vendredi 27 mai 2022
Des étudiants squattent des tables pendant de longues heures dans les cafés

Des étudiants squattent des tables pendant de longues heures dans les cafés

NOTE DE L'ÉDITEUR
En Europe, chaque siège que le client occupe est payé rubis sur ongle au moment de s'asseoir, plus les consommations, et le temps alloué est chronométré. Alors il est temps de faire pareil ici, avec ce genre d'établissement.

 

La scène est devenue courante. Des étudiants, écouteurs sur la tête et regard vissé à leur écran, squattent des tables pendant de longues heures dans les cafés. Parfois seul, parfois en groupes, en consommant au minimum. Sur l’avenue Myrand, à proximité de l’Université Laval et du cégep Garneau, le problème est tel que des établissements ont choisi de bannir les ordinateurs en soirée ou de carrément débrancher la connexion internet.

Claude Lambert, copropriétaire du Café Au Temps Perdu, observe le phénomène de ces étudiants enfermés dans leur monde avec une pointe de découragement. «Ce n’est pas propice à la conversation. Ça tue l’ambiance, et moi, je vends de l’ambiance», lance-t-il au Soleil. Aussi a-t-il décidé, dans un message publié sur la page Facebook de l’établissement, d’interdire le travail sur ordinateur de 17h à 21h, tant à l’intérieur que sur la terrasse.

«Nous souhaitons prioriser une atmosphère où il est plaisant de discuter autour d’un bon souper», a-t-il écrit. Les commentaires n’ont pas tardé. Certains ont accusé la direction de «renier [sa] clientèle étudiante»; d’autres, à l’inverse ont appuyé sa décision. «Ce n’est pas avec des tables pleines de gens qui sirotent un café pendant trois heures durant votre heure de pointe que vous allez rester ouverts», écrit un internaute.

À sa façon, le Temps perdu se joint à un mouvement où de plus en plus de propriétaires de café cherchent à revenir à des valeurs de convivialité et de dialogue, avec des clients qui échangent entre eux au bar, bavardent autour d’un verre, font connaissance. Le travail en solo devant son écran, coupé du monde, n’est plus vu d’un bon œil. Si l’établissement ne possède pas d’écrans télé, c’est aussi pour favoriser les interactions sociales.

LIre la suite: Le Soleil du 19 septembre 2021

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