jeudi 13 juin 2024
Jean Chouzenoux

Jean Chouzenoux

Jean Chouzenoux a travaillé 35 ans à la Société des alcools du Québec, y a occupé différents postes de gestion aux ventes, aux communications et à la commercialisation.
 
Membre de nombreuses confréries bachiques et gastronomiques et animateur de tournées viticoles dans le vignoble européen. Juré dans les concours internationaux de dégustations, fut chroniqueur sur les vins à la radio et collabore ponctuellement au magazine Prestige de Québec.
 
Installé à  Nice depuis 2010, où il continue d'entretenir sa passion pour le vin.
mercredi, 05 juin 2024 09:00

Ces stars françaises qui font du vin

Après ma chronique du mois dernier dans laquelle je vous parlais de ces stars hollywoodiennes qui se sont lancées dans une carrière de vigneron, je reprends le clavier pour vous parler cette fois de cinq étoiles françaises qui se sont aussi mises au service de la vigne. Actrice, acteur, producteur ou chanteur, voici un bref survol de leur implication viti-vinicole.

Pierre Richard en Corbières

pierre richard

Ce grand blond quelque peu distrait a fait l’acquisition du Domaine de l’Evêque, dans le sud de la France, en 1986. Il s’agit d’une propriété viticole d’une cinquantaine d’hectares dans un secteur peu favorable à la culture de la vigne, situé au cœur de l’appellation Corbières. Sur cette parcelle rebelle, l’acteur et comédien Pierre Richard en a tiré le meilleur pour produire dans la palette complète de couleurs… des blancs, des rosés et des rouges fort agréables. En effet, sur cette terre aride tapissée de garrigue et baignée d’embruns méditerranéens, il y cultive grenache, syrah, mourvèdre ou carignan, que des assemblages judicieux feront éclore harmonieusement. Tout comme pour le cinéma, l’acteur dit vouloir faire du vin pour créer des émotions! Incidemment, juste avant la pandémie, j’ai eu l’occasion de voir Pierre Richard sur les planches d’un théâtre, où seul sur scène pendant près de 2 heures, il nous a raconté des dizaines d’anecdotes avec force gestes sur ses tournages épiques… un régal et bien des émotions! 

Carole Bouquet sur son île

Carole BouquetCrédit photo : MAXPPP /MAXPPP Sandro Michahelles

La célèbre comédienne, connue pour ses rôles au théâtre et au cinéma, a voulu se mettre à l’abri des projecteurs en faisant l’acquisition d’une propriété sur l’intime île de Pantelleria, au large de la Sicile. En Méditerranée, près des côtes tunisiennes, sur cette île aux parfums enchanteurs, au fil de ses balades gourmandes, Carole Bouquet est tombée sous le charme des vins de Passito. Ce sont des vins passerillés, c’est-à-dire que l’on fait sécher les raisins au soleil afin de les déshydrater et de concentrer les sucres avant la fermentation. Poussée par cet élan, elle s’est portée acquéreuse d’un petit vignoble où elle produit depuis un vin grandiose, le Sangue d’Oro. Élaboré à base de muscat d’Alexandrie en très faible rendement, cet exquis vin de dessert dégage une puissance aromatique d’écorce d’orange et de mangue. Il se déploie ensuite en bouche avec onctuosité, des saveurs d’agrumes et de caramel, et on n’en finit plus de compter les caudalies. 

Gérard Depardieu dans la Loire et ailleurs…

C’est au Château de Tigné, en Anjou, que l’acteur s’est fait vigneron, en 1989. Il avait découvert les vins gouleyants de Loire lors d’un tournage avec son ami Jean Carmet, passionné des Chinon et autres Bourgueil ou Sancerre. Gérard Depardieu, ce monstre sacré du cinéma devenu ce monstre qui fait sacrer, a acquis cette magnifique propriété érigée au XVe siècle. Sur une superficie de 110 ha sont complantés cabernet-franc et sauvignon, cépages souverains de la Loire. Dévoré par la passion du vin, Gégé est également propriétaire, en partenariat avec Bernard Magrez, de vignobles à Lussac St-Emilion, dans le Languedoc, et s’est aussi associé à des viticulteurs sur d’autres continents, soit en Algérie, au Maroc et en Argentine. Il y a quelques années, l’acteur avait fait part de son intention de vendre toutes ses parts dans ces propriétés… il semble que rien ne soit encore concrétisé.

Luc Besson sur les plateaux calcaires

Domaine AlquierDomaine Alquier

Le cinéaste qui a classé huit de ses films au top 100 du cinéma français à l’étranger, le réalisateur du Grand bleu, du 5e Élément, de Lucy, arpente désormais, au-delà des plateaux de cinéma, les plateaux calcaires et argileux du Languedoc. Dans cette immense région viticole, pays du carignan, du cinsault et du grenache, Luc Besson s’est établi au Domaine Alquier, à Faugères, et au Domaine de Senaux, dans l’Hérault. Avec ses collaborateurs, il élabore des vins blancs charnus et des rouges robustes qui se marieront à la cuisine locale, à la fois côté mer, grâce aux poissons de la Méditerranée et dans les terres avec le gibier, les légumes variés, les charcuteries et les fromages.

Francis Cabrel dans le Lot et Garonne

cabrel credit DRCrédit photo : DR

C’est au Domaine du Boiron que le célèbre chanteur a pris racine dans l’aventure viticole. Grand amateur de vin depuis sa jeunesse, Francis Cabrel et son frère Philippe ont acquis cette propriété située dans le Lot et Garonne, entre Bordeaux et Toulouse, en 1988. Originaires de la région, un palais de dégustateur formé à la rusticité du tannat, ils en ont planté sur la propriété de 10 hectares en l’associant au merlot pour la finesse et au cabernet-sauvignon pour les arômes. Leur vignoble, classé sous l’AOC Brulhois, est entièrement mené sous culture biologique et toutes les opérations menées à la vigne se font manuellement. La vinification des blancs et des rouges s’effectue en cuve béton, avant un passage en barrique pour les rouges pouvant aller de 10 à 12 mois.

Voyager sans contraintes…

Voyager peut prendre plusieurs formes. La dégustation d’un grand vin est une odyssée au pays des sens et nous ramène à son terroir d’origine. Cependant, l’expression de voyage la plus intériorisée, dont les contours et les paysages demeurent flous, dont nous imaginons et créons les visages, celle qui nous guide et nous transporte sans nous déplacer est la lecture. Surfer de pages en chapitres, s’envoler vers des destinations fictives, déambuler en des lieux imaginaires, être émerveillé par une histoire ou ébloui par un style d’écriture, voilà la gamme de sensations que peut procurer une traversée littéraire.

Une histoire envoûtante et une écriture romanesque

Dès les premières lignes de Veiller sur elle, j’ai été happé par le style emporté et romanesque de l’auteur, Jean-Baptiste Andrea. Son histoire débute par la fin, avant de faire un bond arrière de quelques décennies, à la genèse de cette épopée. Mimo et Viola sont les principaux protagonistes du roman dont l’aventure s’étend sur les 80 premières années du XXie siècle.

Mimo, de son vrai nom Michelangelo Vitiliani, est sculpteur de son état, un clin d’œil à peine voilé à un autre AngeMichel, bien réel celui-là. Cette fresque transplante sa galerie de personnages du sud de la France aux terres du Piémont et de la Toscane, jusqu’aux gisements de marbre de la montagne de Carrare. Le lien empreint de mysticisme qui unit Mimo à Viola est jalonné de longues périodes de silences et parsemé de grands moments de désespoir, comme dans les opéras tragiques. Leur liaison, proche et distante à la fois, s’étendra sur toute une vie et restera gravée dans la pierre pour l’éternité.

Le sculpteur précoce qui attaque ses premiers blocs de marbre dès l’âge de 6 ans a été touché par la grâce artistique qui transcende son handicap. En effet, on l’appelle aussi Gulliver, évoquant le célèbre voyageur de conte féérique en sa période où il fut petit, tout petit. Orphelin de père et abandonné par sa mère, l’artiste s’échine dans l’atelier de son oncle, qui le tyrannise et l’exploite. Mais le talent l’habite et devant un bloc de marbre de Carrare, là où l’oncle voit une masse en pierre qu’il aura à sculpter selon la commande des clients, Mimo le jeune apprenti songe à l’ourse qui s’y cache ou à la vierge qu’il fera émerger à coups de burin et de ciseau avant de polir la pierre inerte pour enfin lui donner vie.

Par ailleurs, l’écrivain semble également touché par la grâce, pour le plus grand bonheur du lecteur. Son style est romanesque, sa plume est gracieuse, fine, élégante et émouvante. Au cours de ce voyage littéraire, le passager est bercé par une pléthore de métaphores, de poésies ou d’allégories… lisez plutôt :

« Une lumière venant d’on ne sait où, sauvait son visage de la voracité de l’ombre. »

 « Nous avons beaucoup pleuré  en glissant vers l’aube, car nos nuits étaient en pente. »

 « La ville de Florence est si belle que quitter chaque rue est un renoncement. »

 « Ses yeux étaient un portail ouvert sur un autre monde. »

 

Jean Baptiste Andrea

Un mot sur Jean-Baptiste Andrea

Incidemment, l’auteur français de 53 ans réside à Cannes.

En plus du Goncourt pour Veiller sur elle, il a reçu le Prix Femina pour son premier roman, La Reine, paru en 2017.

Il est également réalisateur et scénariste… bref, il possède quelques échappatoires pour son imagination débordante!

En cette période du Festival de Cannes qui bat son plein, j’ai pensé vous pondre une petite chronique sur ces stars d’Hollywood qui se sont mutées en vignerons. 

Des marches du Palais des festivals à Cannes aux restanques des côteaux varois il n’y a qu’un pas, que l’on peut franchir en un long plan séquence. Tous, moult fois auréolés de la divine palme de laurier qu’ils arborent sur les affiches de leurs blockbusters, ont déserté momentanément les plateaux de tournage pour des plateaux en extérieurs, non pas éclairés par des projecteurs, mais tout naturellement par l’astre solaire. Alors, qui sont ces trois mousquetaires? Brad Pitt, Georges Clooney, Georges Lucas et Ridley Scott. Tiens donc, ils sont quatre… tout comme la bande originale. En effet, ces dernières années, nos quatre stars hollywoodiennes sont devenues de réels gentlemen farmers; le vignoble varois situé au sud de la France est devenu leur nouveau décor. 

brad pitt et angelina jolie

Brad Pitt et Angelina Joli au Château de Miraval 

En 2011, après une énième apparition sur le tapis rouge du Festival de Cannes, les deux tourtereaux de jadis ont survolé en hélicoptère la plaine du Var à la recherche de la Bastide provençale de leurs rêves. Apercevant un vaste domaine se détachant à l’horizon, ils ont demandé au pilote de voler en rase-motte pour y voir de plus près. Y voyant de plus près, ils lui ont carrément ordonné de se poser… bienvenue au paradis! Un domaine de 500 hectares, complantés d’oliviers, d’orangers, de citronniers et 50 ha de vignes en prime. La maison du XVIIe siècle trônant au cœur de l’immense propriété n'était pas en reste, abritant même un studio d’enregistrement. Brad et Angelina ont tellement aimé le Mas de Miraval qu’ils l’ont acquis, ont restauré la demeure, construit une chapelle au cœur des dépendances et s’y sont mariés. Le coup de foudre était total! Par la suite, deux enfants naîtront au début de cette union et ils verront le jour ici, à Nice. Je potine… après tout, on parle de stars!

Novice en la chose viti-vinicole, le couple s’est associé à la Famille Perrin, du Château Beaucastel, en Châteauneuf-du-Pape, pour gérer entièrement le vignoble. Sur ces terres rôties par un soleil ardent, c’est toujours Marc Perrin qui veille au bon développement des cépages grenache, cinsault ou rolle… pour lui, c’est le « rolle » de sa vie, s’cusez-là! Cent cinquante mille bouteilles sortent annuellement des chais sous l’appellation contrôlée Côte de Provence ou Côteaux varois en Provence. Conséquemment, les vins du Château de Miraval se sont vite imposés, surtout le rosé, qui s’affiche sur toutes les bonnes tables de la Riviera méditerranéenne.

Amal et George Clooney debarquent en Provence

>Georges Clooney propriétaire de vignes dans le Var 

C’est en 2022 que l’acteur et son épouse Amal ont acquis une vaste propriété à Cotignac, dans le Var. Le Domaine de Canadel s’étend sur près de 800 hectares, où s’épanouissent de multiples essences végétales et d’innombrables arbres fruitiers, dont quelques hectares de bons ceps de rolle et de grenache blanc. Toute l’opération viticole est gérée en fermage (i.e. le propriétaire loue l’exploitation de ses vignes) par l’œnologue Laurence Berlemont, qui officie sur d’autres propriétés de la région. Les vins sont vendus sous le nom de Ferme St-Georges, AC Côteaux du Varois, et on y produit majoritairement du blanc et du rosé… What else!

L’immense bastide de 800 M2 où résident le Amal et Georges Clooney lors de leurs séjours en France, comporte une bonne dizaine de pièces, est entourée d’une piscine, d’un terrain de pétanque et de fontaines sculptées dans la pierre. Lors des fortes chaleurs estivales, l’après-midi il est agréable s’assoupir dans le somptueux jardin à l’ombre des oliviers et bercé par le chant des cigales.

vignoble george lucas 5 scaled

Georges Lucas n’est plus en guerre contre les étoiles 

Au contraire, car loin de l’agitation de la ville, bien en retrait dans l’arrière-pays provençal, le soir venu on peut admirer une myriade de constellations d’étoiles au firmament et la paix y règne sereinement. En 2017, Georges Lucas, l’immense réalisateur de la saga de La guerre des étoiles, s’est aussi octroyé sa vie de gentleman farmer. C’est à Châteauvert qu’il a déposé ses pénates, au Château Margüi, où la culture de la vigne remonte à 600 ans avant J.-C. La culture des abricots, des amandes et des melons a ensuite été privilégiée avant que l’on replante de la vigne au début des années 2000. Bien irrigués par les nombreuses sources qui dévalent des collines environnantes, les plants de grenache, de cinsault et de rolle ont de quoi s’épanouir malgré les chaleurs suffocantes. Les vins sont vendus sous l’appellation de Château Margüi ou de Cuvée de la Bastide et chaque automne, c’est toute une armée de Jedi qui s’active au moment des vendanges.

La fastueuse demeure, incluant ses dépendances, occupe une superficie de 3600 M2. Entièrement rénovée au moment de l’acquisition, le monstre sacré du cinéma semble n’y séjourner qu’assez rarement car, pour qui en a les moyens, la bastide est surtout offerte à la location. À bon entendeur, salut!

Scott

Ridley Scott dans le Luberon 

En fait, c’est lui le pionnier, car le réalisateur du Gladiateur et du récent Napoléon s’est fait vigneron dès 1992, en faisant l’acquisition d’une propriété à Oppède, dans le Luberon. Et Ridley Scott fait cela sérieusement, au point où on peut lui attribuer le titre de vigneron sans froisser les professionnels de la filière viticole. Car, soigneusement, il a appris les rudiments de la viticulture avant de maîtriser les techniques de vinification, au point de réaliser lui-même son premier millésime en 2020.

Il pousse la maîtrise de tous les éléments de la production d’un bon vin, allant jusqu’à dessiner lui-même ses propres étiquettes et les vins signés le Mas des Infermières se déclinent en blanc, rosé et rouge. Par ailleurs, jouxtant la Vallée du Rhône, ici ce sont les cépages rhodaniens qui ont préséance. Adossés au pied du massif du Luberon qui fait écran (s’cusez encore) au mistral dominant, les ceps portants syrah, roussanne ou grenache produisent à foison. Enfin, comme ses collègues du 7e Art, il a totalement rénové le domaine situé au cœur d’un immense parc naturel. La demeure, le chai, la cuverie, tout y est passé. De surcroit, il imaginé et conçu le tout lui-même… comme quoi son imagination et son instinct créatif ne se limitent pas qu’au seul monde du cinéma.

En terminant, notons que d’autres vedettes du cinéma français se sont installées au creux de vignobles du Sud de la France. Citons Pierre Richard et Luc Besson ; à suivre…

Clap de fin, envoyez le générique!

De plus en plus de compatriotes troquent la blancheur hivernale du Québec pour les teintes bleutées et verdoyantes de la Côte-d’Azur. Le bouche-à-oreille agissant comme une caisse de résonnance, ce sont souvent les amis des amis que se pointent année après année sur la célèbre Promenade des Anglais. J’en ai déjà fait écho ici, l’occasion m’est offerte d’en fréquenter plusieurs et parfois de vous les présenter comme c’est le cas aujourd’hui avec Michel Côté, ancien directeur du Musée de la civilisation de Québec. Ce dernier revient régulièrement en France, oui à Nice mais aussi à Paris et surtout à Lyon… voyons voir !

L’aventure française 

Originaire de Victoriaville, Michel Côté fait carrière dans le monde de la muséologie et devient directeur des expositions au Musée de la civilisation de Québec dans les années 1990. À la fin du millénaire, les administrateurs du Musée d’histoire naturelle de Lyon sont à la recherche d’un nouveau directeur qui pourra à la fois coordonner les opérations muséales en apportant de nouvelles collections mais surtout développer l’intérêt de la population et accroître sensiblement la fréquentation au musée de Lyon. C’est au québécois Michel Côté qu’est confié la mission et le voilà qu’il débarque avec épouse, armes et bagages au bord du Rhône, en 1999. Alors qu’en ce pays aux 1200 musées, au patrimoine historique riche et diversifié, aux multiples centres  d’interprétations civilisationnels, sociaux ou culturels, en cette France qui regorgent d’historiens, de muséologues, de conservateurs ou régisseurs de patrimoine, pourquoi solliciter les lumières et l’expertise d’un muséologue québécois?

Monsieur Côté, de me répondre : « En France, l’expertise muséologique est surtout axée sur les collections alors qu’au Québec nous avons une forte préoccupation à faire vivre une expérience culturelle maximale aux visiteurs de nos musées. Nous voulons que nos différents publics se sentent accueillis et passent de spectateurs à acteurs, qu’ils vivent une expérience totale et que tous les sens soient interpellés ». En fait, cela confirme un trait reconnu de plus en plus à travers le monde :  le sens de l’hospitalité, est un gène québécois ! « Ma volonté de vouloir un musée plus accessible à un plus grand nombre de gens, cette forme de démocratisation de la culture, bref cette ouverture et cette expertise bien québécoise sont les éléments qui ont plu au comité de sélection », d’ajouter Michel Côté.

Photo 2

Le Musée des Confluences de Lyon 

Bien en selle à la direction de son musée le dirigeant québécois et les élus lyonnais rêvent cependant de plus grand et d’ajouter un élément majeur à l’offre muséale de la ville car après tout, Lyon n’est pas qu’une capitale gastronomique où seul Paul Bocuse a droit de cité. C’est ainsi que débute la fabuleuse aventure de la conception d’un musée de Sciences et Sociétés qui deviendra au bout de d’une décennie de labeur, le Musée des Confluences de Lyon. Incontournable et véritable signature architecturale à l’entrée de la ville, ce spectaculaire édifice tire son nom de son point d’ancrage au confluent des deux cours d’eau qui se croisent à Lyon, le fleuve Rhône et la rivière Saône. Voilà comment on le décrit sur le site officiel du musée : en plus du Socle, sur lequel il repose comme un pont sur ses piles, deux éléments distincts le composent. Baigné de lumière, le Cristal, son hall monumental, s’ouvre vers la cité en invitant à venir le visiter. Le Nuage abrite le parcours permanent et les expositions temporaires.

« J’ai toujours prétendu que pour expliquer la complexité du monde, on avait besoin de plusieurs disciplines. On avait besoin de la science, on avait besoin de l’histoire, de l’archéologie, de la philosophie, des beaux-arts. On ne peut pas se contenter d’une seule discipline. » Pour Michel Côté, un musée doit conjuguer trois éléments : le plaisir, la connaissance et la réflexion.

un seminaire au musee des confluences

Retour au Québec

La vie nous réserve parfois de curieuses surprises. Lors d’une visite officielle à Lyon de Jean-Paul l’Allier, alors maire de Québec, ce dernier croise Michel Côté lors d’un événement et lui susurre à l’oreille qu’on aurait bien besoin de lui au Musée de la civilisation de Québec, mais cette fois comme directeur général. Cela sonne comme un rappel des troupes auquel toute la famille Côté consent et ce beau monde rentre au bercail en 2010. Monsieur Côté supervisera le fabuleux musée de la capitale pendant cinq ans avant de tirer sa révérence. Non sans gloire car il se voit décerner le prix ICOM du rayonnement international pour sa carrière et son implication qui démontrent une excellence de calibre supérieur en matière de muséologie canadienne Rassurez-vous Michel Côté demeure actif et partage son expertise à l’écrit en signant différents articles dans des revues sociétales et scientifiques. 

IMG 1925

Cher Michel, au plaisir de vous revoir à Nice prochainement !

J’ai rencontré Louise Chalifour l’an dernier, à Nice. Une autre québécoise que sa route a mené jusqu’au bord de la Méditerranée. C’est que j’en découvre de plus en plus de ces québécois égarés au sein du vieux continent. Son parcours professionnel fut sa boussole et celle-ci souffrant d’un problème d’orientation lui indiquât plutôt le Sud ! Grand bien nous fasse, car chaque rencontre avec ma nouvelle amie compatriote, fort sympathique au demeurant, donne lieu à de belles plongées dans des souvenirs communs de notre Québec et à des rires contagieux. Et quand d’autres camarades québécois séjournant à Nice s’ajoutent à nos festives tablées, résonne alors une joyeuse cacophonie… quand cela ne devient carrément hilarant !

IMG 3663Louise Chalifour et Jean Chouzenoux, deux compatriotes québécois sur la célèbre Place Masséna à Nice

Originaire de Neufchâtel puis… un saut dans la Ville Lumières

Jadis, nous étions presque voisins. Louise a fait ses études secondaires à la Polyvalente de Neufchâtel pendant que je m’escrimais à celle de l’Ancienne-Lorette, deux banlieues voisines au nord de Québec. Diplômée de l’Université Laval, elle est propulsée au poste d’agent du Protocole au deuxième Sommet de la Francophonie, tenu à Québec en 1987 sous la présidence d’honneur du premier ministre du Canada, Brian Mulroney. Elle y tisse sa toile et Jean Pelletier, alors maire de Québec, la recommande au poste de chargée de projets à l’Association internationale des maires des capitales et des métropoles francophones (AIMF), dont les bureaux sont situés à Paris. En effet, le Canada francophone est toujours représenté à l’AIMF et le poste est généralement dévolu à un officier du Québec. C’est alors le début de l’aventure française de Louise Chalifour et outre les grandes villes de France où elle porte la parole franco-canadienne, ses responsabilités la dirige vers plusieurs capitales du continent africain notamment au Gabon, au Niger, au Togo ou au Maroc.  

Le parcours de Louise Chalifour en France

Cette aventure française ne semble pas vouloir prendre fin et pour cause. Après son mandat à l’AIMF en 1994, Louise Chalifour est recrutée à l’Ambassade du Canada à Paris d’abord comme attachée de relations publiques avant d’y jouer un rôle de gestionnaire et de superviseur jusqu’en 2018. Un sacré cheminement pour la jeune femme partie de Québec en 1987 et qui pendant 30 ans a représenté la Canada dans la plus flamboyante capitale du monde. Devenue citoyenne française et ayant un conjoint français, le retour au Québec ne figure pas au programme pas plus que la retraite oisive. C’est alors qu’une nouvelle opportunité se dessine… sur recommandation de l’Ambassade du Canada à Paris, Louise est nommée par la gouverneure générale du Canada, consule honoraire du Canada pour la région Sud (Provence, Alpes, Côte-d’Azur) basée à Nice. En 2022, elle est élue vice-doyenne du Corps consulaire des Alpes-Maritimes. Cela ne pouvait pas rater… les routes parallèles que nous avions chacun empruntées du Québec au Sud de la France se sont enfin croisées à Nice où nous avons planté notre tente, peut-être pour de bon?! J’y reviendrai. Le temps de vous dire qu’à titre de consule honoraire basée à Nice, toujours dans un souci de servir, Louise s’engage à veiller avec diligence aux intérêts et aux besoins d’assistance des Canadiennes et Canadiens en déplacement dans la région en plus d’assurer un rôle de représentation auprès des diverses institutions publiques françaises. Par ailleurs, son conjoint Pierre Chaplain français du cru, gravitant autour de cette sphère a lancé récemment l’association les Amis du Canada-Nice et Côte d’Azur et compte bien développer quelques partenariats entre nos deux contrées.

IMG 20220826 WA0001 2Louise Chalifour avec le maire de Cannes, à l’occasion de l’anniversaire de la Ville de Cannes

À Nice, quand nous repensons à notre ville de Québec…

Comme je le disais plus haut, notre rencontre récente à Nice a rapidement donné le ton à des échanges amicaux et à une plongée dans nos souvenirs. Pierre et Louise étant de commerce fort agréable, conscients tout comme mon épouse et moi du privilège que nous avons d’écouler d’heureux jours sous le ciel azuréen, nous avons sentis le besoin de fraterniser et de ressasser le passé autour d’un bon verre de Rosé de Provence. Louise et moi étant de Québec et ayant tous deux évolués dans la sphère publique, nous allions forcément nous retrouver en des lieux communs voire dénicher quelques accointances. Cela n’a pas raté, nous avons réalisé qu’avant qu’elle quitte le Québec, nous avions fréquenté les mêmes cercles professionnels ou sociaux, connu tous deux les mêmes personnalités de la Capitale, eu à différentes époques des amis communs et que jadis, Louise avait même connu ma mère.  Bref sans nommer toutes les connaissances croisées, nous avons réalisé comme on le dit souvent, que la communauté québécoise est tissée serrée !

Qu’on en commun pour un amateur de vin le Québec, le Penedès et la Principauté de Monaco ? Cette semaine le lien c’était un salon des vins où la dynamique québécoise Florence Lemieux, qui travaille au Domaine Parés Baltà dans le Penedès en Espagne, présentait les vins de la propriété aux sommeliers et acheteurs des palaces monégasques et des restaurateurs de la Côte-d’Azur. Avec mon bon ami Don-Jean Léandri, nous avons donc renoué avec le plaisir d’arpenter un salon qui heureusement n’était pas trop grand et où nous n’avions pas à jouer du coude pour déambuler entre les tables des différents producteurs.

IMG 3631Florence Lemieux du Domaine Parés Baltà et Laurent Courbard, responsable commercial de l’agence Prestige de France lors du Salon des professionnels de Monaco

Florence Lemieux originaire de Montréal s’est installée dans la région de Barcelone il y a 5 ans après avoir travaillé dans un domaine viticole dans la Vallée du Niagara. Maîtrisant désormais 3 langues, elle est un atout majeur pour la famille espagnole quand vient le temps de promouvoir leurs vins sur les marchés internationaux.

Par conséquent, nous avons eu le plaisir de découvrir la palette de vins de Parés Baltà mais surtout le bonheur de placoter de qui nous rapprochait de notre Québec, les amis, les collègues, les événements vinicoles, les bons restaurants, etc.

Me revient alors toujours à l’esprit que le monde du vin est bien petit et que les rencontres qu’on n’y fait, souvent fort agréables.  Pour l’anecdote Florence Lemieux est la fille de Julie Déziel que nombre d’amateurs de vins de tout le Québec connaissent, car elle fut longtemps responsable des activités du Courrier Vinicole, à la SAQ.

lundi, 18 mars 2024 13:37

Thierry Cornuet, alias Big T…

Joueur de rugby, restaurateur, Pitmaster, roi du BBQ, formateur, animateur, franco-canadien et quoi encore?! 

J’ai rencontré le sympathique et charismatique Thierry Cornuet il y a 3 ans à son restaurant en extérieur d’un quartier industriel de Nice. De prime abord, le secteur ne payait pas de mine mais l’étonnement était ailleurs. En effet, la surprise le chaland la découvrait une fois le seuil franchi devant les immenses BBQ et humant les effluves de pièces de viandes se faisant grillées. Des Tomahawks de bœuf épais comme çà, des rôts de volailles ou des travers de porc, de quoi sustenter les plus voraces carnivores! La réputation du Bootgrill s’est alors répandue comme une traînée de poudre d’autant qu’encensé par le prestigieux guide gastronomique Gault & Millau. C’est donc des collines niçoises et de tous les environs, de Cannes à Monaco, que venaient s’attabler les riverains ou les touristes pour faire bombance et s’adonner à de festives libations.

IMG 3712 2Ici, lors de ma première visite au Bootgrill. Je porte mon chandail des Nordiques pour contrer son panneau des Canadiens. À droite, Daniel Blais un autre Québécois exilé à Nice complète le joyeux trio!

De la France au Québec, puis du Québec à la Côte-d’Azur

Le parcours de notre chef globe-trotter débute à Dijon où il officie comme joueur de rugby affilié au club local (j’avoue qu’il en a encore la carrure). La retraite sonnant tôt dans ce genre de discipline, le sportif troque les semelles et s’expatrie au Québec pour assouvir d’autres passions. Nous sommes au début des années 2000 et l’aventure durera plus de quinze ans. Son premier Job, il est gestionnaire pour la prestigieuse marque Red Bull et fait partie de l’équipe qui a organisé le spectaculaire Red Bull Crashed Ice de Québec. Il occupe par la suite différentes fonctions dans le monde de l’alimentation et développe entre autres des liens étroits avec les producteurs du Cidre de Glace Neige afin de favoriser l’exportation de ce produit distinctif vers le marché français. Succès immédiat à en voir les étalages dans les aéroports et aux Galeries Lafayette. Et croyez-le on non, lors de notre première rencontre au Bootgrill en 2021, il nous est revenu en mémoire à tous les deux une réunion que nous avions eu à l’époque à mon bureau de la SAQ, à Montréal, justement à propos de la visibilité des vins et spiritueux québécois en sol européen. Mais ses premiers frissons québécois lui proviennent lors de la découverte d’une des activités favorites des québécois en période estivale, l’art du BBQ. Gourmet et gourmand lui-même, un brin festif, au-delà des plaisirs de la chair que procurent ce mode de cuisson, il apprécie la convivialité qui y est associée. Il s’y lance à fond, multiplie les expériences, invente des recettes et utilise à satiété les produits québécois. Et un bon jour, il se dit « faut que j’exporte cela en France ».

Un homme qui innove, un esprit en constante ébullition

Le voilà qui débarque dans le sud de sa terre natale en 2018 et qu’il se lance. D’abord avec un gros Weber et trois tables en plastic sous une tente…ce qui deviendra ensuite le Bootgrill. Aujourd’hui…je dois dire arrêtez-le quelqu’un !! c’est qu’il s’emballe notre ami, une idée n’attend pas l’autre. Les multiples projets qu’il conçoit doivent être source d’insomnies ou sont-ils son carburant ? Certains prennent forme rapidement, d’autres sont en gestation, certains sont éphémères, d’autres permanents. Voyez plutôt, d’abord un nouveau concept ouvert depuis peu sur les hauteurs de l’arrière-pays niçois. Baptisé Shack & Co c’est un véritable sanctuaire pour les amateurs de BBQ où se grefferont bientôt, une rhumerie, une cave à vin, une coutellerie, une épicerie fine, une boucherie, un barber shop puis un espace dédié à l’univers du BBQ et des Smoker-Grill (bien oui on est en France !). Ici, même Epicure serait comblé.

À quelques kilomètres, il implante le P’tit Karibou dans un lieu champêtre, bucolique à souhait, perché face à la mer, dans un écrin d’oliviers, place que l’on peut réserver pour des réceptions familiales ou sociales, toujours sur le thème du BBQ.  Souvent les produits québécois sont à l’honneur, le sirop d’érable, la poutine ou la bière. L’ambiance chaleureuse est l’ingrédient principal de ce succès, Big T comme il aime bien se faire appeler veillant, au four comme sur le terrain ou sous le chapiteau, au plaisir de chacun et à la bonne humeur contagieuse. Par conséquent, il serait possible que le groupe de québécois qui s’est formé au fil des ans dans la région niçoise se retrouvent au P’tit Karibou pour la célébration de la Fête Nationale du Québec, le 24 juin prochain. Enfin, pas étonnant que Thierry Cornuet un brin nostalgique m’ait récemment confié : « le Québec m’a mis au monde professionnellement, c’est là-bas qu’est née ma passion du BBQ ».

Parmi les autres aventures de Big T notons qu’il a eu son camion de cuisine de rue (un food-truck comme on dit en France) avec lequel il a sillonné la France et présenté ses recettes dans plusieurs salons gastronomiques. Il donne des classes de formation sur la cuisine au BBQ auréolé de son titre de Pitmaster et de membre du jury du championnat de BBQ de France. Il vient de lancer son livre de recettes intitulé l’Art du Barbecue, chez Marabout. Enfin, comme nous sommes au bord de la Méditerranée, son arsenal serait incomplet sans un restaurant de plage qui sera inauguré au début de la prochaine saison estivale et dont la carte sera composée bien évidemment autour du thème que vous aurez deviné !

Un retour au Québec !?

Thierry Cornuet, alias Big T, propose une cuisine riche et variée. Les recettes de viandes vieillies, volailles, poissons ou crustacés sont articulées autour de recettes originales, généreuses et savoureuses. Les somptueux paysages provençaux qu’il a choisis pour planter son décor sont à couper le souffle. La bonhommie et la chaleur de l’homme complètent à merveille l’expérience que vivent les clients locaux ou les visiteurs étrangers. Notre ami reçoit également la jet set à sa table et récemment il a eu le privilège de servir le Prince Albert de Monaco, lors d’un événement gastronomique tenu dans la Principauté. Mais Thierry Cornuet et ses acolytes rêvent d’exporter leur concept de Shack & Co jusqu’au Québec. Il m’avoue que « ce retour où ma passion pour la gastronomie et la cuisine a commencé serait un grand élément de fierté. Me reste à trouver des associés pour lancer le projet à Montréal ». Alors c’est pour quand ? Y’a-t-il un preneur derrière cet écran ?

lundi, 11 décembre 2023 11:03

La Coupe des Nations à Québec en 2024

coupenations

Concours annuel des meilleurs vins, cidres et alcools québécois 

Initié en l’an 2000, le concours de la Coupe de Nations, qui met à l’honneur les producteurs artisans de vins, cidres et alcools québécois, ne cesse de prendre de l’ampleur et gagner en notoriété. Depuis 2022, la nouvelle présidente, madame Lyne Pelletier, laboure le terrain afin d’inciter les producteurs à profiter de ce tremplin pour faire connaître et promouvoir la qualité du fruit de leur travail auprès des consommateurs québécois avides de découvertes. Madame Pelletier succède à feus Denys Paul-Hus et Ghislain K. Laflamme qui pendant des années n’ont eu cesse de glorifier les artisans du milieu de la restauration et de l’agriculture.

Ce qu’est la Coupe des Nations 

Comme les différents concours de dégustations qui se déroulent dans les grands pays producteurs de vins, la Coupe de Nations fonctionne de façon tout aussi rigoureuse s’appuyant sur des normes professionnelles reconnues en la matière notamment par l’Office international de la vigne et du vin (OIV). Par conséquent, un jury d’experts déguste à l’aveugle les produits concourant et les notes sur des fiches de dégustations sensorielles en passant en revue les caractères visuels, olfactifs et gustatifs. Celles-ci sont adaptées aux caractéristiques de la catégorie de produits.  Ainsi lors de la prochaine dégustation, les lauréats qui obtiendront une note entre 86 et 88/100 reçoivent la médailles d’Argent ; entre 89 et 92, une médaille d’Or ; 93 et +, une Grande médaille d’Or. Nous sommes ici, à titre d’exemple, sur l’échelle de cotation similaire à celle des Sélections Mondiales des Vins. Les catégories à l’honneur distinguent, les vins de raisins, blancs, rouges, mousseux ou de glace, les spiritueux, prêts à boire, les alcools et vins de petits fruits, les cidres, les hydromels ainsi que les alcools d’érable. Le jury est composé d’une quarantaine de dégustateurs expérimentés, notamment œnologues, sommeliers, producteurs, membres de confréries bachiques ou de personnel de la restauration. Ceux-ci sont regroupés par commission de 5 juges identifiée pour évaluer une catégorie de produits ou des catégories similaires.

L’édition de 2024 se tiendra le 6 mai à l’École hôtelière de la Capitale, à Québec, avec la participation au service des élèves en sommellerie de l’établissement. Enfin, le dévoilement des produits médaillés aura lieu publiquement le samedi 18 mai au Grand Marché de Québec en présence des vignerons, des producteurs artisans, de partenaires de la Coupe des Nations et représentants des milieux politiques. Lors de cet évènement grand-public on procèdera également à la remise d’un Prix Reconnaissance et de Prix Distinction.  On voit ici toute la synergie instaurée par la présidente Lyne Pelletier. D’ailleurs à ce chapitre, les collaborations ou partenariats se multiplient notamment avec l’Association canadienne des sommeliers professionnels, la Société des alcools du Québec, le Conseil des Vins du Québec, l’Association des producteurs d’hydromels et alcools du Québec, l’École Hôtelière de la Capitale, l’Association canadienne des œnologues, le Grand Marché de Québec, Vinum et plusieurs autres.   

Melanie Gore CVQ 1 1 scaledRemise du Prix Reconnaissance 2023 au Conseil des Vins du Québec (CVQ). Sur la photo, de gauche à droite: Lyne Pelletier, présidente Coupe des Nations, Mélanie Gore, directrice générale CVQ, Ian Purtell, vice-président Association Canadienne des Sommeliers Professionnels-Québec, Joëlle Boutin, députée de Jean-Talon et adjointe parlementaire de M. Pierre Fitzgibbon, Frédéric Sanchez, consul général de France à Québec

Reconnaître la qualité des produits et le travail rigoureux des producteurs artisans vins et alcools de tout le Québec !

De l’Outaouais, en passant par les Cantons-de-l’Est, le Centre-du-Québec, l’Île d’Orléans, Québec, le Saguenay, Charlevoix, l’Abitibi, la Côte-Nord, le Bas-St-Laurent jusqu’aux Îles de la Madeleine, les producteurs du Québec sont fiers de soumettre le fruit de leur labeur aux palais des différents juges. C’est une « brassée » de plusieurs centaines de produits, vins, cidres, hydromels, ou autres alcools qui sont dans l’antichambre d’une place sur le podium. Les motivations qui incitent les producteurs à présenter leurs produits sont variées : acquérir de la notoriété sur le marché québécois, obtenir une bonne dose de reconnaissance, recevoir l’avis éclairé de dégustateurs professionnels, se comparer avec les confrères de la profession ou documenter le développement de nouveaux marchés locaux et internationaux. L’an dernier, la croissance des inscriptions étaient notables et près de 70% des producteurs inscrits comptaient au moins un produit en vente à la SAQ.

La vision de Lyne Pelletier

lynepelletierLa nouvelle présidente a d’abord tablé sur l’expertise en place depuis plusieurs années pour maintenir le succès du concours. Madame Francine Dion biochimiste et membre de l’Association Canadienne des Oenologues, supervise l’aspect contrôle de la qualité des produits, élément essentiel à ce type de compétition. Quant à monsieur Sébastien Villeneuve, directeur de succursale à la SAQ, il supervise les aspects techniques alors que M. Kler-Yann Bouteiller, membre de l ‘Association Canadienne des Sommeliers Professionnels et enseignant en sommellerie à l’École Hôtelière de la Capitale encadre notamment le service de la dégustation des produits En ce moment, l’édition du 6 mai 2024 est en préparation soutenue et prévoit des belles nouveautés.     

Depuis qu’elle a pris les commandes Lyne Pelletier, souhaite « mettre l’emphase sur deux choses :  premièrement, la valeur et la fierté que représentent, pour les producteurs artisans, une médaille ou un Prix de la Coupe des Nations et deuxièmement faire de la Coupe des Nations un indicateur de la qualité des produits pour guider les consommateurs et restaurateurs. C’est ainsi qu’à mon arrivée, j’ai voulu asseoir la crédibilité du concours, la rigueur du processus d’évaluation et de dégustation surtout auprès des producteurs artisans du Québec et des partenaires tout en oeuvrant au rayonnement public au niveau national et international ».

Madame Pelletier bénéficie d’une longue expérience en attestation, certification de la qualité notamment des soins et des services de santé, donc les processus d’évaluation de la qualité…elle connaît ! De plus, depuis une trentaine d’années elle gravite dans la sphère vinicole principalement par son rôle actif à titre de juge dans des concours vins et alcools, au sein de nombreuses confréries bachiques et par la visite sur le terrain, voire dans la plupart des régions viticoles de France. En ce moment, ce sont les routes du Québec qu’elle sillonne avec son bâton de pèlerin. Elle se rend chez les producteurs pour leur parler du concours, les inviter à participer à la prochaine édition de la Coupe des Nations parce qu’elle représente une démonstration éloquente de la qualité de leurs produits auprès des consommateurs et des gens de la restauration. Souhaitons-lui de faire le plein pour que règnent fièrement et toujours plus haut la qualité et le savoir-faire des artisans producteurs du Québec.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site de la Coupe des Nations.

mercredi, 01 novembre 2023 10:24

Le vin et l’amitié

J’aime bien faire l’amitié ! et pour créer l’ambiance ou cimenter les liens mon élixir idéal demeure le vin. Potion divine, nectar de partage, forçant l’inhibition il devient le liant suprême de la convivialité. Les langues se délient, l’émotion devient palpable, le cœur parle.

Les passionnés de la providentielle boisson aiment se retrouver entre eux pour partager et discourir sur l’objet de leur convoitise. Généralement cela prend la forme de bons repas où les bonnes bouteilles de vin trôneront sur la table comme de précieux trésors. Pour les plus mordus toujours avides de découvertes et de défis à relever, ils iront jusqu’à se regrouper dans des clubs de dégustations pour donner libre cours à leurs enivrants fantasmes vinicoles. Qu’ils possèdent une cave modeste ou des plus garnies, ils se retrouvent tous égaux devant la rangée de verres, leur envie commune étant de partager avec des copains, d’analyser en profondeur un vieux millésime enfoui sous une claie et objectif ultime, identifier l’origine du cru. Car bien souvent ces dégustations se font à l’aveugle, c’est-à-dire que les bouteilles sont masquées et les convives ne sachant pas quels sont les vins qui se retrouvent devant eux doivent le décrire, tenter d’identifier le cépage, l’origine, le terroir et enfin l’âge approximatif, mieux le millésime exact. À n’en pas douter, sachez que les déconvenues sont nombreuses, voire deviennent la norme (!) et l’humilité est la vertu première que chaque dégustateur doit acquérir. Une phrase d’une grande dame de l’Académie française pend ici tout son sens : « nous voici face à l’incertitude qu’apporte le savoir et la force qu’apporte l’ignorance ». Et pour celui qui aura réussi l’exploit et devant qui l’on s’inclinera, on peut se poser la question : identifier à la fois, le nom du vin et le millésime relève t’il du talent brut ou du pur hasard ?! un fait demeure, le plaisir prend toute la place !

Il y a une vingtaine d’années à Québec, j’ai co-fondé avec quelques amis l’un de ces clubs : Aux Grands Crus. Chaque mois nous nous réunissions et ce qui nous motivait était de partager les vins que chacun d’entre-nous possédions. À tour de rôle, le responsable désigné sélectionnait six bouteilles de son cellier et nous les présentait à l’aveugle avec comme seul indice une vague thématique, par exemple : ce sont six crus d’un même pays. Après une dizaine d’années de fréquentation, mes projets de vie m’amenant sous d’autres cieux, j’ai délaissé à regret mon cercle d’amis précieux. Mais la vie nous réservant d’heureuses surprises, le mois dernier alors que j’étais de passage au Québec, l’un de mes vieux potes d’Aux Grands Crus a eu l’initiative d’organiser une dégustation avec quelques anciens et me dit-il, « c’est moi qui régale ! ». Un pur ravissement de se retrouver après une décennie et de constater qu’il n’y a pas que les vins qui vieillissent ! Notre hôte se sentant investi d’une mission nous a fait la totale. Que des grandes bouteilles produites par producteurs emblématiques et issues d’un seul millésime. Nous avons aisément repris notre routine de déguster et commenter sans savoir quel vin se retrouvait dans chaque verre. Premier constat unanime, nous étions face à de grands vins. Les nez fort expressifs, un ou deux cépages seulement, l’âge assez avancé et, qualité ultime, des vins très élégants et d’une grande finesse. Avec tous nos sens en éveil, nous sommes tous retrouver à identifier des vins issus de pinot-noir et/ou de syrah, produits en Bourgogne et/ou dans le Rhône, datant d’années fin 1990. L’un d’entre-nous avec beaucoup d’acuité est allé à jusqu’à nommer avec justesse des crus précis et leur producteur. Après une demi-heure à tergiverser et à avancer des hypothèses, le maître des lieux pour ne pas dire le Maestro a mis fin à nos élucubrations en dévoilant les bouteilles masquées. Et voici dans l’ordre la liste des vins qui ont charmé nos palais :

  1. Cornas, Clape, 1999
  2. Clos de Tart, 1999
  3. Grands-Echezeaux, Mongeard-Mugneret, 1999
  4. Côte-Rôtie, Jamet, 1999
  5. Musigny, Domaine de la Vougeraie, 1999
  6. Hermitage, Chave 1999

Deux autres vins sont venus compléter la dégustation lors du repas qui a suivi, l’excellent chardonnay néo-zélandais, Kemeu River 2011 et le grand cru de Sauternes, Château Rieussec 2011. Une brochette de grands crus tous aussi mythiques les uns que les autres, Musigny, Grands-Echezeaux, Côte-Rôtie, Rieussec; des Majeurs de la vinification comme Chave, Jamet, Clape ; et connaissant mon attachement pour le Clos de Tart notre hôte était allé quérir dans sa cave une bouteille de mon vin fétiche… le comble de l’extase.

Une soirée inoubliable à inscrire dans les anales du grand livre de l’amitié.

En novembre 1973 sur la Place Royale du Vieux-Québec, la Société des alcools du Québec (SAQ) inaugurait la première Maison des vins (MDV). Pendant un peu plus de 25 ans ce site emblématique a été le temple des amateurs de vins de la Capitale nationale et des environs. Au fil des ans trois autres MDV ont aussi vu le jour à Montréal, Hull (devenu Gatineau) et Trois-Rivières pour le plus grand plaisir des passionnés du jus de la treille. Tout juste après la mise sur pied de la SAQ en 1971 et l’arrivée des premières succursales libre-service, le  PDG de l’époque, M. Jacques Desmeules, souhaitait offrir aux amateurs de vins et alcools fins un lieu privilégié où l’offre et la qualité du service deviendraient un modèle. C’est à M Jean Caron, qui devint ainsi le premier directeur, qu’il confia le mandat de structurer ce projet et de constituer l’équipe qui accueillerait les premiers clients.  

Photo 3M. Jean Caron, directeur de la MDV lors de l’ouverture, en 1973

Les secrets de la Maison Eustache Lambert-Dumont

Photo 2

Le lieu choisi n’avait rien d’anodin. Au cœur du premier bastion francophone d’Amérique, sur cette Place Royale tout juste rénovée et où trône fièrement le buste de Louis XIV, c’est la Maison Eustache Lambert-Dumont qui fut retenue. Fière, imposante, à l’angle de la Place, face à l’église Notre-Dame-des-Victoires, avec son rez-de chaussée, ses deux étages et surtout ses 4 voûtes de pierre en sous-sol, c’était le monument prédestiné au commerce du vin. En effet, ces grandes voûtes faisaient aisément penser aux caves à vins que l’on peut retrouver en Bourgogne, à St-Emilion ou en Champagne.

Eustache Lambert-Dumont fit ériger cette demeure au XVIIe siècle pour y tenir métier de marchand général. Auparavant c’est la Compagnie des Cent Associés qui occupât les voûtes pour y faire divers échanges commerciaux dont la traite des fourrures.  Lors de la grande phase de rénovation de la Place lancée par le Gouvernement du Québec dans les années 1960, les architectes et contracteurs ont tâché de reconstruire quasiment à l’identique en utilisant le même type de matériaux, dont la précieuse pierre des carrières de Beauport, en banlieue de Québec, pour reconstruire la façade et restaurer les voûtes.

On comprendra ici que tout cela est bien beau, mais il y en allait tout autrement pour tenir commerce selon les normes du XXe siècle ! Un quai pour la réception de marchandise ? Que nenni ! Des rouleaux convoyeurs installés à l’extérieur été comme hiver. Une porte pour le service à l’auto ? Que nenni ! Un diable en été ou une luge en hiver pour descendre les caisses jusqu’au stationnement situé à plus de 100 mètres du magasin. Un entrepôt pour la marchandise ? Que nenni ! Quatre petites pièces en racoin. Un ascenseur pour monter la marchandise au rez-de-chaussée ? Que nenni ! Un diable, 2 hommes et 4 bras, par l’extérieur, été comme hiver. Chauffage et air climatisé ? Que nenni ! Frette en hiver, chaud en été et humide en plus. Éclairage adéquat ? Que nenni ! La pénombre grâce aux appliques en forme de chandeliers chacune surmontée d’une ampoule de 5 watts, au point qu’il faille prendre plusieurs secondes afin que nos pupilles s’habituent quand on entrait dans le saint lieu. Mais avouons que tout cela contribuait au charme et que clients comme touristes (trop nombreux à l’époque) étaient au comble de l’extase en franchissant le seuil de la caverne d’Ali Baba ! À la magie des voûtes dans la semi-obscurité, ajoutons les bouteilles de mousseux présentées sur des pupitres à Champagne comme à Reims et le Nirvana…soit cet immense foudre reconstitué et baptisé Cuvée exceptionnelle où l’on pénétrait à la lueur d’une bougie, en parlant à voix basse pour faire sa sélection de grands crus classés, Lafitte, Romanée-Conti, Yquem, etc. Tout ceci ne donnait pas une ombre triste au tableau !

Photo 4Votre chroniqueur à l'intérieur de la fameuse cuvée exceptionnelle

Les tous débuts et ses pionniers 

On l’a vu plus haut M. Jean Caron tenait les rênes au début de l’aventure. Il s’est entouré d’un gérant M.Gilles Bériau, une secrétaire Mme Hélène Belleau, un homme à tout faire Paul-Émile Dorval et de 5 caissiers-vendeurs, MM Alphonse d’Auteuil, Michel Morad, Léon Bouchard, Marc Gagnon et Allen Harvey. Se sont rapidement greffés à ce noyau MM Roger Thibault, Martin Bedford et le signataire de cette chronique, Jean Chouzenoux. On peut avancer qu’il s’agit de la première cohorte. Vous aurez remarqué que l’utilisation du terme de caissier-vendeur pour parler des employés attitrés au service, en effet le titre de conseiller en vin était encore à créer. Ce travail de vendeur dans les voûtes de l’auguste demeure n’avait rien à voir avec le travail accompli par leurs confrères en succursale. À preuve la formation accélérée sur les vins et spiritueux que les jeunes de la MDV devaient suivre dès leur entrée en fonction. Le mardi matin c’était la séance de dégustation de quelques nouveaux arrivages avant l’ouverture du magasin. Par ailleurs, les clients aguerris, les restaurateurs renommés, les membres de confréries bachiques qui se présentaient à eux voulaient obtenir de judicieux conseils pour constituer leur cave à vin, élaborer leur carte des vins, associer avec des vins de choix pour leurs menus gastronomiques. De plus, une nouvelle tradition voyait le jour au Québec, les dégustations de vins et fromages. La MDV étant dotée d’une magnifique salle de réception sous les combes, deux ou trois soirs semaines des groupes étaient reçus pour ces soirées thématiques et ce sont ces braves caissiers-vendeurs qui officiaient comme serveurs et commentateurs.

C’est après quelques années de pratique dans ce qui allait devenir une profession, que cette première équipe sous l’impulsion de MM Caron et Bériau a réfléchi sur ce qui devrait advenir de leur poste. Bon gré mal gré car le Syndicat jugeait cela élitiste, ils ont rédigé eux-mêmes leur première description de poste et les tâches afférentes. Conséquemment c’est lors de la signature de la convention collective de 1976, qui ironiquement s’est faite à la MDV, en présence de M. Jacques Parizeau ministre titulaire de la SAQ, que le titre de conseiller en vin fut créé.

Photo 5La première cohorte de conseillers en vin: Martin Bedford, Allen Harvey, Jean Chouzenoux, le gérant Gilles Bériau, Michel Morad, Marc Gagnon et Roger Thibault

Rites de passage

Pendant plusieurs années il était facile pour le consommateur de reconnaître le conseiller en vin en succursale grâce à son tablier en cuir, uniforme symbolique de son parcours et de ses connaissances. Mais dans les années 1975-1980 l’uniforme ne leur tombait pas dessus d’office, il fallait le mériter. Or, au début ce n’est qu’une petite veste de cuir qui était attribuée au conseiller débutant. Ce n’est qu’après avoir fait ses classes, généralement au bout de 6 à 8 mois, que l’épreuve du tablier s’imposait. Le soir choisi, après la fermeture du magasin, cadres et employés se réunissaient dans les voûtes pour l’épreuve que devait traverser tout impétrant prétendant à sa cuirasse ! Ce dernier devait alors effectuer une visite guidée d’environ une heure où il était à la fois question de l’historique de la Maison Eustache Lambert-Dumont, de la vinification, du classement des crus classés, d’accords vins et mets. Suivie d’une période de questions pièges de la part des collègues, d’une analyse d’un vin servi à l’aveugle et…le boire cul sec ! Après quoi le candidat devait se retirer pendant que le jury délibérait. Si le test était réussi c’était l’adoubement, genou au sol pour recevoir l’accolade du cep.

L’offre produits

À l’ouverture de la MDV en novembre 1973, l’offre de produits exclusifs était constituée d’à peine 300 marques dont plusieurs alcools et liqueurs présentés dans de jolis flacons. La gamme s’est enrichie au fil des ans au point de devenir l’une des plus riches et variées au monde. Il n’y avait d’ailleurs aucun répertoire pour recenser l’offre produits. Ce à quoi les conseillers en vins (encore eux) ont vite remédié. En effet, ce sont eux qui se sont réunis quelques soirées pour inventorier tous les vins particuliers et les classer selon les couleurs et les régions. Quelques semaines plus tard sortait des presses le premier répertoire des vins et spiritueux désormais dit de Spécialités.

Photo 6

Le premier répertoire des vins de spécialité élaboré par les conseillers en vin

Autre fait saillant fut l’arrivée pour la première fois au Québec des Beaujolais nouveaux, mis en ventes à l’échelle de la planète le 3iè jeudi de novembre. Cinquante caisses pour une première expérience en 1974 mises en vente uniquement à la MDV de Place Royale.  Puis 250 cartons l’année suivante, pour un total record de 40 000 caisses à travers tout le Québec dans les années 1980. La frénésie s’est ainsi emparée des amateurs et des médias pendant deux décennies par la magie de lancements de presse flamboyants notamment grâce à l’apport des confréries bachiques portant leurs tenues chamarrées.

Un livre d’or rempli de signatures prestigieuses

La Maison des vins de Québec est rapidement devenue le temple du vin au Canada. La somptuosité et le caractère historique des lieux, l’offre produits exceptionnelle, le haut niveau de qualité de service à la clientèle, les réceptions prestigieuses des caves au grenier en ont fait un lieu incontournable pour tout amateur de vins et une attraction touristique de premier plan. Or, pour toute personnalité reliée à la filière viticole et gastronomique un passage dans le saint lieu devenait incontournable. Cela prenait d’abord la forme d’une rencontre privilégiée avec les conseillers en vin pour professer leur enseignement, puis une rencontre de presse avec les chroniqueurs spécialisés et les principaux clients de la MDV suivait dans la salle de conférence. Un poste de chargé de communications fut même créé pour gérer la forte demande et que M. Léon Bouchard a occupé de nombreuses années.  

Le protocole voulait que le dignitaire signe le livre d’or de la Maison sous les flashs crépitant des photographes. Ainsi, ont laissé leur empreintes Lalou Bize-Leroy du Domaine de la Romanée-Conti, Le Comte de Lur Saluces du Château d’Yquem, la Marchesi Piero Antinori de Toscane, Nadine de Rothschild du Château Clarke, Henri Gault de la revue Gault & Millau mais pas que ! De nombreux chefs d’état ou de personnalités politiques locales et internationales sont descendus de leur limousine et ont été accueillies après que les services de sécurité eurent inspecté les lieux.

Que sont-ils devenus ?

Plus qu’un magasin de prestige, la MDV fut également un incubateur de talents, sans fausse modestie. À la connaissance pointue des produits et des arts de la table, aux aptitudes développées en service à la clientèle ou à l’aptitude de s’adresser au public et aux médias, sous la houlette du gérant M. Gilles Bériau soucieux de leur développement, les conseillers en vin étaient appelés aussi à apprendre les rudiments de la chose administrative. Par conséquent TOUS les premiers conseillers qui sont passés par la MDV de Québec ont obtenu de l’avancement au sein de la SAQ. Michel Morad, Marc Gagnon, Allen Harvey, Roger Thibault, Martin Bedford et Jean Chouzenoux ont tour à tour d’abord été nommés directeur de succursales, certains revenant même à la Direction de cette singulière MDV, avant de gravir d’autres échelons.

Une triste fin et une renaissance

C’est en 1995 que le glas a sonné pour la MDV de Québec et ses consœurs de Montréal, Hull et Trois-Rivières. Dans un souci de démocratiser l’accès aux grands vins les MDV ont cédé le pas à la Bannière Sélection. Mais comme la nature a horreur du vide et que les consommateurs en redemandaient, la Bannière Signature a par la suite vu le jour avec à peu près la même mission que feues les MDV. Ce qui revient à dire que les Maisons des vins ont été les premières bannières de la SAQ.

Rédaction : Jean Chouzenoux

Un merci spécial à Roger Thibault

À la mémoire de Jean Caron, Gilles Bériau, Marc Gagnon, Michel Morad et Paul-Émile Dorval

Page 1 sur 5