mercredi 21 février 2018
Olivier de Maisonneuve

Olivier de Maisonneuve

Diplômé sommelier-conseil de l’Université du vin de Suze-La Rousse, en France, j’ai commencé mon apprentissage du monde vinicole en suivant les cours Les Connaisseurs de la SAQ. Aujourd’hui, j’en suis devenu un animateur! Chroniqueur vins et alcools dans diverses publications, dont le magazine Fugues, je parcoure la planète pour mettre images et visages sur ces produits qui me font vivre tant d’émotions.

lundi, 07 février 2011 20:09

Malbec : à pile ou face

C’est drôle mais si vous demandez autours de vous à quoi les gens pensent quand on dit malbec, la plupart vont répondre : à l’Argentine. J’avoue humblement que c’était mon cas. Peut-être est ce à cause de l’effet qu’a produit sur moi un voyage à Mendoza. L’énergie un peu bohême de cette ville d’étudiants aux rues bordées de canaux d’irrigation, la vue des Andes aux sommets enneigés, et l’exubérance latine du cépage dans ces vins dégustés avec les fameuses grillades, ont laissé une empreinte sur ma mémoire, qui allume mes yeux quand j’en parle..

Et pourtant, mon premier coup de cœur  avec ce cépage survint sur sa terre d’origine : en France, dans la vallée du Lot. Découvrir ce département, au fil de sa nature, de sa gastronomie et de ses villes et villages, c’est se retrouver soudain au moyen-âge, au détour d’une courbe de route. Ce sont les villages perchés de Rocamadour ou de St-Cirq-Lapopie, ou le mystère des grottes préhistoriques comme Pech-Merle. Et Cahors avec son pont Valentré et sa légende sulfureuse…Que d’images qui m’ont séduit et marqué!

C’est dans ce paysage remontant à la nuit des temps que ce cépage a connu la gloire. Le vin noir aux parfums de fruits sombres, de réglisse et de truffe fut un des vins les plus recherchés de France jusqu’à ce que l’infâme phylloxéra ne vienne l’occire. C’est dans son ancienne rivale de Bordeaux, qu’on retrouva un plant de malbec, qui est à l’origine de la renaissance du vignoble, à la fin des années 40! Cahors aura son AOC en 1971.

Les vins Philippe Dandurand m’ont invité à rencontrer M. Domingo Esteban, le directeur commercial de la maison Georges Vigouroux, ce pionnier de la nouvelle notoriété du vignoble. Pendant deux ans, il fera renaître le château de Haute-Serre, qui avait sombré dans l’oubli depuis 1880. A l’époque c’était un fleuron du terroir! Il fallut enlever chaque pierre, et replanter le malbec sur 60 hectares, sur un plateau à 300 mètres d’altitude. Aujourd’hui, c’est aussi un haut lieu gastronomique, où vous pourrez vous régaler des autres merveilles de la région que sont les truffes et le safran, préparées par le chef Thierry Pszonka, qui a passé 14 ans en Argentine!

 Puis en 1983, la piqûre reprend M. Vigouroux, et il rachète le château de Mercues, l’ancienne demeure des comtes-éveques de Cahors, devenue un Relais et Châteaux dans les années 50. Sous le jardin à la française, il fait construire un chai techniquement moderne mais aux allures de cathédrale romane! 

Depuis 1988, c’est son fils Bertrand-Gabriel, œnologue et gestionnaire de formation, qui poursuit l’œuvre de son père en tant que leader de la promotion du malbec et de l’agro-tourisme du Sud-Ouest. C’est aussi dans cette optique qu’il reprend le château Tournelles, en 1994, dans l’appellation Buzet  et qu’il conçoit Antisto Buzet, un assemblage de cabernet sauvignon et de malbec, Il y a aussi un Antisto Cahors,et un Antisto Mendoza, à 100% malbec. Le Buzet 2008 donne un joli vin bien fruité et peu boisé, mais avec une petite note toastée à l’aération.
(SAQ : 11315690)


J’ai aussi eu l’occasion de déguster :

 -le Domaine de Poujo 2008, un madiran 100% tannat, très souple, plutôt aromatique et aux tannins veloutés.   (SAQ : 00962621)

-le Château Haute-Serre 2005, aussi très souple, fin, avec un beau nez typique de malbec. En bouche, un brin de réglisse et des fruits noirs mûrs. Un accent de vanille mais tout en élégance. Élevé 18 mois en barriques neuves, son boisé est très bien intégré.                (SAQ : 00947184)

-le Château Mercues 2006, également élégant, était d’un soyeux, presque moelleux ! Élevé 12 mois en fût de chêne dans le chai sous le château. C’est un beau vin ne manquant pas de structure.               (SAQ : 00972471)

Élégance et finesse, telles sont les qualités qui se retrouvent tant chez l’homme aux rênes de la maison que dans ses vins, de conclure M. Esteban Quant à moi, pour le malbec, côté Argentine ou côté Cahors, ne seraient ils pas finalement les deux visages d’une même pièce d’or?


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Une chose est certaine :d’emblée les vins de l’état de Washington ont beaucoup plus de couleurs et de caractère que les personnages de Twilight! Au contraire de ce qu’on pourrait croire après avoir lu les romans ou vu les films, les raisins peuvent se gorger de soleil et de chaleur dans cet état aux paysages magnifiques.Si la côte est en effet très verte et humide, dès qu’on traverse les montagnes, on arrive sur le côté est dans un univers de vallons érodés par le vent et de rivière. Et un univers aux échos d’un passé francophone! Gamache, Delille, Boudreaux, l’École no 41, Pirouette, Jolie Bouche nous surprennent dans ce coin aux confins de l’Amérique, vestiges de l’établissement d’employés de la Baie d’Hudson et d’expatriés Acadiens.

washington state 008

Et les vins dans tout ça? Une chose est frappante en rencontrant les acteurs sur le terrain :
ils sont le fruit de gens passionnés, animés par un désir d’exprimer leurs personnalités et leur vision de ce que le terroir peut révéler.Ils adorent expérimenter et se remettent sans cesse, millésime après millésime, en question, cherchant le mariage du cépage et de LA parcelle.Des plus gros joueurs comme château Ste-Michelle ou Columbia Winery, au plus petit comme Hestia, ou aux plus expérimentaux comme K Vintners ou Cayuse, chacun a la conviction de la typicité et de la qualité du vin de Washington, et désire vous le démontrer.

Pour ma part, je suis bien en peine de vous en dresser un portrait adéquat. Comment résumer ou définir le travail de plus de 650 wineries, dans la seconde zone viticole des Etats-Unis? C’est d’autant plus difficile qu’on peut difficilement associer un cépage phare à la région; selon l’AVA, on y cultive plus de 21 cépages!

Les principaux  sont le chardonnay et le riesling en blanc, et le cabernet sauvignon, le merlot et le syrah en rouge.Le cabernet franc et le malbec tirent très bien leur épingle du jeu, et le viognier est l’objet d’un grand engouement.

Si certains vins visent une clientèle friande de haut de gamme, comme c’est le cas de ceux de DeLille, (qui va jusqu’à choisir les chênes en France qui serviront à faire les tonneaux) ou de Hedges (avec son château sur la Red mountain), et compétitionnent la tête haute avec les grands de Californie, d’autres savent proposer des petits vins fort sympathiques.

C’est le cas entre autre du charmant et débrouillard Shannon Jones, chez Hestia, de Snoqualmie, et de Desert Wind, qui offrent aussi des chambres follement romantiques sur leur site.Et on ne peut passer sous silence les vins aux noms et au design si originaux du coloré Charles Smith, à Walla Walla : Kung fu Girl, Old bones, et El Jefe. Bref, je vous incite à découvrir des vins souvent chaleureux et épicés, parfois frais et suaves, fruités et
empreints de personnalité.

Si vous êtes amateurs de routes des vins,et que avez envie de sortir un peu des sentiers battus,je ne peux que vous recommander très chaudement la découverte de l’état de Washington.Non seulement vous serez surpris par la gastronomie, et par la variété des vins proposés,mais vous serez agréablement exposés à l’effervescence et à la vitalité des gens qui les produisent.Je vous invite donc à découvrir ces vins au carrefour de la vieille Europe avec ses cépages nobles,et de l’Amérique,avec ses techniques de pointe et ses vignes franc de pied. Chaleur, beauté et plaisirs hédonistes : n’est ce pas une recette gagnante?

vue de pacific rim
vue de Pacific Rim
 

Ce circuit découverte était une invitation de la Washington State Wine Experience, de Madame Claudette Dumas-Bergen, et a été rendu mémorable par la participation de mes compagnons de voyage : Nadia Fournier, Marie-Claude Lortie, Samuel Chevalier-Savaria et Monsieur Jacques Orhon, de même que par la dextérité dans les virages en U de Ms Lily Huynh.


Nous avons été formidablement accueillis par:

 
1-Andrew Will Winery
2-Boudreaux Cellars
3-Taste Washington
4-DeLille Cellars
5-Chateau Ste-Michelle
6-Columbia Winery
7-Efeste
8-Januik et Novelty Hill Wineries
9-Hestia Cellars
10-Pacific Rim Winemakers
11-Desert Wind Winery
12-Hedges family Estate
13-Gamache Vintners
14-Milbrandt Vineyards
15-Cougar Crest Winery
16-Long Shadows Vintners
17-K Vintners and Charles Smith Wines
18-Waterbrook Winery
19-Woodward Canyon
20-L’Ecole no 41
21-Pepper bridge Winery
22-Cayuse Vineyards
23-Northstar Winery
24-Badger Mountain, Powers Wineries et Gordon Brothers Family Vineyards

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lundi, 05 avril 2010 11:04

Dégustation Sauternes et Barsac

DANS L'INTEGRALITÉ DE L'AUTEUR

Dégustation Sauternes et Barsac

Le 24 mars dernier, nous avons eu le plaisir de faire plus ample connaissance avec cinq domaines de cette région quasi mythique du Bordelais. Nous avons pu déguster les nectars des châteaux Climens,Suduiraut,Guiraud,Coutet,ainsi que du clos Haut Peyraguey,dans les millésimes 2005 et 2006.Cette dégustation était présentée en marge du Combat des chefs :une invitation de Denis Marsan de la SAQ,visant à promouvoir les usages plus polyvalents qu’avec le foie gras et les desserts, de ces remarquables vins. Je dis remarquable sans hésitation,après avoir appris qu’une récente étude a démontré que la réaction du botrytis avec le raisin ajoutait une cinquantaine de précurseurs d’arômes! On comprend mieux maintenant toute la richesse et la complexité de ces vins.
 
Voici quelques informations en vrac retenues lors de cette rencontre :

On retrouve une seule commune de Barsac, alors qu’il y en a quatre pour Sauternes.
Le sol de Barsac est calcaire et sa surface d’argile rougeâtre .Ces vins sont en général un peu plus frais que ceux de Sauternes. Le sol de Sauternes est de calcaire aussi mais plus profond, et sa surface est de graves et d’argile ou de sable argileux. Les vins y ont habituellement plus de couleur que ceux de Barsac.

En 1855, le sauvignon blanc était le cépage le plus utilisé pour ces vins. Le botrytis s’installe plus rapidement et plus tôt sur ce cépage et donne des arômes assez différents à ces vins par rapport à ceux de nos jours. Aujourd’hui le cépage le plus utilisé est le sémillon. La muscadelle est toujours permises mais moins fréquente, car elle est plus difficile à cultiver, étant nettement plus sensible aux maladies.

Après dix à quinze ans, on retrouve dans ces vins des arômes de fruits mûrs, voire confits.
Après vingt-cinq ans, ces arômes deviennent plus complexes encore. On y remarque
des fruits secs, de l’amande, du pain d’épices. Les vins semblent plus minéraux, plus secs aussi. On nous a aussi mentionné qu’une fois ouvert, le vin se conserve fort bien une bonne semaine au réfrigérateur.

En 2006, beaucoup de tri lors de la vendange a été nécessaire, car un été humide a provoqué d’autres pourritures non désirables, pouvant notamment ajouter un caractère aigre.
On remarque un nez particulièrement pur dans les vins de ce millésime.

En 2005, les vendanges ont débutées plus tard. On a dû attendre en octobre le bon développement du botrytis, alors que le raisin était déjà bien mûr. Le maintien de l’équilibre dans ces vins qui risquaient de paraître lourds était le plus grand défi.
On y est parvenu en utilisant une part de raisins dorés, avec ceux atteints de botrytis.
Le résultat a été des vins tout à fait impressionnants!

Et alors, ces différents accords mets-vins? On nous a invité à déguster ces vins avec des
coquilles St-Jacques et du homard, avec des volailles blanches et même, pour contraster, avec des mets épicés, notamment de poivre et de gingembre. On nous les suggère même avec des plats gratinés, avec des endives et des asperges!Et si vous vous sentez particulièrement décadents, ou que vous ayez un porte-monnaie frivole, on nous assure qu’ils sont délicieux avec les charcuteries, et qu’ils offrent une belle pause détente après les tâches ménagères et avant le retour des enfants… Avec les desserts, on nous recommande d’éviter la surenchère avec le chocolat et le trop sucré. Optons plutôt pour les arômes d’agrumes.

Mais peu importe la raison, force est d’admettre que ces vins sont une excellente façon de se faire plaisir. Comme dans n’importe quelle région,la touche personnelle de chaque maison va conférer un style particulier à ce produit,et je vous invite donc à la quête complexe mais combien fascinante de trouver celle qui saura vous charmer davantage.

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lundi, 12 juillet 2010 17:29

Suite de mon aventure Sud-Africaine

Si vous remontez la route 45 vers le nord, vous arriverez bientôt à Paarl, qui doit son nom au sommet arrondi d’une montagne  J’y ai visité quelques domaines importants. D’abord la maison Nederburg, qui remporte régulièrement des prix depuis plusieurs décennies. Elle se targue de faire des vins qui plaisent aux gens.

Elle a lancé Twenty 10, une série pour la coupe du monde qui, ma foi, se qualifie de facile à boire. Peu confituré mais pas mal boisé et vanillé, le cabernet sauvignon s’il est légèrement rafraîchi, devrait satisfaire les amateurs de vins plus corsés. J’ai bien apprécié l’honnêteté de notre hôte qui a admit sans gêne aucune, utiliser des planches de chêne français lors de son élaboration. Comme ce sera hélas le cas quelques fois, le vin qui m’a le plus impressionné n’est pas disponible ici; On nous a servi un Noble Late Harvest 2009, de la série de prestige Winemaster’s Reserve . Mémorable! Elaboré avec du sémillon, du chenin blanc, du muscat de Frontignan et d’un peu de riesling, c’est une explosion de fruits tropicaux et de miel, avec des petites notes florales et d’épices, le tout délicieusement achevé par une délicate fraîcheur.

Notre étape suivante fut aussi fort plaisante. Fairview est une amusante maison doublée d’une fromagerie et dotée d’un certain amour pour les chèvres! La tour des chèvres, (où ces dernières grimpent pour vous accueillir), devant la salle de dégustation et le restaurant se retrouve même sur Google street view! Elles se retrouvent aussi dans une collection de vins aux noms humoristiques comme le Goat Roti, Goats do Roam, et le Goatfather! Autre petit fait cocasse, le responsable du troupeau s’appelle Donald Mouton!

Plusieurs autres séries,comme La Capra, allant de l’entrée de gamme au prestige sont conçues par le prolifique et passionné Charles Back II, qui a pris le temps de venir me saluer malgré son emploi du temps très chargé. Un homme fort sympathique, qui innove toujours avec les cépages qu’il plante. On retrouve notamment du petit verdot, du tannat, du sangiovese, du viognier, et bien sûr du pinotage. Il y a aussi une gamme de vins de paille appelée La Beryl.

J’ai eu la chance de goûter au Malabar 2005, de la série Spice Route, qui n’est pas produit à chaque année. D’inspiration rhodanienne, élevé pendant deux ans, c’est un vin de plaisir, charnu et harmonieux, à boire dans les cinq ans. Une chose que j’ai pu constater c’est que plusieurs de ces vins font des harmonies très intéressantes avec divers mets, et ce, dans chaque gamme de prix. De bons vins, du fromage succulent, des chèvres rigolotes et des gens vraiment accueillants, voilà ce qui fait de Fairview, une étape à ne pas manquer!

On ne pouvait pas faire plus contraste avec l’étape suivante de mon périple. J’ai visité KWV, qui a fait la pluie et le beau temps dans l’industrie vinicole pendant de nombreuses décennies, alors que cette coopérative réglementait les prix, et les quotas de production ainsi que l’import-export! Du point de vue historique, c’est un incontournable.
Depuis 1997, elle est devenue une compagnie à part entière, avec une emphase résultats-performance que je n’avais pas rencontré encore pendant ce voyage. M. Piet Momberg, qui nous recevait, parlait avec fierté de l’objectif de la compagnie de tripler sa valeur marchande d’ici 2014.

Pour ce faire, elle offre plus de 7 gammes différentes de vins adaptés à certains types de consommateurs. Par exemple, Café Culture, un vin aux arômes de café (je pensais respirer une bouteille de Kalhua!) est destiné aux gens qui n’aiment pas le vin à prime abord. M. Momberg nous a amusé en nous racontant qu’il en avait donné à ces fils de 20 ans qui ne buvaient pas de vin, pour qu’ils partagent avec leurs amis et que depuis, ils sont devenus très populaires, et que Café Culture fait partie de leurs fêtes.

D’un autre côté, dans la série The Mentors, le petit verdot 2008, boisé, au nez de fines herbes et de fruits noirs, et doté d’une bonne acidité typique au cépage, a gagné une médaille d’or au Concours mondial de Bruxelles. The Canvas (d’inspiration rhodanienne), et Orchestra (d’inspiration bordelaise) ont quant à eux reçu des médailles d’argent. J’ai eu du plaisir en dégustant l’autre spécialité de la KWV : leur brandy. Offert en plusieurs âges, leur 20 ans, et le vsop Imoya, corsés certes, mais avec une longueur et une rondeur remarquables, furent toute une découverte.

Finalement, en sortant de Paarl, je me suis arrêté chez Glen Carlou, qui appartient à la célèbre famille Hess, bien connue en Californie et actionnaire de Peter Lehman en Australie. J’ai d’abord aimé la vue du vignoble, situé sur une petite butte, puis la luminosité de la salle de dégustation, et finalement certains de leurs vins. J’ai aussi apprécié leur contribution sous forme de repas et de bourses pour les écoliers de milieu défavorisé, de même que leur participation très active au respect de leur environnement.

Le chardonnay 2008 élevé 10 mois dans des barils de 2 et 3 vins, facile à boire seul ou en mangeant m’a charmé. Le cabernet sauvignon 2007 est très typé au nez et en bouche avec des notes de cassis. Non confituré, il est d’une bonne longueur et élégant. La Syrah 2006 est charmeuse au nez, plutôt fruitée et un brin viandée (on y a ajouté un peu de mourvèdre), moyennement longue, elle pourrait être un peu plus structurée. On retrouve ces 3 vins à la SAQ, contrairement à mon coup de cœur, The Welder, un vin doux naturel 100% chenin blanc au nez de trèfle, d’ananas mûr et de chèvrefeuille vraiment joli, tout en suavité et en délicatesse.

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La Concorde, KWV Paarl



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Glen Carlou, salle de dégustation


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Fairview, la tour aux chêvres

Ne manquez pas la conclusion de mon périple, à suivre très bientôt!

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Avec fébrilité et une bonne dose d’excitation, je me retrouve en cette fin d’après-midi à cirer mes chaussures de cuir, à repasser ma chemise habillée, choisir ma cravate, revêtir mon complet signé et brosser mon paletot. Ce soir, c’est gala! Je suis invité à la dernière prestation de Chef Olympe Versini, de Paris, au restaurant Nuances, du Casino de Montréal. C’est la fin du festival Montréal en lumières.

Une fois rendu au Casino et sitôt passé au vestiaire, je demande au préposé, d’une voix un peu fière (mais que j’espère raffinée) le chemin pour me rendre au Nuances. Misère, ce n’est pas à côté! Mais qu’à cela ne tienne, tel un Brad Pitt foulant le tapis rouge à Hollywood, ou un James Bond à une soirée mondaine à Monte-Carlo, je traverse les hordes de gens fascinés par les carillons et les flashs des machines à sous. Deux ascenseurs et deux aires de jeux plus tard, je débarque enfin à l’étage du restaurant. Encore un couloir et ça y est : j’y suis! Je m’identifie au maître d’hôtel et me voici aussitôt chaleureusement accueilli par Madame Desrochers, relationniste de presse de Loto Québec. Escorté vers la table, je jette un regard discrètement admiratif au décor sobre mais luxueux du lieu et je réalise que je vais sûrement vivre un moment spécial.

Si initialement, j’avais une légère crainte quant aux invités avec qui j’allais partager ce repas (manger c’est quand même un peu intime), elle s’est dissoute très rapidement grâce à leur qualité et à leur plaisir évident de se retrouver à cette table. Malgré leur renom de chroniqueurs gastronomiques, il s’est installé une convivialité fort agréable dès que les présentations furent faites. J’ai été charmé aussi par le caractère pas du tout empesé de l’équipe de service. J’ai aussi fait connaissance avec Jean-Pierre Curtat, le chef du Nuances. Je me demandais si j’allais rencontrer une émule de Gordon Ramsay, mais bien au contraire, c’est un homme charmant et affable qui nous a décrit un peu l’expérience qui nous attendait. La magie s’installait.

Pour faire allusion à ses origines corses, Mme Versini nous a offert en amuse-bouche, une petite galette de farine de châtaigne corse surmontée d’un œuf de caille poché. Ravissant et savoureux. Puis, une surprenante salade tiède de haricots blancs surmontés de délicates tranches de magret séché aux épices. Belle harmonie des textures et douceur des flaveurs. Puis nous avons eu droit à une variation d’un de ses plats signatures : des raviolis de crabe d’Alaska au gingembre et sauce homardine. D’une finesse, chers lecteurs! Accompagné d’un verre de Ménétou Salon, la Tour St-Martin 2009. Fort bel accord.

Vint ensuite un moment que j’appréhendais un peu car c’est un mets qui est généralement hors de ma zone de confort : des ris de veau…proposés ici croustillants, avec câpres de Pantelleria, servis sur une purée de salsifis. Eh bien, j’en suis encore renversé! Tendres, cuits parfaitement, raffinés et avec une harmonie de textures dans l’accompagnement; un moment de grâce. Et servi avec un Savigny-les-Beaune, Ez Connardises 2005, (un vignoble entre Beaune et Pernand Vergelesses ) du domaine Jean Féry et fils. M-a-g-n-i-f-i-q-u-e!

La bonne humeur et les conversations allaient bon train quand Mme Versini s’est jointe à nous. Très sympathique et sans prétention, celle qui renonça aux étoiles Michelin pour préserver sa liberté en cuisine, nous parla un peu de son parcours, et de l’importance primordiale de la qualité des ingrédients, mise en valeur avec simplicité. Bon, entre vous et moi, ses recettes n’en demeurent  pas moins de l’art gastronomique; il y a une connaissance et un goût très sûr derrière ses plats. Elle nous parla aussi de son plaisir à venir au Québec, et de l’esprit d’équipe qu’elle a rencontré dans les cuisines ici, et qui serait presque’ impensable en Europe, où la hiérarchie est encore souvent nettement établie.

Un autre moment de ravissement nous attendait encore; une superposition de cerf de Boileau aux épices grillées. Excusez moi pendant que j’essuie le petit filet de bave qui m’échappe pendant que j’y repense…Deux tendres morceaux de viande frottés d’épices et posés l’un sur l’autre, saupoudrés d’arachides concassées et accompagnés de champignons sauvages…Des frissons de bonheur!

Finalement, pour nous ramener en douceur sur terre, du pain perdu avec une boule de crème glacée nappée de caramel au beurre salé. Ai-je besoin de rajouter quoi que ce soit?

J’ai donc passé une soirée magnifique dans un décor certes luxueux, mais nullement ostentatoire, avec des gens charmants et profitant d’un repas raffiné mais ni intimidant ni trop cérébral. Si je me fie à mon expérience, le Nuances est un endroit rêvé pour vivre une aventure romantique. L’attention que porte le chef Curtat à votre assiette, et l’empressement de l’équipe de service vous permettra de partager des moments passionnés dans un petit univers hédoniste. C’est ressentir tout au long d’un repas, le frisson de l’instant où la bille va s’arrêter, à la table de roulette!


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Depuis une semaine, j’ai le grand plaisir de profiter des joies de la table :
De bons plats, des vins recherchés pour les accompagner, et le tout partagé avec des convives bien sympathiques.

Vendredi dernier, Austrade, la délégation commerciale d’Australie, a invité au célèbre restaurant Queue de Cheval des représentants, et des médias à venir déguster des plats faits à partir d’agneaux et de bœufs wagyu australiens, arrosés de vins présentés par deux vinificatrices présentes parmi nous : Jen Pfeiffer, de Pfeiffer wines, et Judi Cullam, de Frankland Estate. En plus de mon cosmopolite et charmant collègue Roger Huet, j’avais le plaisir d’avoir Mme Cullam à ma table. Elle me parla, avec une chaleur dans le regard, de son domaine cultivé organiquement, et de son coin de pays, la région de Frankland, au sud-ouest de l’Australie qui de par son côté isolé, offre une absence de pollution et un environnement pratiquement dépourvu des parasites et des maladies de la vigne! En cela, elle est aidée par Gladys, la pintade en chef du domaine qui, avec l’aide de ses consoeurs, est la responsable de l’extermination de la vermine. Malheureusement, le voyagement étant trop fatiguant, celle-ci n’a pu accompagner Mme Cullam.

J’ai pu savourer un riesling, ainsi que le shiraz et le cabernet sauvignon d’Isolation Ridge, produits à son domaine. Des produits loin de l’image habituelle qu’on peut avoir des vins australiens. De la finesse et de la saveur, voilà ce qu’elle nous propose comme témoins de son terroir, qui aurait des airs de famille avec certains coins du Bordelais!

De Mme Pfeiffer, une sympathique jeune vinificatrice de la région de Rutherglen, près de la frontière des états de Victoria et de New South Wales, j’ai savouré le Carlysle, un blanc rafraîchissant à base de marsanne et de chardonnay. On nous a aussi servi un merlot et une shiraz bien aromatiques mais encore une fois axés sur la fraîcheur et l’authenticité du cépage. Très agréables et surprenants, tout comme son vin de dessert, le Topaque, fait à base de muscat. Un délice pour ceux qui ont la dent sucrée. Je vous suggère de lire la chronique de ma collègue Hélène Dion sur son accord musique et Topaque!

Ces vins, reflets de la passion de ces deux artistes de la vigne, sont offerts au Québec par Benoît Lecavalier de l’agence Benedictus.


Mercredi, c’était au tour de LBV International de nous convier à une autre rencontre mémorable avec la Maison Henry et Jean Sébastien Marionnet. Dans le cadre chaleureux du Petit Resto, sur la rue Papineau, j’ai pu faire la connaissance de Jean Sébastien Marionnet qui nous a régalé d’une gamme de gamays de la Loire vraiment spéciale et d’autres vins de cépages non moins remarquables. Déjà célébré par la critique, je connaissais leur gamay du Domaine de la Charmoise 2009. Nous avons pu déguster leur 2010, qui malgré une météo très difficile, est un vin qui se révèle fin et net à la fois.

Nous avons commencé notre dégustation avec un verre de Provignage, à base de romorantin, un cépage apporté de Bourgogne par Francois 1er, en 1519. Déjà remarquable en soi, ce qui est inouï c’est que leurs vignes n’ont jamais été greffées! Elles sont parmi les fort rares en France à avoir échappé au phylloxéra! Avec son bouquet floral et de poires bien mûres, M. Marionnet évalue son potentiel de garde en décennies!

Puis nous avons eu la chance de comparer un sauvignon blanc provenant de vignes greffées mais d’un certain âge déjà, et un autre venant de vignes franches de pied mais plus jeunes. Incroyable! L’intensité et la précision aromatique du vin des vignes non greffées étaient presque deux fois plus importantes! Même les types d’arômes étaient passablement différents. On a fait la même constatation avec un gamay. Gouleyant et fruité, mais avec un corps d’adepte du gym. On est loin du Beaujolais nouveau, (sans vouloir le dénigrer, bien sûr). Cette gamme de vin de vignes non greffées appelée Vinifera, nous ferait croire que la Loire est soudainement allée prendre des vacances au bord de la Méditerranée! Sous un parasol, quand même; pour rester bien fraîche. Pour environ $25.00, en importation privée, quelle belle expérience! La maison fait aussi Première Vendange, un vin élaboré sans ajout de souffre, fruité, net, et bien frais.


Je voudrais profiter de cette tribune pour souligner la qualité de l’accueil de Guillaume Bernard, le proprio du Petit Resto, et le talent de sa chef Renée Boucher, qui ,avec son équipe nous a vraiment épatés!


Finalement, (mon tour de taille commence à gémir sérieusement!) Francois Lebrasseur, de l’agence Elixirs, nous convie à l’Europea pour une fabuleuse dégustation de la Maison Albert Bichot, de Beaune. J’ai fait connaissance avec le fort sympathique Albéric Bichot, qui fait partie de la 6e génération de cette famille aux rênes de cette entreprise si connue au Québec. Il m’a confié que la Maison avait décidé de prendre un virage vers le haut de gamme et d’aller montrer son savoir-faire dans la cour des grands. Présent de Chablis à Mercurey, ils ont un chai dans chacune des régions de Bourgogne avec une équipe de vinification spécifiquement dévolue à leurs terroirs. C’est toute une marque de dévotion au patrimoine de la Bourgogne, non?

Parmi les blancs proposés, un très beau Pouilly Fuissé 2008, (offert en produit régulier).un Chablis 1er cru Les Lys 2009, d’une exquise minéralité, et un satiné 1er cru Les Vaucopins 2008, puis une remarquable verticale de Chablis Grand Cru du monopole La Moutonne. Mon coup de cœur est toutefois sans contredit ce Meursault 1er cru Les Charmes 2009. Opulent comme il se doit, mais d’un contrôle et d’une élégance! De la grande classe.

Avec les rouges, je n’ai pu que comprendre encore une fois pourquoi la Bourgogne reste la référence dans l’expression du pinot noir. Êtes-vous prêts à rêver? Ma première émotion forte vient de ce Pommard Clos des Ursulines, domaine du Pavillon 2009, avec ces beaux tannins si soyeux. Puis, un Vosne-Romanée 1er cru Les Malconsorts ,domaine du Clos Frantin 2009, un peu fermé, mais laissant entrevoir derrière son voile de dentelle un fruité et une qualité de tannins veloutés à faire soupirer de bonheur. Puis pour atteindre l’apothéose, une verticale de Corton Grand Cru Monopole Clos des Maréchaudes,domaine du Pavillon. Je vous jure que rendu au 2009, je m’attendais à voir Saint Pierre! D’abord très accessible, savoureux, et fruité, ça devient une débauche de satin et de lingerie fine; un vrai danger pour les palpitations cardiaques, mais quel ravissement!  Merci M. Bichot!

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vendredi, 20 mai 2011 06:12

La dure journée d’un dégustateur !

Ciel, mais qu’est-ce que je fais à me réveiller à 6:30 pour aller boire du vin! Il faut être fait fort, mes amis. Allez, hop! Il faut ce qu’il faut pour renseigner ses lecteurs.

A 8:00  du matin, je me retrouve au Carré Dorchester entouré de charmantes personnes du monde des blogs vinico-gastronomiques et accueilli par le sympathique Nicolas Simard, un des fondateurs de Kava Tours, qui se spécialisent dans la visite de la Route des vins de Brôme-Missisquoi au départ de Montréal! 

Quelle excellente idée que de se faire prendre en charge sans se soucier de conduire pour faire un tour dans ce si pittoresque région. C’est sous un soleil radieux qu’on part pour une journée bien remplie ayant pour thème : Les rosés en fête!

Notre premier arrêt sera au vignoble des Côtes d’Ardoise, à Dunham, qui est le plus vieux vignoble du Québec! On y offre une exposition de sculptures en plein air tout l’été. Nous aurons le plaisir de goûter d’abord un délicat rosé Charmes et Délices. C’est toutefois leur Givrée d’Ardoise rosé (un vin de glace) qui m’a surtout épaté. Comme on le disait de Cléopâtre : Quel nez! Intensité, fraîcheur et généreux fruité à faire damner un saint!

On poursuit notre chemin jusqu’au  Domaine Les Brôme, qui jouit d’un super panorama. Nous sommes reçus avec un verre de Détente, un bon choix à l’apéro avec des arômes de tangerine et de nectarine. Puis après une courte visite du chai, nous voilà à table pour un délicieux repas aux relents d’exotisme : du gaspacho de crabe et fraise, bien épicé, et du poulet à la portugaise avec purée de pommes de terre à l’ail des bois. Un rosé au nom de Péché nous était proposé.

Un autre moment d’extase nous attendait pour le dessert. Une tarte aux fraises et rhubarbe accompagnée d’un verre de XP1. C’est un verre élaboré dans le style des amarones, mais moins charnu en bouche. Fait avec du De Chaunac et élevé 3 mois en fût, il offre des arômes de fruits cuits et une longueur en bouche remarquable. Bu avec la tarte, on ne pouvait plus parler pendant un moment!

Notre chemin de croix nous amène maintenant au Spa Balnéa, aux portes de Bromont. Quel magnifique spa sur un superbe terrain descendant en pente jusqu’au lac privé où des matelas flottants vous permettent de vraiment laisser vos pensées partir à la dérive. L’architecture et l’aménagement en font vraiment une escale de rêve.

Prochaine escale : l’hôtel St-Martin, situé aux portes des magasins de prestige. C’est un confortable 4 étoiles qui offre chambres et suites modernes et très confortables. Les 28-29 mai et 4-5 juin,on y propose avec Kava Tours,un forfait Evasion Rosés : Hébergement,petit-déjeuner,une bouteille de rosé et des chocolats fins,une montre rose rigolote par personne, un film de filles avec son pop-corn, une journée en minibus de luxe de Kava incluant la visite et un brunch avec vin au Domaine Les Brôme  puis une expérience thermale au Balnéa pour 279.00 par personne. Ca, c’est  ce qui s’appelle se gâter!

Puis, c’est au tour de la boutique La Feuille Verte, installée dans une ancienne petite école rurale de nous recevoir. Manon Letarte, herboriste thérapeute y propose toute une gamme de soins à base de chanvre du Québec. Sa tisane rafraîchissante vaut à elle seule le détour. Elle offre aussi des cours pour ceux qui veulent faire eux-mêmes un soin!

Notre journée s’achèvera au Vignoble Vitis à Brigham, où le vigneron-épicier Pierre Genesse nous régalera avec son panier de pique-nique comprenant un succulent pain aux lardons, des chorizos et des terrines de lapin de Stanstead et du fromage El Nino frotté au vin rouge…j’en salive encore!  Ici,le cépage Frontenac est à l’honneur dans tous ces vins : le mousseux Noir de Noir, le vin de glace Glace Noire, son rosé,son blanc (qui a été un coup de cœur) et son rouge que vous pouvez trouver tous deux au Marché des Saveurs du Marché Jean-Talon. Quelle belle escale gourmande.


Pour vivre vous aussi cette escapade de rêve, allez visiter ces sites

www.laroutedesvins.ca

www.kavatours.com


Ce voyage était une gracieuse invitation de Micheline Vallée, relationniste


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Cette semaine, je me suis régalé en faisant de savoureuses découvertes

C’est la 18e édition du Mondial de la Bière qui a lieu jusqu’à dimanche. J’aime beaucoup la facilité à circuler que procure le nouvel emplacement à la Place Bonaventure.

Par contre, je m’ennuie du grand air et de la lumière qu’on avait à la gare Windsor. Parfois les odeurs de nourriture sont assez prenantes! Mais c’est très bien aménagé. Cette année, on fait une grande place aux bières du Royaume-Uni. Mme Jeannine Marois, la présidente et co-fondatrice de l’évènement nous a accueilli chaleureusement en nous présentant la mascotte Bock. Vous trouverez la foule d’activités amusantes ou instructives qui attendent les biertrotters sur le site.

Pour ma part, j’ai eu beaucoup de difficultés à choisir parmi les 609 bières présentées!!!
Voici quand même voici quelques coups de cœur;

Parmi les bières noires, j’ai bien apprécié la porter et la Brewmaster de la Okanagan Spring Brewery. Ce sont des bières artisanales naturelles, sans additifs, et faites avec de l’eau de source.

Une autre brasserie plus près de chez nous, utilise de l’eau de source et des ingrédients organiques : Beau’s all natural Brewery, située à Vankleek Hill, près de Hawkesbury.
J’ai vraiment aimé leur ambrée Winterbrewed, infusée de café équitable du Nicaragua. Délicieuse! De bien meilleur goût que leur choix d’équipe dans la finale de la coupe Stanley : ils soutiennent les Bruins…l’erreur est humaine.

Parmi les britanniques, j’ai eu un coup de cœur pour la Thornbridge Brewery, avec en particulier deux blondes très originales. Ce sont des bières assez fruitées mais surtout avec une amertume en finale qui les rendent tellement intéressantes. Il y a la Jaipur, qui commence en douceur et qui se transforme en bouche jusqu’à exploser en finale houblonnée et amère. Wow! Puis plus en douceur mais tout aussi savoureuse, la Kipling offre des flaveurs de fruits exotiques qui culminent en une finale de pamplemousse tellement nette. Impressionnante et très estivale!

Pour terminer, un kiosque sympathique des Vermont Brewers propose un éventail de leur production, dont une de mes préférées : la Ruby Extra Amber de Mc Neill’s Pub & Brewery, à Brattleboro. Saviez vous qu’il y a un festival de la Bière à Burlington, le Vermont Brewfest, sur les berges du lac Champlain près de la marina, les 15-16 juillet? Une bonne idée de fin de semaine amusante et conviviale!

Bien sûr, le Mondial c’est surtout un bel éventail de bières québécoises qui jouissent d’une super réputation et qui sont des ambassadrices de haut niveau pour nous à l’étranger. Alors, ne manquez pas ce rendez-vous et laissez vous surprendre. Bonnes découvertes!


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Je ne peux m’empêcher de penser à l’univers de Twillight quand je pense aux vins de l’état de Washington. Souvent en ouvrant une bouteille de cette région, il y a une richesse aromatique, et une sensualité latente qui s’en dégage : Comme la peau d’Edward frappée par un rayon de soleil, la robe cristalline de ces vins fait miroiter la lumière de manière presqu’hypnotique! Irrésistiblement, on ne peut que succomber et offrir notre gorge à ces gouttes séduisantes

Certains vins vous proposeront le romantisme de Bella, renfermés à prime abord mais couvant une passion qui ne demande qu’un peu de patience pour se révéler. D’autres offrent le mystère mais aussi la droiture d’Edward. Finalement, certains ont la jeune fougue et le côté animal de Jacob! Mais contrairement aux films, plusieurs de ces vins s’améliorent avec le temps…

Pourtant, si vous avez la chance d’aller visiter les 11 AVA qui constituent la région vinicole de Washington, vous resterez sidérés de voir à quel point le décor est différent! C’est un paysage de far-West qui vous attend plutôt. Et avec près de 300 jours de soleil par an, les pauvres vampires ne feraient pas long feu! Une route méandre au travers des collines doucement érodées par le vent, et le fleuve Columbia coule entre des canyons ocres. Ce décor semi désertique est une continuation de la vallée de l’Okanagan.

Ici, la vigne doit se battre contre une tradition fruitière pour l’eau. Mais, quand on constate l’évolution rapide de la taille et de l’organisation du secteur viticole, on peut espérer que sa richesse potentielle est bien comprise pour les autorités et qu’elle sera défendue. Encore relativement jeune, l’industrie viticole commence à récolter le fruit de ses expérimentations avec les différents cépages. On saisit et met de plus en plus en valeur la notion de terroir.

columbia riveroregon

Rivieria Colombia


Un autre atout précieux de la région est le grand écart thermique entre le jour et la nuit qui permet une super maturité et aussi une très belle expression du cépage. Mais peut-être que sa plus belle richesse tient au fait que de par la nature de ses sols, la région est épargnée par le phylloxéra et est plantée en grande partie de vignes franches de pied! Est-ce que ça fait une différence au point de vue gustatif? Ils ne sont pas les seuls à le croire en tout cas, car j’ai pu le constater moi-même l’an dernier lors d’une dégustation avec Jean Sébastien Marionnet, qui a lui aussi, dans son domaine de la Loire, des vignes non greffées. Il m’avait fait comparer le vin issu de ces vignes avec celui du même cépage sur vignes greffées. C’était plutôt concluant!

washington state 008

Au-delà du vin, il y a aussi les artisans qu’il est fascinant de rencontrer. Qu’ils fassent partie de la grande famille du Château Ste-Michelle, qui regroupe près de la moitié des acteurs du milieu, ou au contraire qu’ils soient à la tête d’une micro entreprise comme  Efesté, ce sera leur conviction et leur passion pour les produits qu’ils vous proposent, qui vous impressionneront.

 Si votre cœur balance entre les cépages de Bordeaux, du Rhône ou de l’Italie, ou si vous craquez pour le riesling, alors vous devez découvrir comment ils s’expriment dans ce pittoresque coin de pays. Allez, admirez les dans votre verre, respirez bien ces parfums …toute résistance est futile : vous tomberez sous leur charme.


Quelques coups de cœur lors du dernier salon des vins de Washington, à Montréal.

Difficile de résister à la gentillesse d’Anne-Marie Liégeois, Champenoise d’origine, qui présentait les vins biodynamiques de la maison Hedges, située dans l’ava Red Mountain. J’ai un faible pour le CMS blanc, assez gras et plutôt long en bouche, et pour le très bordelais rouge Red Mountain 2008.

Issue de vignes dans les AVA Wahluke Slope et Horse Heaven Hills, la syrah 2008 élaborée par Shannon Jones chez Hestia, est aussi tendre que savoureuse et délicieusement fruitée. Élevée 22 mois en barrique française, et non filtrée, c’est du travail d’artisan.

La fort charmante Alexandra Lafontaine, présentait quelques maisons du groupe Château Ste-Michelle. J’ai redécouvert leurs rieslings, notamment le Eroica 2010, vif et long à la fois, et j’ai bien aimé le H3 2009, un pinot gris aromatique et frais de Columbia Crest.

Parlant de blancs, j’ai apprécié le gewurztraminer 2010 de Covey Run, généreux, frais et floral, de même que le très beau riesling 2010 de Pomum Cellars (qui se cherchait un agent), ainsi que le Slice of Pape 2008, de Tranche Cellars, une savoureuse roussanne au nez fin, élevée 2 ans en bouteille.

Parmi les rouges, la gamme de Andrew Will était impressionnante! Une mention aussi au cabernet sauvignon 2008 qui se boit tout seul, de Gordon Brothers, et à la généreuse syrah réserve Cougar 2007, de Powers Winery. Ah oui, et au The Creator 2009, du roi du marketing, le particulier Charles Smith!

Plusieurs autres vins m’ont agréablement surpris mais faute de place, je vous laisse au plaisir de la découverte par vous-même. C’est aussi une superbe route des vins qui vous attend là-bas. Et c’est tellement glamour de pouvoir dire dans une conversation : Mardi dernier?...ah oui, je soupais au Saffron, à Walla Walla; un régal,ma chère! Si l’an dernier les exportations ont augmenté de 29%, au Québec seulement, c’est peut-être qu’un lien  affectif se tisse entre nous? Bonne dégustation!

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dimanche, 04 décembre 2011 10:33

Olivier au Pays des Merveilles

Les 25 et 26 novembre derniers avait lieu la fabuleuse dégustation Montréal Passion Vin, au profit de la Fondation de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont (aucun lien de parenté)
J’ai eu l’immense privilège d’assister à deux évènements, grâce à la générosité proverbiale de Madame Claudette Dumas-Bergen, à ma qualité de chroniqueur sur ce site, et à un heureux coup du hasard.

Ma première rencontre était avec le Château Branaire-Ducru, un St-Julien.4e grand cru classé. A l’origine, ce domaine faisait partie du célèbre château Beychevelle, mais il fut séparé et vendu au 17e siècle, pour payer une partie des dettes du duc d’Epernon. Aujourd’hui y habite son propriétaire Monsieur Patrick Maroteau, en compagnie de sa charmante épouse Evelyne. Il venait nous proposer une verticale de son grand vin.

Comme vous le savez sans doute, grands amateurs que vous êtes, chers lecteurs, St-Julien est un vin qui fait le pont entre le velours de Margaux et le fer de Pauillac. C’est une appellation qui fait la belle part au cabernet sauvignon. Ce qui caractérise Branaire-Ducru, c’est d’abord l’élégance, mais aussi la continuité du fruit et de la fraîcheur, millésime après millésime.

Collé mais non filtré, on nous suggère de l’oublier au moins 8 à 10 ans dans nos celliers avant de le servir. Voici quelques impressions :

2009 :
une robe grenat brillante. Un nez de rhubarbe, de cassis et d’eau de vie, de cuir. Fruité en bouche, tannique mais assez velouté. Une finale chaleureuse et fraîche à la fois. Long. Absolument à carafer, ou encore mieux, à regoûter dans 15 ans.

2005 :
jolie robe grenat. Nez un peu fermé, cuir et surtout floral. Bouche ronde et suave mais aux parfums aussi un peu fermés. Les tannins sont présents mais déjà bien intégrés. Me semble nettement plus équilibré en finale.

2003 :
D’un millésime de chaleur, on en a tiré qu’un petit volume. Quel joli nez!  Fruité mais surtout très typé cabernet sauvignon. Et quelle bouche suave et fraîche! Encore assez compact, mais d’un délicieux équilibre.

1989 :
Un millésime d’exception à cause de la précocité de la vendange, à la fin août, comme en 1793! Puisque le merlot était superbe, on en fit une cuvée spéciale à laquelle on donna le nom d’Evelyne, entre autre parce que l’anniversaire de la châtelaine est fin août. Il n’y en a eu que 300 bouteilles de produites, qui n’étaient jamais sorties du domaine! Une robe rubis aux reflets tuilés. Quel nez! Épicé, certes, mais aussi cuiré, torréfié, et avec l’élégance d’un vieux brandy. Une bouche aérienne et toujours fruitée; gourmande. Et quelle savoureuse longueur!
  

Ensuite, le suave (et ma fois, très amusant!) Comte de Neipperg (qui ressemble à l’élégant acteur David Niven!), nous présentait La Mondotte, un St-Émilion grand cru, qui jusqu’en 1996, vivait dans l’ombre des autres vins prestigieux dans son portfolio, comme Canon La Gaffelière ou Le Clos de l’Oratoire.

 Entre parenthèses, le nostalgique du passé aristocratique de mes ancêtres, qui s’éveille parfois en moi, s’imaginait être présenté à Monsieur le Comte, et devant son air poli mais manifestement perplexe, essayant de lui rappeler : Mais oui, cher ami, souvenez-vous : nous jouâmes au baccarat à Monte-Carlo, le soir du gala de la Pentecôte, en 2003! Heureusement, un toussotement importun derrière moi me ramena à la réalité!

La Mondotte entra dans la gloire en 1996, donc, lorsque Mr Parker lui attribua une note de 97/100! Issue de vieilles vignes de plus de 50 ans, dans un sol calcaire qui assure une fraîcheur au merlot, elle remplit moins de 13000 bouteilles par an!Voici mes impressions:

2009 :

Une robe grenat violacée. Un nez aromatique de fruits noirs, de réglisse, assez      floral. Une longue bouche assez tannique mais suave et presque charnue. Décanté     deux heures, l’alcool était perceptible en bouche à la toute fin, mais pas en déséquilibre. A attendre un bon dix ans!
  
2006 :
M’a donné le goût de m’écrier mélodramatiquement : Aaaah! Voir Venise, et mourir! Avant de me plonger un poignard dans le cœur. Un moment de grâce, qui vous suspend un instant dans l’infini. Un nez certes moyennement aromatique, mais d’une fine complexité. Du kirsch, et de la confiture de mûres, coquinement épicée. Une bouche très ample, et une belle fraîcheur finale. Un vin long et plutôt puissant. Était-ce un rêve? Wow!
      
2001 :
Selon Monsieur de Neipperg, ce millésime n’a pas la structure tannique pour vieillir aussi longtemps que la plupart des autres Mondottes. Peut-être 10 ou 15 ans. Je lui ai trouvé un joli nez très floral et d’épices douces, (de la cardamone?) un peu empyreumatique. Une bouche très suave mais pas trop charnue. Un vin fin!

1997 :
Une robe de rubis et de tuiles. Un nez moyennement aromatique. Une bouche aux tannins présents, un peu boudeur à l’attaque. Puis, à la chaleur de mon palais, le voilà qui s’ouvre, et s’ouvre, frais et tout en équilibre! Il m’offre une charmante amertume et des notes épicées comme finale. Un vin musclé, mais pas stéroïdé!     Impressionnant.
  

On se retrouve bientôt pour la 2e partie de mon aventure : Olivier, de l’autre côté du miroir, où m’attendent un mouton et un cheval blanc!
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