dimanche 25 octobre 2020

Les Vins de Bolla, de la région de Vérone

Il y a quelques jours, je me rendais à une dégustation de vins de Bolla, au Restaurant Graziella à Montréal, et je pensais à Graziella le titre d’un charmant roman d’Alphonse de Lamartine, poète romantique aujourd’hui oublié. Au Québec aussi nous avons de bons écrivains oubliés, entre autres presque tous ceux qui ont été publiés avant les Années Soixante, comme si la Révolution tranquille les avait effacés de la mémoire collective. Que connaissent nos étudiants des œuvres littéraires de Joseph Raiche, du Frère Marie-Victorin, et même de Louis Frechette? Il faudrait un jour rééditer ce patrimoine culturel pour le remettre dans les bibliothèques des écoles.

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De gauche à droite : M.Stefano Puppini, le Directeur régional du Gruppo Italiano Vini, qui produit les vins de Bolla, et de Laure Garnier, l'adjointe de Michel Beauregard, Directeur national du marketing chez Vins Philippe Dandurand.

De ce pas je suis arrivé devant la porte du Graziella où j’ai rencontré d’autres amis chroniqueurs avec lesquels nous sommes allés à la rencontre de Michel Beauregard, Directeur national du marketing chez Vins Philippe Dandurand, de Laure Garnier, son adjointe et de Stefano Puppini, le Directeur régional du Gruppo Italiano Vini, qui produit les vins de Bolla.

À l’origine le fondateur Abele Bolla avait une auberge dans la ville médiévale de Soave au Sud-est de Vérone où il était connu pour servir des vins excellents. En raison de son succès, il décide de commercialiser les vins de Soave et crée son premier chai en 1883. Le négoce prend de l’expansion au point de devoir fonder un deuxième chai à Pedemonte, sur les terres de Valpolicella pour fabriquer et commercialiser les vins de Valpolicella et de Recioto. À partir de 1946, grâce à ses contacts à New York, la famille Bolla commence à exporter vers les États-Unis. Ils sont les premiers à commercialiser l’Amarone.

Dans les années cinquante et soixante les vins de Bolla sont si bien établis qu’on voit leurs bouteilles figurer dans plusieurs films d’Hollywood. Frank Sinatra refusa même une fois de se mettre à table, si on ne lui servait pas du Bolla Soave qu’il adorait.

En 1996 le système de qualité de la compagnie est tel qu’ils reçoivent la prestigieuse certification UNI EN ISO 29002. Le Gruppo Italiano Vini prend le contrôle du Chai de Pedemonte dans les années 2006 et le contrôle total de l’entreprise en 2009. Tout en préservant la philosophie, la qualité des vins, et le respect du terroir énoncé par son fondateur, le GIV veut établir un nouveau style de vins.

Plusieurs types de vin sont produits par Bolla aujourd’hui :

Les classiques de Vérone : le Bardoline, le Soave et le Valpolicella.

Les Sélections Premium : Cabernet Sauvignon, Chardonnay, Chianti, Merlot, Pinot Gris, Pinot Noir, Riesling et Sangiovese Le Soave Classico et Ripasso et Les Sélections Amarone.

Le Gruppo Italiano Vini est représenté au Canada par les Vins Philippe Dandurand, Inc.

Nous avons commencé la dégustation avec un Prosecco superiore, le Bolla Conegliano Valdobbiadene DOCG, 90% Glera, 10% Verdeso. Une robe jaune très claire, des petites bulles, des arômes d’agrumes, de chèvrefeuille. En bouche un goût de pomme verte, avec beaucoup de fraîcheur, belle acidité, joyeux jusqu’en finale. Un vin très élégant. Il sera bientôt disponible à la SAQ au prix environ de $ 18.

Nous avons goûté ensuite le Soave Classico DOC 2009. 95% Garganega et 5% Trebbiano di Soave. Vendangé à la main. Robe jaune cristalline, bouquet souple, arômes d’ananas, de mangue. En bouche, semi-sec, une belle fraicheur, une acidité présente très agréable, des saveurs de pamplemousse, de lime, de poire et de melon. Belle longueur finale. (SAQ 11,95)

Nous avons continué avec le Valpolicella DOC Classico 2008 60% Corvina-Corvinone, 30% Rondinella et 10% de cépages divers. Ce vin a subit deux fermentations, la première en cuves inox pour préserver son fruité, et ses tanins souples et une deuxième malolactique avec vieillissement en barriques de bois pour lui donner sa rondeur, son boisé, ses arômes d’épices si riches, de fumé de tabac, de poivre. Robe rouge grenat, vin complexe et élégant, une belle fraîcheur et des tanins souples. (SAQ $ 14,95)

Le quatrième vin était le Valpolicella Doc Classico Superiore 2007 «Le Poiane». 70% Corvina-Corvinone, 30% Rondinella. Les vignes sont montées en Pergola, sur des terrains rocailleux, elles sont vendangées manuellement lorsque le raisin est bien mûr. Le raisin est pressé et laissé fermenter à 28°C pendant 15 jours pour obtenir le fruité et les tanins souples, on procède ensuite à une macération malolactique qu’on enchaîne avec une troisième fermentation dite de Ripasso afin de rehausser le vin. Pour le ripasso on pompe du jus d’Amarone sur les peaux du Valpolicella, et on le laisse fermenter pendant 20 jours, le vin est finalement élevé en fûts de chêne pendant 18 mois avant sa mise en bouteille où il se repose pendant trois mois avant sa mise en marché.

Le résultat donne un vin plus coloré, savoureux et alcoolisé que les Valpolicellas réguliers. Il exhibe une belle robe rouge sang, assez dense, arôme de cannelle, de poivre de clou de girofle. En bouche, il s’épanouit dans un éventail de goûts de fruits rouges et d’épices; bel équilibre entre les tanins ronds et bien fondus et l’acidité discrète, une longue finale très élégante.

Nous avons terminé avec un Amarone della Valpolicella Doc Classico 2006. Corvina 70% et Rondinella 30%. Chaque année le producteur doit déterminer le temps de «passerillage» de ses raisins. Le passerillage est une technique de déshydratation, par laquelle on fait sécher le raisin à température et humidité contrôlée, quoiqu’on accepte la pourriture noble qui va conférer au vin sa structure et son caractère unique. Lorsque le raisin a perdu 32% de son eau, on le presse et on le fait fermenter à sec. On obtient ainsi ce vin dont les arômes et les saveurs sont concentrées et le taux d’alcool plus élevé. Ce vin vieillit 18 mois en fûts de chêne et 4 mois en bouteille, pour augmenter son niveau de qualité. La robe est grenat foncé, le liquide colle bien au verre et forme des larmes généreuses. Le bouquet livre des parfums des fruits séchés, de figue, de cassis, de confiture de cerise mais aussi de cuir, de vanille, de chocolat et de cèdre. En bouche, il est sec et corsé, mais ses tanins mûrs sont ronds et bien fondus avec l’acidité et le fruité. On apprécie l’équilibre raffiné entre les arômes et les saveurs et sa complexité. Un vin élégant qui a une longue finale ronde et persistante qui dévoile sa minéralité. Un trésor. Il sera disponible à la SAQ à la fin de l’année au prix de $ 40.00

La chef Graziella Batista et son associé Pierre Julien, nous avaient préparé un menu pour être marié aux vins de la maison Bolla.

Nous avons eu en entrée la Zuppa di Tartufoli e anatra, accompagnée d’un Prosecco di Conegiiano e Vaidobbiadene, suivie d’un Culatello, Parmigiano e aceto vecchio accopagné d’un Soave classico 2009. Comme Primo, on nous a servi des Gnocchi di Grana Padano con ragu di coniglio avec un Valpolicella Classico 2008. Et comme Secondo un Brasato d'agnello all'erbette avec un Valpolicella Classico superiore 2007 Ripasso Le Poiane, que nous aurions pu aussi déguster avec l’Amarone della Valpolicella Classico 2006, qui nous a été servi avec le dessert qui consistait en un Semifreddo di pere e cake alle spezie.

C’était délicieux ! Je suis rentré chez moi tout à fait content de ma soirée et de la charmante compagnie de mes amis gourmets.

Roger Huet
Président du Club des Joyeux
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À propos de l' auteur

Roger Huet - Chroniqueur vins et Président du Club des Joyeux
Québécois d’origine sud-américaine, Roger Huet apporte au monde du vin sa grande curiosité et son esprit de fête. Ancien avocat, diplômé en sciences politiques et en sociologie, amoureux d’histoire, auteur de nombreux ouvrages, diplomate, éditeur. Il considère la vie comme un voyage, de la naissance à la mort. Un voyage où chaque jour heureux est un gain, chaque jour malheureux un gâchis. Lire la suite...

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