jeudi 26 avril 2018
Olivier de Maisonneuve

Olivier de Maisonneuve

Diplômé sommelier-conseil de l’Université du vin de Suze-La Rousse, en France, j’ai commencé mon apprentissage du monde vinicole en suivant les cours Les Connaisseurs de la SAQ. Aujourd’hui, j’en suis devenu un animateur! Chroniqueur vins et alcools dans diverses publications, dont le magazine Fugues, je parcoure la planète pour mettre images et visages sur ces produits qui me font vivre tant d’émotions.

Cette semaine, je me suis régalé en faisant de savoureuses découvertes

C’est la 18e édition du Mondial de la Bière qui a lieu jusqu’à dimanche. J’aime beaucoup la facilité à circuler que procure le nouvel emplacement à la Place Bonaventure.

Par contre, je m’ennuie du grand air et de la lumière qu’on avait à la gare Windsor. Parfois les odeurs de nourriture sont assez prenantes! Mais c’est très bien aménagé. Cette année, on fait une grande place aux bières du Royaume-Uni. Mme Jeannine Marois, la présidente et co-fondatrice de l’évènement nous a accueilli chaleureusement en nous présentant la mascotte Bock. Vous trouverez la foule d’activités amusantes ou instructives qui attendent les biertrotters sur le site.

Pour ma part, j’ai eu beaucoup de difficultés à choisir parmi les 609 bières présentées!!!
Voici quand même voici quelques coups de cœur;

Parmi les bières noires, j’ai bien apprécié la porter et la Brewmaster de la Okanagan Spring Brewery. Ce sont des bières artisanales naturelles, sans additifs, et faites avec de l’eau de source.

Une autre brasserie plus près de chez nous, utilise de l’eau de source et des ingrédients organiques : Beau’s all natural Brewery, située à Vankleek Hill, près de Hawkesbury.
J’ai vraiment aimé leur ambrée Winterbrewed, infusée de café équitable du Nicaragua. Délicieuse! De bien meilleur goût que leur choix d’équipe dans la finale de la coupe Stanley : ils soutiennent les Bruins…l’erreur est humaine.

Parmi les britanniques, j’ai eu un coup de cœur pour la Thornbridge Brewery, avec en particulier deux blondes très originales. Ce sont des bières assez fruitées mais surtout avec une amertume en finale qui les rendent tellement intéressantes. Il y a la Jaipur, qui commence en douceur et qui se transforme en bouche jusqu’à exploser en finale houblonnée et amère. Wow! Puis plus en douceur mais tout aussi savoureuse, la Kipling offre des flaveurs de fruits exotiques qui culminent en une finale de pamplemousse tellement nette. Impressionnante et très estivale!

Pour terminer, un kiosque sympathique des Vermont Brewers propose un éventail de leur production, dont une de mes préférées : la Ruby Extra Amber de Mc Neill’s Pub & Brewery, à Brattleboro. Saviez vous qu’il y a un festival de la Bière à Burlington, le Vermont Brewfest, sur les berges du lac Champlain près de la marina, les 15-16 juillet? Une bonne idée de fin de semaine amusante et conviviale!

Bien sûr, le Mondial c’est surtout un bel éventail de bières québécoises qui jouissent d’une super réputation et qui sont des ambassadrices de haut niveau pour nous à l’étranger. Alors, ne manquez pas ce rendez-vous et laissez vous surprendre. Bonnes découvertes!


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Je ne peux m’empêcher de penser à l’univers de Twillight quand je pense aux vins de l’état de Washington. Souvent en ouvrant une bouteille de cette région, il y a une richesse aromatique, et une sensualité latente qui s’en dégage : Comme la peau d’Edward frappée par un rayon de soleil, la robe cristalline de ces vins fait miroiter la lumière de manière presqu’hypnotique! Irrésistiblement, on ne peut que succomber et offrir notre gorge à ces gouttes séduisantes

Certains vins vous proposeront le romantisme de Bella, renfermés à prime abord mais couvant une passion qui ne demande qu’un peu de patience pour se révéler. D’autres offrent le mystère mais aussi la droiture d’Edward. Finalement, certains ont la jeune fougue et le côté animal de Jacob! Mais contrairement aux films, plusieurs de ces vins s’améliorent avec le temps…

Pourtant, si vous avez la chance d’aller visiter les 11 AVA qui constituent la région vinicole de Washington, vous resterez sidérés de voir à quel point le décor est différent! C’est un paysage de far-West qui vous attend plutôt. Et avec près de 300 jours de soleil par an, les pauvres vampires ne feraient pas long feu! Une route méandre au travers des collines doucement érodées par le vent, et le fleuve Columbia coule entre des canyons ocres. Ce décor semi désertique est une continuation de la vallée de l’Okanagan.

Ici, la vigne doit se battre contre une tradition fruitière pour l’eau. Mais, quand on constate l’évolution rapide de la taille et de l’organisation du secteur viticole, on peut espérer que sa richesse potentielle est bien comprise pour les autorités et qu’elle sera défendue. Encore relativement jeune, l’industrie viticole commence à récolter le fruit de ses expérimentations avec les différents cépages. On saisit et met de plus en plus en valeur la notion de terroir.

columbia riveroregon

Rivieria Colombia


Un autre atout précieux de la région est le grand écart thermique entre le jour et la nuit qui permet une super maturité et aussi une très belle expression du cépage. Mais peut-être que sa plus belle richesse tient au fait que de par la nature de ses sols, la région est épargnée par le phylloxéra et est plantée en grande partie de vignes franches de pied! Est-ce que ça fait une différence au point de vue gustatif? Ils ne sont pas les seuls à le croire en tout cas, car j’ai pu le constater moi-même l’an dernier lors d’une dégustation avec Jean Sébastien Marionnet, qui a lui aussi, dans son domaine de la Loire, des vignes non greffées. Il m’avait fait comparer le vin issu de ces vignes avec celui du même cépage sur vignes greffées. C’était plutôt concluant!

washington state 008

Au-delà du vin, il y a aussi les artisans qu’il est fascinant de rencontrer. Qu’ils fassent partie de la grande famille du Château Ste-Michelle, qui regroupe près de la moitié des acteurs du milieu, ou au contraire qu’ils soient à la tête d’une micro entreprise comme  Efesté, ce sera leur conviction et leur passion pour les produits qu’ils vous proposent, qui vous impressionneront.

 Si votre cœur balance entre les cépages de Bordeaux, du Rhône ou de l’Italie, ou si vous craquez pour le riesling, alors vous devez découvrir comment ils s’expriment dans ce pittoresque coin de pays. Allez, admirez les dans votre verre, respirez bien ces parfums …toute résistance est futile : vous tomberez sous leur charme.


Quelques coups de cœur lors du dernier salon des vins de Washington, à Montréal.

Difficile de résister à la gentillesse d’Anne-Marie Liégeois, Champenoise d’origine, qui présentait les vins biodynamiques de la maison Hedges, située dans l’ava Red Mountain. J’ai un faible pour le CMS blanc, assez gras et plutôt long en bouche, et pour le très bordelais rouge Red Mountain 2008.

Issue de vignes dans les AVA Wahluke Slope et Horse Heaven Hills, la syrah 2008 élaborée par Shannon Jones chez Hestia, est aussi tendre que savoureuse et délicieusement fruitée. Élevée 22 mois en barrique française, et non filtrée, c’est du travail d’artisan.

La fort charmante Alexandra Lafontaine, présentait quelques maisons du groupe Château Ste-Michelle. J’ai redécouvert leurs rieslings, notamment le Eroica 2010, vif et long à la fois, et j’ai bien aimé le H3 2009, un pinot gris aromatique et frais de Columbia Crest.

Parlant de blancs, j’ai apprécié le gewurztraminer 2010 de Covey Run, généreux, frais et floral, de même que le très beau riesling 2010 de Pomum Cellars (qui se cherchait un agent), ainsi que le Slice of Pape 2008, de Tranche Cellars, une savoureuse roussanne au nez fin, élevée 2 ans en bouteille.

Parmi les rouges, la gamme de Andrew Will était impressionnante! Une mention aussi au cabernet sauvignon 2008 qui se boit tout seul, de Gordon Brothers, et à la généreuse syrah réserve Cougar 2007, de Powers Winery. Ah oui, et au The Creator 2009, du roi du marketing, le particulier Charles Smith!

Plusieurs autres vins m’ont agréablement surpris mais faute de place, je vous laisse au plaisir de la découverte par vous-même. C’est aussi une superbe route des vins qui vous attend là-bas. Et c’est tellement glamour de pouvoir dire dans une conversation : Mardi dernier?...ah oui, je soupais au Saffron, à Walla Walla; un régal,ma chère! Si l’an dernier les exportations ont augmenté de 29%, au Québec seulement, c’est peut-être qu’un lien  affectif se tisse entre nous? Bonne dégustation!

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dimanche, 04 décembre 2011 10:33

Olivier au Pays des Merveilles

Les 25 et 26 novembre derniers avait lieu la fabuleuse dégustation Montréal Passion Vin, au profit de la Fondation de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont (aucun lien de parenté)
J’ai eu l’immense privilège d’assister à deux évènements, grâce à la générosité proverbiale de Madame Claudette Dumas-Bergen, à ma qualité de chroniqueur sur ce site, et à un heureux coup du hasard.

Ma première rencontre était avec le Château Branaire-Ducru, un St-Julien.4e grand cru classé. A l’origine, ce domaine faisait partie du célèbre château Beychevelle, mais il fut séparé et vendu au 17e siècle, pour payer une partie des dettes du duc d’Epernon. Aujourd’hui y habite son propriétaire Monsieur Patrick Maroteau, en compagnie de sa charmante épouse Evelyne. Il venait nous proposer une verticale de son grand vin.

Comme vous le savez sans doute, grands amateurs que vous êtes, chers lecteurs, St-Julien est un vin qui fait le pont entre le velours de Margaux et le fer de Pauillac. C’est une appellation qui fait la belle part au cabernet sauvignon. Ce qui caractérise Branaire-Ducru, c’est d’abord l’élégance, mais aussi la continuité du fruit et de la fraîcheur, millésime après millésime.

Collé mais non filtré, on nous suggère de l’oublier au moins 8 à 10 ans dans nos celliers avant de le servir. Voici quelques impressions :

2009 :
une robe grenat brillante. Un nez de rhubarbe, de cassis et d’eau de vie, de cuir. Fruité en bouche, tannique mais assez velouté. Une finale chaleureuse et fraîche à la fois. Long. Absolument à carafer, ou encore mieux, à regoûter dans 15 ans.

2005 :
jolie robe grenat. Nez un peu fermé, cuir et surtout floral. Bouche ronde et suave mais aux parfums aussi un peu fermés. Les tannins sont présents mais déjà bien intégrés. Me semble nettement plus équilibré en finale.

2003 :
D’un millésime de chaleur, on en a tiré qu’un petit volume. Quel joli nez!  Fruité mais surtout très typé cabernet sauvignon. Et quelle bouche suave et fraîche! Encore assez compact, mais d’un délicieux équilibre.

1989 :
Un millésime d’exception à cause de la précocité de la vendange, à la fin août, comme en 1793! Puisque le merlot était superbe, on en fit une cuvée spéciale à laquelle on donna le nom d’Evelyne, entre autre parce que l’anniversaire de la châtelaine est fin août. Il n’y en a eu que 300 bouteilles de produites, qui n’étaient jamais sorties du domaine! Une robe rubis aux reflets tuilés. Quel nez! Épicé, certes, mais aussi cuiré, torréfié, et avec l’élégance d’un vieux brandy. Une bouche aérienne et toujours fruitée; gourmande. Et quelle savoureuse longueur!
  

Ensuite, le suave (et ma fois, très amusant!) Comte de Neipperg (qui ressemble à l’élégant acteur David Niven!), nous présentait La Mondotte, un St-Émilion grand cru, qui jusqu’en 1996, vivait dans l’ombre des autres vins prestigieux dans son portfolio, comme Canon La Gaffelière ou Le Clos de l’Oratoire.

 Entre parenthèses, le nostalgique du passé aristocratique de mes ancêtres, qui s’éveille parfois en moi, s’imaginait être présenté à Monsieur le Comte, et devant son air poli mais manifestement perplexe, essayant de lui rappeler : Mais oui, cher ami, souvenez-vous : nous jouâmes au baccarat à Monte-Carlo, le soir du gala de la Pentecôte, en 2003! Heureusement, un toussotement importun derrière moi me ramena à la réalité!

La Mondotte entra dans la gloire en 1996, donc, lorsque Mr Parker lui attribua une note de 97/100! Issue de vieilles vignes de plus de 50 ans, dans un sol calcaire qui assure une fraîcheur au merlot, elle remplit moins de 13000 bouteilles par an!Voici mes impressions:

2009 :

Une robe grenat violacée. Un nez aromatique de fruits noirs, de réglisse, assez      floral. Une longue bouche assez tannique mais suave et presque charnue. Décanté     deux heures, l’alcool était perceptible en bouche à la toute fin, mais pas en déséquilibre. A attendre un bon dix ans!
  
2006 :
M’a donné le goût de m’écrier mélodramatiquement : Aaaah! Voir Venise, et mourir! Avant de me plonger un poignard dans le cœur. Un moment de grâce, qui vous suspend un instant dans l’infini. Un nez certes moyennement aromatique, mais d’une fine complexité. Du kirsch, et de la confiture de mûres, coquinement épicée. Une bouche très ample, et une belle fraîcheur finale. Un vin long et plutôt puissant. Était-ce un rêve? Wow!
      
2001 :
Selon Monsieur de Neipperg, ce millésime n’a pas la structure tannique pour vieillir aussi longtemps que la plupart des autres Mondottes. Peut-être 10 ou 15 ans. Je lui ai trouvé un joli nez très floral et d’épices douces, (de la cardamone?) un peu empyreumatique. Une bouche très suave mais pas trop charnue. Un vin fin!

1997 :
Une robe de rubis et de tuiles. Un nez moyennement aromatique. Une bouche aux tannins présents, un peu boudeur à l’attaque. Puis, à la chaleur de mon palais, le voilà qui s’ouvre, et s’ouvre, frais et tout en équilibre! Il m’offre une charmante amertume et des notes épicées comme finale. Un vin musclé, mais pas stéroïdé!     Impressionnant.
  

On se retrouve bientôt pour la 2e partie de mon aventure : Olivier, de l’autre côté du miroir, où m’attendent un mouton et un cheval blanc!
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mercredi, 22 février 2012 23:15

Plaisirs et Lumières

En plein dans l’esprit du vin, j’ai eu le bonheur de passer une soirée conviviale et spéciale a la fois, au restaurant Globe avec l’équipe de l’agence Vintrinsec. Ils nous présentaient quelques produits de la maison Willamette Valley Vineyards, d’Oregon. A l’origine un projet étudiant, la maison est aujourd’hui un des plus gros joueurs de cet état! Pour nous présenter ces produits, le vinificateur Don Crank a partagé avec nous, un repas conçu par le chef  Jean-Francois Baril.

D’entrée de jeu, le Globe est un endroit qui personnifie  les mots Montréal en lumières. Dès l’accueil chaleureux et classe, de l’entrée jusqu'à la table, on sent qu’on entre dans l’univers du glamour Montréalais. Les dames qui assurent le service semblent toutes sortir d’une édition de Vogue (et elles sourient, en prime!), la lumière est douce, le décor sobre mais design, et les clients qui portent des vêtements griffés (et les bijoux qui vont avec), contribuent a nous sortir du quotidien.

Les conversations aux tables, discrètement joyeuses pour la plupart, sont alimentées par les bouteilles de champagne et les verres de martinis. Quelques couples blasés se font face, chacun le nez rivé sur la dernière version du IPhone. En sourdine, un DJ qui n’est pas encore réchauffé, nous force à tendre l’oreille pour percevoir les notes de chansons de Dalida ou de France Gall. Il montera considérablement le volume à mesure que la soirée avancera.

Revenons à notre tablée, ou le riesling vient d’être versé dans nos verres. Issu du millésime 2008, (qui est un des meilleurs de ces 20 dernières années!), il a d’indéniables liens de parenté avec ses cousins allemands. C’est un jovial demi-doux passablement aromatique, qui commence à offrir des petites notes de kérosène en plus de sa salade de fruits mûrs.

Quelques amuse-gueules nous furent servis a tour de rôle, en accompagnement, par de charmants mais parfois distraits serveurs qui oublièrent de me servir a deux reprises. Si le ceviche de pétoncle et surtout l’huître fraîche rehaussés d’un trait de citron se mariaient avec plaisir avec le vin, offrir tartare et tataki de viande rouge me sembla un peu moins judicieux. M. Crank, qui avec sa courte barbe et ses lunettes, a l’air d’un sympathique ourson scientifique (ce qu’il est d’ailleurs, avec son diplôme en biochimie!) nous régala de quelques anecdotes sur les aléas de traverser la frontière avec de nombreuses bouteilles. Une belle soirée prenait son envol.

Pour accompagner une salade de crabe des neiges saucée de mayonnaise au cari vert et parsemée de jicama en juliennes (Ça ressemble a un navet, mais c’est doux), on nous a servi un pinot gris 2008. J’avoue que je suis un grand fan de pinot gris, mais surtout quand il est parfumé comme en Alsace ou parfois dans le Nouveau-Monde. Le pinot grigio me laisse beaucoup plus froid. La version de M. Crank se situe un peu entre les deux styles. Discrètement aromatique mais avec une certaine consistance grâce à l’ajout de 8% de pinot blanc, il se révéla certes plaisant, mais sans être vraiment  mis en valeur. Il sera par contre très agréable sur une terrasse à Nice ou Malibu.

Vint le moment de passer aux choses plus sérieuses : on allait goûter a différents pinots noirs et voir la variété de personnalités des vins de Villamette Valley Vineyards. On nous a servi côte a côte le Willamette pinot noir et le pinot noir Estate. Les deux sont élaborés avec des raisins venant de trois différentes parcelles. Le premier vin est assez simple mais facile et bien agréable a boire surtout si vous aimez les notes un peu boisées. Disponible à la SAQ, il est typé dans ses arômes. Le second demandait à s’ouvrir un peu avant d’être apprécié. Il montrait une finesse certaine dans sa retenue. Sur le menu, l’entrée de cavatelli (genre de délicieux mini gnocchi), porcini et maitake (champignon aussi « connu » sous le nom de poule des bois, ou de polypore en touffes!) semblait un coup sûr avec le pinot noir; ce ne fut pas tout a fait le cas… Si mes pâtes étaient nappées d’une crème aux champignons, il n’y en avait aucun dans mon assiette, contrairement à certains de mes voisins. Les agréables arômes doucement boisés de la sauce faussaient un peu avec une note aigrelette, comme si les champignons avaient marinés dans un vinaigre qui, c’est quand même plutôt connu, n’est vraiment pas le meilleur ami du vin. Bref, j’avais un sourcil qui commençait à se relever tout seul…

En plat principal, le chef proposait un carré de cerf braisé sur un coussin de purée de patate douce, nappé d’une sauce à la poire-cactus. Sortant les gros canons, le directeur de Vintrinsec, François Blouin, nous a présenté avec intérêt et passion, deux pinots noirs issus de deux terroirs particuliers : South Block et Fuller. Dès le premier nez, mon cœur s’excita avec le South Block, mais il oublia de battre une ou deux secondes avec le Fuller! La bouteille de près de $100 ne me semblait pas nette. Pas bouchonnée, mais ça ne sentait pas vraiment le pinot. On s’informa auprès de notre expert, M. Crank, qui confirma un peu de volatile…Quelle déception, puisque très peu de bouteilles existent, donc on a manqué un peu la chance de goûter  toute sa splendeur. Avec la viande sans sauce, le vin se révéla quand même fort intéressant en bouche. Avec la sauce, le South Block était délicieux! Avec la viande trempée dans la sauce, aucun des deux ne brillaient… Mais, je dois vraiment souligner le plaisir que me donna cet aromatique et séduisant South Block.

Je me croyais prêt a jurer fidélité au South Block, quand François nous sorti une bouteille de Estate 2004. Oups! Et un autre coup de foudre! Élégant, capiteux, velouté et soyeux a la fois. Si vous mettez la main sur un Estate 2008, il faut donc l’oublier un bon bout dans votre cellier pour être renversé par la finesse de son évolution. Une très belle expérience!

Pour dessert, un délectable petit carré de gâteau au chocolat sans farine, avec une fort discrète crème anglaise à la banane nous était servi avec un verre de Neige. Les deux ne finiront jamais la nuit ensemble, mais étaient bien agréables dégustés séparément.

En conclusion, je me trouve un peu effronté, et j’espère que je ne serai pas barré du Globe, mais je dois admettre que, si j’ai vraiment apprécié le personnel et l’atmosphère, (gulp!) je ne peux pas dire que la cuisine m’a emballé. Non pas que ce soit mauvais ou grossier, bien au contraire, mais je ne suis pas parti en me disant wow! C’est très honnête, mais avec tout le souci du détail tant dans le décor qu’avec le personnel, je m’attendais a une coche de plus.

Ceci dit, pour une soirée extravagante et luxueuse entre amis ou pour épater des relations d’affaires, j’y retournerais avec plaisir…si on veut bien me laisser entrer!

Un énorme merci au Festival Montréal en Lumières, au Globe, à l’équipe de Vintrinsec (Fançois, Anne-Marie et Martin) de même qu’à Mr Don Crank, de Willamette Valley Vineyards, pour cet exquis jeudi soir.

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Les 2 et 3 novembre avait lieu cette merveilleuse et généreuse fête du vin au Hilton Bonaventure de Montréal.

Présentée par la SAQ et organisée par la Fondation de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, elle a été une fois de plus le théâtre de la rencontre entre la philanthropie et le prestige. Sous la direction de son nouveau et dynamique président Martin Gauthier, la foule d’amateurs de vins réputés a permis de générer un profit de plus d’un million de dollars, qui contribuera à la création du centre intégré de cancérologie. Ce centre permettra de regrouper sous un seul toit les activités d’oncologie, ce qui évitera aux patients les éprouvants déplacements pour les traitements.
  

duval vinspassions

Voici la photo officielle (du photographe Alexandre Bédard) du comité en compagnie de la porte-parole, Mme Dominique Michel.

Donc, pour une onzième année, on nous a offert deux journées de découvertes et de rencontres avec des maisons de vins mythiques. Le vendredi, j’ai eu la chance de participer à une dégustation de la maison Mommessin, qui possède en monopole le fameux grand cru Clos de Tart en Bourgogne. Existant depuis plus de 12 siècles, mais n’ayant connu que trois familles pour en prendre soin, c’est un lieu presque mystique, sous la bienveillante protection de la petite Vierge de Tart, qui date du 14e siècle.

Présentées par M. Sylvain Pethiot, régisseur du domaine et fier représentant de la séduction à la Française, et par M. Jacques Orhon, toujours plaisamment en verve, deux verticales nous étaient proposées : d’abord sous l’appellation Morey-St-Denis premier cru, La Forge de Tart (qui est leur second vin, selon la coutume bordelaise)  nous avons eu droit aux millésimes 2008,2006 et 1999. Le trait d’union de ces vins était d’abord leur ravissante et assez intense robe. Si les nez étaient un peu fermés à prime abord, ils nous taquinaient le bulbe olfactif avec des notes tantôt de cerises fraîches, tantôt de kirsch, traînant dans leur sillage des traces de poivre. Si dans les deux premiers verres, la bouche était assez tannique, elle mariait avec plaisir une certaine amertume et une belle fraîcheur. Le 1999 fut un moment de grâce pour moi, avec son nez toujours fruité mais acoquiné d’un certain relent de cuir très sexy. Une bouche ample et veloutée, bien soutenue par de souples tannins et une tonifiante acidité. Quel beau vin!

Ensuite, place au fameux grand cru. Nous avions droit aux 2002,2001 et 1996.
Bien sûr, avec environ 18 mois d’élevage en fûts neufs, le bois se manifestait
davantage au nez, mais c’était le bois patiné et noble d’un salon de manoir, et non celui d’une cour à bois. Flottait aussi parmi les effluves de cerises bien mûres, des traces de boîte à cigares. Si le 2002 m’a paru un peu jeune encore, le 2001 était empreint d’élégance, et le 1996 parfaitement à point dans son équilibre de finesse et de charme.

Le samedi, pauvre de moi, je dus me lever pour aller déguster les vins d’une autre réputée maison bourguignonne : le domaine Joseph Drouhin. Quel dur métier que de devoir commencer sa journée avec une verticale de Chassagne-Montrachet puis une autre de Clos des Mouches! La présentation était animée par M. Laurent Drouhin, (qui ressemble tellement à son père!) et le toujours dynamique Jacques Orhon. Allons y donc avec le premier cru Mourgeot, Marquis de Laguiche 2008,2005 et 2000. Encore ce matin, les nez m’ont semblés un peu fermés. Mais on devinait les bourgeons des arômes de noisette et de beurre fin. Les bouches délicates et élégantes des deux premiers vins, un peu timides à l’attaque, s’épanouissaient peu à peu, et surprenaient par leur longueur. Dans le 2000, quelques pétales d’acacia et de jasmin et une bouchée d’abricot venaient enjoliver la surprenante fraîcheur finale.

Pour le Clos des Mouches, les millésimes 2008,2005 et 2002 nous attendaient.
M.Drouhin nous a remis les pendules à l’heure quant au nom de l’appellation, Il n’était pas dû à un nombre élevé de petites pestes, mais bien aux abeilles,
surnommées mouches rayées! Parlant de nature, notez que c’est un domaine en biodynamie. Pour bien profiter de la complexité parfois un peu subtile de ces vins, je leur recommanderais un bon passage en carafe. Un de mes coups de cœur fut le 2008. En bouche comme au nez, il m’a charmé avec ses parfums de noisette, de beurre et de miel, voire de caramel blond, puis d’abricot. Le 2005 était plus réservé mais encore très long. Finalement, le 2002 : Avec sa robe plus dorée, il me prévenait de son évolution entamée. Des petites notes de sucre brûlé se pointaient dans une bouche, ma foi, encore assez fraîche. Ces traces oxydatives me plaisaient beaucoup dans un vin qui gagnait en richesse au gré des minutes.

Mon éprouvante journée s’est poursuivie par un lunch qui proposait une étonnante association de la cuisine szechuanaise du chef Paul Kiu Kwok Kit, de l’Orchidée de Chine, à des perles de la maison vénitienne Masi, dont quelques fins amarones. Puis ce fut au tour de deux stars de la Ribera del Duero, en Espagne, M.M. Sisseck et Fernandez. Présenté par le sympathique  Nick Hamilton, l’amusant fondateur de  la maison Pingus nous a parlé de son parcours de vigneron Danois en Espagne traditionnelle! Nous avons pu ensuite goûté à deux Flor de Pingus (2009 et 2008) et à un Pingus 2010. Des nez plutôt charmeurs mais des bouches un peu adolescentes encore pour ces vins naturels, précédés de toute une réputation.

Finalement un moment d’émotion fut cette rencontre avec le vénérable Sr Alejandro Fernandez, et ses vins Tinto Pesquera. Dans sa 8e décennie de vie, ce digne vigneron parle, avec simplicité et certitude, de son travail au domaine.
Nous avons ensuite bu les Janus Gran Reserva 2003,1995 et 1986, une gamme de vins produits que les grandes années. 100% Tempranillo et élevés en fûts de chêne américain, comme la tradition le veut. Le bois assez présent ne vient jamais masquer le fruité. J’ai trouvé qu’avec l’âge, il se virilisait passablement avec des notes marquées de cuir. Avis aux amateurs!

Un énorme merci à Mme Claudette Dumas-Bergen, pour avoir permis ces moments et pour sa toujours aimable efficacité.

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Il y a de ces rencontres qui vous laissent sur un nuage de petit bonheur pour le restant de votre journée.


olivier De gauche à droite: Olivier de Maisonneuve; Hélène Dion et Hans Astrom


Grâce à l’agence LBV, j’ai vécu ce moment de grâce en dégustant de biens beaux vins en présence du directeur de la maison Klein Constatntia, Hans Astrom.
Savourés dans le cadre discrètement luxueux du Salon Exécutif de la Banque Royale, avec la vue magnifique sur le fleuve du haut du 41e étage de la Place Ville-Marie, la table était mise pour une expérience hédonistique.

Nous avons d’abord découvert deux vins d’entrée de gamme. On a commencé avec un sauvignon blanc qui se veut un trait d’union entre le style français et le style néo-zélandais, avec une belle fraîcheur et une délicieuse petite amertume en finale, et de beaux arômes de pommes en bouche. Puis un assemblage bordelais rouge, au fort joli nez de fruits mûrs. La bouche était tannique mais en souplesse. De longueur moyenne, le vin était agréablement savoureux et harmonieux.

Puis nous avons dégusté deux vins du domaine Anwilka, situé près de Stellenbosch, qui fait partie de la famille Klein Constantia. D’abord, Le Petit Frère 2010, qui se veut un vin de bistrot (d’un certain luxe, quand même) assemblant avec bonheur syrah, cabernet sauvignon et petit verdot. Assez charnu et dense, il propose un nez très minéral de roche mouillée et de poivre frais moulu. Puis, la fierté du domaine le Anwilka 2008.
Un impressionnant vin sombre, au nez  aussi charmeur qu’élégant. Il offre une bouche  fruitée d’une superbe finesse, relevée par une touche d’épice. Aérien et long à la fois.

Le clou de cette délicieuse orgie de bonheur, fut une petite verticale de Vin de Constance,le fameux vin préféré de Napoléon, à Ste-Hélène, que l’on retrouve aussi dans les Fleurs du Mal,de Beaudelaire. Grâce à la générosité entre autre, de Marguerite Aghaby, nous avons pu voir l’évolution et la personnalité distincte que chaque millésime propose.

Né du chaud millésime 1999, le vin était maintenant d’une riche couleur ambré foncée. Avec un suave mais viril nez fruité, floral et de tabac à pipe, il n’était pas sans me rappeler un scotch ou un vieux rhum brun! La grande surprise était sa fraîcheur et son caractère toujours fruité, puis une longueur très fine.


Plus subtil et d’un teint aussi délicat qu’une précieuse topaze, le 2004 avait un intriguant et bien agréable nez d’encens et de fleurs. Il avait une bouche fraîche, fruitée, et surtout une belle texture très satinée.

Finalement le 2007, proposait un délicieux nez de fruits tropicaux frais et de gingembre!
Sa bouche est aussi suave que veloutée, avec la sucrosité et la fraîcheur de l’ananas bien mûr. D’une élégance remarquable! Offert à la SAQ (10999655) pour $63.00, le 500ml, c’est une aubaine pour ce bijou vendangé grain par grain et longuement élevé avec la patience et la minutie d’un horloger. C’est un cadeau magnifique pour le temps des Fêtes, si vous appréciez un vin de dessert savoureux mais qui n’est pas une bombe de sucre.  A découvrir absolument, en bonne compagnie.


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lundi, 17 mars 2014 20:10

Savoureuse évasion portugaise

Belle rencontre (grâce à Alyne Carmeline Russo de l'agence Enotria Internationale) avec l'amusant Pedro Lopes Vieira, de la maison portugaise Esporâo, de la région de l'Alentejo.

Cet homme dynamique sait vraiment nous régaler avec ses anecdotes étymologiques! Cette maison a vu le jour en 1973, mais a dû vendre ses raisins à la coop pendant quelques années. C’est en 1985 qu’elle a pu produire son premier millésime. Fait cocasse, l’agent gouvernemental qui a approuvé sa création, a inscrit au dossier qu’il ne s’attendait pas à ce qu’ils aient le moindre succès! 

 Avec les succulentes entrées de la Taverne F, j'ai découvert l'Esporâo Reserva blanc 2012 (saq 11604301, $21.35), à base de cépages locaux (Antâo vaz, arinto et roupeiro) qui avait des arômes de fruits tropicaux et de...mets chinois! La bouche était fruitée et grasse. Voila de quoi me mettre en appétit. Ensuite, on nous a offert le Private Selection,(30.47 imp. privée) à base de sémillon surtout, et un peu de roussanne et de marsanne. Avec son nez riche et fin de fruits mûrs et de bois, c'est un vin ample, assez corsé et doté d'une très agréable amertume.Et quelle longueur!

Ensuite, dans les mêmes séries, on a goûté aux rouges. Le Reserva 2010 (SAQ 10838616, $26.60) est un assemblage de 4 cépages, assez tannique mais rond grâce à son élevage en fûts de chêne américain.

Le Private Selection 2008 ($73.20 en importation privée!), est une oeuvre faite à la main, avec des accents de fruits rouges trempés dans le chocolat. Délicieux, charnu et fin.

aline olivierpng
J’ai passé un fort bon moment avec mes collègues Jean Aubry, et Marina La Forgia, juste avant la tempête de mercredi…


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mardi, 22 avril 2014 18:46

Rencontre avec Pascal Jolivet

L’intérêt des vins de cette maison est sans contredit dans l’expression la plus naturelle possible du cépage et du terroir. Pas de maquillage d’élevage ni de levures étrangères.

L’agence LBV International nous a invités à rencontrer ce vigneron à l’image de ces vins : généreux, franc, conscient de sa qualité sans se prendre la tête.

bouteilles jolivet 2014

En Pouilly Fumé, j’ai dégusté le 2013, savoureux et minéral à souhait, très droit et bien frais en finale. Il devrait arriver sur les tablettes en juin. Ma révélation, par contre, à été  Les Terres Blanches 2012 (importation privée), 3 hectares de parcelles de vieilles vignes qui donnent dans ce millésime parfait en Loire, un vin superbe. C’est floral et riche à la fois, avec des notes de caramel blond. Avec sa douce fraîcheur finale et sa longueur, tout m’a semblé en harmonie. Délicieux.

En AOP Sancerre, Pascal nous a fait la surprise de nous présenter les trois couleurs. Pour le moment, on retrouve son blanc 2013. Énigmatique à prime abord, il semble délicat, fin et soyeux, mais rapidement, en bouche, il s’amplifie et se couvre de velours. Ce côté velouté perdure un bon moment. Non disponibles ici, Les Caillotes 2013 (un nez impressionnant de craie mouillée et de fougère avec une bouche de pamplemousse blanc), et l’Exception 2012 ( nez très minéral et agréables notes de caramel roux et d’érable, longue bouche fruitée et satinée) sont des vins à rechercher lors de votre prochain voyage en Loire.

On a aussi découvert son rouge bio, Sauvage 2011, qui passe 15 mois en tonneau, et qui est non filtré. Son nez surprend avec ses notes d’aneth, de cuir et de bonbon poisson rouge! Sa bouche est bien charmante sur le fruit frais mais bien mûr, et s’amplifie à chaque gorgée. Ma première réaction : ça me fait penser à un marquette parfaitement à point. Surprenant.

On a fini avec un autre de mes coups de cœur, son Sancerre rosé 2013. A base de ses meilleurs raisins de pinot noir, il est paré d’une fort jolie robe assez intense, mais c’est tant au nez qu’en bouche que le charme s’opère totalement. Des notes de fraises des champs écrasées dans la main, un peu d’amertume et de fraîcheur bien en équilibre, une ampleur et une longueur, tout ca en fait un très très beau rosé. Si Bacchus sourit, on devrait le voir à la SAQ cette année. On serait vraiment gâté.

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En avril, nous avons eu de la grande visite! Monsieur Henry Marionnet ( celui que l’on surnomme le Pape du gamay) était de passage à Montréal,en compagnie de son épouse. J’avais déjà eu le plaisir de faire connaissance avec son sympathique fils, Jean Sébastien, mais cette rencontre avec le patriarche du domaine (non moins sympathique, d’ailleurs!) était un privilège de plus.



avechenry marionnet

 

Il en a profité pour nous présenter plusieurs produits de sa célèbre maison, qui fait du vin bio et le plus naturel possible, mais sans y mettre l’emphase. Sa philosophie se concentre sur le plaisir du vin par lui-même sans surenchère de qualificatifs. L’important c’est le raisin et son terroir avant tout, et aller au-delà des modes.

bouteilles olivierpng  

Il y a deux choses particulièrement remarquables dans ce domaine qui fait la belle vie au gamay et au sauvignon blanc. La première est que certaines des vignes sont franches de pied!  Marchant sur une lame de rasoir, en attendant une éventuelle attaque du phylloxéra, M. Marionnet nous offre une fenêtre sur le visage originel de ces cépages. Si le sauvignon blanc et le malbec francs de pied ne sont pas disponibles ici, nous avons quand même la chance de trouver son gamay Vinifera à la SAQ pour $23.55. Nous avons aussi son juteux et délicieusement fruité gamay du Domaine  de la Charmoise ($18.45), qui s’est imposé comme vin de plaisir, au Québec. Si vous explorez la planète des vins dits naturels, je vous suggère de contacter l’agence LBV International, qui importe en privé le gamay Première Vendange, élaboré sans souffre, ni produits œnologiques, pour moins de $25.00. Vous aurez droit à un vin au nez assez intense de gelée de fruits rouges et à une bouche gourmande, souple et ronde, relevée d’une pointe d’épices fort appétissante.

La seconde particularité est le vin Provignage, élaboré à partir du cépage romorantin, qui remonte à François 1er! Ce qui est plus incroyable encore, c’est que ça vient de ce qui est possiblement la plus vieille vigne de France. On a estimé sa plantation aux alentours de 1850. Elle a donc survécu à cette attaque dévastatrice du phylloxéra. Ca donne un vin au nez  très minéral de roche mouillée et d’écaille d’huître, et à la  bouche fraîche et légèrement amère en finale. C’est un vin qu’il faut prendre bien soin de déguster lentement, en prenant bien conscience de son extraordinaire traversée du temps. Après, on peut se régaler d’un second verre avec une savoureuse entrée de rillettes de Tours.

Mais il faudra aller sur place et sortir son portefeuille si l’on veut mettre la main sur une de ces précieuses bouteilles. Je vous en souhaite la chance et le plaisir.


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samedi, 05 juillet 2014 12:13

Champagnes Krug, droit au cœur

C’est toujours du pur bonheur quand les astres s’alignent pour vous faire faire des rencontres parfaites.

C’est ce qui s’est produit lorsque les champagnes Krug m’ont reçu à la Maison Boulud pour un lunch-rencontre avec le chef de cave M. Eric Lebel, qui en était à sa première visite ici.

J’ai eu l’immense privilège de découvrir cette maison champenoise l’an dernier en compagnie d’Olivier Krug, à l’occasion du 170e anniversaire de sa fondation par Joseph Krug, un homme de vision qui souhaitait offrir un champagne de caractère,année après année, peu importe les aléas du millésime. Pour se faire, il constitua une grande bibliothèque de vins de réserve.

C’est avec cette vaste bibliothèque que M. Lebel travaille aujourd’hui, et qui lui permet de composer une symphonie de centaines de notes dans la Grande Cuvée. Est-ce 120,ou 170? Chaque millésime a son air propre, mais a en commun une qualité sans compromis.

Deux choses sont assez remarquables chez Krug.Premièrement, il n’y a pas de notion pyramidale de montée en prestige. Que ce soit un millésimé ou une Grande Cuvée, ou un cru, on y attache le même soin et la même minutie. On ne veut produire que de grands champagnes. La différence de prix se joue au niveau de la rareté,  de la quantité produite, pas en termes de qualité.

Et deuxièmement, grâce à la vision de sa présidente Margareth  Henriquez, une petite révolution s’est produite avec la création des Krug ID, un code sur chaque bouteille ou M Lebel raconte l’histoire de la création de cette cuvée,du millésime et du potentiel de garde.

Pour notre lunch, qui proposait du champagne de l’entrée au dessert, on nous a d’abord servi un verre de Grande Cuvée (SAQ 727453) Ensuite, un grand moment avec ce 1998, servi avec des cappelletti sur lesquels trônait une caille royale, C’est aussi le premier millésime sous la direction de M. Lebel. Fait exceptionnel pour la Maison, il y a dans cette cuvée, une bonne proportion de chardonnay. Ca donne un champagne au nez riche, harmonisant des notes de pamplemousse rose,de fleurs , de noix et de pain grillé. Si l’attaque est aussi riche en bouche, il s’y rajoute peu après une rafraîchissante acidité, qui lui donne une allonge remarquable.

Puis, avec du homard des Iles de la Madeleine, on nous a proposé l’accord avec du Brut Rosé (SAQ 226563) qui est un ravissement qu’il faut savourer quelques minutes seul, afin d’en apprécier les secrets susurrés sous sa personnalité affirmée. C’est ample, texturé et épicé à la fois. La maison nous assure qu’il tiendra tête aux viandes goûteuses, comme le canard laqué, et aux caris!

Finalement, on nous a resservi un verre de Grande Cuvée pour le dessert de petits fruits rouges. Un atterrissage tout en douceur qui nous a vu repus et le sourire aux lèvres. Un parcours sans faute.

On dit qu’on se souvient toujours de sa première fois, avec Krug, et c’est indiscutablement vrai dans mon cas, mais cette deuxième fois m’a ravi tout autant. Il ne me reste plus qu’à aller sur place pour ma troisième expérience. Avec un peu de chance, j’espère que ce sera bientôt…

krug olivier
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