samedi 23 janvier 2021
Cremaglace, de la douceur vanillée et liquide

Cremaglace, de la douceur vanillée et liquide

Noël s’en vient. C’est l’hiver. C’est tout blanc dehors (ou peut-être gris, mais on peut faire semblant non?) On a mangé la dinde avec une farce à la Ricardo (farce au pain et aux canneberges) ou à la Delage (deux dindes rentrent dans un bar, etc.) avec des pétaques et des petits pois. On est rendu au dessert. On mange quoi?

On ne mange pas, on boit. De la Cremaglace. Un breuvage exceptionnel fait par des Québécois pour des Québécois. Qui aiment la crème glacée. Comme moi, par exemple. Qui connait la crème glacée parce que j’ai travaillé chez Crème glacée Lambert. Vous vous rappelez? C’est la compagnie qui a commencé la tradition des bûches de Noël à la crème glacée.

Vous allez me dire : Mais on ne peut pas boire de digestif, c’est trop d’alcool. Pas du tout. La Cremaglace titre 15%, comme plusieurs vins aujourd’hui. Alors, pas de problème.

Mais encore, il faut que ce soit bon. Et c’est là que je vais vous surprendre. Ce n’est pas bon. Non, c’est sensationnel. Des goûts de beurre, de crème et surtout de vanille. De la bonne vanille de Papantla (au Mexique. C’est de là que vient la vanille. Les orchidées étaient fécondées par de petites abeilles, les Euglossines, qui ne se trouvaient que dans les forêts de Papantla, ce qui fait que les Français, qui avaient transportés les plants à l’Ile Bourbon en 1819, n’ont réussi à féconder l’orchidée que lorsqu’un esclave leur enseigna comment le faire manuellement en 1848. La fécondation de la fleur est un périple en soit. Le fermier doit marcher tous les matins dans sa « forêt » d’orchidées pour féconder des fleurs qui ne sont prêtes qu’en avant-midi, une fois par cycle. Après, c’est foutu. Alors revenons à nos moutons (ou plutôt brebis, puisqu’on parle de crème). Q’allons-nous faire avec ce merveilleux produit?

Comme je l’ai déjà dit, on peut le boire. Mais attention. Contrairement à certains produits comme le Pedro Ximenez ou le Tokay Aszu essentia qu’on peut difficilement boire en quantité parce que trop sucrés, la Cremaglace se boit très facilement. Le sucre est présent, mais assez discret. La boisson est très équilibrée. On peut aussi l’utiliser comme un vin, pour accompagner un gâteau, une crème glacée, la bûche de Noël, le gâteau aux fruits, les truffes, les mousses de chocolat en verrines, une crème brûlée, un banana split, les peaux d’oranges confites et, pourquoi pas, ajoutée à un chocolat chaud.

Je l’ai essayée avec du rhum et je dois admettre que c’était délicieux. La boisson, onctueuse à souhait, diluée par le rhum, réussissait un énorme WOW.

Pour Noël c’est fantastique, mais on peut facilement la boire à l’année. Que l’on pense tout simplement au bord de la piscine quand il fait très chaud. Bon, trêve d’écriture, moi je vais en boire.

Yves Delage

À propos de l' auteur

On n'est jamais si bien servis que par soi-même.

Alors je suis né d’un père et d’une mère qui sont restés mariés jusqu’à la mort. Moi je me suis marié 3 fois.  J’ai étudié et  obtenu un BAC qui m’a permis d’être bon à tout et propre à rien. Allez comprendre.

Ensuite des études en statistiques et en informatique. J’ai complété ces dernières et me suis lancé, au grand dam de mon père, à fond dans cette science qui, en 1970 était totalement inconnue. En même temps, j’ai fondé mon premier club gastronomique, les Chevaliers de la table ronde, un nom qui nous avait été suggéré par la très aimé et respectée Françoise Kayler. Lire la suite...