mardi 19 septembre 2017
Rencontre de la FIEF au siège de l’Unesco à New-York, 1982, Rencontre qui a permis d’établir l’année internationale de la famille pour 1986 (Collection de Carmelle Thérien-Viau) Rencontre de la FIEF au siège de l’Unesco à New-York, 1982, Rencontre qui a permis d’établir l’année internationale de la famille pour 1986 (Collection de Carmelle Thérien-Viau)

Économiste familiale: Une profession avec un éventail de fonctions - Volet 2

Au Québec, la majorité des économistes familiales ont enseigné dans des écoles publiques. Les autres ont travaillé au sein des départements de relations publiques d’organismes privés et gouvernementaux et ceux de consultation ou d’assistance auprès des consommateurs pour les gouvernements et l’entreprise privée. Leurs champs d’actions étaient larges et correspondaient à plusieurs volets de base, dont: l’alimentation, la conservation des aliments, les conserves domestiques, le logement, l’habillement, la consommation, les méthodes de travail, les relations familiales, le développement de l’enfant. 

Économie familiale / Métamorphoses de la société 

L’économie familiale étant la recherche continuelle d’une amélioration des conditions de vie des individus et des familles dans leur rapport avec la société, les métamorphoses profondes de la société à travers le temps suscite des interventions particulières de la part des professionnels de ce secteur. À titre d’exemple, pendant les deux guerres mondiales, les cours sont davantage orientés sur la façon d'alléger les tâches ménagères et d'accroître l'autonomie des femmes.

Même après la Seconde Guerre mondiale la vie continue d'être difficile pour les Québécois. Progressivement, l’unité de la famille rurale perd de sa vigueur avec le départ des jeunes vers les villes pour trouver de l’emploi. Il faut beaucoup d'imagination aux familles pour joindre les deux bouts. On a recourt à différents moyens pour étirer le budget. On fait même du savon comme autrefois que l’on appelle «savon du pays» (un mélange d’eau, de graisse et de caustique).

Aujourd’hui, face au flot d’informations qui circulent sur l’alimentation, le développement de l’enfant, la protection de l’environnement et autres concepts de l’économie familiale, les professionnels de ce secteur se doivent d’être en recherche continue pour améliorer les conditions de vie des individus et des familles afin des les aider à mieux s’ajuster à la vitesse des changements de la société. 

(Collaboration spéciale de deux économistes familiales, Carmelle Thérien-Viau, membre du conseil d’administration de la Fédération internationale pour l’économie familiale de 1934 à sa retraite, et Marielle Préfontaine, qui a été Directrice de l’École de nutrition et d’études familiales de l’Université de Moncton) 

Dans le livre «Femmes engagées à nourrir le Québec», 2012, les auteurs ont rendu hommage à des économistes familiales qui ont contribué à l’avancement de la profession au Québec et qui ont permis le rayonnement de nos forces sur la scène internationale. (Collaboration spéciale de Sœur Jeannine Cornellier, elle est de celles qui ont participé à cet avancement) 

Carmelle Thérien-Viau est native de Montréal. Pour sa famille, étudier est très important. Elle étudie à l’École ménagère provinciale où elle obtient en 1938 un Diplôme d’enseignement ménager décerné par l’Université de Montréal. Dans les années 1940, elle côtoie Jehane Benoît pour qui elle travaille, entre autres à son restaurant végétarien le Salad Bar, un concept très innovateur pour le temps. Carmelle aide à la préparation des salades et dessine et confectionne les modèles d’uniformes destinés aux serveuses de table. Cette spécialiste en arts textiles et vêtements a possédé une École de couture où elle a donné des cours de dessins de patrons et de méthodes de couture. Elle a ensuite enseigné plusieurs années à la CECM en arts ménagers. 

Henriette Rochette-Le Hir fait ses études primaire et secondaire à l’Académie St-Louis de France où elle reçoit un Diplôme Supérieur en Lettres-Sciences. Elle obtient une bourse pour s’inscrire à l’École Ménagère régionale de Loretteville, nouvelle orientation que les Sœurs de la Charité de St-Louis donnent à leur institution. Cette nouvelle approche semblait révolutionnaire car elle comportait - en plus des cours de base, français, anglais, sciences et mathématiques - des cours pratiques de cuisine et alimentation, couture et habillement, tissage, ainsi que des mises en situation pratique et un stage d’immersion. Dans ce cadre, elle a le privilège d’être recrutée par Évelyne Leblanc, du ministère de l’Agriculture d’Ottawa, pour l’assister au stand du ministère dans le cadre de l’Exposition agricole annuelle de Québec. Elle travaillera par la suite dans divers domaine se rattachant à l’économie familiale. En 1978, entre autres, la C.E.C.M, lui confie le mandat de recueillir les informations au sujet des projets pédagogiques novateurs existant dans les écoles de son territoire. À la fin de son mandat en 1979, trois publications sont éditées par le gouvernement du Québec : L’enfant de quatre à douze ans et l’école, L’adolescent et l’école, L’Enfant et les défis d’adaptation

Marielle Préfontaine est originaire de St-Marc-sur-Richelieu en Montérégie. Aînée des filles d’une famille agricole de onze enfants, elle a toujours aimé accompagner son père dans les travaux de la ferme, ce qui n’était pas très traditionnel à l’époque. Chez elle, le travail n’avait pas de sexe : son frère faisait des gâteaux avec leur mère et Marielle accompagnait leur père pour traire les vaches. Marielle n’a pas beaucoup d’intérêt pour les choses de la maison. Pour cette raison, ses parents qui désirent lui donner une éducation pour son avenir de femme et de future épouse, l’inscrivent à l’Institut familial des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, à St-Lambert sur la Rive-Sud de Montréal. Elle poursuit ses études à Montréal à l’Institut familial des Sœurs Grises et un an plus tard, à l’Institut de pédagogie familiale d’Outremont. Marielle est fière d’affirmer que Monseigneur Albert Tessier, directeur de la formation à l’Institut de pédagogie familiale, l’a beaucoup influencée dans son cheminement de vie. Il lui a appris l’importance de développer au maximum tout son potentiel. Elle a appliqué cette philosophie dans sa vie personnelle et professionnelle et l’a inculquée à son tour, à ses étudiantes et étudiants. En 1972, Marielle accepte un poste à l’Université de Moncton à titre de directrice de l’École de nutrition et d’études familiales, aujourd’hui connue sous le nom d’École des sciences des aliments, de nutrition et d’études familiales. Jusqu’en 1984, elle marque cette École du sceau de l’excellence, lui donne du prestige auprès des instances de l’Université et la fait connaître sur la scène internationale. 

Marie Barrette est native de Montréal. Elle fait ses études à l’Institut familial Sainte-Ursule, comté de Maskinongé, où elle obtient un Diplôme Supérieur d’enseignement ménager et d’éducation familiale. Elle complète, à l’Université de Montréal, un Baccalauréat ès sciences (1972) et une Maîtrise en nutrition (1975). Marie débute sa carrière à la C.E.C.M. en 1959. Elle y occupe divers postes : enseignante, chef de groupe, conseillère pédagogique. Son expérience la plus marquante a été le projet de coopération avec l’Association des Économistes sociales et familiales du Burkina Faso. 

Louise Bélanger-Mahoney a fait ses études à l’Institut familial St-Jacques-de-Montcalm dans Lanaudière. Par la suite, elle obtient un Baccalauréat Home Economics Education à l’Université Mount St-Vincent à Halifax en Nouvelle-Écosse, puis une Maîtrise Home Economics Education à l’Université Pennsylvania State au Massachusetts aux États-Unis. De retour au pays, elle s’établit à Montréal. Elle débute sa carrière par l’enseignement en économie familiale à la CECM. Elle est par la suite prêtée au ministère de l’Éducation à titre d’agente de développement pédagogique en économie familiale. Elle intervient alors dans tout le Québec. Plus tard, elle joint le ministère fédéral de la Consommation et des Corporations, au service d’aide aux consommateurs. C’est l’époque où la consommation commence à prendre de plus en plus d’espace sur la place publique et dans le portefeuille des consommateurs. Devant cet état de fait, Louise opte pour une orientation dans le domaine de la faillite auprès des consommateurs surendettés. 

NOTES

Les chroniques sont tirées de notre trilogie «Culture & Patrimoine»

Dans nos écrits, nous choisissons la nomenclature des régions touristiques pour l’identification des régions car c’est la plus usuelle pour le public en général.
Trilogie de la Collection «Culture & Patrimoine» aux Éditions GID 
«Femmes engagées à nourrir le Québec», 2012
«Histoires de gourmands / Culture culinaire. 2014
«Histoires de gourmands / Des produits et des hommes» (Titre provisoire) parution printemps 2017

Nous sommes fiers de contribuer à préserver et à faire rayonner 
notre patrimoine agricole, alimentaire et culinaire et ses artisans!

Rose-Hélène Coulombe
Experte-conseil en agroalimentaire et en tourisme gourmand et co-auteure de la trilogie

Michel Jutras
Expert-conseil en gestion culturelle et touristique et co-auteur de la trilogie

À propos de l' auteur

Nous sommes deux experts contribuant à l’essor et au rayonnement des industries agricole, alimentaire, culturelle et touristique. Une approche d’accompagnement basée sur le jumelage d’expertises. Rose-Hélène Coulombe et Michel Jutras signent des chroniques dans les médias écrits. Ils partagent leurs savoirs et de leurs contacts auprès de jeunes professionnels qui bâtissent leurs carrières. Membres de jurys pour divers concours.Lire la suite...