lundi 20 mai 2024
Michel Côté, muséologue québécois de réputation internationale

Michel Côté, muséologue québécois de réputation internationale

De plus en plus de compatriotes troquent la blancheur hivernale du Québec pour les teintes bleutées et verdoyantes de la Côte-d’Azur. Le bouche-à-oreille agissant comme une caisse de résonnance, ce sont souvent les amis des amis que se pointent année après année sur la célèbre Promenade des Anglais. J’en ai déjà fait écho ici, l’occasion m’est offerte d’en fréquenter plusieurs et parfois de vous les présenter comme c’est le cas aujourd’hui avec Michel Côté, ancien directeur du Musée de la civilisation de Québec. Ce dernier revient régulièrement en France, oui à Nice mais aussi à Paris et surtout à Lyon… voyons voir !

L’aventure française 

Originaire de Victoriaville, Michel Côté fait carrière dans le monde de la muséologie et devient directeur des expositions au Musée de la civilisation de Québec dans les années 1990. À la fin du millénaire, les administrateurs du Musée d’histoire naturelle de Lyon sont à la recherche d’un nouveau directeur qui pourra à la fois coordonner les opérations muséales en apportant de nouvelles collections mais surtout développer l’intérêt de la population et accroître sensiblement la fréquentation au musée de Lyon. C’est au québécois Michel Côté qu’est confié la mission et le voilà qu’il débarque avec épouse, armes et bagages au bord du Rhône, en 1999. Alors qu’en ce pays aux 1200 musées, au patrimoine historique riche et diversifié, aux multiples centres  d’interprétations civilisationnels, sociaux ou culturels, en cette France qui regorgent d’historiens, de muséologues, de conservateurs ou régisseurs de patrimoine, pourquoi solliciter les lumières et l’expertise d’un muséologue québécois?

Monsieur Côté, de me répondre : « En France, l’expertise muséologique est surtout axée sur les collections alors qu’au Québec nous avons une forte préoccupation à faire vivre une expérience culturelle maximale aux visiteurs de nos musées. Nous voulons que nos différents publics se sentent accueillis et passent de spectateurs à acteurs, qu’ils vivent une expérience totale et que tous les sens soient interpellés ». En fait, cela confirme un trait reconnu de plus en plus à travers le monde :  le sens de l’hospitalité, est un gène québécois ! « Ma volonté de vouloir un musée plus accessible à un plus grand nombre de gens, cette forme de démocratisation de la culture, bref cette ouverture et cette expertise bien québécoise sont les éléments qui ont plu au comité de sélection », d’ajouter Michel Côté.

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Le Musée des Confluences de Lyon 

Bien en selle à la direction de son musée le dirigeant québécois et les élus lyonnais rêvent cependant de plus grand et d’ajouter un élément majeur à l’offre muséale de la ville car après tout, Lyon n’est pas qu’une capitale gastronomique où seul Paul Bocuse a droit de cité. C’est ainsi que débute la fabuleuse aventure de la conception d’un musée de Sciences et Sociétés qui deviendra au bout de d’une décennie de labeur, le Musée des Confluences de Lyon. Incontournable et véritable signature architecturale à l’entrée de la ville, ce spectaculaire édifice tire son nom de son point d’ancrage au confluent des deux cours d’eau qui se croisent à Lyon, le fleuve Rhône et la rivière Saône. Voilà comment on le décrit sur le site officiel du musée : en plus du Socle, sur lequel il repose comme un pont sur ses piles, deux éléments distincts le composent. Baigné de lumière, le Cristal, son hall monumental, s’ouvre vers la cité en invitant à venir le visiter. Le Nuage abrite le parcours permanent et les expositions temporaires.

« J’ai toujours prétendu que pour expliquer la complexité du monde, on avait besoin de plusieurs disciplines. On avait besoin de la science, on avait besoin de l’histoire, de l’archéologie, de la philosophie, des beaux-arts. On ne peut pas se contenter d’une seule discipline. » Pour Michel Côté, un musée doit conjuguer trois éléments : le plaisir, la connaissance et la réflexion.

un seminaire au musee des confluences

Retour au Québec

La vie nous réserve parfois de curieuses surprises. Lors d’une visite officielle à Lyon de Jean-Paul l’Allier, alors maire de Québec, ce dernier croise Michel Côté lors d’un événement et lui susurre à l’oreille qu’on aurait bien besoin de lui au Musée de la civilisation de Québec, mais cette fois comme directeur général. Cela sonne comme un rappel des troupes auquel toute la famille Côté consent et ce beau monde rentre au bercail en 2010. Monsieur Côté supervisera le fabuleux musée de la capitale pendant cinq ans avant de tirer sa révérence. Non sans gloire car il se voit décerner le prix ICOM du rayonnement international pour sa carrière et son implication qui démontrent une excellence de calibre supérieur en matière de muséologie canadienne Rassurez-vous Michel Côté demeure actif et partage son expertise à l’écrit en signant différents articles dans des revues sociétales et scientifiques. 

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Cher Michel, au plaisir de vous revoir à Nice prochainement !

À propos de l' auteur

Jean Chouzenoux a travaillé 35 ans à la Société des alcools du Québec, y a occupé différents postes de gestion aux ventes, aux communications et à la commercialisation.
 
Membre de nombreuses confréries bachiques et gastronomiques et animateur de tournées viticoles dans le vignoble européen. Juré dans les concours internationaux de dégustations, fut chroniqueur sur les vins à la radio et collabore ponctuellement au magazine Prestige de Québec.
 
Installé à  Nice depuis 2010, où il continue d'entretenir sa passion pour le vin.