vendredi 15 décembre 2017
Deux poids, deux mesures pour les agriculteurs qui ont été inondés au printemps

Deux poids, deux mesures pour les agriculteurs qui ont été inondés au printemps

Bien que plus de six mois se soient écoulés depuis les inondations historiques du printemps, des agriculteurs de la Mauricie et de Lanaudière continent à composer avec leurs effets dévastateurs.

Jean Chevalier, un éleveur de La Visitation-de-l'Île-Dupas, n'a pu cultiver suffisamment de maïs pour nourrir ses quelque 1000 vaches. Il a donc dû se résoudre à en acheter, ce qui représente une perte de 100 000 à 150 000 $ pour l'agriculteur.

Cet investissement a vidé le compte en banque de M. Chevalier, qui devra réduire son troupeau pour parvenir à équilibrer son budget. «La maison est déjà hypothéquée, je ne peux pas la ré-hypothéquer! On essaie de tricoter, mais parfois, on a du mal à dormir», a confié l'agriculteur, en entrevue à TVA Nouvelles.

En tour, une quarantaine de producteurs de la Mauricie et de Lanaudière auraient perdu chacun entre 3000 et 150 000 $ en récoltes. Comme ils n'ont pas pu faire les semis avant la date limite fixée par la Financière agricole, ils ne sont pas admissibles à l'assurance récolte. «Habituellement, on est inondé pendant deux à trois semaines, a raconté Daniel Barrette, producteur laitier à Saint-Barthélemy. Cette année, ç'a été deux mois. J'ai dû acheter du foin pour 50 000 $.»

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'agriculture, André Villeneuve, craint que des agriculteurs soient forcés de faire faillite. «On se rend compte que les gens n'ont pas été compensés, parce qu'il n'y a pas d'assurance, mais, vous savez, c'est une catastrophe naturelle», a fait remarquer le député, qui croit que les agriculteurs mériteraient d'être dédommagés, au même titre que les gens qui ont vu leur maison être endommagé ou détruite par les inondations.

Source: Lou White, via TVA Nouvelles du 5 décembre 2017