vendredi 27 novembre 2020
Stabilité de la production de vin en 2020 dans le monde

Stabilité de la production de vin en 2020 dans le monde

Une production viticole 2020 presque normale en une période qui n’est l’est plus soit par la conjoncture soit par les effets d’un climat quelque peu capricieux.

Comme chaque année, l’OIV (office International de la Vigne et du Vin) dont le siège est à Paris et qui est à la filière viticole et des spiritueux ce qu’est l’ONU à l’organisation du monde ou l’OMS à celle de la santé, publie ses résultats sur la production 2020 du vin dans le monde.  Il s’agit d’une estimation car si dans l’hémisphère sud les vendanges ont eu lieu entre février et mars, dans l’hémisphère nord, elles se sont déroulées entre septembre et octobre et les chiffres pourraient encore évoluer à la marge.

Pour l’année 2020, l’OIV estime la production mondiale de vin entre 253,9 millions d’hectolitres et 262,2 Mhl, soit une moyenne de 258 Mhl, après 256 Mhl en 2019 rapporte l’organisation dans son communiqué de presse.

Dans l’Union européenne, la récolte est estimée à 159 Mhl, soit 5% de plus qu’en 2019, avec un recul de 1% du premier producteur mondial, l’Italie, à 47,2 Mhl, une légère progression de 4% en France (43,9 Mhl), le deuxième producteur mondial et un bond de 11% en Espagne (37,5 Mhl), le troisième acteur majeur de la filière.

La production de chacun de ces trois pays – qui représentent 49% de la production mondiale de vin – est en dessous de leur moyenne quinquennale respective 2015-2020, souligne l’OIV. Ceci résulte aussi bien de conditions météorologiques favorables au printemps et en été pour la vigne, que de mesures de régulation du marché en amont, certains vignobles ayant volontairement réduit leurs volumes pour ne pas trop affecter les prix déjà tirés vers le bas par la crise du Covid-19 comme la champagne par exemple.

Ailleurs dans le monde, L’OIV souligne aussi l’impact des sécheresses et feux de forêts qui ont affecté beaucoup de domaines viticoles. Principale victime des aléas climatiques cette année, l’Argentine qui a vu sa production baisser de 17% par rapport à 2019 et de 13% par rapport à la moyenne quinquennale, à 10,8 Mhl. De même, le voisin Chilien a souffert de la sécheresse et affiche un recul de 13% à 10,3 Mhl.

Toujours dans l’hémisphère sud mais à l’autre bout, L’Australie enregistre  un déclin de sa production viticole, à 10,6 Mhl, -11% par rapport à 2019 et -16% par rapport à sa moyenne quinquennale. L’effet des incendies de décembre 2019 et janvier 2020 ne sont pas étrangers à ce recul même si la sècheresse en est l’explication principale.

Aux États-Unis, si les premières estimations de l’OIV, basée sur celles du ministère américain de l’agriculture (USDA) tablent sur une production de vin de 24,7 Mhl, soit une hausse de 1% par rapport à 2019), l’OIV prévient que ce chiffre pourrait être “revu significativement dans les mois à venir” lorsque “les effets réels des feux dans les vallées viticoles de Napa et Sonoma entre autres seront évalués.

Production stable, donc, mais contrasté. Reste à connaitre maintenant le niveau qualitatif. Là encore, il est trop tôt pour se prononcer mais la filière dans sa globalité se veut optimiste, un peu comme chaque année… Seul le temps et les dégustations arbitreront. 

Source: McViti

À propos de l' auteur

Âgé de 45 ans, ingénieur agricole, diplômé de l’IHEDREA (Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole en 1995), j’ai poursuivi mes études par un master de Gestion, Droit et Marketing du secteur Vitivinicole et des Eaux de Vie dépendant l’Université de Paris 10 Nanterre et de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin - 1997). Lire la suite...

Commentaires des lecteurs