dimanche 27 novembre 2022
L'INESSS refuse de cautionner l'utilisation de la colchicine pour le moment

L'INESSS refuse de cautionner l'utilisation de la colchicine pour le moment

L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) va administrer une douche froide aux promoteurs de la colchicine comme médicament efficace contre les complications causées par la COVID-19. Loin de la bénédiction espérée, l’organisme refuse de cautionner pour l’instant le produit et suggère aux médecins d’être prudents dans son utilisation.

Selon les informations réunies par La Presse, le rapport qui doit être rendu public mardi ou mercredi conclut que Québec n’a pas suffisamment de données pour recommander une utilisation étendue de ce médicament.

L’INESSS préconise que cet anti-inflammatoire fasse l’objet de davantage d’évaluations par les pairs. Pour l’heure, l’étude statistique des résultats ne montre pas les effets déterminants évoqués dans la déclaration faite par l’Institut de cardiologie de Montréal le 23 janvier. Du point de vue du ministère de la Santé, on résume rapidement les conclusions : pour l’ensemble des 4488 patients suivis dans l’étude, le recours à la colchicine a réduit d’un point de pourcentage les risques de décès ou d’hospitalisation (5,8 % pour les patients ayant reçu le placebo, contre 4,7 % pour ceux qui ont reçu le médicament), un résultat insuffisant pour qu’on puisse généraliser l’utilisation du médicament.

L’INESSS ne manque pas de rappeler les risques importants d’effets secondaires de la colchicine : des diarrhées qui risquent de déshydrater le patient ou, plus grave encore, des embolies pulmonaires.

Le Dr Jean-Claude Tardif, directeur du centre de recherche de l’Institut de cardiologie, a été rencontré par l’INESSS la semaine dernière. Joint lundi soir, le Dr Tardif a confirmé la rencontre, mais a soutenu ne rien savoir des conclusions de l’INESSS.

«Ils nous ont demandé plusieurs précisions, la réunion s’est bien déroulée selon nous. On est 35 chercheurs dans six pays, je pense que nos résultats sont importants.» - Le Dr Jean-Claude Tardif, directeur du centre de recherche de l’Institut de cardiologie de Montréal

Lire la suite: La Presse du 2 février 2021