mercredi 13 novembre 2019
Chroniques de Roger Huet
Roger Huet

Roger Huet

Roger Huet - Chroniqueur vins et Président du Club des Joyeux
Québécois d’origine sud-américaine, Roger Huet apporte au monde du vin sa grande curiosité et son esprit de fête. Ancien avocat, diplômé en sciences politiques et en sociologie, amoureux d’histoire, auteur de nombreux ouvrages, diplomate, éditeur. Il considère la vie comme un voyage, de la naissance à la mort. Un voyage où chaque jour heureux est un gain, chaque jour malheureux un gâchis. Lire la suite...

RH – Dix ans déjà, Samy Rabbat?

SAMY RABBAT – Dix ans, et je n’ai pas vu le temps passer… Que de projets et de transferts de portails ont eu lieu!

RH – Qui êtes-vous, Samy Rabbat?

SAMY RABBAT – Je suis né au Caire, en Égypte. Mon enfance s’est passée dans ce pays, au Liban, où mon frère Charles est né, au Ghana, en Côte d’Ivoire, en Iran, et finalement au Canada. Nous sommes arrivés au Québec en août 1965.

Mon père était directeur commercial de la compagnie d'aviation libanaise MEA (Middle East Airlines) et il couvrait à l'époque les stations en Afrique et en Iran. Il est l'homme qui a ouvert toutes les compagnies d'aviation arabes au Canada, ce qui est surprenant pour un chrétien dans un monde de confession musulmane, mais il était reconnu comme un homme droit, respectueux et professionnel. Ma mère a toujours eu la touche culinaire et l'art de recevoir. Nous n'avions pas besoin de chefs, ni de traiteurs pour toutes les réceptions où mon frère et moi étions cachés pour observer celles-ci, et ce, dans tous les pays où nous avons vécu.

Dès l'âge de 17 ans, on nous a demandé, au secondaire, ce que nous voulions faire dans notre vie, et après mûre réflexion, je me suis dit qu'il était temps que j'aille voir ce qui se passe derrière les rideaux des restaurants et des hôtels. Dans ma jeunesse, nous avons eu la chance de voyager en première classe, d'aller dans les hôtels de luxe. Le premier jour où j'ai mis les pieds à l'ITHQ (Institut de Tourisme et d’Hôtellerie du Québec), en 1973, j'ai su que j'étais dans la bonne voie, et cette passion ne m'a jamais quitté.

Trois belles années de cours théoriques et de pratiques sans aucune interruption et aucunes vacances. Je suis issu de la promotion 1976, avec qui je suis en contact permanent. Ce furent des années de découverte, sur moi-même, entre autres, et de travail acharné.

Après mes études, j’ai travaillé comme barman au Salon des commanditaires durant les jeux olympiques de 1976, ensuite je me suis retrouvé à titre de concierge et «bell boy» au Méridien Montréal du Complexe Desjardins, pour passer ensuite à la réception de l'hôtel. Je passais d'un revenu assez substantiel à 600$ brut par mois; heureusement que j'habitais chez mes parents, mais j'avais un but, qui était de devenir directeur marketing de l'hôtel. Un jour, une opportunité s'est ouverte à moi, et je suis passé aux ventes du même établissement avec un salaire de crève-faim. Dans le cadre de mon travail de délégué commercial, j'ai frappé à toutes les portes de l'île de Montréal pour offrir les services de l'hôtel, et ce, sans compte de dépenses et de déplacements... J'ai adoré la technique du «cold call». Un jour, le représentant commercial faisant les États-Unis ne s'est pas présenté au travail, et on m'a proposé de prendre sa place à main levée... Ce fût une révélation, et durant quelques mois j'ai parcouru ce pays de long en large. Je remercie mes deux mentors de l'époque, Mme Claude Zalloni et feu Yvan de Poncharra.

Pour une raison bizarroïde, le Méridien Montréal m'a congédié pour des motifs nébuleux (il faut croire que je dérangeais l'entreprise), et croyez-le ou non, c'est l'avocat du syndicat de la CSN qui m'a défendu. Du jamais vu qu'un avocat syndicaliste défende un cadre dans l'hôtellerie. J'ai été blanchi de toutes les accusations, mais je n'étais plus au Méridien. Quelques semaines plus tard, je me suis retrouvé à la direction des ventes de l'hôtel Alpine Inn de Ste-Marguerite, pour être remercié trois mois tard car une fois de plus, je dérangeais le système. Les patrons me demandaient 7 visites par jour et j'en faisais 25!

En 1979, je me retrouve avec l’agence Desautels à titre de représentant de vins, car durant mes fins de semaine, je travaillais comme garçon de table pour servir les dégustations de vins et fromages. Une fois de plus, une opportunité s'est présentée et me voilà sur la route sur les territoires de Montréal, Laval et les Laurentides. C'est là que je croise Philippe Dandurand (Réf.: Une chronique sur cette personnalité vinicole).

roger samy durandDe gauche à droite: Samy Rabbat, Feu André Girouard, Feu Rémy Poulin de l'agence Les Vins et Spiritueux Durand

Sur une période de 30 ans en représentation de vins, les professionnels se rappellent de quatre éléments particulièrement bien différents de ma personne:

  1. Le lancement des vins mousseux Freixenet, car nous avions fait construite une bouteille géante dans le vélodrome du Parc olympique, au Salon des vins de Montréal (une idée de feu André Girouard, mon patron de l’époque).

roger samy freixenet

roger samy charles karimDe gauche à droite: Charles Rabbat et Karim Waked, mon cousin

  1. Le lancement des lions rouge et blanc de Calvet, car je m’étais déguisé en dompteur de lions durant le Salon des vins de Montréal.

roger samy lions calvet

  1. La promotion du Beaujolais Château des Tours, et par la suite le Grille-Midi.

roger samy tours

  1. Le lancement des 250 ml de la marque Cellier des Dauphins.

roger samy dauphins

Trente ans plus tard, après avoir fait le tour de l’industrie, à l’exception de travailler à la SAQ, je me suis dit qu'il était temps de faire autre chose, car je manquais de «Woumph!». J'en avais assez de me heurter à des règlements de plus en plus durs du monopole. J'ai écouté le slogan de nos cousins américains: «If you don't beat them, join them or confuse them»... J'avais surtout retenu la dernière partie de la phrase.

Le 3 septembre 2018, cela fera dix ans que le site existe, et j'ai débuté avec 1700 noms. Je faisais des envois par courriel alors que j'étais agent, car tout seul dans une jungle, on ne va pas bien loin, et mes collègues de la compétition étaient également mes alliés.

En 2007, j'étais partenaire avec deux autres personnes et nous avions lancé l'academievinicole.com, qui était une plateforme destinée à vendre les importations privées, via la SAQ. Nous avons dû fermer nos portes, car après avoir été approuvés par la SAQ, elle a envoyé une lettre informant l'industrie que seul le monopole avait le droit d'annoncer, de distribuer et de vendre via Internet. Les agences de vins se sont retirées de notre portail.

Après avoir perdu ma chemise, je me suis redirigé vers une nouvelle plateforme sur mon nom de domaine, afin de donner de l’information, de partager des bonnes nouvelles pour les communautés de l'agroalimentaire, des vins & spiritueux et du domaine de l'accueil HRI. Je m'étais rendu compte que personne ne se parlait entre toutes ces communautés.

Aujourd'hui, les œnologues travaillent de concert avec les sommeliers, l’Association québécoise des agences de vins bières et spiritueux (AQAVBS) est en communication avec l'Association des Restaurateurs... Disons que je ne suis pas le seul à avoir fait avancer les dossiers...

RH – Par quelles avenues êtes-vous arrivé à lancer ce site Web destiné à une communauté très ciblée de la restauration et du vin?

SAMY RABBAT – Depuis des années, j’écrivais toutes les nouvelles de l’industrie HRI avec feu l’Association des diplômés de l’ITHQ. Ensuite, j’ai tenu durant quelques années (2003-2018) une rubrique sur le site de PlanèteQuébec et qui existe encore: Les bonnes nouvelles de Samy Rabbat. Pour cette entrée sur le Web, je dois une fière chandelle à Richard Johnson; ex-directeur finance et marketing du Journal de Montréal.

Quant au lancement de SamyRabbat.com, je dois une autre fière chandelle à Carole Lemay, de Cité Boomers, qui m’a encouragé à sauter dans l’arène.

RH – Qui a été votre premier client du site?

SAMY RABBAT – En parlant au téléphone avec Thérèse Vanasse, de Vanasse & Associése & Associés, qui me demandait où j’en étais dans mes projets, je lui racontais que je cherchais un montant d’argent pour lancer mon nouveau site Web, qui serait conçu par Pascal Jarry, d’HPJ Solutions. Elle m’a demandé quel était le montant, qui était minime à l’époque, soit 2500$, et m’a répondu qu’elle allait prendre la bannière principale pour ce montant. Thérèse a été ma première cliente. Aujourd’hui, il serait impossible de le faire avec cette somme.

RH – Est-ce qu’à l’époque où vous étiez agent avait déjà germé l’idée de créer un organe d’informations sur le vin?

SAMY RABBAT – Certainement! Je donnais déjà de l’information de façon informelle à mes collègues dans l’industrie et chaque dimanche, je passais près de 6 heures à faire les envois à coup de 40 noms en visible.

RH – Qu’est-ce qui vous a amené à concrétiser votre idée à fonder SamyRabbat.com?

SAMY RABBAT – En donnant un séminaire à l’ITHQ sur la manière de lancer son agence de vins, un participant m’a posé une question dont je n’avais pas la réponse, et m’a placé en contact avec Pascal Jarry, concepteur de sites Web, et avec qui je me suis associé quelques années plus tard. Nous nous sommes séparés au bout de deux ans, car nous n’avions plus la même vision.

RH – Pour quelle raison avez-vous choisi votre nom pour le site Web?

SAMY RABBAT – Pour l’unique raison que tout le monde me connaissait dans l’industrie vinicole!

RH – Étant donné l’omniprésence du monopole, est-ce que la SAQ vous a aidé lors de votre lancement?

SAMY RABBAT – Merci Roger de me faire rire aux éclats!

L’agence de marketing de la SAQ, lors du lancement, m’avait clairement indiqué que le monopole n’avait pas de budget pour des sites tels que le mien!

RH – Auriez-vous pu faire ce site et ce travail de Réseauteur en partant d'une simple idée, sans expérience de l'industrie?

SAMY RABBAT – I-M-P-O-S-S-I-B-L-E! Je pèse chaque lettre du mot IMPOSSIBLE.

Cela m’a pris 30 ans pour bien décortiquer les tenants et aboutissants de l’industrie vinicole, autant pour le réseau de la SAQ que celui de l’épicerie. Durant toutes ces années, j’ai parcouru la province de Québec, le Canada, et une partie de l’Europe, autant à mes frais qu’avec mon employeur de l’époque, qui était le Cellier des Dauphins, dirigé par le charismatique François Boschi.

RH – Comment les professionnels du monde du vin et de la restauration vous ont-ils vu arriver du jour au lendemain?

SAMY RABBAT – 50% ont trouvé que cela était naturel, car ils recevaient déjà mes Nouvelles hebdomadaires par courriel. L’autre 50%, je vous épargne tous les commentaires à mon égard, à savoir de quoi je me mêlais et que je n’avais rien à faire dans l’industrie médiatique… ils n’avaient pas encore compris!

RH – Comment définiriez-vous SamyRabbat.com?

SAMY RABBAT – C'est un magazine Web, un organe de réseautage, un puissant outil de promotion, un outil unique de recrutement de personnel pour les agences & institutions, et de recherche d’emploi. Je suis constamment sur le terrain, pour les personnes avec une expérience de la vente dans le milieu du vin et de la gastronomie. Mon site est une source unique d’information officieuse pour les acteurs dans le milieu du vin et de la restauration. C’est un outil de travail pour les PROS et une source valable d’informations pour les amateurs de vins avertis.

RH – Vous avez aussi un instrument supplémentaire très dynamique, votre infolettre, Les nouvelles de SamyRabbat . com, qui paraît tous les mercredis.

SAMY RABBAT – En 2008, j’envoyais 3 nouvelles par semaine avec 3 éditoriaux. Après un sondage maison, on a réduit à un envoi officiel, le mercredi. En 10 ans, il n’y a jamais eu une semaine d’interruption!

RH – À qui s'adressent vos nouvelles?

SAMY RABBAT – Des agents commerciaux touchant au monde de la restauration, des chefs de cuisine, des cuisiniers et des pâtissiers, des transformateurs alimentaires, des producteurs dans l'agroalimentaire, des acheteurs F&B (Food and Beverages), des directeurs d’écoles hôtelières, des consultants en restauration, des planificateurs d’évènements, des membres de la presse spécialisée, des professeurs de cuisine et de sommellerie, des producteurs de vins locaux et internationaux, des sommeliers membres de l’Association canadienne des sommeliers professionnels (ACSP), des œnologues et des chimistes du domaine vinicole membres de l’Association canadienne des œnologues, des mixologues, des serveurs de tables, des représentants et des cadres des 450 agences de vins du Québec, des membres de la haute direction de la SAQ et de GWS (Global Wines & Spirits), les membres des délégations étrangères des pays producteurs de vins, des producteurs de vins et de cidres du Québec, des amateurs avertis de vins.

RH – Quelles sont les segmentations des nouvelles hebdomadaires et du site?

SAMY RABBAT – Nous faisons notre possible pour nous adresser à toutes les professions qui sont autour de la table du partage.

RH – Comment avez-vous fait pour passer à 7000 abonnés professionnels autorisés en si peu de temps?

SAMY RABBAT – À chaque personne que je rencontre sur mon chemin, je lui donne ma carte d’affaires et j’enregistre ses coordonnées dans nos bases de données. La majorité des abonnés ont été rencontrés lors d’activités vinicoles.

RH – Est-ce que votre activité de réseauteur va au-delà de SamyRabbat.com?

SAMY RABBAT – Comme se plaisait à dire Philippe Duval, l’ex-président de la SAQ: «Samy Rabbat est le ciment de l’industrie!» C’est clair que dans le monde du Réseautage, je suis devenu à mon insu une sorte de Pages Jaunes pour toutes sortes de demandes. Heureusement, je suis entouré d’excellentes personnes-ressources.

RH – Dans votre concept de Réseauteur-Rassembleur, vous avez connu de très belles réussites.

SAMY RABBAT – Elles sont nombreuses, mais je ne peux pas les nommer par éthique professionnelle. Une des clés de la réussite dans ce domaine est une totale discrétion sur les nouvelles commerciales, ainsi que sur les nombreux secrets qu’on nous confie.

RH – Quels sont les facteurs de succès du site et des infolettres?

Ma priorité de donner un service hors pair à nos clients et à nos lecteurs en leur apportant des nouvelles inédites, des éditoriaux parfois humoristiques, et parfois incisifs.

RH – Il y a aussi dans votre système certains aspects ludiques très innovateurs. 

SAMY RABBAT – Vous pensez sans doute aux cartes d’affaires numérotées, dont l’idée originale me vient de mon ami Roger Grégoire. Avec elles, j’ai développé un programme promotionnel très intéressant pour les commanditaires et pour enrichir nos bases de données.

roger samy carte numerotee

RH – Je pense aussi à vos concours spontanés, comme celui qui consiste à deviner combien de bouchons ou de capsules il y a dans des contenants.

SAMY RABBAT – Vous parlez des quizz que je mets sur ma page Facebook personnelle! Ce sont des jeux pour placer en alerte mes abonnés et garder le contact avec eux en permanence. Sur ce réseau social, j’exploite 3 thèmes:

Où suis-je làlà? Les lecteurs adorent les commentaires des uns et des autres.

roger samy ou suis je la la

La réflexion existentielle

roger samy reflexion existentielle

Sur cette photo, que remarquez-vous de particulier?

roger samy reflexion existentielle2

RH – Vous êtes le seul média du monde des vins qui rend hommage à des personnages qui ont contribué à la connaissance et à la promotion des vins au Québec. 

SAMY RABBAT – Les succès des vins au Québec, on les doit à des pionniers qui sont énumérés sur mon site dans la section Les personnalités du Vin, à qui on doit énormément pour leur vision et leur implication. La première entrevue a été faite avec Philippe Dandurand. 

Nous avons également une section consacrée aux personnalités locales et internationales, pour perpétuer leur héritage, que l’on retrouve dans la section Les disparus. Finalement, nous avons porté un hommage aux commerciaux qui ont travaillé d’arrache-pied pour populariser les vins & la restauration au Québec dans une section que nous avons nommé Les inconnus célèbres (une idée originale de Gérard Spitzer, d’Infotel).

RH – Comment apparaissait le monde du vin en 2008?

SAMY RABBAT – Les vins en épicerie ont commencé à sortir de leur torpeur en apportant plus de qualité. Les vins en importation privée avaient déjà le vent dans les voiles et ils ont fait énormément de progrès avec l’apport de nouvelles règles plus souples à la SAQ et à la RACJ. Les salons de vins et les activités vinicoles ont vécu bien des angoisses à cette époque, avec la RACJ. Il a fallu de très nombreuses réunions et des intervenants passionnés et coriaces dans ces dossiers, dont Alain Rochard, Pierre Birlichi, Benoit Lecavalier et autres professionnels, qui étaient de toutes les tribunes, pour faire avancer la cause des agents et des producteurs de vins.

Aujourd’hui, les consommateurs ne sont pas à plaindre au Québec, car ils disposent d’une variété de produits, tant dans les succursales du monopole comme en importation privée, et même dans les grandes surfaces, pour répondre à leurs envies les plus folles.

RH – Est-ce que la Société des alcools du Québec a une mission secrète, non connue du grand public?

SAMY RABBAT – LA SAQ est un des bras du gouvernement du Québec, tout comme Hydro-Québec. La mission première de ces entités est d’apporter des revenus importants au ministère des Finances. Ces entités sont avant tout une affaire financière; ensuite, elles remplissent leur mission sociale.

RH –  Comment ont évolué dans les derniers trente ans, les relations des producteurs de vins avec leurs agents, et des agents avec leur marché local? 

SAMY RABBAT – Dans les années 80/90, lors de la venue d’un producteur de vins à Montréal, l’agence promotionnelle de vins & spiritueux était en branle-bas de combat pour l’accueillir. Il fallait préparer un dossier complet avec les marques de vins du producteur par restaurant, les ventes mensuelles sur un tableau, les budgets, combien avait été investi? Les médias qui avaient écrit sur les produits… Bref! Un énorme stress avant l’arrivée du producteur.

Aujourd’hui, ils ont directement accès à l’intranet, de n’importe quelle partie du monde, et ils savent en temps réel ce qui se passe avec leurs ventes, leurs quotas, leur budget et la distribution. Leur visite, de nos jours, consiste à rencontrer les cadres de la SAQ, les sommeliers, les médias et les amateurs de vins. Avec Internet, l’amateur de vin en sait autant que les commerciaux de la profession.

RH – Comment vous voyez-vous dans l'industrie des médias?

SAMY RABBAT – Le site est un outil de travail pour les professionnels des communautés de l’agroalimentaire, des vins & spiritueux et du domaine de l’accueil HRI. Nous sommes ici pour construire, et non pour nuire. Chaque rumeur est validée avant de la diffuser. Nous sommes un média très spécialisé et nous essayons d’éveiller la conscience collective de nos lecteurs, sur les manipulations de masse et les enjeux mondiaux de l’agroalimentaire.

RH – Le Web et les médias sociaux sont venus bouleverser les fondements même de la communication, mettant à mal la presse écrite. Que pensez-vous des nouveaux médias Web?

SAMY RABBAT – Pour beaucoup de magazines et de journaux, leur conversion au Web signifie une diminution de leurs frais de fonctionnement. Ce qui ne veut pas dire qu’ils sont pour autant hors de danger, à cause de la capacité des grands moteurs de GAFA (acronyme formé par la lettre initiale des quatre entreprises Google, Apple, Facebook et Amazon).

RH – Et les blogueurs dans tout cela? 

SAMY RABBAT – Dans le passé, j’avais écrit une chronique sur ce sujet.

Les blogues et les blogueurs sont un phénomène récent et puissant. Dans notre milieu, il y a deux sortes de blogueurs: les foodies dans la gastronomie et les blogueurs vins. Les premiers sont constitués généralement de jeunes, avides de sensations gustatives, qui n’ont pas toujours une grande formation culinaire, mais une énorme curiosité et une grande disponibilité. À chaque lancement d’un nouveau restaurant ou bar, à chaque changement de menu, ils sont invités et se font un plaisir de faire de nombreuses et belles photos, qu’ils accompagnent ou non d’un petit texte. Grâce aux personnes qui les suivent, ils réussissent à créer une vague. Les restaurateurs qui les sollicitent doivent aussi avoir recours à d’autres moyens de publicité, car les foodies ne touchent généralement qu’un public jeune (25-35 ans).

RH – Comment sont les blogueurs vins?

SAMY RABBAT –. À la différence des foodies, les blogueurs vins sont plus âgés, avec une bonne formation dans le monde du vin, et très souvent avec une réelle expérience de travail dans ce milieu. Au Québec il y a de nombreux chroniqueurs vins, remarquables et fiables.

RH – Est-ce qu’ils sont bien rémunérés?

SAMY RABBAT – Les blogueurs et une grande partie des chroniqueurs ne sont pas rémunérés, aujourd’hui. Ils font ce métier par passion et font leur argent ailleurs, soit dans l’enseignement, avec des animations d’ateliers et de dégustation, ou avec d’autres sources. Plus ils ont de visibilité, plus ils ont de chances de décrocher des contrats ailleurs. Pour ma part, mes collègues chroniqueurs ne sont pas rémunérés, mais mon vaste réseau de contacts et des facilités de communication sont à leur service.

RH – Avez-vous une politique éditoriale et une règle de conduite éthique pour vous et vos collaborateurs?

SAMY RABBAT – Nous avons consulté nos collègues éditeurs de sites, nous avons échangé avec les chroniqueurs et une politique écrite a été établie pour protéger la réputation de l’entreprise, des chroniqueurs et des clients.

RH – Parmi vos principales actions, grâce à votre site, à votre infolettre et à votre énorme réseau de relations, il y a la promotion des salons.

SAMY RABBAT – Depuis maintenant dix ans, nous couvrons les pays producteurs de vins qui organisent des salons, des dégustations, des séminaires, des conférences, afin de promouvoir la qualité de leurs événements.

À chaque événement d’un de nos clients, notre site, notre infolettre et notre calendrier médiatisent l’événement longtemps à l’avance et sans interruption, jusqu’à la date de sa réalisation. Le jour J, je suis sur place du début à la fin, pour aider à tisser des liens entre les producteurs participants et les visiteurs. Par la suite, nos chroniqueurs donnent une couverture médiatique à l’événement, sur notre site et sur les autres médias avec lesquels ils collaborent.

Nous sommes les premiers à avoir ouvert le marché aux vins grecs. Nous sommes également les premiers à avoir fait la promotion des vins du Chili et de l'Afrique du Sud, via nos envois destinés aux professionnels décideurs et influenceurs, sans oublier les amateurs avertis.

Nos clients organisateurs de salons reçoivent de notre part de précieux conseils pour le succès de leurs événements, ainsi qu’un rapport postérieur avec des suggestions de choses à améliorer dans le futur.

Depuis plusieurs années, nous collaborons avec ces salons de très grande importance:

  • Le Festival des vins de Saguenay, qui est le plus grand au Québec et qui attire plus de 50 000 visiteurs en trois jours
  • Le Salon des vins d'Italie sur le thème: Une Dégustation de vins d’Italie
  • Le Salon des Vins Printemps DézIPpé, ainsi que le Salon VIP du RASPIPAV
  • La Grande Dégustation des Vins de Grèce
  • Le Salon des vins d'Espagne 
  • Le Festival des vins de Californie
  • Les grandes dégustations de vins du Brunello di Montalcino
  • Bordeaux fête le vin à Québec, aux deux ans

Un de nos premiers salons fut avec la Délégation commerciale d’Italie. Nous nous sommes joints à eux, alors qu’ils étaient déjà des leaders dans l’organisation d’événements.

RH – Quelles sont les étapes indispensables pour s’assurer de la tenue d’un salon de vins?

SAMY RABBAT – Un pays producteur de vin mandate une agence de planification événementielle qui a souvent de l’expérience en la matière et qui se doit d’avoir les listes des médias, des professionnels de la restauration et des consommateurs membres de clubs d’achats vinicoles. En général, nous sommes bien placés pour les aider avec ces fameuses listes en devenant le fournisseur de ladite agence.

Cette agence doit s’assurer que la SAQ soit intéressée à envoyer des émissaires au Salon des vins, et surtout de faire accréditer leur salon afin que les conseillers en vins puissent se déplacer sur leur horaire de travail.

L’agence doit aussi avoir les budgets du pays en question pour:

  • S’assurer que d’autres événements n’ont pas lieu en même temps que leur activité.
  • Réserver la salle en faisant un dépôt initial assez important.
  • Imprimer un cahier ou figurent les domaines vinicoles présents et déjà représentés au Québec ou en recherche d’agences.
  • S’entourer de professionnels, autant les services d’un traiteur, un photographe, un service de sécurité, etc.
  • Coordonner une promotion avec les agences de vins et les représentants des domaines du pays, soit durant la durée du salon, soit après l’événement, pour que les consommateurs puissent trouver facilement les produits.
  • Sélectionner des chroniqueurs et des blogueurs sérieux qui seront invités, afin que leurs commentaires soient diffusés dans leurs communautés.
  • Avoir les échantillons requis pour les médias et d’autres besoins spécifiques.

Si les agences n’ont pas ces principaux éléments, les efforts des pays producteurs de vins vont tomber à l’eau très rapidement. La concurrence est féroce. Les professionnels et les amateurs de vin sont très choyés au Québec et ils ont l’embarras du choix.

Nous l’avons constaté avec le CHILI, qui avait fait organiser durant trois ans des salons, et d’un coup plus rien!!! Pendant ce temps, la FRANCE revenait à la charge avec la promotion de diverses régions vinicoles, l’ITALIE toujours aussi forte n’a jamais, jamais, jamais lâché le Québec et le Canada. L’ESPAGNE a fait son premier salon en 2017, en plein tumulte politique… Je pourrais vous citer d’autres exemples.

RH – Vous avez participé à la naissance et au succès du Festival des vins du Saguenay.

SAMY RABBAT – Ce Festival en sera à sa douzième édition en 2019, et depuis 8 ans, j’ai le privilège d’être le consultant externe du Festival. Notre premier rapport était de 14 pages et en 2017, le rapport ne comprenait que deux pages, car 90% des recommandations avaient été appliquées.

RH – D’après vous, quel est le secret de son succès? 

SAMY RABBAT – Le succès de ce Festival repose sur un travail d’équipe extraordinaire et une synergie reliée au populaire porte-parole depuis 12 ans qu’est Philippe Lapeyrie. Ce Festival a un conseil d’administration digne des grandes corporations et tout passe par ce comité, qui montre patte blanche à quiconque demande des explications.

Un ingrédient gagnant c’est la population de cette région, qui est accueillante et chaleureuse.

Le comité exécutif a visité tous les salons des vins et festivals vinicoles du Québec durant une année complète.

C’est une organisation qui tourne au quart de tour, avec des responsables qui savent exactement qui fait quoi.

RH – Quels sont, à votre avis, les autres Salons et Festivals de vins qui comptent au Québec?

SAMY RABBAT – Remarquez qu’un Salon de vins n’a rien à voir avec un Festival de vins.

Dans un Salon, on circule tranquillement à l’air climatisé, avec un guide du salon imprimé, et on peut déguster à notre rythme.

Dans un Festival, on circule avec empressement ou en lenteur, selon la température; il n’y a pas de guide papier et pour déguster, disons qu’il faut essayer des produits… L’événement est festif!

Les salons les plus importants, à mon avis, sont:

  • La Grande Dégustation de Montréal
  • Le Printemps DézIPpé du RASPIPAV
  • Le Salon des vins d’Importation Privée du RASPIPAV
  • Le Salon des vins de Québec, aux deux ans
  • La Dégustation de vins d’Italie
  • La Grande Dégustation des Vins de Grèce
  • Le Salon des vins du Portugal
  • Le Salon des vins, bières et spiritueux de Trois-Rivières
  • Salon des vins et saveurs régionales de Rouyn-Noranda
  • Salon des vins, bières et spiritueux de Saint-Léonard-d'Aston
  • Salon des vins de Saint-Georges

Les festivals les plus achalandés sont:

  • Le Festival des vins de Saguenay
  • Bordeaux fête le vin à Québec (aux deux ans)
  • Le Festival des vins de Terrebonne
  • La Fête des vendanges de Magog-Orford (100% vins et cidres du Québec)

RH – Pourquoi pensez-vous que le salon Une dégustation de vins d'Italie, qui se tient fin octobre cette année, plait et attire de grands éloges et La Grande Dégustation de Montréal, qui se tient tout de suite après, reçoit de nombreuses critiques? 

SAMY RABBAT – La Dégustation de vins d'Italie célèbre, en 2018, sa vingt-troisième édition à la même période de l’année. La Grande Dégustation de Montréal, qui s’appelait auparavant Le Salon des vins de Montréal, se tenait en mars. En effectuant ce changement de date et de nom, pour faire évoluer le salon, ils ont perdu des visiteurs, car le nouveau nom faisait peur aux amateurs de vins, qui ne se sentaient pas à la hauteur.

Le temps a passé, les mentalités aussi, et de nouveau on se remet en question pour assurer la pérennité de la Grande Dégustation de Montréal, qui est restée quand même toute une référence.

RH – Le monde politique s’interroge de plus en plus sur l’intérêt d’avoir un monopole pour les vins et spiritueux. Comment voyez-vous l'avenir de la Société des alcools du Québec?

SAMY RABBAT – Voici ce que j’ai écrit dans mon éditorial du 25 juillet dernier:

«Au sujet de la libéralisation de la SAQ, annoncée récemment...

Philippe Couillard me fait sourire lorsqu'il l'annonce à mots couverts que le système privé donnera plus de choix aux consommateurs québécois. Il faut croire qu'il n'a pas visité les magasins de vins & spiritueux en Alberta, surtout ceux entre Edmonton et Calgary. L'Alberta a un modèle semi-privé et qui s'est avéré plus ou moins un succès.

Le monopole vertement critiqué de tous les côtés est une belle entreprise de rentabilité pour les gouvernements, tant fédéral que provincial (dividendes de la SAQ en 2017-2018: 1,114 milliard $. (Source: Journal de Montréal du 20-07-2018). La SAQ possède plus de 6000 références et un choix extraordinaire de produits, autant en succursales qu'en importations privées, et ce, pour toutes les bourses. Aux îles de la Madeleine, la SAQ vend la vodka, le scotch, et les vins au même prix que dans votre succursale de quartier. On se procure des vins de bonne qualité à des prix très abordables, en succursales.

Les consommateurs qui décrient le monopole sur les sites sociaux, je les invite à visiter les succursales des monopoles canadiens et d'aller voir ce qui se passe en Europe. Essayez de demander un vin d'Italie à Bordeaux, ou de toute autre région vinicole de la France!.... Bonne chance.

En tant que consommateurs, les Québécois nous sommes très choyés par la variété des produits vendus autant à la SAQ, qu'en épicerie (oui, en épicerie!).

Je suis contre la privatisation de la SAQ, au profit des grands cartels... Disons que la conscience collective a fraîchement en mémoire le dossier de Bombardier.

Quant aux opérations internes entre les agences de vins & spiritueux et la SAQ, chacun a ses réponses et ses solutions aux soucis des processus d'affaires.»

RH – Revenons à vous, qui êtes un incontournable de l’industrie vinicole, sans vantardise!

SAMY RABBAT – Les pros de l’industrie me l’ont tellement dit, que j’ai fini par l’inscrire sur mes cartes d’affaires!

RH – Certains de vos services sont indispensables à l’industrie vinicole du Québec, comme la recherche du personnel. 

SAMY RABBAT – Essayez de joindre un humain sur les sites d’emplois spécialisés… Bonne chance. Nous, on peut nous joindre autant par le téléphone, les réseaux sociaux, le tam-tam ou la télépathie, 365 jours par année. Je suis constamment sur le terrain afin de garder le contact avec mes lecteurs.

Heureusement que j’ai l’expérience de la route, autant comme représentant que comme directeur des ventes & marketing et propriétaire d’une agence de vins.

RH – Comment voyez-vous l’avenir de votre site?

SAMY RABBAT – Le site doit absolument passer par le développement de nouveaux services utiles aux communautés que nous couvrons, et par un contenu écrit diversifié.

RH – Travaillez-vous en partenariat?

SAMY RABBAT – Oui, et c’est très important. Je suis entouré de fournisseurs de qualité et qui donnent un excellent service, mais je n’ai plus d’associés.

Voici une panoplie des services que nous proposons maintenant, via nos partenaires:

  • Une solution pour paiements avec les cartes de crédit & de débit en ligne, en magasin et mobile.
  • Une Formation en Ventes sur le terrain pour vos représentant(e)s.
  • Une carte de fidélité réinventée au service des PME.
  • L’Audit pour les domaines à vendre:
    • Pour mieux comprendre l’entreprise
    • S’assurer de l’exactitude des comptes et des bilans
    • Mesurer les risques, les chiffrer et s’assurer, ainsi que les conditions de la garantie d’actif et de passif qui permettront de les couvrir
    • Analyser les risques contractuels de l’entreprise
    • Le respect des conventions collectives, des contrats de travail et des normes environnementales du domaine d’activité.
  • La diffusion de communications via nos services, avec possibilité de travailler via les sites de nos partenaires Web.
  • La correction de contenu Web.
  • Un service de traduction (anglais-français)
  • Des services de consultation avec les monopoles du Canada. 

RH – La perception est que tout est gratuit sur Internet. Avez-vous beaucoup de demandes de gratuités pour diffusion?

SAMY RABBAT – Mon site Web est de nature commerciale. Pour le faire fonctionner, il est vital de rester en contact permanent sur le terrain et de visiter nos partenaires commerciaux et nos clients. Un site Web est comme une entreprise qui a pignon sur rue, avec des investissements et des dépenses quotidiennes et mensuelles.

On est inondé de demandes de gratuités. Nous offrons 20% du contenu aux véritables organisations à but non lucratif. Nous savons très bien que beaucoup d’affaires se transigent via notre site et nos nouvelles.

Notre site Web est pratiquement vu 24h/24h, et chaque jour nous ajoutons du contenu spécialisé.

RH – Lorsque vous regardez en arrière, quel est votre constat?

SAMY RABBAT – Jamais je n’aurais pu réussir tout seul ce site et ces infolettres. J’ai eu le privilège de m’entourer de collègues chroniqueurs et de correspondants en Europe qui m’ont épaulé depuis le début. J’ai une précieuse assistante en Annie Tremblay, qui est d’une redoutable efficacité, et mon webmestre actuel, Erik Villeneuve, qui est hors pair. Je suis reconnaissant envers eux et aussi envers les agences de vins et mes nombreux clients, qui ont cru en moi et m’ont soutenu. Je rends aussi hommage à ma conjointe Diane Senez, qui m’a encouragé à lancer mon site basé sur le réseautage. Il m'aurait été impossible de lancer ce site et ses services sans l'aide de Diane, qui a été, depuis les débuts de l'entreprise, une conseillère stratégique de grande importance et qui l'est toujours dans l'évolution de SamyRabbat.com

RH – Merci de m’avoir accordé cette entrevue, SAMY RABBAT. Joyeux 10e anniversaire et longue vie à SamyRabbat.com!

banniere 10e anniversaire

 

Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
Président du Club des Joyeux
SamyRabbat.com
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Sylvain Haut et sa conjointe Denise Lavoie rêvaient d’une vie saine pour eux et leurs deux filles, Karelle et Camylle. Ils se sont établis en 2001, à la campagne, dans la région d’Hemingford, où le coloris des saisons éblouit le paysage.

Par amour du bon vin, ils décident, trois ans plus tard, de planter quelques vignes de Vidal, de Geisenheim, de Seyval blanc et de Frontenac rouge et gris. Au printemps 2005, un gel printanier détruit la moitié de leurs ceps et les force à se remettre en question. Seulement, à ce moment, ils savent que leur vocation est dans le vin et en 2006, ils décident de se lancer à pieds joints dans l'aventure en créant le Domaine des Salamandres avec 8 000 ceps, auxquels ils ajoutent aussi des poiriers.

roger salamandres sylvain denise

Les Haut sont conscients qu’ils doivent travailler dans le respect de la nature. Pour maintenir la diversité biologique de l'écosystème, ils prennent soin de leurs vignes et de leurs poiriers en respectant les cycles saisonniers et la capacité nourricière de la terre.

Ils pratiquent une agriculture raisonnée et une vinification naturelle sans surextraction. Conscients de la nordicité québécoise, ils vont faire du froid un allié pour un goût d’exception pour leurs produits.

Les Poirés de glace, une merveille! 

Ils cultivent avec amour 300 poiriers dans 3 variétés: Beauté Flamande, Bosc et Bartlett sur 1 hectare.

Pour les Poirés de glace, les fruits sont cueillis très mûrs à l'automne. Ils les gardent au frais et ils sont ensuite gelés pour les vinifier par cryoconcentration ou par cryoextraction.

La cryoconcentration consiste à presser les poires en début d'hiver et à mettre le jus dans des contenants dans le verger subissant les aléas climatiques de la saison. Après plusieurs semaines, les jus concentrés naturellement par le froid hivernal sont collectés au fur et à mesure.

La cryoextraction exige toujours une récolte automnale, mais les poires sont déposées sur des cagettes pour être laissées dehors, les jours de grand froid. Au fil des gels et des dégels, les sucres se concentrent dans le fruit plutôt que dans le jus. Cette méthode est plus délicate, mais beaucoup plus satisfaisante!

Poiré de glace édition limitée. Variété: Beauté Flamande. 12o d’alcool.

Robe de couleur ambré de bonne intensité. Nez aux accents de poire caramélisée, de vanille et de brioche. Laissez-vous charmer par ce doux nectar. Il offre une bouche grasse qui perdure dans une finale persistante.

Excellent avec un plateau de fromages.

Produit disponible à la SAQ en format 200 ml, code 11172300. Prix 24,55$. 

Poiré de glace « LE CLASSIQUE ». Assemblage de poires Beauté Flamande, Bosc et Bartlett, 10o d’alcool.

Les poires bien mûres sont cueillies à l’automne et pressées en décembre. Le jus obtenu est alors entreposé dans des contenants placés au cœur du verger. Les aléas de l’hiver font le travail par cryoconcentration, pour permettre la création de l’élixir.

À déguster glacé en digestif, ou avec un chocolat noir ou un sorbet.

Produit disponible à la SAQ en format 200 ml, code 11172254. Prix 18,55$

POIRÉ DE GLACE cuvée tabarnak! Beauté Flamande et Bosc, 11o d’alcool. 

Produit par cryoextraction, ce poiré a une robe cuivrée et un bouquet de poires confites qui rappelle des notes de crème brûlée. Sans sucre ajouté, la transformation est naturelle et le moût est fermente 8 mois en barrique.

Disponible en format 200 ml.

Les poirés de glace se marient admirablement avec le foie gras, les fromages, les tartes aux fruits et les sorbets.

LA GAMME DES VINS 

Depuis 2004, les Haut ont planté un vignoble de 1,8 hectare composé à ce jour de 8000 vignes de Geisenheim, de Vidal, de Seyval et de Frontenac rouge et gris. Selon les aléas de Mère Nature, chaque saison ils étudient l'état du terroir et sa capacité à nourrir leurs vignes.

Cette approche en culture raisonnée leur permet de vinifier selon le rendement et la qualité propre à un environnement naturel.

VIN DE VENDANGE TARDIVE 100% Vidal, 11o d’alcool, vient en format 375 ml. 

J’ai dégusté le millésime 2016. 

roger salamandres vendange tardive vidal

Robe jaune dorée légèrement ambrée. Parfum de raisin vert et de pêche, avec une pointe de vanille sucrée. Bouche ample aux saveurs de sucre d’orge. Finale légèrement herbacée, avec une acidité bien balancée.

La ferme Les Canardises fait un foie gras qui est une merveille, lorsqu’il est accompagné de ce vin Vendange Tardive du Domaine des Salamandres.

Le Domaine des Salamandres, Vendange Tardive 2016, est disponible à la SAQ, code 13835592. Prix 29,55$.

VIN BLANC 100% Geisenheim, 11o d’alcool, vient en format 375 ml. 

Dès l'automne, la vendange est retardée pour obtenir un raisin surmûri qui possédera un sucre naturel plus élevé. Le jus est fermenté en cuve d’acier inoxydable durant 2 mois. Élevage sur lie pendant 10 mois sans sucre ajouté.

Robe jaune pâle, nez très aromatique fruité, fleuri, rappelant certains vins de Sauvignon, belle trame minérale.

Un merveilleux compagnon avec des fruits de mer, des poissons et des sushis.

roger salamandres sylvain samyLes 2 amigos Sylvain Haut et Samy Rabbat 

La gamme des Cuvées Spéciales : 

Chaque année, selon l’inspiration du vigneron, le domaine produit une Cuvée Spéciale unique et surprenante! 

MISTELLE DE POIRES GELÉES, Assemblage de poires Beauté Flamande, 11o d’alcool, en format 200 ml.

Fin novembre ou décembre, les poires fraîches sont pressées pour obtenir un jus naturellement concentré par le froid de l'hiver et récolté par gravité. La fermentation est arrêtée avec de l'eau de vie de pommes du Québec.

Robe cuivrée avec des reflets tuilés. Bouquet de poires à l'eau de vie, notes de torréfaction, de pain d'épice. En bouche, un grand équilibre entre l'alcool, le fruit et la structure. Une belle longueur en fin de bouche.

Une boisson à prendre en apéro ou en digestif.

VIN PASSERILLÉ 100% Frontenac rouge et gris, 15o d’alcool, en format 200 ml. 

La technique de passerillage consiste à recueillir les grappes de raisin en automne pour ensuite les placer sur des cagettes afin de déshydrater les grappes. Dans une seconde étape, le raisin est trié et ensuite pressé durant le mois de décembre.

Fermentation de 6 mois et 4 mois d'élevage oxydatif en fût sur ses propres levures. Non filtré, non clarifié et non sulfité, ce produit est issu d'une transformation naturelle et sans ajout d'artifice œnologique. Avec un nez rappelant un porto rouge aux effluves de petits fruits rouges confits. Une bouche fraîche avec un bel équilibre entre le caractère aromatique du Frontenac et les notes tertiaires liées à l'élevage. Une très longue finale.

Excellent avec des fromages forts, des terrines et des charcuteries, et pour les amateurs, en fin de repas avec un long havane.

VIN BLANC DOUX 100% Geisenheim, 11o d’alcool, vient en format 375 ml.

Robe dorée, brillante et claire. Parfum de pomme jaune et de miel, avec une touche florale délicate. La bouche est douce et fruitée, très fluide, avec une bonne acidité. Une finale persistante de noix caramélisée.

Parfait en accompagnement de fromages, de salade de fruits ou avec un dessert.

roger salamandres vignoble

Les produits du Domaine des Salamandres ont gagné une belle brochette de médailles au fil des ans et sont disponibles au domaine.

Le Domaine des Salamandres est situé sur le chemin Covey Hill, à Hemmingford. Il dispose d’une boutique sur place et d’une salle de dégustation.

Heures d’ouverture :

De janvier à avril: sur réservation.

De mai à septembre: du mercredi au dimanche, de 11h à 17h.

D’octobre à décembre: samedi et dimanche, de 11h à 17h

Liens :

DOMAINE DES SALAMANDRES
196, chemin Covey Hill
Hemmingford (Québec) J0L 1H0
Tél.: 450 247-9000
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Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
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Couvreur Philippart est une marque de champagne créé par Élisabeth et Jacques Couvreur en 1974. Ils venaient d’une longue lignée de viticulteurs. Leur fils Emmanuel a pris la suite en 1990, et a été rejoint en 2000 par son épouse Christelle.

roger champagne emmanuel christelle couvrerur

Leur domaine familial de 8,5 hectares s’étend sur des sols argilo-calcaires. Il est situé au cœur de la Montagne de Reims, dans les villages de Premier cru de Chigny Les Roses, Écueil, Ludes, et Rilly La Montagne, et en Grand cru à Verzy et à Nogent l’Abbesse. 

Ils cultivent les trois principaux cépages champenois, le Chardonnay (28%), le Pinot noir (27%) et le Pinot meunier (45%). Ils sont en cours de certification Haute Valeur Environnementale (HVE) et Viticulture durable en Champagne (VDC).

Leur production globale est de 55 000 bouteilles par année en champagnes blancs et rosés.

Les champagnes Couvreur Philippart ont comme commun dénominateur un nuage abondant de bulles parfumées qui se transforment en un cordon persistant qui joue avec notre langue et notre palais de manière très sensuelle.

Les Couvreur ont la passion de leur métier et la qualité de leurs vins à cœur. Ils  produisent 6 cuvées : 

Champagne Couvreur Philippart Carte d'Or Premier Cru, composé à 40% de vin de réserve, 8% de Pinot Noir, 34% de Pinot Meunier et de 18% de Chardonnay, 12o d’alcool. 

Je l’ai dégusté :

roger champagne couvreur philippart

Robe jaune or pâle brillante. Bouquet expressif, frais et délicat, dominé par des arômes de fruits à chair blanche : pêche, poire, une note de citronnelle et des subtiles notes florales.

L'attaque en bouche est souple, riche, charnue et équilibrée, où les saveurs de fruits à noyau et le caractère floral s'harmonisent parfaitement. La finale regagne du mordant, et donne à ce vin une bonne longueur sur la fraîcheur.

Il existe en brut : en demi-bouteille, en 750 ml et en Magnum et en demi-sec en demi-bouteille et en format 750 ml.

Champagne Couvreur Philippart Grande Réserve, assemblage de Pinot Noir et de Pinot Meunier 2009/2010, 12o d’alcool. 

Robe couleur jaune or clair et brillant. Parfum puissant et expressif dominé par des arômes de fruits mûrs.

Une bouche franche et vive, qui devient ample et vineuse. Les arômes de fruits mûrs, en accord avec le nez, apportent à ce vin une grande richesse aromatique mise en relief par une acidité bien équilibrée par le dosage. Une longue finale, fraîche et épicée, très charmante.

Champagne Couvreur Philippart Rosé, 12o d’alcool. 

Robe rose saumon avec de légers reflets tuilés. Nez subtil et fin marqué par des arômes de fruits rouges (griottes). 

Attaque en bouche franche, charnue, fraîche, une bonne masse fruitée sur la cerise, de légères notes florales. Un équilibre parfait entre l’acidité et l’alcool. La finale est persistante et prolonge le caractère fruité de ce vin.

Champagne Couvreur Philippart Millésime 2011, 50% de Chardonnay, un quart de Pinot Meunier et un quart de Pinot Noir issu de la vendange de 2011, 12o d’alcool.

Robe jaune or, brillante, avec de légers reflets couleur paille. Nez expressif et riche où l'évolution se caractérise par le mélange d'arômes de fleurs séchées et de viennoiseries avec de légères notes miellées.

L'attaque en bouche est franche, riche et équilibrée. Elle est dominée par des saveurs de fleurs sèches, d’agrumes et d’épices. Une grande harmonie avec de légères notes de fruits confits, compotés, qui expriment la pleine maturité de ce vin.

Champagne Couvreur Philippart Blanc de Blancs Grand Cru, constituée uniquement de Chardonnay, 12o d’alcool. Cette cuvée est issue des parcelles de Nogent l'Abbesse. 

Robe limpide et brillante jaune doré. Parfums de fleurs blanches, suivis de fruits blancs : pêche, pomme verte, poire, avec des notes d’agrumes.

Une belle fraîcheur en bouche, mais également une belle onctuosité, et de la douceur avec les arômes fleuris et fruités perçus par le nez. Cette cuvée ravira vos apéritifs par sa fraîcheur et son élégance.

Champagne Couvreur Philippart Blanc de Noirs Grand Cru.

Cette cuvée est composée uniquement de Pinots noirs des parcelles de Verzy, élevés en fût de chêne.

Le Millésime 2012 est tout en finesse et subtilité, tout en restant fruité et puissant.

Robe jaune doré. Des parfums sur les fleurs rouges et des fruits rouges délicats, framboise, groseille, une touche de mandarine, un soupçon épicé et un cordon de bulles persistant, qui joue avec notre langue et notre palais, apportant de la fraîcheur et des arômes jusqu’en finale.

Les agents intéressés peuvent contacter directement Mme Christelle Couvreur, qui répondra à leurs questions et leur fournira des échantillons.

roger champagne christelle couvreur

Champagne Couvreur Philippart

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12 rue de Reims
51500 Rilly la Montagne
Téléphone : +33 3 26 03 40 05
Télécopieur : +33 3 26 03 55 10

Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
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Le Moulin de la Touche est un domaine vinicole familial de 16 hectares qui entoure un vieux moulin du XVIIIe siècle. Il a été créé en 1970 par le grand-père de l’actuel propriétaire, Vincent Hérissé.

roger moulin touche vincent

La propriété est située au sud de l’estuaire de la Loire, dominant le marais breton et la baie de Bourgneuf. Ses vignobles sont dans l’AOC MUSCADET et l’AOC VINS DE PAYS DU VAL DE LOIRE.

Les vignes dominent le Marais breton et la baie de Bourgneuf en Retz, au carrefour de la Bretagne et de la Vendée. Les sols sont soit sablo-limoneux sur schistes qui reflètent en surface les rayons du soleil et leur permettent de pénétrer à l'intérieur de la souche, soit des roches volcaniques, de couleur rouge, qui emmagasinent la chaleur de la journée et la restituent pendant la nuit, ce qui permet une meilleure maturité.

On y pratique une agriculture raisonnée dans le respect de l’environnement. Les vignes sont enherbées naturellement afin de limiter le désherbage. Les traitements sont en fonction de la pression des maladies et des conditions climatiques. Le vignoble est équipé de petites capsules de phéromones qui brouillent les papillons et empêchent la prolifération des chenilles sans avoir recours aux insecticides.

roger moulin touche vignes

Les vignes sont exposées plein sud pour profiter du soleil et que les raisins concentrent le sucre et les arômes.

Le vignoble présente une diversité de cépages destinés à produire des vins IGP Val de Loire, comme le Sauvignon Gris, le Chardonnay, le Grolleau Gris, le Grolleau Rose, le Gamay, le Cabernet Sauvignon, le Merlot, le Pinot Gris et le Melon de Bourgogne.

roger moulin touche chai

Le chai est équipé de cuves thermo-régulées. Élevage des vins pendant tout l’hiver, uniquement en cuves inox sur lie pour mieux préserver et développer les arômes des vins; mise en bouteille au printemps.

La production globale annuelle est de 60 000 bouteilles, en vins tranquilles rouges, blancs et rosés, et Crémants de Loire blancs.

Les vins qu’ils produisent : 

Chardonnay Pays de Retz, IGP Val de Loire, 100% Chardonnay, 12o d’alcool. 

J’ai dégusté le millésime 2017

roger moulin touche chardonnay2017

Robe jaune paille aux reflets émeraude. Parfums complexes de fleurs d’acacia, de fruits exotiques: ananas et goyave, de poire également, de tilleul, de biscuit, et un peu de minéralité. En bouche c’est un vin élégant, parfaitement équilibré, soyeux, parfumé, avec une longue finale vraiment gourmande.

Ce vin est un compagnon merveilleux avec des fruits de mer: homard et crabe; également avec des palourdes en sauce, des poissons grillés, ou des viandes blanches: poulet, dinde rôtie ou poitrine de porc. Je suggère de le servir à 8 °C. Il peut se garder en cave pendant 5 ans.

Muscadet sur Lie AOC Vin du Val de Loire, 100% Melon de Bourgogne, 12o d’alcool.

Robe jaune clair avec des reflets verts, ce Muscadet, produit tout près de l'océan Atlantique, développe au nez et en bouche des arômes de fruits blancs auxquels s'ajoutent des notes minérales qui expriment le terroir avec élégance et beaucoup de fraîcheur.

Il s’accorde avec des fruits de mer, des poissons en ceviche ou grillés, et des coquillages; à servir à une température de 8-10 °C. Peut se conserver facilement 2 ans en cave.

Sauvignon gris IGP Val de Loire Vin du pays de Retz, 100% Sauvignon gris, 12o d’alcool.

Robe jaune pâle, brillante, aux flammèches vertes. Nuances florales très aromatiques de buis et de genêt, qui rappellent le goût du raisin. En bouche c’est un vin ample, élégant et plein de fraîcheur.

Il s’accorde avec du saumon fumé, des poissons grillés (bar, sandre), du fromage de chèvre. À servir à une température de 8-10 °C. Peut se conserver 2 ans en cave.

Pinot gris Pays de Retz IGP Val de Loire

Vin blanc moelleux 100% Pinot Gris, 12o d’alcool. Les raisins sont récoltés en surmaturité.

Robe jaune soutenue. Parfum d’une grande complexité aromatique avec des notes miellées, de fleurs de champs, de fruits exotiques, des touches de musc, pain d’épices.

En bouche c’est un vin qui allie finesse et puissance, une onctuosité légendaire et une acidité mesurée. Une note pleine de douceur en fin de bouche.

Délicieux en apéritif avec des canapés au foie gras, parfait au dessert avec des tartes aux fruits ou un sorbet, ou encore avec une galette sablée ou un délicieux "quernon d'ardoise", spécialité angevine à base de nougatine caramélisée enrobée de chocolat bleu. À boire entre 8 et 10°C. Il peut se conserver 2 ans en cave.

Grolleau gris Vin du pays de Retz IGP Val de Loire, 100% Grolleau Gris 12o d’alcool

roger moulin touche grolleau gris

J’ai dégusté le millésime 2017 

Ce vin original, typique du pays de Retz, a une robe lumineuse, couleur topaze. Parfums de pêche blanche et jaune. En bouche c’est un vin équilibré, frais, très charmeur; on retrouve les fruits perçus par le nez et une pointe de salinité marine.

Il est délicieux avec le ceviche de poisson, une bonne chaudrée nantaise, qui est une soupe à base de poissons plats comme les limandes, les soles et les carrelets, les raiteaux (petites raies), les seiches et les petites anguilles, cuisinés au Muscadet. Il est aussi délicieux avec des coquillages en sauce et avec du fromage de chèvre. Je suggère de le servir assez frais, autour de 7 °C surtout pendant les journées chaudes de l’été. Il peut se conserver 2 ans en cave.

Grolleau Rosé Vin du pays de Retz IGP Val de Loire, 100% Grolleau, 12o d’alcool.

Belle robe rose soutenue. Parfums sur le fruit: pêche et framboise. Très gouleyant en bouche, avec des arômes de framboise et une très belle fraîcheur.

Un vin charmant pour accompagner les salades de saison, la pizza, les grillades, la volaille, le melon au dessert et les tartes aux fruits.

À servir à une température de 10 °C. Peut se conserver 2 ans en cave.

Gamay Vin du pays de Retz IGP Val de Loire, 100% Gamay 12o d’alcool.

Robe rouge nuancée de violet. Bouquet de griottes et de mûres, de cerise rouge et de fraise.

En bouche c’est un vin léger, fruité et épais, résultant d'une vinification courte pour qu'il conserve tous ses arômes. Il n’est pas très tannique, mais offre une bonne acidité. Il est agréable, très gouleyant.

Ce vin s’accorde parfaitement avec un rôti de dinde, un filet de saumon grillé, un tajine d'agneau ou un ris de veau. À servir à une température de 12 à15 °C; il peut se conserver jusqu’à 3 ans en cave. 

Cabernet-sauvignon Vin du pays de Retz IGP Val de Loire, 100% Cabernet sauvignon, 12o d’alcool.

Robe rouge intense. Bouquet de cassis et de mûre, avec des notes de musc et de cuir et des senteurs épicées. En bouche les fruits rouges, où le cassis domine, sont agréables. C'est un vin charpenté, riche en tanins souples.

Ce vin puissant se marie très bien avec les viandes rouges grillées ou en sauce, avec un tournedos béarnaise, avec des fromages à pâte molle comme le "Curé nantais", fabriqué à Pornic, ou le Saint Paulin. À servir à une température de 12-15 °C. Il peut se conserver 5 ans en cave. 

Merlot Vin du pays de Retz IGP Val de Loire, 100% Merlot, 12o d’alcool.

Robe rouge intense aux reflets rubis. Bouquet de fruits rouges: fraise, framboise, groseille, cerise rouge et un peu d’épices.

Puissant et rond en bouche, charnu, équilibré, avec des tanins bien présents et des arômes fruités abondants. Une longue finale gourmande.

Il s’accorde merveilleusement avec les viandes rouges, le gros gibier, les champignons en sauce. À servir à une température de 16 à 18 °C. Il gagne à reposer en carafe une trentaine de minutes. Peut se conserver en cave pendant 5 ans.

Perles de la Touche, Mousseux blanc, méthode traditionnelle 100% Chardonnay. 

Un vin de célébration et d’apéritif, qui s’accorde également très bien avec des canapés et au dessert avec des tartes aux fruits, des mousses et des sorbets. À servir à une température de 7 à 9 °C

roger moulin touche vue

Les agents intéressés peuvent contacter directement Vincent Hérissé, qui répondra à leurs questions et leur fera parvenir des échantillons

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Le Moulin de la Touche
44580 Bourgneuf en Retz, France
+ 33 2 40 21 47 89
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Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
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Le champagne Canard-Duchêne est né d’une histoire d’amour paysanne, et pour une fois d’une histoire bien française, dans un milieu où les aristocrates et les étrangers font souvent grande figure.

Victor Canard était tonnelier de profession lorsqu’il fit la connaissance à Ludes, en Champagne, d’une belle demoiselle, Léonie Duchêne, d’une famille de vignerons. Ce fut le coup de foudre et ils se marièrent en 1860. Leur amour pour la Champagne et pour le champagne les poussa à fonder leur propre maison en 1868. Leurs champagnes «mêlant fruit, intensité et simplicité», étaient si bons qu’on les remarqua à la Cour impériale de Russie, qui les nomma fournisseurs officiels, avec privilège d’imprimer sur leurs étiquettes les armoiries impériales: l’aigle couronné, à deux têtes.

Bien que la maison impériale de Russie n’existe plus depuis 1917, les armoiries figurent toujours sur les étiquettes du champagne Canard-Duchêne.

Dans les années 70, la maison passa aux mains de La Veuve Clicquot-Ponsardin, et ensuite à celles du groupe Louis Vuitton Moët Hennessy. La production de masse, hélas! ne seyait pas à cette maison. Heureusement, Alain Thiénot prit Champagne Canard-Duchêne sous son aile en 2003, et lui redonna sa vocation première: un champagne artisanal, authentique, dans la tradition de la Montagne de Reims. C’est la seule maison de champagne dont le siège social est toujours à Ludes, et non à Reims ou à Épernay. Ses vins sont proposés dans plus des deux tiers des restaurants étoilés français et exportés dans une cinquantaine de pays.

roger canard duchene reims 

La Montagne de Reims est un site exceptionnel pour le champagne, dont le sol est fait de craie, de sable, de calcaire et d’argile.

J’ai dégusté le Champagne Canard-Duchêne Brut, Cuvée Léonie. Les Cuvées Léonie ont été créées en l’honneur de la fondatrice. Le chef des caves Laurent Fédou les décrit ainsi: « Les Cuvées Léonie sont des champagnes d’exception. Issues d’un assemblage de raisins d’une grande noblesse, elles se distinguent par un vieillissement optimal et par l’apport significatif de vins de réserve. »

roger canard duchene champagne

La CUVÉE LÉONIE BRUT est un champagne d’assemblage 50% Pinot Noir, 25% Pinot Meunier et 25% Chardonnay.

Cette cuvée bénéficie d’un apport significatif de vins de réserve (25%). Le dosage se situe autour de 10 g/litre. Vieillissement de trois ans en cave, 12o d’alcool.

Robe or pâle, de petites bulles fines et persistantes. Bouquet de fleurs séchées, de pêche, d’abricot compoté, de fruit de la passion. Une bouche ample, élégante, fraîche et pleine de charme. Des arômes d’ananas confit; on perçoit aussi des notes épicées et toastées, et de la minéralité. Sa fraîcheur invitante vous suit jusqu’en finale.

Délicieux à l’apéritif, ce champagne accompagnera aussi superbement un repas, de l’entrée au dessert. Il sera vraiment sublime avec les fruits de mer, les poissons et les viandes blanches.

Personnellement, j’aime le champagne frais, autour de 7 degrés. En se réchauffant dans votre verre, c’est vers les 9 degrés qu’il livrera tous ses arômes.

Le Champagne Canard-Duchêne Cuvée Léonie est disponible à la SAQ, code 11154700. Prix 50,50$.

Liens : 

Champagne Canard-Duchêne

Représenté au Québec par Vins Philippe Dandurand
1304 avenue Greene, Westmount (Québec) H3Z 2B1
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Tél.: 514 932-2626, poste 316

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Tél.: 514 932-2626, poste 228

Roger Huet
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Domaine de 9,5 hectares exploité par la famille de Chassey depuis plus de 7 générations. Les deux premières générations étaient vigneronnes. À partir de la troisième génération elles ont commencé à vinifier, et un seul savoir-faire s’est perpétué de génération en génération. Aujourd’hui, Marie Odile de Chassey et sa fille Ingrid Oudart perpétuent cette belle histoire au féminin! Elles font partie de l’association champenoise de Vignerons Indépendants.

roger chassey ingrid oudartIngrid Oudart

Seuls 17 villages en Champagne ont obtenu le label Classé Grand Cru 100%. Louvois, où se trouve le Domaine Guy de Chassey, est l’un d’eux. Il est au cœur de la Montagne de Reims. Un petit ruisseau traverse le domaine, on l’appelle la "Livre", qui s’orthographiait autrefois "Loupvoie", en raison des hordes de loups affamés qui descendaient des forêts.

Le vignoble s’étend sur un sol argilo-calcaire. Une partie est enherbée, pour éviter l’utilisation d’herbicide chimique, qui sera de toute façon interdit dans un futur proche. Au Domaine de Chassey, on pratique une viticulture raisonnée afin de préserver la qualité du sol, de l’eau, de l’air et de la faune. Pour mieux protéger l’environnement, le domaine est en cours de certification Haute Valeur Environnemental (HVE). On y cultive uniquement le Pinot Noir et le Chardonnay. 

Après les vendanges manuelles, le raisin est placé dans un pressoir vertical en bois pour une extraction douce et qualitative du moût de raisin.

La fermentation alcoolique se déroule en cuves inox thermo-régulées. Les vins du domaine sont produits sans fermentation malolactique, pour préserver leur finesse aromatique et protéger leur potentiel de vieillissement.

Le remuage des bouteilles s’effectue uniquement à la main. Les vins vieillissent de 3 à 8 ans, selon les étiquettes.

La maison produit deux gammes de champagne: Cinq Grands crus et trois Premiers crus classés blancs et rosés. La production globale est de 45 000 bouteilles. Les champagnes gardent une grande constance dans leur structure et leur qualité.

Les Grands Crus sont:

Champagne Guy de Chassey BRUT CUVÉE DE BURETEL GRAND CRU. Assemblage de 70% Pinot Noir vinifié en blanc et 30% Chardonnay. Remuage manuel en lattes, vieillissement sur 3 ans; dosage: 9 g/L, 12o d’alcool. 

Je l’ai dégusté:

roger chassey cuvee de buretel 

Belle robe dorée sur une généreuse effervescence, la mousse blanche de ce champagne tranche sur sa robe doucement ambrée. Parfum délicat de fleurs blanches, mais aussi de pêche, de poire et d’abricot. Des notes de pomme verte et de pamplemousse, une pointe d’épices, et de minéralité.

En bouche, les bulles qui éclatent libèrent une explosion de saveurs et de fraîcheur. Le Pinot Noir apporte la puissance et le Chardonnay, la finesse. Le milieu de bouche est onctueux et étoffé sur des fruits blancs au sirop, avec de la minéralité et de l’élégance. Une fin de bouche persistante, extrêmement gourmande.

Ce Champagne est délicieux à l’apéritif, avec des canapés de foie gras, et va aussi accompagner superbement tout le repas, de l’entrée au dessert. Je suggère de le servir frais, autour de 8 degrés; en se réchauffant dans votre verre, il va livrer tous ses arômes.

Il est très bien noté et a remporté de nombreuses distinctions: Wine Spectator 90/100, Médaille d’Argent: Concours Mondial de Bruxelles 2015, Médaille d’Argent Decanter World Wine Awards 2014, Médaille d’Or Gilbert & Gaillard 2015, Médaille d’Argent 3e Challenge to the Best French Wines for USA Miami 2013 et Médaille d’Or 3e Challenge to the Best French Wines for Asia Hong Kong 2013

CHAMPAGNE GUY DE CHASSEY BRUT CUVÉE RÉSERVÉE NICOLAS D'OLIVET MILLÉSIME 2013 GRAND CRU. 

Ce vin est le fruit d’un assemblage de 60% Pinot Noir et 40% Chardonnay. Remuage manuel, vieillissement: 5 ans Dosage: 8.5 g/L 12o d’alcool.

J’ai aussi dégusté ce champagne. 

roger chassey nicolas dolivet

Belle robe dorée. Cordon de fines bulles persistant. Un nez minéral sur la craie et le silex qui s’ouvre sur le tilleul, le poivre noir, la mirabelle et l’amande, avec des notes de pâtisserie.

Les nombreuses bulles qui éclatent en bouche produisent une vive sensation de fraîcheur et de plaisir. C’est un vin très structuré et généreux en notes de marmelade de poire, de raisin et de pomme. Une finale élégante marquée par la minéralité et la fraîcheur.

Ce superbe Champagne sera excellent à l’apéritif avec de la brioche, un plateau de fromages et des fruits secs. Il sera extraordinaire pendant le repas, avec les fruits de mer, avec des poissons blancs, une blanquette de veau, de la volaille, ou avec des pâtes aux palourdes. Il se rendra jusqu’au dessert, où il servira de modérateur au sucre.

C’est un champagne qui a reçu de nombreuses distinctions: Médaille d’Or Gilbert & Gaillard 2015, Médaille d’Or au Concours des Vignerons Indépendants 2012, Médaille d’Argent aux Vinalies Internationales 2012.

Champagne Guy de Chassey BRUT MILLÉSIME 2008 GRAND CRU. Assemblage de 50% Pinot Noir et 50% Chardonnay. 

La mousse est fine sur une belle robe or. Le nez est délicat, et l’on note des fruits jaunes confits, des fleurs suaves à maturité et des touches d’épices. La bouche toute en vinosité rappelle la marmelade de fruits: pêche, abricot, avec une pointe grillée.

Champagne Guy de Chassey SEC GRAND CRU. Assemblage de 70% Pinot Noir et 30% Chardonnay. 

Effervescence généreuse, sa mousse blanche tranche sur sa robe ambrée. Parfums de fleurs blanches suaves, une pointe d’épices, d’agrumes et de fruits blancs au sirop. En bouche, on retrouve le bel équilibre des deux cépages. Le Pinot Noir et le Chardonnay.

Et finalement:

Champagne Guy de Chassey BRUT CUVÉE ANTIDE GRAND CRU. Issu exclusivement de vieilles vignes. Assemblage 50% Pinot Noir et 50% Chardonnay vinifié et élevé en fût de chêne. 

Robe or clair. Un nez doucement boisé marqué sur un fond de fruits rouges et de pâtes de fruits. Attaque charnue, bulle fine, un style très frais, long, bien lié. Une longue finale boisée et fruitée.

Les Premiers Crus Classés sont: 

Champagne Guy de Chassey BRUT CUVÉE EUPHRASIE PREMIER CRU. Assemblage de 85% Chardonnay 2012 et 15% Pinot Noir 2011, sélectionné sur le terroir propriété du Domaine, classé Premier Cru sur la commune de Tauxières-Mutry. 

Belle robe or pâle, cordon persistant de fines bulles. Parfum de fleurs blanches suivi de notes d’agrumes confits, associé à des notes pralinées et meringuées, signe d’une belle évolution. Bouche généreuse et franche, où l’on retrouve le citron confit, le kiwi à pleine maturité, sur un floral ample et suave.

Champagne Guy de Chassey EXTRA BRUT PREMIER CRU. Un "Blanc de Noirs", 100% Pinot Noir. 

Belle robe dorée. Le nez est porté par des fruits blancs en pleine maturité, avec une jolie touche d’agrumes confits. La bouche est menée par une belle tension de jolies notes aromatiques (marmelade de mandarine et de citron) avec une finale fraîche et minérale.

Et finalement:

Champagne Guy de Chassey BRUT ROSÉ PREMIER CRU. Vin d’assemblage de 2012: 70% Pinot Noir et 30% Chardonnay. 

Le Pinot Noir, dont une partie est vinifiée en rouge, provient de très vieilles vignes des Coteaux Champenois, élaboré sur les terroirs du domaine dans la commune de Bouzy. Remuage manuel, 4 ans de vieillissement. Dosage 9 g/L, 12o d’alcool.

J’ai dégusté ce champagne. 

roger chassey guy de chassey rose

Belle robe rose, brillante, aux reflets de rose zircon. De petites bulles nombreuses et gracieuses. Le nez est tout en nuances, dominé par les fruits d’été: mûre, cassis, griottes, cerise, abricots. Des nuances d’agrumes et d’épices douces.

Tout d’abord fin et subtil en bouche, ce champagne se révèle ensuite riche et complexe avec une masse de fruits croquants, dont le mariage repose sur l’équilibre entre la puissance du Pinot Noir, la finesse du Chardonnay et l’acidité naturelle du raisin. Une finale doucement gourmande pour ce rosé délicat et bien construit, pour une bouche décidément festive.

Le champagne rosé est le champagne de l’amour par excellence. On peut le boire à l’apéritif, en communion avec l’être aimé. Il est aussi sublime pendant le repas avec des crustacés et surtout le homard, le crabe des neiges, la langouste, les écrevisses. Il est incroyable avec des fromages au lait de brebis ou de chèvre. Je suggère toujours de le servir assez frais, à 8 oC.

Le Champagne Guy De Chassey Brut Rosé Premier Cru est très bien noté et a remporté de nombreuses distinctions: Wine Spectator 92/100, Médaille d'Or aux Concours Mondial de Bruxelles 2018, 1 étoile au Guide Hachette 2018, 1 étoile au Guide Hachette 2017, Médaille d’Or Gilbert & Gaillard 2015, Médaille de Bronze Decanter World Wine Awards 2014, 2 étoiles au Guide Hachette 2013, Médaille d’Argent au Concours Mondial de Bruxelles 2012.

roger chassey vignole village de louvois

Les Champagnes Guy de Chassey, issus des plus prestigieuses régions de la Champagne, ont un excellent rapport qualité-prix. Les agents intéressés peuvent contacter directement Mme Ingrid Oudart, qui pourra leur fournir toute l’information requise et des échantillons. 

Champagne Guy de Chassey
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1 place de la Demi-Lune
51150 Louvois
+33 3 26 57 04 45

Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
Président du Club des Joyeux
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DOMAINE ANDRÉ CARL ET FILS 

Domaine familial de 6 hectares appartenant à une longue lignée de producteurs qui alliaient plusieurs activités agricoles, dont la viticulture. Ils vendaient leur vin au tonneau jusqu’en 1923, année où Marie-Louise et Adolphe Carl commencent à embouteiller. Le succès immédiat auprès des restaurants de la région les incite à se consacrer totalement à la vigne et à la production de vin.

Dans les années 1960, leur fils, André, prend la direction du domaine avec Marguerite, son épouse. Ils créent un caveau de dégustation qui leur attire une belle clientèle. La direction du domaine est confiée à leur fils, Olivier, en 2000, dont l’objectif est de réduire l’utilisation des produits de synthèse pour une vinification plus naturelle. Il est rejoint par son épouse Anne en 2007, qui l’encourage à aller plus loin. Ils songent alors à une conversion à l’agriculture biologique. 

roger alsace coupleOlivier et Anne Carl

Olivier Carl s’explique: «Nous avons fait le choix d’exploiter une surface de vignes à taille humaine, ce qui nous permet d’être, au quotidien, en contact direct avec nos vignes, nos sols et nos vins. Nous accompagnons nos raisins de la vigne au verre et élaborons ainsi des vins à notre image.»

La conversion au bio est très complexe et a exigé de la part de la famille Carl plusieurs années d’observation, de réflexion et d’interrogations, pour exclure tout insecticide, pesticide, désherbant ou engrais chimique des vignes.

Ils ont dû réapprendre le travail mécanique du sol, léger et peu profond, et ont parfois dû innover. Ils ont apprivoisé les plantes naturellement présentes dans leurs vignes pour en faire des auxiliaires qui protègent, nourrissent et embellissent le vignoble. Ils ont recréé les conditions favorables au retour des insectes protecteurs et d’une faune et d’une flore en harmonie avec les vignes.

En somme, ils se sont rapprochés de la terre pour la comprendre, la sentir, la travailler de leurs mains, pour qu’elle transmette à leurs vins sa force et sa minéralité.

Le domaine produit du Riesling, du Gewurztraminer, de l’Auxerrois, du Pinot Blanc, du Pinot Noir, du Chardonnay et du Sylvaner.

Les vendanges sont déterminées par la maturité du raisin. Elles sont effectuées manuellement.

Le raisin est pressé de façon douce et lente dans un pressoir pneumatique. Les jus extraits sont placés en cuves de débourbage pendant 24 heures, puis acheminés en cave dans des foudres de bois, dont certains vieux de plus de cent ans.

Le travail en cave est également bio. Les Carl ont fait le choix d’intervenir le moins possible dans l’élaboration de leurs vins. Cette démarche, paradoxalement, exige beaucoup plus de temps de suivi et une présence quotidienne en cave.  

Lorsque les jus sont placés dans des tonneaux, ils font confiance aux levures naturellement présentes dans le raisin, pour leur fermentation.

À la grande joie d’Olivier et d’Anne, ils ont obtenu le logo AB d’ECOCERT sur les étiquettes du millésime 2015 après trois ans de conversion et de dur labeur.

Ils élaborent des vins tranquilles rouges, blancs et rosés et des Crémants blancs et rosés. Depuis 2015 ils élaborent aussi, par curiosité et par plaisir, un Riesling et un Sylvaner «nature», en petites quantités, pour une clientèle ciblée.

Le Domaine André Carl et Fils produit 4 styles de vins:

La Gamme tradition, les Cuvées Spéciales, les Vendanges Tardives et les Crémants.

LA GAMME TRADITION comprend les vins suivants: 

Carl Sylvaner «Vieilles Vignes» AOC Vin d’Alsace. Sec et frais, mêlant ses arômes de mirabelle et de pêche de vigne, ce vin accompagnera élégamment les fruits de mer ou la raclette.

Carl Auxerrois AOC Vin d’Alsace. Sec et fruité, il laisse apparaître une bouche pleine et agréable. Il accompagne à merveille la charcuterie, les tartes flambées ou un poisson grillé.

Carl Riesling AOC Vin d’Alsace. Le nez de cette cuvée de caractère présente une belle minéralité. Issu de vieilles vignes âgées de plus de trente-cinq ans, ce Riesling annonce une bouche ciselée et compacte, à l’acidité délicate. Il accompagne les poissons en sauce et les viandes blanches.

Carl Muscat AOC Vin d’Alsace. On retrouve, dans ce Muscat, tout le croquant des grains de raisin. Les arômes de mandarine et son bouquet délicat viennent enrichir ce vin léger que l’on ne manquera pas de servir à l’apéritif ou avec les asperges.

Carl Pinot Gris AOC Vin d’Alsace. Le nez complexe de ce Pinot Gris s’allie parfaitement avec une attaque souple et ronde. Capiteux, opulent, il convient tout particulièrement aux grands repas, foie gras, viandes blanches ou volailles.

Carl Gewurztraminer AOC Vin d’Alsace. Très expressif, ce Gewurztraminer est élégant, subtil, et doté d’une grande finesse. Il se marie aux plats exotiques, au foie gras et aux fromages de caractère.

Carl Pinot Noir AOC Vin d’Alsace. La robe est d’un rouge rubis éclatant. Les tanins sont soyeux et subliment ce vin, qui se servira avec les viandes rouges et les fromages.

LES CUVÉES SPÉCIALES: 

Carl Gewurztraminer «Cuvée d’Anne» AOC Vin d’Alsace. Ce vin est marqué par la surmaturité. Les fruits confits et l’acidité témoignent de la belle origine de ce Gewurztraminer. La bouche est gourmande et pleine de richesse et de rondeur. Il se dégustera seul ou accompagné d’un dessert.

Carl Gewurztraminer «Cuvée de Lison» AOC Vin d’Alsace. Les raisins ont été récoltés deux semaines après les vendanges, ce qui confère à ce vin de douces notes de raisins de Corinthe. Il ravira vos apéritifs et sublimera vos desserts. 

Carl Gewurztraminer «Expression» AOC Vin d’Alsace. À nouveau disponible depuis 2017!

Carl Rose des Sables AOC Vin d’Alsace. Ce rosé d’été est équilibré. Frais et rafraîchissant, idéal pour les longues soirées en terrasse, les salades et les grillades.

Carl Pinot Noir «Authentique» AOC Vin d’Alsace. Disponible depuis l’automne 2017.

Carl Pinot Noir «Terre de Granite» AOC Vin d’Alsace. La robe est d’un rouge rubis éclatant. Les tanins sont soyeux et structurent ce vin, qui se servira avec les viandes rouges et les fromages.

LES VENDANGES TARDIVES:

Carl Riesling AOC Vin d’Alsace. On y retrouve toute la richesse et la gourmandise des raisins surmûris, par-dessus la note acidulée propre à ce cépage. Ce Riesling marie douceur et fraicheur, sa touche sucrée accompagnera les desserts fruités.

Carl Gewurztraminer AOC Vin d’Alsace. Disponible depuis le printemps 2017.

LES CRÉMANTS: 

Carl Crémant d’Alsace Brut. La bulle est fine et la mousse épaisse. Le nez est brioché, la bouche est fruitée et dotée d’une acidité fraîche et tendre. Idéal à l’apéritif, mais également tout au long d’un bon repas.

Carl Crémant d’Alsace Rosé. Issu à 100% du cépage Pinot Noir, ce Crémant vous surprendra par sa couleur saumonée et ses arômes fruités. Son acidité fraîche et ses bulles fines en font un Crémant de grande classe.

Carl Crémant d’Alsace «L’Instant R» Riesling. Issu à 100% du cépage Riesling, ce Crémant vous surprendra par sa fraîcheur. Fruité et acidulé, il développe de beaux arômes d’agrumes sur une minéralité bien présente. Parfait avec les fruits de mer, les huîtres, ou tout simplement à l’apéritif.

La production globale du domaine est de 38 000 bouteilles.

J’ai dégusté les vins suivants: 

Carl Gewurztraminer «Expression» AOC Vin d’Alsace 2016, 13o d’alcool.

Agriculture biologique certifiée ECOCERT, sur sols argilo-limoneux, granitiques et graveleux. Vignes de plus de 30 ans orientées sud-est/ouest. Vendanges manuelles à l’automne. Vinification traditionnelle en foudre, fermentation traditionnelle sur lies.

roger alsace carl gewurztraminer expression2016

Robe jaune avec des légers reflets dorés. Riche bouquet exubérant et complexe de fruits exotiques: ananas, litchis, mangue, fruit de la passion, mais aussi d’agrumes. Intense parfum de rose et d’épices.

En bouche c’est un vin ample, suave et exubérant, avec beaucoup de caractère. Son acidité est plus discrète que pour d’autres vins de la maison. Des arômes intenses de rose, de litchi et d’épices ravissent le palais. Une formidable persistance en bouche.

Il s’associe aux cuisines du monde épicées et alliant souvent le sucré-salé. La puissance du Gewurztraminer les emporte dans un corps à corps sensuel et passionné. Il se marie merveilleusement avec les fromages «goûteux» : le Munster, le Livarol, le Pont l’Évêque. Au dessert il est parfait avec une bombe glacée, un tiramisu, ou une charlotte à Mayotte aux mangues mûres.

La production pour cette étiquette est de 4500 bouteilles. Valeur commerciale du Carl Gewurztraminer Expression AOC Vin d’Alsace 2016: 13€, HT.

J’ai dégusté ensuite le Carl Riesling Tradition AOC Vin d’Alsace 2016, 12o d’alcool. Vin biologique certifié ECOCERT depuis 2015.

Vignes orientées sud-est/ouest. Sols argilo-limoneux, granitiques et graveleux. Vinification traditionnelle. Vieillissement sur lies en foudres.

roger alsace carl riesling traditlion2016

Robe jaune pâle, brillante avec des reflets verts. Parfums sur le fruit, d’une grande finesse: citron, pamplemousse, pêche, poire, fruits compotés; viennent ensuite des notes florales: jasmin, chèvrefeuille, tilleul. Arrivent après le cumin, l’anis, la réglisse et le fenouil. On perçoit finalement une minéralité ciselée.

En bouche il est ample, minéral, racé et délicatement aromatique, d’une finesse exquise, mais aussi d’une vivacité que l’on apprécie jusqu’en fin de bouche.

C’est un vin gourmand, qui accompagne superbement les huitres aux saveurs iodées. Il va mettre en valeur les saveurs subtiles des crustacés. Il est unique pour embellir la saveur du caviar, si difficile à marier avec les vins. Délicieux avec les poissons en sauce, avec la volaille et les viandes blanches. Incomparable dans la préparation d’une blanquette de veau et du risotto. Il se marie très bien avec des fromages de chèvre et de brebis.

Je suggère de le servir très frais, autour de 7 oC. Il aura bien le temps de se réchauffer dans votre verre et de vous livrer tous ses arômes. C’est un vin prêt à boire, mais qui peut se bonifier en bouteille pendant des décennies.

La production pour cette étiquette est de 4000 bouteilles. Valeur commerciale du Carl Riesling Tradition AOC Vin d’Alsace 2016: 10 € H.T.

J’ai finalement dégusté le Carl Crémant d’Alsace Brut Bio. Un assemblage d’Auxerrois, de Pinot Blanc, de Riesling et de Chardonnay, 12o d’alcool.

Ce vin est bio au vignoble comme au chai. Sa méthode d’élaboration est identique à celle du Champagne.

Le Crémant d'Alsace est le leader incontesté des mousseux français après le Champagne, mais le Crémant d’Alsace bio de la maison Carl est exceptionnel.

roger alsace carl cremant alsace brut

Belle robe jaune pâle. Petites bulles de mousse épaisse. La finesse du bouquet s’épanouit sur des parfums d'agrumes, de fleurs blanches et de fruits blancs et jaunes: pêche et poire, enrobés de notes briochées.

Bouche équilibrée, marquée par une acidité fraîche et tendre. L’Auxerrois apporte des arômes épicés et soyeux et sa bonne teneur en alcool. Le Pinot Blanc apporte sa légèreté et son fruité, le Riesling sa vivacité, et le Chardonnay l’élégance, l’onctuosité et la finesse. La palette aromatique prolonge celle du nez.

Idéal à l’apéritif avec des amuse-bouche, mais aussi tout au long du repas, avec des fruits de mer, des poissons, des viandes blanches, une bonne omelette, des fromages à pâte molle et à croûte fleurie comme le brie. Il est bon également au dessert avec un sorbet aux framboises ou aux bleuets, avec une tarte ou une bonne charlotte. Je suggère de le servir très frais, à 5 oC. Ce Crémant est agréable jeune, mais peut se conserver en cave environ 5 ans.

La production pour cette étiquette est de 9 000 bouteilles. Valeur commerciale du Carl Crémant d’Alsace Brut Bio: 12€ H.T.

roger alsace dambach ville

Les agents intéressés peuvent joindre directement les vignerons Olivier et Anne Carl, qui pourront leur fournir toute l’information requise et des échantillons.

Anne et Olivier CARL - Vins Bio Carl

E.A.R.L. CARL André
2 Impasse de Muhlenheim
67650 DAMBACH-LA-VILLE - France
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Roger Huet
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La maison a été fondée en 1902 par Giulio Ferrari, qui rêvait de produire en Italie un vin comparable au meilleur champagne.

Il se prépare longuement, se graduant d’abord de l'Impérial Regia Scuola di Agraria San Michele dans l’Adige, ensuite il se gradue de l’École de Viticulture de Montpellier et finalement se spécialise dans la chimie vinicole à Geisenheim. Il part ensuite travailler en Champagne pour découvrir leurs secrets et les ramener chez-lui.

Il ramène à Trento des plants de Chardonnay, alors inconnu en Italie. Il les multiplie dans ses terres, d’où il essaimera dans plusieurs régions italiennes. Ses premiers mousseux forcent l’admiration. Ils sont très chers, mais le succès est tel, qu’il n’arrive pas à suffire à la demande. Déjà, en 1906, il remporte la médaille d’or de Milan.

Après 50 ans de travail intense et magnifique, monsieur Ferrari, qui n’avait pas d’héritiers, se cherchait un successeur pour continuer son œuvre. Il était en affaires avec Giulio Lunelli, avec qui il avait ouvert un magasin de vins et d’alcools fins en 1929. Giulio Lunelli avait deux atouts: un grand talent pour les affaires, et plusieurs enfants pour prendre la relève un jour. La Cantina Ferrari passe aux mains des Lunelli en 1952, mais ce n’est pas donné, car ils doivent lui payer trente millions de lires de l’époque, soit environ 5 ans de revenu total. 

Avec beaucoup de sérieux et de talent, Giulio Lunelli réussit à augmenter la production de 9 000 à 100 000 bouteilles au moment où il passe la main à ses fils Franco, Gino, et Mauro, en 1972. 

Mauro, qui est le chef de chai, va se lancer dans des recherches qui donneront vie à plusieurs styles de mousseux pour répondre au goût du jour, toujours en évolution. Il parvient à amener les mousseux Ferrari à un sommet d’excellence inégalé. Aujourd’hui c’est Marcello, fils de Franco, qui est le maître de chai de la maison. Il a fréquenté l'Institut agraire de San Michele all'Adige, une des plus prestigieuses institutions viticoles de l'Italie, a obtenu également un diplôme en agriculture de l'Université de Milan et a perfectionné ses compétences par une expérience pratique en Californie, en Afrique du Sud et en Allemagne, Il a produit son premier vin Ferrari en 1995.

roger ferrari vignoble

Chez Ferrari, on prend la qualité très au sérieux. Ils ont une équipe de 6 ingénieurs agronomes et de 8 œnologues qui contrôlent tout le processus, de la vigne à la bouteille. Ils travaillent avec 500 vignerons indépendants qui suivent à la lettre leurs recommandations. Pour certains perlés, ils ont leurs propres vignes.

Ferrari produit 11 types de mousseux: Brut, Rosé, Demi-Sec, Maximum Brut, Maximum Demi-Sec, Maximum Rosé, Perlé, Perlé Rosé, Perlé Nero, Riserva Lunelli et Giulio Ferrari.

Leur gamme répond à la demande et au goût du public, avec toujours le souci de l’excellence. 

Ils produisent aujourd’hui près de 5 millions de bouteilles, tout en conservant et même améliorant la qualité de leurs vins. À Ferrari, on ne fait que des mousseux.

Le grand rival de Ferrari, pour le plus fin mousseux d’Italie par la méthode classique, est Franciacorta, de Lombardie. Tous les deux sont excellents. Le Franciacorta est un vin ample, tandis que le Ferrari est vertical et ciselé.

Chez Ferrari, on prend le temps qu’il faut. Leur Giulio Ferrari, qui est un de leurs meilleurs vins, repose sur lies pendant 10 ans. Peu de vins, même en Champagne, peuvent prétendre une aussi longue bonification sur lies. 

J’ai dégusté le générique de la maison, qui est le Ferarri Brut, Blanc des blancs, donc 100% Chardonnay, créé en 1902; il titre 12,5o d’alcool.

roger ferrari vin

Le raisin est cultivé dans plusieurs communes du Trentin, à une altitude de plus de 300 mètres sur le niveau de la mer. Vendanges manuelles, maturation de 24 mois avec des levures naturelles produites exclusivement par la maison Ferrari.

Robe jaune paille très belle. Petites bulles qui viennent jouer, joyeuses, avec votre langue et votre palais. Arômes délicats et complexes: fleur d’oranger, chèvrefeuille, acacia, citronnelle, pomme golden, poire, biscuit. 

En bouche c’est un vin tout en finesse, et en fraîcheur. Élégant et équilibré, avec une belle acidité, une texture croquante qui goûte le biscuit sorti du four et le goût des fruits mûrs. Une finale en fraîcheur qui prolonge le plaisir avec une touche saline. Ce vin est l’expression de l’harmonie parfaite entre le terroir du Trentin et le cépage Chardonnay. 

Le Ferrari Brut est disponible à la SAQ, code 10496898. Prix 24,55$. 

Liens : 

Cantine Ferrari 

Représenté au Québec par Vins Philippe Dandurand
1304 avenue Greene, Westmount (Québec) H3Z 2B1
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Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., directrice du portefeuille marketing
Tél.: 514 932-2626, poste 316

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., coordonnatrice de la commercialisation
Tél.: 514 932-2626, poste 228

Roger Huet
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J’ai rencontré Serge Laville, photographe et œnologue de grand talent, Maître de Chai dans un ranch du désert de l’État de Washington, au nord de l’Oregon, qui m’a accordé cette entrevue:

RH – Serge, vous avez été initié aux grands vins français dès votre tendre enfance. Racontez-nous ce miracle.

SERGE LAVILLE – Roger, j’ai eu la chance d’avoir un grand père, Pierre Blanchard, qui avait une excellente connaissance des grands vins français. Il était le directeur des achats du groupe Felix Potin et le bras droit du président du groupe, qui était André Mentzelopoulos, propriétaire du célèbre Château Margaux. À cette époque, le groupe détenait de nombreuses épiceries fines sur Paris et la région parisienne.

Durand les grands repas familiaux, la joie de mon grand-père était de mettre sur la table de grands vins français, essentiellement des Bordeaux, des Bourgognes et des Champagnes. Ces vins accompagnaient les délices de la cuisine de ma grand-mère.

J’avoue qu’à cette époque, j'étais trop jeune pour boire ces vins et apprécier leur qualité; j'étais plutôt intéressé à construire des modèles réduits en balsa, qui éventuellement pouvaient voler. Mais j'étais fasciné par les étiquettes et le fait que tous ces vins que mon grand-père débouchait avec précaution étaient beaucoup plus vieux que moi. J’avais tout de même, malgré mon jeune âge, la chance de goûter ces vins avec extrême modération, et je me souviens d’avoir eu un penchant pour les vieux Portos et les Champagnes millésimés. Une récente visite chez mon frère m’a permis de goûter à nouveau un Porto de la cave de mon grand-père, millésime 1912, qui était l’année de sa naissance.

RH – Jeune adulte vous rêviez d’être photographe, et en même temps le vin vous attirait.

SERGE LAVILLE –  Après mon service militaire, mon rêve était de faire des photos aériennes. J’ai eu la chance de trouver un emploi dans un magasin de modèles réduits situé à Vienne, dans le nord de la vallée du Rhône. Le modélisme radiocommandé est devenu ma passion et mon métier. J’ai construit à cette époque de nombreux prototypes d’avions et d’hélicoptères capables d’embarquer un appareil photo ou une caméra vidéo. Après quelques résultats décevants au début, je suis arrivé à créer un modèle professionnel en 1990 et j’ai commencé alors un nouveau métier, celui de photographe aérien.

À cette époque, j’adorais cuisiner et accompagner mes repas avec de bons vins. Tous mes amis adoraient les bons vins, et le vin est devenu ma passion. Je voulais comprendre tous ses secrets et j’ai joint le groupe de dégustation «Le Carré de Dionysos», dirigé par Marie-Laure Sylvestre. C’est avec eux que j’ai découvert les régions viticoles françaises et que j’ai eu accès à des vins fabuleux. J’ai appris les différents types de vins et la façon de les vinifier, les caractéristiques des cépages et des terroirs, et j’ai aussi appris à déguster à l’aveugle. Ces connaissances me rendront bien des services plus tard.

RH – Comment avez-vous connu Devin Corkrum Derby, le patron de Spring Valley Vineyard, dans la Vallée de Walla-Walla, et dans quelle mesure il va orienter votre vie?

roger magicien vignoble droneVue aérienne du vignoble de Spring Valley 

SERGE LAVILLE – Lors d’un de mes voyages aux États-Unis, j’ai eu l’occasion de faire une halte à Walla Walla et de rendre visite à une relation de longue date, que j’avais rencontrée autrefois dans le village de Nuits-Saint-Georges, en Bourgogne. Nous sommes en mai 2000 et je profite de mon passage à Walla Walla pour découvrir les différentes caves et déguster les vins locaux. Je suis étonné par l'intensité de ces vins, leur charpente avec de l'équilibre et de la fraicheur. Il y a alors 2 étiquettes qui me semblent très intéressantes: Cayuse et Spring Valley Vineyard. Je rencontre Christophe Baron de Cayuse et Devin Derby de Spring Valley la même semaine et je suis stupéfait par leurs vins.

Je me rends compte de la possibilité d’une nouvelle carrière pour moi. J’ai une bonne connaissance du vin, mais très peu d'expérience, et je me dis: «Tout est possible, c’est l'Amérique!» En plus, pendant mon premier séjour à Walla Walla, j’ai fait la rencontre de Madeleine, qui deviendra mon épouse deux ans plus tard.

RH – Vous retournez à Walla Walla un an plus tard et là, vous scellez votre destin.

SERGE LAVILLE – Oui, je revois Devin Derby dans un restaurant de Walla Walla où je travaille comme cuisinier. Il m’invite au ranch et me fait goûter les millésimes 1999 et 2000. Ces vins sont fabuleux, avec beaucoup d'énergie. En plus, Devin est un photographe qui a beaucoup de talent. Je me rends compte que c’est un homme très débrouillard, un peu comme moi. Il est capable de tout faire avec ses mains et n’a peur de rien. Nous sympathisons et en 2002, il me propose un travail à temps partiel. Je deviens vite le premier ouvrier de cave de Spring Valley et j’en suis fier.

J’abandonne finalement la photographie aérienne, car je sens que l’avenir de cette profession est compromis par la possibilité de l’invasion des drones grand public, que l’on commence à voir dans les salons professionnels.

RH – Que faites-vous au début, au ranch Spring Valley Vineyard?

SERGE LAVILLE – J’apprends beaucoup avec Devin. Je fais beaucoup de nettoyage, je m’occupe de la maintenance des machines, de pomper les vins des fûts en cuves, et vice-versa; c’est moi qui sulfite les barriques. Je suis définitivement, l’ouvrier de cave, l’homme à tout faire, le «col bleu», mais l’ambiance et le lieu sont fantastiques. Je me rends compte que le travail du vin est difficile et délicat et que les employées doivent être à la hauteur de la tâche. Les conditions sont parfois très dures, avec des écarts de température qui passent de +40 à -30 degrés Celsius et il n’est pas question de se plaindre.

RH – Devin décède en 2004 mais avant, il a eu le temps de vous initier à tous ses secrets de la vigne et du vin.

SERGE LAVILLE – Oui, j’ai passé 3 vendanges avec Devin et sa femme Mary. Pendant les vendanges de 2004, il commence à me faire confiance et il me laisse faire le vin, car il est très occupé avec la paperasserie et passe beaucoup de temps dans son bureau. Même si je n’ai aucune nomination à l'époque, je deviens petit à petit le «responsable du chai». La production augmente de 900 caisses en 1999 à 2500 caisses entre 2000 et 2003 et à presque 4000 caisses en 2004. Je travaille à plein temps pendant les vendanges et plutôt à mi-temps le reste de l'année.

roger magicien vendanges

RH – Son départ vous plonge dans la tristesse, mais vous décidez de rester pour poursuivre son héritage. En 2005 vous êtes nommé Maître de Chai.

SERGE LAVILLE – Après le décès de Devin, j’ai décidé de continuer à travailler pour Spring Valley. Je me sentais à la hauteur pour faire les vins, mais je n’avais aucune idée de la partie administrative. Dean Derby embauche un nouveau «Winemaker» pour remplacer Devin. Nous travaillons ensemble pour les assemblages du millésime 2004 et nous mettons en bouteille le fabuleux millésime 2003. En juillet 2005, Château Saint Michelle devient notre partenaire, je deviens un des employés du groupe et on me nomme «Assistant Winemaker».

RH – Votre effort et votre talent portent des fruits assez vite et dès mai 2009 vous êtes nommé Vigneron du mois par le Wine Business Monthly.

SERGE LAVILLE – Oui, je me rappelle, cela m’a fait très plaisir. C’est toujours agréable de voir une reconnaissance de l’effort de l'équipe de Spring Valley. Le métier de vigneron n’est pas aussi facile qu’il paraît. Il y a sans cesse quelque chose à faire ou à réparer. Il faut constamment goûter pour prendre les bonnes décisions. Il faut s’adapter au changement du climat. Il faut être à l'écoute de ses clients et de leurs remarques sur les qualités qu’ils recherchent. Le monde du vin est en constante évolution et il faut souvent se remettre en question. Enfin, lorsqu’on est vraiment un amoureux du vin comme moi, on ne prend pas ce métier à la légère.

RH – Est-ce que votre épouse Madeleine et vos deux jeunes filles, Claire et Anna, aiment la vie de vigneron?

roger magicien familleSerge avec sa femme Madeleine et leurs filles, Claire et Anna 

SERGE LAVILLE – La vie de vigneron est une vie très intense mais vous savez, Roger, quand vous aimez votre travail, tout le reste va bien mieux. J’ai toujours été à la recherche de trouver des emplois que j’aime pour trouver un bon équilibre dans ma vie et celle de ma famille. Mes parents ne m'ont jamais poussé à devenir avocat ou médecin, ils m'ont plutôt suggéré de faire ce qu'il me plait, mais de façon sérieuse. Je travaille très dur et je ne compte jamais mes heures, mais au bout du compte, cela me donne une très bonne énergie dans ma vie de couple et de parent. J’ai reçu une bonne éducation, mes parents sont très cultivés. La politesse, le respect, les manières, sont très importantes pour moi. Mon père était comme moi très pris par son travail, mais il a toujours pris le temps de m’apprendre des choses et je fais de même avec mes enfants. Mes parents m'ont appris que le travail est très important dans la vie et que rien n'est gratuit. Il faut travailler pour gagner son pain. Lorsque mes enfants et Madeleine se plaignent parfois de mes voyages d’affaires un peu trop longs, je leur réponds: «Cela fait partie du métier».

RH – Peut-on vraiment dire que Walla Walla est un désert? Parlez-nous du climat, de l’hydrographie et de sa configuration géographique.

SERGE LAVILLE – En fait, la ville de Walla Walla est un petit oasis au milieu du désert. Toute la verdure de Walla Walla repose sur une irrigation intense. La traduction du mot des amérindiens est «Many Water». Le climat est définitivement désertique. Durand l’été les journées sont ensoleillées, chaudes et sèches, mais les nuits sont fraîches. Nous sommes plus proches du climat de l'Afrique du Nord que de celui de Bordeaux, même si nous sommes sur la même latitude. La vallée de Walla Walla est relativement plate. À l’est, il y a les «Blue Mountains» qui nous apportent un peu de nuages et de brouillard durant les froids hivers. Au nord, ce sont les «Palouse Hills», un paysage ondulant qui a une moyenne de 600 mètres d’altitude. Spring Valley est situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Walla Walla. Au sud, nous sommes déjà en Oregon avec des vignobles plantés sur des terrains caillouteux. À l’ouest, il y a des terres plus froides avec très peu de vignobles.

RH – Présentez-nous le fondateur Uriah Franklin Corkrum et sa femme Katherine, qui ont quitté le Far West pour s’établir à Walla Walla.

SERGE LAVILLE – Uriah était propriétaire d’environ 1214 hectares de terre, dans les années 1900. Comme d’autres fermiers il cultivait le blé. Sa première femme est morte pendant un accouchement. Il épousera Katherine un peu plus tard. C’étaient des pionniers qui probablement ne se plaignaient jamais et travaillaient très dur.

RH – Le ranch de Spring Valley a produit du blé pendant plus d’un siècle. Quand se transforme-t-il en domaine vinicole?

SERGE LAVILLE – La première plantation de vigne date de 1993, avec 1 hectare de Merlot. C’est le début d’une grande histoire. En 1995, 10 hectares seront plantés en Merlot et en Cabernet Franc. En 2000, le vignoble totalise environ 16 hectares et de nouveaux cépages sont ajoutés: Syrah, Cabernet Sauvignon et Petit Verdot. En 2007, le vignoble s’élargit à 26 hectares.

RH – Quelle est la configuration du ranch actuellement, en extension et en production de blé et de raisin?

SERGE LAVILLE – Environ 365 hectares de blé et 45 hectares de raisin.

RH – Avec quels cépages avez-vous commencé à vinifier et quels sont ceux que vous développez présentement?

SERGE LAVILLE – Le premier vin, c’est l’Uriah 1999, un assemblage de Merlot, de Cabernet Franc et de Petit Verdot, qui étaient plantés dans le vignoble. Actuellement, nous travaillons beaucoup le Malbec, la Syrah et le Viognier. D’autres cépages importants du vignoble sont le Cabernet Franc, le Cabernet Sauvignon et le Merlot.

RH – Quel type agriculture préconisez-vous et pourquoi?

SERGE LAVILLE – Nous pratiquons une agriculture durable, mais non biologique. Les vendanges sont uniquement faites à la main, car nous voulons limiter le triturage et les niveaux trop élevés de tanin. Nous pratiquons parfois des vendanges vertes quand cela s’avère nécessaire. J’aime avoir un feuillage intense au-dessus des fruits; cela donne de l’ombre au fruit pendant les longues journées ensoleillées. Par contre, lorsqu’on ne laisse pas des feuilles trop proches des fruits, cela favorise une bonne circulation d’air et évite les maladies.

roger magicien vendanges manuellesVendanges manuelles à Spring Valley 

RH – Vous travaillez votre vignoble avec minutie.

SERGE LAVILLE – Beaucoup de travail est fait à la main. Même si les machines sont de bonne qualité, rien ne remplace l’œil et le cerveau humains. Il ne faut pas oublier que le vin est une relation entre l’homme et la nature, et si nous retirons l’homme et le remplaçons par des machines, le vin perd son âme. Nous avons la même équipe dans les vignes depuis 20 ans. Cette équipe est à l'écoute du vignoble, elle connait parfaitement presque chaque plant de vigne. Notre succès repose sur cette équipe expérimentée qui travaille souvent dans des conditions difficiles. Lorsque je bois un verre de Spring Valley, j’ai toujours une pensée pour ces gens qui restent dans l’ombre.

RH – Quelle est votre philosophie en tant que winemaker, sur les levures, le bois et la chimie?

SERGE LAVILLE – Je suis un traditionaliste et je respecte le travail des anciens. Les techniques modernes de vinification sont primordiales pour les grosses productions de vin et elles permettent d’obtenir une excellente qualité à moindre coût. Mais nous sommes une petite cave et employer ces techniques modernes ne nous permettrait pas de nous différencier des autres. Le but ultime, pour moi, c’est de créer un vin haut de gamme, sur mesure et unique.

Donc, ma philosophie c’est: «Moins d’intervention c’est mieux». Vendanges manuelles uniquement. Pour les fermentations alcooliques nous vinifions soit avec nos propres levures naturelles, soit avec des levures sèches réhydratées qui proviennent d’un vendeur de bonne réputation. Si nous utilisons des activateurs de fermentation; ils sont composés à 100% de levures œnologiques inactivées: c’est une nutrition organique d’origine biologique et non une nutrition inorganique de synthèse chimique.

Le bois est important, mais il ne doit pas dominer. Nous l’utilisons avec précaution. Trop de bois, ou de mauvais bois, peut ruiner nos efforts à créer un vin équilibré. Selon les cépages et le millésime, nos vins contiennent entre 10 et 50% de bois neuf. Tous nos fûts sont français et ont une capacité entre 225 et 500 litres. Aucun copeau de bois ni de poudre de bois n’est ajouté.

Pour la fermentation malolactique, tout est naturel, rien n’est ajouté. Toutes nos fermentations sont faites à température ambiante de cave, rien n’est réchauffé. Les cuves se réchauffent naturellement pendant les fermentations. Il n’y a aucun pompage, tout se fait par gravitation. Les fruits sont éraflés, mais non écrasés. Nous rajoutons une certaine quantité de rafles sur certaines fermentations et certains cépages pour aider les levures. L'acidité sur tous nos vins est naturelle, sans aucune addition d’acide. Pas de rajout d’eau non plus, ni d’addition de sucre, de tannins, de couleur ou d’autres choses. Pas de collage, ni de filtration pour les rouges. Nous ne filtrons que les blancs et les rosés.

Le pigéage se fait à la main 2 fois par jour, et l’ouillage de toutes les barriques, une fois par semaine. Les fermentations malolactiques finissent généralement en janvier dans un cellier à peine chauffé. Tout est très lent, si l'on compare notre méthode de travail aux vins industriels. Notre procédé est lent, difficile et coûteux, mais nous sommes dans le haut de gamme.

roger magicien equipe chaiL’équipe au chai: Kate Derby, Allan Crum et Serge Laville 

RH – Vous avez apporté aux vins de Spring Valley une touche très française dans l’élégance et la finesse, laissant de côté l’opulence et la puissance propre aux vins de climat chaud. Bien que Bourguignon, n’imprimez-vous pas une griffe plutôt bordelaise à vos vins?

SERGE LAVILLE – Vous êtes un bon dégustateur. J’ai été très influencé par les vins de Bordeaux. Grâce à la cave de mon grand-père, et plus tard à mes propres finances, j’ai eu l’occasion de goûter presque tous les grands Bordeaux, du millésime 1955 à 1995. Donc c’est vrai, ma palette est influencée surtout par les vins de Bordeaux. De plus, à Spring Valley, nous nous focalisons surtout sur des assemblages à base de cépages bordelais. Voilà pourquoi votre remarque est correcte: il y a beaucoup d’influence bordelaise dans nos vins.

RH – Combien de sortes de vins produisez-vous actuellement?

SERGE LAVILLE – Une dizaine: Le seul blanc, c’est le Viognier, 1er millésime en 2016, environ 200 caisses.

Nous avons un rosé de Cabernet Franc avec peu d’alcool, 11,5% alcool, 1er millésime 2016, 200 caisses.

L’Uriah est un assemblage à base de Merlot et de Cabernet Franc, 1er millésime 1999, environ 3000 caisses.

Le Frederick est un assemblage à base de Cabernet Sauvignon, 1er millésime 2001, environ 3000 caisses.

Le Katherine est généralement 100% Cabernet franc, 1er millésime 2007, 600 caisses.

Le Sharilee 100% Petit Verdot, 1er millésime 2010, 200 caisses.

Le Muleskinner 100% Merlot, 1er millésime 2001, 400 caisses.

Le Derby 100% Cabernet Sauvignon, 1er millésime 2001, 400 caisses.

Certaines années, nous produisons un Malbec, 1er millésime 2014, 200 caisses, et une Syrah avec moins d’alcool et beaucoup de rafle, un peu dans le style de Côtes du Rhône, 1er millésime 2014, 200 caisses. Voilà, nous sommes occupés.

RH – Quelle est votre production, en nombre de bouteilles?

SERGE LAVILLE – Environ 10 000 caisses par an, soit 120 000 bouteilles

RH – Quels sont vos principaux marchés étrangers?

SERGE LAVILLE – Très peu d’exportation. Nous sommes distribués au Canada et au Royaume-Uni. Les volumes sont encore petits.

RH – Lorsque Spring Valley Vineyard est venu intégrer le groupe Ste Michelle Wine Estates en 2005, est-ce que cela s’est bien passé?

SERGE LAVILLE – Le partenariat avec le groupe Ste Michelle est fantastique. Le groupe ne «touche pas» à cette perle. Tout reste intact: mêmes employés, même philosophie, très peu de changements et beaucoup d’investissement et d'amélioration. Je suis encore impressionné par ce groupe. Ce sont des leaders, quand on parle de rapport qualité-prix. Le groupe fait extrêmement attention à conserver les différences entre chaque cave et ne veut surtout pas se retrouver à vendre un même produit sous différentes étiquettes, ce qui serait contraire à leur philosophie et à leur prestige. Jamais un de mes supérieurs ne m’a dit ce que je devais faire. Ils sont là pour nous aider en cas de pépin, mais préservent par-dessus tout notre indépendance. Pour preuve, goûtez nos vins; ils sont totalement différents de ceux des autres caves.

RH – L’esprit de famille et des traditions semblent avoir été toujours très forts chez les Corkrum; il suffit de lire les étiquettes des vins.

SERGE LAVILLE – Oui, c’est très important pour Dean et Shari. Le respect des ancêtres et leurs efforts, le respect des terres que les générations passées ont cultivées. Mon assistante Kate Derby Raymond est une de leurs petites filles. Elle apporte la touche familiale féminine dans l'équipe plutôt masculine. Elle a développé une excellente palette, connait les vins à la perfection et aide aux nombreuses tâches: travail de cave, traçabilité, relations publiques… Nous sommes une petite équipe et l’ambiance est parfaite. C’est très important pour le produit final, si les employés sont heureux dans leur travail. Je considère que j’ai réussi mon devoir de manager et je peux vous assurer que les vins sont probablement meilleurs grâce au bon moral des troupes.

RH – J’aimerais que nous dégustions ensemble cinq de vos vins les plus représentatifs, en commençant par: Spring Valley Vineyard Uriah Walla Walla Valley 2014, 56% Merlot, 48% Cabernet Franc, 4% Petit Verdot, 2% Malbec, 14,3o d’alcool. L’étiquette exhibe le portrait du fondateur.

roger magicien uriah

SERGE LAVILLE – C’est un assemblage de Merlot-Cabernet franc. Le premier millésime date de 1999. C’est le vin le plus difficile à produire. Les quantités varient en fonction des millésimes, car le Merlot est très sensible au froid (perte de rendement dans les années de gel) et surtout au chaud (qualité médiocre pendant les vendanges trop chaudes). Nous passons énormément de temps sur cet assemblage, et je dois dire que ce vin bénéficie des meilleurs lots de Merlot et de Cabernet Franc. Nous utilisons les lots les plus complexes avec un maximum de caractéristiques des cépages et du terroir. Nous essayons également de le bâtir pas trop fort en alcool. Ce vin est généralement assemblé avec beaucoup de parcelles de vignes plantées entre 1995 et 2001. Élevé 18 mois en fût de chêne de 225 litres.

RH – Magnifique robe rouge profond, avec des reflets d’améthyste. Bouquet très gourmand de cassis, de cerise rouge, de framboise et de fraise, un soupçon de violette et de pruneau, un deuxième nez apporte des épices douces: cardamone, cannelle, et même un peu de cuir.

En bouche, c’est un vin ample, avec une texture onctueuse, des tanins soyeux, une acidité agréable apportée par la fraicheur du Cabernet Franc. Une finale légèrement épicée qui caresse avec élégance. Un vin de longue garde qui sera à son meilleur en 2022.

Quels mariages proposez-vous avec ce vin, suggérez-vous de le carafer et à quelle température aimez-vous le servir?

SERGE LAVILLE – Le Canard et l’agneau rôti accompagnent parfaitement ce vin. Ouvrez la bouteille quelques heures avant le repas, et servez-le à environ 16-17 degré Celsius.

Le Spring Valley Vineyard Uriah Walla Walla Valley 2014 n’est pas disponible au Québec pour le moment.

RH – Je suggère que nous dégustions maintenant votre Spring Valley Vineyard Katherine Corkrum Walla Walla Valley 2013, 100% Cabernet Franc, 14,1o d’alcool. L’étiquette montre le portrait de la seconde épouse du fondateur.

roger magicien katherine corkrum

SERGE LAVILLE – Le premier millésime date de 2007. Je revenais d’un voyage en France, dans le village de Chinon, en Val de Loire. L'appellation Chinon est 100% Cabernet Franc. La qualité du Cabernet Franc à Spring Valley a toujours été excellente. Il me restait quelques barriques non utilisées après avoir fait tous les assemblages. Un petit coup de fil au boss et voilà, nous avons créé une nouvelle étiquette.

Ce vin est surtout assemblé avec des parcelles de vignes plus jeunes, plantées en 2007. Nous voulons beaucoup de fruit avec une touche de verdure. Nous élevons ce vin 18 mois en fûts de 225 et 500 litres avec un minimum de bois neuf.

RH – Robe rouge foncé, reflets violets. Bouquet de feuille de cassis froissée, de framboise, de fraise, de violette, et une touche de réglisse et de poivre.

Ample et onctueux en bouche, charnu, souple, élégant, bien balancé, des tanins abondants mais fins, une matière fruitée riche. Une longue finale extrêmement gourmande. Un vin de longue garde qui sera à son meilleur en 2020.

Quels mariages proposez-vous?

SERGE LAVILLE – Il est parfait avec la charcuterie, le saucisson en brioche, des fromages avec du pain de campagne. On doit le servir à environ 15-16 degré Celsius. Ouvrez les bouteilles quelques heures avant de servir.

Spring Valley Vineyard Katherine Corkrum Walla Walla Valley 2013 est disponible en IP chez Galleon, code 102744QC-STK. Prix 89$ la bouteille de 750 ml, en caisse de 6.

RH – Dégustons maintenant le Spring Valley Vineyard Frederick Walla Walla Valley 2013, 80% Cabernet Sauvignon, 10% Cabernet Franc, 10% Merlot, 14,4o d’alcool. Frederick, c’est Frederick Corkrum, le deuxième fils d’Uriah et de Katherine, très attaché à sa famille, à sa ferme, et passionné de football.

roger magicien frederick

SERGE LAVILLE – Le premier millésime est le 2001. C'est un vin plus angulaire et musclé. Définitivement un vin de garde. Nous essayons toujours de mettre un maximum de Cabernet Sauvignon dans cet assemblage, cela varie de 55% à 80%, selon le millésime. Après nous essayons d'inclure du Merlot et du Cabernet Franc et de trouver le bon équilibre. C'est un vin plus impressionnant que l 'Uriah, mais je pense que l 'Uriah est plus complexe, surtout avec un bon accord avec les mets.

RH – Robe rouge foncé, belle et sombre. Bouquet de cassis, de cerise noire, d’épices, de cèdre et de poivron vert. On remarque aussi des notes de réglisse, de moka et de boîte à cigares.

En bouche c’est un vin ample, puissant, avec des tanins abondants mais veloutés, une masse fruitée et agréable qui est accompagnée d’une jolie fraîcheur. Une très longue finale savoureuse. Il sera à son zénith vers 2023.

Quels mariages proposez-vous?

SERGE LAVILLE – C'est une bonne idée de carafer ce vin puissant. Il se marie très bien avec le bœuf, les plats en sauce, le filet mignon. Servez-le entre 16 et 18 degrés.

Spring Valley Vineyard Frederick Walla Walla Valley a obtenu le 39e rang lors du classement 2017 du TOP 100 du Wine Spectator.

Il est disponible à la SAQ, code 13221617, en Spécialité par lots, Espace cellier. Prix 80$.

RH – Dégustons maintenant le Spring Valley Vineyard Nina Lee Walla Walla Valley 2012, 100% Syrah, 14,5o d’alcool.

Remarquons que les vins hommage aux hommes de la famille sont souvent des vins d’assemblage et les vins hommage aux femmes sont plutôt des monocépage.

Nina Lee Moore a été l’épouse de Frederick. C’était une artiste, danseuse de vaudeville, qui s’est produite dans les théâtres du nord-ouest du Pacifique. Frederick la remarque en 1928 et l’épouse l’année suivante. On dit que ce fut un mariage heureux.

roger magicien nina lee

Robe rouge intense, reflets de saphir. Bouquet de violette, de myrtille, de cassis, de cerise noire, de mûre, de cacao, de poivre et de vanille.

Ample et fruité en bouche, avec des tanins soyeux, un bel équilibre entre l’acidité et l’alcool. Une finale longue et fraîche. Un vin avec beaucoup de charme et d’élégance. Il a de belles années devant lui.

Quels mariages proposez-vous?

SERGE LAVILLE – Il faut le carafer. Nous sommes sur une année très concentrée, avec beaucoup de tannins. Servez le relativement frais entre 15 et 16 degrés pour que l'alcool ne domine pas.

Il se marie très bien avec la viande de gibier ou un bon méchoui, car ce vin aime l’agneau rôti à la broche, sur les braises d'un feu de bois.

Spring Valley Vineyard Syrah Nina Lee, millésime 2012 est disponible en IP chez Galleon, code 102186QC-STK. Prix 90$ la bouteille de 750 ml, en caisse de 6.

RH – Nous allons finalement déguster le merveilleux Spring Valley Vineyard Derby Walla Walla Valley 2015, 100% Cabernet Sauvignon, 14,5o d’alcool. Le nom de Derby s’est incorporé au domaine des Corkrum lorsque Dean Derby a épousé en 1954, Shari, petite-fille d’Uriah Corkrum, le fondateur. Il est très important dans l’histoire du domaine, car c’est Dean qui y a implanté la vigne en 1993.

roger magicien derby

SERGE LAVILLE – Premier millésime en 2001; l'idée c'était de faire un monocépage de Cabernet Sauvignon, un vin de longue garde. Nous sélectionnons toujours le plus beau lot de Cabernet Sauvignon. Pas le plus impressionnant, mais le plus équilibré, pas trop tannique, et nous recherchons une grande longueur de bouche et des arômes puissants. Le vin passera 20 mois en fûts de 225 litres, dont 50% neufs. Ce vin comporte les raisins d’un lot situé à 600 mètres d'altitude, qui est vendangé très tard. Nous limitons cette étiquette à 400 caisses par an, soit 4800 bouteilles.

RH – Robe rouge intense, avec un cercle bleuté. Arômes mûrs de cassis et de cerise noire, mais aussi de cèdre et d’épices. Un second nez nous dévoile des notes de réglisse, de moka et de vanille.

En bouche c’est un vin ample, généreux, puissant, avec des tanins très intéressants, une belle fraîcheur; la masse fruitée et épicée est gourmande. Une très longue finale.

Un vin de gastronomie qui va se conserver au moins jusqu’en 2027.

Quels mariages proposez-vous?

SERGE LAVILLE – Pour moi il est parfait avec un canard à l'orange, des paupiettes de veau, des plats en sauce. Il faut le carafer à l'avance si possible. Servir frais, à 15 ou 16 degrés.

Spring Valley Vineyard Derby Walla Walla Valley n’est présentement pas disponible au Québec.

RH – La production de vins aussi exceptionnels vous demande, je suis sûr, énormément de temps, de surveillance et de patience. Avez-vous encore le loisir de pratiquer la photographie ou d’avoir d’autres occupations?

SERGE LAVILLE – Oui, je passe la plupart du temps à travailler, mais en même temps, je vous l'ai dit, il ne faut pas compter les heures, dans ce métier. C'est de la haute couture, il faut prendre son temps, ou faire autre chose. Si vous décidez de travailler vite (surtout pendant les vendanges), vous pouvez faire de bons vins, mais jamais des vins exceptionnels. Il faut choisir quantité ou qualité. Il est très rare de pouvoir faire les 2 à la fois.

J'ai une très bonne équipe qui m'épaule. Kate a joint l'équipe en 2011 et Allan Crum en 2014. Ils font tout le travail de cave. Ce sont des gens passionnés comme moi. Je leur donne une bonne marge de manœuvre, car c'est très important d'avoir une équipe soudée. Je ne veux pas qu'ils viennent au travail sans enthousiasme. Je veux qu'ils soient motivés; c'est comme cela que l'ont fait des vins supérieurs, avec une équipe gagnante.

Il y a toujours des moments de l'année où les vins demandent un peu moins d'attention. Entre les mises en bouteilles et les vendanges, c'est un peu plus calme et là j'en profite pour m'occuper de mes voitures anciennes (allemandes et irlandaises des années 1970 à 1985), j'adore travailler le bois aussi et m'occuper du jardin potager. Et puis il y a de très bons drones pour faire de la photographie sur le marché, maintenant. Je n'ai pas pu résister à en acheter un, mais je suis très content de travailler dans le vin, car presque tout le monde peut aujourd’hui faire mon ancien métier de photographe avec un minimum d'investissement.

RH – Merci, Serge Laville, de m’avoir accordé cette entrevue.

SERGE LAVILLE – Merci Roger, ce fut un plaisir de vous rencontrer. Vous posez de très bonnes questions, et j'aime la façon dont vous décrivez nos vins. Vous avez du talent.

Liens: 

Spring Valley Vineyard Estates 

Représentés au Québec par Vins Philippe Dandurand
1304, avenue Greene, Westmount (Québec) H3Z 2B1 

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514 932-2626, poste 226
Cell. 514-242-6907 

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Galleon est une branche de Vins Philippe Dandurand
514 932-2626
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Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
Président du Club des Joyeux
SamyRabbat.com
LaMetropole.com
Touristica.ca

À Limoux, le carnaval dure 4 mois, c’est le plus long du monde. Le Crémant et la Blanquette coulent à flots. Les Limouxiens et les Limouxiennes sont les rois et les reines de la fête.

Limoux revendique la paternité de la première bulle au monde. Il faut dire que les vins mousseux étaient connus dans l’ancienne Grèce et à Rome, mais le secret de leur fabrication s’était perdu. C’est à la toute fin du règne de François Ier que les Bénédictins de l’Abbaye de Saint Hilaire, voisine de Limoux, produisirent le premier vin effervescent de France, en 1531.

La Blanquette et le Crémant de Limoux sont faits par la méthode traditionnelle. Ce qui diffère, c’est sa composition. Pour élaborer la Blanquette de Limoux, il faut au minimum 90% de Mauzac, c’est la règle d’or. On peut ensuite ajouter du Chardonnay ou du Chenin, les deux autres cépages autorisés par l’appellation AOC Blanquette de Limoux. Le vin doit vieillir au minimum 9 mois.

Le Crémant de Limoux doit contenir majoritairement du Chardonnay et peut être complété par du Chenin, du Mauzac et du Pinot Noir. C’est le Chardonnay et le Chenin qui lui apportent sa grande vivacité. Il doit vieillir au minimum 12 mois.

Sieur d’Arques Première Bulle Bio, Appellation Crémant de Limoux, 74% Chardonnay, 14% Chenin blanc, 9% Pinot noir et 3% Mauzac, 12,5o d’alcool, contient 7,5 grammes de sucre résiduel au litre.

Proches des Pyrénées, les sols du Limousin sont argilo-caillouteux. En été, les jours sont chauds et les nuits fraîches. Sieur d’Arques pratique l’agriculture biologique dans une partie de leur vignoble et l’agriculture durable et responsable dans l’ensemble des 205 viticulteurs adhérents au groupe.

Les vendanges sont effectuées manuellement. Le vin est élevé en bouteilles sur « lattes » et conservé dans des caves souterraines pendant deux à trois ans.

roger limoux premiere bulle bio

Robe jaune paille avec des reflets émeraude. Des petites bulles persistantes qui viennent jouer avec nos lèvres, notre langue, notre palais, et qui nous chatouillent jusqu’au fond de notre gorge. Bouquet de tilleul et d’aubépine, de pomme verte, de poire, de miel d’acacia, de fruits confits, de citron et de coing.

En bouche c’est un vin ample et gras, vif, avec une acidité rafraichissante, beaucoup de minéralité. Des arômes très fins de coing, de fruits exotiques et une longue finale gourmande.

Cette Première Bulle bio est une joie infinie lorsque dégustée sur une terrasse l’été, à cause de sa grande fraîcheur. C’est aussi une merveille avec un plateau d’huitres, avec des fruits de mer, mais elle est aussi tout à fait indiquée pour les spécialités du Limoux, dont je vous fais ici une brève description:

Le pebradó, un gâteau apéritif à pâte torsadée, agrémentée de poivre.

L'artichaut au foie salé.

Le canard à la limouxine, préparé dans une sauce au safran aux grains d'ail entiers.

La fricassée de Limoux à base de porc, servie avec sa garniture de haricots blancs et de couenne.

Le limos, une couronne briochée des rois.

Les pescalhos, qui sont des crêpes cuites dans une friture d'huile.

Le nougat mou de Limoux d'amande et de miel.

Je suggère de toujours servir ce crémant à 7 °C. On peut le garder en cave jusqu’à cinq ans.

Sieur d’Arques Première Bulle Bio est disponible à la SAQ, code 13533261 Prix. 19,95$. 

Toques et Clochers, une idée géniale 

Toques et Clochers est une vente aux enchères caritative dont une partie des bénéfices va à la rénovation des 42 clochers des villages de l'aire d'appellation Limoux, contribuant ainsi à la préservation du patrimoine historique et architectural local.

Chaque année, un village de l'appellation est sélectionné pour accueillir la fête populaire rassemblant près de 30 000 personnes et célébrer la rénovation de son église.

roger clochers restaures

LIENS : 

Sieur d’Arques 

La fête des Toques et Clochers

Représenté au Québec par Vins Philippe Dandurand
1304 ave Greene, Westmount (Québec) H3Z 2B1
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Tél.: 514 932-2626, poste 316

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Tél.: 514 932-2626, poste 228 

Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
Président du Club des Joyeux
SamyRabbat.com
LaMetropole.com
Touristica.ca

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