mercredi 27 janvier 2021
Jean Chouzenoux

Jean Chouzenoux

Jean Chouzenoux a travaillé 35 ans à la Société des alcools du Québec, y a occupé différents postes de gestion aux ventes, aux communications et à la commercialisation.
 
Membre de nombreuses confréries bachiques et gastronomiques et animateur de tournées viticoles dans le vignoble européen. Juré dans les concours internationaux de dégustations, fut chroniqueur sur les vins à la radio et collabore ponctuellement au magazine Prestige de Québec.
 
Installé à  Nice depuis 2010, où il continue d'entretenir sa passion pour le vin.

La 27e édition des Sélections Mondiales Canada (SMV) passera à l’histoire pour avoir eu lieu dans des conditions exceptionnelles liées à la pandémie de la COVID-19. C’est du 18 au 22 novembre dernier à Québec et encadré par un protocole sanitaire rigoureux dicté par l’Institut Nationale de Santé Publique du Québec (INSPQ) que les 65 jurés ont pu (enfin!) évaluer les quelques 2160 produits soumis à leur analyse.

Déguster avec le spectre de la COVID-19 

Un mot sur les conditions hygiéniques qui ont caractérisé l’édition 2020. Initialement prévu en mai, trois reports de l’événement dus à la pandémie sont venus compliquer la tâche des organisateurs. Un cadre sanitaire stricte dicté par l’INSPQ a dû être mis en place par les autorités de l’hôtel Delta de Québec et la direction de SMV. La disposition des différentes commissions et la notion du service représentaient un double défi pour la nouvelle organisation responsable de l’événement. Pour ce faire, les jurys ont été répartis en trois salles afin de limiter le nombre de personnes dans le même espace. Bien sûr, une distance de deux mètres s’imposait entre les 5 membres de chaque commission. Ces derniers devaient évidemment porter le masque pour chaque déplacement et se laver les mains au gel hydro-alcoolique avant d’entrer en salle. Tout était soigneusement désinfecté au début de chaque séance. Les sommeliers affectés au service devaient porter masque et lunettes de protection. Pour les pauses entre les séances, cela se faisait table par table. Chaque participant devait se munir d’une paire de gants de protection pour accéder à la machine à café et retourner immédiatement à sa place afin d’éviter tout attroupement et socialisation. Évidemment, aucun repas de groupe n’a eu lieu, les résidents de Québec devaient retourner à la maison une fois l’épreuve du jour terminée et les quelques personnes venues de Montréal avec autorisation, devaient quant à elles prendre leur boîte à lunch et casser la croûte dans leur chambre… midi et soir. Même l’accès aux salles de bain était surveillé afin de limiter à deux, le nombre de personnes à la fois dans ces espaces. Enfin, un dernier réaménagement majeur avec lequel ont dû jongler les organisateurs est celui de la présence des jurés internationaux. La règle édictée par l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) ainsi que de la Fédération mondiale des grands concours internationaux du vin (VINOFED) pour ces grandes compétitions est que la moitié des jurés doit provenir de pays étrangers. Au vu de l’impossibilité de voyager et/ou d’une quarantaine obligatoire, seuls des jurés résidant au Québec ont été autorisés à participer à l’édition 2020. Pour atteindre la diversité souhaitée, le pourcentage a été revu à la baisse. Conséquemment, trente pour cent de ceux-ci devaient bénéficier d’une double citoyenneté, à savoir canadienne et celle de leur pays d’origine. Astuce judicieuse, mais on repassera pour la magie et la convivialité qui teintent habituellement ce genre d’événement où des experts venus du monde entier en profitent pour fraterniser avec leurs collègues canadiens.

jean smvcanada2020Pour cette édition en tant de pandémie, les sommeliers devaient porter le masque et des lunettes de protection

L’édition 2020 

Contre toute attente, malgré cette chape de plomb et la morosité ambiante, un nombre record de 2160 produits provenant de 33 pays étaient en lice pour l’obtention d’une médaille d’Argent, Or ou Grand Or. De nouveaux pays ont brillamment concouru pour la première fois à SMV Canada, le plus grand concours de vins en Amérique, tels la Moldavie, l’Arménie ou le Mexique. Cela relève de l’exploit ! Pour le président de SMV, M. Réal Wolfe « cette augmentation impressionnante de la participation des vignerons démontre la volonté de se faire connaître sur les marchés québécois et canadien, puisque le pays est le 7e plus grand importateur de vin au monde en volume, un volume qui ne cesse d'augmenter ». Parmi les tendances à signaler pour cette édition, on note que 55% des produits participants sont des vins rouges. Aussi, 22% des vins présentés peuvent être classés comme issus de l'agriculture durable, biologique, biodynamique, naturelle ou oranges, un pourcentage impressionnant. Et les gagnants sont ? SMV a dévoilé cette semaine sa première liste de vainqueurs regroupés dans le TOP 50, tous auréolés de la mention Grands Médaillés d’Or découlant de leur note de 92% et plus.  La part belle revient à l’Italie qui place 13 produits au palmarès. Autre fait saillant digne de mention est que dix vins issus de la lutte raisonnée ou de la culture biologique revendiquent également la reconnaissance ultime. Le jury de place ainsi au diapason d’une tendance mondiale et d’un goût nouveau qui fait de plus en plus d’adeptes chez les jeunes consommateurs. Enfin, trois vins canadiens, dont deux québécois du Vignoble de l’Orpailleur à Dunham et du Vignoble Isle de Bacchus sur l’Île d’Orléans ont décroché le précieux sésame. 

jean smvcanada2020Monsieur Réal Wolfe, le nouveau président de Sélections Mondiales Canada

Une nouvelle direction pour SMV Canada 

Les Sélections Mondiales Canada ont été créées en 1983 par la Société des alcools du Québec. En 2007, c’est un groupe de Québec dirigé par feu Me Ghislain K. Laflamme et M. Denys Paul-Hus qui a repris avec brio les rênes de l’événement qui s’est alors déplacé de Montréal à Québec. Ces derniers mois un nouveau duo d’acquéreurs est à la tête de l’organisme, il s’agit de monsieur Réal Wolfe et de son associé espagnol Vincente Migallon. Le président, Réal Wolfe, est une personnalité avantageusement et internationalement connue dans le monde du vin et ce, depuis plusieurs années. Pour lui, il s’agit en quelque sorte d’un retour aux sources car il pilotait le dossier SMV du temps où il travaillait à la SAQ. Son influence et son réseau de contacts lui ont permis d’imprégner sa marque dès cette première édition. Notamment, des alliances solides ont été nouées avec la SAQ et l’association des agences de vins au Québec, désormais connu sous le vocable de 3A. En effet, plusieurs agents ont contribué à l’atteinte du nombre record de 2160 produits… de qualité par surcroit comme en fait foi l’attribution élevée de Grandes Médailles d’Or. De son côté la SAQ s’est engagée à faciliter l’accès au marché québécois de 25 produits lauréats. Voilà qui est de bon augure, alors longue vie aux Sélections Mondiales du vin Canada 3.0 ! 

Originaire de Montréal, Daniel Blais vit en France depuis 25 ans. En 1998, il accepte l’offre de son employeur Nortel d’aller s’occuper du développement de marchés européens et s’installe à Paris avec Kim son épouse et leur fille Jessica. Quand en 2010 survient l’effondrement de Nortel, il surfe sur la vague et rebondit rapidement chez l’un des nouveaux acquéreurs de l’ex-fleuron canadien. Mais l’expérience le marque et l’enseignement qu’il en retient et qu’il vaut mieux se diversifier en cas d’une autre mésaventure. Réflexion faite, c’est l’une de ses passions qu’il met à profit quand, avec d’autres partenaires, il fait l’acquisition d’une propriété viticole en Bergeraçois.

Le Château Trolliet-Lafite 

En effet, Daniel est amateur de vin. Après avoir écumé certains sites qui proposent des vignobles à la vente, il déniche une opportunité à Bergerac. Contact est pris avec les propriétaires et une entente est rapidement conclue…voici notre québécois et ses associés « gentlement farmer ». Le Château Trolliet-Lafite, c’est son nom, comporte 26 hectares dont six hectares de vignes. Bonus appréciable contenu dans l’acte de vente, les anciens propriétaires demeurent les exploitants du Domaine, assurant ainsi une continuité et une expertise à la production des vins. Quant à notre compatriote et son épouse, leur valeur ajoutée, outre l’aspect pécuniaire, se déploie dans leurs champs d’expertise réciproques, notamment   moderniser les équipements, revoir et rajeunir l’habillage des produits, conquérir de nouveaux et accomplissement suprême, ouvrir un gîte oenotouristique. La recette fonctionne !

Daniel Blais présente son vinDaniel Blais présente son vin, le Château Trolliet-Lafite, lors de l’événement Bordeaux fête le vin à Québec

Quelques spécificités techniques 

Complantée majoritairement en merlot auxquels se rajoutent les cabernet-sauvignon, cabernet franc et malbec, la propriété produit 25 000 cols par an. « Tous nos vins sont produits selon les normes de Vins Naturels. Ni herbicide, ni pesticide, que des levures indigènes, aucun entrant ajouté à part un minimum de sulfites et aucun collage ou filtration », me signale fièrement Daniel Blais. En fait le vignoble est totalement certifié Bio, depuis 2015. Pour le rouge un passage en barriques de 12 à 24 mois arrondi les angles et apporte la structure nécessaire. Le chai maintien un inventaire d’un tiers de barriques neuves, un tiers de barriques d’un seul vin et un tiers qui accueillent deux récoltes. Trolliet-Lafite se décline dans la palette des trois couleurs blanc, rosé, rouge et en deux appellations AOC Bergerac et AOC Côtes de Bergerac. Le rouge se démarque par son nez de fruits noirs avec une pointe épicée. D’élégants tannins tapissent la bouche avec une douce amertume en finale. Enfin, lors d’années aux conditions exceptionnelles une cuvée spéciale est produite au nom original, Le Cancre.  

Ces vins de Bergerac on les retrouve bien sur un peu partout dans l’Hexagone mais pas que ! En effet, certains vins du Domaine sont exportés vers la Suisse, la Belgique ou les Pays-Bas, mais aussi en Chine et oui…à la SAQ.

Par ailleurs… 

Daniel Blais a quitté ses fonctions dans le monde de la technologie. Il s’est installé en 2018, à Nice sur la colline de Bellet. Et oui, l’appellation viticole de la Côte d’Azur. Aujourd’hui, il est consultant auprès de jeunes entreprises en démarrage, des Start up comme disent les français. Je l’ai rencontré, via un site Facebook qui cherche à réunir les québécois installés à Nice et ses environs. Quel hasard, encore une fois, de croiser quelqu’un qui, au-delà des origines, partage la même passion du vin !

jeudi, 16 juillet 2020 08:19

Le pays de la Lavande

Au départ de Nice, empruntez l’autoroute A8 direction Marseille. Quittez à la sortie St-Tropez et remontez vers le nord en sillonnant sur une enfilade de jolies routes départementales, direction le Plateau de Valensole. Bien sûr, vous avez attendu le mois de juillet pour que la Lavandula, arbrisseau dicotylédone à fleurs mauves de la famille des Lamiaceae, soit en pleine floraison. Mais est-ce un songe ? Celui d’une vie antérieure à ce satané Virus ou un mirage ? Celui d’une vie post Covid-19 où les voyages auront un jour repris cours. Ce qui est sûr, c’est qu’ici en France, l’été sera comme au Québec, les vacances se prendront dans nos régions respectives. L’occasion pour moi de visiter l’arrière-pays provençal et de vous en relater quelques bribes.

Dans les Alpes de Haute Provence 

Le Plateau de Valensole est une région des Alpes de Hautes Provence ceinte de deux plans d’eau, la rivière de la Durance et le majestueux Lac Ste-Croix. On y accède par des routes bordées de platanes haut de 20 mètres qui se rejoignent en leur cime, comme les ogives d’une cathédrale, formant un sublime toit ombragé. Les champs adjacents aux cultures variées sculptent une mosaïque et complète ce décor de charme, tel une toile de Monet. Valensole constitue en quelque sorte le grenier de la région tant la culture y est abondante et foisonnante. Les principaux éléments contributifs à cette terre nourricière sont bien évidemment le sol et le climat. La terre de gypse, cette roche saline sédimentaire, se conjugue harmonieusement au climat méditerranéen qui sait être parfois caniculaire en juillet et août. Poussent alors, blé, cerisiers, amandiers, vignes, melons, truffes et, en deux teintes  dominantes, la lavande.

Chaque année, au moment de la floraison, les badauds abondent appareils photos en main fébriles à l’idée de clichés qui figeront leurs souvenirs et qu’ils relaieront via les technologies d’aujourd’hui. On n’y échappe pas, dès qu’une première étendue violacée se pointe à l’horizon on cabre les roues du véhicule qui prend appui sur le bas-côté de la route, on sort l’attirail, on pointe l’objectif et on enclenche l’obturateur. Bon avec un iPhone, c’est plus simple. Au-delà du panorama exceptionnel, s’ajoute le bourdonnement incessant des abeilles butineuses et les parfums exaltants de la lavande chauffée par le soleil, complétant ainsi cette totale expérience sensorielle. Tantôt vous avez une étendue horizontale à perte de vue, tantôt le champ est adossé à une falaise calcaire, ailleurs il jouxte une aire de tournesols, parfois c’est un simple carré au pied d’une montagne, or quand vous avez le village médiéval haut perché en arrière-plan, c’est l’apothéose, je dirais même plus c’est jubilatoire !

lavandeÇa sent bon et les abeilles bourdonnent sans cesse, au point d’enterrer le chant des cigales!

Les produits à base de Lavande 

La transformation de la fleur de lavande se décline en une multitude d’options. Il y a bien sûr les produits cosmétiques allant des barres de savons en passant par les huiles essentielles jusqu’aux sublimes parfums. Mais en amont, il faut procéder à la distillation qui démarre généralement vers la fin août, après les récoltes. Celles-ci se font manuellement, à la faucille ou mécaniquement avec de gros tracteurs qui fauchent jusqu’à trois rangs en même temps. Les épis sont ensuite assemblés en ballots de 500 kilogrammes avant d’être déposés sur une grille au cœur d’un alambic. Une eau chauffée à 160 degrés fera remontée une vapeur qui passera à travers les ballots de fleurs. Cette vapeur chargée d’essences est acheminée vers des tuyaux réfrigérants qui lui redonne sa forme liquide sous forme d’huile de lavande. Vous obtenez ainsi la matière première utilisée pour la confection des dérivés cosmétiques.

Autre produit, alimentaire cette fois, produit au cœur de la Provence est le miel de lavande. Réputé pour ces vertus gustatives et médicinales ses arômes délicats et parfumés, sa couleur dorée, sa texture onctueuse et son goût délicat lui confèrent sa singularité. Conséquemment, on n’est guère surpris de voir disposées un grand nombre de ruches le long de certaines aires de plantation de lavande. Ce sont les abeilles ouvrières qui récoltent le nectar, d’où le bourdonnement continuel dans les champs, pour ensuite le transmettre par la technique du « bouche à bouche » à leurs consœurs demeurées au rucher et qui s’activent à transformer le délicieux nectar en miel unique et savoureux.

Enfin, souvenir indélébile d’un séjour provençal…qui n’a pas reçu un jour en cadeau ces petits sachets en tissus brodé embaumant la lavande et que l’on place au creux d’un tiroir pour donner bonne odeur ou pour chasser les mites ?

Alors, avec l’espoir qu’un médicament ou vaccin soit rapidement découvert afin de contrer cette souche du coronavirus, voilà un séjour à planifier lors d’un prochain séjour dans le sud de la France.

vendredi, 03 avril 2020 11:35

La vie au vignoble au temps de la COVID-19

Cette semaine j’ai parlé à quelques amis viticulteurs afin de les soutenir d’abord mais aussi pour connaître l’impact qu’a sur leurs activités ce satané virus. Bien sur les conséquences sont, comme pour tout le monde, plutôt personnelles que professionnelles. En ce sens, tous respectent les consignes de confinement. Mais dans ce métier, où une grande partie du succès est due à ce qui se passe dans le champ, il y a moyen de positiver en se disant que cette catastrophe sanitaire survient à un moment ou c’est plutôt calme dans les vignes. La nature suit donc son cours et les ceps se chargent tranquillement de leur feuillage sous l’impulsion des chauds rayons printaniers. Mais imaginez que la misère ait frappée en octobre en pleine vendanges !

Concrètement, entre les rangs de pinots noirs ou de chardonnay, « nos gens continuent à y aller et maintiennent une distance de deux mètres entre eux. Et on évite les attroupements, car la Police circule et nous a à l’œil » me dit Jean-François Mestre, de Meursault. Et d’ajouter qu’en ce moment comme il n’y a pas de session d’embouteillage les risques en cave s’amenuisent. Pour les livraisons, quand un camionneur arrive, la palette est déjà prête, il n’a qu’à la prendre, la charger et signer le bon de commande… aucun contact risqué là encore. Non, le vrai impact sera économique car les commandes pour la restauration, le marché local et surtout pour l’exportation est pratiquement tombé à zéro partout en France.

En Alsace, du pied de la majestueuse colline du Schlossberg, c’est Catherine Faller du Domaine Weinbach qui m’écrit : « nous avons suspendu nos activités de dégustation et fermé les ventes au caveau. Pour l’heure le travail viticole se poursuit afin de ne pas mettre en péril la récolte 2020. Nos équipes travaillent au plein air avec une distance de sécurité de plusieurs mètres entre eux. »

Pas de risque immédiat pour le millésime 2020 mais la situation évolue rapidement et il faudra suivre l’évolution de la crise et surtout sa durée. Dans la filière viticole, comme dans toutes les sphères d’activités commerciales, il y aura un lourd tribut économique à assumer. Le métier de vigneron et de producteur de vin est compliqué, soumis aux aléas climatiques changeant, aux normes sanitaires de plus en plus strictes et voilà qu’un ennemi aussi soudain qu’inattendu vient se poser au-dessus de leur tête comme une épée de Damoclès. Ils auront droit à notre support réconfortant quand l’accalmie adviendra. Nos caves et celliers nous devrons remplir !

Par ailleurs, en France et en Europe toute l’industrie du vin a été frappée ces dernières semaines et ce à différents niveaux. D’abord tous les salons, événements commerciaux ou concours de dégustations sont reportés ou carrément annulés. Prowein le plus gros salon commercial dédié au monde du vin, qui reçoit chaque année des milliers de visiteurs du monde entier en Allemagne, annulé. Le Salon des Vignerons Indépendants qui tourne dans plusieurs villes de France a interrompu sa tournée et les arrêts prévus à Nice et à Bordeaux,  en mars et avril. Les Grands Jours de Bourgogne, événement qui fait rejaillir l’image de la Bourgogne et de ses appellations prestigieuses aux quatre coins du Globe : annulé. Un dur coup pour les organisateurs et leur travail de longue haleine qui vise à réunir chaque année sommeliers, restaurateurs, acheteurs professionnels du monde entier autour des étals des nombreux producteurs bourguignons.

Du côté des concours de dégustations, notons la plus que mise en quarantaine, des Citadelles de Bordeaux ou le Mondial du Rosé de Cannes, deux événements qui ont fait l’impasse sur l’édition 2020. Je me croise les doigts en pensant à mon ami Réal Wolfe qui pour l’instant a repoussé l’édition 2020 des Sélections Mondiales des vins du Canada, de la fin mai à la fin juin.

Alors chers lecteurs, pour surmonter  la morosité ambiante, suivez les conseils de notre cher Samy Rabbat et innovez chaque soir avec une thématique apéritive différente et festive…dans le confort de votre foyer !

lundi, 02 mars 2020 09:54

Du vin sur la Côte d’Azur !

Il n’y a pas que paillettes et strass sur la Côte d’Azur ! Outre voitures sport et yachts de milliardaires y pullulent aussi oliviers, citronniers ou mandariniers. Moins glamour, certes, mais autrement plus utiles au commun des mortels. Tenez, juste derrière chez-moi, sur les basses collines de Nice d’à peine 300 mètres de hauteur, braquet, rolle, folle-noire et grenache y poussent en rangs plus ou moins ordonnés, avec vue sur mer s’il vous plaît !

Soixante hectares de vignes bien comptés s’agrippent à ce sol de silice, de galets roulés, d’argile et de craie, une macédoine locale que l’on appelle dans le jargon du cru, le poudingue. Une dizaine de producteurs s’échinent à cultiver ces parcelles construites en terrasses afin de retenir la terre qui, vue la pente accentuée et la gravité conséquente, chercherait à fuir inexorablement vers la plaine du Var, juste en-dessous. Ah oui, le nom de cette minuscule AOC des Alpes-Maritimes ? Vin de Bellet.

L’autre facteur de réussite essentiel à la culture de la vigne est bien sûr le climat. Point de stress de ce côté, avec un ensoleillement généreux, vous vous en doutez bien, une température estivale moyenne de 25 ºC, ici même les raisins ont la farniente, caressés qu’ils sont par une douce brise marine. Enfin, le vignoble est correctement arrosé, comme l’indique une pluviométrie de 800 mm par an, mais cela demeure élément à risque au moment des vendanges et des fortes pluies d’automne.

jean bellet afficheVous voici au Château de Bellet, vignoble de la Côte d’Azur!

Le Château de Bellet 

Ce n’est pas d’hier que la vigne pousse sur les collines niçoises. Il y en avait semble-t’il bien avant Jésus-Christ. Mais la culture domestiquée telle qu’on la connaît de nos jours remonte au détour du XVIIIe siècle quand les Barons de Bellet y ont planté leurs premiers ceps. L’appellation d’origine contrôlée Bellet remonte, quant à elle, à 1941. Aménagé sur ces hauteurs avec en toile de fonds les Alpes et la plaine du Var, on vinifie dans le chai du Château de Bellet les vins blancs, rosés et rouges. Ici, la culture bio s’impose. Juste au-dessus, dans une chapelle désacralisée, on peut y faire la dégustation et ses achats. D’abord le blanc avec une couleur jaune soutenue et des arômes alliant le fruit, la poire en l’occurence, et une touche épicée qui lui confèrent originalité et singularité. En bouche, un certain gras lui apporte de la rondeur et une douce amertume prolonge les sensations gustatives. Le rouge, souvent issu de baies bien mûres, recèle de parfums de prunes et de fruits confits. Ces particularités, on les retrouve en bouche en équilibre avec des saveurs poivrées et caramélisées.

jean bellet chapelleC’est dans cette chapelle désacralisée et sur cette jolie terrasse que l’on peut déguster les vins du Domaine.

Il faut quand même débourser quelques écus pour se procurer ces vins si rares et peu exportés. Selon la qualité des vins du Domaine, cela oscille ici en France entre 20€ et 40€ (30 à 55$).

Pour l’anecdote, et comme on revient toujours au Star système sur la Côte-d’Azur, sachez que les vins du Château de Bellet ont été servis au mariage du Prince Albert et de la Princesse Charlène de Monaco. Vous l’aurez lu ici et… dans le Paris Match !

jeudi, 20 février 2020 13:33

Le Limoncello de… Menton!

Une visite à la Fête du Citron de Menton, c’est une immersion au pays du citron ! Qui dit citron, dit tarte au citron, poulet au citron, cocktail au citron, thé au citron, mais aussi digestif au citron bien connu comme étant le Limoncello. Cette boisson exquise a ses racines en Italie, mais elle a migré à l’ouest, tout juste de l’autre côté de la frontière qui sépare l’Italie de la France. En effet, depuis plus de 650 ans l’agrume jaune fait la fierté d’une charmante petite ville sise au sud de la France, Menton. La plus italienne des villes françaises est aussi célèbre pour la célébration qu’elle organise tous les ans avec le citron comme tête d’affiche. Si d’aventure vous planifiez un séjour hivernal sur la Côte-d’Azur, prévoyez à la fin février d’assister au défilé des chars entièrement constitués d’oranges et de citrons. C’est féerique !

Un terroir adapté et une recette simple

Les premiers citronniers mentonnais ont été plantés vers l’an 1340 sur un terroir qui sied merveilleusement à cet agrume qui a également besoin de cures intensives d’ensoleillement. Situé à moins de dix kilomètres du bord de mer et à environ 350 mètres d’altitude, ces vergers du sud de la France donne des fruits à la pulpe riche et parfumée, au jus généreux et à la peau douce et épaisse. Et pas question ici de faire la grimace en croquant dans le fruit, il est si doux que l’on dévore tout du citron de Menton, sans même l’éplucher.

jean fete citron arbreLe citron de Menton doit être cueilli avec la feuille selon les critères de l'IGP

Outre les nombreuses façons d’apprécier le rondouillet agrume, celle qui nous intéresse est sa déclinaison en boisson alcoolique digestive, le Limoncello. Bien que chaque producteur ait développé et raffiné sa propre méthode au fil des ans, un peu d’ordonnancement et d’encadrement ont été initiés avec l’apparition de l’Appellation Géographique Protégée (IGP), en 2015. Le cahier des charges définit un ensemble d’éléments visant à garantir qualité et traçabilité notamment, la culture en terrasse, l’irrigabilité, la densité de plantation, soit un arbre aux 16 mètres carrés, la taille saisonnière, les traitements contre les insectes et les maladies, et bien entendu, la récolte manuelle avec la feuille à la clé. Second chapitre du «code législatif» concerne la qualité et la mise en marché, alors que le tri départage les fruits selon leur taille et leur aspect et que la durée de stockage ne doit pas excéder sept jours avant la commercialisation dans un habillage spécifique à l’IGP. Voilà de quoi rassurer le consommateur!

jean fete citron igpLe logo de l’IGP bien en vue sur chaque fruit

Produire l’excellente liqueur Limoncello se révèle somme toute plus simple et sommaire que tout le processus lent et fragile de la vinification. À vos crayons: laisser macérer des écorces de citron dans de l’alcool, de l’eau et du sucre. Bon, je ne vous dévoilerai pas les proportions, mais je peux ajouter que le temps de macération pour obtenir le délicieux élixir est d’environ deux mois.

Petit territoire de production signifie peu d’exportation, par conséquent seuls les Limoncello italiens trônent sur les rayons de la SAQ. Voilà de quoi apporter un zeste de fantaisie à la fin de vos repas!

dimanche, 09 février 2020 15:12

Carnet bourguignon

Ma dernière virée en Bourgogne se fit en plein milieu de la saison estivale, au moment où les collines de la Côte d’Or se pavent d’un vert étincelant. J’y avais réquisitionné un chauffeur particulier pour me guider à travers les sinueux chemins qui quadrillent le vignoble. Jean-François Mestre copropriétaire du Domaine Michelot à Meursault, vint me quérir dans la matinée et avant que le soleil ne tape trop fort sur nos têtes et sur les baies nous avons entamé la randonnée.

jean Jean François MestreJean-François Mestre du Domaine Michelot dans ses vignes de Meursault-Charmes

Je lui avais demandé au préalable de débuter par la tournée du proprio en arpentant chacune de ses parcelles réparties de Meursault à Puligny-Montrachet. En quelques minutes, nous voilà au Clos St-Félix situé juste derrière la maison de feu Bernard Michelot, personnage mythique de la Bourgogne et le beau-papa de Jean-François. Puis nous roulons à travers les Meursault villages du Domaine Michelot, Sous la Velle, Limozin, Narvaux, Grands-Charrons, puis aux abords des Premiers Crus que sont Charmes, Genevrières, Poruzot, Perrières. Jean-François me parle des tailles qui viennent d’être faites, de son approche en Bio, des greffes récentes et de la vendange à venir. Remontant dans le 4x4 on se dirige vers Puligny-Montrachet où la famille possède quelques rangs de vignes, puis à Santenay où le jeune vigneron d’alors, a appris les rudiments du métier de vigneron sur la propriété familiale. C’est d’ailleurs ici, que l’on vinifie le seul rouge produit par le Domaine Michelot.

jean GenevrièresGenevrières, premier cru à Meursault

Parlant de rouge, il faut vite remballer car nous avons rendez-vous à Ladoix, au Domaine Chevalier. C’est au autre illustre personnage bourguignon qui nous y attend, Claude Chevalier aussi connu de ce côté de l’Atlantique, car celui-ci connaît le Québec à en faire rougir certains Québécois de souche! Notre hôte guilleret dirige la marche dans le chai, pipette en main. Et qu’il est bon d’humer le fruité exaltant de la vendange récente, les pinots noirs aux parfums de griotte ou de framboises bien mures ; de mirer la robe chatoyante, vous savez ces rouges clairs inhérents à la Bourgogne; de goûter, que dis-je, de croquer avec gourmandise dans ce jus au fruité enivrant. Suivant la tendance actuelle, Claude a souhaité que l’on déguste ensuite les blancs et c’est vrai que le choc en bouche est moins brutal ainsi. Surtout que l’opulence des Ladoix et… du Corton-Charlemagne en impose drôlement. Riche, onctueux, juste la pointe d’acidité qu’il faut pour une parfaite symbiose. Le bonheur est dans le chai ! De quoi rendre fier le papa qui a passé la main à ses trois filles, dont Chloé qui travaille à la vigne et à la vinification depuis 2008.

jean caveClaude Chevalier, du Domaine Chevalier à Ladoix et à l’arrière plan, Nicolas Mestre, qui incarne la relève au Domaine Michelot.

La Côte de Beaune

S’étirant sur une vingtaine de kilomètres de Ladoix à Santenay, parfois sur des plateaux qui bordent la N 74 mais aussi sur des coteaux pouvant atteindre 400 mètres de hauteur, le terroir de la Côte de Beaune est composé d’une mosaïque de sols différents alliant surtout les marnes et les calcaires. Pas moins de 84 appellations sur ce petit territoire révèlent de la diversité régionale. Car ici, comme en Côte de Nuits, la diversité est seule maitresse. Le sol, ou climat comme on dit en Bourgogne, joue de toutes ses nuances pour apporter le caractère, la finesse ou le charme qu’il se doit au pinot-noir ou au chardonnay. Mais le chef ultime demeure le vigneron, doublé du titre d’oenologue et maître de chai. C’est lui qui par son art révèle le mystère bourguignon. Il crée sa propre partition selon la tradition familiale, les aléas climatiques et le style qu’il veut obtenir pour ses vins. Ne vous étonnez donc pas de déguster des Pommard ou des Cortons tantôt légers et délicats, tantôt robustes et tanniques, c’est le terroir et le patron qui en ont décidé ainsi.

mardi, 28 janvier 2020 12:50

En ce beau pays de France

Il y a aura bientôt 10 ans que je suis installé en France. Merci à mes parents de m’avoir gratifié de la double nationalité. Bien sûr qu’une fois à la retraite, c’est le climat qui a dicté mon choix, mais pas que ! En effet, j’ai d’abord découvert les régions viticoles de France lors de mes voyages personnels ou d’affaires du temps de mes années à la SAQ. Les Châteaux du Médoc ou de la Loire ; les doux vallons d’Alsace ; les pentes abruptes de la Vallée du Rhône ; les coteaux de la Champagne ; la route des Grands Crus de Bourgogne et depuis peu, les collines de Bellet bien sûr, car nous résidons à Nice. Au gré de mes pèlerinages et d’une connaissance plus approfondie des autres régions, je suis devenu profondément francophile, épris de la grande histoire de ce pays ; admiratif de sa richesse patrimoniale et architecturale ; ébloui par la beauté et la diversité de ses paysages, des falaises de Normandie à la côte méditerranéenne, en passant par les massifs des Alpes; gourmand devant ses vins de Bourgogne, sa Tomme de Savoie, son bœuf du limousin, son poulet de Bresse ; pantois devant la valorisation du  travail des artisans et des agriculteurs ; fier de la réussite internationale des professionnels de l’industrie du luxe Chanel, Dior, St-Laurent, LVMH, Cartier ; passionné de sa culture musicale Brassens, Piaf, Montand, Barbara. Tout ça je le goûte, ici, sous le soleil et en français!

Par ailleurs, me réclamant de l’effort que doit faire l’immigrant qui arrive au Québec pour connaître un tant soit peu l’Histoire de sa terre d’accueil, je me suis astreint à ce devoir dès mon arrivée à Nice, en 2010. Cela continue de passer par la lecture des journaux, l’écoute des bulletins de nouvelles et des (nombreuses) émissions politiques ou la mémorisation du nom des ministres. De plus, il me faut connaître le parcours des personnalités qui ont façonné l’histoire de ce pays, d’où mon abonnement à la bibliothèque municipale à la recherche des biographies de Louis XIV, François 1er, Napoléon, Victor Hugo, Zola et de l’actualité plus récente avec les écrits de Sarkozy ou de Macron. Bref, réussir mon intégration en m’instruisant. N’y voyez aucune rupture avec mon Québec, j’y retourne deux fois l’an et garde un contact quotidien grâce aux technologies modernes.

Voilà ! tout ça pourrait s’arrêter là. Mais non, car… il y a la France détestable dont on parle trop souvent quitte à en devenir une risée internationale ! Vous l’aurez deviné, je fais référence à ce pays constamment paralysé par les grèves, les manifestations ou autres mouvements sociaux. Tout un lexique pour décrire que l’on prend la rue ! Conséquemment, la France est bonne première des pays de l’OCDE au chapitre du nombre de jours de grèves, avec 123 jours par an. À titre comparatif, c’est 21 au Royaume-Uni et 16 en Allemagne. Un exemple parmi d’autres, les contrôleurs aériens français se sont tapé 254 jours de grève lors de la dernière décennie, suivis par les contrôleurs grecs avec… 46 jours ! Si au Québec c’est le prix de l’essence qui monte à l’aube des grands congés, en France ce sont les cheminots de la SNCF qui débraient à la veille des vacances estivales ou de Noël. Dans ce pays des 35H par semaine, des multiples jours fériés, des banques et des bureaux de poste fermés entre midi et quatorze heures, tout devient une cause pour paralyser le quotidien des gens, ralentir l’économie et ternir l’image de la France à l’international. Aucune réforme ne devient possible, qu’elle soit économique (et justifiée) comme la révision de l’âge de la retraite ou sociale, comme le mariage pour tous. En outre, ce sont souvent les employés les mieux nantis qui font subir aux travailleurs indépendants et aux petits commerçants les conséquences dramatiques de leurs revendications, ces derniers devant congédier du personnel ou carrément déclarer faillite. Or, quand les grandes entreprises réfléchissent à investir en Europe, elles hésitent à privilégier l’Hexagone. De toute façon, cette habitude bien ancrée chez nos cousins touche toutes les sphères d’activités. Actuellement les avocats tiennent des journées de grève, France-Télévision est ponctuée de journées de débrayages et Radio-France, la Radio-Canada d’ici, en est à son troisième mouvement de grève en 9 ans. Les gouvernements ont beau être de gauche, de droite, du centre, rien n’y fait au Pays du mécontentement perpétuel et des crises à répétition. Le plus troublant est l’infiltration de casseurs professionnels dans ce qui est devenu un cirque hebdomadaire, avec la crise des Gilets jaunes. Les initiateurs de ces grandes manifestations, qui de surcroît prétendent parler au nom du peuple, ne se sentent nullement responsables du vandalisme dans les institutions, du saccage sauvage des monuments emblématiques, de la destruction du mobilier urbain et même des blessés qu’occasionne leur mode de revendication datant d’une autre époque. En ce sens, les chaînes d’info qui tournent en boucle (et nous font tourner en bourrique), n’aident en rien, mais contribuent plutôt à échauffer les esprits et faire monter la mayonnaise ! Y’a rien qui rend plus fier le matamore que de se voir à la télé après avoir fracassé une vitrine ou mieux, cassé du flic !

jean manifestationViolente manifestation des Gilets jaunes, devant l’Arc de triomphe à Paris/Crédit photo: le Journal Sud-Ouest

En terminant, la résilience des français impactés par ces soubresauts ne cesse de m’étonner. Dans tous les bulletins de nouvelles où l’on présente des microtrottoirs, la grande majorité des gens interrogés se range derrière les manifestants qui mettent à mal leur quotidien.  Ils rongent leur frein et prennent leur mal en patience. À la limite, je dirais que cela n’entache en rien leur joie de vivre car, que vous entriez à la boulangerie ou aux Galeries Lafayette, on vous reçoit avec le même égard et une élégante courtoisie dont seuls les Français savent faire preuve.

Jean Chouzenoux
Nice

lundi, 27 janvier 2020 16:39

De la grogne à Bordeaux

Les États-Unis, sous l’impulsion de leur impétueux président, ont commencé en 2019 à taxer d’avantage les vins français. Par conséquent, selon la Revue du vin de France, les exportations de vin de Bordeaux ont diminué de 46% en novembre dernier. Cela ne fait qu’accentuer une tendance lourde qui voit non seulement fléchir l’exportation des crus bordelais depuis quelques années mais, aussi une baisse de la consommation des vins de bordeaux chez l’amateur français. En fait, il y a même une mode vers le « tout sauf Bordeaux » dans quelques restaurants parisiens ou certaines terrasses de la capitale. Sont sources de mécontentement, les prix élevés et le goût jugé uniforme des médocs ou autres vins de graves. Il y a aussi que Bordeaux a désormais de la compétition depuis l’essor qualitatif constaté dans toutes les autres régions de France, depuis une dizaine d’années.

Ce qui étonne ici, ce sont les pressions qui émanent déjà de la filière viticole bordelaise pour réclamer l’aide de l’État afin de compenser les pertes encourues! Mais de quoi parle-t-on? De diminutions d’exportations qui affectent le dividende ou de manque à gagner significatif qui porte certains domaines à la banqueroute? Car la baisse d’exportation, jumelée à une baisse d’intérêt du consommateur pose une toute autre question à savoir comment Bordeaux peut se rendre de nouveau attractive chez l’amateur? Car on a plutôt l’impression que, la région porte-étendard du vignoble français est actuellement victime d’un retour du boomerang!

jeudi, 28 novembre 2019 12:24

Le Prix Le Montrachet

Le Prix Le Montrachet récompense chaque année des sommeliers qui œuvrent dans des capitales gastronomiques du monde entier. La carte des vins des établissements où officient ces professionnels doit faire la part belle aux produits de la Bourgogne. Une fois la ville sélectionnée par les organisateurs, les sommeliers peuvent s’inscrire au concours et faire étalage de leur expertise. Ils devront répondre à un questionnaire rigoureux mettant au défi leurs connaissances sur la Bourgogne, présenter la carte des vins du restaurant et savoir élaborer sur l’harmonie des vins proposés en fonction des plats listés au menu. Conséquemment, un jury international, sous la présidence de monsieur Jean-Pierre Faraut, copropriétaire du restaurant Le Montrachet en Côte-d’Or, entouré de journalistes, de restaurateurs, de producteurs ou d’autres professionnels du monde viticole, évaluera leur prestation et attribuera les prix aux lauréats.

L’édition 2019 mettait en vedette la sommellerie de Monaco et les résultats ont été dévoilés ce 27 novembre au prestigieux restaurant Louis XV, créé par Alain Ducasse en 1987. Sous le patronage du prince Albert de Monaco, neuf récipiendaires ont été honorés lors d’un événement à la fois protocolaire et formateur. Trois catégories avaient été constituées au préalable, soit établissements de prestige, établissements d’excellence et, pour cette édition, une catégorie spéciale afin d’honorer le meilleur caviste du réputé Rocher.

Par ailleurs, en guide de préambule, les convives avaient le privilège de rencontrer une trentaine de viticulteurs bourguignons qui avaient fait le déplacement pour représenter dignement les couleurs de leur terroir d’exception. Quel plaisir en effet de déambuler dans la somptueuse salle du Louis XV, verre en main, afin de déguster le Meursault-Charmes du Domaine Michelot, le Chassagne-Montrachet de la Maison Pillot, le Rully du Domaine Michel Briday, le Puligny-Montrachet de Thierry Amiot, le St-Aubin de Nathalie et Sylvain Langoureau, et bien d’autres encore.

jean groupe producteursUne trentaine de producteurs bourguignons ont fait le déplacement à Monaco, pour l’édition 2019 du Prix Le Montrachet. J’avais l’honneur de représenter le Domaine Michelot, de Meursault

Après les éditions de Londres, Moscou, Shangai, Los Angeles et Monaco, verrons-nous bientôt une édition du Prix Le  Montrachet au Québec? Ce ne sont certainement pas le talent de nos sommeliers, ni le vaste choix de nos tables d’exception qui feront défaut.

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