jeudi 19 mai 2022
L’Atlas mondial du vin

L’Atlas mondial du vin

J’ai reçu avec un plaisir évident, L’Atlas mondial du vin, sa huitième édition. Son auteur original, Hugh Johnson, avait obtenu, en 2004, de la grande auteure du vin, Jancis Robinson, de se lier à lui à partir de la cinquième édition. Quelle équipe merveilleuse.

Ce livre, paru pour la première fois en 1971, est sorti le 20 octobre 2021. C’est donc un tout nouveau-né que nous regarderons avec amour.

On le retrouve, entre-autre, chez Renaud Bray, au prix de 59.95, un montant vraiment ridicule pour l’immense qualité du livre.

Hugh Johnson : Il a commencé à écrire 1960, pour les publications Conde Nast, puis pour Vogue, House and Garden devenant, en 1962, éditeur de Wine & Food et correspondant pour le Sunday Time de leur section sur le vin. Il a aussi beaucoup écrit sur l’horticulture notamment en étant le directeur éditorial du journal du Royal Horticultural Society et l’auteur de livres tels que The international book of trees, The principles of gardening et autres.

En 1990, il a été co-fondateur du Royal Tokaji Wine Company qui permit de faire revivre le Tokaji Aszu, sombré dans l’oubli pendant le communisme en Hongrie.

C’est pendant la vie de György Rákóczi (1593-1648), prince de Transylvanie que naquit le Tokaji Aszu donc bien avant le Sauterne qui, d’après Hugh Johnson, était déjà produit au Château La Tour Blanche en 1836. Mais, un siècle plus tôt, donc dans les années 1700, on produisait déjà du vin botrytisé à Tokaj. 

C’est donc au Tokaji Aszu que revient la naissance du vin botrytisé qui, malheureusement, est décrié par les gens qui redoutent le sucre dans le vin. À ces derniers, je recommande la lecture de l’article de Véronique Rivest dans la Presse « La (fausse) question du sucre. » Mais je m’égare et m’en excuse.

Sa première édition du livre a eu lieu en 1971 et est devenu la référence mondiale du vin. Elle l’est encore avec, pour en augmenter le crédit, la plume de Jancis Robinson. 

Jancis Robinson : Elle a commencé sa carrière dans l’écriture sur le vin le 1er décembre 1975 quand elle devint assistante éditrice pour le magazine Wine And Spirit. Elle obtint le titre de Master of Wine en 1984. Aujourd’hui, il y a 418 masters of wine, dans 30 pays différents.

Au Québec, notons Jacqueline Cole Blisson mais aussi les Master sommelier Élyse Lambert (2015)  et Pier-Alexis  Soulière (2016)

En 2012, elle publia Wine Grapes (Avec Julia Harding et Jose Vouillamoz) un livre de 1,200 pages qui répertorie 1,368 cépages.

Sur son site Internet j’ai recherché, mais sans succès, un article sur notre Saint Pépin. Rien trouvé. Le Saint Pépin a été créé aux États-Unis (Université du Minesota en 1970) par Elmer Swenson. Il donne des vins qui peuvent être WOW comme celui du Côteau Rougement que j’ai dégusté il y a peu de temps. Mais je m’égare et m’en excuse.

Elle est particulièrement reconnue pour son livre The Oxford Companion to Wine, incontestablement la bible du vin.

Le livre : Avec ces 2 auteurs, on a le droit de s’attendre à quelque chose d’exceptionnel. Et c’est exactement ce qu’on reçoit. Dans son introduction, Jancis Robinson nous fait part des grands changements survenus dans ce monde. Dans les années 1980 et 1990, tous (presque) les producteurs produisaient des vins copiés sur les bordeaux et les Bourgognes. Ceci était encouragé par le fait que les consommateurs prenaient conseil auprès de quelques « gourous » essentiellement des critiques américains récompensant la puissance plutôt que la nuance. Par la suite, les mouvements de Locavore et autres ont favorisés l’émergence de cépages locaux. Le réchauffement de la planète a eu des effets bien spécifiques sur les cépages (surtout ceux mieux adaptés à des températures plus chaudes) ainsi que sur les sites que les viticulteurs maintenant recherchaient dans des endroits plus frais, plus haut etc.

Dans le livre, un premier chapitre nous raconte l’histoire du vin. On y apprend, bien sûr, que c’est en Georgie que se trouve le berceau de la viticulture, 5,000 ans avant Jésus-Christ.

Mais 5000 ans avant JC, c’est aussi début de la culture du maïs dans la vallée de Tehuacán au Mexique. Le site de Guilá Naquitz dans l’État mexicain d’Oaxaca livre des traces les plus anciennes de maïs domestique datées de 4250 av. J.-C. et celui de San Andrés dans l’État de Tabasco des preuves indirecte antérieures à 5000 av. J.-C. L’agriculture du maïs se serait diffusée dans les haute-terres du Mexique à partir des zones tropicales (site de Xihuatoxtla, vers 6750 av. J.-C.)

Vous vous demandez surement pourquoi je parle ici du Mexique. C’est parce que j’aime ça. Le Mexique est un pays de culture avec probablement plus de 45,000 immeubles Mayas et Aztèques, temples, pyramides, logements etc. qui précèdent beaucoup d’autres cultures. C’est l’endroit ou 2 des 3 plus grosses pyramides au monde se trouvent : Cholula et Teotihuacan.

Mais je m’égare.

Dans cette histoire du vin, on apprend que le premier Bordeau Château Haut-Brion de qualité date du milieu du XVIIe siècle. Puis, début du XVIII c’est au tour de la Bourgogne d’évoluer.

Si vous voulez une histoire plus détaillée du vin, on nous recommande l’ouvrage de Hugh Johnson, The story of wine.

Suivent, dans ce magnifique livre, des chapitres tels que : Qu’est-ce que la vigne, les cépages, les besoins hydriques et calorifiques, les terroirs, la vinification, les étiquettes, la culture à travers le monde. Bref tout ce qu’on doit savoir qui entoure la vigne et le vin.

Ensuite les chapitres sur les différents pays qui constituent le monde du vin. C’est vraiment ici que l’on apprécie les connaissances des deux auteur(e)s. Par exemple, quand un vignoble produit son vin et le vend dans deux emplacements différents, on retrouve surtout celui des 2 emplacements que le vignoble préfère présenter aux amateurs.

Les cartes ont été conçues pour les amateurs de vins. Les appellations qui ne présentent que peu d’intérêt pour les buveurs de vin peuvent être occultées au profit de celles qui en présentent beaucoup.

Un index géographique de plus de 10,000 entrées nous réfère aux multiples cartes par leurs pages et référence aux grilles qui accompagnent toutes les pages cartographiées du livre.

Conclusion : Ce livre vit tout autant pour l’apprenti que pour le professionnel. Tous les détails y sont (ou presque). Bien sûr, il y a des livres sur les cépages, des livres sur les sols et sous-sols et des livres sur les climats mais ici on retrouve un peu de tout, nous offrant un aspect global mais bien fouillé. Bravo aux auteurs et merci à Broquet pour avoir produit ce livre et nous l’offrir pour seulement 59,95$. Véritablement un bel achat.

À propos de l' auteur

On n'est jamais si bien servis que par soi-même.

Alors je suis né d’un père et d’une mère qui sont restés mariés jusqu’à la mort. Moi je me suis marié 3 fois.  J’ai étudié et  obtenu un BAC qui m’a permis d’être bon à tout et propre à rien. Allez comprendre.

Ensuite des études en statistiques et en informatique. J’ai complété ces dernières et me suis lancé, au grand dam de mon père, à fond dans cette science qui, en 1970 était totalement inconnue. En même temps, j’ai fondé mon premier club gastronomique, les Chevaliers de la table ronde, un nom qui nous avait été suggéré par la très aimé et respectée Françoise Kayler. Lire la suite...