dimanche 19 novembre 2017
Benoit Simard - Cuvée 2013

Benoit Simard - Cuvée 2013

 « J’aimerais vous présenter quelqu’un de bien sympathique, que j’ai eu le plaisir de découvrir lors d’un lunch au Sinclair, ce havre des plaisirs de la table situé dans le Vieux-Montréal.»  - Olivier De Maisonneuve

Je ne connaissais pas Benoit Simard, ce vétéran émérite de l’agence Le Marchand de Vin, mais dans les minutes suivant notre poignée de main, il était évident que le vous ne serait pas nécessaire entre nous. C’était un cas de sympathie naturelle et spontanée, à l’image de sa personnalité. A travers son sourire franc, on discerne l’homme extraverti mais sans esbroufe, parfois direct, qui ne cherche pas à embellir son propos pour épater.

Ce qui est intéressant de ce natif de Montréal-Nord, c’est la dualité qui semble caractériser son parcours de vie. Autant le domaine de la vente se manifeste très tôt dans son adolescence, alors qu’il travaillait à l’aréna, à la boutique de hockey, autant son côté créatif se développe en parallèle, alors qu’il suit des cours de musique au Conservatoire. Vous le voyez déjà au piano, ou à la guitare? Détrompez-vous : c’est aux percussions qu’il s’exerce, avec le 3e percussionniste de l’OSM! Peut-être pour faire quelques pas dans les souliers de son père, une vedette de la batterie qui brille auprès de stars telles que Ginette Reno, et qui a représenté le Canada lors du premier festival de jazz de Montreux.

C’est aussi vers cette époque qu’il fait ses premiers pas dans un domaine où il atteindra notoriété et un certain succès. Ceux qui le connaissent un tant soit peu  l’auront deviné, son autre passion : le golf. En montant les échelons des parcours, il apprendra deux atouts importants pour sa future vie professionnelle : la concentration, et l’analyse de son adversaire, afin d’ajuster son jeu en conséquence.
Deux atouts précieux quand vient le temps de conclure une transaction.

Côté études supérieures, on le retrouve encore dans un autre domaine aux antipodes de ce qu’il a fait jusqu’à maintenant : il étudie le dessin industriel! Après avoir gradué, il se retrouvera chez Hydro-Québec. Mais le soleil tapant au travers d’une vitre et un lunch copieux viendront mettre un terme à sa jeune carrière, alors qu’il sera surpris endormi sur sa table à dessin par un superviseur! Quand le destin semble vous prendre en main…

Entre en scène une personne qui aura un impact majeur sur son futur : sa tante, Raymonde Simard, directrice nationale chez Hiram Walker, qui avait la marque Cointreau. Certains d’entre vous se souviendront sûrement avec affection de cette personnalité du monde des cocktails, animatrice de cours et auteur du livre Cocktails et boissons tropicales, aux Éditions du Jour? Elle l’a initié en l’invitant à l’aider dans les tournées de promotion. Puis voyant son intérêt et son potentiel, elle l’a référé à l’agence de vins Charton-Hobbs, où son manque d’expérience viendra freiner son embauche.

En parallèle, un autre golfeur s’intéressera à lui : Luc Desroches, alors  directeur de la Maison Rémy Martin, qui l’enverra dans les bars faire la promotion des nouveaux Galliano Hot Shots.

Finalement, son cousin Serge Côté ouvrira la première grande porte vers son futur, en le faisant entrer chez Geloso, un importateur  de vins en vrac fraîchement sortis des pinardiers.
Sans beaucoup de connaissances, il se retrouve dans le circuit de la Société des Alcools du Québec, où il fait la promotion de vins qui répondent plus à un prix. Mais grâce à son humour et son honnêteté en n’essayant pas de vendre ses vins de table pour du Pétrus, il se fait rapidement apprécié par les conseillers qu’il rencontre. Il faut dire qu’il avait déjà une certaine connaissance du milieu en ayant travaillé 2 ans à temps partiel. Expérience peu concluante à cause de la rigidité de la structure, qui n’appréciait pas sa propension à sortir du cadre de ses fonctions pour aider le client…

Puis, au fil du temps, deux personnes sauront lui donner envie d’en apprendre un peu plus sur le vin, et ouvriront son horizon sur des produits de plus grande qualité : D’abord, Michel Tremblay, qui représentait les Bordeaux Louis Eschenhauer et le Clos Ste-Odile, et qui cherchait une équipe de vente qui avait ses entrées à la SAQ. Très vite, il le prit sous son aile, insistant à quelques reprises lors de moments plus délicats pour que Benoit soit son représentant officiel. Puis, Robert Gravel, de l’agence Désautel-Featherstone, qui représentait alors la bière Sapporo et certains vins de Bulgarie, et qui lui aussi, soutint sa jeune carrière.

Pouvez-vous imaginer que pendant les sept années suivantes, divisant son temps entre ses deux pôles d’intérêts, Benoit passera ses semaines à l’agence et ses fins de semaines à donner ateliers et conseils au Club de golf de St-Jean-sur-Richelieu?  Ah, l’énergie de la jeunesse! Vient pourtant un moment, où la vie nous demande de choisir. Les plaisirs de la table prendront le dessus sur les plaisirs sur les verts, quand il décidera qu’il préfère un avenir dans un domaine où il a un talent certain plutôt que celui où il a un certain talent, selon ses propres dires.

Pendant trois ans, il réussira à élever son niveau de jeu dans la vente, grâce à un autre sympathique et talentueux personnage, qui lui inculquera des notions supérieures de rigueur, d’organisation et d’efficacité: nul autre que Samy Rabbat. Ne manquez pas de lui demander de vous parler de Samy et du fameux bâton de baseball en plastique orange, atout déterminant pour conclure ses ventes! Cet exemple est le symbole d’un temps ou la personnalité primait autant que les connaissances du vin. Aujourd'hui,  la tâche du représentant étant considérablement allégée grâce à l'internet,  la personnalité pour se démarquer se doit d’être présente plus que jamais.

La SAQ jouera un rôle de premier plan dans sa vie. En plus d’être son client principal aujourd’hui, elle aura été le terrain où il rencontrera sa femme depuis 15 ans : Lucie Carmichael, responsable jadis de la succursale Monkland et du 360 (Parc du Canal, pour les nostalgiques). Benoit m’a raconté, avec un gros sourire dans la voix, qu’il s’était exclamé auprès de son assistant, en la voyant : C’est beau la vie! Ce à quoi ce dernier aurait répliqué : C’est beau rêver! Mais la vie allait lui donner raison.

Et Le Marchand de Vin? C’est feu Lise Dupont, directrice générale qui l’engagera. Elle recherchait une  personnalité précise, un style de présentation et de feeling, quelqu’un à son image, quoi, et il cherchait après dix ans, à progresser vers la représentation de vins de plus haute gamme  et une connaissance plus approfondie de cet univers qui l’intéressait toujours plus. Un accord parfait s’est révélé puisqu’aujourd’hui, Benoit est le seul représentant de l’agence à n’avoir jamais changé de territoire! On le retrouve toujours le long de la 15, de Laval à Mont-Tremblant, en débordant un peu sur Lanaudière.

C’est avec cette agence qu’il adoptera le fameux programme de planification sur 8 semaines, de M. Bernard Chevarie, qui lui permet d’être toujours organisé et super efficace avec son temps de travail. C’est aussi avec ses nouveaux collègues qu’il participera aux concours de dégustation pour les amateurs que la SAQ organisait au Collège LaSalle. A la dernière épreuve, l’équipe se classa 1ere à Montréal, puis 2e au niveau du Québec! C’est une de ses grandes fiertés. C’est un bon exemple de l’importance de la notion d’équipe qui règne à l’agence, et qui est essentielle pour lui. Il insiste sur le rôle que deux de ses collègues, Robert Hallé et Daniel Marineau, jouent dans sa réussite et sa satisfaction de vivre une vie professionnelle épanouie et enrichissante.

Comment arrive-t-on au succès après 24 ans dans le domaine? En misant sur la notion d’équilibre! C’est la clef tant dans le vin que dans la vie. De plus, il faut savoir planifier et surtout avoir une connaissance méticuleuse de son inventaire. Il faut aussi savoir cibler son client et le fidéliser en établissant un lien de confiance, en lui montrant que notre parole donnée saura lui sauver du temps et lui donner satisfaction. Le suivi est évidemment essentiel.

Et côté vins, où vont ses préférences? Assurément du côté de l’Europe, là où la tradition fait office de référence. Un Sangiovese raffiné, ou un noble Riesling, sauront le charmer et le faire réfléchir. Un Sancerre issu de vieilles vignes, alliant minéralité et fraîcheur, le comblera.

Si on scrute notre boule de crystal, qu’est ce qu’on voit dans l’avenir de Benoit Simard? Pas encore de retraite, en tout cas! Le travail sur la route lui procure bien trop de plaisir, plus qu’un éventuel travail de direction au bureau. Mais il est déjà décidé que lorsque sa femme Lucie prendra sa retraite, il partira en même temps afin de profiter ensemble de cette période de vie. Harmonie, équilibre et santé, voilà ce qui décrirait fort bien son futur quotidien idéal.

En terminant, Benoit aimerait souligner le rôle primordial joué par les restaurateurs, en tant qu’amis et partenaires, mais aussi en tant que source de clients privés qui rendent son travail encore plus intéressant. Certains sont avec lui depuis le début de sa carrière, comme M. Robert Décarie, du resto Les Menus Plaisirs. Fabien Poirier, du resto Chez Fabien (à Terrebonne), et le resto Calvi (à Laval) avec  son propriétaire Costa, entre autres.

Santé, Benoit! 

P.S. Pour joindre Benoit Simard: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Olivier de Maisonneuve
Sommelier-conseil
www.vinsconseil.com
Animation de dégustation de vins
à votre domicile ou en entreprise
cell.: (438) 881-7276 

À propos de l' auteur

Diplômé sommelier-conseil de l’Université du vin de Suze-La Rousse, en France, j’ai commencé mon apprentissage du monde vinicole en suivant les cours Les Connaisseurs de la SAQ. Aujourd’hui, j’en suis devenu un animateur! Chroniqueur vins et alcools dans diverses publications, dont le magazine Fugues, je parcoure la planète pour mettre images et visages sur ces produits qui me font vivre tant d’émotions.