lundi 30 novembre 2020
Éduc’alcool : 30 ans de réalisations et après ?

Éduc’alcool : 30 ans de réalisations et après ?

Au cours du mois d’octobre, on a amplement souligné le 30e anniversaire Éduc’alcool.

Nous en avons profité, avec joie, pour faire état des progrès qui ont été réalisés par les Québécois, lesquels ont amélioré leur relation avec l’alcool. Mais nous avons aussi, sans complaisance, rappelé tout ce qu’il reste à faire.

Nous avons également reçu de multiples témoignages de reconnaissance de notre action et du rôle qu’Éduc’alcool a joué au fil des ans. Plus de 15 dirigeants politiques, tant des gouvernements que de tous les groupes d’opposition, des niveaux québécois et fédéral, ont témoigné de leur appréciation, voire de leur admiration, pour Éduc’alcool dont la crédibilité a été largement soulignée. Une telle unanimité est extrêmement rare dans la vie publique. Nous nous sommes vus attribuer la Médaille du lieutenant-gouverneur du Québec pour mérite exceptionnel. De tels hommages n’arrivent pas souvent dans l’histoire d’un organisme. Nous les avons reçus avec humilité et reconnaissance.

Avec reconnaissance parce qu’ils soulignent le travail acharné de trois décennies et les plus de 85 millions $ investis par nos membres dans la prévention des problèmes liés à l’abus d’alcool. Et parce qu’ils soulignent aussi notre contribution à l’éducation et à la responsabilisation des Québécois.

Avec humilité, parce que nous sommes tout à fait conscients du travail qu’il reste à accomplir, notamment pour faire davantage respecter les limites de consommation recommandées comme pour réduire la conduite avec les facultés affaiblies, les violences sexuelles, familiales et conjugales et la dépendance.

À présent, nous devons nous tourner vers l’avenir.

Éduc’alcool a joué son rôle d’éducation et de prévention et il s’est engagé à continuer à le jouer de la manière la plus efficace. Mais, quels que soient ses efforts et ses investissements, il ne peut tout faire tout seul.

Les progrès durables - nous le savons - ne surviennent que lorsque nous mettons tous la main à la pâte et qu’une constellation de mesures variées est mise en œuvre pour atteindre des objectifs communs.

Les parents pourraient se préoccuper davantage de la relation de leurs enfants avec l’alcool et en parler davantage avec eux; Éduc’alcool leur fournit un guide à cet effet. Les enseignants pourraient utiliser davantage le programme À toi de juger qu’Éduc’alcool met à leur disposition pour éclairer leurs élèves et développer leur autonomie de pensée. Les médias pourraient accorder davantage d’attention aux questions d’alcool et faire preuve d’un regard plus critique sur les études, parfois sensationnalistes, sur ce sujet avant de les diffuser.

Les milieux scientifiques pourraient aider davantage les citoyens à y voir plus clair dans les nombreuses études, souvent contradictoires, qui sont diffusées sur l’alcool et la santé par des interventions essentielles, lorsqu’il y a lieu. La retenue dont ils font parfois preuve face à des publications de recherches partiales et partielles, souvent généralisées à la population dans son ensemble, ne constitue pas la meilleure contribution qu’ils puissent faire à la société.

L’État aussi pourrait faire davantage. En encadrant mieux les règles de commercialisation des boissons alcooliques pour mieux protéger les mineurs et pour contrer la consommation excessive et en rendant obligatoire la formation des serveurs et propriétaires des établissements licenciés, le Québec peut faire mieux.

Et le Canada pourrait règlementer plus sévèrement les boissons alcoolisées sucrées, faire en sorte que les boissons alcooliques indiquent leur contenance en verres standard, d’une part, mais en ne cédant pas aux idéologues qui s’activent pour tenter de diaboliser l’alcool et d’en faire un produit dangereux peu importe son niveau de consommation, de l’autre.

Une dernière réflexion : les débats sur l’alcool dans notre société doivent être fondés sur la clarté, sur l’équilibre, sur la rigueur et non pas sur l’idéologie et la morale. Le rôle de l’État est de s’en assurer. Il ferait ainsi à Éduc’alcool son plus beau cadeau d’anniversaire.   

Hubert Sacy
Directeur général, Éduc’alcool


 
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