samedi 21 septembre 2019
Clap de fin pour le milliardaire Hu Keqin, qui se voyait devenir en roi de la baguette en Chine

Clap de fin pour le milliardaire Hu Keqin, qui se voyait devenir en roi de la baguette en Chine

Le milliardaire chinois qui avait fait main basse sur de nombreuses terres agricoles en France et nourrissait de grandes ambitions dans le secteur de la boulangerie a fait faillite.

Clap de fin pour le milliardaire Hu Keqin, PDG du conglomérat Reward, connu pour s’être emparé de terres céréalières en France. Il se voyait déjà en roi de la baguette en Chine. Las ! Son groupe a fait faillite, montrant la fragilité de certains investisseurs chinois. L’affaire avait fait grand bruit quand un mystérieux Chinois avait racheté 1.700 hectares dans l’Indre il y a cinq ans, puis 900 hectares dans l’Allier trois ans plus tard. Était-ce le début d’une conquête du grenier à grains français ? Les pires inquiétudes circulaient, comme souvent lorsqu’il s’agit d’investissements chinois. Mais finalement rien de tout cela ne s’est produit. Car Reward (« Luowa » en chinois), fondé en 1995 et spécialisé à l’origine dans le lait maternisé et les produits d’entretien, a été mis en faillite le 13 mai, selon un avis publié en ligne le 2 juin sur le registre chinois des faillites consulté par l’AFP.

En janvier, l’agence de notation financière Fitch avait déjà tiré la sonnette d’alarme, expliquant que Reward avait été dans l’incapacité de s’acquitter d’une dette de 300 millions de yuans (38 millions d’euros) début décembre, alors qu’il assurait disposer fin septembre de… 4,15 milliards en numéraire (530 millions d’euros). Fitch déplorait au passage l’opacité entourant les comptes des firmes chinoises, la non-publication d’informations « pertinentes » et des audits notoirement incomplets… Et Monsieur Hu, qui annonçait à l’AFP il y a un an environ vouloir ouvrir 1.500 boulangeries en Chine en cinq ans, approvisionnées en farine française, n’a finalement ouvert que trois boutiques « Chez Blandine » à Pékin. Et elles ont déjà fermées, d’après Dianping.com, principal site de référencement de commerces et services. « Il y a un réel attrait pour la France parce que les produits sont bons, jouissent d’une bonne image. Ils veulent les importer en Chine mais sans doute vont-ils trop vite pour se faire une part de ce marché très concurrentiel », analyse Jean-Marc Chaumet, agro-économiste et spécialiste de la Chine à l’Institut de l’élevage.

Lire l'article complet: Food and Sens du 20 juillet 2019