mercredi 22 novembre 2017

La Suisse avec le survol historique et la géoagraphie des vignobles

Survol historique du vignoble
Bien que des pépins de raisin datant du néolithique (entre 3000 et 1800 av. J.C.) aient été découverts à Saint-Blaise (canton de Neuchatel), la vigne disséminée sur tout le territoire actuel est cultivée depuis l’époque romaine.

En effet, des cépages autochtones comme l’Amigne, l’Arvine où le Rèze, portant des noms d’origine latine en apportent la preuve. Les légions de Jules César ont non seulement implanté de la vigne au nord des alpes, mais y ont apporté leur savoir faire.

Les invasions barbares suite à la chute de l’empire romain, ravagent alors les vignobles et, seul l’avènement du christianisme grâce à ses rites sacrés tel que l’eucharistie ramène la viticulture. Les moines cisterciens auxquels était imposé un travail manuel, ont recréé un vignoble en imposant une rigueur dans la culture de la vigne qui perdure encore aujourd’hui (notamment le vignoble de Dézaley, près de Lausanne).
Puis, dans la seconde moitié du XIXe siècle arrivent  des fléaux tels le phylloxera, l’oïdium et le mildiou qui ont eu pour effet, alliés à l’urbanisation accrue des rives des lacs, de réduire en à peine un siècle le vignoble Suisse. Deux tiers de sa superficie disparaissent pour ne laisser aujourd’hui que 15 123 hectares.

Mais, ce qui est perdu en quantité est souvent gagné en qualité, et c’est le cas pour les vins Suisses contemporains. Un accroissement notable de l’érosion et de la concurrence féroce des vins importés souvent d’un meilleur rapport qualité/prix, ont amené les vignerons suisses à adopter une démarche nouvelle. La limitation des rendements, les sélections moins productives, des tailles appropriées, l’élimination des traitements chimiques violents, à tous les niveaux, et une culture bio dynamique donnent raison à leur démarche et des résultats probants. 

Géographie du vignoble et sa mosaïque de microclimats

La Suisse, malgré son relief montagneux, bénéficie de nombreuses zones tempérées qui permettent la culture de la vigne, grâce principalement à ses éléments régulateurs que sont les fleuves, comme le Rhin pour les vignobles de Thurgovie, Schaffhouse ou Bâle et celle du Rhône pour le Valais. Mais les lacs et le vent chaud appelé FOEHN, jouent le plus grand rôle de la viticulture Suisse en général. La Suisse est une succession de microclimats éparpillés çà et là, qui sont créés par :                                            

  1. Un plan d’eau régulateur tel que les lacs et les fleuves,
  2. Un relief protégeant du vent,
  3. L’action d’un vent chaud comme le FOEHN,
  4. Des murs et des rochers emmagasinant le jour, la chaleur qui se diffuse la nuit.
  5.  

Toutes ces conditions géographiques et climatiques particulières permettent à la Suisse une culture de la vigne dans des régions qui ne pourraient autrement pas être envisagées comme étant propices à la viticulture.

Mais qu’est donc ce célèbre vent appelé FOEHN ? Ce FOEHN de l’allemand FÖHN venant du latin FAVONIUS  signifiant  vent tiède, qui est en réalité un vent sec et chaud dû à l’affaiblissement thermique de l’air après le passage d’un relief montagneux. Il souffle principalement sur les vallées suisses et autrichiennes et a pour particularité de provoquer des pluies sur un versant de montagne et ensuite souffler chaud et sec sur le versant opposé et donc, de créer çà et là des microclimats.

Les lacs favorisant le déploiement du vignoble sont principalement : Le lac de Constance (Bodensee en allemand) situé au nord-est. Le lac de Zürich, en suisse alémanique, balayé par le Fœhn en automne, protège le  vignoble Zurichois. Les lacs des quatre cantons à Lucerne, de Zoug et de Thoune près de Berne, favorisent la viticulture des cantons d’Argovie, de Zoug et d’Uri en Suisse orientale. Les lacs de Neuchâtel, de Bienne et de Morat, forment la région viticole dite des trois lacs. Les rives du lac Léman (lac de Genève) restent un paradis du chasselas avec ses vignobles  GENEVOIS, VAUDOIS et VALAISANS. Les lacs Majeur et de Lugano sont les deux perles touristiques du Tessin certes, mais jouent eux aussi leur rôle régulateur de température indispensable aux cépages locaux.

Les vignobles de régions très différentes bénéficient en plus de conditions climatiques très particulières.

  • Le VALAIS abrité par les Alpes, reçoit peu de pluie et bénéficie du Fœhn.
  • Le vignoble de HALLAU situé dans le Schaffhouse (vallée du Rhin) à l’est de la forêt noire, ne reçoit également que très peu de pluie.
  • Le climat du TESSIN, influencé par la Méditerranée reçoit des précipitations  importantes et même violentes, mais de courte durée.
  • Dans les GRISONS et une toute une partie de la Suisse orientale, le Fœhn a pour effet d’accélérer la maturité du raisin et d’améliorer en peu de jours, la qualité de la vendange.


Patrick COULIBEUF
Expert en vins
Membre de la compagnie des Courtiers Jurés-Experts
Piqueurs de vins de Paris.
 33 (0) 6 16 58 02 03
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PS. La prochaine chronique est sur les cépages autochtones de la viticulture Suisse

À propos de l' auteur

Après avoir terminé sa scolarité en Charente, plus précisément à JARNAC, au Royaume du Cognac (avec François MITTERAND comme voisin), il débute à Paris des études dentaires tout en assumant durant les vacances scolaires des activités de guide accompagnateur international qui lui ont donné la chance de parcourir le monde. Lire la suite...