jeudi 23 novembre 2017
Chroniques de Michèle Herblin
Michèle Herblin

Michèle Herblin

Présidente de HERBLIN CONSULTING inc., société de conseil spécialisée en montage et management de projets. Propriétaire du concept et de la marque Petite Terrasse de Provence, maître franchiseur. Le traiteur par Michèle Herblin, exploitation de la marque Petite Terrasse de Provence. Chef propriétaire du restaurant Petite Terrasse Provence à Montréal depuis décembre 2003 à aujourd’hui. Lire la suite...

mardi, 29 avril 2008 12:32

La cuisine et le tourisme!

Écrire une chronique sur la cuisine ???
Es-tu bien certain, cher Samy, de vouloir mettre en ligne la 33 millionième recette qui n’épatera personne ou qui finira dans un fichier, classée dans la rubrique « au cas où je manquerais d’idée »…

Je suis une amoureuse de la cuisine, une curieuse insatiable et je n’ai qu’une seule envie… celle de partager ces merveilleuses rencontres de couleurs, de senteurs et de saveurs que l’on fait lorsqu’on voyage, ces petites sensations simples qui rendent la vie magique et qui font des cuisiniers des piliers de la société. Tu crois que je suis d’un autre temps, qu’aujourd’hui la cuisine est un job de fous qui se tuent à la tâche et que personne ne veut plus faire ??? Non, je suis de demain, comme tous ceux qui savent que nous devons retrouver la sagesse d’une alimentation saine, les tables heureuses et actives où les valeurs se consolident. En famille ou au travail, le repas garde la même fonction, celle de partager. Partager la nourriture, partager le temps du repas, partager les idées, le travail, les soucis, les folies… partager la vie.

On ne partage pas tous au même niveau me diras-tu ! Vrai et faux mon cher Samy ! Parce que, si les moyens financiers sont différents, la valeur nutritive des aliments ne change pas avec l’argent, celui ou celle qui transforme les aliments pour en faire un repas est toujours indispensable, et les gestes pour mettre la nourriture à la bouche, la mastiquer et la digérer mettent tous les humains sur le même pied d’égalité… quand nous mangeons, nous faisons tous la même chose : mettre du carburant dans notre corps ! Pauvres sociétés riches qui ont oublié les besoins du corps humain… il nous faut réapprendre la saine alimentation et les bonnes quantités.

Tu vois, l’avenir de la cuisine je le sens ici, dans cette nouvelle croisade pour le respect de notre corps, pour le développement de nos capacités et la santé de notre moral.

Et les cuisiniers dans tout ça ? … des piliers de la société comme je me plais à le dire. La mère et le père de famille, cuisiniers de tous les jours, cuisiniers de l’équilibre des Hommes de demain, … les grand parents cuisiniers de la mémoire et des traditions qui se perpétuent, cuisiniers des petits bonheurs complices et rassurants, … les brigades de cuisine des hôpitaux, des écoles, des maisons de retraite ou des institutions d’accueil, cuisiniers des instants de paix et de ressourcement… les chefs, petits et grands, cuisiniers du plaisir, fournisseurs de joie de vivre et de mise en confiance, éducateurs de saveurs, ouvreurs de portes sur les cultures du monde… la liste est longue et les rôles sont interchangeables. Cuisiner est un acte social pas banal, si riche et pourtant si simple !

Dites moi ce que vous en pensez… histoire de partager !

Les prochaines fois, j’ai envie de vous dire pourquoi je trouve que la cuisine est un jeu d’enfant et une affaire de peinture et de voyage… à bientôt, bonne cuisine !

Michèle Herblin
Petite Terrasse de Provence ®
Traiteur – Chef à domicile
514-570 3682

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vendredi, 15 mai 2009 20:35

Le bilan de Cuisiniers Sans Frontières

DISCOURS PRONONCÉ, LORS DU GALA DE CSF À L'ITHQ, LE 15 MAI PAR MICHELE HERBLIN!


Je veux vous dire ce soir combien suis fière des accomplissements de Cuisiniers Sans Frontières (CSF) en 2008 et début 2009, et combien je suis enthousiasmée par ce que nous espérons accomplir en 2009 -2010.

Tout d'abord 2008.
CSF a agrandi et renforcé son équipe et sa structure de manière à pouvoir assurer plus d'actions sur le terrain et ainsi augmenter les chances des personnes démunies que nous aidons.
Nous sommes engagés pour lutter contre la pauvreté, nous le voulons et nous le vivons tous les jours. Et notre volonté est si grande, nos actions si retentissantes que CSF devient une référence dans le monde de l’humanitaire. Des personnalités comme Monsieur Paul Bocuse entre autres, nous ont contacté pour prendre conseil sur la marche à suivre, d’autres souhaitent agir sous la bannière de CSF… et, malheureusement pour l’état de la pauvreté dans le monde, les appels à l’aide se multiplient sur le site de CSF.
Nous recherchons continuellement de nouvelles opportunités de faire une réelle différence dans la vie de ces personnes démunies, de les aider vraiment à se sortir de la pauvreté, dignement, avec un métier et du travail… avec si peu d’argent, nous faisons tellement !

L'année 2009 est une année d’accélération pour CSF.

D’abord, rappelons que nous avons obtenu l’enregistrement de CSF comme organisme de bienfaisance, nous donnant la possibilité d’émettre des reçus d’impôts à nos donateurs.

Nous avons engagé plusieurs initiatives cette année qui vont appuyer nos objectifs :
- CSF a créé un nouveau cours intitulé « Formation en cuisine d’urgence ». - Pour permettre de faire face à la situation d’urgence à Madagascar, 15 de nos anciens élèves suivent ce cours supervisé par Jacques Gouillard chef cuisinier Montréalais, bénévole de Cuisiniers Sans Frontières. Les produits de base sont fournis par le fonds alimentaire mondial. Les mets transformés pendant les cours nourrissent les 900 personnes démunies qui, tous les jours, viennent chercher de l’aide et des vivres devant l’école de CSF. Un petit moyen de plus pour renforcer les techniques et l’habileté de nos élèves … un grand pas vers l’organisation, l’autonomie et le partage !

- Toujours à Madagascar, la quatrième session de formation d’aide cuisiniers a commencé depuis le 30 avril. Cette nouvelle cohorte de 17 élèves porte aujourd’hui à 68 le nombre de personnes formées par CSF à Madagascar. Ajoutons que 60% des élèves formés sont employés après la formation et que 100% des élèves qui sont inscrits suivent le cours jusqu’à la fin de la session… résultats exceptionnels pour un si petit organisme de bienfaisance !
- Une nouvelle école CSF va ouvrir au Bénin pour répondre à la demande d’une ONG locale, avec pour objectif la formation 18 personnes et leur placement en emploi l’année prochaine. En juin nous faisons l’étude de faisabilité, nous préparons le budget et le réseau de contacts sur place, nous organisons la logistique et nous programmons l’ouverture des cours pour la fin de l’année.

- Un centre de formation CSF est à l’étude à Montréal. Mis au profit de la réinsertion des sans abris et des personnes en grande difficulté, ce centre aura pour objectifs : l’entraînement des cuisiniers-formateurs devant partir en mission à l’étranger et la recherche pédagogique pour l’enseignement en environnement de grande pauvreté.

- Et bien sur, en collaboration avec le groupe de L’Itinéraire, nous continuons de servir des vrais repas de Noël aux sans abris de Montréal, du 24 décembre au 6 janvier.

- Nos méthodes pédagogiques et notre approche respectueuse des cultures nous ont amenés à être sollicités pour accompagner un programme de formation dans le grand Nord canadien.
Nous faisons tout cela dans le contexte d'incertitude économique actuel qui nous touche tous. Mais nous sommes plus motivés que jamais.
Bien sur, nous avons besoin de vous car seuls nous n’allons pas assez vite. Les demandes d’aide nous arrivent de partout dans le monde, avec une urgence nettement amplifiée par les effets de cette crise mondiale qui pénalise les plus pauvres.

Soyez certains que vos dons permettent de faire de grandes choses : éduquer, donner un métier, transmettre les bases de l’alimentation et de l’hygiène, organiser des cuisines collectives d’urgence dans les zones de grands sinistres… et partager, et sourire, et redonner confiance…

Comme nous, dites non à la pauvreté !
Parlez à vos amis, soyez les ambassadeurs de cette cause.
Par vos dons et par votre soutien ce n’est pas CSF que vous aidez, mais des familles entières que vous faites revivre.

Au nom de toute l’équipe de Cuisiniers Sans Frontières et des membres du conseil d’administration, je vous remercie du fond du cœur.

Michèle Herblin
Vice présidente, secrétaire de Cuisiniers Sans Frontières

Il y a quelques jours, l’ITHQ et les Éditions de l’Homme faisaient le lancement du livre tant attendu, le 19 ème livre de recettes produit par les chefs enseignants de l’ITHQ depuis 1996!

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Un livre de cuisine de plus, penserez-vous ! Oui, mais celui là c’est différent, il nous déculpabilise ! Bon d’accord, il est écrit par 2 éminents chefs de l’ITHQ … mais ces 2 là ont compris le message : diffuser largement et simplement l’art culinaire. 280 recettes, presque une par jour sur 1 an, pour renouveler vos repas à la maison, et vous désintoxiquer de la nourriture un peu trop riche en tout. Dans les recettes, faciles pour la plupart, pas de mots compliqués et une méthode accessible à tous. Même les photos du livre invitent Madame et Monsieur Tout-le-monde à se lancer tant la présentation des plats est simple, presque familiale. Bref, un livre de cuisine qui propose une cuisine faisable tous les jours, peu coûteuse et surtout créative.

Donner l’envie de cuisiner « végé », mettre les légumes, les fruits et les laitages au cœur de notre alimentation, belle mission… encore faudrait-il que le « végé » ne soit pas qu’une mode ou qu’une fantaisie pour faire changement ou, pire, une bonne conscience pour lutter contre on ne sait quel fantasme de pollution de la planète par l’élevage des animaux de boucherie. Comprendre pourquoi on mange et quoi manger me semble aussi important que de savoir transformer les aliments et de les présenter dans l’assiette. Dommage que l’avant propos de ce livre ne développe pas plus la réflexion sur l’apport du végétarisme dans l’approche d’une vie saine et ne renseigne pas sur la valeur nutritionnelle des différents aliments proposés. Car en définitive, ce dont nous avons tous besoin, c’est de comprendre quels aliments choisir pour faire des repas équilibrés et fournir au corps les apports énergétiques journaliers suffisants… tout en se faisant plaisir. A vos plumes Messieurs les Chefs!

Le grand livre de la cuisine végétarienne
Igor Brotto-Olivier Guiriec
Les Editions de l’Homme-ITHQ

Michèle Herblin
Traiteur-Chef à domicile
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mardi, 11 janvier 2011 12:57

Hommage à mon ami Gaston L'Heureux

Salut Gaston

Quand on arrive dans un nouveau pays, il y a quelques personnes qui vous tendent la main pour vous aider à entrer dans votre nouvelle vie. Gaston restera pour moi l’un de ceux-là. Je me souviendrai toujours de son sourire et de l’optimisme avec lequel il rendait les choses faciles, là où tout semblait compliqué.
gaston lheureux mars 2010Photo Michèle Herblin, mars 2010
Depuis le premier jour où il est venu manger dans mon restaurant, il n’a cessé de me donner confiance et de me remercier  « pour le soleil que tu apportes dans ta cuisine » me disait-il.


En vrai épicurien, heureux de vivre et de se battre, il ne voulait partager que les bons moments. S’il avait le verbe fort et la parole franche, c’était toujours pour mieux en rire et « faire bouger les choses ». Nous avons passé de belles heures à discuter… de l’Histoire de son pays qu’il aimait tant… et des gens d’ici qu’il m’a appris à connaitre… des « grands » personnages et de la fragilité de la vie… de la force aussi et de la détermination avec laquelle il se battait, en terminant toujours par un si délicat « et toi, comment ça va… et ton mari, ça va ? »

Le 24 décembre dernier, quand je lui ai apporté son repas de réveillon, il avait les yeux pétillants de gourmandise… « Ah ! La belle dinde aux marrons, c’est réconfortant les traditions ! » m’a-t-il dit. Il avait dressé la table avec une belle nappe, il a noté minutieusement les temps de réchauffe au four et l’ordre du service des plats, et il m’a lancé sur un ton sans discussion « pars vite, ne fais pas attendre tes petits enfants, c’est Noël ! »… heureux moment de vie, simples et si riches à la fois, que tous ceux qui ont eu la chance de côtoyer Gaston ont ressentis comme une potion magique énergisante.

Je souhaite à chacun de croiser sur son chemin un homme comme celui-là, un de ces bâtisseurs de vie qui, par leur sourire, construisent un monde plus Heureux.
Merci l’ami

Michèle Herblin
Petite Terrasse de Provence (R)
Traiteur - Chef à domicile
514 - 570 3682


 

 

La cuisine rapproche les gens, mais avant tout elle marie les cultures. C’est vraiment le sentiment que j’ai eu en goûtant la cuisine de Meryem Cherkaoui, chef du restaurant « La maison du Gourmet » à Casablanca au Maroc, et invitée du Festival Montréal en Lumière 2011.

meryem cherkaoui
Photo Meryem Cherkaoui : fonds photo Meryem Cherkaoui
Meryem Cherkaoui, chef du restaurant « La maison du Gourmet » à Casablanca au Maroc

 

La gastronomie, qu’elle soit française ou québécoise ou japonaise ou mexicaine ou de partout dans le monde ne peut pas rester repliée sur elle même. Elle vit au rythme des échanges et des rencontres, elle évolue et se laisse influencer par d’autres cultures que celle de ses origines… Les chefs ont pris l’habitude de voyager, de se réinventer au travers de leurs amitiés professionnelles, de découvrir des sensibilités culinaires différentes et de transmettre leur propre culture avec les saveurs de leur pays. Au-delà des frontières  et du grand remue-ménage social qui bouscule le monde en ce moment, il est rassurant de vivre des grands moments de partage et d’échange comme ceux auxquels nous invite le Festival Montréal en Lumière. Des moments de grâce où des équipes qui ne se connaissent pas partagent sans difficulté le même espace, associent leurs talents pour offrir un repas parfait, et mettent leur passion au profit d’un geste unique…

Formée à l’école Bocuse à Lyon en France, Meryem Cherkaoui a fait ses armes au Crillon à Paris puis au Majestic à Cannes. Mais c’est au Maroc, son pays, sa terre, qu’elle a voulu exercer son métier. Un retour aux sources en quelque sorte. « Chez nous, ce sont les grands-mères et les mamans qui font la cuisine » dit-elle, c’est donc normal et naturel d’être une femme aux fourneaux.

De sa formation chez «Monsieur Paul Bocuse », elle garde un attachement indéfectible aux bases de la cuisine française mais elle met en scène sa propre culture en donnant une place aux saveurs marocaines, les parfums de son enfance. Meryem Cherkaoui n’hésite pas à faire des mélanges savamment dosés, où les cultures se juxtaposent sans jamais se détruire, où les saveurs se devinent et se respectent, un assemblage harmonieux, une véritable invitation au voyage. À sa table on se laisse porter par les sens … on découvre… on a envie de comprendre et d’en savoir plus… on a plaisir à se souvenir au gré de l’évocation des saveurs…

Meryem Cherkaoui est une fille de la Méditerranée, et ça se sent ! Elle aime travailler l’olive, le citron, la tomate et l’aubergine. Elle aime aussi les épices et les accords salé-sucré, l’huile d’argan et les herbes fraîches, les figues, les dattes, le miel et les amandes, la cannelle et l’eau de fleur d’oranger… tout ce qui évoque le soleil de son Maroc natal!

C’est exactement ce que la Chef de Casablanca est venue offrir aux Montréalais en partageant « le piano » avec Marc de Canck et Olivier de Montigny du restaurant La Chronique. Le menu évocateur vous plonge tout de suite dans l’art de Meryem Cherkaoui, association subtile des produits internationaux, de la rigueur culinaire et des saveurs du Maroc :

ras de canard2c sable9 aux figues

 

Une mise en bouche de foie gras accompagné d’un merveilleux sablé aux figues séchées, marmelade de tomates miel-romarin et crème montée aux amandes…



Un pétoncle rôti sur un velouté de céleri rave
, frite de polenta noire (à l’encre de seiche), petit confit d’oignons, moutarde et raisins secs et vinaigrette de pamplemousse à l’huile d’argan…

la marocaine2c courges
photo Michèle Herblin
Un magret de canard saisi, vermicelles à la marocaine, courges, petits oignons glacés, dates et noix, avec un jus de canard aux écorces d’orange et de citron, et un soupçon de cannelle (une de ses grandes spécialités)… une pure merveille de raffinement, de saveurs intactes et franches, délicatement associées…
 
 
photo Michèle Herblin
Un dessert surprenant de safran en espuma avec une gelée d’oranges et une tuile de chocolat blanc aux pétales de rose séchée… j’en ai encore le goût en bouche !
 
soushis aux amandes et dattes
photo Michèle Herblin
Et des « sushis» de chez elle, de petites crêpes farcies aux amandes et dattes majhoul, accompagnées d’une glace à la corne de gazelle (le fameux petit gâteau marocain connu du monde entier)…


Le tout accompagné par un choix remarquable de vins particulièrement en accord avec les mets effectué par l’excellent sommelier Pier-Alexis Soulière du restaurant La Chronique.
 
Quel voyage ! Quelle richesse dans ce festival de saveurs, quelle générosité dans cet art à plusieurs mains et plusieurs cœurs !
 
La gastronomie du monde serait-elle porteuse d’une solidarité sans frontières, respectueuse des cultures et capable de créer les modèles d’une nouvelle forme de production à plusieurs voix. Merci au Festival en Lumière de nous laisser espérer un monde enfin sage !


Michèle Herblin
Traiteur-chef à domicile
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Plus d’informations pour les curieux :
La maison du Gourmet, Chef Meryem Cherkaoui, Casablanca, Maroc
Restaurant La Chronique, Marc de Canck et Olivier de Montigny Montréal
Montréal en Lumière, programmation complète

dimanche, 24 février 2013 11:24

Un Grand Chef qui vient d'ailleurs!

J’ai assisté à la conférence de Mr Mallmann chez Européa et je peux vous dire que ce Monsieur est un grand chef...

....Avec une philosophie culinaire forte et pensée, rustique certes, mais tellement chaleureuse et proche des vraies valeurs de la vie… sans chichis ni tralalas, respectueux du produit et des gens qu’il sert, aimant la convivialité des échanges autour d’une table, provoquant comme un Gaucho, solide et rieur, il cuisine avec sa culture qui est celle du partage.

Oui il s’inscrit dans un style généreux et simple qui n’a rien à voir avec les micro portions dont on ne peut plus distinguer les saveurs tant le snobisme des mélanges alambiqués à la mode nous fait perdre de vue ce que nous mangeons et pourquoi nous sommes autour d’une table. Oui il est de cette mouvance qui affirme que les produits doivent être respectés et reconnus dans l’assiette…

Oui il est porteur des valeurs culturelles de son pays, des grands espaces, du feu et de la viande que les Argentins mangent au petit déjeuner, à midi et le soir (et sont maigres comme des clous comme il l’a souligné!)…

Oui il impose à sa table un rythme de vie où le temps file comme les bonnes histoires et les rires… oui il dit que le client mange ce qui est prêt, quand c’est prêt… oui il remet en questions les règles établies et les conventions et affirme haut et fort que le meilleur vin pour accompagner un met est celui que vous aimez, préférant les différences ressenties à une harmonie mal comprise…

Oui il apporte sans compter son expertise et son immense sensibilité pour offrir une expérience incroyable de vérité et d’amitié à ses convives…  
Inutile de vous dire que j’ai adoré le personnage et ce qu’il nous a servi : un cœur d’entrecôte en cuisson lente fondant comme un rêve, avec une simple sauce origan et huile d’olive, un ris de veau merveilleux sauce vierge et citron confit, un flétan exceptionnel cuit juste au sel « car c’est comme ça qu’on respecte la mer » dit il, un dessert sans prétention crémeux et suave…

Cet homme a eu le courage de faire respecter sa culture, son pays et sa cuisine… et quelque soit les mots qui ont été dits, bien ou mal compris, il n’est pas de mise de remettre Mr Mallmann en question, ni même de lui dire comment il doit se comporter à Montréal.

Les Montréalais sont ils enfermés dans leurs habitudes alimentaires au point de ne pas reconnaître les caractéristiques si différentes de cette cuisine du feu? Personnellement je ne le crois pas, bien au contraire, les Québécois sont des découvreurs, des curieux, des sensibles à la rudesse de la vie et à tout ce qui la rend plus vivable. Et c’est précisément ça le message de la cuisine du chef Mallmann!

Alors que se passe-t-il au pays de la mixité culturelle? Si les organisateurs de Montréal en Lumières ont l’angoisse d’un événement parfaitement léché et contrôlé… qu’ils admettent avoir commis un écart de langage. Cette affaire dépasse largement l’événement culinaire, mais bizarrement redonne à Montréal en Lumières tout son poids d’événement culturel… la progression de l’entente dans le monde est faite de reconnaissances, fussent-elles basées sur des inconforts.

Avec Danièle Mazet-Delpeuch on ne peut croire que les années ont passé…

Toujours le même franc parler, toujours le goût de la vérité et des saveurs franches, encore et encore le plaisir d’être à table et de partager ce que l’on a de plus simple et de plus chaleureux… mais surtout revenir à l’essentiel de la cuisine de campagne, et à celle par qui tout à commencé : la mère de famille!

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Devant le regard attentif de François Martel,  Madame Mazet-Delpeuh prépare le 1er repas du Président François Mitterand, soit le chou farci au saumon.
Crédit photos: Michele herblin

 

 

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Madame Mazet-Delpeuh
Crédit photo:
 Michele Herblin


Cette femme là, Madame Mazet-Delpeuh, arrivée presque par hasard  dans les cuisines de l’Élysée (la résidence des présidents de la République Française) pour y servir les repas privés du Président François Mitterrand, n’a pas fini de nous faire réfléchir!
Maintenant que nous connaissons son parcours, de sa ferme du Périgord aux cuisines d’un centre de recherche en Antarctique, nous comprenons sa détermination et son audace, mais aussi sa conviction et sa générosité. La simplicité!! S’exclame-t-elle à qui veut bien l’entendre. La simplicité…et rien que le produit, de grande qualité,... et sans compromis!

 

 

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De gauche à droite: François Martel; Chef-Directeur de l'Académie Culinaire, Catherine Frot, Daniel Trottier; Chef-Enseignant de l'Académie Culinaire, Mazet-Delpeuh et sa petite fille.
Crédit Photo: Michele Herblin


Sa cuisine sereine est le fruit de l’expérience de générations de femmes au foyer, mères de famille et agricultrices, qui n’avaient pas d’autres choix que d’être inventives pour nourrir les enfants et d’utiliser ce que la terre produisait au rythme des saisons. Pas de mélanges savants, pas de chichis dans les présentations… mais les saveurs que la nature nous offre « naturellement » et des mariages de saveurs et de textures comme par évidence. Partager autant la transformation des produits que les cuissons, servir en recommandant de manger toute l’assiette n’avaient comme but ultime que de rendre le repas convivial et heureux.

Quand le Président l’appelle sur la recommandation de Joël Rebuchon, il souhaite retrouver le goût des choses simples que lui cuisinait sa grand-mère. Le goût des champignons et des chaudrées, le goût du poulet rôti et des pommes de terre, sans artifice. Retrouver les légumes et les fruits du temps où on les nommait par chacune de leurs variétés… « Belles de Fontenay, choux de Milan, navets des vertus, poires comices ou Grand-Alexandre, des noms inoubliables qui ont imprimé la trame du plaisir, du réconfort et de la tendresse familiale » se souvient Danièle Mazet-Delpeuch dans son livre « Carnets de cuisine, du Périgord à l’Élysée » (ed Bayard).

Cette volonté de faire vivre nos racines dans le moindre plat cuisiné est certainement l’une des tendances les plus actuelles de la gastronomie. Un retour aux sources, à l’authenticité, aux terroirs et aux cycles de la nature,… un hommage à la sagesse et au travail profondément humain et dévoué des petits producteurs,… un grand respect pour Gaia la terre nourricière qui, de Slow Food en mouvements écologistes, ne cesse de crier au secours. Le grand retour du PRODUIT!
Sans nier la modernité, sans interrompre les recherches en agroalimentaire ni les évolutions techniques qui incontestablement améliorent les prestations des métiers de bouche, sans rejeter toute forme de raffinement gastronomique… le temps est venu de laisser le bon sens agir comme un antidote à toutes les exagérations et modes récentes qui ont envahi le monde de la cuisine.

La gastronomie argentine que nous avons récemment découverte au cours de Montréal en Lumières me semble un bel exemple de cette tendance. « Il nous faut chercher dans nos racines l’expression de notre gastronomie. Notre identité culinaire est enracinée à l’intérieur du pays, pas à l’extérieur» me disait la jeune chef Soledad Nardelli. Nos chefs d’ici, les Normand Laprise et Charles Antoine Crête, Martin Picard, David McMillan et autre Diane Tremblay et Marie Chantal Lepage suivent la même philosophie et mettent en valeur les terroirs, les producteurs et les produits du Québec. Ils identifient leur cuisine aux saisons et aux traditions de vie que la terre d’ici a longuement forgées.

Photos : www.lessaveursdupalais-lefilm.com/images/lessaveurs04

Bleuets, chicoutais et baies d’amélanchier, oies et canards, venaisons et cochons, morue, fruits de mer, maïs, gingembre, courges et légumes racines, sirop d’érable… la liste des produits d’ici est longue. Tous ont une histoire, et appartiennent à des traditions alimentaires qui ont construit l’identité culinaire du Québec, simple, arrimée à la rudesse des hivers et à la profusion des étés. Transformer les produits locaux quand la nature les met à disposition, en retrouver le goût et perpétuer l’héritage culturel du pays qu’ils transmettent… la cuisine identitaire a de l’avenir!

Michèle Herblin
 
Michèle Herblin
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samedi, 23 mars 2013 07:50

La prestigieuse James Beard Foundation

La prestigieuse James Beard Foundation a annoncé ce 21 mars (jour du Printemps et du renouveau, beau présage!) que le chef Normand Laprise du restaurant Toqué! est nominé pour les prix James Beard Foundation Awards 2013.

La version anglaise du livre « TOQUÉ! Creators of a new Quebec Gastronomy » qui frôle le classement du bestseller (note de l’agence Dumas Bergen) concoure  dans la catégorie des livres « Cooking from a Professional Point of View » .
  

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Si j’ai bien lu la très longue liste des nominés, Normand Laprise, Grand Chef Relais & Châteaux, est le seul chef hors des USA à être nominé.   « Cette énorme accolade de la James Beard Foundation est un véritable hommage à notre gastronomie. Je remercie mon équipe de professionnels et l’éditeur qui ont participé à la création de ce petit livre de 500 pages! » a-t-il déclaré  .
 
Cette prestigieuse reconnaissance s’inscrit dans un programme qui honore les professionnels du monde culinaire – restaurants, chefs, auteurs de livres de cuisine et presse spécialisée.
 

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Les prix seront attribués au cours d’une cérémonie au Gotham Hall à New York le 3 mai prochain.

A noter que la photographie de Dominique Malaterre est également  nominée dans cette catégorie à la grande satisfaction des éditions du passage.
Souhaitons leur bonne chance ! et remercions-les de si bien représenter la gastronomie québécoise et d’en être les ambassadeurs hors des frontières.

www.jamesbeard.org
LIVRE TOQUÉ!  VIDEO


Michèle Herblin
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Chroniqueure:

  • Le Potaufeu, le magazine des chefs du Québec
  • Samyrabbat.com
  • Médias associés

Partenaire de Cuisiniers Sans Frontières
Membre fondateur du Rotary eClub Premier www.rotaryeclubpremier.org 
 

Depuis déjà plus de 6 mois, Laurent Godbout, l’intrépide enfant chéri des Montréalais, le chef qui a choisi de faire vivre à ses clients des explosions de saveurs sans cesse renouvelées, a décidé de se lancer un nouveau défi : participer à la compétition internationale du Bocuse d’Or.

LaurentGodbout  

Les témoignages sont nombreux pour soutenir Laurent Godbout dans son entrainement en vue de la sélection pour la compétition du Bocuse d’or de 2015. 1500 personnes qui tous les jours suivent les évolutions de l’entrainement du chef et de son commis Adam Martin, leur témoignent leur soutien, les encouragent et partagent  leur enthousiasme avec leurs réseaux d’amis. 
 bocuse
La campagne « Équipe Québec Laurent Godbout » d’un style tout à fait actuel avec mention des tweets en direct sur le site a permis de rejoindre jusqu’à  48 000 personnes sur les médias sociaux (source Facebook). Du jamais vu dans l’univers culinaire québécois!
 
Ce marathon de l’excellence qui a déjà commencé il y a plus de 6 mois, dans la discrétion habituelle de Laurent Godbout, est en train de générer un formidable élan au sein de la profession des cuisiniers, de l’agroalimentaire et des foodies. Plus qu’un simple mouvement de sympathie tinté d’admiration  pour le défi que s’est donné le chef du Vieux Montréal, c’est à  toute une dynamique du possible à laquelle on assiste.  
 
Oui nos produits du Québec n’ont rien à envier aux autres pays, oui nous avons des cuisiniers de grand talent, et oui nous avons une gastronomie vivante et créative, martèle Jean-Luc Boulay le renommé chef québécois engagé dans la transmission de l’amour du métier aux jeunes générations dans ses restaurants comme à l’émission « Les Chefs! ». Une marche en avant qui démontre tous les jours à quel point l’économie du secteur gastro-agro-alimentaire a de l’avenir au Québec. 
 
Des fournisseurs allouent produits et matériel à l’équipe qui va défendre les couleurs de la cuisine québécoise à la sélection nationale du 16 et 17 novembre prochain. La semaine dernière, Cacao Barry confirmait son soutien financier. En invoquant l’implication de la compagnie dans la promotion de techniques culinaires innovantes, Jean Jacques Berjot signifiait sa confiance dans Laurent Godbout « un chef doué, un visionnaire ». 
 
Il en faut de l’ardeur au travail, de l’intelligence et de l’argent pour se préparer aux compétitions internationales. Et il faut avoir « un esprit de compétiteur exceptionnel que même de très grands cuisiniers n’ont pas, affirme Jean-Luc Boulay. Avec la compétition pour le titre de MOF (Meilleur Ouvrier de France) le Bocuse d’or est la compétition culinaire internationale la plus élevée au monde.  Les chefs qui s’y engagent sont de vrais athlètes. Comme les grands sportifs ils ne pensent qu’à se dépasser, à s’améliorer sur tout… ils portent les couleurs du pays au plus haut niveau de l’excellence… ils méritent le respect ».
 
« Que du positif pour le Canada », renchérit le chef de Québec, et plus on en parle, mieux c’est semble-t-il sous-entendre. « Se mesurer à l’échelle internationale, c’est inouï pour le Canada et le Québec, ajoute Jean-Luc Boulay. Quand le Noma a été nommé meilleur restaurant au monde, la cuisine du Danemark et des pays scandinaves était totalement inconnue comme la cuisine du Canada… depuis sa reconnaissance, hop, le guide Michelin qui est le guide le plus reconnu au monde est allé à Copenhague… et maintenant le guide Michelin est rendu dans les pays scandinaves grâce à René Redzepi qui fait une cuisine sublime au Noma».
 
Écouter Jean-Luc Boulay,  que je cite avec sa permission, c’était pour moi un ravissement! 
 
Dans ses mots emportés j’ai senti la force de cette profession qui croit en elle, en ses chefs inspirés et créatifs, j’ai entendu la générosité d’un secteur économique souvent malmené mais qui s’engage pour mettre le pays sur « la carte du monde de la gastronomie » et puis « faire du Canada et du Québec une destination pour une clientèle de gourmets et gourmands »qui, on le sait, sont de plus en plus nombreux à voyager dans le monde sur la thématique de la gastronomie.
 
« Il va se passer de quoi au Québec … on peut faire partie des plus grandes gastronomies dans le monde… l’engagement de Laurent c’est que du positif… et je suis content que tout le monde le soutienne et le suive…  son travail est  très inspirant pour les jeunes, ses efforts sont très motivant » me dit Jean Luc Boulay pour conclure notre entretien.
 
Alors, go, go Laurent, go! 
 
La première étape de la compétition pour les qualifications est dans 2 semaines!  On se reparle bientôt, pour plus de nouvelles sur l’Équipe Québec Laurent Godbout et son commis Adam Martin.

Michèle Herblin

 
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