mardi 2 juin 2020
Olivier de Maisonneuve

Olivier de Maisonneuve

Diplômé sommelier-conseil de l’Université du vin de Suze-La Rousse, en France, j’ai commencé mon apprentissage du monde vinicole en suivant les cours Les Connaisseurs de la SAQ. Aujourd’hui, j’en suis devenu un animateur! Chroniqueur vins et alcools dans diverses publications, dont le magazine Fugues, je parcoure la planète pour mettre images et visages sur ces produits qui me font vivre tant d’émotions.

samedi, 11 avril 2020 18:13

Olivier Le Sommelier Capsule #14

Une capsule pour boire local à Pâques! Un super montage de Danny Giroux.

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Sommelier-conseil
VINS CONSEIL
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Animation de dégustation de vins à votre domicile ou en entreprise
Cell.: 438 881-7276

vendredi, 31 janvier 2020 14:01

Montréal Passion Vin 2019

Pour contrer le blah de l'hiver et l'avalanche de grands titres moroses, voici un retour sur un évènement porteur d'espoir. Quelle belle 18e édition de cet évènement qui, sous des atours glamour et luxueux, a d'abord et avant tout un objectif aussi noble qu'essentiel : faire avancer la recherche dans le domaine porteur d'espoir de la thérapie cellulaire. L'hôpital Maisonneuve-Rosemont, sous sa désignation d'Institut universitaire en hémato-oncologie et thérapie cellulaire, après des décennies de recherches, a acquis une réputation internationale dans l'utilisation des cellules-souches pour traiter avec moins d'effets secondaires et une plus grande efficacité certains cancers et d'autres maladies réputées incurables. On a aussi, enfin, des pronostics fort encourageants pour venir à bout du diabète, de certaines maladies rénales, et même de l'Alzheimer!

Tout ça demande beaucoup d'investissement, et c'est là qu'intervient Montréal Passion Vin.

Gens d'affaires, professionnels de la santé et les plus prestigieux domaines vinicoles du monde se rencontrent chaque année pour partager des moments privilégiés et amasser en même temps des sommes cruciales pour l'aboutissement de ces recherches. Deux jours de dégustations, de banquets et d'encans de lots de rêve proposés indéniablement à une certaine élite, mais dont les recettes permettent de rêver du jour où le diagnostic de ces horribles maladies ne sera plus aussi funeste pour bien des gens.

Cette 18e rencontre a réuni les maisons vinicoles suivantes : Champagne Laurent-Perrier, Domaine Laroche, Maison Champy et Domaine de la Vougeraie (Bourgogne), Trimbach (Alsace), Château Haut-Brion, Château Pichon Longueville, Comtesse de Lalande (Bordeaux) et Luciano Sandrone (Piémont).

Cette année, j'ai eu le plaisir de vivre une thématique bordelaise, coanimée de main de maitressse par Nadia Fournier, et en voici un petit aperçu.

olivier mpv3

D'abord une rencontre avec M, Jean-Philippe Delmas, du Château Haut-Brion. Il est la 3e génération de Delmas qui travaille à la signature de ces vins emblématiques du domaine. On a commencé la dégustation avec un Clarence 2010 et un 2009. Le Clarence est considéré comme le second vin de la Maison. La différence la plus grande avec le Grand Vin, c'est le pourcentage de barrique neuve; sinon il est travaillé avec autant de soin que ce dernier. J'ai eu beaucoup de plaisir à déguster le 2010, avec son nez qui alternait sans cesse entre la boite en cèdre rouge et le cassis noir, et sa bouche complexe qui se redéfinissait de minute en minute.

Puis, l'échange d'anecdotes et de technicalités intéressantes s'est poursuivi en savourant quelques millésimes du Château Haut-Brion : 2008, 2005, 2003 et 1998. J'avoue que 1998 m'a particulièrement marqué. Wow, quel moment de grâce! Un nez somptueusement floral et boisé, tout en finesse. Mais la bouche, mes ami(e)s... la bouche! Une merveille d'équilibre et de longueur, mais surtout encore des arômes de fruits frais plutôt que cuits. Quelle délicieuse fraîcheur.

olivier mpv2

Au-delà des vins, j'ai aussi apprécié une précision qu'a apportée M. Delmas. Bien sûr, pour permettre au terroir de s'exprimer le plus précisément possible, il faut une vision environnementale qui respecte au maximum cet écosystème. Le vignoble n'est pas certifié bio, car le cuivre recommandé pour les traitements éventuels, laisse trop d'empreinte dans le sol. Donc, le domaine travaille à trouver une alternative pour qu'éventuellement il n'y ait plus d'intrants dans le vignoble.

Ma deuxième rencontre-dégustation m'a fait connaître Nicolas Glumineau, le directeur général de Château Pichon Longueville, Comtesse de Lalande, un prestigieux domaine de Pauillac qui appartient à la Maison Roederer depuis 2007. C'est un vin qui avait la réputation d'être plus féminin, ayant vu plusieurs femmes liées à son histoire, et probablement surtout à cause de sa proportion de merlot plus élevée que chez ses voisins. Ici aussi, on recherche la mise en valeur des particularités d'un terroir d'exception. Signe des temps, en cette ère de réchauffement climatique, on accorde de plus en plus de place au cabernet sauvignon, et on est en conversion vers une culture en biodynamie. Autre fait intéressant, on explore l'impact qualitatif des différents porte-greffes; une tendance qui se voit de plus en plus dans plusieurs pays.

olivier mpv1

J'ai d'abord savouré deux Réserves de la Comtesse, soit le 2010 et le 2014. Le 2014 m'a séduit, surtout avec ses parfums aussi boisés que floraux, et une bouche d'une complexité remarquable. Puis on a été gâtés avec quatre millésimes de Comtesse de Lalande : 2014, 2009, 2005 et 1995. Encore une fois, même en jeunesse, le 2014 était aussi accessible que savoureux. Un régal et un super plaisir, tant au nez qu'en bouche. Le 2005 était un vrai tourbillon de sensations fortes. Ample et soyeux à la fois, il ne cessait de s'épanouir en bouche avec une myriade de parfums. Riche et frais, c'est un vin très sensuel. Le 1995 m'a aussi fait voyager. Un vin très dense et organique qui semblait vibrer de vitalité dans ma bouche. Difficile à expliquer, mais c'était toute une expérience sensorielle. Un vin qui a encore de bonnes années devant lui, en tout cas.

olivier mpv4

Voilà, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter d'avoir la chance de découvrir ces domaines qui font rêver, et qui sait, de pouvoir assister à une de ces rencontres mémorables lors de la prochaine édition de Montréal Passion Vin, qui se tiendra les 13 et 14 novembre prochains. De grands moments pour de grandes avancées médicales, qui nous rapprochent à chaque édition du jour où ces terribles fléaux ne seront plus aussi destructeurs.

olivier mpv

 

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Sommelier-conseil
VINS CONSEIL
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Animation de dégustation de vins à votre domicile ou en entreprise
Cell.: 438 881-7276

Une vidéo humoristique de dégustation de vodka Dirty Devil. 

Un montage de feu de Danny Giroux! J'ai acheté la chanson sulphureuse Quand je fais l'amour,de Pier Béland, pour vous la faire connaitre. Je n'ai pas les droits de cette chanson.

Merci au sympatique François Tremblay, de St-Lucifer des Laurentides, pour les accessoires, pour cette vodka et la recette du Dirty Dirty Martini! :)

Chaîne YouTube d'Olivier le Sommelier

Disant avoir été marqués par le documentaire d'Al Gore, An inconvenient truth, plusieurs intervenants se sont réunis pour le colloque Tasting climate change, organisé par la sommelière Michelle Bouffard, le 12 novembre dernier. Des intervenants venus des deux côtés de l'Atlantique, bien conscients de l'empreinte carbone que laisse l'industrie viti-vinicole, et qui espèrent que cette prise de conscience puisse être porteuse de solutions pour la minimiser. Voici quelques moments de cette journée que j'ai trouvés particulièrement intéressants.

olivier Karel MayrandJ'ai été très impressionné par l'exposé de M. Karel Mayrand, président de la Fondation David Suzuki pour le Québec et le Canada Atlantique. En des termes clairs et avec des graphiques explicatifs précis, il a su démontrer que nous n'étions plus dans une période d'hypothèses, mais dans une ère de conséquences. Il y a d'ailleurs une des statistiques qui m'a fait réfléchir : en 1945, il y avait environ 2 milliards d'humains; en 2050 on devrait être environ 9 milliards. Déjà là, on comprend que ça va avoir un impact important, juste par la place que ce nombre de personnes va prendre, mais au-delà de ça, ce qui a changé, c'est que ce nombre consomme beaucoup, et beaucoup plus que ce qui se consommait en moyenne en 1945, par exemple. L'activité humaine produit beaucoup trop de CO2, ce qui entraine une augmentation de la température, avec les conséquences qu'on voit de plus en plus clairement. Il va y avoir forcément une limite aux dommages que la planète peut subir avant de devenir hostile à l'humanité. D'après les récents modèles, il faudrait idéalement réduire globalement la pollution et la production des gaz à effets de serre d'ici 2030, afin d'atteindre la neutralité de notre empreinte carbone en 2050. Ça vient vite, il me semble!

Au-delà du rêve de l'abandon rapide des énergies fossiles, l'essor des énergies éoliennes et solaires est porteur d'espoir. L'installation de panneaux solaires dans plusieurs domaines vinicoles a déjà permis de réduire de manière significative l'impact environnemental qu'ils avaient. Un autre vecteur d'espoir, c'est la récente mobilisation citoyenne à travers le monde, et surtout la voix de la jeunesse qui est préoccupée par l'héritage qu'elle aura à gérer si les actions nécessaires ne sont pas faites à temps. M. Mayrand a conclu en disant qu'il va falloir que tout un et chacun, on comprenne et accepte qu'il y a des changements d'habitudes qui vont devoir se faire pour pouvoir profiter harmonieusement et durablement de notre vie sur notre planète. Ouf! Ça commence raide un mardi matin! Mais j'ai bien aimé le fait que ce n'était pas dit de façon moralisatrice ou avec un ton de prophète de malheur. Il nous a bien expliqué pourquoi l'alarme a été sonnée par la communauté scientifique, et maintenant il va falloir voir comment notre industrie peut-veut faire sa part, pour faire partie de la solution.

olivier Eric JorgensParmi les autres intervenants qui sont venus nous parler, il y avait Eric Jörgens, qui est en charge du développement des affaires pour l'est du Canada, pour la compagnie de transport Hillebrand. Une compagnie qui transporte entre autres du vin depuis le 19e siècle. J'ai appris par lui que le transport maritime rejetait beaucoup de souffre, un autre pollueur funeste, en utilisant du carburant moins raffiné pour sauver des sous. Mais dans cette industrie aussi, la prise de conscience est faite, et il y a depuis peu un Clean Cargo Act, et le Protocole de Porto, qui propose des étapes pour changer la machinerie des navires et l'utilisation d'énergie plus propre. Mais il faudra vraisemblablement attendre une trentaine d'années avant que la flotte mondiale soit changée. En attendant, l'entreprise propose une gestion des routes pour acheminer le vin le plus écologiquement possible. Il reste à sensibiliser les joueurs comme la SAQ et la LCBO sur ces possibilités, et leurs implications monétaires et de planification des délais de livraison.

Ensuite, des personnalités du domaine du vin se sont succédées pour nous raconter un peu, comment ils comptaient faire une différence avec des actions concrètes pour limiter, voire éliminer leur empreinte carbone. On a eu ainsi la chance et le plaisir d'entendre M. Miguel Torres d'Espagne et Mme Katie Jackson (Jackson Family Wines) de Californie, qui font partie des International Wineries for climatic actions, un regroupement de domaines vinicoles qui partagent des objectifs et des outils pour fonctionner le plus sainement possible, et pour s'assurer un avenir. Ça va de l'énergie verte à la gestion de l'eau, de la gestion du végétal à la reforestation, et à la sélection de terres en plus haute altitude. Ces domaines, pour la plupart familiaux, ont pour objectif une réduction de leurs émissions de 50% d'ici 2030, et de 80% d'ici 2045! M. Torres nous a aussi dit qu'il aimerait bien que pour les vins de consommation courante, on utilise globalement des bouteilles standardisées qui seraient à remplissages multiples, qu'on pourrait réutiliser cinq ou six fois. Il aimerait que ça commence bientôt en Europe et en Amérique.

olivier torres jackson

olivier Jose VouillamozJ'ai aussi été interpelé par la présentation de M. José Vouillamoz, un biologiste ampélographe Suisse, qui étudie l’ADN de divers cépages, bref un généticien du raisin. Après un exposé sur les conséquences de l'augmentation de la température, (comme la possibilité que la région de Beaune ne soit plus propice à la culture du Pinot noir!), et l'importance du choix des porte-greffes, il a parlé de l'importance de trouver et de recultiver les anciennes variétés qui ont su traverser les siècles dans les diverses régions.

Il a surtout osé parler de ce nouvel instrument scientifique le CRISPR-Cas9 qui permet (un peu comme Photoshop pour une image sur votre ordi) de faire de l'édition au niveau cellulaire et ainsi éliminer des gènes non désirables, rendant ainsi la plante résistante aux maladies, et pouvant même améliorer les arômes. On a déjà réussi à régénérer des vignes atteintes par le botrytis!

Le plus grand danger avec cette technique, c'est l'érosion du matériel génétique, ce qui fait dire au chercheur que la biodiversité demeure un élément essentiel pour l'avenir. Je ne peux aussi que me demander où est la ligne entre édition génétique et modification génétique? D'autant plus que cet outil est également testé présentement en médicine. Quand la science-fiction rejoint la réalité... que sommes-nous prêts à accepter moralement? Voilà la question qui m'intrigue et me hante depuis cette conférence.

Et vous, qu'en pensez-vous?

Je viens de faire un voyage de presse en Roumanie, et j'ai encore des soubresauts d'images et de sensations qui se manifestent inopinément et spontanément dans ce quotidien que j'ai réintégré. Des situations, ou des dégustations, qui me ramènent soudainement à un moment de ce voyage qui n'a pas encore fini de me marquer. Un voyage pas mal unique, d'abord à cause des produits que j'ai découverts, bien sûr, mais aussi parce que j'ai eu la chance de connaître des collègues plus en profondeur (ce qu'on n'a pas toujours le temps de faire dans ces voyages), et un pays, (et une industrie) qui n'a pas fini de mettre les pièces de son casse-tête en place. C'est super intéressant et quelque peu déstabilisant d'essayer de comprendre quelque chose qui est toujours sur la table à dessin. Tout bouge encore, mais vers quoi? Voici quelques facettes de ce puzzle...

Au niveau statistique, il y a des données surprenantes. La Roumanie se retrouve autour du 10e rang des pays producteurs de vin dans le monde, et du 6e en Europe! Les Roumains sont aussi de grands consommateurs de vin; ils occupent la 14e place dans le monde. Leur viticulture remonte à environ 6000 ans. Faire du vin à la maison est assurément dans leurs gènes. C'est à la fois une grâce, parce que la culture du vin est bien présente dans les mœurs, et un obstacle pour l'industrie, parce que c'est plus difficile de vendre quelque chose que bien des Roumains autoproduisent. D'après ce que j'ai compris, ils achètent pour les grandes occasions et les mariages, mais pas spontanément pour le quotidien. D'où l'attrait pour l'export. Mais retournons en arrière un moment.

Comment expliquer qu'avec une histoire millénaire, on ne connaisse pas davantage les vins roumains?

Comme plusieurs j'imagine, j'avais la tête remplie de vagues notions folkloriques sur la Roumanie, mais j'ai appris avec surprise que c'est un très jeune pays. Le territoire géographique existe depuis longtemps, mais il était morcelé en diverses principautés et constamment l'objet de convoitise de ses puissants voisins. Ce n'est qu'au 19e siècle, (comme nous, avec le Canada!) qu'on voit l'union de deux régions, la Moldavie et la Valachie, pour former une première Roumanie. Et c'est au 20e siècle qu'elle prendra la forme qu'on lui connait. Donc, même si pas mal chaque région cultivait la vigne, il n'y avait pas d'unité territoriale pour identifier un vin roumain. Une exception importante est le Grasa de Cotnari, un vin liquoreux, qui connut autant de gloire que le Tokaj de Hongrie ou le vin de Constancia d'Afrique du Sud. Deux épisodes majeurs ont aussi mis à mal la viticulture locale : le phylloxera, qui entrainera une première plantation de cépages français, et l'ère communiste, qui remplacera typicité par productivité.

Depuis la fin du régime communiste en 1989, l'État, propriétaire de facto, reçoit les demandes de restitution des terres des citoyens, mais retrouver et fournir les preuves de propriété sur celles-ci est toute une épreuve administrative, et ça ralentit le processus de reconstitution du vignoble roumain. Il faut aussi rebâtir un lien de confiance envers les institutions, qui furent souvent entachées de corruption. Évidemment, l'entrée dans l'Union européenne a apporté des capitaux d'investissements qui permettent une modernisation bien nécessaire, et une expertise externe qui permet une production et une commercialisation plus efficaces. Cette efficacité, qui a mené aux statistiques que je mentionne plus haut, me semble toutefois une arme à deux tranchants.

D'un côté, ce réservoir de production a permis d'approvisionner à bon prix plusieurs clients de grandes surfaces, comme les supermarchés britanniques, qui les proposaient sous leur marque maison. Mais ceci peut donner aux consommateurs l'idée que les vins roumains sont surtout des vins d'entrée de gamme, plutôt génériques, peut-être, et lorsqu'on veut ensuite proposer des vins dits premiums, il est plus difficile de les vendre à leur juste valeur. Le chemin est plus long, comme le Chili et l'Argentine peuvent en témoigner.

Aujourd'hui, on retrouve environ 150 producteurs en Roumanie, dont seulement cinq d'une taille considérable. On a une bonne délimitation des zones de production et des appellations qui gagnent en reconnaissance, surtout localement. Les vins plutôt sucrés, et souvent blancs, sont traditionnellement les plus appréciés, et ce, malgré qu'un des plus anciens cépages, le feteasca neagra, soit rouge. Mais la demande internationale, et le fait que les plus jeunes producteurs ont beaucoup voyagé, font que, surtout au niveau premium et super premium, les vins soient de plus en plus secs. Outre les cépages français et germaniques qui sont cultivés depuis plus d'un siècle, la Roumanie a aussi quelques cépages locaux, qui peuvent être des as dans sa manche. Des cépages que certains producteurs réussissent à mettre en valeur, pour notre plus grand plaisir. Et comme l'industrie est toute jeune et sans trop de carcan, on nous offre aussi des assemblages originaux et savoureux.

Ce que j'ai ressenti, lors de ce premier contact avec cette contrée, c'est la grande complexité toute en paradoxes de son peuple. Il est un îlot de tempérament méditerranéen (qui a des airs de proche cousin avec bien des Italiens... et des Québécois!) dans une mer de pays slaves. Un peuple qui semble avoir le commerce dans son sang (qu'il a bien chaud, d'ailleurs), mais qui sort d'une période de communisme pur et dur. Un pays jeune d'histoire, mais qui est bien ancré sur son territoire depuis des lustres. Un pays qui semble très patriarcal et conservateur, mais où les femmes jouent le jeu et commencent à diriger des entreprises en même temps. C'est assez fascinant à voir, de l'extérieur.

Le vin n'est pas en reste. Comme en Italie, il peut être aussi générique et international qu’hyperlocal, avec des cépages et des styles qu'on ne voit nulle part ailleurs. L'ambition et l'enthousiasme des différents producteurs étant indéniables, il reste maintenant au pays à avoir les moyens à long terme de ses ambitions, pour pouvoir rayonner et s'assurer d'une place incontournable dans notre marché. Je nous le souhaite, car il y a des perles qu'on gagnerait à pouvoir savourer sur une base régulière. Et ne me partez pas sur la țuică et la pálinka! Vraiment, je ne peux que dire : Noroc, Romania!

Voici un panorama de vins et de producteurs que j'ai découverts pendant ce voyage.

Dans le Dealu Mare, notre première visite fut pour Crama Budureasca, un des joueurs importants du pays, qui produit plus de 2 millions de litres par année, et qui exporte ses vins dans une vingtaine de pays. Ils jonglent avec bonheur tant les cépages internationaux que les cépages locaux, sous l'habile direction d'Olga Miloiu, et du coloré et fort sympathique vigneron Stephen Donnelly. Un chai ultra moderne, des terroirs bien délimités, et même une section bio, lui servent de pigments pour créer des œuvres vinicoles très variées, et qui cernent bien les divers marchés pour lesquels ces vins sont élaborés.

Pour découvrir des vins dans un style que les Roumains affectionnent, essayez en blanc, le Classic Feateasca Regala, ou l'assemblage Classic Fumé, deux vins aromatiques, fruités et suaves, joliment équilibrés. Ou l'intense Tămâioasa Românească (affectueusement surnommé Timi, par Stephen), qui vogue entre les notes muscatées et celles du gewurztraminer. Les rouges à base de feteasca negra sont mes préférés, surtout le Feteasca Negra Premium 2016. L'assemblage Noble 5 est aussi très apprécié mondialement. Des bulles et un vin doux typique viennent compléter l'offre de Budureasca. Il ne vous reste qu'à découvrir qui est le personnage de profil sur l'étiquette, et la terrible histoire des vignes incendiées.

olivier Beauté paisible derrière BudureascaBeauté paisible derrière Budureasca

Dans la région de la Moldavie roumaine, autour de la ville d'Iasi, nous avions rendez-vous avec la jeunesse. D'abord chez Gramma, Marian Olteanu et son ami de chai Mihai Cristian Focea nous ont fait déguster les vins de leur Cuvée Visan qui se mariaient avec une grande diversité de plats. Deux choses m'ont particulièrement plues chez eux : l'originalité des étiquettes toutes contemporaines, et leur aligoté, tout aussi particulier. À découvrir sans faute en 2020, leur Feteasca Neagra 2018, gourmand, souple, et aussi fruité que doucement poivré.

Ensuite, on visite Crama Hermeziu, un domaine qui offre oenotourisme à l'hôtel La Domenii et production de vins, des plus traditionnels aux plus modernes. Sous la direction de la super passionnée et très branchée Loredana Lungu, les mousseux Mademoiselle Rosé et Madame Bleu, et le rosé C'est soir font sensation. Les étiquettes de la gamme Hermeziu, avec leurs pièces d'échec, sont vraiment belles. La gamme Vladomira séduit avec ses cépages locaux, dont le fameux rosé très suave, le Busuioaca de Bogotin.

C'est aussi dans cette région que se retrouve un des gros joueurs : Casa de vinuri Cotnari, qui est spécialisée dans les cépages roumains. Quelle Maison de contrastes! Elle possède autant un manoir Belle Époque, près duquel on élabore des vins à la fine pointe de la technologie, qu'un bâtiment d'accueil vert et jaune, de style 1960, dans lequel se trouve un restaurant des plus classiques. Cotnari va produire pour la première fois de son histoire des vins rouges, et elle produit aussi un des vins historiques de la région, le fameux vin doux Grasa de Cotnari, qui a un potentiel de vieillissement de plusieurs décennies! J'ai eu la chance de déguster un 1960. Quelle superbe texture, et quelle fraîcheur, encore! Un délicieux mélange de parfums d'orange brûlée, de fruits secs et de noix. Ils en font aussi une version moderne et sec, au fort joli nez de gingembre. Le domaine produit aussi des mousseux.

olivier CotnariCotnari

Terminons ce périple dans une région très pittoresque et très différente en style : la fameuse Transylvanie. L'influence germanique y est perceptible au niveau architectural d'abord, mais aussi dans le style des vins, qui sont nettement majoritairement blancs. Un des cépages phares de la Roumanie, le feteasca regala, est né dans cette région. Le relief toujours plus montagneux, les bois et les petits villages regroupés autour des diverses églises, sont souvent dignes de cartes postales. Cluj Napoca est une ville intéressante comme point de rayonnement pour visiter la région.

olivier Latmosphérique TransylvanieL'atmosphérique Transylvanie

Le plus gros producteur vinicole se trouve sur le plateau de la Tarnave : Jidvei, qui produit plusieurs millions de bouteilles chaque année, réparties dans une trentaine de produits. Dans les années 50, c'était un acteur vinicole industriel, mais il a été privatisé en 1999, et s'est depuis grandement modernisé. Malgré cela, une grande expertise et une grande connaissance des 2400 hectares de terroirs qui appartiennent à la compagnie se retrouvent dans la tête du vigneron Iona Buia, qui travaille ici depuis les années 70! Les étiquettes de la gamme Mysterium sont superbes, et le blanc m'a beaucoup plu. Le Feteasca Regalla 2009 était spécial, et délicieux avec le poulet fermier. Ils font aussi des vins doux, comme le Traditional Muscat Otonel, au très joli nez particulier, et même parfois un vin de glace, à base de traminer rose! Brandy et mousseux, dont le suave et fruité Margaritar Roze, viennent compléter l'offre. Et on mange tellement bien au restaurant du château Bethlen Haller, qui leur appartient!

olivier Victoriaqui chasse les sangliers des Vignes de JidveiVictoria, qui chasse les sangliers des vignes de Jidvei

Je ne saurais remercier assez Crama Budureasca et les autres généreux producteurs qui se sont unis pour nous inviter en Roumanie, ainsi que M. Aurelian Mantu, de l'agence Maxim Impex et son infatigable adjoint Mihai Popescu, qui m'ont permis d'avoir ce trop bref coup d'œil sur un pays si intrigant, et qu'il faut découvrir tant pour ses vins que pour ses soupes ciorbă... et les pálinkas!

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Sommelier-conseil
VINS CONSEIL
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Animation de dégustation de vins à votre domicile ou en entreprise
Cell.: 438 881-7276

samedi, 05 octobre 2019 16:33

Souvenirs d'Afrique… et d'ailleurs

Pour ma fête, en septembre dernier, j'ai revisité des régions qui m'ont marqué côté cœur, côté vin:

Un p'tit rouge bien sympathique, parfait pour se détendre en se rappelant la douceur estivale, ou en appréciant les premières brises fraîches de l'automne. Rien de costaud ici, mais ça sent bon les petits fruits rouges avec de subtiles notes d'épices douces. En bouche, c'est tout aussi aérien et fruité. Compagnon de table génial, si les restes du poulet de dimanche sont un peu secs, rendu à mardi.

olivier Cinsault Scattered Earth

Cinsault Scattered Earth
KWV ltd, WO Western Cape (Afrique du Sud) 2017
Code SAQ: 14096293 / 12,95$

 

Voici un classique qui s'est élevé d'un cran en 2017. C'est aromatiquement riche, avec les harmonies de miel, et de fleurs blanches, typiques du chenin blanc, qui se sont parées de notes de poires cuites. C'est aussi chaudement boisé. La bouche est satinée et caressante, enrobant une amertume marquée mais non agressive, qui se dresse, après quelques secondes, comme une colonne de marbre patinée par le temps. L'acidité, bien présente en finale, est joliment intégrée. Elle nous propulse harmonieusement, telle une ballerine faisant un grand jeté, vers une autre gorgée. Divin avec des pétoncles grillés, des huîtres Rockfeller ou du fromage de chèvre chaud.

olivier Old Vine Chenin blanc

Old Vine Chenin blanc The Bernard Series
Bellingham, WO Coastal Region (Afrique du Sud) 2017
Code SAQ: 11154911 / 26,35$

 

Dans cette ligne dédiée à Don Domingo Vincente, le grand-père de Laura Catena, il faut découvrir cet assemblage original de malbec, de bonarda et de petit verdot. Le nez se résume à trois lettres : W O W! Les arômes floraux, de menthol et de cuir, voire de corset en latex, font les yeux de braises à vos narines. La bouche est aussi suave que souple, avec son appétissant mélange d'épi-ces, de chocolat, et de fruits cuits. C'est presque charnu, tout en restant élégant. On est rendu au millésime 2017 à la SAQ, qui devrait être un brin plus rond encore. Allez, on lui fait faire quelques tours de manège dans la carafe d'aération, et voilà! On se régale.

olivier DV Tinto Historico

DV Tinto Historico
Bodegas Catena Zapata, IG Mendoza (Argentine) 2016
Code SAQ: 13958365 / 19,95$

 

Cet assemblage de syrah avec un peu de grenache noir, sent la nuit qui tombe plus tôt à l'automne, avec son fond de l'air qui rafraîchit. Un vin de première flambée dans l'âtre. Un vin de viandes grillées, de gibier, ou de poêlée de champignons sauvages bien relevée. Ça sent la confiture de cerise, et le poivre, et un peu la terre noire. La bouche est assurément tannique, mais ça ne décape nullement les dents. Le boisé est aussi vraiment bien maitrisé. Bref, un joli tour de force de la part des frères Chaudière, qui offrent ici un vin alliant matière et texture veloutée. On le sert autour de 18°.

olivier Quintessence

Quintessence
Chateau Pesquié, AOP Ventoux (Rhône, France) 2017
Code SAQ: 00969303 / 24,15$

 

Si vous voulez me faire plaisir, vous ne vous tromperez jamais avec un vin d'Artesa. Le domaine est magnifique; j'en garde un souvenir émerveillé. Et ce pinot noir que je n'avais pas regoûté depuis quelquesannées, m'a reconquis en un instant. Le nez et la bouche, sont dans une symbiose qui comblent les sens. Ces notes de cerises noires et de sol de forêt sauvage font dresser mes poils d'avant-bras. La bouche est vibrante comme une note de piano qui s'étire. Ce mélange de fruit, de poivre et ce soupçon de muscade, est un pur délice. Un moment de bonheur.

olivier Pinot noir Artesa

Pinot noir Artesa
Artesa Winery, AVA Los Carneros (Californie) 2015
Code SAQ: 13920711 / 36,25$

 

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Sommelier-conseil
VINS CONSEIL
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Animation de dégustation de vins à votre domicile ou en entreprise
Cell.: 438 881-7276

mardi, 03 septembre 2019 07:00

De la visite digne d'un prince!

J'ai eu la chance d'attraper entre deux avions Henri-Bruno de Coincy, qui rentrait du Texas et s'en retournait à la maison, dans le Libournais. Grâce à l'invitation de Pascal Desjardins, de l'agence Bella Vita Grands Crus, je l'ai rencontré avec sa femme et sa fille, qui toutes deux sont également impliquées dans l'entreprise familiale prestigieuse. Une entreprise qui regroupe, depuis près de trente ans, la production de deux produits de luxe : les bas-armagnacs de La Fontaine de Coincy, et le Château Belle-Brise, dans l'appellation Pomerol. J'ai pu déguster quelques millésimes de ce dernier.

Le château Belle-Brise est un domaine de deux hectares dont les vignes ont plus de soixante ans. On y cultive surtout du merlot, bien sûr, et du cabernet franc, en coplantation. M de Coincy a acheté le domaine alors qu'il avait une carrière florissante dans le secteur banquier. La vigne a exercé longtemps son chant de sirène avant qu'il finisse par y succomber complètement, en 1991. Mais rassurez-vous, il ne s'est nullement échoué comme les victimes de ces enchanteresses mythiques. Au contraire! Sa méticuleuse compréhension de son terroir lui a permis, au fil du temps, de produire des vins plus que bio, comme il le dit si bien. Il n'utilise pas d'insecticides dans les vignes et ne fait pas de collage, ni de filtrage. La vendange se fait à la main, en une journée, choisie quand tout semble parfaitement à point.

Une autre particularité? Rien n'est écoulé dans le négoce à Bordeaux. La production est vendu à moitié dans les plus beaux établissements gastronomiques (tous étoilés Michelin), au palais de l'Élysée, ainsi qu'à la table de son Altesse Sérénissime Albert II de Monaco, avec qui M. de Coincy a des liens privilégiés. L'autre moitié est réservée au marché de l'export international et attribué par allocation. On est donc parmi les grands chanceux qui peuvent se procurer ses fins nectars.

olivier Chateau Belle Brise

J'ai d'abord dégusté le Château Belle-Brise 2016, qui est un grand millésime marqué par la chaleur.

Au nez, on reconnaît aisément le merlot bien mûr, agrémenté de notes de terre noire fraîchement remuée. Puis des parfums de chocolat au lait et de cigare se manifestent délicieusement quand l'aération fait son œuvre. La bouche est sur le fruit, avec des tannins tout en souplesse et une intense fraîcheur. C'est juteux et texturé à la fois, et très long. Je suis pas mal impressionné qu'un vin si jeune soit aussi accessible et équilibré. Il y en aura 60 bouteilles autour du 3 septembre. Précipitez-vous!

Sinon, 18 magnums seront disponibles pour le temps des fêtes.

Ensuite, un autre grand millésime, le 2015, qui se passe de présentation à Bordeaux. Le nez avait en plus des notes végétales (mais des notes nobles, pas de manque de maturité) et florales fort charmantes. La bouche était un peu plus chocolatée que le 2016. La texture de sa bouche (plus homogène, il m'a semblé) digne d'une perle, était magnifique! Ce 2015 a été le préféré de la plupart des invités.

Et pour finir, le 2012, qui a été un millésime correct à Bordeaux mais superbe à Pomerol, aux dires de Mme de Coincy. Le nez avait des arômes floraux voluptueux, avec en plus des notes fines de noix (de muscade?) et ces fameux parfums de truffes, qui seraient dus entre autres, aux pépites de fer qui se retrouvent dans ce terroir. La bouche est d'emblée charnue, puis on arrive à cette longue finale tout en finesse, qui évoque la grâce du soleil qui sort doucement d'un gros nuage ouaté.

De l'élégance et un vrai plaisir accessible, même en jeunesse, voilà ce que M. de Coincy veut offrir à chaque millésime de Château Belle-Brise. On peut donc s'en délecter très tôt, même si ses vins ont un potentiel de garde de plus de trente ans! Il faut juste éviter, si possible, la fameuse phase d'adolescence (entre 5 et 8 ans, environ). Je vous souhaite de découvrir ces vins d'exception, proposés par un domaine familial mené par des gens aussi passionnés que sympathiques.

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Sommelier-conseil
VINS CONSEIL
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Animation de dégustation de vins à votre domicile ou en entreprise
Cell.: 438 881-7276

Cet été j'ai eu le plaisir de rencontrer, au Salon des vins de Saguenay, Sami Ghosn, qui y est venu avec sa petite famille pour faire découvrir ses produits du Château Massaya. Si je connais assez bien certains de ses vins, qui sont sur le marché depuis quelques années déjà, je n'avais pas encore dégusté son arak, qui nous arrive avec une nouvelle étiquette des plus jolies.

Ah, l'arak! Un nom qui évoque le pourtour oriental de la Méditerranée, puisqu'on y retrouve plusieurs versions locales de cet alcool anisé. Pour moi, ça évoque aussi une mémorable veille de Noël passée à Bethléem dans les années 80. J'étais parti avec un copain faire le tour de l'Europe en sac à dos, comme le faisaient nombre de jeunes dans ces années-là, et je me suis retrouvé en Israël pendant le temps des Fêtes. On s'est dit que ce serait super d'aller à Bethléem pour cette fête si ancrée dans nos traditions familiales. On s'est donc organisé un minibus avec d'autres jeunes de l'hostel où on couchait, à Tel Aviv.

Comme nos moyens financiers étaient assez limités et qu'on voulait s'assurer de pouvoir se réchauffer dans cette nuit très fraîche, on a apporté quelques bouteilles d'arak, un alcool bon marché qui faisait de l'effet, comme on dit.

Pour bien commencer le party, les bouteilles se sont promenées dans le minibus jusqu'à ce qu'on arrive à Bethléem. Ce qu'on ne savait pas, c'est que cette petite ville est en Cisjordanie, donc qu'il y avait un contrôle de sécurité à passer avant d'y entrer. Un contrôle pas mal serré, vu l'événement qui attire bien du monde sur place. On devait passer une entrevue individuelle avec des représentants de l'armée dans de petits locaux en rangées avant de pouvoir entrer dans la ville. Quand vint mon tour, je présentai mon passeport et on me fit signe qu'on devait me fouiller. Quand le militaire palpa ma veste, il a vite senti la bouteille qui était dans ma poche intérieure. Et de me dire que l'alcool n'était pas permis au-delà du contrôle! J'ai essayé de lui expliquer que c'était pas juste pour moi, mais aussi pour mes amis de l'hostel; ça ne l'a pas du tout ému. Il m'a fait comprendre que j'avais deux choix : jeter la bouteille ou la finir avant de traverser. Elle était encore à moitié pleine, et je ne pouvais envisager de jeter mes économies comme ça un soir de fête.

Donc, j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai commencé à la consommer rapidement sur place. Rendu au quart, ça commençait à sentir pas mal l'anis dans mon œsophage, et en blague, j'ai demandé aux deux militaires, s'ils voulaient bien m'aider à célébrer dignement cette nuit spéciale. Après quelques secondes, et me trouvant sans doute rigolo, ils ont accepté de bonne grâce cette main interconfessionnelle que je leur tendais. J’ai ensuite rejoint mes compagnons d'aventure, qui commençaient à se demander si on ne m'avait pas refusé le passage. Quelques minutes plus tard, ma tête commençait aussi à être joyeusement tapissée d'ouate. C'est dans cet état plutôt euphorique que j'ai admiré l'église de la Nativité. Ça m'a quand même marqué, de la visiter en pareille occasion. Ce n'était que le début de cette nuit pleine de rebondissements, dont je me souviens encore avec ébahissement et plaisir, et que je vous raconterai peut-être un autre jour.

Tout ça pour dire que mon rapport avec l'arak n'était certes pas basé sur une appréciation qualitative du produit, loin de là. Après une cuite avec ce produit aromatique, il peut se passer beaucoup, beaucoup de temps avant que l'envie d'y goûter à nouveau vous traverse l'esprit... Mais la nostalgie, la beauté de la bouteille et la gentillesse de M. Ghosn m'ont poussé à dévisser le bouchon et à retremper mes lèvres dans cette boisson qui a traversé les siècles.

Quel choc! Ici, on a un arak à base d'eau de vie d'obeidi, un cépage blanc autochtone, distillée dans des alambics chauffés aux ceps de vignes, aromatisée avec de l'anis vert bio et vieilli 2 ans en amphore. Du luxe, les ami(e)s! D'une douceur et d'un grand raffinement. Aux antipodes de ce que mon souvenir était d'un alcool de quatre sous. Si vous allez sur leur site Web (très bien fait, en passant), vous aurez une foule de renseignements intéressants et des suggestions de recettes aussi savoureuses qu'originales.

Mais goûtez-le au moins une fois seul, pour en savourer la riche et élégante finesse. C'est magnifique.

Merci M. Ghosn d'avoir remis mes pendules à l'heure et de m'avoir montré le côté givré de ce beau spiritueux.

Arak Massaya, alcool anisé, Massaya & co, Vallée de Bekka (Liban)
Code SAQ:13426182, 50$

Site Web de Massaya Lebanon

Facebook

Instagram

Twitter

 

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Sommelier-conseil
VINS CONSEIL
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Animation de dégustation de vins à votre domicile ou en entreprise
Cell.: 438 881-7276

samedi, 03 août 2019 11:02

Pour célébrer mes noces d'étain!

Découvert suite à un défi que m'a lancé le chef Jean-François Plante, d'accorder un vin avec des courgettes cuisinées simplement, je suis tombé sous le charme de ce vin blanc, qui sent bon l'été. Un vin élaboré par une Maison des plus sympathiques, tant au niveau produits que design d'étiquette. Les notes de cantaloup et d'agrumes se chamaillent de bon cœur dans votre nez avec celles de fines herbes fraîches. La bouche est taquinée par une agréable acidité et une tendre amertume. Un vin pimpant qui sera un joli compagnon d'apéro, et d'un tas de plats végétariens, parfaits pour la belle saison.

olivier Abarino Lolo

Abarino Lolo
Bodega Paco & Lola (Coop Vitivinicola Arousana), DO Rias Baixas (Espagne) 2018
Code SAQ: 13089868
Prix : 15,15$

 

Voici une autre super trouvaille des plus savoureuses. La ferme cultive ces beaux fruits depuis deux siècles! C'est la première fois que je dégustais un vin de fraises et j'ai super aimé. Comme c'est décrit comme un demi-sec, j'avais un peu peur que ce soit pas mal sucré, or ce n'est pas le cas. Quel bel équilibre! D'abord le nez ravira les amateurs de ce fruit. C'est très typé. La bouche vous comblera autant, avec ses franches notes de fraises gorgées de soleil, batifolant avec une brise fraîche qui s'élance de la Baie des Chaleurs. Bref, c'est tout un régal estival qui vous est offert dans le verre. Coup de cœur.

olivier Julia rosé

Julia rosé, vin de fraises
Ferme Bourdages Tradition, Gaspésie, 2017
Code SAQ: 12358157
Prix : 18,95$

 

Un classique que je suis bien content d'avoir revisité,en compagnie d'Austin Hope, en plus! J'avais le souvenir d'un cabernet plutôt riche et suave, mais voilà que le 2017 est plus aromatique et souple, que charnu : il a encore du beau fruit mûr, mais il y a aussi une fraîcheur fort bien intégrée qui vient alléger la bouche. Je tiens à saluer ici la volonté d'Austin d'offrir un vin d'entrée de gamme, de qualité et soigné. Un vin pour les grillades sur le BBQ, qu'on prépare en regardant un beau coucher de soleil, juste avant d'allumer les flambeaux tiki, en fredonnant Summer Nights, de Grease.

olivier Liberty School

Cabernet sauvignon Liberty School
Hope Family Wines, AVA Paso Robles (Californie) 2017
Code SAQ: 00856567
Prix : 20$

 

Ça fait depuis avril que j'attends de pouvoir vous faire découvrir ce petit bijou espagnol! Il vous invite à une mystérieuse randonnée nocturne en forêt, où soudain vous débouchez dans une clairière baignée par la lumière d'une pleine lune. Vous entendez des pas qui s'en approchent doucement. Une silhouette se dessine dans l'ombre.Est-ce une nymphe ou un satyre? Les riches odeurs de sous-bois, de terreau et de fruits sauvages envahissent vos narines,et vous font frémir de désir. Imaginez maintenant votre bouche caressée par ce vin au superbe équilibre fruité-boisé, à la fois dense et aérien, riche et satiné. Une caresse qui dure et dure encore... Que rico!

olivier Oscar Tobia

Oscar Tobia reserva Bodegas Tobia
DOca Rioja (Espagne) 2015
Code SAQ: 14000482
Prix : 33,50$

 

J'ai trouvé au Festival des vins de Saguenay, un dry gin qui, ma foi, symbolise à merveille la belle saison. Ce gin est un vrai bonheur à humer. Il vous entraîne dans un univers merveilleux d'agrumes. En fermant les yeux, je me suis retrouvé dans un jardin à Capri, où les citronniers se prélassent sous un soleil radieux. Il a des notes de limoncello, d'oranges sanguines et très légèrement, de guimauve! La bouche est toute en douceur, et encore empreinte de ces succulentes notes fruitées, qui vous entraîne vers une tendre finale qui ne brûle pas la gorge. Un délice! À boire seul, très frais, ou en gin tonic.

olivier Seventh Heaven

Gin Seventh Heaven
Mondia Alliance, Canada
Code SAQ: 13567971
Prix : 35,50$

 

10 ans déja que je partage mes découvertes vinicoles avec vous dans le Fugues ! Merci de les partager avec moi, et j'espère que vous serez toujours du voyage pour les millésimes à venir. À notre santé!

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Sommelier-conseil
VINS CONSEIL
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Animation de dégustation de vins à votre domicile ou en entreprise
Cell.: 438 881-7276

vendredi, 19 juillet 2019 09:35

Joiiiie au Saguenay!

Voilà, le 13e Festival des Vins de Saguenay a pris fin, samedi dernier, avec un air de finale de 1812 de Tchaïkovski : sous les coups de canon du tonnerre et le chaos des festivaliers qui ne voulaient pas partir sans échanger leurs derniers coupons pour un ultime verre de vin, malgré les trombes de la pluie.

Une pluie qu'on redoutait depuis jeudi et qui s'est retenue tant qu'elle a pu, pour nous permettre de vivre encore une fois la magie du Festival sur la rue Racine. Tout comme Bertrand Renaud-Morin, des vins Balthazard, ça fait quatre ans que je viens au Festival, et chaque fois, malgré de sombres pronostiques, on réussit à vivre le Festival en plein air. Ça fait presque penser qu'on est devenus des porte-bonheurs pour l'évènement! Avis aux organisateurs pour l'an prochain...

Qu'est-ce que je pourrais dire sur cette édition? Pour commencer, que l'équipe du Festival a encore une fois été plus qu'à la hauteur du défi de faire paraître le tout comme baignant dans l'huile. Tant les organisateurs que les bénévoles, tous m'ont fait vivre près de trois jours (qui ont passé bien trop vite!) sans la moindre anicroche. Gentillesse et efficacité ont été constantes du début à la fin. Même chose pour le personnel de l'Hôtel Chicoutimi, où j'ai eu le plaisir de loger si confortablement pendant l'évènement.

Je me dois aussi de parler des deux valves du cœur du Festival : le public du Royaume, ainsi que ceux qui ont animé tous ces kiosques qui offraient tant de découvertes et de plaisirs à ceux qui s'y entassaient joyeusement. Je lève mon chapeau bien haut à tous ces agents qui devaient inlassablement répéter les mérites de ces bouteilles venant des quatre coins du monde; à ces vignerons venus de la Loire au Liban, qui ont dû vivre tout un dépaysement, et de beaux moments de rencontre aussi; à ces représentants des généreux vins d'Alsace et du Pineau des Charentes plein de surprenantes facettes; aux vignerons des domaines de l'Isle de Bacchus et des Salamandres, et les artisans de ces fameux spiritueux du Québec, qui nous régalaient du fruit d'un travail si acharné. Et je me dois de remercier avec effusion le kiosque de la SAQ de Saguenay, qui nous a permis de nous délecter avec une sélection incroyable de vins de prestige. À mon grand regret, je n'ai pas réussi à déguster toutes ces offres plus alléchantes les unes que les autres. J'y ai travaillé fort, mais le temps m'a manqué.

olivier saguenay fouleSource photo: page Facebook du FVS

Et pour finir, je dois remercier le public du Festival, qui fait vibrer la rue Racine comme ça. Nous sommes plusieurs dans l'industrie qui se côtoyons tout au long de l'année, et je peux vous dire que ceux qui sont allés au Festival, nous sommes comme une bande à part. Ça crée une camaraderie et une complicité entre nous. Et qu'est ce qui nous donne si hâte de s'y retrouver? C'est cette ambiance unique, cette soif de découvertes qu'on ressent chez les festivaliers, ce plaisir de nous rencontrer chez eux. J'ai eu l'occasion de goûter à cet accueil spécial, plus particulièrement depuis que j'ai amené mon personnage de Bacchus avec moi. J'avais un peu peur des réactions au début, mais cette peur a vite disparu. Disons que j'ai été adopté plutôt rapidement, tant par les organisateurs que par le public. Et la venue de ma compagne Vénus des Vignes, interprétée par ma complice sommelière Natalie Richard, a fait tourner bien des têtes, cette année. Bref, merci aussi, cher public, qui répond si joyeusement présent! pour toutes les présentations à la Boîte à vin de Rouge FM.

olivier saguenay natalie olivierCrédit photo: Mario Landry

Si je suis parti encore une fois le sourire aux lèvres, il y a quand même une petite ombre sur mon cœur : le volet musical du Festival n'a pas eu la chance de son côté vinicole. La pluie a fait des siennes pendant le concert de l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-St-Jean avec le rappeur Samian, et a empêché de présenter la soirée de clôture avec le DJ Poirier! Et pour la 2e année, je n'ai pas réussi à chanter au karaoké du Magic Mike! :( Par contre, cette pluie a offert à certains festivaliers un concert impromptu donné par l'unique et bourré de talent musical Jacques Orhon, qui s'est transformé en chansonnier pendant près d'une heure dans le lobby de l'Hôtel Chicoutimi.

olivier saguenay jacques orhonCrédit photo: Mario Landry

Et les vins dans tout ça? Est-ce que je réussis encore à y trouver mon compte après une année de dégustation à Montréal? Je suis chaque fois surpris de pouvoir répondre oui! J'ai découvert des produits que je ne connaissais pas, et je peux mettre des visages sur des bouteilles que je croyais familières. C'est vraiment une expérience que j'apprécie énormément. Vous voulez des coups de cœur? C'est très difficile de choisir! Mais je vais me mouiller en disant qu'en blanc, j'ai bien aimé le Trebbiano d'Abruzzo 2018 de Masciarelli, et en rouge, je me suis régalé avec le Barbera d'Asti 2016 du Castello del Poggio. Une mention aussi pour un hurluberlu : Zurlie, de Massimago, un vin frizzante bio plutôt rosé, très sec et délicieusement rafraîchissant qui s'en vient à la SAQ. Tiens, une thématique italienne!

olivier saguenay vins

Alors j'espère vous avoir donné l'envie irrésistible d'aller passer quelques jours intenses et uniques en juillet 2020, dans ce festival que j'affectionne beaucoup. Et si vous voulez prendre un bain de nature, vous pouvez vous évader et crier : Joiiiie! dans les tyroliennes du Fjord en arbres du Parc Aventures Cap Jaseux, à St-Fulgence. Et s'il vous en faut encore plus pour vous convaincre : pensez que vous aurez la chance incroyable de pouvoir côtoyer Samy Rabbat pendant trois jours, oui j'ai bien dit trois jours... de suite!

olivier saguenay samyCrédit photo: Susana Ochoa Vega

À l'an prochain?

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Sommelier-conseil
VINS CONSEIL
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Animation de dégustation de vins à votre domicile ou en entreprise
Cell.: 438 881-7276

Le 14e Festival des Vins de Saguenay aura lieu du 9 au 11 juillet 2020

Page 1 sur 9

Commentaires des lecteurs