samedi 18 novembre 2017
Un autre restaurant ferme ses portes faute de personnel

Un autre restaurant ferme ses portes faute de personnel

Même si leur chiffre d’affaires a augmenté cet été avec la saison touristique exceptionnelle, des restaurateurs, dont le propriétaire de la Tyrolienne, sont contraints de fermer leur établissement malgré eux, faute de personnel.

C’est le cas notamment de Michel Moreau, propriétaire du restaurant la Tyrolienne depuis son ouverture il y a 44 ans, qui doit se rendre à l’évidence et fermer dorénavant ses portes les lundis. Du jamais vu, selon lui.

«Quand j’ai pris la décision, c’était comme si je gérais une crise, je ne pouvais pas concevoir que je fermais mon restaurant, qui marche mieux que jamais», se désole le restaurateur. «Je n’avais pas le choix, si je voulais donner des congés à mon personnel actuel», ajoute M. Moreau.

Cette pénurie majeure dans le domaine de la restauration a pris une si grande ampleur, que même le projet-pilote annoncé lundi par Québec pour faciliter le recrutement de main-d'oeuvre en France, n’a même pas l’effet d’un baume chez les restaurateurs interrogés par Le Journal.

«C’est certain que ça passe par l’immigration, mais on est déjà en retard», indique Pierre Moreau PDG des Restos Plaisirs de la région, en admettant qu’il s’agit actuellement de la période «la plus difficile de sa carrière».

Aucune fermeture temporaire n’est prévue dans les douze restaurants de la bannière, mais M. Moreau concède qu’il doit surveiller la situation de près. «On ne veut pas faire faire d’heures supplémentaires à nos employés, pas parce qu’on ne veut pas les payer, parce qu’on ne veut pas les bruler. J’en connais qui ont tellement brulé leurs employés cet été, qu’ils tombent au combat», indique-t-il.

«C’est une urgence»

C’est d’ailleurs pour éviter ce scénario que Marie Létourneau, propriétaire du Resto Délice de Lévis a dû fermer son restaurant trois fois cet été, pour permettre à ses employés de se reposer. «Ce n’est pas une solution! Puisque je paie mes frais de base quand même, la ville ne me fera pas de rabais sur mes taxes si je ferme», mentionne Mme Létourneau, visiblement à bout de souffle.

«J’ai tellement peur à l’an prochain, s’il n’arrive pas quelque chose, je ne sais pas où on s’en va», affirme la propriétaire, qui admet que sa qualité de vie «en mange un coup». «Je n’ai plus de vie, je ne veux pas m’éloigner, je suis toujours sur le qui-vive, je vis dans la peur, tout le temps», indique-t-elle.

Après avoir passé un été «de fou», Mme Létourneau lance un véritable cri du cœur aux élus. «Il faut que les politiciens, les Chambres de commerce comprennent qu’on manque de personnel et que c’est une urgence. Si on ferme tout le monde ensemble, si on crie plus fort, peut-être qu’ils vont comprendre, mais il faut que ça bouge et maintenant», poursuit-elle.

Changer le calendrier scolaire?

Ouverture récente de plusieurs nouveaux restaurants, population vieillissante et faible taux de chômage dans la région expliquent une partie du problème. Toutefois, selon les restaurateurs, un changement au calendrier scolaire pourrait donner un important coup de pouce aux PME en manque de main-d’œuvre.

«Pourquoi on ne termine pas l’école le 30 juin et qu’on ne la commence pas au mois d’octobre? Surtout que maintenant, septembre est un des plus beaux mois» estime Pierre Moreau. Cette solution est également partagée par Mme Létourneau, qui mentionne qu’après la fête du Travail, les besoins diminuent.

«Nos employés cégépiens sur qui on se fie beaucoup en été quittent au début du mois d’août et on se retrouve avec des gros problèmes de main d’œuvre», indique-t-elle.

Source: TVA Nouvelles du 20 septembre 2017 

NOTE DE L'ÉDITEUR

Cela fait des années que l'industrie de la restauration demande au gouvernement de changer les dates d'entrée des écoles, car toute l'industrie en est affectée.

Le GROS BON SENS devrait pourtant être une NORME facile à comprendre.