samedi 27 février 2021
L'eau potable est le plus grand enjeu de la planète pour sa survie

L'eau potable est le plus grand enjeu de la planète pour sa survie

Pour étancher leur soif d'eau potable, de plus en plus de pays retirent le sel des mers et des océans.

Comme un luxe devenu ordinaire, l'eau douce coule à flots dans notre quotidien. Chaque Français en consomme, en moyenne, 148 litres par jour. Pourtant, ailleurs sur la planète, 2,1 milliards de personnes vivent sans eau potable à domicile, estime l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Sur une carte du monde, une "diagonale de la soif" traverse de nombreux pays "de Pékin à Gibraltar", interpelle l'expert Franck Galland dans ses Chroniques géopolitiques de l'eau (Editions CNRS). Et la croissance démographique pourrait accroître de 30 % les besoins hydriques d'ici à 2050, alerte l'Unesco. Pour diversifier leurs ressources en eau, de nombreux Etats se tournent donc progressivement vers... la mer.

Le défi est plus complexe qu'on ne l'imagine. Si le principe du dessalement est connu depuis Aristote, son coût énergétique et son impact sur la planète restent perfectibles. Pendant des décennies, les industriels se sont focalisés sur la distillation : l'eau salée se trouve d'abord portée à une température d'ébullition d'environ 120 degrés Celsius. En traversant plusieurs cuves où la pression est de plus en plus faible, elle passe partiellement à l'état gazeux, émettant une vapeur débarrassée de sel, qui est ensuite récupérée grâce à des tubes condenseurs (procédé dit "à détentes successives").

Cette distillation peut être améliorée en réutilisant la chaleur de la vaporisation (procédé "à multiples effets"), mais elle conserve un inconvénient majeur : son coût énergétique, trop élevé. "Il faut disposer, à proximité, d'une source thermique importante, ce qui explique les implantations historiques dans le golfe Persique riche en pétrole", confirme Gwenaëlle Fleury, ingénieure au bureau d'études Artelia.

Lire l'article complet : L'Express du 24 juillet 2018