vendredi 10 avril 2020
Le monde de la restauration en mode survie - témoignages

Le monde de la restauration en mode survie - témoignages

On était le 12 mars. Les écoles commençaient à fermer et la chape virale à prendre nos certitudes et nos angoisses d’assaut.

Tout de suite, Graziella Battista s’est dit que son restaurant du Vieux-Montréal serait touché, qu’en toute logique, les clients ne pourraient plus venir, que sa vie serait chamboulée, que son modèle d’affaires serait éperonné en plein cœur.

Elle ne savait pas que le 22 mars, 10 jours plus tard, le premier ministre du Québec ordonnerait carrément la fermeture de toutes les salles à manger du Québec. Du jamais-vu. Jusqu’au 1er mai.

Mais la cuisinière et femme d’affaires se doutait déjà qu’il faudrait impérativement tout remettre sur la table et trouver une autre voie pour que son entreprise demeure ouverte. 

Elle s’est donc assise pour inventer une liste de plats italiens classiques faciles à transporter, faciles à préparer avec des ingrédients accessibles à un prix accessible – 30 % de moins que dans le menu habituel. Elle avait déjà commencé l’exercice dans le but d’ouvrir un comptoir de prêt-à-manger, mais de là à lancer la machine en 24 heures…

Le lendemain, un menu était envoyé à tous ses clients.

Lasagne, minestrone, osso buco, ragoût de lapin, tomates et mozzarelle…

« C’était pas mal dingue », dit-elle.

Ajoutez à ça les annonces de mise à pied au personnel et les émotions en montagnes russes avec le début des mesures de confinement du gouvernement québécois. Mais trois jours plus tard, le nouveau service à emporter était en marche.

De restaurant chic, Graziella Battista, la grande dame de la cuisine italienne montréalaise, était devenue traiteure, retournée au b.a.-ba des fourneaux et transformée en vendeuse de plats préparés.

Lire l'article complet: La Presse du 23 mars 2020