lundi 24 février 2020
Montréal Passion Vin 2019

Montréal Passion Vin 2019

Pour contrer le blah de l'hiver et l'avalanche de grands titres moroses, voici un retour sur un évènement porteur d'espoir. Quelle belle 18e édition de cet évènement qui, sous des atours glamour et luxueux, a d'abord et avant tout un objectif aussi noble qu'essentiel : faire avancer la recherche dans le domaine porteur d'espoir de la thérapie cellulaire. L'hôpital Maisonneuve-Rosemont, sous sa désignation d'Institut universitaire en hémato-oncologie et thérapie cellulaire, après des décennies de recherches, a acquis une réputation internationale dans l'utilisation des cellules-souches pour traiter avec moins d'effets secondaires et une plus grande efficacité certains cancers et d'autres maladies réputées incurables. On a aussi, enfin, des pronostics fort encourageants pour venir à bout du diabète, de certaines maladies rénales, et même de l'Alzheimer!

Tout ça demande beaucoup d'investissement, et c'est là qu'intervient Montréal Passion Vin.

Gens d'affaires, professionnels de la santé et les plus prestigieux domaines vinicoles du monde se rencontrent chaque année pour partager des moments privilégiés et amasser en même temps des sommes cruciales pour l'aboutissement de ces recherches. Deux jours de dégustations, de banquets et d'encans de lots de rêve proposés indéniablement à une certaine élite, mais dont les recettes permettent de rêver du jour où le diagnostic de ces horribles maladies ne sera plus aussi funeste pour bien des gens.

Cette 18e rencontre a réuni les maisons vinicoles suivantes : Champagne Laurent-Perrier, Domaine Laroche, Maison Champy et Domaine de la Vougeraie (Bourgogne), Trimbach (Alsace), Château Haut-Brion, Château Pichon Longueville, Comtesse de Lalande (Bordeaux) et Luciano Sandrone (Piémont).

Cette année, j'ai eu le plaisir de vivre une thématique bordelaise, coanimée de main de maitressse par Nadia Fournier, et en voici un petit aperçu.

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D'abord une rencontre avec M, Jean-Philippe Delmas, du Château Haut-Brion. Il est la 3e génération de Delmas qui travaille à la signature de ces vins emblématiques du domaine. On a commencé la dégustation avec un Clarence 2010 et un 2009. Le Clarence est considéré comme le second vin de la Maison. La différence la plus grande avec le Grand Vin, c'est le pourcentage de barrique neuve; sinon il est travaillé avec autant de soin que ce dernier. J'ai eu beaucoup de plaisir à déguster le 2010, avec son nez qui alternait sans cesse entre la boite en cèdre rouge et le cassis noir, et sa bouche complexe qui se redéfinissait de minute en minute.

Puis, l'échange d'anecdotes et de technicalités intéressantes s'est poursuivi en savourant quelques millésimes du Château Haut-Brion : 2008, 2005, 2003 et 1998. J'avoue que 1998 m'a particulièrement marqué. Wow, quel moment de grâce! Un nez somptueusement floral et boisé, tout en finesse. Mais la bouche, mes ami(e)s... la bouche! Une merveille d'équilibre et de longueur, mais surtout encore des arômes de fruits frais plutôt que cuits. Quelle délicieuse fraîcheur.

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Au-delà des vins, j'ai aussi apprécié une précision qu'a apportée M. Delmas. Bien sûr, pour permettre au terroir de s'exprimer le plus précisément possible, il faut une vision environnementale qui respecte au maximum cet écosystème. Le vignoble n'est pas certifié bio, car le cuivre recommandé pour les traitements éventuels, laisse trop d'empreinte dans le sol. Donc, le domaine travaille à trouver une alternative pour qu'éventuellement il n'y ait plus d'intrants dans le vignoble.

Ma deuxième rencontre-dégustation m'a fait connaître Nicolas Glumineau, le directeur général de Château Pichon Longueville, Comtesse de Lalande, un prestigieux domaine de Pauillac qui appartient à la Maison Roederer depuis 2007. C'est un vin qui avait la réputation d'être plus féminin, ayant vu plusieurs femmes liées à son histoire, et probablement surtout à cause de sa proportion de merlot plus élevée que chez ses voisins. Ici aussi, on recherche la mise en valeur des particularités d'un terroir d'exception. Signe des temps, en cette ère de réchauffement climatique, on accorde de plus en plus de place au cabernet sauvignon, et on est en conversion vers une culture en biodynamie. Autre fait intéressant, on explore l'impact qualitatif des différents porte-greffes; une tendance qui se voit de plus en plus dans plusieurs pays.

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J'ai d'abord savouré deux Réserves de la Comtesse, soit le 2010 et le 2014. Le 2014 m'a séduit, surtout avec ses parfums aussi boisés que floraux, et une bouche d'une complexité remarquable. Puis on a été gâtés avec quatre millésimes de Comtesse de Lalande : 2014, 2009, 2005 et 1995. Encore une fois, même en jeunesse, le 2014 était aussi accessible que savoureux. Un régal et un super plaisir, tant au nez qu'en bouche. Le 2005 était un vrai tourbillon de sensations fortes. Ample et soyeux à la fois, il ne cessait de s'épanouir en bouche avec une myriade de parfums. Riche et frais, c'est un vin très sensuel. Le 1995 m'a aussi fait voyager. Un vin très dense et organique qui semblait vibrer de vitalité dans ma bouche. Difficile à expliquer, mais c'était toute une expérience sensorielle. Un vin qui a encore de bonnes années devant lui, en tout cas.

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Voilà, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter d'avoir la chance de découvrir ces domaines qui font rêver, et qui sait, de pouvoir assister à une de ces rencontres mémorables lors de la prochaine édition de Montréal Passion Vin, qui se tiendra les 13 et 14 novembre prochains. De grands moments pour de grandes avancées médicales, qui nous rapprochent à chaque édition du jour où ces terribles fléaux ne seront plus aussi destructeurs.

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À propos de l' auteur

Diplômé sommelier-conseil de l’Université du vin de Suze-La Rousse, en France, j’ai commencé mon apprentissage du monde vinicole en suivant les cours Les Connaisseurs de la SAQ. Aujourd’hui, j’en suis devenu un animateur! Chroniqueur vins et alcools dans diverses publications, dont le magazine Fugues, je parcoure la planète pour mettre images et visages sur ces produits qui me font vivre tant d’émotions.

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