lundi 29 novembre 2021
Ces mots qui font saliver

Ces mots qui font saliver

Ça peut commencer dès l’enfance, par exemple avec les banquets du village gaulois dans les Astérix. Lorsqu’on découvre que les mots et les livres peuvent donner faim, que lire ouvre l’appétit, littéralement, et pas juste l’esprit. J’ai été déçue la première fois que j’ai mangé du sanglier, parce que je n’avais en tête que la pièce dodue et juteuse dont s’empiffre Obélix. Mais quand l’appétit va, tout va, n’est-ce pas ?

Il faut un talent particulier pour écrire sur la nourriture. Mes collègues critiques de restaurants comme Ève Dumas ou Iris Gagnon-Paradis me fascinent quand elles trouvent chaque semaine ces mots qui font saliver. Il s’agit de développer un vocabulaire, comme lorsqu’on parle de musique, par exemple. Et parlant de musique, elle n’est pas en reste dans cet accord mots-mets qui creuse l’estomac. S’il y a un parolier qui m’a donné le goût des moules et des frites, c’est bien Jacques Brel, avec sa chanson Jef, dans laquelle un ami ne trouve pas d’autre solution que ce célèbre plat pour consoler un gars en peine d’amour qui braille en pleine rue. Non, Jef, t’es pas tout seul à aimer ça, les moules et les frites.

Du petit pain au chocolat de Joe Dassin au spaghetti-pain à l’ail de FouKi, il y a de ces vers d’oreille qui donnent la fringale.

Que voulez-vous, les mets et les mots ont la langue en commun. J’aime beaucoup les écrivains qui écrivent sur la bouffe, tandis que certains auteurs de livres de recettes ont parfois de belles plumes — je pense que personne n’écrit plus des recettes comme le faisait Daniel Pinard, à qui j’ai piqué l’expression « bestiole » dès que je mets un poulet au four.

Lire l'article complet: La Presse du 23 octobre 2021

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