samedi 2 juillet 2022
Olivier de Maisonneuve

Olivier de Maisonneuve

Diplômé sommelier-conseil de l’Université du vin de Suze-La Rousse, en France, j’ai commencé mon apprentissage du monde vinicole en suivant les cours Les Connaisseurs de la SAQ. Aujourd’hui, j’en suis devenu un animateur! Chroniqueur vins et alcools dans diverses publications, dont le magazine Fugues, je parcoure la planète pour mettre images et visages sur ces produits qui me font vivre tant d’émotions.

Je reviens d'un voyage magnifique. J'ai fait une partie de la route des vins de la vallée de l'Okanagan, et de la Similkameen. S'il y a deux routes qui peuvent se targuer du terme panoramique, ce sont bien celles-là. Même après 8 jours, je ne me suis jamais lassé de voir tous ces sommets (dont certains encore enneigés) se révéler après chaque tournant de cette route 97, qui méandre entre Kelowna et Osoyoos, et de la route 3, entre Osoyoos et Keremeos. Même les jours plus nuageux, les nuances de gris dramatiques et les jeux de lumière sur les flancs de ces montagnes et sur l'eau des lacs suscitaient des moments d'émotion et de souffle coupé. Moments parfois interrompus de manière incongrue par des feux de circulations, je dois avouer. Mais, je vous garantis que votre esprit et votre être seront marqués par toute cette beauté qui vous entoure et vous ensorcelle très rapidement.

Ce que j'ai beaucoup apprécié, c'est que les distances entre les trois sous-régions vinicoles que j'ai d'abord explorées, sont toutes petites. La plus longue, entre Kelowna et Penticton, nous a pris moins d'une heure à franchir. Donc, ce n'est certes pas le voyagement qui vous fatiguera. Et pour mes huit jours de visite, je n'ai rempli le réservoir qu'une seule fois, donc malgré le coût exorbitant de l'essence, ça demeure une dépense raisonnable. Voici donc le récit de mon périple, alliant plaisirs des sens et découvertes culturelles.

Comme il est fort probable que vous arriviez à Kelowna, commençons notre visite avec des domaines aux alentours. La plupart de ceux-ci sont à environ 20 minutes du centre-ville, donc très accessibles.

Si vous voulez commencer de superbe façon, en allant souper au restaurant de Summerhill Pyramid Winery. Les vins, bios évidemment, sont vieillis dans une pyramide de 4 étages! Leur mousseux est une belle façon de commencer votre repas. Non seulement la plupart des ingrédients sont pris sur place, donc super frais, mais le personnel est très sympathique et la vue est splendide. Vous verrez sûrement des daims gambader à quelques pieds de la terrasse où vous mangerez.

Le lendemain, j'ai commencé par une expérience culturelle très intéressante à la Indigenous World Winery. C'est un domaine qui appartient à 100% à la Westbank First Nation, qui fait partie des Syilix Okinagan. On y cultive la vigne en essayant d'être le plus en harmonie avec la nature sacrée du lieu. Certaines cuvées portent le nom de membres de la famille de l'ex-chef Robert Louie, qui ont un lien avec l'histoire vinicole du domaine. L'assemblage de pinot gris, de pinot blanc et de gewurztraminer Hee Hee Tel Kin (qui signifie Illusive high country stag with large antlers) par exemple, est le surnom de Trenton, son fils, qui a commencé très jeune au domaine, et qui un jour devrait en prendre les rênes. Ils produisent aussi des spiritueux qui arborent des étiquettes évoquant des Esprits de la nature, dont un bon gin au style classique. Avouez que c'est une super façon de se plonger dans l'univers vinicole de l'Okanagan!

Indigenous World

Poursuivons avec un domaine bien connu ici: Quails' Gate. C'est à une quinzaine de minutes de voiture, sur la rive ouest du lac Okanagan, ou à 5 minutes d'Indigenous World Winery. C'est le plus grand domaine familial de la vallée. Il a été officiellement inauguré en 1989. La famille Stewart a un grand souci de son impact sur l'environnement dans tous les aspects de son entreprise, que ce soit en viticulture ou en agriculture, avec les produits qu'ils utilisent pour leurs restaurants. On mange très bien sur place, et on déguste les vins avec des vues superbes sur le lac Okanagan et les montagnes qui filent vers le sud. Sûrement la raison pour laquelle le domaine a été choisi comme pit stop à l'émission Amazing Race Canada, en 2013. On peut même déguster sur un yacht, les après-midis de l'été!

Dégustation en français chez QuailsGate

On vise des vins moins boisés, mais ronds, complexes et en finesse. J'ai fait une dégustation de trois chardonnays, dont le Stewart Family Reserve, un single clone, single vineyard, qui s'inspire du style Macon, et de trois pinots noirs, tous du millésime 2019. J'ai été ravi par le Estate, un entrée de gamme facile à boire, mais pas ordinaire, et l'emblématique Richard's Block, aux bouteilles numérotées, qui s'inspire aussi de la Bourgogne. Quelle belle élégance et quelle fine complexité aromatique, malgré sa jeunesse.

QuailsGate

Le lendemain, je me suis retrouvé dans la région de Penticton. Probablement la journée préférée de mon voyage. Grâce à Thom Tischik, le tellement sympathique directeur général de Travel Penticton,

j'ai pu faire une randonnée à vélo électrique, qui jumelait une partie de la très panoramique Kettle Trail et une visite de vignobles de Naramata Bench. Des paysages magnifiques, des vins de prestige et du plein air sans effort. Ça, c'est un beau programme! Nous avons d'abord visité Little Engine Wines, qui vise à produire des vins haut de gamme, à partir de très petits rendements. Des vins de gastronomie sous la supervision de Nicole French. La gamme Platinum n'est produite que les meilleures années. Le chardonnay 2019 était vraiment harmonieux, frais et élégant, avec un boisé tout en retenue. Délicieux, comme leur pinot noir Silver 2018, avec ses parfums de canneberges, de poivre et de fines herbes.

Little Engine

Ketlle Trail

Ensuite, direction Hillside Estate Winery & Bistro, pour une dégustation et un lunch champêtre de luxe. Sous la direction de Kathy Malone, qui préconise une intervention minimale pour bien mettre en valeur le terroir et le millésime, ce domaine, qui est un des pionniers de la région, nous propose une belle variété de vins savoureux. J'ai adoré leur Rosé de saignée 2021 (un assemblage en majorité de cépages bordelais) au nez affriolant de fraises écrasées, de fleurs et de muscat! Et leur Mosaic 2015 (un des meilleurs millésimes de la région) qui assemble les cinq cépages bordelais, était une merveille, tant au nez qu'en bouche. Leur gamay Founder's Block 2018 m'a aussi conquis, avec sa fraîcheur et sa bouche fruitée.

HILLSIDE

Notre randonnée s'est achevée en beauté chez Moraine Winery, propriété d'Oleg and Svetlana Aristarkhov. Leur maîtresse de chai est Amber Pratt. Le domaine est sur une falaise d'argile blanche, et il offre une vue magnifique. Vous pouvez y séjourner dans une suite à côté de la salle de dégustation. Leur Cliffhanger blanc 2021 est dispo à la SAQ Dépôt. Cet assemblage de riesling, de gewurztraminer  et de pinot gris a été un coup de cœur, tout comme leur chardonnay 2020 de vieilles vignes (37 ans) et leur pinot noir Reserve 2020, si long et si savoureux, réservé pour leur club de vin.

A Moraine

Les vins de Naramata Bench m'ont marqué par leur qualité et leur diversité. Il y a plusieurs autres domaines à découvrir, donc n'hésitez pas à vous renseigner au bureau de Travel Penticton, pour organiser votre visite. Il y a aussi une plage municipale, et d'autres activités de plein air amusantes aux alentours. Un autocollant aux couleurs des minorités de genres et sexuelles est bien en évidence à la porte de l'office de tourisme, symbole de bienvenue que j'ai apprécié dans cette petite région. Et pour vous sustenter le soir, deux incontournables endroits avec vue superbe: un délicieux souper exotique aux saveur turques vous attend chez Elma, et un souper raffiné est servi au Hooded Merganser.

À suivre...

Okanagan Map

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Sommelier-conseil
VINS CONSEIL
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Animation de dégustation de vins à votre domicile ou en entreprise
Cell.: 438 881-7276

jeudi, 14 avril 2022 17:48

La Savoie, unique depuis belle lurette

Ça fait du bien de retrouver ces rencontres de vignerons et de producteurs de vins d'ailleurs! Quand j'ai reçu cette invitation de découvrir des domaines savoyards, avec Nadia Fournier à la modération en plus, je n'ai pas hésité une seconde à m'inscrire.

L'histoire du vin en Savoie remonte fort loin. Pline en parlait déjà, jadis. Il a traversé le temps et a subi bien des épreuves, mais il est encore là aujourd'hui, prêt à offrir son identité et ses particularités, et à nous surprendre dans notre quête sans fin du bon vin. Pour en savoir plus sur son évolution et sur la survie de son identité, je vous suggère d'aller lire le volumineux, mais intéressant dossier qui se trouve sur le site vindesavoie.fr. On y apprend comment ces vins ont connu le succès et ses pièges de surproduction; comment, malgré tout, on a gardé vivants des cépages autochtones, qui ont frôlés maintes fois la catastrophe. J'ai trouvé particulièrement surprenant l'épisode où on raconte que pour contrer les ravages du phylloxera, on cultivait principalement en Savoie des cépages américains, comme l'othello! On s'évitait ainsi le travail de la greffe des plants.

Évidemment, l'avènement des sports d'hiver et des stations à la mode firent accroître l’engouement pour les vins locaux (et par ricochet la production). On a longtemps misé sur des vins simples et à consommer rapidement. Aujourd'hui, on fait face à un paradoxe : la qualité et le potentiel de garde de certains vins ont grandement augmentés, mais la consommation a diminué. Donc, il faut trouver de nouveaux marchés. D'où cette invitation à rencontrer ces domaines qui cherchent à nous combler, nous aussi, au Québec.

olivier degustationmars2022De gauche à droite: Didier Berthollier du Domaine Berthollier et Pascal Perceval de Maison Perceval

En résumé, je peux sûrement vous apprendre que les vins de Savoie se retrouvent à 90% dans trois AOP : Savoie, Roussette de Savoie et Seyssel, qu'il y a 20 dénominations géographiques (dont vin des Allobroges) et un Crémant de Savoie. On y produit à 70% du blanc, 20% du rouge, 5% du rosé, et depuis 2015, 5% de mousseux. Plusieurs microclimats offrent des interprétations diverses des cépages cultivés. Parmi les cépages autochtones, on retrouve : la jacquère (près de 40%) surtout dans les appellations d'Abymes et d'Apremont), l'altesse ( surtout dans Roussette de Savoie), le gringet (25ha en tout!), la mondeuse (la blanche et la noire, pour 7 ha!), la molette (dans Seyssel, surtout pour le mousseux), le persan (un cépage noir, en progression) et plusieurs autres qui sont en train d'être recultivés. On retrouve aussi la roussanne (appelée bergeron, en Savoie), le chasselas, le chardonnay, le gamay et le pinot noir.

Voici les cinq domaines que j'ai eu la chance de découvrir en ce beau jour de mars :

  • Maison Cavaillé
  • Domaine Berthollier
  • Domaine Vendange
  • Maison Perceval / Château de la gentilhommière
  • Maison Viallet / Château d'Apremont / Les fils de René Quenard 

On peut déjà retrouver à la SAQ  ou en IP:

  • Château de la Gentilhommière Cuvée Vieilles Vignes. AOP Roussette de Savoie, un vin d'altesse à 100%, vinifié en foudre.
  • Château d'Apremont Cuvée Jacques de Montmayeur, AOP Vin de Savoie- Apremont, à 100% de jacquère
  • Denis et Didier Berthollier Cuvée Exception, AOP Vin de Savoie Chignin-Bergeron, 100% de roussanne (Bergeron) bio et sans soufre
  • La Bergeronelle, les Fils de René Quenard, AOP Vin de Savoie Chignin-Bergeron

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Sommelier-conseil
VINS CONSEIL
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Animation de dégustation de vins à votre domicile ou en entreprise
Cell.: 438 881-7276

La prochaine vague de spiritueux du Québec qui s'élancera à la conquête de nos gosiers assoiffés sera fort probablement composée de whiskeys. Plusieurs distilleries font vieillir en ce moment-même leur précieux élixir. En attendant, que diriez-vous de vous dépoussiérer la mémoire en (re)visitant ce qui se fait chez nos voisins au sud de la frontière?

J'ai eu le plaisir de voir que je pouvais chasser des préjugés, en constatant la grande variété de styles dans cette catégorie de spiritueux. Grâce à la tournée Cheers! Spirits from the USA du Distilled Spirits Coucil of the United States (DISCUS) et avec l'animation de Michelle Bouffard, j'ai dégusté des exemples de quatre catégories, soit le bourbon, le Tennessee whiskey, le rye whiskey, et un single malt.

Comme on nous l'a bien expliqué, il y a quatre éléments essentiels pour produire le whiskey. D'abord les céréales, évidemment. On a le choix d'en utiliser qu'une ou d'utiliser une recette maison où se retrouvent un choix et une quantité spécifiques de céréales. Pour vous guider un peu, le maïs apporte une touche sucrée et une texture; le seigle, lui, apporte un certain piquant ou une note un peu poivrée, et le blé apporte onctuosité et douceur. Ensuite, le choix de la levure orientera le résultat vers une douceur ou une acidité particulière. L'eau est un élément important, car plusieurs distilleries sont à proximité d'eau de source naturelle, riche en minéraux. Au Kentucky et au Tennessee, elle est filtrée par des roches calcaires, ce qui la rend exempte de fer. Finalement, le fût et son degré de chauffe conférera une autre facette très personnelle au whiskey produit.

Si vous préférez un spiritueux plus sur la douceur et une certaine rondeur, le bourbon, surtout s'il a une bonne proportion de blé, sera votre catégorie à explorer. Il doit être composé d'au moins 51% de maïs, et peut être produit partout aux États-Unis. Il ne peut contenir de colorants, ni de saveurs artificielles. S'il est vieilli au moins deux ans en fût, il peut s'appeler Bourbon Straight.

Un exemple original et bio, de bourbon: Koval Single Barrel (Code SAQ : 14425991 – agent : Connexion Œnophilia) 

Il y a parfois des airs de familles entre le bourbon et le Tennessee whiskey, car lui aussi doit avoir au moins 51% de maïs. La principale différence est sa couleur plus foncée, qui vient d'un processus de filtration au charbon de bois d'érable, et évidemment, il ne peut être produit qu'au Tennessee.

Un exemple très surprenant d'un whiskey tout en douceur, doublement filtré : Gentleman Jack, de Jack Daniel's (Code SAQ : 377994 – agent : PMA Ltd) 

Si vous préférez un style de whyskey généralement plus corsé, dirigez vos lèvres vers l'american rye whiskey. Il doit être élaboré avec un minimum de 51% de seigle, d'où son caractère plus épicé. S'il est élevé en fûts plus de deux ans, il peut aussi porter la mention straight, et il peut être produit sur tout le territoire. À l'époque coloniale deux états produisaient un style particulier : le Maryland, plus doux, et la Pennsylvanie, plus charnu et corsé.

Plus doux : Sagamore Spirit straigth rye (Code SAQ : 14451099 – agent : Roy + Co Sélections)

Plus corsé : Knob Creek Kentucky straight rye (Code SAQ : 12182981 – agent : Beam Canada)

Finalement, il y a une catégorie qui est en plein dans l'effervescence de sa création : le single malt american whiskey. En effet, pour le moment il n'y a pas de définition, ni de réglementation officielles. Mais depuis 2016, l'American Single Malt Whiskey Commission regroupe des distilleries qui se sont dotées de balises communes pour tenter de légitimer et de bien exprimer ce qui caractérise la catégorie. Par exemple, le whiskey doit être fait d'orge malté à 100%, alors que sur le marché on retrouve des produits à 51% de diverses céréales maltées. Il doit aussi être distillé dans une seule distillerie. Généralement, il est produit pour être le reflet d'un terroir, donc il y a une grande variété de styles à découvrir. Une des distilleries fondatrices de l'ASWC est Westland, de l'État de Washington. On nous a proposé : Westland American single malt (Code SAQ : 13092590 – agent : Southern Glazer's, à reconfirmer, car épuisé à la SAQ).

La dégustation a été rendue des plus spéciales grâce à une série d'accords whiskey-mets parfois audacieux, comme vous pouvez le voir sur le menu. Un exercice très apprécié!

Pour finir, j'ai un peu simplifié et vulgarisé les définitions des catégories pour garder un ton plus léger à ma chronique. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas trop rigueur.

À la bonne vôtre!

olivier menu

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Sommelier-conseil
VINS CONSEIL
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Animation de dégustation de vins à votre domicile ou en entreprise
Cell.: 438 881-7276

vendredi, 24 décembre 2021 08:50

Bordeaux Château Saint-Florin 2018

Je vous invite à découvrir un rouge élaboré par une équipe essentiellement féminine, issu d'un domaine HVE3 et Natura 2000, situé à Soussac, dans l'appellation Entre-Deux-Mers. C'est la 4e génération de la famille Jolivet, qui y produit des vins qui reflètent le plus possible leur terroir. Sans grands moyens de promotion, elle vous propose des vins produits de façon artisanale.

« Seules nos mains touchent nos raisins dans le seul but de garantir un maximum de qualité! » - Bénédicte Jolivet

Mon humble avis :

Leur Bordeaux rouge est un choix judicieux pour mettre du pep dans la maisonnée. Le nez est assez intense avec ses notes gourmandes de fruits cuits, de viande fraîche et un peu de mine de crayon. Pas de verdeur, donc on peut dire que les raisins ont été soigneusement choisis à belle maturité. C'est bien en accord avec sa pastille « fruité et généreux », et très souple. Ne fait pas ses 14° d'alcool.

Il y a une agréable petite sensation saline en finale. Ceux et celles qui affectionnent le merlot seront particulièrement ravi(e)s.

Un cocktail classique avec une twist: amaretto sour, avec l'amaretto Miele, avec du miel d'Anicet bio. Une élaboration ardue digne des émissions de Julia Child!

Réécoutez ma chronique «Vins, mets et spiritueux» dans laquelle je vous parle de vins oranges, de cidres et d'un amaretto! 

Source: page Facebook de Fraîchement - Émission du 23 septembre 2021

J'aime beaucoup la traduction de hard seltzers que JF et JP, les deux artisans-complices derrière Ellipse, nous proposent! C'est très tendance, surtout cette année, cette catégorie de boissons estivales qui visent une clientèle jeune, active, et soucieuse de ce qui passe entre leurs lèvres. Fabriquée artisanalement et en petits lots, Ellipse se décline en trois parfums de produits locaux; il n'y a rien de fruits tropicaux dans les arômes qu'ils proposent : argousier, bleuet et concombre. C'est alcoolisé avec un alcomalt 100% naturel.

Pour en savoir davantage, allez parcourir leur site Web rigolo et sans prétention. ellipseseltzer.com. Pas super faciles à trouver pour le moment, la liste de points de ventes s'allonge régulièrement. Ils vous invitent à demander leurs produits dans les marchés d'alimentation, dans les épiceries fines, ainsi que dans les magasins spécialisés en bières de microbrasseries. Mention spéciale pour les dessins qui ornent les canettes et qui représentent bien la dolce vita de la belle saison.

Voici ce que j'en ai pensé, dans ma prochaine chronique du magazine Fugues :

Ellipse eau pétillante alcoolisée à l'argousier (Québec)
Prix de lancement : 2 / 6$ - Divers points de vente

Voici un concept fantastique pour les escapades estivales. C'est ce qu'on appelle aussi un hard seltzer, mais il y a sur le marché des versions beaucoup trop sucrées et moins naturelles, ce qui n'est vraiment pas le cas ici. Celui-ci est artisanal, au faible taux de 4% d'alcool et avec 100 calories par canette. Super pratique et facile à trimbaler, c'est léger et assez savoureux, avec de jolies notes de pêche blanche et légèrement d'ananas. Aussi offert au bleuet (assez subtil) et au concombre (très subtil); celui à l'argousier est nettement ma préférée.

Vous pouvez aussi me voir le déguster en compagnie de la célèbre Mado Lamotte à environ 4m50s dans l’une de ses récentes capsules vidéo:

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Sommelier-conseil
VINS CONSEIL
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Animation de dégustation de vins à votre domicile ou en entreprise
Cell.: 438 881-7276

vendredi, 21 mai 2021 13:57

Soju : un pont entre les générations

Le soju est originaire de Corée, et la plupart des marques modernes viennent de Corée du Sud, comme l'indiquait Yves Delage, dans sa chronique du 11 mai. Il y a également le shoshu japonais, un alcool parfois fait de riz, mais surtout de céréales ou de pommes de terre. Shoshu veut dire : liqueur distillée. On en produit dans deux régions où il se fait peu de saké destiné à la vente, (car les hivers y seraient trop doux pour une fermentation bien maitrisée, selon un article du Figaro Vin) soit l'ile de Kyushu, et la préfecture d'Okinawa.

Ça peut ressembler à de la vodka, mais son taux d'alcool couramment plus bas, (la limite officielle du soju dilué est de 35°) le rend nettement moins agressif dans le gosier. C'est intéressant aussi de savoir que la consommation de ce spiritueux traverse les générations. Chacune a ses préférences dans le style de soju, mais pratiquement tout le monde en boit, et il n'y a pas de discrimination basée sur le sexe. Les femmes, même les ainées, en consomment. D'ailleurs le soju sans ajouts de saveurs, et plus alcoolisé, est celui qui est le plus bu par les gens plus âgés, alors que les plus jeunes, favorisent ceux plus légers et aromatisés.

On le boit surtout en shooter, mais il est aussi servi pour accompagner des bouchées et des amuse-gueules, un peu comme le xérès servi avec des tapas, en Espagne. C'est très commun. Une autre façon de le servir, c'est de laisser tomber le verre à shooter rempli, dans une chope de bière. On le boit surtout froid, mais pas sur glace.

Il y a aussi une manière traditionnelle de servir le soju. Il faut tenir la bouteille à deux mains et remplir le verre des invités de marque, On tient aussi le verre à deux mains, en signe de respect pour la personne de marque qui nous reçoit. Finalement, on dépose la bouteille sur la table, et on attend que quelqu'un remplisse notre verre. On évite de regarder la personne de face en buvant notre shooter, car c'est un impair social de montrer ses dents à quelqu'un d'important! Et on ne laisse jamais quelqu'un boire seul. Fait surprenant : on dit que boire d'un à quatre verres de soju par jour, est très bon pour la santé : ca aiderait à réduire les risque d'AVC, surtout chez les hommes!

J'ai goûté à deux sojus neutres de Hite Jinro, un à 16,9°, et l'autre qui s'appelle Chamisul Classic, à 20°.C'est celui-ci qui est le plus traditionnel. C'est assurément semblable à la vodka,dans les deux cas, mais très doux, presque crémeux comme texture. Le premier est légèrement plus neutre. Les deux ont une certaine longueur, qui finit avec une assez nette amertume. C'est mon impression, bien sûr.

Très liés aux jeunes et à la K-Pop culture, très répandue dans toute l'Asie, et de plus en plus dans le monde, les soju aromatisés se déclinent en plusieurs parfums. La plupart utilisent des extraits naturels de fruits. J'en ai essayé quatre, à 13° d'alcool.

Le premier est aromatisé au raisin vert. C'est assez particulier au nez, avec des notes d'encens et de bonbons. La bouche me fait penser aux bonbons à la gelée de litchi. C'est sucré et surette à la fois. Je n'en boirais pas deux bouteilles, mais c'est exotique.

Le second est parfumé au pamplemousse. Ça sent la gelée de pamplemousse. La bouche est bizarrement tannique! C'est presque comme mordre dans un zest. Je m'attendais à quelque chose de plus suave, de plus fruité. C'est un brin austère pour moi.

Ensuite, j'ai essayé celui à la fraise. C'est très aromatique! Ça sent la fraise mûre. C'est aussi très fruité en bouche. Je ne sais pas ce qui donne cette sensation de tannins, dans les gencives. C'est particulier. Mais le côté fruité rend ce soju assez harmonieux, quand même.

Enfin, j'ai dégusté celui à la prune. Encore ce nez d'encens, ou plutôt de pot-pourri assez floral (lavande,violette) et des notes de prune rouge, en même temps. Ça fait un peu grand-maman de jadis. La bouche est encore une fois expressive, avec une impression de sucrosité plus marquée. Les notes fruitées restent longtemps en bouche.

Il me semble que j'aurais tendance à m'en servir pour faire des cocktails, mais ça peut aussi remplacer certaines sangrias, ou certains coolers, sur une terrasse, si c'est servi très frais. Le mélange boisson estivale et pop colorée asiatique est assez intrigant pour donner envie d'essayer ces bouteilles de 375 ml, mais ce n'est certainement pas dans la mode des hard seltzers aux calories réduites. Le taux de sucre est assez important. Si les phénomènes de société et les tendances « lifestyles » asiatiques vous intriguent, il faut absolument faire connaissance avec le soju sous ses deux formes : classique et aromatisée.

Cette chronique n'aurait pas vu le jour sans les échantillons et les anecdotes culturelles de Christian Geadah, de 3G Groupe Général, qui est derrière l'importation de ces produits au Québec.

Les passionnés infatigables Sylvain Lague et Maximiliano Vallée Valleta, ainsi que la nouvelle équipe de Club Local, nous donnent un avant-goût des plaisirs de l'été. Il y a eu beaucoup de recherche, tant au niveau de la conception que de la présentation de ces liquides festifs, et je suis bien content de vous les présenter.

D'abord, pour ceux qui aiment bien les seltzers alcoolisés, il y a Shape : une gamme de boissons super rafraichissantes sans sucre, avec à peine 90 calories et 100% faites au Québec. Contrairement à leurs autres produits qui se retrouvent à la SAQ, les canettes de Shape seront facilement accessibles dans les supermarchés et les dépanneurs Couche-Tard, entre autres. C'est un beau partenariat avec Boréale. On vous propose trois parfums fruités : Citron-lime, framboise-menthe et baies-hibiscus. Ces boissons de malt ne sont évidemment concoctées qu'avec des arômes naturels et sont sans arrière-goût de fond de bière, parfois associé à ce type de rafraichissements. On vous propose la légèreté de l'eau minérale, pas la richesse d'une boisson gazeuse. Shape citron-lime est pimpante, avec une attaque lime et une tendre finale citronnée. Shape baies-hibiscus est exubérante au nez et très expressive et longue en bouche, tout en conservant son caractère aérien. Quant à Shape framboise-menthe, c'est indéniablement la framboise qui saute au nez, et la menthe verte qui se manifeste en bouche. C'est original et fin à la fois. Bref, voilà trois bons produits qu'on va sûrement voir dans les paniers de pique-nique et sur les balcons, lors des journées ensoleillées.

Pour ceux qui ont la nostalgie des voyages dans le Sud, on vous offre de vous évader le temps d'une canette de Mojito! Retrouvez toute la joie de cet exotique cocktail, sans le moindre effort de préparation. Déjà, sur la canette, vous pouvez voir le clin d'œil à Cuba (son pays d'origine) avec son dessin de voiture américaine, qu'on admire souvent dans les rues de La Havane, et ses racines québécoises, avec la silhouette de la bouteille du rhum Ste-Marie, projetée sur un mur de maison typique de l'ancien Faubourg à m'lasse. Le nez de lime et d'une brise de menthe est très plaisant. Ces deux arômes (naturels, bien sûr!) sont vraiment en harmonie, en bouche. C'est franc et sans aucune sucrosité trop lourde. C'est dangereusement facile à boire, et ça nous place aussitôt dans un hamac, doucement caressé(e) par le vent du large. Ça donne le goût, non? :)

Je lève mon chapeau à Club Local et Shape, pour ces nouveaux produits faits au Québec, avec une vision alliant tendance et qualité. Et ne craignez pas de manquer de votre nouveau plaisir liquide estival vers la fin de la belle saison, car, signe de leur prévoyance, ils ont constitué un bon stock de canettes qui devrait leur éviter les aléas de la pénurie déjà annoncée.

Mojito Ste-Marie, 4 x 355 ml, 16$, SAQ 14701300

Shape, 6 x 355 ml, 14,99$ | 12 x 355 ml (4 canettes de chaque saveur), 24,99$

Échantillons reçus.

Un beau vin rouge à base de montepulciano, un cépage de l'appellation des Abruzzes, sur la côte est de l'Italie.

Travaillé par les artisans de Podere Castorani.

Un vin charmeur pour évoquer sentiments et passions amoureuses. Joyeuse St-Valentin!

Une autre super contribution du concepteur Danny Giroux. :)

Page 1 sur 11

Commentaires des lecteurs