mercredi 8 avril 2020
La triste réalité des vignerons de Bordeaux, en France

La triste réalité des vignerons de Bordeaux, en France

Poussé à bout, Olivier Fleury ne mâche pas ses mots. Il témoigne des difficultés rencontrées par les petites entreprises vitivinicoles, étouffées par une somme de contraintes sans fin. S’il est pessimiste, et ne croit pas que son exemple puisse faire évoluer la situation, ses difficultés pourraient office d’électrochoc, en réunissant tous les boulets mis aux pieds des opérateurs du vignoble.

A 47 ans, le négociant et vigneron bordelais Olivier Fleury est épuisé, lessivé et surtout démotivé à la tête de son négoce (l’Union Vinicole Girondine, UVG) et de ses domaines (châteaux du Pavillon et Les Roques en AOC Sainte Croix du Mont et Loupiac). Il faut bien reconnaître que la litanie de ses peines dresse une liste à la Prévert du cumul des difficultés affrontées dans le vignoble en général, et à Bordeaux en particulier.

« Nous faisons face à des aléas climatiques tous les ans. Nous subissons une demande de remboursement de FranceAgriMer pour des aides à la promotion dans les pays tiers. Nous enregistrons une chute des ventes en France liées à la crise des gilets jaunes. Nous avons eu une descente de la brigade financière pour défaut de justification de la provenance de fonds suite à la vente de vins en Chine (m'interdisant de travailler avec 80 % de mes clients chinois). Nous accusons le poids croissant de la masse salariale (je n’ai pas remplacé douze départs en un an), nous avons subi trois jugements défavorables aux prudhommes pour des salariés VRP et classiques (que je croyais plafonnés, mais non). Nous voyons des pertes de marchés qui s’annoncent aux Etats-Unis. Nous n’arrivons pas à trouver des vendangeurs s’impliquant. Nous avons Qualibordeaux qui me demande mes carnets de dégustation en pleines vendanges… Sans oublier des différents familiaux réglés au tribunal de commerce, qui me poussent à bout pour plusieurs centaines de milliers d'euros qu'il a fallu régler après que tous les comptes bancaires aient été bloqués » lâche-t-il d’une traite.

Lire l'article complet: Vistisphère du 1er novembre 2019