dimanche 3 juillet 2022
France - Les conditions exécrables des femmes de chambre mises au jour

France - Les conditions exécrables des femmes de chambre mises au jour

A 48 ans, la gouvernante d'hôtel, figure de la grève historique contre le groupe Accor, se présente aux élections législatives dans le Val-de-Marne, sous l'étiquette de la Nupes.

"C'est une tornade." Dans cette école de Chevilly-Larue (Val-de-Marne), Patricia écarquille les yeux, tout comme les 200 personnes venues assister, jeudi 19 mai, à la réunion publique de lancement de la campagne aux élections législatives de Rachel Keke (sans accent, elle y tient). L'assistance est suspendue aux lèvres de cette femme de 48 ans. Vêtue d'un haut coloré en wax, cheveux noirs aux reflets violets, agrémentés d'une perle, la Française originaire de Côte d'Ivoire, née dans la commune d'Abobo, au nord d'Abidjan, se surnomme "la guerrière". Son principal fait d'armes: avoir tenu tête au grand groupe hôtelier Accor lors d'une grève de 22 mois, la plus longue de l'histoire du secteur, et obtenu de nombreux droits pour les femmes de chambre de l'hôtel Ibis Clichy-Batignolles, dans le 17e arrondissement de Paris, où elle travaille toujours.

Dans le préau couvert de fresques colorées, à la manière d'une grande oratrice, la candidate de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) dans la 7e circonscription du Val-de-Marne (Fresnes, L'Haÿ-les-Roses, Rungis, Thiais et Chevilly-Larue) arpente une scène imaginaire et prévient : elle va "faire trembler l'Assemblée nationale". Si elle est élue mi-juin, elle deviendra la première femme de chambre à entrer dans l'hémicycle du Palais-Bourbon.

"Vous êtes des guerriers", a encore martelé la candidate à des lycéens un peu plus tôt dans la journée, lors d'une manifestation contre la baisse de la dotation horaire au lycée de Fresnes. Parmi les élèves qui ont discuté avec elle, Nino, 17 ans, en terminale : "C'est bien qu'une personne avec l'expérience d'une lutte se présente. Elle n'utilise pas d'éléments de langage." Se faire entendre est la spécialité de Rachel Keke, qui a chanté de nombreuses années dans des chorales gospel et rappelle volontiers ses origines de l'ethnie bété, "connue pour son franc-parler".

"J'ai réalisé que je pouvais protéger les autres"

Lire l'article complet: France Télévisions du 29 mai 2022

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