mardi 21 novembre 2017
Le Fentanyl, une menace extrêmement dangereuse pour nous tous

Le Fentanyl, une menace extrêmement dangereuse pour nous tous

La crise du fentanyl commence à peine à frapper le Québec que déjà, on constate que personne n’est véritablement à l’abri.

L’émission «J.E.» se penchait sur le dossier cette semaine, révélant entre autres que les deux hommes retrouvés morts dans le stationnement d’une station-service de l’est de Montréal, en août dernier, étaient en fait deux frères sans histoire de Lac-Mégantic, dont l’un était d’ailleurs considéré comme un héros de la tragédie après avoir aidé à sauver du brasier une quinzaine de personnes.

Gilles Faucher, 53 ans, et Yves Faucher, 54 ans, sont morts terrassés par une surdose de fentanyl. «Je pense que ce que ça démontre, ce qu’on a vu dans les derniers jours avec les deux frères de Lac-Mégantic, c’est que la dépendance aux opioïdes, ça peut frapper n’importe où, et pas seulement les gens de la rue», a prévenu la Dre Marie-Ève Morin, une médecin de famille spécialisée en dépendances et fondatrice de la clinique Caméléon.

Un constat inquiétant mais nécessaire, parce que tout le monde doit se sentir concerné. «N’oublions pas que la dépendance aux opioïdes peut frapper sans préjugés à l’égard du statut social», poursuit-elle, en rappelant que des professionnels en apparence choyés par le destin peuvent aussi développer des dépendances, «c’est juste qu’ils ne vont pas se l’injecter dans la rue».

«C’est dramatique, mais je pense que ce n’est que le début», renchérit-elle, confirmant là ce que plusieurs intervenants et spécialistes craignent. D’ailleurs, selon les données officielles dévoilées par le Service de police de la Ville de Montréal, 134 surdoses de drogue ont été recensées depuis six mois à Montréal. Sur ce nombre, 31 se sont conclues par la mort, et six d’entre elles sont attribuables au fentanyl.

Pourquoi les vendeurs de drogue se tournent-ils vers ce produit potentiellement mortel? C’est que ce dernier leur permet de faire des profits qui peuvent être de 200 à 300 fois plus élevés en coupant les produits qu’ils revendent.

«Le seul but des trafiquants de drogue, c’est de faire des profits. Imaginez que vous achetez une quantité d’héroïne que vous voulez revendre, mais vous la coupez avec une drogue qui est 40 fois plus forte, donc vous allez avoir besoin d’acheter beaucoup moins d’héroïne pour en revendre une même quantité», explique la spécialiste.

En attendant, il faut répandre l’usage de l’antidote pour mieux réagir. Est-ce que tout le monde devrait se promener avec du Naloxone sur soi, au cas où? «Peut-être pas tout le monde, mais les pompiers, les ambulanciers, les premiers répondants, les intervenants de la rue et les consommateurs eux-mêmes oui, parce que ce sont souvent les premiers témoins d’une surdose», conclut Dre Morin.

Source: TVA Nouvelles du 29 septembre 2017