mardi 23 octobre 2018
Jérôme Ferrer, une source d'inspiration pour les entrepreneurs du Québec

Jérôme Ferrer, une source d'inspiration pour les entrepreneurs du Québec

Après avoir perdu plus de 1 million de dollars avec sa chaîne de casse-croûte et avoir frôlé la faillite, le chef Jérôme Ferrer a décidé de rebondir en multipliant les projets. Il a accepté de nous parler de ses ambitions pour Montréal.

Un million de dollars, « c’est le travail d’une vie en restauration », lance Jérôme Ferrer, attablé dans son restaurant Europea, au centre-ville de Montréal. C’est ce qu’il a perdu dans son aventure avec Juste pour rire et Gilbert Rozon, qui s’est vite transformée en mésaventure.

« J’ai 15 ans de travail à faire pour rembourser tout ça. Mais je suis serein… Je n’ai pas le choix. »

Les deux hommes s’étaient associés au printemps 2017 pour intégrer l’image de Juste pour rire dans la chaîne de restaurants Jerry – Casse-Croûte du terroir. Ils ambitionnaient de s’attaquer au marché européen et aux aéroports avec leur concept de franchises baptisées Jerry Ferrer. Or, seulement deux saisons plus tard, les allégations d’agressions sexuelles qui visaient Gilbert Rozon venaient anéantir toute chance de succès.

En quelques jours, le chiffre d’affaires de l’établissement du boulevard René-Lévesque a chuté de 50 à 70%, raconte M. Ferrer. Les unes après les autres, les réservations étaient annulées. Les entreprises qui devaient tenir leur party de Noël chez Jerry Ferrer n’osaient plus y amener leurs employés.

« En décembre, on savait que c’était fini. […] On regardait nos chiffres et on se disait “ça y est, c’est la banqueroute”. » — Jérôme Ferrer

Les franchisés ont quitté le navire. Les projets d’ouverture ont tous été annulés. Les sommes importantes investies dans le recrutement de franchisés ont perdu toute utilité.

« En décembre et janvier, il a fallu vider nos comptes personnels », relate le chef, qui a décidé de ne pas amener l’affaire devant les tribunaux. Il n’en avait pas les moyens. Et il ne voulait pas mettre à risque sa santé mentale et physique. « En affaires, il faut savoir passer à autre chose, accepter la fatalité. »

Jérôme Ferrer ne cache pas qu’il a ardemment souhaité parler avec Gilbert Rozon, par contre. « Quand tu rentres chez quelqu’un et que tu casses quelque chose, la moindre des choses est de ramasser. Mais on n’a pas eu d’excuses, on n’a pas eu d’explications. On a réclamé des rencontres pour trouver des sorties de secours […], surtout que c’est fragile au début, une entreprise, et que les marges sont faibles en restauration. Mais on n’a pas eu de retour, pas d’aide, pas d’amour. C’est ça qui m’a le plus blessé, c’est certain. »

Lire l'article complet: La Presse du 9 octobre 2018