatre fromages, Aux asperges, Aux légumes, Aux champignons porcini. Il suffit d’ajouter de l’eau et de laisser bouiller. Il est prêt en 12 minutes, les enveloppes sont pour 2 personnes et rien ne vous empêche de personnaliser votre risotto en ajoutant des crevettes, des morceaux de parmesan ou des tomates séchées.

Pour les amateurs de cuisine, il y a les boîtes de 500 grammes d’Arborio, et de Carnaroli, toutes deux de riz pour risotto et cela ne prend que 16 minutes de préparation. Les recettes sont sur les boîtes.

Riso Bello risobello.com. Importé par Enzamar. inc., Tél.: 514 323-6068.

MAILLE, LES BONS PRODUITS FRANÇAIS

La célèbre maison dijonnaise vient de sortir un excellent pot de cornichons aux oignons caramélisés.

roger maillepots
Les tablettes des épiceries se sont remplies de Moutarde de Dijon au miel de Maille. On les reconnait à leur petit pot en plastique, idéal pour faire un jet sur les hotdogs.

maille.ca/moutarde-de-dijon

DE LA LITTÉRATURE GOURMANDE

SUR LE POUCE

Guide des 165 meilleurs casse-croûtes du Québec, par Benoît Roberbe, l’animateur de l’émission éponyme à Canal Évasion.

roger surlepouce
Un charmant ouvrage qui vous ouvre les portes des petits restos de quartier et de village à travers toutes les régions du Québec.

L’auteur fait une présentation de chaque casse-croûte, avec enthousiasme et gentillesse. Il présente les spécialités, indique s’il est saisonnier ou ouvert à l’année et donne l’adresse.

Les places ont des noms qui commencent par: bistro, restaurant, cantine, roulotte, patate, snack bar, casse-croute, café, dépanneur, chez ou simplement Johnny, Capitaine Bob…

Il arrive que dans certaines régions il faille rouler longtemps avant de trouver un endroit où manger. Sur le pouce classe les casse-croûtes par région à la table des matières qui se trouve au début du livre, un index vous permet de retracer ces mêmes places à la fin, suivi d’un index par autoroutes principales et le numéro de sortie à emprunter.

Un guide intéressant en ville lorsqu’on veut se restaurer sans trop dépenser, mais indispensable en région, si l’on veut survivre.

Sur le pouce est publié par Évasion et Trio Orange. Prix 24,95$.

ATABULA

Un des plus beaux magazines électroniques français sur la gastronomie de l’Hexagone et d’ailleurs. On peut souscrire gratuitement pour recevoir leur infolettre.

atabula.com

LES FIDÈLES DE BACCHUS, PREND DE L’EXPANSION

roger bacchus

Alain Lebel, le patron de Les Fidèles de Bacchus vient de lancer Bacchus, le magazine numérique interactif du vin et de l’art de vivre, en version française et anglaise. Il est diffusé grâce à une nouvelle application qu’on peut télécharger gratuitement sur tablette iPad à appsto.re/ca/KPEo-i

Lien: fidelesdebacchus.com

Le magazine GASTRONOMIE Alimentation et plaisirs culinaires est produit par le groupe Publications Mag, de Diego Fiorita. La maison célèbrera bientôt 15 ans.

roger gastronomie livre
Gastronomie est une belle publication, sur papier glacé. Les photos sont magnifiques et le montage graphique impeccable. J’ai entre les mains le numéro d’été, le nouveau numéro sortira au cours du mois de septembre. Les articles sont variés. Les restaurants et les vins y sont très bien décrits, mais il y a plus, le Wine & Food Festival du Mexique qui couvre plusieurs pages et on nous annonce qu’il s’installera à Montréal dans un avenir proche. Il y a aussi des nouvelles locales comme la Fête champêtre de Sœur Angèle et des recettes culinaires. L’éditorial signé Diego Fiorita est mordant, mais réaliste. Gastronomie est publiée 4 fois par an.

Publications Mag 

Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
Président du Club des Joyeux
SamyRabbat.com 
LaMetropole.com

 

jeudi, 23 février 2017 17:27

Le Ruffino Aziano 2014 est délicieux!

Ruffino, Folonari, Constellation, trois noms importants qui ont façonné la maison Ruffino en 150 ans d’existence. Ruffino demeure le plus grand Vignoble de la Toscane. Son nom personnifie la tradition et la modernité du mythique Chianti. Son siège social est un château du XIe siècle restauré avec amour sur la colline de Montemasso.

J’ai dégusté le Ruffino Aziano, Chianti Classico DOCG, 2014, 80% Sangiovese et 20% Merlot et Cabernet Sauvignon, 13° d’alcool. Le premier millésime a été produit en 1980.

roger ruffino aziano

Le terroir se trouve au cœur même du Chianti, entre Florence et Sienne. Les sols sont argileux et rocheux, le raisin est soigneusement sélectionné. Vinification avec fermentation complète, alcoolique et malolactique en cuves d’acier inoxydable. Élevage en cuves inox pendant 11 mois, suivi d’un élevage en bouteille pendant 4 mois.

Belle robe rubis intense et brillante. Riche bouquet de violette, enrobé de cerise sauvage, de myrtille, de cassis, des notes de romarin et de tabac et quelques épices douces.

Ample en bouche, les tanins sont ronds et soyeux, une bonne acidité apporte une sensation de fraîcheur jusqu’en finale. Il y a une grande harmonie entre tous ses éléments. Le Ruffino Aziano 2014 est un vin élégant et profondément toscan.

Ce vin convivial et polyvalent se marie très agréablement avec les viandes rouges et blanches, il est particulièrement bon avec le poulet rôti au romarin, avec les pâtes aussi, il est parfait avec un plateau de fromages italiens. Je suggère de le servir à 16oC.

Le Ruffino Aziano 2014 est disponible à la SAQ, code 12990128. Prix 18,95$. 

Liens :

Constellation, Québec inc.

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., directeur du développement et événements spéciaux 
Tél.: 1 800 561-8634, poste 5376

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Tél. : 1 800 561-8634, poste 5271

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Tél.: 514 861-2404, poste 5212

Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
Président du Club des Joyeux
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mercredi, 21 septembre 2016 07:55

Juan Muñoz Oca et Columbia Crest

J’ai rencontré Juan Muñoz Oca, Directeur en Chef de la Vinification du Domaine Columbia Crest, dans l’État de Washington, qui m’a accordé cette entrevue:

ROGER juan munoz oca barrels

RH– Juan Muñoz, vous êtes né en Espagne, où votre père travaillait pour un domaine viti-vinicole et votre famille s’installe en Argentine lorsque vous avez quatre ans, parce que les propriétaires de l’entreprise où travaillait votre père décident d’investir dans des vignobles de la région de Mendoza. Vous avez donc évolué tout naturellement dans le monde du vin. Racontez-nous votre parcours et comment vous vous retrouvez maintenant Directeur en Chef de l’œnologie à la Columbia Crest?

JUAN MUÑOZ OCA – J’ai eu la chance de faire du vin dans 5 pays différents sur 4 continents. Grandir dans une famille de vignerons m’a aidé à apprécier la façon dont les vignerons travaillent sans relâche pour mieux exprimer le caractère unique de leur terroir. J’ai toujours su que je devais visiter plusieurs terroirs et apprendre de nombreux vignerons avant de pouvoir trouver les outils qui allaient devenir ma philosophie de vinification. Je me demande combien de ce que j’ai appris de mes amis et de ma famille se retrouve dans chaque bouteille de Columbia Crest, en plus des nuances apportées aux raisins par les belles conditions de croissance dans l’État de Washington, au nord-ouest des États-Unis.

RH  Comment est née Columbia Crest?

JUAN MUÑOZ OCA – Nous avons d’abord planté des vignes dans Horse Heaven Hills en 1978, avec l’aide du légendaire Dr Walter Clore. Quatre ans plus tard nous avons construit une cave très ambitieuse et en 1983, nous avons pressé nos premiers raisins.

Jusqu’à aujourd’hui, la Columbia Crest a produit plus de bouteilles de vin qui ont reçu 90 points à Wine Spectator qu’aucun autre producteur au monde. Cela témoigne de la qualité des raisins cultivés à Washington et du dévouement d’un groupe de personnes passionnées.

RH  La Columbia Crest possède 1000 hectares de vignes dans les meilleurs terroirs de l’État de Washington. Qu’est-ce qui fait que ces terroirs soient exceptionnels?

JUAN MUÑOZ OCA – Il y a quelques conditions uniques qui font que notre vignoble soit différent. Elles pivotent sur ​​le sol et le climat.

Nos sols sont sablonneux, très lâches et ont une faible capacité de rétention d’eau. Si vous ajoutez à ces conditions qu’il ne pleut pas pendant la saison de croissance, que les jours sont chauds et très ensoleillés, avec plus de 17 heures de lumière, et les nuits froides, vous avez des conditions parfaites pour cultiver du raisin.

Nous avons l’immense avantage d’avoir un contrôle sur la quantité d’eau que vont recevoir les vignes, nous permettant de gérer l’architecture de la canopée grâce à l’irrigation. C’est ainsi que nous pouvons faire pousser dans les mêmes zones de la vallée de Columbia, le Riesling caché à l’ombre d’une canopée épaisse, et le Cabernet Sauvignon exposé au soleil et à la chaleur dans une canopée claire.

RH  Quels cépages cultivez-vous?

JUAN MUÑOZ OCA – Nous sommes très près du 50/50 en blancs et en rouges. Dans l’ensemble, nous cultivons 35 variétés différentes et 20 différentes sélections clonales des principaux cépages. Parmi les cépages les plus plantés il y a 7 rouges et 6 blancs. Dans les rouges les plus importants sont le Cabernet Sauvignon, le Merlot, la Syrah, le Cabernet Franc, le Malbec, le Grenache et le Petit Verdot. Dans les blancs nous cultivons le Chardonnay, le Riesling, le Sauvignon Blanc, le Pinot Gris, le Gewurztraminer et le Chenin Blanc.

RH  En raison de vos conditions climatiques saines, je suppose que vous pratiquez une agriculture respectueuse de l’environnement sans trop de difficulté.

JUAN MUÑOZ OCA – Je pense que c’est notre responsabilité d’être les gardiens de la terre pour que les générations à venir aient la capacité de faire pousser de beaux vignobles à l’endroit où nous vivons. Les conditions dans l’État de Washington sont très favorables à une agriculture durable et respectueuse de l’environnement. Nous avons des hivers rigoureux, où la plupart des ravageurs ne peuvent pas survivre. Un bon exemple c’est le Phylloxéra. L’État de Washington est libre de Phylloxéra, ce qui nous permet de cultiver la vigne directement au sol, sans porte-greffes.

De plus, nos étés sont si chauds, avec 36 °C en août, et secs, qu’aucune maladie ne réussit à s’y installer.

La Commission du vignoble décrit l’État de Washington comme "le climat parfait pour le vin".

Comme je m’occupe des nuances dans la culture des raisins qui poussent ici, je suis de plus en plus convaincu que c’est non seulement vrai, mais aussi la colonne vertébrale de notre succès en tant que zone de croissance.

RH  Est-ce que la production est concentrée en un seul chai ou en plusieurs?

JUAN MUÑOZ OCA – Tous les vins de Columbia Crest sont produits dans notre cave de Paterson WA.

RH  De quel équipement disposez-vous, en nombre de cuves inox, de barriques, de fûts, et de cuves en ciment?

JUAN MUÑOZ OCA – Nous avons une grande cave qui permet à l’équipe de vinification d’être créatif et expérimental quand il s’agit d’exprimer le caractère unique du terroir à travers les vins.

Bien que la plupart de nos fermentations soient réalisées dans des réservoirs en acier inoxydable (nous en avons plus de 500 de tailles différentes) nous avons aussi des fermenteurs en chêne et en béton en différentes tailles et formes (œuf, pyramide, cube, etc.)

Nous élevons aussi nos vins en fûts de chêne traditionnels et nous en avons actuellement plus de 100 000.

RH  Combien de sortes de vins produisez-vous?

JUAN MUÑOZ OCA – Notre équipe fait trois différents niveaux de vin: Grand Estates, H3 et Réserves. Les vins ont différentes appellations, les Grands Estates portent l’appellation Columbia Valley qui est une grande appellation très inclusive. L’idée étant ici de faire des vins de découverte de Washington comme région viticole.

H3 est un niveau de vins que nous faisons avec des raisins cultivés à Horse Heaven Hills, une sous-région de la Vallée de Columbia. Ces vins ont une structure plus serrée et montrent plus de typicité.

Finalement, nos Vins de Réserve sont de sélections prélevées dans des vignobles où nous essayons de mettre en valeur le caractère ultime du terroir.

À chaque niveau, nous faisons du Chardonnay, du Merlot, du Cabernet Sauvignon, et un Assemblage en Rouge, notre Red Blend.

RH  Comment pourrait-on définir la philosophie de la Columbia Crest?

JUAN MUÑOZ OCA – Nous faisons des vins honnêtes qui sont une représentation fidèle du terroir, où les raisins apportent une valeur énorme à chaque bouteille.

RH – Quelle est la production annuelle de Columbia Crest en nombre de bouteilles?

JUAN MUÑOZ OCA – L’an dernier, nous avons livré plus de 750 000 boîtes de douze (9 millions de bouteilles).

RH  Quelle proportion de votre production est destinée à l’exportation et quels sont vos plus gros marchés?

JUAN MUÑOZ OCA – Environ 5% de nos vins sont exportés vers plus de 30 pays à travers le monde. Le Canada est de loin notre plus important marché d’exportation.

RH – Que pensez-vous de Montréal?

JUAN MUÑOZ OCA – Montréal est un marché intelligent et bien éduqué pour le vin. J’aime avoir nos vins au Québec et être en mesure de montrer ce que l’État de Washington peut faire.

ROGER junan munoz equipe dandurandJuan Muñoz Oca au centre avec l’équipe de Montréal: Stéphanie Bourret, Charles Boutillet et Caroline Carrier.

RH – Vous avez apporté 6 vins pour déguster. Ils représentent la typicité de votre gamme. Dans quel ordre voulez-vous que nous procédions?

JUAN MUÑOZ OCA –

Columbia Crest 2014 Grand Estates Chardonnay

Columbia Crest 2013 Grand Estates Cabernet Sauvignon

Columbia Crest 2013 Grand Estates Merlot.

Columbia Crest 2013 H3 Cabernet Sauvignon et

Columbia Crest 2013 H3 Merlot.

Walter Clore Private Reserva 2012

RH –  Nous débouchons le Columbia Crest 2014 Grand Estates Chardonnay, 13,5° d’alcool.

JUAN MUÑOZ OCA – Environ 80% du vin vieillit en fûts de chêne et est soumis au bâtonnage hebdomadaire pendant 9 mois pour ajouter de la texture en bouche. Les autres 20% sont élevés en acier inoxydable pour ajouter fraîcheur et caractère du cépage à l’assemblage final.

roger grand estates chardonnay


RH – Jolie robe dorée pâle et limpide. Une incroyable diversité de parfums: pomme, melon, mangue, noisette, amande grillée, fougère, fleur d’acacia, crème brûlée, biscuit.

En bouche c’est un vin généreux, ample, puissant, avec une bonne dose d’acidité, beaucoup d’équilibre, très gourmand, intensément fruité et légèrement minéral. Il se termine par une belle longueur en fin de bouche et beaucoup de fraîcheur.

Quels mariages nous proposez-vous pour ce vin et à quelle température doit-on le servir?

JUAN MUÑOZ OCA – J’aime prendre le Grand Estates Chardonnay avec des crustacés ou des pâtes à base de sauce au beurre. Il doit être servi à 7 °C.

RH – Combien de temps est-ce qu’il peut se conserver en cave?

JUAN MUÑOZ OCA – Cela dépend de comment vous aimez votre Chardonnay. Moi, je le préfère lorsqu’il a entre 3 et 5 ans de vieillissement et qu’il a développé plusieurs couches de saveurs secondaires.

Columbia Crest Chardonnay Grand Estates 2012 est disponible à la Société des alcools du Québec, code 1278671. Prix 20$.

RH   Nous débouchons maintenant le Columbia Crest 2013 Grand Estates Cabernet Sauvignon, 13,5o d’alcool.

JUAN MUÑOZ OCA – Le vin vieillit pour 1/3 en fût de chêne neuf et pour 2/3 en fûts de deuxième et troisième d’utilisation, pendant environ 10 mois.

rogerh3 cabernet sauvignon

RH   Robe rouge intense. Arôme variétal de cassis accompagné de cerise noire, de prune, de cèdre et d’épices. On y décèle aussi des notes de réglisse, de moka, de cuir et de vanille.

En bouche c’est un style audacieux et puissant d’une grande complexité aromatique, avec une robuste structure tannique, qui s’adoucit dans sa troisième année. Une belle sensation d’onctuosité, des arômes fruités et une fraîcheur qui se prolonge dans une longue finale.

Quels mariages nous proposez-vous pour ce vin et à quelle température doit-on le servir pendant un repas?

JUAN MUÑOZ OCA – J’adore ce vin avec une terrine de pâté. Il se marie aussi très bien avec du canard et du porc. Il faut le servir à 18 °C.

RH – Combien de temps peut-il se conserver en cave?

JUAN MUÑOZ OCA – Entre 5 et 7 ans.

Columbia Crest Cabernet Sauvignon Grand Estates 2014 est vendu à la Société des alcools du Québec, code 11383668. Prix 20,05$.

RH –  Nous débouchons maintenant le Columbia Crest 2013 Grand Estates Merlot, 13,5o d’alcool.

JUAN MUÑOZ OCA – Le vin a vieilli en fût de chêne, dont 50% neuf, pendant 15 mois; un peu plus longtemps que le Cabernet parce que les tanins du Merlot de Washington ont tendance à être un peu plus rugueux que ceux du Cabernet.

roger h3 merlot

RH  Robe rouge intense tirant sur le violet. Bouquet de fruits mûrs: fraise, framboise, cerise noire et groseille. Des touches de violette, de pruneau et d’épices douces avec un peu de chocolat.

En bouche c’est un vin ample, puissant, charnu, gourmand, corsé, élégant, bien structuré, avec des tanins souples. Une finale très agréable qui appelle un autre verre.

Quels mariages nous proposez-vous pour ce vin et à quelle température doit-on le servir?

JUAN MUÑOZ OCA – J’aime jumeler ce vin avec du poisson copieux, surtout s’il a été grillé. Il doit être servi à 18 °C.

RH – Combien de temps peut-on le garder en cave?

JUAN MUÑOZ OCA – Il devrait bien évoluer pendant 5 à 7 ans.

Columbia Crest 2012 Grand Estates Merlot est disponible en importation privée auprès de notre agent Philippe Dandurand au prix de 19,15$ particuliers et 16,66$ corporatif.

RH – Nous débouchons maintenant le Columbia Crest 2013 H3 Cabernet Sauvignon, 14,5o d’alcool.

JUAN MUÑOZ OCA – Le vin vieillit pendant 12 mois dans des fûts de bois de chêne, dont 40% sont neufs. La plupart du chêne est français mais une petite partie est américain parce qu’il ajoute un léger parfum de noix de coco frais au vin.

Il contient 1% de Cabernet Franc qui ajoute une nuance de fines herbes à l’assemblage final.

rogerh3 cabernet sauvignon

RH – Robe d’un rouge très soutenu. Bouquet de cerises noires et de mûres, une touche de cassis et de vanille, On décèle aussi des arômes de réglisse, de moka et de cuir et de cacao doux, un peu de cèdre et d’épices. On perçoit finalement des notes de terre et des minéraux. Son petit apport en Cabernet Franc lui apporte des notes claires de thym, de romarin et de framboise.

En bouche c’est un vin généreux, onctueux, sa structure tannique virile est magnifique, sa minéralité est présente, mais adoucie par la richesse de ses arômes de fruits et de chocolat. On perçoit une jolie fraîcheur apportée par le terroir de Washington. Une finale longue et caressante avec une touche de noix de coco.

Avec quels mets pourrions-nous le déguster et à quelle température faut-il le servir?

JUAN MUÑOZ OCA – Ce vin est fabuleux avec des ragoûts ou avec du bœuf ou de l’agneau braisé. Il doit être servi à 18 °C.

RH – Quel est son temps de garde en cave?

JUAN MUÑOZ OCA – Ce H3 a une texture plus robuste et il évoluera gracieusement pendant 10 à 12 ans.

Columbia Crest 2014 H3 Cabernet Sauvignon est disponible à la Société des alcools du Québec, code 12182403. Prix 21,05$.

RH – Nous débouchons le Columbia Crest 2013 H3 Merlot, 14,5o d’alcool.

JUAN MUÑOZ OCA – C’est un 100% Merlot, vieilli en fût de chêne pendant 18 mois.

roger h3 merlot

RH – Robe rouge, très intense. Bouquet riche et fruité de fraise, framboise, cerise rouge, groseille. Des touches de violette, de cardamone, de cannelle, de pruneau et de tabac.

Ample en bouche, rond, riche en alcool, très bien structuré, montrant une belle fraîcheur, assez charnu, ses tannins sont souples. Il a beaucoup d’élégance et fait preuve d’une importante masse fruitée, et de belles notes de minéralité. Une finale longue et veloutée.

Avec quels mets pourrions-nous le déguster et à quelle température faut-il le servir?

JUAN MUÑOZ OCA – Je recommande ce vin avec tout ce qui vient sur ​​le gril, les viandes, les poissons, les légumes. Il doit être servi autour de 16° si possible.

RH – Quel est son temps de garde en cave?

JUAN MUÑOZ OCA – Dix à douze ans facilement.

Columbia Crest 2013 H3 Merlot est disponible en importation privée auprès de notre agent Philippe Dandurand au prix de 19$ - en attente d’approvisionnement.

RH  Nous débouchons pour terminer le Walter Clore Private Reserva 2012, 80% Merlot, 8% Cabernet, 6% Cabernet-Franc,  6% Malbec, 14,8o d’alcool. 

JUAN MUÑOZ OCA – Ce vin est dédié à l’œuvre du chercheur et pionnier de la viticulture de l’État de Washington, Walter Clore, qui est reconnu comme le «Père du vin de Washington».

La récolte 2012 a été exceptionnelle et a donné des vins rouges savoureux et riches, avec des tanins mûrs.

Le raisin a été cueilli à la main dans les meilleurs vignobles de la vallée de Columbia. Les baies ont été écrasées et ont reposé à froid avec leurs peaux pendant deux jours pour en extraire des tanins souples et une couleur intense. La fermentation a duré 10 jours avec les peaux et a été suivie par 4 semaines de fermentation malolactique en barrique. Le vin a été assemblé tout juste après la fermentation pour intégrer des arômes avant le vieillissement en chêne. La vinification a suivi le protocole traditionnel de Bordeaux. Ce qui implique une prédominance de barriques de chêne français pendant l’élevage de 26 mois. Elle a été effectuée dans «Le Petit Chai», qui est la cave où nous travaillons avec des techniques traditionnelles françaises, qui sont notre source d’inspiration.

roger walter clore

RH  Ce vin classique de style bordelais a une robe rouge foncé profond. Son bouquet est intense sur les épices et les notes terreuses. En même temps il est fruité: fraise, framboise, myrtille, et on perçoit des notes de violette, de cuir et de chocolat.

En bouche c’est un vin puissant et d’une rare élégance. L’harmonie est parfaite entre les tanins, l’acidité et l’alcool. On perçoit en rétro-olfaction le bouquet perçu au nez, avec encore plus de complexité. Les arômes de fruits noirs, et de cacao sont de la pure gourmandise. Une finale longue et savoureuse qui se prolonge délicieusement.

Avec quels mets pourrions-nous le déguster et à quelle température faut-il le servir?

JUAN MUÑOZ OCA – Le Walter Clore se marie très bien avec des viandes au gril et au four, ainsi qu’aux légumes au gril, et avec des pâtes aux sauces rouges. Il faut le servir à 18 oC.

RH – Quel est son temps de garde en cave?

JUAN MUÑOZ OCA – Le Walter Clore Private Reserva va vieillir en beauté jusqu’à 20 ou même 25 ans.

Walter Clore Private Reserva 2012, est disponible en importation privée, auprès de notre agent Philippe Dandurand au prix de 62,95$ - en attente d’approvisionnement.

RH  Vos vins ne ressemblent pas aux vins californiens. Ils sont moins ronds, moins bonbon, avec beaucoup plus de caractère. Certains peuvent soutenir la comparaison avec les meilleurs vins de Bordeaux. Comment pouvez-vous expliquer cette typicité?

JUAN MUÑOZ OCA – Les conditions géologiques et climatiques permettent à nos raisins de mûrir complètement à cause des journées chaudes, et de garder à la fois leur acidité naturelle à cause des nuits fraîches. L’acidité se manifeste de façon différente dans les vins de Napa, qui ont des caractères plus confiturés et qui ont tendance à perdre un peu d’acidité dans la finition.

Octobre est le pic de la saison de maturation pour les rouges. Comme nous sommes au nord, la fraîcheur nous arrive plus rapidement et les derniers jours de maturation notre température se trouve autour de seulement 12 à 16 °C, ce qui est assez chaud pour le développement des arômes et du goût, mais pas assez pour surcharger les raisins de sucre, qui deviendra plus tard de l’alcool. C’est le climat qui donne aux vins de Washington une belle douceur sans leur faire perdre leur fraîcheur.

RH  Quels sont les grands défis de Columbia Crest pour l’avenir?

JUAN MUÑOZ OCA – Notre défi est de continuer à offrir des vins qui surpassent les attentes et restent pertinents, non seulement en ce qui concerne l’industrie du vin de Washington mais du monde du vin en général.

RH – Merci de m’avoir accordé cette entrevue, JUAN MUÑOZ OCA.

JUAN MUÑOZ OCA – Cela a été un plaisir Roger, j’espère qu’on va répéter l’expérience.

COLUMBIA CREST WINERY 

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178810 State Rt 221
Paterson, Washington 99345

Représentés au Québec par Vins Philippe Dandurand

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Coordonnatrice Marketing 
1304, avenue Greene, Westmount (Québec) H3Z 2B1
514 932-2626, poste 298

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Chef de marque 
514 932-2626, poste 502

Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
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dimanche, 25 septembre 2016 08:02

Les cognacs Courvoisier

J’ai assisté à un séminaire des Cognacs Courvoisier, organisé par la Maison Beam Suntory et animé par leur ambassadeur de marques, Marcio Ramos.

roger marcio ramos

L’histoire de la société Courvoisier commence en 1836 à Jarnac, lorsque Félix Courvoisier s’associe à Jules Gallois pour créer une maison de cognac. Napoléon III attribua plus tard à Courvoisier le titre de « Fournisseur officiel de la Cour Impériale ».

La famille Simon, d’origine anglaise, rachète Courvoisier en 1909, et adopte l’ombre de Napoléon Ier comme logo.

La marque est passée par plusieurs mains, dont Hiram Walker, ensuite A. Domecq. L’Américaine Beam Global Spirits & Wine détenait la propriété de Courvoisier depuis 2005. Elle a été absorbée par le groupe japonais Suntory Holdings en 2014,  lequel s’est hissé au troisième rang mondial des spiritueux sous le nom de Beam Suntory.

Le cépage employé à 99,9%  dans la fabrication du cognac est  l'Ugni blanc, avec porte-greffe américain. À l'origine, c’est un cépage italien, le Trigano de Toscane. Il permet de produire des vins blancs relativement frais, un peu acides, pas trop forts en alcool et qui sont parfaits pour la double distillation. Le 1% restant, c’est de la Folle blanche.

Dans la production du cognac il y a trois acteurs, le viticulteur qui produit le raisin, le distillateur et le négociant, qui va choisir les vins des viticulteurs et faire le contrôle avant la distillation.

La région de Cognac a 73 000 hectares de vignoble blanc, il y a environ 5 000 familles qui travaillent la vigne, dont la superficie varie de quelques dizaines à quelques centaines d'hectares. Ces familles ont des contrats avec les négociants. Courvoisier, qui est un des négociants, a presque un millier de viticulteurs qui lui sont associés par des contrats. Certains ont un alambic chez eux  et peuvent distiller les vins eux-mêmes, ce sont des bouilleurs de cru, d'autres ne sont pas des bouilleurs de cru et vont faire distiller leur vin chez des bouilleurs de cru.

Que veulent dire les dénominations de Grande Champagne, Petite Champagne, Borderies et Fins Bois?

Ces dénominations ont été délimitées en 1906 par différents décrets et correspondent parfaitement à des zones géologiques. Le cognac ne s'assemble pas par rapport à des cépages, mais par rapport à des âges et à des crus. La dénomination Champagne ne fait pas référence à la région de Reims au nord-est de Paris, ni à son vin mousseux. Cognac est située au sud-ouest de Paris, où la région est très calcaire. Le terme vient d'un vieux mot latin, «campagnus», utilisé dans les deux régions.

Grande Champagne et Petite Champagne sont des terres calcaires dont l'enracinement des vignes est très profond, ce qui confère aux eaux-de-vie une capacité de vieillissement très long. Ces deux dénominations se trouvent en périphérie de la ville de Cognac. Il y a aussi une petite région vallonnée et boisée, très agréable, appelée les Borderies, qui occupe 4000 hectares. Elle donne des rendements un peu plus faibles avec des notes très florales et un peu de gingembre que l'on trouve sur le 12 ans d’âge et même sur l'Exclusif. Ensuite, il y a les Fins Bois, région entourant les trois autres régions, elle est un peu plus argilo-calcaire, permettant d'obtenir des eaux-de-vie très fruitées qu'on va utiliser surtout dans le VS car elles ont la capacité de vieillir un peu plus vite. Cette notion de cru est essentielle car elle va déterminer les bases d'assemblage en y rajoutant la notion d'âge.

Les Bons Bois et les Bois Ordinaires correspondent à des zones éloignées de Cognac, dont les vins sont rarement utilisés pour le Cognac.

Le processus de fabrication et de distillation est complexe et logique. La vinification est celle des cépages blancs, il n'y a donc pas de macération. La vendange se fait au mois d'octobre La vinification se fait chez le viticulteur. C'est seulement après la fermentation, quand le vin est achevé, qu'on va commencer la double distillation, qui va s'étendre du début novembre jusqu'à la fin mars. Les vins sont vinifiés sans ajout de souffre ni de composés chimiques pour les conserver. C'est leur acidité naturelle et le froid ambiant, entre 5 et 10 degrés, qui vont les conserver parfaitement dans les chais des viticulteurs avant d'être distillés. Dès l'arrivée du printemps, tous les vins de la récolte sont passés en chaudière pour devenir de l'eau-de-vie nouvelle. Ils sont ensuite soumis au vieillissement et à  l'assemblage.

Depuis la dernière Guerre mondiale, le Bureau National, qui chapeaute toute la réglementation de la profession, a mis en place des catégories de cognac qui ne correspondent pas à un cru, ni à un cépage, mais à un minimum de compte d'âges. Les VS  correspondent à une catégorie d'entrée de gamme avec un minimum de 2 ans, les VSOP sont une autre catégorie avec au minimum 4,5 ans d'âge, Napoléon et autres XO supérieures peuvent aller jusqu'à 10 années. Il s'agit de la réglementation minimale. Courvoisier fait des qualités qui sont bien au-dessus des minimums.

Nous avons été accueillis au restaurant Le Pier 66 avec un Minuit à Paris: 25 ml de Courvoisier VSOP avec du soda gingembre, dans un verre rempli de glace, qui était très agréable.

roger anciens nouvel habillageNotons le nouvel habillage des cognacs de la Maison Courvoisier, qui se modernise.

L’ambassadeur de la marque a procédé à la dégustation de 3 cognacs, en commençant par le Courvoisier VS, un assemblage de plusieurs crus âgés de trois à sept ans, principalement des Fins Bois, avec une touche de Petite Champagne.

Robe dorée, légèrement ambrée. Dans un VS, on va d'abord trouver des arômes primaires, des notes de fleurs d'été, des notes de bois de chêne, puisque ce cognac a passé quelques mois, voire quelques années, en fûts de chêne. On retrouve donc à la fois l'eau-de-vie et le bois qui vont donner de la légèreté au Fin Bois. Après une première gorgée, on doit porter une attention particulière sur l'attaque. Quand le cognac arrive en bouche, il ne doit pas être agressif, il doit se fondre, s'assouplir, se réchauffer au contact du palais. Le moment le plus révélateur apparait quand on a avalé la première gorgée, une prolongation du goût doit se révéler.

Avec le VS on nous a servi avec un saumon pastrami, salsifis, pommes et crème fumée. Très réussi.

Nous avons ensuite dégusté le Courvoisier VSOP qui est un assemblage de Fines Champagnes. La règlementation est très précise, elle doit associer au moins 50% de Grande Champagne et le reste de Petite Champagne. À l'œil, on va observer les petites larmes autour du verre, une couleur ambrée qui va s'accentuer puisqu'on est entre 7 et 10 années de vieillissement. Au nez, on va avoir des arômes plus complexes à cause l'oxydation naturelle du chêne. On obtient des notes vanillées, un peu florales, avec beaucoup de longueur aromatique. Il ne faut pas oublier que dans le cognac il y a une troisième distillation naturelle qui se fait par évaporation. Chaque année, les négociants perdent l'équivalent de 20 millions de bouteilles en raison de l'évaporation, la fameuse part des anges. Le cognac continue à se concentrer à travers le bois. C'est le prix à payer pour la qualité.

On nous a servi en accompagnement un thon albacore confit au gras de canard et salsa de litchis. Très bon.

Nous avons finalement dégusté le Courvoisier XO. Reconnu comme l'un des cognacs XO les plus fins au monde.

C’est un produit très supérieur où on a fait un assemblage de Petite et Grande Champagne, avec de la Borderie allant jusqu'à 35 ans de vieillissement. C’est un produit très rond, très harmonieux, voluptueux même, avec une grande persistance aromatique et une grande souplesse. On y retrouve les notes florales de la Borderie avec un peu d’iris. L'oxydation donne des notes d'orange confite, le côté du bois va apporter des notes vanillées, associées à la crème brûlée. Avec une seule goutte, on a un feu d'artifice dans le palais, le cognac fait la queue de paon, il s'ouvre.

Chez Courvoisier, la politique consiste à chercher l’harmonie entre le bois et l'eau-de-vie. On ne veut pas que le bois domine les arômes initiaux du cognac.

Le corps est velouté, voluptueux, c'est la magie du vieillissement. Il se perd 2 à 3 degrés d'alcool à travers la barrique, mais cette respiration lente du bois va permettre d'arrondir et d'assouplir, pour obtenir un produit très agréable. La finale est très douce, avec une profondeur exquise.

En accompagnement, on nous a apporté un pétoncle, caramel de betteraves et fromage comté. Un très bon mariage.

Après la dégustation des cognacs, Julie Blais Comeau, la spécialiste de l’étiquette, nous a fait une causerie passionnante sur la façon de bien déguster le cognac, et sur les règles qui régissent les toasts.

La causerie a été suivie d’un superbe cocktail au Champagne: un petit cube de sucre, 2 traits d’Angostura bitters, 25 ml de Courvoisier VSOP et du Champagne Taittinger.

Pour finir, on nous a offert en souvenir deux verres tulipes de cognac Courvoisier. En matière de dégustation, le verre est important. À Cognac, on utilise le verre «tulipe» qui a l'avantage d'avoir une base relativement large mais pas trop, ce qui permet de prendre le verre dans sa main et de le réchauffer quand la température n'est pas idéale. Il ne faut pas trop chauffer  le cognac.  L'idéal est entre 20 et 22 degrés. L'utilisation de petites chandelles et du percolateur sont aujourd’hui bannies. Dès qu'on met un peu de cognac dans le fond d'un verre, on a naturellement la viscosité du cognac liée au vieillissement et au contact prolongé avec le bois de chêne. Cette viscosité va créer des larmes ou des jambes.

Les 3 cognacs que nous avons dégustés sont disponibles à la SAQ:

Courvoisier VS code 00001925. Prix 59$.

Courvoisier VSOP code 00009902. Prix 77$.

Courvoisier XO code 1728259. Prix 235$.

Les liens:

Courvoisier 

Beam Suntory 

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Directrice Marketing
514 285 8910, poste 154 

Julie Blais Comeau

www.etiquettejulie.com

Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
Président du Club des Joyeux
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dimanche, 02 octobre 2016 08:26

Entrevue avec Hadrien Mouflard

J’ai rencontré  Hadrien Mouflard, Directeur Général de la prestigieuse maison de Champagne Ayala qui  m’a accordé cette entrevue:

roger hadrien mouflard

RH – Hadrien Mouflard, nous aimerions mieux vous connaître, parlez-nous de vous.

HADRIEN MOUFLARD – Je suis né il y a 36 ans à Versailles. La passion du vin m’est venue vers la majorité: j’aimais aller dans la cave de mon père et imaginer les grandes occasions où nous pourrions déguster ses grands Bordeaux, ce qui n’arrivait pas si souvent! J’ai toujours voulu faire de ma passion mon métier. J’ai eu l’opportunité de rejoindre Champagne BOLLINGER en 2008 comme Secrétaire Général avant de prendre la direction de Champagne AYALA fin 2012. C’est une grande satisfaction pour moi et mon équipe de travailler au renouveau de cette maison historique au patrimoine impressionnant. Je suis venu pour la première fois au Québec en 2013 pour promouvoir AYALA et j’ai tout de suite été séduit par la grande gentillesse et la chaleur de l’accueil des Québécois. C’est toujours un grand plaisir pour moi de revenir ici!

RH – Il y a beaucoup de noms allemands et anglais dans la viticulture champenoise; les noms à consonance espagnole, par contre, sont rares. Comment la famille Ayala est venue s’établir à Aÿ?

HADRIEN MOUFLARD – Le fondateur de notre Maison, Edmond de AYALA, était français: il est né à Paris en 1831 et s’est installé en Champagne au milieu des années 1850 pour apprendre les métiers du vin. Mais ses ancêtres étaient effectivement d’origine espagnole, du pays basque plus précisément. Son père, son grand-père et son arrière-grand-père avaient même vécu dans les colonies sud-américaines de la couronne espagnole, dans la Colombie actuelle.

RH – La Maison Ayala, depuis ses débuts, a toujours été une maison d’innovation. Elle est la première à avoir produit des champagnes faiblement dosés, à la demande de ses riches clients anglais.

HADRIEN MOUFLARD –  Absolument. Il faut savoir qu’il y a 150 ans, le champagne n’avait rien à voir avec ce que nous connaissons aujourd’hui: il était beaucoup plus dosé et donc, plus sucré. Les Anglais avaient déjà un palais plus sec que d’autres marchés, mais consommaient le champagne avec un dosage d’environ 70 g/litre, 10 fois plus sucré que notre Brut Majeur d’aujourd’hui! AYALA a été l’une des toutes premières maisons à commercialiser un champagne plus sec, avec son millésime 1865, qui n’était dosé « que » à 21g: une véritable révolution pour l’époque!

RH – Ayala a connu les grands bouleversements sociaux de la Champagne au début du vingtième siècle, qui a eu comme conséquence une restructuration de ses vignobles et de son siège social.

HADRIEN MOUFLARD –  En effet, le début du XXe siècle a été assez tumultueux dans la région. Les révoltes de 1911 auraient très bien pu marquer la fin de notre Maison, car notre site a été détruit lors de cet épisode violent. Heureusement, les propriétaires à l’époque, qui étaient les 3 fils de notre fondateur, avaient une police d’assurance qui leur a permis de reconstruire la Maison et d’assurer sa croissance à venir.

RH – Les deux guerres mondiales n’ont pas épargné la Champagne, comment la Maison Ayala s’en est sortie?

HADRIEN MOUFLARD – La Champagne a été très durement touchée par les 2 guerres mondiales, tout particulièrement par le premier conflit mondial de 1914-1918. Mais c’est le propre des grandes Maisons que de savoir traverser les périodes plus tumultueuses de l’Histoire pour en sortir grandies. Les années folles qui ont suivi la Première Guerre mondiale ont même marqué un véritable âge d’or pour notre marque. Nous vendions alors plus d’un million de bouteilles!

RH –  À qui appartient Champagne Ayala aujourd’hui?

HADRIEN MOUFLARD – Champagne AYALA a été racheté par le groupe familial Bollinger en 2005. La famille possède également, en plus du Champagne Bollinger, le Domaine Chanson à Beaune, Langlois-Chateau à Saumur dans la Loire, Cognac Delamain, ainsi que les sociétés de distribution qui commercialisent nos produits sur les marchés français et britannique.

RH – Comme la plupart des Maisons de Champagne, vous produisez seulement une partie de votre raisin, et pour le reste, vous vous approvisionnez chez des vignerons locaux. Combien d’hectares possède la Maison Ayala en propre et où sont-ils situés?

HADRIEN MOUFLARD – Nous possédons environ 20 hectares de vignobles en propre: 1 hectare en chardonnay Grand Cru à Chouilly, sur la Côte des Blancs, et une bonne quinzaine d’hectares à Champvoisy et Passy-Grigny, dans la vallée de la Marne. Ce vignoble en propre est complété par des approvisionnements en raisins venant de toute la Champagne et représentant environ 90 hectares.

RH – Est-ce que Ayala a un engagement environnemental?

HADRIEN MOUFLARD – Oui, nous sommes particulièrement soucieux de l’impact que nos actions peuvent avoir sur l’environnement. Notre cahier des charges pour la conduite de notre vignoble est le même que celui de Champagne BOLLINGER, qui a été l’une des toutes premières en Champagne à obtenir la certification « Haute Valeur Environnementale ». Nous travaillons également étroitement avec nos vignerons partenaires pour les sensibiliser et les inciter à mener des démarches environnementales dans leur vignoble.

RH – En considérant la concurrence qui existe entre les producteurs de champagne pour avoir le meilleur raisin, comment parvenez-vous à contrôler la qualité du raisin qui vous est fourni par des vignerons indépendants?

HADRIEN MOUFLARD – Nous nous approvisionnons auprès d’une cinquantaine de petits vignerons qualitatifs, situés dans tous les meilleurs secteurs de la Champagne. Notre capacité à identifier ces petits vignerons qualitatifs et à nous assurer l’accès à leurs meilleurs raisins sur le long terme est très souvent liée aux simples rapports humains et personnalisés que nous entretenons avec eux, parfois depuis plusieurs générations. Derrière les raisins, il y a toujours des hommes et des femmes, que nous nous attachons à connaître personnellement. Par ailleurs, l’accès au bassin d’approvisionnement de BOLLINGER, depuis 2005, a également joué un rôle important dans le renouveau qualitatif de notre maison.

RH – Les trois grands cépages pour la fabrication du Champagne sont le Chardonnay, le Pinot Noir et le Meunier. Quel est le cépage qui marque le style de votre maison?

HADRIEN MOUFLARD – Le style de Champagne AYALA est défini par la fraîcheur et l’élégance. Nous recherchons bien sûr l’équilibre, mais il est vrai que Caroline Latrive, notre chef de cave, a une affinité particulière pour le chardonnay, dont nos assemblages ne contiennent jamais moins de 40%.

RH – Caroline Latrive est une styliste en matière de champagne.

HADRIEN MOUFLARD – Le rôle que joue Caroline dans la définition du style de nos vins est primordial. C’est une grande professionnelle qui a su respecter le style de notre Maison tout en le faisant gagner en précision et en qualité. C’est un défi renouvelé à chaque année que de devoir réaliser les assemblages de nos différentes cuvées et Caroline le relève avec brio à chaque fois.

RH – Elle a la difficile tâche de vinifier, de faire les assemblages et de prévoir ce que les vins tranquilles qu’elle produit vont devenir en champagne, lorsqu’ils passeront par la deuxième fermentation. Pour faire son travail, elle doit disposer d’un parc important de de cuves et de futs anciens et neufs?

HADRIEN MOUFLARD – L’un des premiers investissements massifs consentis par la famille Bollinger, lors du rachat, a consisté en la réfection complète de notre outil de vinification. Nous disposons aujourd’hui d’une cuverie neuve où nous n’utilisons que des cuves en acier inoxydable. Vous ne verrez pas un seul fût chez AYALA! C’est une question de style, d’abord et avant tout. Nous avons une centaine de cuves, dont une proportion importante sont de toute petite taille: 50, 25 voire 20 hectolitres, ce qui est très rare pour une Maison de notre taille. Ces petites cuves nous permettent de vinifier à petite échelle et de réaliser des assemblages très précis.

RH – Le plus grand souci de votre Chef de Cave et de son équipe d’œnologues est de préserver le style Ayala. Dans la gamme des majeurs blanc ou rosé, combien de vins de réserve et de combien de millésimes peuvent aider à créer le style Ayala dans la fraicheur et l’élégance?

HADRIEN MOUFLARD – La formule de base pour nos 3 vins non-millésimés – Brut Majeur, Rosé Majeur et Brut Nature – suit les mêmes règles : environ 75% de vin de base issu de la dernière vendange et 25% de vins de réserve issus des 2 millésimes précédents.

RH – Combien de temps de vieillissement accordez-vous aux champagnes de la gamme des majeurs?

HADRIEN MOUFLARD – Chez Champagne AYALA, nous doublons systématiquement les minimums légaux prescrits par l’appellation. Toutes nos cuvées non-millésimées vieillissent en moyenne 3 ans sur lies avant d’être commercialisées, voire 4 à 5 ans pour le Brut Nature.

RH – Pour exprimer le style Ayala dans les cuvées prestige millésimées,  l’équipe ne dispose pas de vins de réserve de plusieurs années. Comment s’y prend-elle?

HADRIEN MOUFLARD – Un champagne millésimé demeure un vin d’exception, une petite proportion de notre volume de production global. L’idée est d’exprimer le caractère propre d’une vendange d’exception. Il est important de bien comprendre et de respecter les caractéristiques de l’année pour permettre au vin qui sera élaboré de les retranscrire au mieux. Nous sélectionnons donc avec beaucoup de rigueur et de soin les lots qui entreront dans la composition de nos cuvées millésimées.

RH – Le temps de vieillissement est-il plus long?

HADRIEN MOUFLARD – Oui: ici aussi, nous doublons le minimum légal prescrit par l’appellation, établi à 36 mois. Nos cuvées millésimées passent donc de longues années à vieillir avant d’être mises en marché: un minimum de 6 ans pour notre Blanc de Blancs et de 8 ans pour notre cuvée de prestige, Perle d’Ayala.

RH – Depuis 2014 Ayala se concentre sur quelques cuvées?

HADRIEN MOUFLARD – Nous avons effectivement fait le choix de rationnaliser notre gamme en 2014, en nous concentrant sur 5 cuvées principales: 3 non-millésimés (Brut Majeur, Rosé Majeur, Brut Nature) et 2 millésimés (Blanc de Blancs et Perle d’Ayala). Mais nous ne nous interdisons pas de faire des éditions limitées, comme notre nouvelle cuvée éphémère: Rosé N°8 !

RH – On dit que vous avez deux kilomètres de cave. Combien de bouteilles y vieillissent lentement?

HADRIEN MOUFLARD – Près de 3 millions de bouteilles vieillissent en ce moment dans nos caves. Notre plus vieille bouteille date de 1914!

RH – Combien de bouteilles commercialisez-vous chaque année et parmi elles combien sont destinées au marchés d’exportation?

HADRIEN MOUFLARD – Nous avons expédié environ 750 000 bouteilles pour l’année 2015, dont près de 60% ont été destinées à l’export qui représentait seulement 20% de nos ventes en 2005. L’internationalisation de la maison est une des grandes réussites de ces dernières années. Nous sommes désormais présents dans plus de 60 pays et continuons à ouvrir chaque année 2 ou 3 nouveaux marchés.

RH – Quelles est la place du Canada et du Québec sur vos marchés d’exportation?

HADRIEN MOUFLARD – Le Canada est un marché assez complexe et morcelé, de par l’existence de monopoles d’État dans presque toutes les provinces. Pour Champagne AYALA, l’essentiel des ventes se fait au Québec, qui se situe dans le top 15 de nos marchés les plus importants à l’export. Les Québécois s’intéressent de plus en plus au Champagne et comme nous avons la chance d’être présents depuis maintenant plusieurs années ici, notre notoriété se développe!

RH –  Merci de m’avoir accordé cette entrevue, HADRIEN MOUFLARD.

HADRIEN MOUFLARD – Je suis très heureux d’avoir pu partager avec vous la passion qui m’anime. J’espère que ces explications vous auront permis de mieux comprendre le projet que nous développons chez Champagne AYALA. N’hésitez pas à nous rendre visite lors de votre prochaine voyage en France, mon équipe et moi seront ravis de vous accueillir!

NOTE DU CHRONIQUEUR

Les lecteurs qui souhaitent connaître plus sur les Champagnes Ayala peuvent consulter mon article: Champagne Ayala, des flacons de rêve!

Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
Président du Club des Joyeux
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mardi, 04 octobre 2016 08:55

Le quiz irlandais

Q: Doit-on dire Whiskey ou Whisky irlandais?
R: La dénomination Whisky s’applique uniquement à l’Écosse, on dit Whiskey, lorsqu’il est fabriqué ailleurs.

Q: Quel est le premier whiskey à avoir été fabriqué en Irlande?
R: James Power a fondé la John’s Lane Distillery en 1791, à Dublin. C’est la première distillerie de whiskey irlandais.

Q: Pendant longtemps le whiskey irlandais s’est vendu en vrac ou au tonneau. Quelle est la première maison à l’avoir embouteillé sur place, en Irlande?
R: C’est encore la John’s Lane Distillery qui a embouteillé la première son whiskey sur place en 1886.

Q: Pourquoi dit-on que le processus de fabrication du Whiskey Powers est unique?
R: Le grain est coupé aux deux extrémités.

Q: Comment font-ils pour obtenir un distillat aussi pur?
R: Chaque goutte obtenue est distillée trois fois.

Q: Comment vieillit le Whiskey Powers?
R: Il vieillit dans des fûts de chêne américain qui lui permettent d’obtenir cette rondeur épicée qui le caractérise.

Q: Est-ce que le Whiskey Powers est filtré?
R: Il est filtré sans froid pour parvenir à un titre de 43,2o d’alcool.

roger powers

Q: Qu’est-ce que nous révèle le Whiskey irlandais Powers Gold Label?
R: Il a une magnifique couleur ambrée pour avoir vieilli en barrique de chêne américain. Son bouquet est très riche. On perçoit des parfums de cannelle, de clou girofle, d’orge et de poivre blanc, avec des notes fruitées de pommes, de prunes jaunes, de poires mûres et de zeste d’orange, sur fond de chêne noirci.

En bouche, il a une envolée de cannelle et de poivron vert ponctuée d’un soupçon de muscade et relevée des notes de fruits du verger, de vanille, de miel d’acacia et de chêne grillé s’ouvrant sur un cœur d’orge croquant. En fin de bouche, les huiles et les épices extraites se prolongent et s’évanouissent sur un goût riche d’orge et de bois grillé.

Powers est une eau de vie au goût complexe, fruité, doux et boisé, garant de sa grande qualité.

Q: Est-ce qu’on peut boire le Whiskey irlandais Powers Gold Label autrement que pur, on the rocks, ou avec de l’eau pétillante?
R: L’Irish Coffee est célèbre, mais il y a de nombreux cocktails à base de Whiskey Powers qui sont maintenant très populaires, on en trouve une longue liste sur Internet. Un bon mixologue peut vous en créer un à votre nom.

Q: Est-ce que le Whiskey irlandais Powers Gold Label est disponible à la SAQ?
R: Oui, il est vendu à la SAQ, code 10867951 Prix 39,25$.

Liens:

Corby Vins et Spiritueux, une filiale de Pernod Ricard

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Ambassadeur de Marque
Tél.: 514 856-4327

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Directeur des ventes pour le Québec
Tél.: 514 856-4325

Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
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vendredi, 07 octobre 2016 08:26

Cune Rioja 2012 Crianza

La Compañía Vinícola del Norte de España a été fondée dans la Rioja par les frères Eusebio et Raimundo Real de Asúa, en 1879. Aujourd’hui, la cinquième génération par la lignée des femmes contrôle toujours l’entreprise.

J’ai dégusté le CUNE RIOJA 2012 CRIANZA, 85% Tempranillo, 15% Garnacha Tinta y Mazuelo, 13,5º d’alcool.

CUNE est un curieux nom pour un vin. Il est formé du sigle de la Compañía Vinícola del Norte de España qui le fabrique: CVNE. Pour faciliter la prononciation, ils ont changé le V en U ce qui a donné CUNE.

Le raisin provient de La Rioja Alta. Fermentation alcoolique en cuves d’acier inoxydable à température contrôlée, suivie d’une fermentation malolactique complète. Élevage en barrique de chêne américain pendant 12 mois.

roger Cune Rioja

Robe rouge rubis. Bouquet de prunes, des groseilles, et des noix. Dans un deuxième nez on décèle aussi les fruits sauvages, surtout des fraises de bois et des framboises, des mûres également, ainsi qu’une légère odeur d'herbe fraîchement coupée. On perçoit également des notes de tabac, de café et de cacao, de vanille et un peu de balsamique.

Assez vif en bouche, mais des tanins ronds. Les arômes fruités, l’acidité et l’alcool font bon ménage. On perçoit des notes épicées et un peu de minéralité. Une finale gourmande.

C’est un vin très versatile. Excellent à l’apéritif avec des fromages à croûte dure et avec un bon jambon Ibérico. Il se marie aussi bien avec une paella, qu’avec un plat de pâtes, une pizza, un bon rizotto et avec des viandes. Il faut le servir à 16 oC. On peut le conserver en cave pendant 6 ans.

Le Cune Rioja 2012 Crianza est disponible à la SAQ, code 13087248. Prix 16,90$.

LIENS :

CUNE

Représentés au Québec par LBV International

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
514 293-9983

Jean Sébastien Mercier
514 451-5105

Roger Huet
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jeudi, 23 février 2017 09:38

Une dégustation de vins de Rioja

J’ai assisté à la dégustation des vins de Rioja de l’AQABVS le 14 février, en collaboration avec RIOJA DOCa. On nous a proposé 47 vins.

La Rioja est la région vinicole la plus célèbre d’Espagne, connue surtout pour ses vins rouges, quoiqu’elle produise aussi de bons blancs en petites quantités.

roger riojacartevinicole

Les cépages blancs les plus cultivés sont :Viura, Malvasía, Garnacha Blanca, Chardonnay, Sauvignon Blanc, Verdejo, Maturana Blanca, Tempranillo Blanco et Turruntés.

Le cépage rouge le plus répandu est le Tempranillo ou Tempranilla, appelé aussi Cencibel ou Tinta aragonés. On y cultive également les : Garnacha, Mazuela, Graciano, Maturnana tinta, Monastrell, ainsi que des cépages français comme le Merlot ou le Cabernet Sauvignon et qui font d’excellents assemblages avec le Tempranillo.

En dépit de ceux qui affirment que les petits vins pas chers sont si excellents qu’on n’a pas besoin de se ruiner pour déguster un bon vin, cette dégustation démontrait clairement que les petits Rioja jeunes et pas chers étaient buvables, certes, mais ne pouvaient pas se comparer avec des Riojas vieillis pendant des années en fûts de chêne, qui ont une robe rubis soutenu, des parfums de prune, de baies rouges, de tabac, de cuir, et de vanille et qui sont veloutés à souhait.

Sur les quatre blancs dégustés, ma préférence est allée à :

Artevino Izadi Blanco 2015 en IP 23,05$ Représenté par Trialto Réserve et Sélection.

Dans les rouges, j’ai été charmé par :

Viña Ijalba Graciano 2014
21,95$ Représenté par Charton Hobbs.
Viña Ijalba Reserva 2012
21,35$ Représenté par Charton Hobbs.
Bodegas Palacio Glorioso Reserva 2012
25,50$ Représenté par Importation Épicurienne.
Baron de Ley Reserva 2012
21,95$ Représenté par Les Sélections Fréchette.
Bodegas Beronia Reserva 2012
21,05$ Représenté par Univins et Spiritueux.
Bodegas Campillo Reserva 2011
21,05$ Représenté par Sélect Vins.
El Coto de Rioja Coto de Imaz Reserva 2011
21,70$ Représenté par Les Sélections Fréchette.
Marqués de Murrieta Ygay Reserva 2011
27,25$ Représenté par Le Marchand de Vin.
Bodegas Palacio Cosme Palacio Reserva 2010
28,70$ Représenté par Importation Épicurienne.
Bodegas La Emperatriz Reserva 2010
29,70$ Représenté par Tocade.
Compañía Vinicola del Norte de España Contino Reserva 2010
29,45$ Représenté par LBV International.
Telmo Rodriguez Lanzaga 2010
43,50$ Représenté par Trialto Réserve et Sélection.
Bodegas Marqués de Cáceres Gran Reserva 2009
30$ Représenté par Sylvestre Vins et Spiritueux.
Compañía Vinicola del Norte de España Imperial Gran Reserva 2009
52,25$ Représenté par LBV International.
Bodegas Beronia Gran Reserva 2008
38,50$ Représenté par Univins et Spiritueux.
Bodegas Franco-Española Bordon Gran Reserva 2005
25,35$ Représenté par Mosaiq.
Bodega Faustino. Faustino I Gran Reserva 2004
29,05$ Représenté par Sélect Vins.

Une très belle sélection. Félicitations à l’AQABVS.

Liens:

AQABVS, Association québécoise des agences de vins, bières et spiritueux
905, avenue de Lorimier
Montréal (Québec) H2K 3V9
Tél.: 514 722-4510
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Agente de communications

Roger Huet
Chroniqueur vins
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