mardi 21 mai 2019
La Saint-Valentin

La Saint-Valentin

Je me souviens, il y a plusieurs années déjà, de la première petite amie que je ramenais à la maison. Ma mère, étant très classique et conservatrice, passait un vrai interrogatoire à ma petite amie. Il en fut de même à travers mes années d'ado, avec mes autres petites amies que je ramenais chez moi. Et ma mère, comme vous l'avez deviné, elle avait son opinion sur tout : « Ah, celle-là, elle trop différente de toi, ça ne marchera jamais ». Et puis pour une autre, elle trouvait qu’elle était trop semblable à moi, alors ça ne durerait pas, selon elle.

Ces deux constatations m'ont hanté toute ma vie.

Puis, la vie suit son cours. Je gagne ma vie avec le métier de cuisinier, puis un jour, en assaisonnant un plat, la réponse m'est apparue d'un coup...

On met du sel dans un plat, puis on ajoute du poivre pour balancer le plat, et ainsi le plat devient bien équilibré et bien dosé.

Tandis que pour d'autres plats, on met du sel, mais des fois on met aussi de la sauce soja pour que ce soit plus goûteux, plus riche, plus rond, plus stéréo...

Alors que notre bien-aimée est très différente de nous, comme on est le sel, et elle le poivre, ensemble, c'est un bon complément.

Ou qu'on est le sel et elle la sauce soja, on se ressemble, alors on se comprend comment qu'on est, l'un et l'autre.

Qu'on se ressemble ou qu'on soit complémentaires, les deux cas sont valables. Ce n'est pas ça la question. Car dans les deux cas, le plat va être super bon quand même. Ce qui est bien plus important, c'est vers où on veut s'en aller ensemble. Et c'est plutôt de ça que ma mère n'a pas tenu compte. Ou bien elle n'a pas trop compris l'amour pendant toute sa vie...

En ce jour de la Saint-Valentin, peut-être une petite pensée... à savoir que votre bien-aimée, elle est le poivre ou la sauce soja? Complémentaire ou semblable à vous?

Cong-Bon Huynh
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#seulaubaravecunebière

À propos de l' auteur

Il a été chef exécutif, chef corporatif, et maintenant chef enseignant. Mais il préfère se présenter tout simplement comme un cuisinier. Car pour lui, c'est le vrai titre pour quelqu'un qui vit avec la passion de la cuisine, dans son sens le plus large qui allie l'action de se nourrir avec les dimensions culturelles et sociologiques. Maîtrisant la cuisine occidentale aussi bien que la cuisine orientale, il est depuis les 15 dernières années, enseignant dans différentes grandes écoles hôtelières à Montréal, s'occupant minutieusement de la relève pour la cuisine au Québec. Lire la suite...

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