dimanche 29 mai 2022
La parosmie est le spectre de la crise actuelle

La parosmie est le spectre de la crise actuelle

L’eau de Javel ne sent rien, le beurre d’arachides a un goût de moisissure. Des mois après avoir contracté le virus, ils sont toujours privés de leur sens de l’odorat et ne goûtent plus rien normalement. Pendant que des chercheurs partout sur la planète tentent de comprendre pourquoi, ils s’inquiètent : et si c’était permanent ?

Stephen Smith se souvient du moment précis où il a cessé de percevoir les odeurs : le dimanche 22 mars, à l’heure du souper. Nous sommes au début de la pandémie, le Québec vient de se confiner. À l’époque, l’anosmie – c’est-à-dire la perte complète du sens de l’odorat – n’est pas officiellement considérée comme un symptôme du virus par le ministère de la Santé. En fait, personne n’en parle.

Intrigué, Stephen Smith s’en remet à son premier réflexe : Google. Il tombe alors sur un article du New York Times qui rapporte que des personnes infectées par le coronavirus souffrent étrangement d’une perte du goût et de l’odorat.

« Les poils se sont dressés à l’arrière de mon cou », raconte le Montréalais de 49 ans. « Ça faisait peur. Je me suis demandé ce qui allait m’arriver. Est-ce que c’est le premier symptôme de plusieurs ? Est-ce que mon état va se détériorer ? Ma conjointe a été très malade. Heureusement ou malheureusement, moi, c’est tout ce que j’ai eu. Mais cinq mois plus tard, c’est toujours le cas ! »

Le père de famille estime qu’il n’a toujours pas retrouvé environ 90 % de son sens de l’odorat et de 30 à 40 % de son sens du goût. Le beurre d’arachides, le chocolat, le café et la bière ont un goût de moisissure. « Dégoûtant », résume-t-il.

Il s’ennuie des odeurs de l’été. « Les barbecues, les fleurs, le gazon fraîchement coupé, je manque cet aspect de la saison estivale. En revanche, si je suis pris dans le trafic derrière un camion à ordures, je ne le sens pas non plus. Les odeurs désagréables ont aussi disparu. »

Lire l'article complet: La Presse du 17 août 2020