samedi 18 novembre 2017
Une demande de traçabilité de toutes les parties pour le miel

Une demande de traçabilité de toutes les parties pour le miel

L'association de consommateurs UFC Que Choisir et les apiculteurs de l'UNAF ont demandé jeudi au gouvernement une réforme de l'étiquetage du miel, obligeant la mention des différents pays d'origine pour aboutir à une « réelle traçabilité ».

« Alors que la production française de miel a considérablement chuté et ne permet pas de satisfaire la consommation nationale, de plus en plus de miels mélangés, provenant de divers pays, fleurissent dans les rayons, mais avancent masqués quant à leur origine », indique un communiqué des deux organisations. « Il n'y a pas de vraie traçabilité du miel en France, car il n'y a aucune obligation d'indiquer le pays d'origine, nous voulons l'origine nationale systématique comme c'est déjà le cas en Italie et en Grèce » a déclaré Olivier Andrault, de l'UFC Que Choisir au cours d'une conférence de presse conjointe avec l'Union nationale de l'apiculture française (UNAF) à Paris.

A ce jour, la seule obligation d'étiquetage pour des miels qui mélangent des origines françaises et importées est une mention opaque « mélange de miels originaires/non originaires de l'Union européenne », a souligné Henri Clément, secrétaire général et porte-parole de l'UNAF, qui réunit 20.000 des 70.000 apiculteurs français (soit 400.000 ruches environ, la moitié du cheptel français). « C'est aussi précis que si l'on disait que c'est du miel qui vient de la planète Terre » a ironisé Gilles Lanio, président de l'UNAF.

Selon UFC Que Choisir, l'absence de transparence aboutit à ce que 80 % des consommateurs pensent à tort consommer du miel français (étude de FranceAgriMer datant de juin 2016), alors qu'il s'agit « le plus souvent de mélanges provenant de différents pays et à la qualité variable ». L'association de consommateurs pointe particulièrement la Chine, premier pays producteur de miel, qui est « souvent épinglée pour des fraudes comme l'ajout de sirop de sucres ». Selon l'association, 75 % des miels consommés en France sont importés, venant principalement de Chine, d'Ukraine, d'Argentine, de Hongrie, d'Espagne et d'Italie.

En 2014, les tests de UFC Que Choisir avaient constaté que sur 20 miels « premier prix » achetés dans diverses enseignes de la grande distribution, six présentent des ajouts de sucre, soit presque un tiers des produits. En 2015, une étude de la Commission européenne dénonçait le fait qu'un miel sur trois n'était pas conforme, ajoute le communiqué.

Exigence « impossible »

La demande de l'UNAF et de UFC Que Choisir est « matériellement impossible » à mettre en œuvre, a jugé jeudi soir Vincent Michaud, président du syndicat national des miels.

Ce syndicat professionnel représente l'ensemble des conditionneurs de miel en France, commercialisant 50 % du miel produit en France et plus de 80 % des miels vendus dans les circuits de distribution, mêlant miels français et importés. « Le miel est un produit de petite série, les origines varient tout le temps, alors que les étiquettes et emballages sont des produits de grande série préparés à l'avance » pour la distribution, a-t-il fait valoir à l'AFP.

Il a jugé « inacceptable » le fait de revenir à des « principes de nationalisme » pour juger de la qualité d'un miel, en jugeant la demande de UFC Que Choisir et de l'UNAF « trompeuse ». « Un miel est bon s'il est naturel - c'est-à-dire sans trace de sucre ajouté ni de sirop de nourrissement, et fait à partir de fleurs - et pur - c'est à dire fait par des abeilles qui ont butiné dans des zones sans pesticides, antibiotiques ou substances toxiques - », a-t-il dit. « La nationalité n'est pas un critère de qualité, surtout en France, l'un des pays le plus grand utilisateur de pesticides à l'hectare » a-t-il dit.

Source: Agrisalon.com du 20 octobre 2017