lundi 20 novembre 2017

Dîner avec la maison Poderi Aldo Conterno


Dans le cadre très prestigieux de Montréal Passion Vin qui, cette année, visait à amasser des fonds pour le centre de médecine regénérative qui placerait l’hopital Maisonneuve-Rosemont à l’avant-garde du monde médical, nous avons été invités par madame Claudette Dumas Bergen à venir déguster un repas conçu par le triumvirat de chefs du Latini, accompagnant des vins de la maison Aldo Conterno.

Le vin fait partie de la famille Conterno depuis le 19e siècle. De père en fils, s’est transmis un savoir et un désir de mise en valeur du terroir, ainsi qu’un souci de communication avec la clientèle.

Aldo Conterno a lancé sa propre entreprise en 1969, après avoir passé quelque temps en Californie, où il a  tenté sa chance dans le domaine viticole avec un de ses oncles, puis quelques années à la tête de l’entreprise familiale au côté de son frère. Il a fondé Poderi Aldo Conterno à Monforte d’Alba, dans le cœur du Barolo, dans le Piémont. On y travaille trois crus, vitrines du terroir de ces collines des Langhe : Romirasco (exploité en monopole), Cicala et Colonnello. Le domaine de 25 hectares est principalement orienté sud, sud-est sur un sol de sable et de marnes calcaire. L’encépagement est de nebbiolo, qui est récolté manuellement.
 
Les vins, que j’ai eu le plaisir de découvrir, nous étaient présentés par M. Franco Conterno( un des trois fils d’Aldo Conterno), qui est aussi un des co-propriétaires actuels. Une des choses intéressantes dont il nous a parlé, c’est la similitude avec la Bourgogne dans le fait que les crus sont divisés en toutes petites parcelles appartenant à plusieurs propriétaires  Il nous confia que le millésime 2006 qu’il nous proposait, avait donné des vins de facture très classique, dont les meilleurs avaient un potentiel de garde de plus de 25 ans!

Voilà donc pour la petite histoire. Il était temps de se mettre à table et de passer aux choses sérieuses, c'est-à-dire : boire et manger. Étant allergique, je ne pourrai rien vous dire sur le petit morceau de morue charbonnière qui nous a été servi. Par contre, je n’allais pas me priver de tremper mes lèvres dans un verre de Bussiador, seul vin blanc de leur portfolio. Elaboré à 100% de chardonnay, il est élevé quelques mois en barrique de chêne neuve.Ca paraît. On retrouve assurément des arômes de vanille et de noix de coco, mais aussi de pomme et de fruits tropicaux, de miel, assez typiques du cépage lorsque le vin est de style boisé. On y retrouve aussi une certaine minéralité, sûrement un reflet du sol. Je l’ai trouvé relativement léger et fin en bouche. On lui donne un bon potentiel de garde.

Ensuite, on nous a servi un risotto aux truffes blanches d’Alba, servi avec tout le décorum classique, c'est-à-dire avec des serveurs gantés de blanc, qui râpaient la truffe sur le risotto directement dans notre assiette. De quoi nous faire sentir comme des invités de marque. Merci à la brigade pour ce geste fort apprécié. On nous a servi pour accompagner le plat, le Il Favot, du nom du premier domaine acheté par Aldo Conterno.
Il s’agit en fait d’un vin issu de vignes de moins de 20 ans. Il passe 18 mois en barrique neuve! Ça donne un vin pas mal aromatique et charmeur, plutôt fruité à l’attaque.
Peut-être un peu d’un bloc, je l’aurais volontiers carafé car il me semblait un peu discret en bouche par rapport au nez. Il accompagnait vraiment bien la truffe.

Ensuite on nous a offert deux autres vins pour accompagner le plat principal : le Barolo, classique, selon M. Franco, et le cru Romirasco.
Le premier m’a semblé lui aussi un brin fermé à prime abord, et aurait gagné à être carafé. Il s’ouvre peu à peu, finement, avec des notes de noisette, de bleuet et de rhubarbe ainsi que de cèdre. Ici, le raisin issu de vignes de plus de 20 ans, est macéré 2 semaines, puis le vin est d’abord élevé en cuves d’inox pendant 4 ou 5 mois,avant d’être mis en tonneau de chêne de Slavonie (en Croatie) pour environ 26 mois! Oui, c’est un vin boisé et passablement tannique, mais non sans élégance. Encore une fois, peut-être parce qu’il était fraîchement sorti de la bouteille, il me semblait un peu austère. Rien à voir avec le Romirasco, qui lui, dès que mon nez s’est plongé dans mon verre, sut me faire frissonner de plaisir. Lui aussi a passé quelques mois en cuves d’inox avant de s’installer près de 30 moins dans ces tonneaux de chêne de Slavonie. Les vignes de Romirasco ont plus de 50 ans. C’est vraiment un vin très aromatique, aux charmantes notes de cerises noires, de réglisse, et de torréfaction. C’est indiscutablement un vin boisé, mais vraiment fin et accrocheur, ample et long en bouche. On n’en produit qu’environ 4000 bouteilles.

On nous a servi ces deux vins avec de la joue de veau, accompagnée de fenouil au gratin de parmesan et j’espère qu’on me pardonnera cette opinion de néophyte, mais je n’ai pas trouvé que l’accord était évident. Avec le Barolo, le fenouil semblait faire sortir un côté un peu rustique au vin, et le Romirasco volait effrontément la vedette à côté de la délicate chair du plat, quoique ça se tenait quand même au niveau des textures. Mais, ce n’est que mon goût après tout.

C’est avec des mignardises et un café que, repu et enchanté, j’ai terminé ma première rencontre avec cette maison riche d’héritage mais bien orientée vers l’avenir.

Bussiador. 11008585    $44.75
Il favot:  pas trouvé
Barolo: 11061669     $89.00
Romirasco: 11064552    $161.00


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Sommelier-conseil
VINS CONSEIL
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À propos de l' auteur

Diplômé sommelier-conseil de l’Université du vin de Suze-La Rousse, en France, j’ai commencé mon apprentissage du monde vinicole en suivant les cours Les Connaisseurs de la SAQ. Aujourd’hui, j’en suis devenu un animateur! Chroniqueur vins et alcools dans diverses publications, dont le magazine Fugues, je parcoure la planète pour mettre images et visages sur ces produits qui me font vivre tant d’émotions.