mardi 21 novembre 2017
Qui dit vrai sur les sacs de plastique?

Qui dit vrai sur les sacs de plastique?

Recyc-Québec a entre ses mains depuis décembre une étude prouvant que le sac de plastique mince utilisé dans la plupart des commerces n’est pas plus nocif pour l’environnement que d’autres sacs. Mais elle refuse de publier le rapport, alors que Montréal s’apprête à les bannir, a appris Le Journal de Montréal.

L’agence gouvernementale devait publier son «analyse du cycle de vie des sacs d’emplettes» en début d’année, puis en avril, puis en mai. Elle refuse maintenant de dire quand elle le fera.

Or, les différents groupes qui ont participé à l’étude perdent patience.

«Nous sommes consternés par la lenteur à publier le rapport. Les résultats sont connus, mais sont gardés secrets. Pourquoi ?», s’interroge l’Association canadienne de l’industrie des plastiques dans une lettre obtenue par «Le Journal».

«Existe-t-il des motifs cachés pour tenter d’enterrer les résultats? Si tel est le cas, il s’agit d’une situation inquiétante.»

L’étude a été menée aux frais des contribuables. Les groupes désirent qu’elle soit publiée alors que plusieurs villes songent aussi à interdire les sacs. S’ils ne sont pas sortis sur la place publique, c’est qu’ils ont signé un accord de confidentialité avec Recyc-Québec.

Un bâillon

«Ils nous ont carrément imposé un bâillon!», s’exclame une source.

Le rapport démontrerait que, puisque les sacs minces (d’une épaisseur de moins de 50 microns) que l’on retrouve en épicerie et pharmacie sont réutilisés, ils sont plus écologiques que d’autres, comme les sacs de plastique plus épais ou en coton.

«Recyc-Québec est censée être guidée par des principes scientifiques. On dirait qu’elle agit de façon politique. Ce devrait être une source d’information scientifique pour les élus. C’est à eux de prendre les décisions», a indiqué Marc Robitaille, porte-parole de

l'Association canadienne de l’industrie du plastique, qui dit avoir l’impression que Recyc-Québec n’est pas d’accord avec les conclusions du rapport.

Le bureau du ministre de l’Environnement David Heurtel a refusé de commenter les informations du «Journal». Recyc-Québec affirme que l’étude n’a toujours pas été finalisée, ce que nient catégoriquement les intervenants joints par «Le Journal».

Source: TVA Nouvelles du 24 août 2017